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  • il y a 10 heures
Les clefs d'une vie d'Isabelle Aubret

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-03-04##Les clefs d'une vie d'Isabelle Aubret

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-03-04##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06A tous les défis que votre vie vous a obligé à relever,
00:09vous avez choisi d'en ajouter un,
00:12reprendre votre envol dans la chanson à votre façon,
00:15afin de retrouver un public qui n'a jamais cessé de vous prendre sous son aile.
00:19Bonjour Isabelle Aubray.
00:20Bonjour.
00:21Alors c'est quand même...
00:23C'est une surprise de vous retrouver parce que vous avez fait vos adieux à la scène
00:26et vous revenez.
00:27Mais pas forcément de la même manière,
00:30avec du théâtre musical, une autobiographie en chanson
00:33qui s'appelle On n'empêche pas un oiseau de chanter,
00:36qu'on va évoquer bien sûr tout à l'heure.
00:38D'accord.
00:38Mais le principe des clés d'une vie, vous êtes venu tout au début, n'a pas changé.
00:42C'est évoquer votre parcours à travers des dates clés.
00:45D'accord.
00:46Et ce parcours, vous l'évoquez en chanson.
00:48Pourquoi aujourd'hui revenir comme ça ?
00:50C'était une envie, un désir ?
00:52Je me suis aperçue qu'il est nécessaire de parler des gens qui ont disparu.
00:57pour les garder vivants.
00:59Exacto.
00:59Et je suis un petit peu ce dernier trait d'union entre Ferra, Aragon, Brel et bien sûr,
01:04heureusement, des êtres qui sont bien vivants.
01:07Voilà.
01:07Et en fait, vous racontez aussi dans ce spectacle votre parcours.
01:11Et donc, la première date que j'ai choisie, c'est votre première note le 27 juillet 1938.
01:17Je crois que votre premier écrit, c'était un la mineur d'après mes renseignements.
01:21Et c'est vrai que votre famille a une belle histoire, car votre mère vient de très loin
01:28et elle ne sait pas très bien d'où que vous n'avez jamais su.
01:32Non.
01:32Et en fait, la seule chose qu'on sache, c'est qu'elle est d'origine ukrainienne.
01:37C'est fou ça.
01:37Elle s'appelait Angela.
01:39Angela Leonidov.
01:40Et comment ça s'est passé ? Comment ça se fait qu'on n'ait jamais su ?
01:43Qu'est-ce qu'elle a vécu ?
01:44Alors, très franchement, on pourrait savoir.
01:49Bien sûr qu'aujourd'hui, on pourrait savoir facilement.
01:52Mais moi, ce qui m'intéresse, c'est elle.
01:55Ce qu'elle a voulu être.
01:57Et que ce soit vrai ou pas, c'est une princesse pour moi.
02:01Donc, elle est princesse.
02:04Son grand-père, je crois, était...
02:06Officier d'Itsar, oui.
02:08Violent séviste.
02:09C'est fou, hein.
02:09Et ça, vous avez quand même trouvé des traces de ça.
02:12Oui, bien sûr.
02:13Ma maman était très artiste.
02:15Mon frère Michel a joué du violon très très jeune.
02:18Et je pense que son âme slave est en nous.
02:23Et d'ailleurs, c'est peut-être pour ça aussi que vous êtes devenue artiste et chanteuse.
02:26Oh, certainement.
02:27Il se trouve que c'est vrai qu'être officier d'Itsar pendant la Révolution,
02:31avant la Révolution russe, c'était important.
02:34On raconte que Fréel, qui était partie en Russie, grande chanteuse,
02:38elle chantait devant des salles de 15 000 places
02:41où les collaborateurs d'Itsar lui jetaient des bouquets de fleurs avec des diamants dedans.
02:46Il n'y avait pas de richesse qu'on n'imaginait pas à l'époque.
02:48Oui, ça ne m'est pas arrivé, vous voyez.
02:50Et c'est vrai que votre mère, au départ, elle a été orpheline.
02:54Oui.
02:55C'est une histoire extraordinaire.
02:57Mais c'est une belle histoire, que je raconterais d'ailleurs.
03:00Dans le spectacle.
03:01Et je crois qu'elle a grandi à Saint-Amant-les-Eaux.
03:03Oui, à l'orphelinat de Saint-Amant-les-Eaux.
03:05Saint-Amant-les-Eaux qui est célèbre parce que c'est la première ville qui a gagné Interville
03:09en 1962 avec Guy Lux et Léon Zitrone.
03:13C'est vrai, oui.
03:14Je l'ai chanté d'ailleurs plusieurs fois.
03:15Voilà.
03:15Donc, alors, il se trouve que votre mère a rencontré votre père.
03:20Elle en rêvait de votre père.
03:22C'est une belle histoire d'amour entre votre père et votre mère.
03:24Là, je vous la raconterai sur scène aussi.
03:26C'est une très belle histoire, oui.
03:28Alors, il se trouve qu'ils se sont rencontrés dans le Nord.
03:30Pourquoi le Nord ? Pourquoi êtes-vous née à Lille ?
03:32Eh bien, parce que ma maman, en sortant de l'orphelinat, est allée à Lille
03:37parce que c'était sans doute la plus grande ville.
03:39Et ce qui l'attirait plus à 21 ans, elle ne connaissait rien d'autre.
03:43Et la plus grande ville, c'était sa curiosité enfantine, si je puis dire.
03:48Et vous êtes née à Marquette-les-Lilles ?
03:50Non, je suis née à Lille.
03:51Vous êtes née à Lille, vous avez grandi à Marquette-les-Lilles ?
03:52Et j'ai grandi à Marquette.
03:54À 4 km de Lille ?
03:55Oui.
03:55Et à l'époque, votre nom, c'est Thérèse Coquerel ?
03:57Voilà.
03:58Parce que c'est le nom de famille de votre père.
04:00Alors, je me serais bien appelée Angela Léonidoff.
04:02Oui.
04:03Mais pour défendre la chanson française, c'était un peu compliqué.
04:05C'était un peu compliqué.
04:07Et c'est-à-dire que vous êtes arrivée, je crois, à la cinquième enfant d'une longue famille.
04:11C'est ça, exactement.
04:13Je suis un petit peu, je vais dire, le pilier.
04:16Je suis au milieu et je suis fière d'être au milieu parce que je crois que j'ai bien
04:20tenu ma place.
04:21Et il y a 11 enfants dans la famille ?
04:2311 enfants.
04:23C'est fou.
04:24C'est-à-dire que c'était une époque où on pouvait avoir des enfants, même dans des familles où
04:28l'argent n'était pas le moteur.
04:30Mais c'est un peu la chanson de Ferrat.
04:33Oui.
04:33Pour accoucher dans la souffrance.
04:36Sans la souffrance, on le contrôle des naissances.
04:38Il a fallu des millénaires.
04:39C'est un petit peu...
04:40En fait, si vous voulez, à travers ce spectacle, et j'y tiens beaucoup, je souligne un petit peu les
04:47raisons pour lesquelles j'ai choisi telle ou telle chanson.
04:50Parce que ça a un rapport avec ma vie.
04:52Et je pense que chacun d'entre nous a en mémoire, ou même s'il n'a pas en mémoire,
04:58tout à coup la phrase d'une chanson ou une image, un film, va leur rappeler un moment de leur
05:04vie.
05:04Et c'est un petit peu ça l'histoire de ce spectacle.
05:08Et puis surtout, il sera justement un peu enchanté en un seul mot, parce qu'il sera enchanté en deux
05:16mots et en un seul mot, parce qu'on n'empêche pas un oiseau de chanter.
05:19On va en reparler justement.
05:21Et parmi les chansons de ce spectacle, il y a un nouveau classique.
05:24Le vent dans mes cheveux blancs, le soleil à l'horizon.
05:30Quelques mots d'une chanson, que c'est beau.
05:36C'est beau la vie.
05:38Cette chanson est un classique que toutes les générations fredonnent encore aujourd'hui.
05:42Oui, c'est merveilleux.
05:43Justement, j'avais un Canadien il y a quelques jours au téléphone, et il me disait que c'était la
05:51chanson de référence quand on parlait d'Isabelle Aubray.
05:53C'est mon hymne à l'amour à moi.
05:55Vous vous souvenez le jour où vous avez découvert cette chanson, Isabelle Aubray ?
05:59Ah oui, très bien.
05:59Très très bien.
06:00C'était chez...
06:01Mais je vous le raconterai justement au spectacle.
06:03Vous avez dû voir un petit jardin.
06:04Expliquez-nous quand même une petite chose.
06:06Expliquez-nous quand même.
06:07Oui, bien, c'était chez Jean Ferrat, avec Gérard Metz, bien sûr.
06:12On était allé voir Tonton.
06:15Et j'avais demandé qu'on m'écrive une chanson sur la vie, sur le côté merveilleux d'être vivant.
06:23Et la vie, justement, n'a pas été simple.
06:25Parce qu'effectivement, 11 enfants à l'île, à Marquette-les-Îles, ce n'est pas évident.
06:30Dans une famille qui n'a pas beaucoup d'argent.
06:32Et pourtant, c'était la fête en permanence.
06:34Il y avait une ambiance dans votre famille.
