- il y a 12 heures
Retrouvez l’émission le 19h Eco présentée par Erwan Morice du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.
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00:00BFM Business présente
00:05Le 19h écho, Erwan Morris
00:08Bienvenue dans votre rendez-vous d'actualité du soir sur BFM Business.
00:11Ravi de vous retrouver, on est ensemble en direct pendant 30 minutes.
00:14A la une de ce vendredi 27 février, la Commission européenne passe en force sur le Mercosur
00:19et ce, malgré donc la suspension de l'accord commercial par les eurodéputés
00:23qui ont saisi la Cour de justice de l'Union européenne pour évaluer sa conformité.
00:26L'accord va donc s'appliquer de manière provisoire, explications et réactions dès le début de ce journal.
00:32L'Iran pourra-t-il éviter une confrontation militaire ?
00:35Téhéran se dit confiant à l'issue de discussions avec les Etats-Unis hier à Genève.
00:38Pourtant, la tension est maximale avec des signaux de frappes américaines imminentes qui s'accumulent.
00:43On les analyse dans un instant avec Mathieu Jolivet.
00:46Et puis, OpenAI explose les records avec une levée de 110 milliards de dollars.
00:51La valorisation du spécialiste de l'IA Générative s'envole.
00:57Coup de théâtre à Bruxelles.
00:59Le traité de libre-échange avec les pays du Mercosur va finalement entrer en application.
01:04L'accord commercial était suspendu côté européen depuis la saisine de la Cour de justice européenne par les eurodéputés.
01:10C'est la présidente de la commission, Ursula von der Leyen, qui a annoncé son entrée en application provisoire.
01:17L'Europe devient plus forte et plus indépendante.
01:21Nos entreprises, nos travailleurs et nos citoyens en récolteront les bénéfices.
01:24Ils doivent pouvoir en bénéficier le plus rapidement possible.
01:34Je l'ai déjà dit, lorsqu'ils seront prêts, nous serons prêts.
01:37Ces dernières semaines, j'ai mené des discussions approfondies à ce sujet avec les Etats membres et avec les députés
01:42au Parlement européen.
01:43Sur cette base, la commission va désormais procéder à l'application provisoire de l'accord du Mercosur.
01:51Et ce revirement intervient donc au lendemain de la ratification de l'accord par l'Argentine et l'Uruguay.
01:55Les signatures du Brésil et du Paraguay devraient arriver dans les jours qui viennent.
01:59Après l'Inde, l'Australie et les Etats-Unis, Bruxelles presse donc le pas pour conclure ces négociations en cours.
02:06Astre-Olivier.
02:07L'accord commercial avec les pays du Mercosur est une urgence géostratégique selon Bruxelles.
02:13Après la validation du Conseil européen, puis la mise en pause de la ratification par le Parlement,
02:18la commission a décidé de passer en force par peur de se faire doubler par la Chine ou les Etats
02:23-Unis,
02:24qui veulent aussi mettre la main sur ce marché du Mercosur.
02:27La présidente a confirmé avoir prévenu les dirigeants des 27, dont Emmanuel Macron depuis plusieurs semaines,
02:33pressé notamment par les entreprises espagnoles et le chancelier allemand,
02:37qui martèle vouloir une application rapide de cet accord.
02:40Côté Parlement, c'est l'indignation, une décision légale mais pas démocratique,
02:45fustige l'eurodéputé PPE Céline Imar.
02:48La commission a utilisé tous les leviers juridiques à sa disposition
02:51et s'est glissé dans les moindres interstices du droit et de ce que lui permet de faire les traités
02:56européens.
02:57Aujourd'hui, le vrai sujet, c'est que nous sommes dépendants de l'extérieur pour nous nourrir.
03:01Et la notion de souveraineté est bien trop absente aujourd'hui
03:04d'une quelconque vision stratégique européenne concernant l'agriculture.
03:08Une source indique à BFM Business qu'une motion de censure contre la présidente
03:12va être déposée par le groupe Renew au Parlement.
03:14L'accord de libre-échange devrait malgré tout bien s'appliquer d'ici deux mois
03:19après une signature formelle qui pourrait intervenir dès la semaine prochaine.
03:23Et le président de la République Emmanuel Macron qui a réagi aussi tout à l'heure
03:26à l'issue de cette décision de la Commission européenne.
03:29C'est une grande responsabilité vis-à-vis des agriculteurs
03:33qui ont exprimé leur inquiétude
03:35et pour lesquelles les Européens n'ont pas encore apporté la visibilité nécessaire.
03:40C'est aussi une autre responsabilité vis-à-vis des citoyens européens
03:43et de leurs représentants qui n'ont pas été dûment respectés.
03:46En substance, pour la France, c'est une surprise et une mauvaise surprise.
