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Retrouvez l’émission le 19h Eco présentée par Erwan Morice du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.
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00:02Le 19h écho, Erwan Morris.
00:30L'installation gazière perturbe les approvisionnements et font craindre un retour de l'inflation de l'énergie.
00:35Nous serons dans quelques instants pour en parler avec Thierry Bross, spécialiste des questions énergétiques.
00:39En attendant, Paris veut rassurer les industriels, les représentants des secteurs les plus exposés,
00:44suivent la situation jour par jour en étroite communication avec le ministère de l'économie.
00:49Hugo Babé était à Bercy tout à l'heure. Il nous racontera ce qui s'est dit.
00:55Et c'est donc une deuxième journée de purge sur le marché parisien.
00:59Bonsoir Guillaume-Paul.
00:59Bonsoir Erwan.
01:00Le CAC 40 efface définitivement ses records, décroche de près de 3,5% à la clôture.
01:06Plus très loin de repasser, même sous les 8000 points.
01:08Oui, on est à 8103. Alors effectivement, hier autant on avait résisté, même si on est fini par perdre 2%.
01:13Aujourd'hui, on a tout lâché en Europe, mais en général, donc on perd 3,46% à Paris.
01:17Cherchez pas d'un fois qu'on a vu une séance aussi mauvaise, c'était au lendemain, vous savez, du
01:20Liberation Day.
01:21Rappelez-vous Donald Trump à la Maison Blanche qui déploie son grand tableau avec les droits de douane additionnels.
01:25C'était le 7 avril 2025. Et là, clairement, on a la confirmation que c'est le retour de l
01:31'inflation qui fait chuter les marchés.
01:33Parce qu'aujourd'hui, finalement, on a chuté sur la même chose qu'hier.
01:35C'est du fait de la poussée des prix de l'énergie.
01:37Vous avez un pétrole ce soir qui est aux alentours de 83 dollars, qui a monté jusqu'à 85 en
01:42début d'après-midi.
01:43Donc ça a fait plus 13 dollars à un moment donné par rapport à ce que c'était vendredi dernier.
01:48Et puis du côté du gaz, là, vous avez un mégawatt-heure qui monte à 52 euros.
01:52C'est-à-dire qu'on fait plus de 50% de hausse en l'espace de deux séances.
01:55Donc c'est vraiment cette peur de l'inflation qui refait surface.
01:58Et ça donne quoi du côté du CAC 40 ?
01:59Une seule valeur dans le vert ce soir, c'est Capgemini, qui en ressort indemne, plus 2,8%.
02:04Mais sinon, tout le monde est dans le rouge.
02:05Et vous avez de sacrés dégringolades.
02:07Vous avez par exemple ArcelorMittar qui perd 7,6%.
02:10On perd plus de 6% sur des valeurs comme Legrand et Kering, notamment.
02:13Et on appellera dans un instant Thierry Bross, spécialiste des questions énergétiques,
02:16qui partagera aussi son analyse sur cette situation.
02:20Guillaume, Wall Street également, lâche après avoir pourtant bien résisté hier.
02:23Alors oui, puisqu'on perd entre 1,2 et 1,4% sur les indices américains.
02:27En fait, ce qui fait flancher les marchés américains aujourd'hui,
02:30ce n'est pas comme l'Europe, les questions énergétiques.
02:33C'est, on en parlait déjà un petit peu hier,
02:35la peur que la réserve fédérale américaine ne baisse pas finalement ses taux d'intérêt
02:40en juin, comme beaucoup l'anticipaient.
02:42Et ça, aujourd'hui, par rapport à hier, ça a été étayé par des chiffres.
02:44C'est-à-dire qu'il y a des chiffres qui sont sortis, qui disent,
02:46ben voilà, il y a un mois, la probabilité perçue, c'était de 56% qu'elle baisse ses taux.
02:50Il y a une semaine, c'était 49%.
02:52Aujourd'hui, c'est 30%.
02:54Donc, on y croit de moins en moins.
02:55Et on commence même à avoir peur, pourquoi pas, d'un relèvement éventuel des taux d'intérêt
03:00si le conflit au Moyen-Orient s'éternise à cause des pressions énergétiques.