06:36Oui, il y avait une ambiance.
06:37Et c'est vraiment maman qui créait cette ambiance.
06:39Je pense que le fait d'avoir été abandonnée et d'être restée orpheline et ignorante de sa famille toute
06:48sa vie,
06:49elle a créé autour d'elle et avec nous des moments magiques.
06:53Maman, c'était des histoires, c'était des chansons.
06:56Et quand, quelquefois, il arrivait une facture et on l'envoyait, mon Dieu, comment on va finir le mois.
07:03Deux minutes après, dans la cuisine, on l'entendait chanter.
07:05Mon grand, on me sourit de ses yeux.
07:08Et c'était, elle arrivait à, alors que l'on sentait quand même les difficultés, elle arrivait à nous rendre
07:16la vie légère et jolie.
07:19Et ça, c'est une qualité qu'elle a et que j'ai gardée en moi.
07:24En fait, le spectacle s'appelle On n'empêche pas un oiseau de chanter.
07:28Et votre père vous a surnommé la Louette, justement.
07:30Oui, parce que justement, je chantais tout le temps.
07:33Vous chantiez dès votre enfance.
07:35Eh bien, je pense que j'ai chanté en gazouillant.
07:38Je gazouillais, puis peu à peu, je vais dire, ça a dégénéré.
07:43Et c'est devenu, voilà, c'est devenu des chansons que j'entendais à la radio et que je retenais.
07:48La première chanson que vous avez interprétée chez vous, je crois que c'est celle-ci.
08:00Rina Kietti, vous l'avez chantée, vous avez deux ans, je crois, Isabelle Ouvray.
08:02Oui, c'est ça, mais c'était la guerre.
08:04C'était tout à fait proche de la guerre et c'était ce qu'on entendait à la radio.
08:09Et en fait, cette chanson n'est pas une chanson originale, je ne sais pas si vous le savez.
08:12C'est une adaptation d'un titre italien, Torneraille, écrit par un certain Nino Rastelli,
08:17qui s'était inspirée du cœur à bouche fermée à la fin de l'acte 2 de Madame Butterfly de
08:22Puccini.
08:23C'est parti de là.
08:25Ce n'est pas du tout une chanson originale, même si c'est devenu un classique.
08:28Ah oui, c'est un classique.
08:29Alors, votre père, vous entendez chanter le soir quand il rentrait de l'usine
08:33parce qu'il a été contre-maître dans une usine de filature comme il y en avait beaucoup à l
08:37'époque dans la région.
08:38Oui.
08:39C'était la vie, c'était la survie.
08:41Oui, bien sûr, c'était la survie.
08:42Et puis, il y a d'ailleurs le temps passant, les usines de filature ont fermé les unes après les
08:49autres.
08:49Et même quand j'y travaillais, à la fin, en tout cas, de ce séjour de quelques années là-bas,
08:57on raccourcissait le temps de travail.
09:00Au début, on travaillait toute la semaine, y compris le samedi matin.
09:05Et peu à peu, on s'arrêtait à 16h.
09:08Le samedi matin, on ne voulait plus travailler.
09:10Et ça a été très vite la déroute.
09:12Oui, et vous avez commencé, je crois, à 14 ans à travailler là-bas.
09:16Oui, absolument.
09:17Et c'était de 16h à 7h du matin, vous étiez à l'usine.
09:21À l'époque, c'était 9h d'usine.
09:239h d'usine, debout.
09:25Mais en même temps, vous vous êtes fait des amis pour la vie.
09:28Absolument, absolument.
09:30Au dernier gala à Marquette-Lélie, justement, j'ai eu une amie qui est venue, avec laquelle je travaillais.
09:39Elle était devant moi, devant ce métier énorme.
09:43Et je voyais sa petite tête entre les trous.
09:45Et on s'est revues de temps en temps.
09:48Mais là, pour le dernier gala, elle est venue.
09:51Elle était dans une chaise roulante.
09:53Marie-Yvonne Leyey.
09:55Et je m'en souviens très bien.
09:56J'étais très heureuse de la voir.
09:58Est-ce que vous imaginiez au départ que cette salle où vous avez fait vos adieux deviendrait la salle Isabelle
10:04Aubray ?
10:05Eh bien, c'est-à-dire que c'était ce jour-là qu'ils l'ont...
10:09Non seulement ils l'ont inaugurée, mais ils l'ont inaugurée avec moi.
10:12C'était deux jours là-bas qui ont été assez émouvants, oui.
10:16Et ce qui vous a sauvée dans vos jeunes années, c'est le sport.
10:18Car vous avez fait beaucoup de sport déjà.
10:20Oui, mais je peux vous dire que c'est ce qui m'a sauvée toute ma vie.
10:23Et qui me sauve encore aujourd'hui.
10:25Je suis debout, je marche et c'est merveilleux.
10:27Et vous avez été championne de France junior de gymnastique.
10:30Oui, absolument.
10:31Et c'était une passion ? C'était votre vie ?
10:35À dire vrai, le sport m'a mis...
10:38Mes parents m'ont mise à la gymnastique parce que j'étais un peu dangereuse pour moi.
10:42Mais moi, je rêvais de danse classique.
10:46Mais c'était très cher, les cours de danse classiques.
10:49Imaginez que tous mes frères et sœurs veuillent faire des galipettes,
10:54veuillent danser, veuillent faire de la musique, etc.
10:57C'était compliqué pour mes parents.
10:58Et le sport, lui, c'était tout à fait à la portée financière de la famille.
11:01C'était gratuit, tout simplement, oui.
11:03Et vous savez que le Nord est le deuxième département français
11:08où il y a le plus de jeunes sportifs, derrière la Mayenne.
11:11Ah oui, non mais ça ne m'étonne pas du tout.
11:13Parce que les nordistes sont des gens vivants, courageux, généreux.
11:21Bien sûr.
11:22Vous savez, je dis souvent que dans le Nord, si on ferme la porte,
11:26dehors, c'est le froid.
11:28Alors, on ne ferme pas la porte aux gens facilement.
11:31Évidemment, si ça arrive sur la côte d'Azur et tout ça,
11:34les gens, on les met dehors, mais il fait beau, ils peuvent se balader.
11:37Et dans le Nord, il peut pleuvoir.
11:40Voilà.
11:41En tout cas, il y a de la chaleur dans notre cœur pour continuer à parler de votre parcours
11:45à travers la date du 18 mars 1962.
11:48A tout de suite sur Sud Radio avec Isabelle Aubray.
11:51Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
11:54Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Isabelle Aubray,
11:57le retour avec un nouveau spectacle,
11:59On n'empêche pas un oiseau chanté,
12:01qui sera le 20 et le 21 mars à Marigny, à Paris,
12:04avant notre date, mais ça, on va en parler.
12:05Et dans ce spectacle, vous racontez votre parcours.
12:08Et il y a une date que j'ai trouvée qui, à mon avis,
12:11une date essentielle dans votre parcours,
12:1418 mars 1962.
12:16Ça vous dit quelque chose ?
12:17Écoutez cette chanson.
12:19Un premier amour.
12:20Exactement.
12:21Bien sûr.
12:22Un premier amour, premier amour, premier amour
12:27Ne s'oublie jamais, s'oublie jamais, s'oublie jamais
12:32Un premier amour, le chien ne se touche pas.
12:36L'Europe vous découvre à travers cette chanson,
12:38car vous gagnez l'Eurovision ce soir-là.
12:41Incroyable.
12:42Comment c'est arrivé, ça ?
12:43Eh bien, c'est l'ORTS, à l'époque,
12:46qui me convoque, qui me fait entendre la chanson.
12:49Et pour moi, ça a été une évidence.
12:53J'allais gagner.
12:54Ah bon ?
12:54Mais je ne me suis même pas posé de question.
12:57Et bon, j'avais 20 ans, évidemment,
13:00quand on a un peu plus, j'avais 22 ans, 23 ans.
13:04Et comment dirais-je ?
13:07La chanson m'a touchée.
13:10On n'oublie pas son premier amour.
13:12Et je pense qu'en réalité,
13:14il y avait des gens qui participaient autour de moi,
13:18mais très proches de moi.
13:20Jacques Dattin, Brussi-Dalain, avec Petit Bonhomme.
13:23Il y avait François de Guelte,
13:26qui chantait une chanson de Salvador.
13:31Dis rien, dis rien, on s'aime, c'est ça, le vrai propre.
13:35Vous vous souvenez de cette chanson ?
13:36D'ailleurs, je me souviens que dans les coulisses,
13:39c'était des voiles.
13:40Donc, les loges, on était séparés.
13:42Et derrière ces voiles,
13:44il y avait Salvador,
13:46qui était furieux,
13:47parce qu'il était deuxième seulement.
13:48Il était furieux, Rouspété.
13:50Et sa petite femme, vous vous souvenez ?
13:52Sa petite femme Jacqueline,
13:53avec un accent extraordinaire,
13:54elle lui a dit
13:55« Mais ne t'inquiète pas, mon chéri,
13:57elle ferait avaler un beau teint. »
14:00Et c'est vrai que vous avez gagné.
14:01Je crois que vous avez eu 5 voix maximales,
14:05ce qui est rarissime à l'époque.