03:52Bonsoir Hugo Babé.
03:53Bonsoir.
03:54Vous revenez tout juste du salon de l'agriculture, Hugo,
03:56où cette annonce a forcément pas mal fait réagir.
03:58Oui, déjà les agriculteurs ont été très surpris.
04:01Les syndicats agricoles discutaient avec la ministre de l'Agriculture,
04:04Annie Gennevard, au moment même où elle a pris cette décision.
04:08Et ensuite, ça a été la colère,
04:10une manifestation des jeunes agriculteurs et de la FNSEA
04:14a eu lieu cet après-midi au stand de l'Union Européenne.
04:18Tous les syndicats agricoles se préparent déjà à de nouvelles mobilisations.
04:22Dans les prochaines semaines, écoutez d'abord Arnaud Rousseau de la FNSEA,
04:26puis Cyril Caria du comité directeur de la coordination rurale.
04:30Pour les agriculteurs français, pour les agriculteurs européens,
04:33parce que nombre de nos collègues étaient là avec nous à Bruxelles et à Strasbourg,
04:36le combat continuera et que le mauvais sort qu'elle a fait à l'Europe
04:41est indigne de la position qu'elle occupe.
04:43Il y a un dégoût, c'est même pas la couleur, c'est un dégoût en fait.
04:45C'est qu'on prend vraiment les agriculteurs pour moins que rien aujourd'hui.
04:48Alors l'immobilisation, elle va sûrement se raviver.
04:52Et côté filière, tout exige des contrôles renforcés
04:56pour au moins faire appliquer les mêmes règles que pour les producteurs français.
05:00Écoutez un des représentants d'Interbev.
05:03Dans les actes, il nous faut vraiment des gens qui aillent contrôler au Brésil,
05:09en Uruguay, en Argentine, que les règles que l'on veut,
05:13qui soient établies pour protéger le consommateur, soient bien respectées.
05:17On sait que c'est pas vrai.
05:18Donc les paroles, on en veut bien, mais on voudrait surtout des actes concrets maintenant.
05:23Tous attendent finalement qu'Emmanuel Macron prenne une décision rapidement
05:27contre la Commission européenne.
05:29Sinon les agriculteurs n'hésiteront pas à retourner à Bruxelles pour se faire entendre.
05:33Voilà pour le point de situation complet avec vous, Hugo Babès.
05:37Ce soir, dans l'actualité politique aussi ce vendredi,
05:39cette sortie de l'ex-ministre de l'économie, Éric Lombard.
05:42Il estime que le nombre de ménages aisés qui échappent à l'impôt sur le revenu
05:46est bien supérieur aux 13 000 annoncés par Bercy.
05:49Selon l'ancien ministre, il pourrait être jusqu'à 100 000.
05:51Éric Lombard appelle à ce que le sujet soit davantage creusé
05:54afin d'avoir une vision plus complète du sujet.
05:5719h06 est l'actualité ce soir.
05:59C'est aussi la tension qui monte encore un peu plus autour de l'Iran.
06:02Bonsoir Mathieu Jolivet.
06:03Bonsoir Évran.
06:03Tout au long de la journée, les signaux de frappe américaine imminente
06:07se sont en effet accumulés.
06:08Oui, la Chine demande à ses ressortissants encore présents en Iran de quitter le pays.
06:12Le Royaume-Uni rappelle son personnel diplomatique.
06:15Les États-Unis demandent à leur personnel non essentiel de quitter Israël
06:19tant que des vols commerciaux sont disponibles.
06:21Un mail interne évoque même « partez aujourd'hui ».
06:24Des messages officiels qui laissent présager le scénario de fortes répliques de l'Iran sur Israël
06:29après avoir été frappés eux-mêmes par les Américains.
06:32Ces mises en garde interviennent alors que Washington a massé au Moyen-Orient
06:36le plus gros dispositif naval depuis des décennies.
06:39En toile de fond, la crainte d'un embrasement régional
06:42après les frappes croisées entre Israël et l'Iran.
06:45C'était l'an dernier.
06:47Et la répression sanglante des manifestations iraniennes en janvier dernier.
06:50En parallèle Mathieu, il y a quand même des négociations qui se poursuivent
06:53entre les États-Unis et l'Iran.
06:55Oui, sur le papier, la voie diplomatique reste ouverte.
06:57À Genève, iraniens et américains viennent de tenir leur troisième session
07:01de pourparlers indirectes sous médiation Omanez.
07:05Et le ministre iranien des Affaires étrangères parle de très bons progrès,
07:09d'ouverture à des idées nouvelles et créatives des deux côtés.
07:12Des équipes techniques doivent se retrouver lundi à Vienne,
07:15avec l'AIEA notamment, pour travailler sur la question du nucléaire.