03:03Ça se tend du côté de Wall Street et puis ça se tend du côté de l'obligataire américain
03:07puisque le 10 ans américain grimpe ce soir un peu plus de 4,1%.
03:11Merci beaucoup, Guillaume-Paul.
03:13Pendant ce temps-là, le gouverneur de la Banque de France, lui, François Villeroy de Gallo,
03:16tient à temporiser en ouverture du Haut Conseil pour la stabilité financière.
03:20Il assure que l'économie française se porte relativement bien
03:24et que ce serait donc un mauvais calcul de surréagir à la situation au Moyen-Orient.
03:30L'économie française aborde ces tensions avec certains éléments favorables.
03:35Une inflation basse, une croissance relativement résiliente
03:39et un secteur financier solide avec une exposition limitée sur le Moyen-Orient.
03:46Ce serait une erreur que de prévoir aujourd'hui dans la précipitation
03:51un mouvement éventuel sur les taux d'intérêt.
03:56Mais je rappelle que nous ne décidons pas seulement au vu des prix instantanés de l'énergie.
04:03Voilà, François Villeroy de Gallo, le gouverneur de la Banque de France.
04:06En attendant le détroit d'Ormousse, par lequel transit d'ordinaire 20% du pétrole mondial
04:10est toujours paralysé, des infrastructures gazières stratégiques attaquées par Téhéran
04:15sont aussi à l'arrêt, de quoi accroître l'attention sur les prix.
04:19Bonsoir, Clara Bido.
04:20Bonsoir.
04:21L'indice de référence européen sur le gaz, le TTF néerlandais, bondit.
04:24Ce soir, de plus de 18%.
04:26Encore aujourd'hui, les marchés s'affolent.
04:28On voit que ça touche aussi l'Europe.
04:30En effet, cela alors que le Qatar représente seulement 8% du gaz européen.
04:34Mais cette interruption survient à un moment où l'Europe sort de l'hiver,
04:37donc avec des stocks relativement bas qui sont compris à 30%,
04:41alors qu'en 2024, on était à 62%.
04:43Et en temps normal, c'est maintenant qu'on reconstitue nos réserves.
04:47Là, l'Europe risque de remplir ses cuves au prix fort,
04:49et en particulier pour des pays comme la Belgique, l'Italie,
04:52ou bien encore la Pologne,
04:54des pays qui sont très dépendants au gaz du Qatar.
04:56Mais un autre risque, c'est aussi la guerre des prix avec l'Asie.
04:59Le Qatar, c'est le fournisseur vital de la Chine et du Japon.
05:02Donc avec cette fermeture du détroit d'Ormus,
05:04les acheteurs asiatiques vont donc se tourner vers les autres fournisseurs de gaz.
05:08Résultat, on risque donc de faire face à une surenchère mondiale.
05:11Et alors, si on regarde plus particulièrement les Européens,
05:13Clara Bido, est-ce qu'ils ont des alternatives ?
05:16Oui, il y en a, mais elles restent quand même assez limitées.
05:18La Norvège et l'Algérie, pardon,
05:20en effet, elles fournissent 20% des besoins énergétiques de l'Europe,
05:24mais elles sont actuellement face à leur capacité maximale.
05:27La Russie pourrait donc devenir une variable d'ajustement pour l'Union Européenne
05:30si jamais elle relançait le débat sur le gaz russe,
05:34mais ce n'est pas sur la table.
05:35Et donc pour le reste, il nous reste les États-Unis.
05:37Les producteurs de GNL américains se positionnent déjà pour pallier à la crise.
05:41On a le PDG d'un grand groupe de GNL qui estime que les États-Unis
05:45joueront un rôle critique pour stabiliser le marché face à cette perturbation historique.
05:51Donc cette conjoncture, elle profite aux producteurs,
05:53puisque à la fermeture de Wall Street hier,
05:55le groupe Venture Global a bondi de 20% et celui de Chénière de 5%.
06:01Mais il y a noté que ces producteurs américains
06:03ne pourront pas augmenter massivement leur production à court terme,
06:06mais ils vont donc profiter de ces prix forts pour envoyer le plus de bateaux possibles.