14:07Vous avez eu la note maximum à chaque fois.
14:09Ah oui, j'avais le double de voix du second.
14:12Et honnêtement,
14:14les chants « Petit bonhomme »,
14:15c'est une petite merveille.
14:16« Petit bonhomme »,
14:17au bout de ton enfance,
14:18« Petit bonhomme, il faudra se quitter »,
14:20c'est Bertin et Vidalin.
14:21Vraiment, ma chanson,
14:23elle a gagné sans doute
14:24parce que j'avais une bonne petite bouille.
14:26Mais je pense que c'est parce que,
14:28en chacun de nous,
14:29il y a quelqu'un qui pense
14:31« On n'oublie pas son premier amour ».
14:32Alors, ça se passe à la ville à Louvigny,
14:35à Luxembourg.
14:35À l'époque, c'est encore modeste.
14:37Il n'y a pas un décor des lumières
14:39comme aujourd'hui.
14:39Non, c'était raisonnable.
14:40On écoutait les chansons.
14:42Voilà.
14:42Le concours dure 1h23.
14:44Il y a 16 participants.
14:46Je ne sais pas si vous le savez,
14:47mais à un moment,
14:47il y a eu une panne,
14:48une panne de son et de lumière.
14:50Les écrans ont été noirs
14:51dans certains pays.
14:52Pendant la chanson néerlandaise
14:54et juste après vous.
14:55Ah !
14:56J'ai eu de la chambre !
14:57J'ai eu chaud !
14:58Non, je ne le savais pas.
15:00Les résultats,
15:00petit à petit,
15:01vous avez compris
15:02que ça se passait bien.
15:03Ah ben oui,
15:04mais encore une fois,
15:06c'est l'inconscience de la jeunesse.
15:07J'étais sûre de moi.
15:09Bien sûr,
15:10j'avais l'émotion.
15:11Il y avait M. Datin
15:13qui me serrait la main.
15:14Il voyait les points
15:15alors qu'il était concurrent,
15:17lui aussi,
15:17avec sa chanson.
15:18Mais il était là,
15:19il était confiant.
15:20C'est magnifique.
15:21Non, non,
15:21c'est un joli souvenir.
15:22Et je crois qu'à l'entracte,
15:23avant le début des résultats,
15:25Achille Zavata,
15:26le clown,
15:26est venu faire un numéro
15:27extraordinaire.
15:28Je ne sais pas si vous en souvenez.
15:29Oui, oui,
15:29je me souviens
15:30qu'il est venu faire un numéro.
15:31Il jouait au 17ème candidat
15:32et il se faisait sortir
15:33par les agents de sécurité.
15:35Oui, c'est vrai.
15:36Mais je crois que là,
15:37j'étais encore quand même
15:38dans l'émotion
15:39et dans l'attente.
15:40Je n'ai pas vraiment
15:41regardé le numéro
15:42de Zavata.
15:44Et le moment
15:45où Jean-Claude Pascal,
15:46qui était lauréat
15:47de l'année précédente,
15:47vous remet le prix.
15:49Vous vous souvenez
15:49de ce moment ?
15:50Oui, je me souviens
15:51et surtout,
15:52comment dirais-je ?
15:53J'ai eu un grand plaisir
15:55à faire connaissance
15:55avec Jean-Claude Pascal
15:56qui était un monsieur
15:57très élégant,
15:59très charmant,
15:59très gentil.
16:01Et quand il m'a donné
16:03ce prix,
16:04cette médaille,
16:05j'ai senti
16:05qu'il était heureux
16:06de me le donner.
16:08Et ça,
16:09c'est un joli souvenir.
16:10Oui, en fait,
16:10il était comédien au départ,
16:12jeune premier.
16:13Il a chanté
16:14et il a terminé
16:15sa carrière
16:15en écrivant
16:16des romans historiques.
16:17C'est drôle.
16:18C'est fou, hein ?
16:19Oui, c'est drôle.
16:19Un personnage complet.
16:20Il n'y a pas
16:21de petites histoires.
16:22En fait,
16:23c'est ça qui est intéressant
16:24dans cette idée
16:25que j'ai de dire
16:26on n'empêche pas
16:27un oiseau de chanter.
16:28Bien sûr que
16:29quand vous regardez
16:30l'actualité,
16:31le monde,
16:31toutes les histoires
16:32qui se passent
16:32autour de vous,
16:33il y a tellement
16:34de choses dramatiques
16:35et graves.
16:36Et quelquefois,
16:37et encore aujourd'hui,
16:39avec le trac
16:39que j'ai de présenter
16:40ce spectacle,
16:41je me dis
16:41mais qu'est-ce que
16:42je vais aller raconter
16:43ma petite vie
16:44alors qu'il y a
16:44tant de gens
16:45qui ont des vies
16:46intéressantes,
16:47passionnantes
16:48et douloureuses.
16:49Mais justement,
16:50je pense que
16:51en y mettant
16:53d'abord
16:53de la tendresse,
16:55des chansons,
16:56des petites histoires
16:57et des moments
16:58plus graves,
17:00oui,
17:00il n'y a pas
17:01de petites histoires.
17:02Et j'ai constaté
17:03déjà en faisant
17:03le spectacle
17:04plusieurs fois
17:05que les gens
17:05étaient touchés,
17:07intéressés.
17:07Oui,
17:08et je crois que
17:08votre crédo,
17:09Isabelle Aubray,
17:10ça a toujours été
17:11de raconter des histoires
17:12à travers les chansons.
17:13Chaque chanson
17:13est une histoire.
17:14Mais bien sûr,
17:15chaque chanson
17:15nous ramène en tout cas
17:16à nos histoires.
17:18il n'y a pas,
17:19je crois,
17:19il n'y a pas une chanson
17:20qui ne touche
17:21les gens
17:22par rapport
17:23à un souvenir,
17:24à une image,
17:25à une rencontre,
17:26à de l'amour,
17:27souvent.
17:29Et les souvenirs aussi,
17:30c'est votre arrivée
17:31dans Paris.
17:31Donc d'abord,
17:32vous avez commencé
17:32à chanter à Lille,
17:34à faire le conservatoire.
17:35Alors,
17:36au conservatoire,
17:37ce sont les cours
17:37de l'informatique.
17:38Parce que,
17:40honnêtement,
17:40je ne pensais pas chanter.
17:42Chanter,
17:42je le faisais tellement,
17:43je chantais comme
17:44je respirais en fait.
17:45c'était tellement naturel.
17:47Non,
17:47non,
17:47moi,
17:47c'était la danse classique,
17:49la comédie musicale
17:51et le théâtre.
17:53Moi,
17:53je rêvais d'être effigénie.
17:55On m'a fait jouer
17:56des soubrettes.
17:57Non,
17:57c'est...
17:58Oui,
17:59c'est vrai que c'est un parcours
18:02différent que celui
18:03auquel je m'attendais.
18:05Oui,
18:05parce que des professeurs
18:06vous ont dit,
18:06il faut aller vers la chanson.
18:08Non,
18:08pas du tout.
18:09Je faisais des concours.
18:10Oui.
18:11J'ai toujours participé
18:13à des concours,
18:13des radiocrochets,
18:14etc.
18:15Et mon professeur
18:16d'art dramatique
18:17était là.
18:19Et là,
18:19je vous le raconterai,
18:20c'est recel.
18:20D'accord.
18:21Mais vous arrivez à Paris
18:22avec 50 francs en poche.
18:24C'est-à-dire,
18:24c'est vraiment un risque énorme,
18:25Isabelle Aubray.
18:26Mais quand on l'a vintagé,
18:28je n'avais pas 20 ans.
18:29Là,
18:29j'avais 18 ans.
18:31À 18 ans,
18:32on croit en soi.
18:33J'étais persuadée
18:34qu'à la limite,
18:36on m'attendait.
18:38Et c'est ça
18:39qui est merveilleux
18:40dans la jeunesse.
18:42Il faut y aller.
18:42Il ne faut pas avoir peur.
18:43Il faut y croire.
18:45Même si on n'est pas prêt.
18:47C'est en faisant des erreurs
18:48qu'on apprend.
18:49Et c'est évident
18:50que je me suis cassée la figure.
18:52D'abord,
18:53il fallait chanter
18:53et puis il fallait gagner sa vie.
18:54Vous avez commencé
18:55à travailler dans les restaurants
18:56pour gagner votre vie.
18:57Oui,
18:57j'ai fini comme serveuse
18:59dans un grand restaurant
19:01où il y avait 300 cafés à faire.
19:04300 couverts,
19:05donc 300 cafés
19:06et peut-être plus.
19:07Et puis,
19:08il y a eu un concours,
19:08les numéros 1 de demain
19:10auquel vous avez participé.
19:11Vous le racontez justement
19:12en scène.
19:13Ce concours,
19:14c'était Lucien Maurice,
19:15l'Europe numéro 1
19:16qui l'organisait.
19:17Et puis,
19:17un jour,
19:18il déjeune avec Kelly Barclay
19:20au restaurant d'à côté.
19:21Il dit,
19:22je vais aller voir
19:22qui sont les sélectionnés.
19:24Et c'est comme ça
19:25qu'il a découvert Dalida.