07:20Donc diplomatie d'un côté et démonstration de force de l'autre.
07:23Bon, et à Washington, le message semble quand même volontairement brouillé.
07:26Oui, le vice-président J. Devens l'a dit au Washington Post tout à l'heure.
07:30Aucune chance, dit-il, qu'une frappe contre l'Iran ne dépouche sur une guerre longue.
07:34En disant cela, J. Devens parle surtout à la basmaga de Donald Trump,
07:38qui n'aime pas les opérations longues et aventureuses de type Irak ou Afghanistan.
07:43D'ailleurs, Donald Trump martèle ce message à travers sa nouvelle doctrine,
07:47dite Don Rao, qu'il formalise depuis maintenant un an.
07:50Il dit en gros que tout ce qui se passe dans son hémisphère de l'Alaska à la Terre de
07:55Feu le concerne,
07:56et ce qui est loin de chez lui, c'est pour les autres.
07:58On peut donc imaginer que Donald Trump choisira en Iran
08:01toutes les options qui n'impliqueront pas les États-Unis dans la durée.
08:05Et alors que la région retient son souffle ce soir, Mathieu,
08:08l'Iran envoie un message diplomatique qui paraît presque surréaliste.
08:11En fait, Téhéran se propose d'être médiateur entre l'Afghanistan et le Pakistan,
08:15qui sont en pleine confrontation militaire,
08:18avec une poussée de fièvre dangereuse la nuit dernière.
08:20L'Iran menacé de frappes américaines imminentes,
08:23qui pourrait devenir médiateur régional.
08:26C'est toute l'ambiguïté de ce moment,
08:27un pays sous pression maximale,
08:29qui tente de montrer qu'il reste un acteur incontournable sur d'autres conflits.
08:32L'actualité internationale tous les soirs avec Mathieu Jolivet.
08:3519h09, les marchés.
08:40Antoine Larigauderie, le CAC 40 termine la semaine sur du rouge.
08:44Ben oui, pas de casquette ce soir.
08:46On l'avait toute la semaine, on a battu des records historiques absolus sur le CAC 40.
08:50Là, on reprend un petit peu de souffle.
08:52Moins 0,47% à 8 580.
08:54A noter des volumes d'échanges très très importants,
08:57peut-être même supérieurs à ceux de la dernière séance à sorcières,
09:01où on éclusait les options sur indices.
09:03Là, on est à 7 milliards et demi d'euros d'actions négociées.
09:07C'est un des plus gros volumes depuis le début de l'année,
09:10tout confondu, pour une séance quotidienne sur le CAC 40.
09:13Les clôtures du côté du reste de l'Europe.
09:15Là aussi, on a repris du souffle du côté de l'Eurostock 50.
09:17Moins 0,38%.
09:18Moins 0,02% pour le DAX à Francfort.
09:21Moins 0,73% pour Madrid.
09:23Les valeurs qui ont fait l'actualité sur le CAC 40.
09:25Ben, tout s'est joué finalement au fixing,
09:27où vraiment la tendance s'est calée.
09:30Pernod Ricard finit plus fort au hausse à plus 2,87.
09:3278,26.
09:34Stellantis poursuit son redressement
09:35après la parution de ses résultats,
09:37qui n'était vraiment pas fameux,
09:39mais le titre avait besoin de reprendre un certain souffle technique.
09:42Là, on gagne 2,2% à 6,94.
09:44Puis Euronext s'en sort bien aussi.
09:462,2% de hausse.
09:48140 euros à la baisse.
09:50Là aussi, ça s'est joué en toute fin de séance.
09:51Et ici, l'Orlo Sotica, qui a décalé d'un coup.
09:54Moins 5,9% à 225,20.
09:56Engie a perdu 2% à 28,96,
09:59mais avec une très forte hausse hier.
10:01Après ses résultats et l'annonce d'une très forte acquisition structurelle.
10:05Société Générale aussi a perdu 1,9% à 73,86 euros.
10:10La plus forte hausse du SBF 120, elle est pour Nanobiotics.
10:13Plus 12,4% à 28,50.
10:15On a l'ISI qui a signé la plus forte baisse.
10:17Ça a été délicat.
10:18Moins 10,5% à 56 euros.
10:21Les autres chiffres importants.
10:22Le 10 ans américain sur le marché obligataire,
10:24qui s'est vraiment calé sous les 4%,
10:26on est à 3,96.
10:27Le 10 ans français à 3,22.
10:29Il y a vraiment une pression à la baisse sur les taux longs en ce moment,
10:32qu'on garde à l'œil.
10:33Parce que c'est un mouvement qui n'est pas forcément très attendu en ce moment.
10:36Et puis le pétrole qui reste sur sa hausse d'hier.
