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  • il y a 3 mois
Cinquième jour de guerre en Iran - Quelle place la France occupe-t-elle dans ce conflit ? Est ce une France défensive ? Est ce que nous sommes "entrés en guerre" ?

Guillaume Lagane, spécialiste des questions de défense et d'actualité internationale, enseignant à Sciences Po et auteur de "Géopolitique de l'Europe - Le crépuscule d'une puissance ?" chez Puf.
Guillaume Lasconjarias, historien militaire, directeur des études et de la recherche de l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), professeur associé à Sorbonne Université.
Hélène Conway-Mouret, sénatrice PS des Français à l'étranger et vice-présidente de la commission des affaires étrangères et de la défense.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 04 mars 2026.

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Transcription
00:02Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, avec Anne-Sophie Lapix.
00:07Face à cette situation instable, aux incertitudes des jours à venir,
00:13j'ai donné ordre que le porte-avions Charles de Gaulle, ses moyens aériens,
00:17son escorte de frégates, fassent route vers la Méditerranée.
00:21La France s'engage chaque jour un peu plus dans le conflit qui embrasse le Moyen-Orient,
00:26mais elle s'engage défensivement, expliquait hier soir Emmanuel Macron lors de son allocution.
00:32Nous nous contentons de défendre nos alliés et nos intérêts,
00:35mais cela passe par la mobilisation de rafales, de moyens anti-aériens
00:39et même de notre porte-avions Charles de Gaulle.
00:42Où mettons les pieds ? Jusqu'où cet engagement peut-il nous mener ?
00:45On en débat avec nos invités, Guillaume Lagan, enseignant à Sciences Po Paris,
00:49spécialiste des questions internationales.
00:51Vous êtes auteur de Géopolitique de l'Europe, le crépuscule d'une puissance.
00:54Chez PUF, bonsoir.
00:55Bonsoir.
00:56Guillaume Laskon-Jarias, ça se prononce comme ça ?
00:59Tout à fait.
01:00Historien, militaire, directeur des études et de la recherche de l'Institut des Hautes Études de Défense Nationale,
01:05professeur associé à Sambon Université, bonsoir.
01:08Bonsoir.
01:08Et Hélène Conway-Mouret, sénatrice PS des Français à l'étranger
01:11et vice-présidente de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, bonsoir.
01:15Bonsoir.
01:17Alors l'objectif, c'est quoi ? Défendre ses amis, mais on le fait déjà, non ?
01:23Guillaume Laskon-Jarias.
01:25Disons-le autrement, on agit en fait en deux temps.
01:29Le premier, c'est de répondre à une invitation qui ne nous a pas été donnée, mais qui nous a
01:35finalement été imposée,
01:37à savoir ces frappes de rétorsion iranienne sur l'ensemble de la sous-région et du golfe Persique.
01:45Et en cela, on a eu deux moments.
01:48La première, c'est la déclaration commune de la France, de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne
01:52sur la mise en place de ce qu'on appellerait des frappes défensives, avec une espèce d'ambiguïté dans le
01:57terme.
01:57Et la deuxième, c'est tout simplement l'activation, ou du moins le nécessaire besoin de répondre à l'appel
02:07des alliés que nous avons dans la région,
02:09avec lesquels nous sommes liés par des partenariats forts, stratégiques, relativement anciens.
02:15Et en l'occurrence, le premier, ce sont les Émirats Arabes Unis, mais on a aussi le Qatar, on a
02:20aussi le Koweït.
02:21Et donc, nous avons en fait la nécessité, et le président l'a rappelé, d'être des partenaires crédibles.
02:26Et la parole de la France, elle est aussi entendue et écoutée dans cette région.
02:30Et en quoi ils consistent ces partenariats que vous évoquez avec les trois pays ?
02:33Alors, on a ce qu'on appelle très souvent des traités de coopération, de défense et de sécurité,
02:38qui sont alors quelquefois orientés sur un partenariat stratégique orienté défense,
02:44mais qui peuvent aussi être beaucoup plus larges.
