- il y a 4 semaines
Retrouvez l’émission le 19h Eco présentée par Erwan Morice du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.
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00:02Le 19h éco, Stéphanie Collot.
00:30Pékin a demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gasoil et d'essence pour sécuriser les approvisionnements.
00:37Nous serons dans quelques instants pour en parler avec Jean-François Huchet, président de l'INALCO, spécialiste de l'économie
00:42chinoise.
00:43Et puis nous reviendrons en France avec cette actualité entreprise.
00:46Pascale, la licorne française du Cantique, qui prépare déjà une entrée en bourse et vise Wall Street.
00:54Et ce soir, nous consacrons donc à nouveau une large page au conflit au Moyen-Orient.
00:59Et en particulier à la crise de l'énergie qui s'étend au-delà du détroit d'Hormuz.
01:04Bonsoir Paul Valère.
01:05Bonsoir.
01:05On sait que Téhéran veut paralyser le trafic maritime dans le golfe Persique.
01:09Mais il s'attaque désormais aussi à des infrastructures et des navires dans d'autres régions stratégiques.
01:14Oui, des frappes attribuées à l'Iran ont visé à présent l'Azerbaïdjan, selon les médias locaux.
01:19Téhéran a nié avoir lancé ses attaques.
01:21Deux attaques qui ont eu lieu dans l'enclave du Nakichevan.
01:24Une sur l'aéroport du même nom et une près d'une école du village de Chakarabad.
01:29Nakichevan, c'est une région clé car elle est située au sud d'une grande route d'exportation de pétrole
01:34vers Israël et l'Europe.
01:36Un oléoduc qui relie Bakou à la mer Méditerranée.
01:39Un pétrolier sous pavillon bahaméen a aussi été visé tôt ce matin au nord du golfe Persique, près des côtes
01:45irakiennes.
01:46Un autre a explosé au large du Koweït.
01:49Clairement, l'Iran n'hésite pas à viser des pétroliers bien en amont du détroit d'Hormuz, dont ils ont
01:54pourtant le contrôle.
01:55Et un autre site abritant des infrastructures pétrolières a été visé à Bahreïn.
02:00Cet après-midi, le secteur maritime a désigné Hormuz, le golfe Persique, mais aussi le golfe d'Omane comme zone
02:07d'opération de guerre.
02:08Le golfe Persique où 20 000 marins, 15 000 passagers sont toujours bloqués selon une agence de l'ONU.
02:13Alors face à ces blocages, Paul, comment s'adaptent les pays pétroliers de la région ?
02:17Eh bien, faute de pouvoir exporter, l'Irak a réduit sa production dans trois de ses plus grands champs de
02:22pétrole.
02:22Ses pertes sont déjà estimées à plus de 2 millions de barils par jour.
02:26Et 1,5 million de barils sont menacés dans les prochains jours.
02:29Et l'Arabie Saoudite, elle, est en pleine course contre la montre.
02:33Elle veut exporter au maximum pour éviter de subir le même sort.
02:36Aramco discutait depuis plusieurs jours avec des clients d'Asie pour transiter une partie de son pétrole via la mer
02:43Rouge à l'ouest du pays.
02:44Et les premières cargaisons sont arrivées aujourd'hui au port de Yambou.
02:49Et ailleurs dans le monde, Paul, comment réagissent alors ceux qui importent du pétrole dans cette région ?
02:54Eh bien, il y a d'abord la Chine dont la moitié de son pétrole importé provient de cette région.
02:58Elle vient de demander à ses plus grands raffineurs de suspendre leurs exportations de diesel et d'essence.
03:04Et Pékin veut donc prendre ses précautions pour faire primer l'intérêt national.
03:09Il y a aussi l'Inde qui avait réduit sa dépendance au pétrole russe sous la pression de Donald Trump,
03:13qui a d'ores et déjà commencé à récupérer des cargaisons russes depuis deux jours.