19:26C'est vrai que...
19:27Absolument,
19:27vous vous rendez compte.
19:28C'est fou, hein ?
19:29Et là aussi,
19:30il fallait y aller
19:31dans ces concours.
19:33Il fallait la force.
19:33Oui, parce que là,
19:34comme à l'époque,
19:35je travaillais donc au Havre.
19:36J'étais chanteuse d'orchestre au Havre.
19:38Il fallait donc
19:39que je prenne le train
19:40le matin à 5h30,
19:41que je passe la journée
19:42à Paris
19:44pour les auditions,
19:45les répétitions, etc.
19:46Mais le soir,
19:47je rentrais au Havre
19:49et je chantais toute la nuit
19:50jusqu'à 4h du matin.
19:51Oui, car le Havre,
19:52vous avez passé plusieurs mois
19:53comme chanteuse d'orchestre.
19:5522 mois,
19:55je raconte aussi ça.
19:57Et puis,
19:57vous avez aussi
19:59travaillé dans un cabaret parisien
20:01à Pigalle,
20:01le 50-50.
20:02Oui, absolument.
20:04Ça, c'était aussi
20:04une autre aventure
20:05parce que c'est comme ça
20:05qu'on apprend son métier.
20:07Absolument.
20:07Je crois que même
20:08certains soirs,
20:09on vous demandait
20:09si vous n'étiez pas
20:09strip-teaseuse, non ?
20:11Oui, non, c'était pour
20:12d'autres engagements.
20:14Ben oui,
20:14ils me disaient
20:15bâti comme vous l'êtes,
20:16pourquoi vous voulez chanter ?
20:17Il faut résister à tout ça.
20:20Il faut la force de caractère.
20:21Mais je suis une grande résistante.
20:24À l'époque,
20:24on a oublié,
20:25mais il y avait une vie nocturne
20:27à Pigalle
20:27avec des cabarets
20:28un peu partout,
20:29Isabelle Louvray.
20:30Oui, un peu partout
20:31et surtout,
20:33ce qui se passait,
20:34c'est que les artistes
20:34qui passaient
20:35dans ces cabarets,
20:36les chanteurs,
20:37pas tous évidemment,
20:38mais surtout les débutants,
20:40il fallait qu'ils restent
20:43avec les clients
20:44qui parlent,
20:45qui fassent boire
20:46du champagne
20:47ou autre chose.
20:48Et ça,
20:50je m'y refusais absolument.
20:52Donc,
20:52c'était très difficile, oui.
20:54Mais vous arriviez
20:54quand même
20:55à trouver des engagements.
20:56Pas du tout.
20:56Pas du tout.
20:57Non, non.
20:58Le 50-50.
20:59Non, ça,
20:5950-50,
21:00j'étais chanteuse
21:01d'orchestre.
21:01Là,
21:01j'avais pas de problème.
21:02Il n'était pas question
21:03d'aller faire danser
21:04les clients.
21:05Il y a quelqu'un d'autre
21:05qui a débuté comme ça
21:06un peu avant vous
21:08à Pigalle,
21:08c'est Enrico Macias
21:09qui est arrivé de Constantine
21:11et qui a trouvé
21:11un cabaret comme ça
21:12où il chantait
21:12le samedi 3h du matin
21:14et il avait repéré
21:15un autre jeune chanteur
21:16que personne ne connaissait
21:17qui se produisait
21:18juste avant lui
21:19qui était Johnny Hallyday.
21:20Il s'appelait encore
21:20Jean-Philippe Svet.
21:21C'est drôle.
21:22C'est fou, hein ?
21:23Alors,
21:23il y a eu aussi
21:24quelqu'un qui a été
21:25très important
21:25dans votre parcours.
21:26C'est Jacques Canetti
21:27avec les Trois Baudets
21:28qui était au départ
21:30un clin d'œil
21:31au Théâtre des Deux Ânes.
21:32Jacques Canetti
21:33reprend ce Théâtre à Montmartre
21:34et là aussi,
21:35ça a été un parcours
21:36essentiel pour vous.
21:37C'est la première rencontre.
21:39C'est la première rencontre
21:42avec Gérard Metz
21:44et je vous raconterai
21:45Saint-Ursène.
21:46Oui,
21:46mais il y a une chanson
21:47quand même
21:47que vous évoquez
21:48dans ce spectacle.
22:04Quand on pense
22:05à Gosse de Paris
22:06on pense à Miss Tinguet
22:07Je suis dit
22:08dans le Faux-Bourg-Saint-Denis
22:08alors que là
22:09c'est une chanson
22:09de Charles Aznavour
22:10que peu de gens connaissent.
22:11Une chanson
22:12de Charles Aznavour
22:12mais le texte
22:13c'était Maurice Vidalat
22:15et Maurice Vidalat
22:16était là.
22:16Et vous raconterai ça ?
22:19Exactement.
22:20Nous on va continuer
22:21à raconter ce parcours
22:22à travers une autre date
22:23le 22 décembre 1964.
22:26A tout de suite
22:26sur Sud Radio
22:27avec Isabelle Aubray.
22:28Sud Radio
22:29Les Clés d'une vie
22:30Jacques Pessis
22:31Sud Radio
22:32Les Clés d'une vie
22:33mon invité
22:34Isabelle Aubray
22:34le retour sur scène
22:36avec
22:36On n'empêche pas
22:37un oiseau de chanter
22:38deux dates à Paris
22:39à Marigny
22:40les 20 et 21 mars
22:42et puis un parcours
22:44avec des dates clés
22:46dans les Clés d'une vie
22:4722 décembre 1964.
22:49Je suis sûr
22:49que vous avez oublié
22:50cette date.
22:50C'est votre première télévision
22:52avec Jean Ferrat
22:53dans Laurence Square
22:54un reportage muet
22:56qu'on voit encore
22:56où vous êtes à table
22:58avec Jean Ferrat
22:59qui vient vous embrasser.
23:00Vous en souvenez
23:00de ce reportage ?
23:01Pas du tout.
23:01C'est la première apparition
23:03de Ferrat
23:04et Isabelle Aubray
23:04à la télévision.
23:05Ah du temps
23:06ça a l'air
23:06je ne me souviens pas du tout.
23:07J'en parlais
23:08Gérard Metz.
23:10Car finalement
23:11Jean Ferrat
23:12a été très important
23:13dans votre vie
23:13et votre producteur
23:14Gérard Metz
23:15a été l'intermédiaire
23:16au départ.
23:17Il s'occupait
23:18de Jean Ferrat
23:19c'était
23:20en fait
23:21leur rencontre
23:21est assez extraordinaire
23:23et assez jolie
23:24parce que
23:25Gérard est allé voir
23:27Ferrat
23:28dans les cabarets
23:30qui débutait
23:31que personne ne connaissait.