02:46Pour les Émirats Arabes Unis, par exemple, il y a à la fois une dimension éducative,
02:51vous avez, par exemple, le Louvre, vous avez la Sorbonne, pour le coup, à Abu Dhabi.
02:57Et puis, dans le même temps, vous avez la capacité à vous implanter localement et à avoir une base militaire.
03:03On a ouvert ainsi, en 2009, les forces françaises aux Émirats Arabes Unis,
03:08avec trois dispositifs.
03:10Une base navale, un escadron de chasse en permanence sur la base d'Aldafra,
03:16et aussi un régiment de chars qui est en permanence en disposition, soit à peu près 900 personnels.
03:23Est-ce qu'on envoie les bonnes armes ?
03:26J'ai entendu qu'il y avait des rafales qui allaient être là en renfort.
03:30Alors, hier, Volodymyr Zelensky, le président ukrainien,
03:36proposait d'échanger des intercepteurs de drones en vol, très bon marché,
03:41contre des missiles patriotes, qu'il réclame depuis longtemps aux Américains.
03:45Mais ce n'est pas si fou, est-ce qu'on a vraiment besoin de rafales
03:48pour aller neutraliser les drones qui s'abattent sur les bases de ces pays ?
03:52Guillaume Lagan.
03:53Ce qui est vrai, c'est que la guerre qui se déroule aujourd'hui au Proche-Orient,
03:57avec l'Iran, Israël et les Etats-Unis,
04:00c'est une guerre pour l'instant essentiellement aérienne,
04:02avec des tirs de missiles balistiques, des tirs de drones.
04:07Et de fait, les meilleurs experts de cette guerre aujourd'hui,
04:10ce sont les Ukrainiens, parce que depuis 4 ans,
04:12la guerre en Ukraine, elle a révélé l'importance de ces nouveaux systèmes.
04:16D'ailleurs, je rappelle un peu pour nos auditeurs que la Russie,
04:19elle a été très aidée par l'Iran, qui lui a livré ces fameux chahed.
04:23Aujourd'hui, ils sont produits en Russie.
04:24Les chahed sont les drones.
04:25Ce sont des noms de drones suicides qu'utilisent les Russes sur le front.
04:30Les Ukrainiens ont, de leur côté, développé d'autres systèmes
04:33et appris à se défendre de ces systèmes.
04:35Et là, aujourd'hui, ce qui se passe, c'est que beaucoup des puissances
04:39que citait Guillaume Lasko-Jarias tout à l'heure,
04:41c'est-à-dire les puissances du Gov, le Qatar, les Émirats Arabes Unis,
04:45ils ont beaucoup investi dans leur défense anti-aérienne,
04:47mais c'est vrai qu'ils n'étaient peut-être pas prêts
04:49à des attaques de drones aussi massives
04:52que celles que l'Iran aujourd'hui fait.
04:55Alors, est-ce que cette aide ukrainienne, elle pourrait être utile ?
04:58En tout cas...
04:59Ce serait une bonne affaire pour l'Ukraine, évidemment.
05:00Alors, c'est très intéressant, parce qu'on voit qu'en fait,
05:02tous les conflits sont liés.
05:03Pour l'Ukraine, c'est un moyen de rappeler
05:06qu'elle appartient au camp occidental,
05:07qu'elle est aux côtés des Israéliens, aux côtés des États-Unis.
05:10Elle propose aussi à des États une alliance, finalement,
05:12au moment où ces États, rappelez-vous, pendant la guerre,
05:15là, je parle de la guerre en Ukraine,
05:16ils se sont quand même tenus souvent un peu dans la neutralité.
05:19Ils étaient à mi-chemin entre la Russie et les États-Unis.
05:21D'ailleurs, les Émirats-Arabes-Unis, c'était un des lieux de discussion
05:23entre Russes et Ukrainiens.
05:24Donc, c'est un peu une manière de clarifier aussi
05:26cette situation géopolitique.
05:28Et puis, on en voit aussi le Charles de Gaulle,
05:30qui se dirige en ce moment vers la Méditerranée.
05:32Il devrait arriver dans une semaine.