03:18Trois navires à la base à destination de l'Asie du Sud-Est ont changé de cap avec plus de
03:232 millions de barils à leur bord.
03:24Et on viendra sur la question asiatique, notamment très dépendante des énergies, notamment du pétrole en provenance du Golfe Persique.
03:31Nous serons avec le président de l'INALCO dans quelques instants.
03:34Merci pour ce point avec vous, Paul Valère, ce soir.
03:37Cette guerre aussi, c'est une bataille d'informations.
03:40En France, elle concerne particulièrement le prix des carburants,
03:43alors que le ministère de l'Économie réunissait les distributeurs ce matin
03:46pour s'assurer qu'ils ne profitent pas de la situation au Moyen-Orient pour augmenter leurs marges.
03:51Dominique Schellcher, le PDG des magasins U, a dénoncé un État qui s'en met plein les poches.
03:56Hugo Babé avec nous ce soir pour démêler le vrai du faux.
03:59Alors, Hugo, qui a raison ?
04:00Déjà, reprenons les propos de Dominique Schellcher.
04:03Selon lui, l'essentiel du prix du carburant, ce sont les taxes.
04:0750% du prix, ce chiffre est vrai.
04:10C'est même plus que ça.
04:12Si l'on prend la consommation moyenne de carburant des ménages,
04:15elle est de 1 800 euros par an, dont environ 920 euros de taxes.
04:20Mais dans ces taxes seulement, la TVA augmente avec le prix du baril de pétrole.
04:26Et la TVA, elle ne représente que 16% du prix total, bien moins que la TICPE,
04:31la taxe sur les produits énergétiques, qui représente, elle, 40% du prix total,
04:37mais qui est stable et fixée par litre pour l'essence, c'est 60 centimes.
04:42Et cette taxe sur les produits énergétiques, elle est affectée en majorité aux collectivités locales,
04:47les régions, les départements.
04:49Et par ailleurs, une hausse du prix du baril entraîne une détérioration de la croissance.
04:54Donc les rentrées fiscales diminuent.
04:56Donc dire que l'État gagne plus avec la hausse du prix de l'essence, c'est vrai.
05:02Dire que l'État est le grand gagnant de ces hausses, c'est faux.
05:06Alors ces deux taxes, plusieurs parties proposent de les baisser.
05:08Le Rassemblement national d'abord.
05:10Et puis depuis ce matin, une partie de la gauche.
05:12Est-ce que c'est possible ?
05:13Sur la TVA, il n'est possible que de réduire le taux sur le gaz, l'électricité et le chauffage
05:19urbain.
05:19Mais une baisse de la TVA sur les carburants n'est actuellement pas possible,
05:23sans modifier le droit européen.
05:25Par contre, baisser la taxe sur les produits énergétiques, la TICPE, c'est tout à fait possible.
05:31Et cela a déjà été fait dans les années 2000, pour amortir les variations du prix du pétrole.
05:36Enfin un point sur le coût de ces mesures, chiffré à 17 milliards par le gouvernement.
05:41C'est vrai si l'on baisse toutes les taxes possibles, TVA à 5,5 et TICPE.
05:47Et quand Jordan Bardella parle de seulement 10 milliards d'euros de coûts, c'est seulement si l'on compte
05:53la TVA.
05:53Merci Hugo Babé.
05:54En tout cas, l'économie française n'est pas en risque, à en croire François Villeroy de Gallo.
05:58Le gouverneur de la Banque de France sur France Inter ce matin a expliqué qu'évidemment,
06:02la guerre pourrait entraîner un peu d'inflation et peut-être un peu moins de croissance que prévu.
06:07Mais tout cela dépendra surtout de la durée du conflit.
06:10En tout cas, il se veut rassurant, la situation actuelle n'étant rien comparable à ce que l'on a
06:15pu connaître au début de la guerre en Ukraine.
06:17Écoutez.
06:192026 n'est pas 2022.