06:09En clair, les grands gagnants de cette crise, c'est bien les États-Unis.
06:12Et on va plus loin ce soir avec Thierry Bross.
06:14Bonsoir, merci d'avoir répondu à l'appel de BFM Business.
06:17Vous êtes professeur à Sciences Po, spécialiste des questions énergétiques.
06:21Thierry Bross, on le disait, le gaz réagit beaucoup plus que le pétrole,
06:25ce qui n'est pas une bonne nouvelle pour les Européens que nous sommes.
06:29Non, il réagit beaucoup plus parce que, comme vous l'avez évoqué,
06:33le détroit d'Ormouse est fermé, mais dans le pétrole, nous avons des plans B.
06:37Et on a deux plans B. Le premier, c'est l'Organisation des pays exportateurs de pétrole,
06:42l'OPEP qui a la capacité de mettre des volumes additionnels sur le marché,
06:46ce qu'elle a fait d'ailleurs pendant le week-end.
06:48Et le dernier plan B, c'est celui de l'Agence internationale de l'énergie,
06:53l'AIE, qui peut décider de remettre des stocks stratégiques de pétrole des pays membres,
06:58la France, les États-Unis et les autres pays de l'OCDE, sur le marché pour pallier à ce manque
07:04de pétrole.
07:05Sur le gaz, ce sont des marchés régionaux et nous n'avons pas de plan B.
07:09Et en plus, on peut dire qu'on n'a pas fait grand-chose depuis quatre ans en Europe.
07:13Et donc, on se retrouve dans une situation où cet impact est très visible en Europe,
07:19mais il n'est pas du tout visible aux États-Unis, comme vous l'évoquiez,
07:22où le prix du gaz reste bas et où ils pourront, si possible,
07:27augmenter leur production pour en envoyer quelques-unes supplémentaires en Europe, mais pas beaucoup.
07:32Et comme vous le dites, Thierry Bross, malheureusement pour nous,
07:35la question du gaz n'est donc pas une priorité pour les Américains.
07:39C'est peut-être même l'opportunité pour eux pour vendre plus de leur GNL.
07:44Alors, ils en vendront plus.
07:47Effectivement, le détroit d'Hormuz pourrait être débloqué pour le pétrole,
07:51mais je pense qu'il sera d'abord débloqué pour le pétrole avant d'être débloqué pour le gaz.
07:57Et pour le moment, effectivement, nous, Européens et Asiatiques,
08:02nous souffrons plus parce que nous avons des prix du gaz plus élevés.
08:06Les prix du pétrole restent globaux, mais encore une fois,
08:09les États-Unis ont des possibilités pour se soustraire aux prix mondiaux du pétrole
08:14puisqu'ils sont aussi exportateurs de pétrole depuis quelques années.
08:19On avait vu, Thierry Bross, en 2022, pendant justement la guerre entre la Russie et l'Ukraine,
08:26que l'envolée du prix du gaz avait aussi fait grimper le prix de l'électricité.
08:31Alors, le contexte était différent de celui d'aujourd'hui, en tout cas sur le marché européen
08:35et notamment sur la France, où à cette époque, les centrales nucléaires étaient en maintenance,
08:39où il y avait aussi des problèmes de corrosion.
08:41Donc, on pouvait le justifier.
08:43Est-ce que dans cette situation-là, en ce moment avec le Moyen-Orient,
08:46il y a aussi un risque de transmission du prix du gaz sur celui de l'électricité
08:50ou est-ce qu'on est dans une situation différente ?
08:53Alors, on est dans une situation très différente
08:55puisqu'effectivement, EDF produit bien et il y a beaucoup d'électricité décarbonée en France en particulier.
09:02Alors, la France sera immunisée.
09:04Et en fait, c'est ça l'intérêt d'une politique énergétique,
09:06c'est d'être capable de faire face à des risques.
09:10Et sur ce risque-là, au niveau électrique, nous sommes en capacité de faire face.
09:14Alors, d'autres pays auront plus de mal.
09:16L'Italie se plaignait déjà avant cette crise que le prix de l'électricité,
09:20parce que son électricité est à 50%, provient à 50% du gaz, était trop élevé.