05:34Ça, c'est la grosse cavalerie, Hélène Connoi-Mouret.
05:38C'est symbolique ou c'est vraiment utile ?
05:40Ça a été utilisé, c'est le terme qui a été utilisé,
05:42en effet, symbolique.
05:43Mais enfin, quand on sort un porte-avions,
05:45ce n'est pas symbolique.
05:46Il y a à la fois des connexions aériennes, sous-marines.
05:51Enfin, c'est tout un arsenal, de fait,
05:53qui se déplace, qui est présent.
05:55Mais tout à l'heure, on est monté à bord.
05:56Je crois que c'est pour faire la démonstration
06:00auprès de nos alliés, et cela a été dit,
06:02que la France prend très au sérieux le fait
06:05que ces pays-là, avec lesquels nous avons
06:07des accords de défense,
06:08et c'est vrai que nous avons une présence française,
06:10et je crois que le nombre de Français sur place,
06:13dans le Golfe, a surpris, je pense,
06:16quand on a parlé de 400 000 Français.
06:18Oui, 400 000 entre ceux qui résident là-bas,
06:21qui sont à peu près de 400 000,
06:22et les visiteurs, en fait, c'est ça ?
06:23Oui, alors, c'est vrai qu'on est en période de vacances,
06:25mais néanmoins, il y a énormément d'intérêts français,
06:27d'entreprises françaises qui sont installées.
06:30D'influenceurs français.
06:31D'influenceurs à Dubaï !
06:32On en parle beaucoup aussi !
06:34Il fuit un peu le fils, qu'on peut le dire.
06:36Ce n'est pas les plus représentatifs,
06:38et je crois qu'ils rentrent complètement dans les clichés
06:40qu'on se fait de ces Français de l'étranger,
06:41qui sont nantis, et ainsi de suite.
06:43Non, ceux qui sont là-bas travaillent,
06:45comme partout dans le monde.
06:47Et donc, voilà, c'est une démonstration,
06:50je crois, qui est attendue,
06:51parce que quand on signe un accord de défense,
06:53et nous en avons parlé au Sénat cet après-midi,
06:55à la Commission,
06:57bon, c'est un texte législatif,
06:59donc, voilà, qui passe par le Sénat,
07:02qui est ratifié,
07:03par le pays, mais qui engage ensuite.
07:06Et là, je pense que nous n'avons pas
07:08une réflexion qui va jusqu'au bout,
07:09parce que c'est vrai que, sur le moment,
07:12c'est aussi généralement lié
07:13à des contrats de vente d'équipements militaires,
07:16donc ça, c'est le court terme,
07:17mais le long terme, c'est de se dire
07:19qu'on s'engage, en fait,
07:21à venir au secours de ce pays,
07:22s'il devait être attaqué.
07:24Et là, on est en plein dedans.
07:25Je crois que personne ne pensait en France
07:27que les pays du Golfe seraient
07:29sous la pression qu'ils ont aujourd'hui sur eux.
07:31Vous dites qu'on s'est engagés un peu à la légère,
07:33c'est ça ?
07:34Non, ce n'est pas à la légère,
07:35mais que les Français se retrouvent,
07:36de fait, sur la défensive,
07:39mais parce qu'ils se sont engagés
07:40à protéger ces pays-là,
07:41en tout cas, à être engagés avec eux.
07:43Alors, il y a un engagement vis-à-vis de ces pays,
07:45puis il y a l'engagement tout simplement européen,
07:47puisqu'il y a aussi,
07:48on a parlé de la base de Chypre,
07:50c'est une base, pour le coup, britannique,
07:53mais Chypre, ça fait partie
07:56de l'Union Européenne.
07:57Qu'est-ce qui se passe sur cette base d'accrotillerie ?
08:01Elle a été attaquée, je crois,
08:03et il faut la défendre.
08:06Alors, ce que l'on sait,
08:07c'est pour ça que vous avez un peu l'imbrication
08:09des différents acteurs régionaux.