06:20Ça, ça fait partie des choses qu'on sait et que je veux souligner pour deux raisons au moins qui
06:25sont très importantes.
06:26La première, c'est qu'en 2022, le choc entraîné par l'agression russe avait été amplifié, souvenez-vous, par
06:34quelque chose qu'on a oublié, mais c'est qu'on était en sortie de Covid.
06:37Et donc, il y avait des goulets d'étranglement partout dans l'économie.
06:40Vous vous souvenez, ces images de ports qui étaient congestionnés, etc.
06:44Ça, c'était très inflationniste.
06:46Et puis, la deuxième différence, c'est que là, on a un choc sur les prix de l'énergie, dont
06:50on va voir s'il est temporaire ou non.
06:52Mais à l'époque, on avait un choc sur l'ensemble des prix des matières premières, dont les matières premières
06:56agricoles.
06:57Donc, on n'est pas, en 2026, dans la situation de 2022.
07:01Voilà, François Villeroy de Gallo, le gouverneur de la Banque de France.
07:04Notre voisin allemand, en tout cas, lui, s'inquiète des conséquences de la guerre sur son économie.
07:10Si le pays n'importe pas de pétrole ou de gaz depuis le détroit d'Ormouz, la flambée des prix
07:14inquiète Berlin.
07:16Après un hiver rude et un manque de réserve stratégique, les stocks de gaz sont au plus bas.
07:21Nathan Coquampo, on vous retrouve depuis Stuttgart.
07:24La facture s'annonce sévère, Nathan.
07:2740 milliards d'euros sur deux ans, c'est ce que pourrait coûter la guerre en course sur l'économie
07:30allemande.
07:31Selon les projections d'un célèbre institut, 70% des ressources énergétiques allemandes sont importées.
07:36Pas de nucléaire, des énergies renouvelables pas encore assez développées.
07:40Pas le choix, l'Allemagne dépend du gaz et du pétrole et subit donc de plein fouet les crises géopolitiques.
07:45Une politique énergétique dénoncée par Murterem Arras, députée écologiste et présidente du Parlement du Baden-Württemberg.
07:54Les événements actuels vont frapper l'Allemagne très durement, ce qui rend d'autant plus important que nous devenions réellement
07:59plus indépendants dans nos approvisionnements énergétiques.
08:02Il ne s'agit pas seulement de la protection du climat, mais c'est aussi notre indépendance.
08:06Et c'est pourquoi je regrette beaucoup qu'au niveau fédéral, la dépendance aux énergies fossiles soit encore renforcée.
08:12Et je ne peux qu'espérer que le gouvernement changera de cap.
08:16Les prix du charbon commencent aussi à grimper, laissant présager une réouverture des centrales pour compenser la crise énergétique qui
08:22se profile.
08:23La durée du conflit au Moyen-Orient est donc scrutée avec attention par Berlin qui souhaite à tout prix protéger
08:29son industrie d'un nouveau choc énergétique comme avec la guerre en Ukraine.
08:33Le chimiste BASF, l'un des plus gros consommateurs de gaz en Allemagne, pourrait par exemple augmenter ses prix de
08:395 à 8% selon les analystes.
08:41Nathan Coquampo depuis Stuttgart pour BFM Business et retour au Moyen-Orient où d'autres activités économiques sont toujours perturbées
08:48ce soir.
08:49C'est le cas notamment du fret maritime et aérien. Le géant allemand de la logistique DHL dit faire face
08:55heure par heure à des restrictions.
08:57Le groupe indique qu'il parvient néanmoins à maintenir son activité en utilisant notamment le transport terrestre lorsque cela est
09:03possible.
09:04La situation est un peu plus calme en revanche aux Émirats arabes unis mais toujours assez instable pour empêcher la
09:10bonne reprise du trafic aérien.
09:12La compagnie Emirates espère, elle, un retour à la normale dimanche.
09:15En attendant, Léo Dumas, le hub de Dubaï où vous êtes pour BFM Business tourne au ralenti.