09:26L'Italie va avoir un problème.
09:28L'Allemagne va avoir un problème.
09:29Mais l'Allemagne, c'est moins important puisqu'ils ont décidé de sortir du nucléaire
09:33et de se retourner vers des énergies plus chères.
09:36Donc ça, c'est un choix collectif.
09:37Mais pour ce qui est d'une politique énergétique,
09:40c'est là où on va avoir les politiques énergétiques gagnantes
09:43et les politiques énergétiques perdantes.
09:45Et malheureusement, sur le gaz, nous sommes dans ceux qui sommes dans la catégorie perdante.
09:50L'ABCE, à travers la voix de son chef économiste,
09:54indique qu'il faut quand même rester très vigilant
09:56parce que si ce conflit dure, il va y avoir un risque inflationniste sur le marché européen.
10:02Est-ce que vous partagez cette analyse ?
10:06Oui, en fait, chaque jour que le Détroit est fermé,
10:09vous avez un équilibre offre-demande pétrole et gaz qui se tend.
10:14Et donc, effectivement, on va avoir des prix qui vont continuer tous les jours à monter
10:19tant que le Détroit ne sera pas réouvert.
10:21Et je vous rappelle que nous n'avons pas la main.
10:24Nous ne sommes pas du tout partie prenante dans cette histoire-là.
10:28Et ce sont les Américains qui décideront.
10:30Et donc, c'est lorsque le problème économique se fera sentir aux États-Unis
10:35qu'il y aura peut-être une solution.
10:37Mais encore une fois, il ne se fera pas sentir au niveau du gaz.
10:40Pour terminer, Thierry Bross, la Banque Centrale Européenne
10:43qui alerte aussi sur le risque de baisse de production en Europe
10:47face à l'envolée des coûts de l'énergie dont on vient de parler.
10:50Mauvaise nouvelle au moment où on essaie de parler de réindustrialisation
10:54dans l'Union Européenne ?
10:55On va plutôt vers une désindustrialisation avec ce qui est en train de se passer ?
11:00Bien oui, les mêmes causes vont produire les mêmes conséquences.
11:02On est à peu près au même niveau qu'en 2022 au niveau de nos stockages de gaz.
11:07Et on peut imaginer que si le Qatar et le détroit d'Hormuz
11:11restent fermés pendant plusieurs mois,
11:13les prix vont augmenter, peut-être pas au niveau de ce qu'on a vu en 2022,
11:17mais nous aurons des industriels qui vont arrêter de produire.
11:21Et on peut aussi imaginer que les industriels qui sont impactés
11:25pour la deuxième fois en moins de quatre ans vont comprendre
11:27qu'essayer de produire en Europe lorsqu'on est un gaz d'eau intensif,
11:31c'est quelque chose d'impossible et qu'il vaut mieux aller ailleurs.
11:34Et donc, on va avoir malheureusement cette désindustrialisation,
11:38c'est-à-dire que les bons mots de la Commission sur la réindustrialisation
11:42resteront des bons mots et des vœux pieux.
11:45Thierry Brosse, professeur à Sciences Po, spécialiste des questions énergétiques.
11:48Merci d'avoir partagé vos analyses avec nous ce soir.
11:51Et secteur par secteur, les entreprises commencent aussi à évaluer
11:54les conséquences de l'envolée du prix de ces matières premières.
11:57Si on regarde du côté de l'aérien, notamment, c'est le patron de Ryanair,
12:02Michael O'Leary, qui assure ce soir que la hausse des cours des hydrocarbures
12:06n'a pas de conséquences sur la compagnie.
12:13Les cours du pétrole ont bondi de manière spectaculaire ce week-end.
12:17Ils sont donc passés à 80 dollars.
12:19Vendredi, ils ont grimpé à près de 100 dollars le baril.
12:22Mais Ryanair est largement à l'abri de ces augmentations.
12:24Nous sommes couverts pour les 12 prochains mois jusqu'en mars 2027.
12:28Environ 67 dollars le baril.
12:30Cela n'affectera donc pas nos coûts, cela n'affectera pas nos grilles tarifaires.