10:39On a un petit peu réduit la vapeur,
10:41mais on est au-dessus des 72 dollars sur le Brent de Mer du Nord,
10:44bien entendu sur fond de tension géopolitique entre Iran et les États-Unis.
10:48Le CAC 40, moins 0,47.
10:508 580, mais encore une fois, des volumes très très importants à 7 milliards et demi.
10:54Merci Antoine Larigauderie d'un mot toujours au chapitre des entreprises.
10:57On vous en parlait hier soir.
10:59Engie qui a annoncé la plus grosse acquisition de son histoire,
11:02celle du britannique UK Power Networks pour plus de 12 milliards d'euros.
11:06L'énergéticien annonce ce soir une augmentation de capital de 3 milliards d'euros
11:10pour financer en partie cette acquisition.
11:13Un coup d'œil sur la séance en cours à Wall Street, c'est du rouge.
11:16Le Dow Jones qui cède 1,3% en séance.
11:19Le Nasdaq aussi repli d'un peu plus d'un pour cent.
11:23A noter que Netflix décolle par contre de plus de 10% en ce moment sur le marché à New
11:28York.
11:29À la suite de l'annonce de l'abandon du rachat de Warner Bros,
11:32Netflix laisse le champ libre à Paramount qui a fait une offre à plus de 110 milliards de dollars.
11:37Nathan Cocampo.
11:39Dans cette partie de poker qui se joue depuis 5 mois autour du rachat de Warner,
11:43la persévérance de Paramount a fini par payer.
11:45Une dernière surenchère à 110 milliards de dollars.
11:48C'est 30 de plus que celle de Netflix.
11:50La plateforme de streaming ne peut plus suivre.
11:52Cette transaction n'est plus attractive financièrement, explique-t-elle.
11:56Une décision saluée sur les marchés.
11:58En se retirant, Netflix tire un trait sur l'acquisition de licences cultes.
12:01Harry Potter, Game of Thrones, Le Seigneur des Anneaux et tant d'autres.
12:04Mais peut se consoler avec près de 3 milliards de dollars promis par Paramount
12:08comme indemnité de rupture.
12:10Ne manque plus que l'approbation de l'Assemblée Générale du 20 mars
12:13et le feu vert des régulateurs pour le désormais seul en piste Paramount
12:17dirigé par la famille Ellison, proche de Donald Trump.
12:19Mais ce futur rachat historique à 110 milliards de dollars n'est pas sans risque.
12:24Warner représente 6 fois sa capitalisation.
12:26L'endettement sera massif pour acquérir un groupe en difficulté financière.
12:31Le chiffre d'affaires de Warner a chuté de 6% au dernier trimestre.
12:35Voilà pour les explications de Nathan Cocampo.
12:37Autre actualité majeure dans la tech ce soir.
12:39OpenAI, la maison mère de Tchad GPT, annonce une levée de fonds vertigineuse.
12:43110 milliards de dollars parmi les investisseurs SoftBank, Nvidia et Amazon
12:47qui met 50 milliards.
12:49Le géant du commerce est déjà actionnaire d'Anthropic,
12:51l'un des plus grands rivaux d'OpenAI.
12:53Léa Benahim.
12:54Amazon se retrouve désormais aux côtés de Microsoft,
12:58partenaire historique d'OpenAI et concurrent direct de sa filiale cloud AWS.
13:03Mais dans la course à l'intelligence artificielle,
13:06l'enjeu est tel que les alliances ne sont plus exclusives.
13:10Seule une poignée d'acteurs sont encore capables d'aligner de telles sommes
13:14comme Nvidia et SoftBank qui ont aussi investi 30 milliards de dollars chacun.
13:20Depuis sa création, OpenAI a donc levé 170 milliards de dollars,
13:25un montant qui reste encore loin d'assouvir les ambitions de son fondateur Sam Altman,
13:31qui prévoit de dépenser pas moins de 600 milliards de dollars d'ici à 2030,
13:36alors même que l'entreprise continue d'accuser de lourdes pertes.
13:40Mais OpenAI doit continuer de s'offrir data center, puces et serveurs
13:45afin d'entraîner ses grands modèles d'IA.
13:47L'entreprise viserait aussi une introduction aux bourses d'ici la fin de l'année
13:52pour lever encore quelques centaines de milliards de dollars.
13:55Et pendant ce temps-là, Jack Dorsey, le fondateur de Twitter,
13:58aujourd'hui à la tête de la société de paiement électronique Block,
14:01annonce lui le licenciement de 4000 personnes,
14:04soit 40% des effectifs de la société,
14:06et une coupe drastique qu'il justifie par le développement de l'intelligence artificielle.
14:10En France, les données administratives de 15 millions de Français ont bien été piratées,
14:15confirmation du ministère de la Santé.