09:22Ah oui, les vols se comptent toujours en dizaines à l'aéroport international de Dubaï.
09:27On est très loin des 1200 mouvements d'avions quotidiens opérés en temps normal.
09:31Les deux compagnies résidentes ici sont au ralenti, la numéro 1 mondiale, l'Emirats, qui n'opère qu'une cinquantaine
09:36de vols par jour,
09:38principalement vers l'Inde et vers l'Europe.
09:40Quand sa filiale, la low cost Fly Dubaï, elle a fait quelques allers-retours quotidiens désormais vers la Russie.
09:46Et ses environs, les lignes des principales compagnies européennes, elle reste suspendue vers Dubaï,
09:51comme vers Abu Dhabi et Doha, les deux autres hubs importants dans la région.
09:55Et en fait, avec cette situation, c'est Mascat, la capitale omanaise,
09:59qui en profite fort d'une position géographique intéressante à la sortie du Golfe,
10:04plus loin de l'Iran, plus loin du détroit d'Hormuz et aussi moins ciblée par les drones et les
10:09missiles.
10:10C'est pourquoi son espace aérien est resté ouvert en quasi continu depuis samedi matin,
10:15avec donc des vols spécialement affrétés par les Européens pour venir chercher des ressortissants à Omane
10:21où des touristes parfois ont traversé la frontière terrestre depuis les Émirats,
10:26à tel point que pour la journée de mercredi, la capitale omanaise et son aéroport ont accueilli plus de mouvements
10:33d'avions
10:33qu'avant le début de la guerre jeudi dernier.
10:36Et ça risque bien de s'accélérer encore, puisque vous avez Qatar Airways,
10:39qui est complètement à l'arrêt dans son hub de Doha,
10:42qui vient de lancer depuis ce jeudi quelques vols entre Mascat et les principales capitales européennes.
10:47Léo Dumas depuis les Émirats Arabes Unis pour BFM Business.
10:51Et sur le plan des affaires, cette guerre en cours révèle aussi quelques surprises.
10:55Qui aurait cru par exemple que les États-Unis se mettraient à acheter des drones ukrainiens ?
10:59Depuis le week-end dernier, les attaques de drones iraniens Shahed se multiplient au Moyen-Orient.
11:04Les défenses occidentales se tournent alors vers le savoir-faire ukrainien
11:08à la recherche de réponses peu coûteuses.
11:10Jean-Baptiste Tuet.
11:12Un problème basique se pose.
11:15Un drone iranien Shahed vaut environ 30 000 dollars
11:17et pour le détruire, on tire souvent un missile Patriot à près de 2 millions de dollars.
11:21Une asymétrie intenable, d'abord pour une question de coût,
11:24mais aussi parce que les stocks de Patriot sont limités.
11:26Environ 600 missiles ont été produits l'an dernier par Lockheed Martin.
11:30Or en face, l'Iran disposerait de plusieurs dizaines de milliers de drones Shahed.
11:34Résultat, les réserves intercepteurs commencent déjà à se tendre dans la région.
11:38Le salut pourrait donc venir de l'Ukraine,
11:40devenue en 4 ans de guerre un laboratoire mondial de la défense antidrone.
11:43Kiev a développé toute une génération de drones intercepteurs bon marché,
11:47capables de poursuivre et de percuter les Shahed en vol.
11:49Produits par une douzaine d'entreprises,
11:51ces appareils ne coûtent que quelques milliers de dollars.
11:54Le président ukrainien affirme que les États-Unis, l'Europe
11:57et plusieurs pays du Moyen-Orient demandent désormais l'expertise ukrainienne
12:01pour contrer ses attaques.
12:02Des discussions sont en cours.
12:04Reste un risque pour Kiev que des technologies développées pour défendre l'Ukraine
12:08soient progressivement mobilisées ailleurs et finissent par lui faire défaut.