12:39Michael O'Leary, le patron de Ryanair.
12:42Quant à la question des risques d'approvisionnement,
12:44c'est Bercy qui a tenu à rassurer aussi ce matin le ministre de l'économie.
12:47Roland Lescure a indiqué qu'il n'y avait aucune inquiétude à avoir sur la situation.
12:53Il n'y a aucun, aucun risque d'approvisionnement à court terme en France,
13:00ni sur le gaz, ni sur l'essence.
13:03Donc ne créons pas un problème qui n'existe pas.
13:06Il n'y a aucune raison aujourd'hui de se rouer dans les stations-services.
13:09Il n'y a aucun risque d'approvisionnement, ni sur le gaz, ni sur l'essence.
13:14Voilà le ministre de l'économie, Roland Lescure, depuis Bercy,
13:17qui, comme annoncé, a réuni aujourd'hui les principaux acteurs économiques présents dans la région.
13:22Entreprises du transport, de la logistique de l'énergie, organisation patronale aussi.
13:27Bonsoir Hugo Babé.
13:27Bonsoir.
13:28Vous y étiez.
13:29Quels sont les messages, Hugo, que le gouvernement a voulu faire passer aux entreprises ?
13:33Bercy nous le répète.
13:34Vraiment depuis ce matin, il n'y a pour l'heure aucune raison de s'inquiéter outre mesure.
13:39Face aux filières, le ministre de l'économie a insisté d'abord sur la coopération entre les pays européens
13:45et même avec les Etats-Unis.
13:47Il a eu un appel avec le ministre de l'énergie des Etats-Unis.
13:51Il a également rassuré sur une exposition directe peu importante de l'économie française
13:56aux produits énergétiques de la région, un peu plus de 10% seulement.
14:01Une vigilance est-elle apportée à une potentielle hausse des prix de l'énergie
14:05et au marché qui demeure dans le rouge aujourd'hui,
14:08même si Roland Lescure constate qu'à ce stade, il n'y a pas de panique à avoir.
14:14Ça, c'est le discours du côté du ministère.
14:16Du côté des entreprises, Hugo, quels sont les principaux points de vigilance qui ont été évoqués ?
14:20Déjà, le message unanime porté tant par les filières que les organisations patronales,
14:25c'est protéger nos collaborateurs sur place.
14:28Si Total a déjà rapatrié certaines familles de ses salariés au Moyen-Orient,
14:32beaucoup d'entreprises ont voulu discuter avec le gouvernement d'un possible rapatriement.
14:37Et sinon, c'est davantage une vigilance accrue que de vraies alertes pour le moment.
14:42Vigilance sur la logistique aérienne, sur le hub de Dubaï, le détroit d'Ormus pour les armateurs.
14:49Vigilance sur la hausse du prix de l'énergie pour les industriels ou les services.
14:53Vigilance sur les marchés avec une bourse toujours dans le rouge.
14:57Seuls les assureurs sont pour le moment épargnés de vigilance
15:00puisque la majorité des assurances du transport maritime se jouent plutôt à Londres.
15:05Et en effet, depuis 48 heures, l'escalade militaire au Moyen-Orient provoque notamment un choc logistique mondial.
15:11Le transport maritime, les routes commerciales stratégiques, le fret aérien, plusieurs axes clés sont perturbés ou contournés.
15:18On fait le point avec Jean-Baptiste Thuet.
15:21Le détroit d'Ormus donne aussi accès au grand hub de transbordement du Golfe.
15:25Sans assurance, war risk, les portes-conteneurs évitent la zone.
15:28Les grands armateurs ont suspendu leurs escales dans le Golfe, réorganisent leurs lignes.
15:31Il n'existe pas de route de substitution viable, explique un analyste.
15:35Les conteneurs seront débarqués dans les ports moins pires, puis réacheminés par voie terrestre,
15:40ce qui peut créer une congestion régionale.
15:42Deuxième choc, la route du canal de Suez vers la mer Rouge.
15:45Elle était déjà fragilisée par les attaques outils, résultat, de nombreux services Asie-Europe repartent par le Cap de Bonne
15:52Espérance.