23:32Oui oui
23:32personne ne connaissait Ferrat
23:33Gérard était
23:35disons
23:36il appelait ça
23:37porte-valise
23:38de Jacques Canetti
23:39puisqu'il commençait
23:40à travailler
23:40un petit peu
23:41avec Jacques Canetti
23:42et donc
23:42il a rencontré Ferrat
23:43il a eu le coup de foudre
23:44et il était persuadé
23:46que Ferrat
23:48allait rentrer
23:48dans la maison de disque
23:49pour laquelle
23:50il travaillait
23:51tout de suite
23:51et ça ne s'est pas passé
23:52du tout comme ça
23:53et quand Gérard
23:55a eu le courage
23:55de dire à Ferrat
23:56non ça marche pas
23:58personne veut toi
23:59il pense que ça marchera
24:00du tout pour toi
24:01et Jean lui a dit
24:03mais alors qu'est-ce qu'on fait
24:04et Gérard il a dit
24:05bah écoute moi
24:06j'abandonne tout
24:07et je travaille avec toi
24:08et Jean lui a tendu la main
24:10et il lui a dit
24:11d'accord
24:12incontré moral
24:13non mais c'est deux
24:14c'est deux enfants
24:15je veux dire
24:16Gérard a cette époque là
24:1722-23 ans
24:18et Ferrat
24:19on a quoi
24:2028
24:2027-28
24:21donc ils se sont fait confiance
24:23et ça a duré
24:24toute leur vie
24:24exactement
24:25et sur l'album
24:26de l'Eurovision
24:27il y a déjà
24:28cette chanson
24:29et c'était comme si
24:31tout recommençait
24:33la même innocence
24:37les faisait trembler
24:40devant le merveilleux
24:44le miraculeux voyage
24:52des paroles
24:53une musique
24:54finalement c'est assez rare
24:55aujourd'hui Isabelle Aubray
24:59écoutez
24:59il y a des
25:00il y a des jolies chansons
25:01aujourd'hui
25:02c'est une autre écriture
25:04il y a
25:05pour moi
25:06c'est certain
25:06que quand
25:07quand j'écoute
25:08Alain Souffon
25:08j'adore
25:09Michel Jonas
25:10j'adore
25:11il y a encore
25:12aujourd'hui
25:12des auteurs
25:13bien sûr
25:14c'est l'autre génération
25:15encore une autre génération
25:17on ne peut pas
25:18comment dirais-je
25:20on ne peut pas espérer
25:21ou vouloir
25:22en tout cas
25:22pas espérer
25:23mais vouloir
25:23que les choses ne bougent pas
25:25il y a une autre façon
25:26de travailler
25:27on travaille beaucoup
25:27avec les ordinateurs
25:28les jeunes travaillent
25:30dans leur studio
25:30donc
25:31ils ont des inventions
25:32différentes
25:34mais il y a encore
25:35de jolies chansons
25:36Deux enfants au soleil
25:37c'est Claude Delaclius
25:38qui l'a écrite
25:39elle a fait un duo
25:40avec Michel Sanlis
25:41pendant des décennies
25:42premier duo féminin
25:44de l'écriture
25:44ils ont écrit
25:45plusieurs chansons
25:46donc la première version
25:47de Mon Vieux
25:47ce sont ces deux femmes
25:49absolument
25:50elles ont travaillé
25:52avec vous
25:52au départ
25:53et avec Jean Ferrat
25:54et j'ai eu
25:55le grand bonheur
25:57à la fin
25:57donc à la fin
25:59de ma carrière
26:00scénique
26:01d'avoir une autre
26:02nouvelle
26:02très jolie chanson
26:03de Claude
26:05non
26:05de Michel Sanlis
26:07elle a refermé
26:08les rideaux
26:08non c'est
26:10elle a refermé
26:11le piano
26:12il se trouve aussi
26:13que Jean Ferrat
26:14votre complicité
26:15est née je crois
26:16pendant une tournée
26:17vraiment
26:18oui parce que
26:19on était très différents
26:20tous les deux
26:21c'est à dire
26:22Ferrat lui
26:23d'abord il finissait
26:25le spectacle
26:25bien évidemment
26:26c'était lui la vedette
26:27moi j'étais en première partie
26:28mais
26:30moi avec mes musiciens
26:31on se levait à 6h du matin
26:33on achetait deux tomates
26:34trois bouts de jambon
26:36on cherchait
26:38un endroit
26:38pour se baigner
26:39pour jouer
26:40et donc
26:41à la fin de la tournée
26:43on était beau
26:43on était en forme
26:44et tout ça
26:45tonton lui
26:45il avait juste le bras
26:47bronzé
26:48et évidemment
26:49à l'époque
26:50je ne savais pas du tout
26:51la fragilité
26:52de Ferrat
26:53et
26:54comment dirais-je
26:56moi j'étais un peu
26:57un chien fou
26:57je suis restée
26:59d'ailleurs
27:00et
27:00Ferrat était
27:02plus sérieux
27:04ça ne l'empêchait pas
27:05d'aimer la vie
27:06il aimait la vie
27:07il aimait bien manger
27:08il aimait bien
27:09nous inviter
27:10d'ailleurs
27:12à faire
27:13des petites fêtes
27:14plus sérieuses
27:15disons que
27:15tonton est plus sérieux
27:16que moi ça c'est sûr
27:17pourquoi tonton ?
27:19je trouve
27:20je ne sais pas
27:21avec ce physique
27:23merveilleux
27:23qu'il avait
27:24il aurait dû
27:24s'appeler Gabriel
27:26je ne le voyais pas
27:28s'appeler Jean
27:29Jean ça tombe
27:30pour moi
27:31c'était un tonton
27:32qui était pour vous
27:33un grand frère
27:34pratiquement
27:34oh oui bien sûr
27:36vous savez
27:37ce qu'il y a eu
27:38de bien
27:39avec Ferrat
27:40évidemment
27:41et Gérard
27:42Gérard
27:43sans Ferrat
27:44et Ferrat
27:45sans Gérard
27:45ça n'existe pas
27:46c'était
27:47deux complices
27:48formidables
27:49et comme Gérard
27:50et moi
27:50en tout cas
27:51au début
27:52de nos relations
27:52Gérard et moi
27:53étions fiancés
27:54donc on était
27:55encore plus près
27:57Gérard n'allait jamais
27:58voir Ferrat
27:58sans moi
27:59donc on avait
28:00la chance
28:00d'écouter
28:01ses premières chansons
28:02il jouait
28:02auprès du feu
28:03avec sa guitare
28:04on entendait
28:05les premiers mots
28:06les premières phrases
28:07on entendait
28:08ce qu'il voulait
28:09comme contre-champ
28:10derrière
28:11ce sont des moments
28:12que
28:14presque
28:15irracontables
28:15et vous n'imaginez pas
28:17à l'époque
28:18que la montagne
28:19serait aujourd'hui
28:19étudiée dans les écoles
28:21quand même
28:22quand même si
28:23vous savez
28:24quand on
28:25quand on reçoit
28:26une chanson
28:26en plein coeur
28:27on ne peut pas
28:29imaginer qu'elle n'ira pas
28:30dans le coeur
28:30des gens
28:31c'était évident
28:33c'était évident aussi
28:34que nuit et brouillard
28:35ce sera un choc
28:36terrible
28:36c'était évident
28:38non non
28:39oui mais
28:40franchement
28:41au jeu dans les lycées
28:42on apprend
28:42la montagne
28:43et nuit et brouillard
28:44ah oui oui
28:44Vera n'avait peut-être
28:46pas imaginé au départ
28:50comment pourrais-je dire
28:51j'ai le sentiment
28:52que tonton
28:53n'imaginait pas
28:54ne pensait pas
28:56ça ça
28:56ça va marcher
28:57ça va faire ci
28:57Vera il écrivait des trucs
28:59voilà
29:02comme
29:02ce qui sortait du coeur
29:04ah oui oui bien sûr
29:04et puis parmi
29:06vos points communs
29:07il y a cette passion
29:08pour Louis Aragon
29:09qui était d'ailleurs réciproque
29:10oui c'est vrai
29:11c'est vrai
29:13écoutez
29:14encore aujourd'hui
29:15quand je chante
29:16les chansons d'Aragon
29:17et je chante
29:18vous le savez
29:18je chante
29:19je travaille tous les matins
29:20quoi qu'il arrive
29:22ça m'est arrivé
29:23de travailler
29:24dans mon studio
29:25avec une chaise
29:27comme déambulateur
29:28parce que j'arriverai pas
29:29donc vous voyez
29:31chanter
29:31c'est vraiment pour moi
29:32c'est essentiel
29:33et c'est vrai que
29:34chaque fois que je suis
29:36sur les poèmes d'Aragon
29:38c'est merveilleux
29:40parce que c'est une tellement
29:41belle écriture
29:42en même temps
29:43Aragon vous l'avez rencontré
29:44il était même
29:45inconditionnel de vous
29:46je crois qu'il avait une photo
29:47sur son bureau
29:47en fait c'est plus que ça
29:50il venait au bureau
29:50et quand il y avait une photo
29:52qui lui plaisait
29:52il la piquait
29:53c'est vrai
29:54ce qui plaisait pas du tout
29:55à la petite comptable
29:56à l'époque
29:58mais c'est
29:59il venait se plaindre à Gérard
30:00il disait
30:00il y a un monsieur
30:02qui est venu
30:02monsieur Aragon
30:03je crois
30:04et il est venu
30:05il m'a piqué ma photo
30:06mais vous lui avez un jour
30:07dédicacé une photo
30:08qu'il a mis dans son bureau
30:09ah c'est possible
30:10ça oui
30:11et c'est vrai que Aragon
30:12c'est une rencontre
30:13très particulière
30:14vous vous souvenez
30:15de la première rencontre
30:15avec Aragon
30:16Isabelle Aubray
30:17oui c'était pour son anniversaire