14:18C'est le bilan d'une cyberattaque qui remonte au mois d'octobre
14:21et qui a visé la société CGDIM Santé qui fournit des logiciels médicaux.
14:25Avec nous pour en parler en plateau ce soir, Jérôme Bilois.
14:28Bonsoir Jérôme.
14:28Bonsoir.
14:29Merci d'être sur notre plateau, expert en cybersécurité chez Wavestone.
14:32Alors on est malheureusement maintenant habitué à ce genre d'annonce assez régulière.
14:38Il y a quelques jours encore, on apprenait qu'une exposition massive de données bancaires avait eu lieu.
14:42Ça interroge quand même Jérôme Bilois sur notre capacité à protéger nos infrastructures numériques stratégiques.
14:49Oui, c'est sûr.
14:51Ce qu'on appelle la cybersécurité, c'est-à-dire le renforcement des infrastructures numériques,
14:55ça a été un peu le parent pauvre pendant des années de l'investissement.
14:58Et aujourd'hui, on le paye très clairement parce qu'il y a encore beaucoup d'endroits où,
15:02même sans être un pirate trop chevronné, en poussant quelques portes numériques,
15:07on arrive à rentrer, on arrive à voler des bases de données massives,
15:10comme celle qui a été annoncée aujourd'hui, avec des effets bien réels pour les particuliers.
15:16Il y a une accélération, on dirait quand même, des cyberattaques.
15:18Et puis ce sont des cyberattaques de plus en plus massives, qui touchent de plus en plus de personnes.
15:23Enfin, on n'est plus sur des petites PME, mais là, c'est vraiment des millions de données,
15:29parfois de milliards même.
15:30Ce qu'il faut comprendre, on voit la partie émergée de l'iceberg, les fuites de données,
15:34les conséquences pour nous, tout un chacun.
15:36Mais la partie immergée de l'iceberg, là, c'est l'économie du cybercrime.
15:41C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les cybercriminels, ils gagnent de l'argent,
15:44ils en gagnent beaucoup et ils sont capables de le réinvestir
15:47et donc de développer des nouvelles techniques d'attaque,
15:49de développer des plateformes d'attaque même.
15:52Et donc, il y a une forte motivation de leur côté pour continuer ces attaques
15:57et les faire grandir de plus en plus.
15:58Mais on en vient à se dire que, quoi qu'il arrive,
16:00nos données sensibles peuvent un jour être vulnérables,
16:03que ce soit des données de santé, des données bancaires.
16:06On n'a plus la garantie à 100% qu'elles vont être protégées, quoi qu'il arrive.
16:11C'est malheureusement, effectivement, le constat qu'on peut avoir aujourd'hui.
16:15D'autant plus que même si, à titre personnel,
16:18on a une hygiène numérique qui est extrêmement bonne,
16:20on fait attention à ses mises à jour, ses mots de passe, etc.
16:22Il y a plein d'endroits où on est obligé de donner ces informations.
16:26Par exemple, les patients qui sont concernés par cette fuite-là,
16:30quelque part, ils ont juste parlé à leur médecin
16:32et leur médecin a noté dans un logiciel qui, lui, n'était pas assez sécurisé.
16:36Et donc, effectivement, il faut garder à l'esprit
16:39que beaucoup de ces données peuvent être révélées
16:40et toujours rester attentifs.
16:42Est-ce qu'il faut renforcer aussi la législation,
16:45les systèmes de protection ?
16:46Est-ce qu'il y a encore beaucoup de travail et d'investissement à faire ?
16:49Oui, là, il y a clairement un axe.
16:51Et en particulier dans le domaine de la santé,
16:53qui est un parent pauvre de l'investissement en cyber,
16:56parce qu'on sait que c'est un domaine qui a aussi des problèmes financiers
16:58plus profonds, plus larges que juste la sécurité numérique.
17:01Donc, il y a clairement des investissements à avoir dans tous les secteurs.
17:04Je peux vous donner un chiffre.
17:06Le bon niveau d'investissement, c'est de prendre 8% de son budget informatique
17:09pour le mettre sur la sécurité informatique.
17:12Et on est à combien aujourd'hui ?
17:13En moyenne, aujourd'hui, on est à autour de 5%.
17:16Donc, on voit qu'il y a encore un gap à fournir.
17:18Et surtout, il y a une différence sectorielle énorme.
17:21Les banques ont quand même beaucoup investi
17:23et aujourd'hui, ils sont quand même plus solides.
17:26Par contre, le domaine de la santé,
17:27le domaine du secteur public
17:29est malheureusement le parent pauvre.
17:31On voit, pour terminer, Jérôme Bilois,
17:32que l'intelligence artificielle sert aussi à perpétuer des attaques.