15:5210 à 15 jours supplémentaires de transit, conséquence immédiate, des surcharges allant jusqu'à 4000 dollars par conteneur,
15:58avec une hausse des primes d'assurance et des risques de congestion dans les ports asiatiques et européens.
16:04Dans les aires, la situation est tout aussi complexe.
16:06La fermeture partielle des espaces aériens réduit fortement les capacités cargo,
16:10notamment sur les hubs de Dubaï et de Doha.
16:12Selon l'organisation TLF Overseas, en 24 heures, on dénombre 19 000 retards de vol, 2 100 annulations,
16:18ce qui représente une contraction de 18% de la capacité mondiale de frais aériens.
16:23Jean-Baptiste Sué, parmi les infrastructures visées par l'Iran au Moyen-Orient, il y a notamment les data centers.
16:28Amazon Web Services en fait les frais avec un centre paralysé à Bahreïn
16:32et deux autres touchés par des frappes de drones aux Émirats.
16:35Des attaques stratégiques pour Téhéran.
16:38Paul Valère.
16:40Des effets en cascade sur les services, les communications et l'économie des pays du Golfe.
16:45C'est tout l'objectif de l'Iran en ciblant les centres de données d'Amazon Web Services,
16:49numéro un mondial du cloud.
16:51Les impacts sont déjà là car après avoir subi des dommages matériels dans trois centres au Moyen-Orient,
16:56AWS dit à ses clients de transférer toutes leurs opérations vers d'autres serveurs ailleurs dans le monde
17:01et de sauvegarder toutes leurs données critiques.
17:04Un coup dur pour les Émirats, l'un des pays du Golfe les plus fournis en centres de données,
17:08avec 34 data centers, chiffre que le régime veut voir doubler d'ici à 2030.
17:13Il a pour ça signé des contrats avec Alphabet et Microsoft,
17:16qui doit investir environ 15 milliards de dollars au total dans le pays d'ici à fin 2029.
17:21Selon plusieurs experts, ces attaques vont toutefois faire réfléchir les entreprises de la tech
17:25sur la suite de leurs opérations dans la région.
17:28Et cette instabilité au Moyen-Orient fait aussi bouger le secteur immobilier.
17:32Certains ressortissants européens des Émirats Arabes Unis notamment
17:35cherchent déjà à sécuriser une partie de leur patrimoine
17:38et se tournent donc vers le marché européen.
17:41Écoutez Laurent Demeur, président de Coldwell Banker, un réseau immobilier international.
17:47Tous les Européens qui étaient partis s'installer à Dubaï,
17:50ceux-là dans certaines familles,
17:53commencent à se dire finalement qu'il mieux vaut une bonne diversification de les actifs
17:56et reprendre un peu d'immobilier stable.
17:58Ils cherchent des actifs de qualité, liquide, si on a besoin de les revendre un jour.
18:03C'est-à-dire que beaucoup avaient liquidé leur patrimoine européen
18:05en se disant « je vais acheter l'immobilier à Dubaï »
18:07et beaucoup font des achats-reventes très rapides
18:09ou avec un effet de levier important
18:12dans un marché qui est en forte croissance,
18:14qui prend 20% de croissance chaque année,
18:16avec des volumes de ventes de plus en plus,
18:19des prix qui montent, qui montent, qui montent.
18:21Et là, tout d'un coup, ils se disent
18:22« il faut mieux resécuriser une partie du patrimoine
18:26parce qu'on peut avoir un crash immobilier ».
18:28Voilà, Laurent Demeur, président de Coldwell Banker.
18:31Dans le reste de l'actualité, en France,
18:33c'est une page qui se tourne pour les papeteries de condas
18:36en Dordogne.
18:37Pendant des décennies, ce site a été l'un des fleurons
18:40de l'industrie papetière française.
18:42Le Fonds franco-canadien SPB reprend donc l'usine de condas
18:45au groupe espagnol Lecta pour 1 million d'euros.
18:48Ironie de l'histoire, l'avenir du site ne sera plus dans le papier,
18:51mais dans le numérique et la décarbonation.
18:54Clara Bido.
18:56Un supercalculateur à la place des bobines de papier.