30:19il m'avait demandé
30:20de chanter
30:21Nous dormirons ensemble
30:22et c'était difficile pour moi
30:27de chanter
30:28parce que pour moi
30:29un poète c'était mort
30:31et tout à coup
30:31je voyais un monsieur
30:33qui était beau comme tout
30:34il était là avec Elsa
30:35ils m'ont regardée
30:37tous les deux
30:37avec une telle tendresse
30:40j'étais vraiment terrorisée
30:43et j'ai chanté
30:44Nous dormirons ensemble
30:45mais j'ai eu l'impression
30:46de l'avoir mal chanté
30:48et quand il est venu me voir
30:50et m'embrasser
30:50à la fin du spectacle
30:51je suis désolée
30:53il m'a dit Isabelle
30:54c'était merveilleux
30:56Et Elsa Triolet
30:57était aussi une inconditionnelle
30:58elle a dit
30:59avec des yeux comme les vôtres
31:00vous en tirerez toujours
31:01Oui c'est vrai
31:03c'était une petite femme malicieuse
31:05Mais là aussi
31:06elle était
31:07elle suivait vos chansons
31:09vos récitals
31:10Oui oui
31:11ils sont venus à Bobineau
31:12tous les deux
31:12oui oui absolument
31:13et ça encore
31:15j'étais très émue
31:17inquiète
31:19Alors Aragon
31:20beaucoup l'ont chanté
31:21et même Brassens
31:22l'a chanté
31:23Eux qu'on retrouve au soir
31:25des armées incertains
31:28dites ces mots ma vie
31:30et retenez vos larmes
31:34il n'y a pas d'amour heureux
31:37Et là aussi
31:38elle sera dans le spectacle
31:40cette chanson
31:40Elle ne sera pas en chanson
31:42figurez-vous que
31:43ça je peux vous le dire
31:46mais je le redirai
31:46oui c'est le premier poème
31:48que mon professeur d'art dramatique
31:50m'a fait travailler
31:51et je trouve que c'était
31:52un signe extraordinaire
31:55c'était déjà
31:56le petit point
31:58qui m'amènerait peu à peu
31:59à ces grands artistes
32:01que j'ai rencontrés
32:02Alors il se trouve que Brassens
32:04a pris cette musique
32:05pour ce problème d'Aragon
32:06et sur le problème
32:07de Francis James
32:08la prière
32:08car je ne sais pas
32:09si vous le savez
32:09à l'époque ça se faisait
32:10oui oui bien sûr
32:11on l'a critiqué
32:13mais il disait
32:13mais les chansonniers
32:14prennent différentes musiques
32:15et mettent des paroles
32:15bien sûr
32:16et il n'a jamais recommencé
32:17on appelait ça
32:18les timbres
32:19ah oui
32:19c'est une chose
32:22qui était courante
32:23à l'époque
32:24ça ne choquait personne
32:25il n'y avait que le résultat
32:27qui comptait
32:27et c'était magnifique
32:28autant aujourd'hui
32:29on se dit d'ailleurs
32:30une chanson
32:31c'est indivisible
32:32si vous entendez
32:34une musique de Ferrat
32:35vous n'imaginez pas
32:35qu'on y mette
32:36d'autres paroles
32:38à part les chansonniers
32:39c'est autre chose
32:40les parodies
32:41et puis quelqu'un
32:42qui vous a aussi marqué
32:43donc vous allez reconnaître
32:44la voix
32:44il est normal de chanter
32:45le matin dans sa salle de bain
32:46parce qu'on est heureux
32:47ou parce qu'on est malheureux
32:48Jacques Brel
32:48Jacques Brel
32:50qui vous a appelé
32:51le petit mec
32:52oui
32:52il m'a appelé son petit mec
32:54et vous avez assuré
32:54je crois à sa première partie
32:56à l'Olympia
32:56en 63
32:58exactement
32:59mais j'avais fait
33:00d'autres choses avant
33:01que je vous raconterai
33:02mais cet Olympia
33:03était mythique
33:04je crois que c'est là
33:04où il a créé Amsterdam
33:05en plus
33:06non
33:06c'est beaucoup plus tard
33:08enfin c'est à l'Olympia
33:09qu'il a créé Amsterdam
33:10effectivement
33:11mais les concerts de Brel
33:12c'était incroyable
33:12quand on voit les images
33:13mais il se dépensait
33:15en 45 minutes
33:16comme jamais
33:16ah oui
33:17il était trempé
33:18les pieds à la tête
33:19d'ailleurs
33:19il y avait des traces
33:21par terre
33:21oui
33:21ah oui
33:22mais c'est quoi
33:23il avait une énergie
33:24il vivait ses chansons
33:25oui
33:26puis c'était
33:27je veux dire
33:29c'était un torero
33:30c'était extraordinaire
33:32je n'ai jamais assisté
33:34à un spectacle de Jacques
33:35sans une émotion
33:36extraordinaire
33:37mais je vais vous raconter
33:38une anecdote
33:39qui a un rapport
33:40avec un hommage
33:41qu'on avait rendu
33:42avec
33:42à Jacques Brel
33:43c'était dans un grand théâtre
33:45en Belgique
33:46et c'était en playback
33:49donc le playback part
33:51il y a un grand orchestre
33:52un bel accord
33:53et j'attaque Amsterdam
33:55dans le port
33:56et j'attends
33:57la suite
33:58de l'orchestration
33:59rien
34:00et j'ai fait
34:01devant je ne sais pas
34:02il y avait au moins
34:033000 personnes
34:03devant 3000 personnes
34:05j'ai chanté Amsterdam
34:06du début jusqu'à la fin
34:07un cappella
34:08je peux vous dire
34:09la salle était debout
34:10à la fin
34:11mais moi j'étais comme ça
34:13et puis il y a une autre chanson
34:14de Brel
34:15qui est liée à votre histoire
34:16nous étions deux amis
34:19et fanait de mes mères
34:25la plage était déserte
34:28et mentait sous juillet
34:32le plus beau cadeau
34:34de la vie de Jacques Brel
34:35qu'il vous ait fait
34:36c'est de vous offrir
34:37cette chanson
34:38oui absolument
34:39on m'a trouvé trop fragile
34:40et il s'est dit
34:42on ne peut pas la laisser
34:44comme ça
34:44vous avez eu
34:45un grave accident de voiture
34:46vous auriez pu
34:47ne pas en réchapper
34:48et Brel a été
34:49l'un des premiers
34:50à vous soutenir
34:50Isabelle Aubray
34:51oui je vous raconterai
34:52tout ça avec beaucoup
34:53pas trop d'émotion
34:55parce que vous savez
34:55que trop d'émotion
34:56tue l'émotion
34:57voilà
34:57mais en même temps
34:59cet accident
35:00cet accident a changé
35:01votre vie
35:01vous deviez tourner
35:01dans les parapluies de Cherbourg
35:02oui le tournage
35:03c'était une quinzaine de jours
35:05après
35:06et ça aurait changé votre vie
35:08oui
35:10mais comment dirais-je
35:11je ne suis pas quelqu'un
35:13qui a des regrets
35:14j'ai appris beaucoup de choses
35:15d'abord j'ai appris
35:16à aimer la vie autrement
35:19à savoir d'abord
35:21ce caractère que j'ai
35:22qui avance
35:23qui se bat
35:24quoi qu'il arrive
35:25je suis tellement
35:26c'est incroyable
35:27je suis tellement déterminée
35:29à partir du moment
35:30où je sais
35:31qu'il y a l'objectif
35:32il y a la scène
35:33il y a le public
35:34il y a la lumière
35:35il y a la tendresse
35:37il n'y a rien
35:38qui peut m'arrêter
35:39la preuve
35:40vous êtes à Marigny
35:41le 20 mars 2026
35:43on va en parler
35:43dans quelques instants
35:44avec Isabelle Aubray
35:45sur Sud Radio
35:46Sud Radio
35:47les clés d'une vie
35:48Jacques Pessis
35:49Sud Radio
35:50les clés d'une vie
35:51mon invité
35:52Isabelle Aubray
35:5320 mars 2026
35:54retour sur scène
35:55à Marigny
35:56et le 21 aussi
35:57à 15h à Paris
35:58avec un spectacle
35:59on n'empêche pas
36:01un oiseau de chanter
36:02et ça c'est une aventure
36:03qui est née
36:04après vos adieux
36:05parce que vous avez terminé
36:06à Lille vos récitals
36:07et vous avez dit
36:08je ne vais pas m'arrêter
36:08comme ça
36:09oui parce que
36:10écoutez c'est curieux
36:11les gens
36:12les gens ne peuvent pas croire
36:13qu'on s'arrête
36:14et il y a beaucoup
36:16de tendresse un jour
36:17dans la voix d'une dame
36:18qui me dit
36:19dont Isabelle
36:19dans la rue
36:20vous ne pouvez pas
36:21vous arrêter de chanter
36:22on a besoin de cette tendresse
36:24on a besoin de vous
36:25et je lui dis
36:26et elle me dit
36:27alors vous ne chantez plus
36:29et spontanément
36:30je lui ai répondu
36:31mais on n'empêche pas
36:32un oiseau de chanter
36:33et je me suis dit
36:34ça
36:35et c'est comme ça
36:36que j'ai pris
36:37vraiment la décision
36:38d'appeler ce spectacle
36:39comme ça
36:40en plus c'était un hommage
36:41à mon petit père
36:42qui m'appelait son alouette
36:45donc oui
36:46j'ai trouvé
36:47que c'était
36:47un joli chemin
36:49et vous avez eu l'idée
36:51non pas de faire un récital
36:52mais de changer complètement
36:53en faisant du théâtre musical
36:54comment est née cette idée ?