17:37Est-ce qu'on peut s'en servir ?
17:38Est-ce qu'on doit s'en servir aussi urgemment pour se défendre ?
17:42Oui, clairement.
17:43L'intelligence artificielle, elle accélère les attaquants.
17:45On voit des attaques aujourd'hui dont le temps de réalisation
17:47devient de l'ordre de l'heure, alors qu'avant, c'était des jours.
17:50Et en regard, on a besoin de l'intelligence artificielle
17:52pour les défenseurs,
17:53pour justement être capable de regarder
17:55ce qui se passe en temps réel, 24 heures sur 24,
17:58et pouvoir couper une attaque
17:59avant qu'elle ne fasse trop de dégâts.
18:01Merci beaucoup pour votre expertise avec nous ce soir,
18:04Jérôme Bilois, spécialiste cybersécurité
18:06au sein du cabinet WaveStone.
18:08Un mot de la taxe française sur les petits colis
18:10qui arrivent ce week-end.
18:12Elle va s'appliquer à tous les colis de moins de 150 euros
18:14en provenance notamment des plateformes chinoises
18:16comme Chine, AliExpress ou Temu.
18:19Concrètement, cette taxe variera selon les articles commandés,
18:22mais sera directement payée par les géants chinois.
18:24Les explications d'Astre Olivier.
18:27La taxe française sur les petits colis
18:29sera de 2 euros, non pas par article,
18:31mais bien par catégorie de marchandises.
18:34Un colis avec 2 jouets et 3 chemises, par exemple,
18:37sera taxé 4 euros.
18:392 euros pour les jouets, 2 euros pour les chemises.
18:41La taxe sera payée directement par les plateformes chinoises
18:44à partir de leur déclaration.
18:46Interrogées par BFM Business,
18:48les douanes françaises confirment
18:49que le risque de frône est grand
18:51car la déclaration est simplifiée
18:53en raison du faible montant des envois.
18:55Pour le moment, les géants chinois ne disent pas
18:58s'ils répercuteront le montant de cette nouvelle taxe
19:00sur leurs produits.
19:01Le budget voté en 2026 estime
19:04qu'elle pourrait rapporter jusqu'à 400 millions d'euros
19:06cette année, en attendant que la taxe européenne
19:08prenne le relais.
19:09Le groupe ADP estime, lui,
19:11qu'une cinquantaine de vols par semaine
19:13pourraient être détournés vers des centres logistiques belges
19:16pour contourner la taxe.
19:18Ce nouveau rebondissement dans l'affaire
19:20des laisses infantiles.
19:21Depuis le mois de décembre,
19:22les géants du secteur ont lancé
19:23de nombreuses campagnes de rappel.
19:25En cause, la présence d'une toxine
19:27responsable de vomissements
19:29chez les nouveau-nés.
19:30Cette fois, la cellule investigation
19:32de Radio France révèle un premier cas
19:34d'intoxication
19:35chez un nourrisson hospitalisé.
19:37Valentina B.
19:39Un taux supérieur au seuil de Céréulide
19:42a été détecté dans les selles d'un nourrisson
19:44de 24 jours hospitalisé au CHU de Montpellier.
19:47Il aurait consommé du lait Galia,
19:49produit par Danone.
19:50Cette toxine très dangereuse pour les nourrissons
19:52avait été retrouvée dans une huile
19:54d'un fournisseur chinois de plusieurs grandes marques
19:56de lait infantile,
19:57comme Danone, Nestlé ou Lactalis.
19:59Danone dit ne pas avoir connaissance
20:01de ce cas particulier
20:02et ne pas avoir reçu de notification
20:04des autorités qui mettraient en cause son lait.
20:07De son côté, le ministère de la Santé
20:09reste sur sa ligne
20:10et précise que les résultats d'analyse
20:12ne permettent pas formellement
20:13d'établir un lien de cause à effet.
20:15Les associations de familles
20:16accusent l'État de minimiser les risques
20:18et pointent du doigt les rappels
20:20et les alertes auprès des personnels de santé
20:22trop tardifs.
20:23Elles ont engagé plusieurs actions en justice
20:25face à l'État et aux industriels
20:27pour définir les responsabilités.
20:29Le spatial s'invite au salon de l'agriculture
20:31Farmstar, partenaire
20:34entre Airbus
20:35et des instituts agricoles spécialisés
20:37permet aux agriculteurs
20:38d'optimiser la gestion de leurs parcelles.
20:41Une pratique qui progresse
20:42ces dernières années en France
20:44et qui gagne en précision.
20:45Le reportage de Paul Valère.
20:48Dans le hall agritech
20:49du salon de l'agriculture,
20:51l'imagerie satellite
20:52commence à trouver sa place.