12:12Et la guerre avec l'Iran qui perturbe aussi l'industrie des semi-conducteurs
12:16car la fabrication de puces se concentre essentiellement à Taïwan
12:20et en Corée du Sud, pays producteurs qui sont de fait dépendants
12:23des énergies et des matières premières du Golfe.
12:25Valentina Deby.
12:27Le gouvernement sud-coréen alerte.
12:2914 matières premières nécessaires à la fabrication des puces
12:32proviennent de la région du Golfe.
12:34Le brome ou l'hélium, gaz essentiel pour le refroidissement des machines
12:37et pour certaines étapes chimiques.
12:38De quoi gripper une supply chain qui fonctionne déjà en flux tendu
12:41et qui est concentrée sur quelques acteurs.
12:43Samsung et SKNX dominent par exemple le marché des puces mémoires.
12:47L'autre risque est lié aux approvisionnements en hydrocarbures du Golfe
12:50dont l'Asie est très dépendante.
12:52Les usines de semi-conducteurs sont très gourmandes en électricité.
12:55Une augmentation des prix de l'énergie viendrait accroître
12:58le coût de production des puces qui a déjà flambé avec le boom de l'IA.
13:01Pour le moment, les industriels se montrent rassurants.
13:03Pas d'impact significatif dit par exemple le géant taïwanais TSMC.
13:07Les plans d'atténuation ont été mis en place, précise l'américain Global Fundries.
13:12D'autres s'inquiètent davantage du risque sur la demande en puces
13:14avec des projets de data center au Moyen-Orient qui seraient compromis à cause du conflit.
13:18Et c'est dans ce contexte d'incertitude que la Chine fixe elle ses ambitions économiques
13:23pour les prochaines années à base d'innovation technologique et de relance de la consommation.
13:28Le Premier ministre Li Xiang a présenté le plan quinquennal destiné à relancer l'économie du pays
13:33avec un objectif cette fois-ci de croissance annuelle historiquement bas.
13:39L'objectif principal pour le développement cette année est un taux de croissance de 4,5 à 5%
13:45avec des efforts concrets pour obtenir des résultats encore meilleurs.
13:49Nous renforcerons l'économie nationale, nous consoliderons sa dynamique interne
13:53et garantirons son fonctionnement fiable tout en stimulant la consommation
13:58et en développant l'investissement efficace.
14:02Et pour décrypter tout ça, on appelle tout de suite Jean-François Huchet.
14:05Bonsoir, merci d'avoir répondu à l'appel de BFM Business.
14:08Vous êtes le président de l'INALCO, spécialiste de l'économie chinoise.
14:12Jean-François Huchet, qu'est-ce qu'on peut dire de cet objectif de croissance d'abord
14:15qui a été donc fixé pour 2026 par Pékin entre 4,5 et 5% cette année ?
14:23Eh bien on peut dire qu'il est réaliste quelque part
14:28puisque Pékin, comme chacun sait, rencontre des difficultés
14:32depuis maintenant plusieurs années pour relancer son économie
14:38et retrouver un rythme de croissance supérieur à 5%.
14:42Les temps sont loin où la Chine enregistrait des taux de croissance proches de 8%,
14:47parfois un peu plus.
14:49C'est une économie aujourd'hui plus mature et 4,5%.
14:54Si la Chine arrive à tenir sur une base, bien sûr, de production
14:58qui est beaucoup plus importante,
15:00si elle arrive à tenir ce chiffre, ce sera déjà très bien.
15:04Oui, parce qu'on peut peut-être parler des moyens pour y parvenir.
15:08Pékin qui cherche et qui dit qu'il va stimuler la consommation,
15:11mais on sait que c'est toujours le grand problème en Chine,
15:14faire consommer les Chinois sur le marché intérieur.
15:18Beaucoup de moyens ont été déployés, notamment financiers.
15:21On en avait parlé pendant le nouvel an lunaire pour inciter à la consommation.
15:26Ça marche ponctuellement.