36:56Ah bah écoutez
36:56pour moi c'est catastrophique
36:58parce qu'on m'a toujours reproché
37:01enfin quand il y avait des reproches
37:03c'était quand même généralement gentil
37:05mais vous ne parlez jamais sur scène Isabelle
37:08vous ne dites jamais rien
37:09et j'y répondais
37:11mais mes auteurs
37:12en plus j'en chantais beaucoup
37:14plus je pouvais en chanter
37:15plus je parlais
37:16enfin plus je donnais
37:17comment dirais-je
37:18je vais pas dire une chance
37:19parce que mes auteurs
37:20sont tellement merveilleux
37:21qu'ils n'avaient pas besoin de moi
37:22mais en même temps
37:23un peu quand même
37:24donc je voulais en chanter
37:26le plus possible
37:27donc ne parler le moins possible
37:28là c'est le contraire
37:29je parle beaucoup
37:31je raconte
37:33je suis émue
37:34en même temps
37:34j'enchaîne avec des chansons
37:36il y a des chansons a cappella
37:37il y a quelques chansons
37:39qui seront
37:40avec un playback
37:41il y a des chansons
37:42qui seront
37:44parlées
37:45et
37:46je veux dire
37:46c'est
37:47c'est extraordinairement inquiétant
37:49pour moi
37:49dès que vous
37:49dès que vous me dites
37:50on n'empêche pas un oiseau de chanter
37:52j'ai un grand coup de poing
37:53dans la poitrine
37:54et en même temps
37:55c'est merveilleux
37:56de retrouver les gens
37:57et de leur faire partager
37:59non seulement mes émotions
38:00mais mes rencontres
38:02et
38:03retrouver aussi
38:04des chansons
38:06qu'ils ont aimées
38:06ou qu'ils ont moins connues
38:08et on dit que les oiseaux
38:09chantent pour communiquer
38:10séduire
38:11et défendre leur territoire
38:12et chaque espèce
38:14possède son répertoire
38:15adapté aux saisons
38:16et à l'environnement
38:17alors je suis très contente
38:19de faire partie de tout ça
38:20alors il se trouve
38:21qu'il a fallu écrire ce spectacle
38:23et c'est vous
38:24qui avez choisi
38:24les histoires à raconter
38:26histoire qu'on ne connaissait pas
38:27forcément Isabelle Aubray
38:28bah oui bien sûr
38:29bon c'est
38:31quand on parle de
38:32Jacques Brel
38:32et de la fenêtre
38:34on sait très bien
38:35que Jacques
38:35m'a donné la fenêtre
38:37on ne sait pas
38:38dans quelles conditions
38:39comment
38:39le pourquoi aussi
38:41mais
38:41le raconter sur scène
38:43c'est
38:44c'est quelque chose
38:44de différent
38:45puis je veux dire
38:46le public
38:47ne le sait pas forcément
38:48donc non
38:49il va découvrir des choses
38:50il fallait choisir
38:51les histoires
38:52et les adapter aux chansons
38:54et réciproquement
38:55non c'est le contraire
38:57en fait c'est le contraire
38:58parce que les chansons
38:59a cappella
38:59peut-être que
39:01et je ne veux pas
39:02que ce soit parfait
39:03d'ailleurs rassurez-vous
39:04ça ne le sera pas
39:05il y a un spectacle
39:06théoriquement écrit
39:07mais il vous arrive
39:09d'improviser
39:09mais bien sûr
39:10il y a
39:11vous savez c'est comme
39:12quand on raconte une histoire
39:13on ne raconte jamais
39:14deux fois
39:15de la même façon
39:16et tout à coup
39:17une idée peut vous venir
39:19et vous pouvez en oublier
39:21une autre
39:21j'ai oublié de vous dire ça
39:23etc
39:23je veux que ce soit
39:24et vous voyez
39:25comme on est tous les deux là
39:27on sait qu'il y a des gens
39:28qui nous regardent
39:29qui nous entendent
39:31mais on se parle
39:32d'une manière
39:32la plus naturelle
39:33qui soit
39:34et c'est pourquoi
39:36ce ne sera pas mot à mot
39:37ce ne sera pas
39:38forcément tous les jours
39:40la même chose
39:41il y aura
39:41l'improvisation
39:43il y aura des chansons
39:44a cappella
39:44il y aura
39:46la vie
39:47et la vie
39:48avec une trame
39:49que vous avez écrite
39:50mais pour la forme
39:51non parce que
39:52bon
39:53je connais ma vie
39:54mais c'est évident
39:56que je ne peux pas raconter
39:5770 ans carrière
39:59vous vous rendez compte
39:59ça fait 70 ans
40:00que je chante
40:01je ne peux pas
40:02le raconter
40:03en une heure et demie
40:04donc
40:06il y aura des surprises
40:08et il y a une chanson
40:09qui résume justement
40:10ce parcours
40:11et sa longueur
40:12entre les courses
40:13la vaisselle
40:14entre ménage
40:16et déjeuner
40:18le monde peut battre
40:20de l'aile
40:21on n'a pas le temps
40:22d'y penser
40:24faut-il pleurer
40:26faut-il en rire
40:30fait-elle envie
40:31ou bien pitié
40:34je n'ai pas le coeur
40:36on ne voit pas le temps passer
40:38et c'est vrai
40:39que vous n'avez pas vu
40:39le temps passer
40:40non mais je l'ai sorti
40:42mais vous n'avez jamais
40:44arrêté de travailler
40:44et en même temps
40:46je crois que
40:47le travail vous a permis
40:48de tenir le choc
40:50bien sûr
40:51c'est comme
40:52se dire
40:53le matin
40:54même si on est très fatigué
40:55et je comprends
40:56que quelquefois
40:57on le soit
40:57et puis
40:59honnêtement
40:5987 ans
41:01je suis quelquefois fatigué
41:03mais je pose
41:04les pieds par terre
41:05je me lève
41:06et je marche
41:08et je sais que je marche
41:10exactement
41:11et chaque parcours
41:12de votre vie
41:13c'est une performance
41:14c'est un défi
41:14bien sûr
41:15bien sûr
41:16là je me jette
41:17un défi un peu fou
41:19j'ai peur
41:20mais j'ai hâte
41:21et parmi les défis
41:23de votre parcours
41:24il y a
41:24cette caractéristique
41:26vous êtes la seule
41:27française
41:27à avoir fait deux fois
41:28l'Eurovision
41:29voilà
41:30la source
41:31et je me demande
41:32s'il faut croire
41:33à cette légende
41:34d'une fille
41:35qu'on y trouva
41:36une nouvelle plus belle chanson
41:38et vous avez réussi
41:39à finir troisième
41:39à l'Eurovision
41:40ce qui aujourd'hui
41:42serait une performance
41:42pour la France
41:43oui c'est vrai
41:44mais c'est une jolie chanson
41:46qui est à la limite
41:47elle est immortelle
41:49aussi celle-ci
41:50et malheureusement
41:51follement d'actualité
41:53exactement
41:53il se trouve
41:54que tous ces textes
41:55sont ciselés
41:55vous avez chaque fois veillé
41:58que chacune de vos chansons
42:00il n'y ait pas un mot
42:01à rajouter
42:01comme disait Aznavour
42:02ah oui bien sûr
42:03la chanson est pleine
42:05elle est complète
42:05et il n'y a rien à dire
42:07et c'est pourquoi
42:08je n'ai jamais parlé
42:09en scène
42:10parce que la chanson
42:11raconte tout ce qu'elle a
42:12à raconter
42:13et puis vous avez trouvé
42:14des auteurs
42:15il y a les auteurs
42:16comme Jean Ferrat
42:17et quelques autres
42:18Maurice Vidalin
42:19qui ont travaillé avec vous
42:20mais vous avez aussi
42:21trouvé des inconnus
42:22je me souviens un jour
42:23d'un monsieur
42:23qui a laissé une chanson
42:24dans votre boîte aux lettres
42:25ah oui absolument
42:26et bien je l'ai chanté d'ailleurs
42:29mais des années après
42:31voilà
42:31et justement
42:32vous avez beaucoup travaillé
42:34avec des auteurs
42:35très différents
42:36dont le but n'était pas forcément
42:38d'entrer aux huit parades
42:39c'est-à-dire que Jacques Lebroncard
42:41par exemple
42:41c'est quelqu'un
42:42qui a fait une carrière
42:43en commençant comme pianiste
42:44en accompagnant
42:46Maurice Fanon
42:46Bobby Lapointe
42:47ce qui n'était pas facile
42:48et il a écrit
42:50il a écrit des chansons pour vous
42:51ah oui
42:52il a écrit des chansons pour moi
42:53il y en a une en particulier
42:54que j'aime
42:55c'est
42:55toi qui nais cette année
42:57grandis
42:57dépêche-toi
42:58viens faire des randonnées
43:00par les rues
43:01par les bois
43:02elle vieillit la contrée
43:04elle vieillit la contrée
43:06et le temps n'attend pas
43:08n'attend pas
43:09c'est merveilleux
43:10d'écrire comme ça
43:11et justement
43:12vous qui avez une éducation
43:15courte
43:15puisque vous avez commencé
43:16à travailler à 14 ans
43:17vous avez eu l'apprentichage
43:18de l'écriture
43:19et de la lecture
43:21en osodidacte
43:22ah mais bien sûr
43:23oui mais
43:23avec beaucoup de curiosité
43:25et surtout
43:26avec une envie
43:27une envie de faire
43:29bien
43:29je veux dire
43:31vous savez
43:31ça va vous sembler
43:34puéril
43:34mais
43:36je
43:36j'assume
43:38quand je suis sortie de l'usine
43:40et que j'ai laissé
43:40ces femmes
43:42ces gens
43:43qui n'avaient pas
43:44mes envies
43:46mon envie folle
43:47d'être
43:47d'être
43:49bien
43:49d'être belle
43:50d'être forte
43:51de chanter des belles chansons
43:53je me suis dit aussi
43:55c'est pour eux
43:56ils pourront se dire
43:57on la connaissait
43:58on était amis
43:59et on est restés amis
44:00et ça
44:01je crois qu'ils sont fiers de moi
44:03oui
44:03comme je suis fière
44:04et fière de votre parcours
44:06parce qu'encore une fois
44:07trouver le mot juste
44:09quand on n'a pas fait
44:09des années d'études
44:10c'est pas évident
44:11savoir que la chanson
44:12va toucher les cœurs
44:13que ce mot va toucher les cœurs
44:14comment on fait Isabelle Aubray ?