20:54Farmstar peut cartographier
20:55et analyser chaque jour
20:56des parcelles agricoles.
20:58Thomas Roux,
20:59responsable service client
21:00chez Airbus.
21:01On va récupérer les images
21:02à chaque fois que le satellite
21:03passe au-dessus de nos antennes
21:05et ensuite ils vont entrer
21:06dans nos chaînes de production.
21:09On va les croiser
21:10avec des données météorologiques,
21:11avec différents modèles
21:12et en sortie
21:13on va avoir des conseils agronomiques.
21:17Ces conseils sont donnés
21:18en fonction de l'évolution
21:19de la biomasse,
21:20de la fertilité des sols,
21:21de la météo et du climat.
21:23Sur une même culture,
21:24ils peuvent varier
21:25au mètre carré près.
21:26L'agriculteur va pouvoir mettre
21:27notre conseil sur sa clé USB
21:29et puis le brancher
21:30dans son tracteur.
21:31Il va visualiser sur son écran
21:33les zones sur lesquelles
21:35il faut mettre plus ou moins d'azote.
21:36Car la bonne dose d'azote injecté
21:37va jouer directement
21:38sur le rendement.
21:39Elle est aussi bien utile
21:40pour faire des économies
21:41en engrais jusqu'à 40 euros
21:43par hectare
21:43et limiter l'impact
21:45sur l'environnement
21:45selon Montaigne-Foche,
21:47responsable solution
21:48agri-environnement
21:49chez Airbus.
21:50L'engrais coûte
21:50de plus en plus cher.
21:51On a quand même
21:52des prix qui sont assez volatiles,
21:54des molécules qui polluent
21:55les sols et les napréatiques.
21:56Donc ils ont tout intérêt
21:57à pouvoir moduler
21:58et mettre la juste dose d'azote
22:00au bon endroit
22:00au bon moment
22:01dans la parcelle.
22:01Un investissement annuel
22:02pour l'exploitant
22:03de 3 à 15 euros
22:04par hectare.
22:05Aujourd'hui,
22:06environ 2%
22:07des 700 000 agriculteurs français
22:08utilisent Farmstar
22:09pour optimiser leur culture.
22:11Voilà pour le reportage
22:12de Paul Valère.
22:13Et notez que le salon
22:14de l'agriculture
22:15qui s'achève ce week-end
22:16n'aura décidément
22:17pas été un très bon cru.
22:18Il devra afficher
22:19une baisse de la fréquentation
22:20de l'ordre de 25%
22:21par rapport aux éditions
22:23précédentes.
22:24Ce chiffre aussi,
22:25ce soir,
22:2630 milliards d'euros,
22:27c'est ce que le football
22:28européen a généré
22:29l'an dernier.
22:29C'est un record
22:30et pourtant,
22:31les clubs continuent
22:32en même temps
22:33de perdre de l'argent.
22:34Les investisseurs
22:35sont toujours plus nombreux
22:36mais la hausse des coûts
22:37complique la donne.
22:38Alexandra Paget.
22:40Plus d'un milliard d'euros
22:42de pertes cumulées
22:43sur 700 clubs européens
22:44l'an dernier.
22:45Deux tiers des équipes
22:46interrogées enregistrent
22:47pourtant un bénéfice
22:48car cette fois encore,
22:49la moitié des pertes
22:50touchent surtout
22:51les plus grands clubs.
22:52En cause,
22:53l'inflation des salaires
22:54qui continuent d'accélérer,
22:55ils ont bondi
22:56de près de 5%
22:57l'an dernier
22:57et représentent
22:58la plus grosse dépense.
22:59Derrière,
23:00on retrouve les frais
23:01de fonctionnement.
23:01Sur un an,
23:02ils ont aussi augmenté
23:03de près de 20%
23:04au FC Barcelone,
23:05de 35% à Arsenal
23:06et de plus de 50%
23:08à Chelsea.
23:08Le club londonien
23:09détenu en partie
23:10par l'américain
23:11Clear Lake Capital
23:12accuse le plus lourd déficit
23:14avec 407 millions d'euros.
23:16Suivent ensuite
23:17l'Olympique lyonnais
23:17à 196 millions
23:18et Tottenham
23:19à 148 millions d'euros.
23:20Au-delà des pertes
23:22de ces grands clubs,
23:23la plupart des autres équipes
23:24retrouvent progressivement
23:25leur rentabilité opérationnelle
23:27d'avant Covid
23:27mais le directeur
23:29de la viabilité financière
23:30à l'UEFA prévient
23:31l'absence de réglementation
23:33financière cohérente
23:33au niveau national
23:34limite la possibilité
23:36de gagner autant d'argent
23:37qu'avant la pandémie.