15:27Pour l'instant, ça a du mal quand même à s'inscrire dans la durée.
15:31Oui, tout à fait.
15:32La Chine est engluée dans une déflation
15:35qui dure déjà depuis plusieurs années.
15:38La cause principale est essentiellement la crise immobilière
15:44puisque nous avons une grande majorité des ménages chinois
15:50qui détiennent des actifs en matière immobilière.
15:57Et cette crise a des effets délétères en matière d'épargne des ménages.
16:06Et dans un contexte où la redistribution sociale est peu développée,
16:11d'ailleurs on notera dans le discours du Premier ministre
16:13une attention particulière sur peut-être le renforcement
16:18effectivement de la protection sociale
16:21qui pourrait quelque part, mais cela prendra du temps,
16:26donner peut-être un peu de respiration à cette consommation.
16:30Et pour atteindre aussi cet objectif de croissance
16:32qui est quand même rabaissé, on l'a compris, vous nous l'avez expliqué,
16:364,5% à 5% pour cette année,
16:38mais il faut quand même réussir à tirer la natalité.
16:42Et là on voit également que Pékin quand même a du mal.
16:47Alors ce sont vraiment des évolutions structurelles de très long terme
16:56auxquelles la Chine fait face, la baisse de la natalité,
17:01on le remarque sur les taux de fécondité, le vieillissement de la population.
17:05En fait on est sur une évolution structurelle,
17:09cela mettra beaucoup de temps pour aujourd'hui très certainement peu de résultats.
17:15La Chine est quelque part et n'est pas loin,
17:19ou peut-être à égalité avec les pays les plus développés,
17:22qui connaissent des taux de natalité ou de fécondité proches d'un enfant par femme,
17:29donc on est très très loin du renouvellement.
17:32Il y a un certain nombre de mesures qui ont été mises en place ces derniers temps,
17:35mais on le sait, ce sont des mesures qui sont souvent inefficaces,
17:40et quand elles ont un effet, elles permettent de faire remonter le taux de fécondité
17:46de manière assez faible.
17:49Jean-François Huché, la Chine qui veut également renforcer son autosuffisance
17:53et sa puissance dans les domaines de la science et de la technologie,
17:56d'autant plus depuis qu'on parle de découplage avec les États-Unis,
18:00notamment dans la course à l'intelligence artificielle,
18:02il y a beaucoup à faire sur ce dossier.
18:06Oui, c'est un dossier bien évidemment qui préoccupe,
18:10beaucoup la Chine, je pense que ce qui se passe au Moyen-Orient
18:16ne fait que renforcer en tous les cas la politique chinoise,
18:22de devenir un peu plus autosuffisant,
18:25même si la Chine a bien conscience qu'elle ne sera pas complètement autosuffisante.
18:30En tous les cas, le président Xi Jinping affirme chaque jour
18:34que la rivalité avec les États-Unis sera gagnée par la possibilité
18:41d'avoir le leadership sur un certain nombre de très grandes technologies.
18:48Et donc on voit une Chine qui veut continuer à investir massivement
18:52dans cette technologie pour ne pas subir quelque part
18:55les pressions potentielles des États-Unis.
18:59Et investir aussi dans les énergies vertes,
19:01là on voit un vrai décalage avec la politique de Donald Trump.
19:05On l'avait vu il y a quelque temps, les États-Unis et le président américain
19:07qui sont quand même très loin de faire de l'environnement
19:10un axe fort de développement.
19:13Il y a une vision long terme de la Chine sur ce sujet-là
19:16qui fait que la stratégie est différente.
19:19Oui, depuis plusieurs années, la Chine est déjà le plus gros investisseur
19:23dans les technologies dites vertes.
19:28Elle a fixé dans ce plan quinquennal une réduction de 17%
19:36par an de ces émissions de carbone.
19:40Alors on est un petit peu en dessous de ce qui était prévu
19:45pour une décarbonation totale de son économie fixée en 2050.