44:15je pense que c'est une question
44:16d'émotion
44:17d'émotivité
44:19de sensibilité
44:20vous savez mon prof
44:21d'art dramatique
44:21il était redoutable
44:22il pouvait être
44:23de mauvaise humeur
44:24et dans ces cas là
44:25il nous faisait réciter
44:27la Marseillère
44:27oui
44:28et je peux vous dire
44:29que réciter la Marseillère
44:30c'est quelque chose
44:31je crois que j'ai appris
44:33beaucoup avec lui
44:33puis j'ai suivi des cours
44:35de diction
44:36des cours d'histoire
44:37du théâtre
44:38j'avais envie de tout
44:40et puis votre complicité
44:41avec Ferrat
44:42a fait aussi beaucoup
44:43parce que Ferrat
44:43était aussi
44:44quelqu'un de très précis
44:45ah oui bien sûr
44:47avec Ferrat
44:48c'était
44:49c'était très rare
44:50que l'on puisse faire
44:52changer un mot
44:53je crois d'ailleurs
44:54que ça n'est arrivé
44:55qu'une seule fois
44:56ah bon ?
44:56ah oui
44:57c'était sur
44:58excusez-moi
44:59je me souviens plus
45:00exactement la phrase
45:01mais je lui ai dit
45:02moi ça je ne peux pas
45:03le dire de cette façon là
45:05et on était en studio
45:06et je lui ai dit
45:07je respecte
45:08tout ce que tu as écrit
45:09mais si tu ne veux pas
45:10le changer
45:12je ne la chanterai pas
45:13il m'a dit
45:14je te rappelle
45:15il a changé la phrase
45:16et j'ai chanté la chanson
45:18et puis
45:19dans ce spectacle
45:20vous évoquerez aussi
45:21quelqu'un
45:22qu'on considère
45:22comme un poète maudit
45:23mais qui est un génie
45:24trop tôt disparu
45:25Alain Leprest
45:26avec la dame du dixième
45:39Alain Leprest
45:40un personnage hors du commun
45:41hors du commun
45:42oui
45:42et malheureusement
45:44il s'est
45:45je vais dire
45:46qu'il s'est détruit
45:47et c'est dommage
45:48je pense que c'est vrai
45:48qu'il avait une façon
45:50d'écrire
45:50qui était très
45:51très particulière
45:52il m'avait écrit
45:53une chanson
45:53il était tellement étonné
45:57que je fasse du deltaplane
45:59il a écrit une chanson
46:00qui s'appelait
46:01les folles
46:01elles croient qu'elles volent
46:03mais justement
46:04ça c'est aussi
46:05l'un des secrets
46:06de votre jeunesse éternelle
46:08Isabelle Aubray
46:08c'est le sport
46:09vous avez fait du deltaplane
46:11vous avez fait aussi
46:12de la plongée sous-marine
46:13de la planche à voile
46:14du tennis
46:15de l'aïkido
46:15et même du parachute
46:17du parachute
46:17oui
46:18qu'est-ce que c'est
46:18cette histoire ?
46:19écoutez
46:21j'étais dans un hôtel
46:23et le patron
46:24on était devenu
46:25un peu proche
46:26un peu amis
46:27et il m'avait dit
46:28que c'était pour lui
46:29une passion
46:30qu'il y allait régulièrement
46:31j'ai dit
46:32il veut en faire
46:32il m'a emmené
46:33je l'ai fait
46:34pour mes 85 ans
46:35carrément
46:35vous êtes monté
46:37dans un avion
46:37et vous avez sauté
46:38et on a sauté
46:39en bine
46:40en bine
46:41mais le moniteur
46:43n'était pas étonné ?
46:46je faisais partie
46:47des aînés quand même
46:49mais ça a été un événement
46:50parce que personne
46:50n'imaginait
46:51qu'à 85 ans
46:52vous alliez sauter
46:53en parachute
46:53et que ça a été
46:54un vrai bonheur
46:55ah oui
46:55ça a été un bonheur
46:56puis arriver
46:57tout en haut
46:58au milieu du silence
47:00avant qu'on ouvre
47:01le parapluie
47:02c'est-à-dire
47:02quand on tombe
47:03tout simplement
47:05avant de
47:07ouvrir le parapluie
47:08le parapluie
47:09le parachute
47:11j'ai crié
47:12maman je t'aime
47:14voilà
47:14vous avez toujours eu besoin
47:16de prendre ce genre de risque
47:17de vivre dans les airs
47:20comme l'oiseau
47:20bah oui voilà
47:21là j'étais vraiment l'oiseau
47:23mais vous savez
47:24au moins
47:25je ne vais pas
47:26finir ma vie
47:28en me disant
47:28j'aurais dû faire ça
47:29oh ça ça m'aurait plu
47:30là j'ai envie de faire du parapente
47:32je sais bien
47:33que c'est une folie
47:34comme quand j'ai décidé
47:36de faire du
47:36du trapèze
47:38mais
47:41on ne peut pas
47:42empêcher une nature
47:43de rester ce qu'elle est
47:44et voilà
47:44je suis restée
47:45celle que j'étais enfant
47:46voilà
47:47et d'ailleurs
47:47il y a une chanson
47:48qui résume parfaitement
47:49cette envie
47:50c'est
47:50il faut vivre
47:51il faut vivre
47:53il faut vivre
47:55l'azur au dessus
47:56comme un glaive
47:57prêt à trancher
47:58le fil
47:58qui nous retient debout
47:59il faut vivre
48:00partout
48:01dans la boue
48:03et le rêve
48:03en aimant à la foi
48:05et le rêve
48:05et la boue
48:07il faut se dépêcher
48:09d'adorer ce qui passe
48:10un film à la télé
48:11un regard dans la cour
48:13un coeur fragile
48:15et nu
48:16sous une carapace
48:17et là aussi
48:18c'est tout à fait inattendu
48:19car ça correspond
48:20à ce spectacle
48:21avec des chansons parlées
48:23et d'autres chantées
48:24oui mais je crois
48:25que c'est important
48:26de dire aux gens
48:27justement
48:28à travers tout ce que j'ai
48:29tout ce que j'ai vécu
48:31qui était parfois
48:32un peu fou
48:33malheureusement aussi
48:34par accident
48:37ne pas perdre
48:38l'envie d'être debout
48:39l'envie de rencontrer
48:40des gens
48:41l'envie de parler
48:42l'envie de chanter
48:43je dis souvent aux gens
48:44chantez-vous
48:45chantez fou
48:45mais qu'est-ce que ça peut faire
48:47chanter
48:48c'est bon pour la santé
48:49c'est bon pour le moral
48:50ça donne envie
48:52d'être debout
48:52et de vivre
48:53le 20 et le 21 mars
48:55vous êtes donc
48:55au théâtre Marigny
48:56à 15h
48:57pour deux représentations
48:58mais ce n'est que le début
48:59pour vous
48:59bien sûr
49:00ce n'est que le début
49:03continuons le combat
49:04je vais aller en Belgique
49:05j'espère bien partir
49:07au Canada
49:09j'emmène la vie
49:11avec moi
49:12la vie qui continuera
49:13le plus longtemps possible
49:14parce que finalement
49:14elle est au front de vous-même
49:15et tout ce que vous avez vécu
49:17vous donne envie
49:17de vivre encore plus
49:18absolument
49:19mon petit père a vécu
49:20jusqu'à 98 ans
49:21j'ai bien l'intention
49:22d'aller jusque là
49:23de battre le record
49:24absolument
49:24et ce sport
49:26que vous faites tous les matins
49:27cette envie de vivre
49:28ça fait partie
49:29de votre adrénaline
49:30oui c'est ce qui me tient debout
49:31bien sûr
49:32donc nous serons
49:33le 20 et le 21 mars
49:34à Marigny
49:35avec les plus anciens
49:37et puis avec la jeune génération
49:38car la jeune génération
49:38découvre vos chansons
49:39absolument
49:40vous savez
49:40je travaille depuis maintenant
49:42et c'est une jeune génération
49:43depuis maintenant
49:4438 ans
49:45avec une jeune femme
49:46qui s'appelle
49:47Valérie Gérard
49:48et qui a
49:49comment dirais-je
49:50un enthousiasme
49:51elle me suit
49:52elle m'aime
49:53et elle me donne aussi
49:54beaucoup de force
49:54parce qu'il y a une telle tendresse
49:56en elle
49:56que c'est pour ça
49:58qu'elle travaille avec nous
49:59depuis 38 ans
49:59voilà
50:00et vous ne les faites pas
50:01et vous continuerez ainsi
50:03donc 20-21 mars
50:04rendez-vous à Marigny
50:05et puis ensuite en tournée
50:06et puis à bientôt
50:07parce que vous aurez
50:07d'autres aventures
50:08j'en suis sûre
50:09vous pouvez compter sur moi
50:10merci Isabelle Aubray
50:11les clés d'une vie
50:12c'est terminé pour aujourd'hui
50:13on se retrouve bientôt
50:14restez fidèles
50:15à l'écoute de Sud Radio
50:18Sous-titrage Société Radio
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