23:39L'Europe,
23:39ses gouvernements,
23:40ses entreprises,
23:41ses fonds de pension
23:42doivent absolument
23:43mettre le paquet
23:44sur l'intelligence artificielle
23:46mais en misant
23:46sur la souveraineté.
23:48Pas question
23:48de dépendre des Américains,
23:50c'est en substance
23:51que nous disait hier
23:52un ponte de l'IA
23:53dans l'émission Tech & Co.
23:55Il s'agit de
23:56Yoshua Bengio,
23:57chercheur en IA,
23:58professeur à l'Université
23:59de Montréal,
24:00prix Turing 2018.
24:01Pour lui,
24:02écoutez,
24:03la dépendance aux Etats-Unis
24:04en matière d'IA,
24:05c'est pareil sinon pire
24:06que la dépendance
24:07à nos fournisseurs
24:07de pétrole
24:08ou en gaz
24:09aujourd'hui.
24:11Il y a une erreur
24:12je pense assez grave
24:13qui est faite
24:14dans beaucoup
24:14d'entreprises
24:15en Europe
24:16et les gouvernements
24:18européens.
24:19C'est de penser
24:20qu'il suffit
24:22d'appliquer,
24:23de déployer
24:23l'IA
24:24que les Américains
24:25fabriquent
24:26et qu'on va
24:28s'en sortir
24:28et on va réussir
24:30à profiter
24:30des avantages
24:31de cette technologie.
24:32Le problème
24:33avec cette idée
24:34c'est que
24:35c'est un peu
24:35comme
24:37incorporer
24:37le pétrole
24:38dans notre
24:40industrie,
24:41dans notre économie
24:42en dépendant
24:43de deux fournisseurs.
24:44Le jour
24:45où ils disent
24:46si vous ne faites pas
24:47ce que je vous demande
24:48on ferme le robinet
24:50dans cinq ans
24:51par exemple
24:52on pourrait imaginer
24:52que la moitié
24:53de l'économie
24:53roule avec l'IA.
24:56Tout va s'écrouler
24:57du jour au lendemain
24:58c'est dangereux
24:59quand même.
25:00Ça c'est un aspect
25:02du problème.
25:02L'autre aspect
25:02du problème
25:04c'est
25:04où vont les profits ?
25:06Est-ce qu'on va
25:07être dans une situation
25:09où l'IA
25:11est vendue
25:12au coût
25:13parce qu'il y a
25:14assez de compétition
25:14ou est-ce qu'on va
25:15être dans une situation
25:16où il y a
25:16un très petit nombre
25:17de pays
25:18ou de compagnies
25:19qui vont avoir
25:20un quasi-monopole ?
25:21Ça change complètement
25:22la donne
25:23d'un point de vue économique.
25:23On ne sait pas
25:24vraiment ce qui va se passer.
25:25Mais dans le deuxième cas
25:27les profits
25:27iraient vraisemblablement
25:29ailleurs
25:29en même temps
25:30qu'il y aurait
25:31vraisemblablement
25:32aussi
25:32à cause de l'automatisation
25:34enfin c'est des profits
25:34parce qu'on va remplacer
25:35des emplois
25:36il ne faut pas être
25:38aveugle.
25:39Et si ça se passe comme ça
25:41et que les gouvernements
25:43ont à la fois
25:44moins de revenus fiscaux
25:46et il faut aider les gens
25:50qui perdent leur emploi
25:52c'est une catastrophe
25:53économique, sociale
25:54et politique
25:55parce que les gens
25:56ne seront pas contents.
25:57Voilà, interview
25:58du Ponte de l'IA
25:59Joshua Benjo
26:01au micro de Frédéric Simotel
26:02a retrouvé
26:02en replay
26:03sur vos plateformes
26:05et sur le site
26:05de BFM Business
26:08Le clic du jour
26:09c'est cette histoire
26:09de cyberespionnage
26:10le Pentagone
26:11qui travaille
26:12à l'élaboration
26:13d'outils
26:13à base d'IA
26:14encore une fois
26:15pour cibler la Chine
26:16article à retrouver
26:17sur le site
26:17de BFM Business
26:19à la une de la tribune
26:20demain
26:20on vous en parlait
26:21la France qui fulmine
26:22après le passage
26:23en force de Bruxelles
26:24sur le Mercosur
26:24dans vos rendez-vous
26:25lundi à 7h45
26:27le grand entretien
26:27Philippe Guim
26:28au PDG de Valourec
26:29sera l'invité
26:30de Sandra Grandouin
26:31dans un instant
26:31vous avez rendez-vous
26:33avec Anthony Morel
26:34ça sera
26:34Culture IA
26:35encore
26:35bonne fin de semaine
26:36bon week-end
26:3919h éco
26:40sur BFM Business
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