19:53Ceci étant dit, la Chine continue à aller très très vite
19:56sur toutes ces questions et il reste un laboratoire extrêmement important
20:00de mise en place de technologies vertes.
20:02Rapidement, pour conclure, Jean-François Huché,
20:04on en parlait tout à l'heure, bien sûr c'est à la une de nos éditions en ce moment,
20:07mais la Chine qui en attendant est assez embêtée
20:09par la situation au Moyen-Orient,
20:12elle qui importe plus de la moitié de son pétrole des pays du Golfe,
20:15prise en tenaille entre soutenir l'Iran qui est un partenaire
20:18et en même temps sécuriser ses approvisionnements.
20:20On voit que la position est délicate.
20:23Oui, tout à fait.
20:24Alors en ce qui concerne le pétrole iranien,
20:28je pense que la Chine est tout à fait en mesure
20:30avec ses réserves stratégiques
20:34et la diversification de ses fournisseurs de pétrole de faire face.
20:39au manque de pétrole iranien.
20:42Maintenant, si la situation venait à se prolonger
20:45et qu'on avait un détroit de Hormuz qui est complètement bloqué,
20:47effectivement, comme vous l'avez dit,
20:49c'est pratiquement de la moitié de ses fournisseurs
20:53qui se trouvent dans cette région.
20:55Donc elle a intérêt quelque part à sécuriser le détroit de Hormuz
21:01et en même temps peut-être d'une certaine manière
21:04de faire pression sur l'Iran pour qu'il y ait une reprise des négociations
21:08avec les Etats-Unis.
21:09Mais ça, c'est une autre histoire.
21:11Jean-François Huchet, président de l'INALCO, spécialiste de l'économie chinoise.
21:14Merci beaucoup d'avoir répondu à l'appel de BFM Business ce soir.
21:1719h21, les marchés.
21:23Aude Karsulek, le CAC 40 a clôturé dans le rouge.
21:26Moins 1,5% reprend le chemin de la baisse.
21:30On s'approche même de la barre des 8000 points.
21:328 045 points en clôture au terme d'une séance très volatile.
21:37Alors c'est lié à cette extension, cet embrasement régional au Moyen-Orient.
21:40Le baril de Brenne d'ailleurs remonte, 84,6 dollars.
21:43L'Iran qui dit avoir attaqué un tanker américain, transportant du pétrole.
21:48Inquiétude dans la région.
21:50Une rotation sectorielle très forte.
21:53Et dans ce contexte de guerre qui a concerné de manière surprenante la défense qui a baissé.
21:58On a par exemple Dassault Aviation qui a perdu 9%.
22:00Rheinmetall, moins 5,5%.
22:02Thalès également, moins 5,5%.
22:06La tech en revanche continue de surperformer après avoir publié ses résultats hier soir.
22:11Broadcom prend 5,5%.
22:13Et puis en tête du CAC, on a retrouvé STMicroelectronics, Dassault Systèmes ou encore Capgemini.
22:18Du rouge sur le CAC 40, c'est aussi du rouge en séance.
22:20Du côté de Wall Street, le Dow Jones recule de près de 2%.
22:23Le S&P 500 moins 1,1%.
22:25Le Nasdaq moins 1%.
22:27Dans l'actualité des entreprises, toujours la première licorne française du quantique.
22:31Pascal prépare son introduction en bourse.
22:34L'entreprise veut aller vite et va donc passer par ce qu'on appelle un SPAC.
22:37Un véhicule boursier déjà coté sur le Nasdaq, ce qui facilite toutes les démarches.
22:42En parallèle, des travaux sont lancés pour une cotation à Paris cette année.
22:45Où l'année prochaine, Pascal, une pépite française très prometteuse,
22:49comme nous le rappelle John Plassard, associé chez Cité Gestion.
22:53C'est un cocorico qu'il faut saluer.
22:56On rappelle que Pascal développe, vous l'avez dit, des ordinateurs quantiques
22:59qui sont basés sur la technologie des atomes neutres.