18:59L'ambition du Fonds SPB est de transformer ce fleuron centenaire
19:02en un parc industriel.
19:04Au programme, retraitement d'aluminium
19:06et création d'un pôle d'énergie verte de 200 MW
19:09autour de l'hydrogène et de la chaleur.
19:12Autre objectif pour le Fonds,
19:13installer un ensemble de supercalculateurs
19:15développé avec un partenaire européen
19:17de l'intelligence artificielle
19:19pour 400 millions d'euros.
19:20Un scénario qui n'était pas partagé
19:22par le candidat évincé.
19:24Le groupe tchèque Finesta proposait
19:26de relancer pleinement la production de papier
19:28et de reprendre les 202 salariés.
19:30Cependant, la justice a jugé le projet
19:32trop faible financièrement.
19:34Résultat, seuls 20 emplois sont conservés.
19:37Habitué des opérations de reprise,
19:39SPB privilégie les projets de diversification
19:41plutôt que le maintien des activités historiques.
19:44Une stratégie qui a déjà fait ses preuves
19:46il y a 5 ans avec la reconversion
19:48d'une autre papeterie dans la Sarthe.
19:49L'innovation dans l'industrie française
19:51est plutôt dynamique.
19:53C'est la conclusion du dernier palmarès de l'INPI,
19:55des déposants de brevets en France.
19:57L'innovation tricolore reprend des couleurs
19:59avec une nette augmentation des dépôts
20:01des brevets l'année dernière.
20:03Stellantis, Safran et Renault
20:05sont dans le trio de tête.
20:06Alexandre Apagé.
20:08Pour la troisième année consécutive,
20:10Stellantis confirme sa position dominante
20:12avec près de 2000 brevets déposés,
20:15principalement dans les innovations de rupture
20:17sur l'électrification notamment.
20:19Malgré son virage récent sur l'électrique justement,
20:22après une perte nette de 22,3 milliards d'euros
20:25l'année dernière,
20:26le groupe confirme sa stratégie d'investissement
20:28en recherche et développement.
20:30Juste derrière Safran,
20:31le groupe d'aéronautiques et de défense
20:33a déposé 1266 demandes l'année dernière.
20:36La grosse surprise, c'est Renault
20:38avec 4,5% de l'ensemble des demandes de brevets
20:41contre 3,5% en 2024.
20:43Le constructeur retrouve ainsi le top 3
20:45pour la première fois du classement depuis 2010.
20:48Cela reflète l'accélération de ses investissements
20:50dans les technologies de motorisations innovantes
20:53et des logiciels embarqués.
20:54L'Oréal occupe la quatrième place
20:56tandis qu'Orange fait son entrée dans le top 10
20:58aux dépens de Michelin qui en sort cette année.
21:01Enfin, le CEA reste l'acteur non privé
21:03le mieux classé à la cinquième place.
21:05Et l'INPI qui dévoile aussi une donnée intéressante
21:08sur la part de femmes dans ses dépôts de brevets.
21:10Elles sont toujours peu représentées,
21:12un peu moins de 17%,
21:14légère amélioration cependant,
21:16et supérieure à la moyenne européenne.
21:18Et comme chaque année,
21:19l'APEC dévoile son étude sur les inégalités salariales
21:22entre les hommes et les femmes cadres.
21:24Cette fois-ci encore, peu d'évolution
21:26avec un écart qui reste de 16%.
21:28Les femmes sont toujours absentes,
21:29des fonctions les plus rémunératrices
21:31et des postes à responsabilité.
21:33A noter cette fois-ci, l'étude souligne
21:35que 4 femmes cadres sur 10 ne se sentent pas à l'aise
21:38quand il s'agit de demander la rémunération
21:40des autres postes équivalents dans l'entreprise.
21:42Pour Laetitia Niodo, directrice générale de l'APEC,
21:45la loi sur la transparence salariale qui arrive
21:47peut être un levier de changement
21:48à condition que tout le monde s'en saisisse.
21:52Quatre femmes cadres sur 10
21:55qui disent hésiter à faire valoir ce droit à l'information.
21:59Elles craignent que cette démarche soit mal perçue
22:03par leur employeur ou par leur manager.
22:07Et la deuxième raison, c'est qu'elles pensent
22:09que ça n'aura pas d'influence, pas d'effet sur leur situation
22:13et que finalement, ça ne changera rien
22:15que de recourir à ce droit.
22:16La loi toute seule, si les mentalités ne changent pas,
22:20si les pratiques ne changent pas,
22:22ça ne suffira pas pour avoir des effets réels et mesurables.
22:26Voilà, Laetitia Niodo, directrice générale de l'APEC.
22:29Le régime de l'assurance chômage
22:31devrait être déficitaire de 2,1 milliards d'euros cette année.
22:35C'est ce qu'indique l'UNEDIC
22:36qui appelle l'État à cesser ses ponctions.
22:39Sauf nouveau prélèvement, l'UNEDIC prévoit
22:40que le régime reprenne sa trajectoire de désendettement
22:43dès l'année prochaine.
22:4519h23, si vous restez avec nous juste après ce journal,
22:47vous retrouverez l'équipe de Tech & Co
22:49cette semaine depuis Barcelone
22:50pour le Mobile World Congress,
22:52le salon des télécoms largement sous le signe de l'IA cette année,
22:55l'intelligence artificielle qui transforme tout un tas de secteurs
22:58et c'est aussi le cas notamment dans la banque
23:00avec une étape importante qui vient d'être franchie.
23:04L'Espagnol Santander et Mastercard
23:05ont réalisé le tout premier paiement en Europe
23:08exécuté de A à Z par un agent IA.
23:11Les explications de Paul Valère.
23:14Besoin d'une paire de lunettes ?
23:16L'IA se charge de la trouver et de l'acheter à votre place.
23:19Il suffit simplement de définir un style et un budget.
23:22Voilà à quoi ressemble le paiement agentique,
23:24innovation que Santander et Mastercard ont réussi à mettre en place de bout en bout.
23:28Les deux groupes assurent que les standards de sécurité,
23:30de confidentialité et de protection des clients ont été maintenus.
23:34Pas de déploiement commercial envisagé pour le moment,
23:37mais la banque espagnole veut déjà l'adopter
23:39pour la façonner de manière responsable.
23:41Mastercard s'attend de son côté à un profond changement
23:44dans la réalisation technique des échanges commerciaux.
23:47Chacun mise déjà beaucoup sur l'intelligence artificielle
23:50et Santander compte sur l'IA pour augmenter ses revenus annuels
23:53de 300 millions d'euros et réduire ses coûts d'environ 700 millions d'euros
23:57d'ici à 2028.
23:58Un développement très rapide.
24:00Il y a seulement deux mois, la start-up britannique Fetch.ai
24:02mettait au point le tout premier paiement agentique au monde.
24:06Une IA avait alors coordonné sa sortie au restaurant avec une autre IA,
24:10réservé la table et payé la facture,
24:12sans la moindre intervention humaine.
24:14Le clic du jour, c'est cet article signé Raphaël Rafnet
24:17qui nous raconte comment les services secrets israéliens
24:20ont passé des années à pirater les caméras de surveillance de Téhéran
24:23afin de localiser, espionner et finalement tuer
24:27le guide suprême iranien Ali Khomeini.
24:29Article à retrouver dans la rubrique tech du site de BFM Business.
24:33La tribune demain titre sur le moral des patrons en chute libre.
24:36A l'agenda ce soir à 20h, Emmanuel Macron s'adressera aux Français
24:40pour évoquer la situation au Moyen-Orient
24:43et également les questions économiques.
24:45Demain matin, oui, les résultats annuels de Dassault Aviation.
24:48Rendez-vous à ne pas manquer.
24:49Éric Trappier, son PDG, sera l'invité d'Edwish Chevrillon à 18h.
24:53Dans le reste de vos rendez-vous, à 7h45,
24:55le grand entretien avec Inda Garbi à la tête de Bureau Veritas.
24:59Elle sera l'invité de Sandra Gandouin.
25:01Dans un instant, Tech & Co depuis Barcelone
25:03pour le Mobile World Congress.
25:05Très bonne soirée.
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