23:02C'est une approche qui est considérée par plusieurs chercheurs comme l'une des plus prometteuses
23:07pour construire des machines quantiques à grande échelle.
23:10Et on rappelle ici que l'informatique quantique pourrait transformer de nombreux secteurs,
23:15notamment la chimie, la recherche pharmaceutique, la logistique, la finance,
23:19ou là encore la cybersécurité, parce qu'elle permet de résoudre, en l'occurrence Pascal,
23:25en quelques minutes, des calculs qui prennent aujourd'hui des années au supercalculateur classique.
23:32Donc, c'est vraiment quelque chose à suivre.
23:34C'est une thématique extraordinaire qui prendra certainement du temps.
23:37Peu importe, mais c'est l'avenir.
23:39Et on est très content qu'une entreprise française arrive sur le Nasdaq.
23:43Voilà, John Plassard, associé chez Cité Gestion.
23:46Auchan publie une hausse des ventes d'un et demi pour cent sur son exercice annuel 2025,
23:51un peu plus de 32 milliards d'euros portés par ses résultats,
23:54notamment au Portugal, en Roumanie et en Pologne.
23:56En France, en revanche, le chiffre d'affaires est en baisse, lui de 0,5%.
24:00Mais le patron du groupe qui insiste sur la bonne situation financière d'Auchan se veut rassurant.
24:06Pauline Tadevant.
24:08Pour le patron d'Auchan, cette baisse de revenus en France est un passage obligé.
24:11En France, on n'est pas bon en chiffres, mais on a travaillé la rentabilité, selon Guillaume D'Arras.
24:16L'an dernier, il a sorti de son parc 36 magasins déficitaires, il en a modernisé 20
24:20et il a investi 100 millions d'euros pour faire baisser les prix, ce qu'il pourrait refaire pendant 2
24:25ou 3 ans.
24:26La situation des magasins repris à Casino s'améliore, selon le dirigeant.
24:30En France, l'ébidat d'Auchan est de 154 millions d'euros contre 11 millions d'euros seulement un an
24:35plus tôt.
24:36Pour partir en reconquête, dit-il, il faut d'abord assainir.
24:39Cela ne se fait pas en 18 mois, mais en 3 ans.
24:41Pour revenir dans le match, il compte sur le passage de 164 supermarchés sous bannière intermarché
24:46et sur la force de frappe de ses centrales d'achat.
24:4945 hypermarchés doivent être rénovés d'ici la fin de l'année, avec plus de produits alimentaires,
24:54une offre plus adaptée selon les magasins et une montée en puissance sur le digital,
24:58selon Guillaume D'Arras, qui rejette la comparaison avec Casino.
25:02Auchan n'est pas en faillite, dit-il.
25:04La situation financière est solide et sécurisée sur 5 ans.
25:07Et d'un mot toujours dans le secteur de la distribution, on apprend ce soir que Michel Birault,
25:11ancien patron France de Lidl, va rejoindre ProSol, le fournisseur de grands frais.
25:16Le clic du jour, c'est cet article signé Marine Cardo.
25:20Selon un baromètre, la France reste deuxième au monde derrière l'Espagne sur l'égalité femmes-hommes
25:25dans les grandes entreprises.
25:26La France qui affiche notamment la meilleure parité au monde dans les conseils d'administration
25:31grâce à sa législation.
25:32L'article est à retrouver sur le site de BFM Business.
25:35La tribune demain titre sur l'Asie.
25:38On en parlait, l'onde de choc du conflit au Moyen-Orient.
25:41A l'agenda demain 7h45, le grand entretien.
25:43Ce sera Raphaël Brault, président de CBRE France, leader du conseil en immobilier et d'entreprise.
25:48Il sera l'invité de Sandra Gandouin.
25:50Dans un instant, vous avez rendez-vous avec François Sorel pour Tech & Co.
25:53Très bonne soirée.
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