08:14Elle a été effectivement attaquée
08:15par un drone, manifestement,
08:17qui est parti, lui, du Liban,
08:19c'est-à-dire qui a été manifestement envoyé
08:21par le Esbola,
08:22un des proxys, justement, de l'Iran,
08:25qui mène une forme de guerre par procuration,
08:28et on sait aujourd'hui, d'ailleurs,
08:30qu'Israël mène aussi une guerre
08:31sur plusieurs fronts,
08:33dont, directement, contre le Hezbollah.
08:36Qu'est-ce que ça veut dire,
08:37frapper les Chypres ?
08:40Ça veut donc dire que, littéralement,
08:42on inclut dans le combat
08:45la Grande-Bretagne,
08:46parce que c'est ça, d'abord,
08:47que nous-mêmes appelons,
08:50sommes appelés, ou du moins,
08:51à, non seulement,
08:54soutenir notre allié britannique,
08:56mais aussi Chypre,
08:57qui est un pays européen,
09:00pour aussi une raison toute simple,
09:02c'est que, ce qu'on appelle
09:03la Méditerranée orientale,
09:06toute la partie, finalement,
09:07au large d'Israël, du Liban,
09:09c'est aussi une zone
09:11extraordinairement riche d'intérêts
09:12pour les intérêts français,
09:14et c'est pas la première fois,
09:16ni que le Charles de Gaulle,
09:17ni même que, par exemple,
09:18la frégate Languedoc,
09:19dont on parle, est déployée.
09:21Je donnerai, par exemple,
09:24le souvenir que c'est
09:25cette même frégate Languedoc
09:27qui a tiré, à l'époque,
09:29sur la Syrie,
09:30quand on cherchait à punir
09:32le régime de Bachar el-Assad.
09:34Alors, on va évoquer,
09:36vous parlez des intérêts français,
09:37on va voir qu'on ne se contente pas
09:38de protéger des bases et des alliés,
09:39Emmanuel Macron veut aussi protéger
09:41le commerce, l'économie française,
09:43et mondiale,
09:44en s'engageant dans la protection
09:46du fameux détroit d'Hormuz.
09:48Évidemment, nous ne le ferons pas
09:49tout seuls,
09:50on en parle après le rappel
09:51des titres de Nathalie Michel.
09:53Jusqu'à 20h,
09:54Anne-Sophie Lapix
09:55refait le monde sur RTL.
10:00RTL.
10:01Il est 19h30.
10:04Anne-Sophie Lapix,
10:05on refait le monde sur RTL.
10:07Le rappel des titres
10:08avec Nathalie Michel.
10:09Le pouvoir iranien
10:10se fait complètement anéantir.
10:12Affirmation ce soir
10:13de la Maison Blanche
10:14au cinquième jour de guerre
10:15contre la République islamique.
10:17Aujourd'hui,
10:18un sous-marin américain
10:20a coulé une frégate iranienne
10:21qui naviguait très loin
10:22de sa base
10:23au large du Sri Lanka.
10:24Au Liban,
10:25on compte au moins 72 morts
10:27depuis lundi
10:28dans les frappes israéliennes
10:29qui ont touché aujourd'hui
10:30un quartier chrétien
10:31de Beyrouth.
10:32Les civils libanais
10:33fuient vers le nord.
10:34Le Hezbollah,
10:35allié de l'Iran,
10:36dit participer
10:36à des affrontements directs
10:38avec des soldats israéliens
10:39entrés dans la ville de Riyam.
10:41Dans l'actualité,
10:42également,
10:43le choc à la Rochelle
10:44après l'agression au couteau.
10:45Ce matin,
10:46dans une salle de classe
10:47d'un collège public,
10:48la garde à vue se poursuit
10:49pour l'élève de 13 ans
10:50qui a attaqué
10:51et sérieusement blessé
10:52son camarade du même âge.
10:54D'après le parquet,
10:55ses motivations
10:55restent à confirmer.
10:57Le Vatican met en garde
10:59contre les dérives
11:00de l'intelligence artificielle.
11:01Dans un document en latin,
11:03l'État pontifical évoque
11:04des risques
11:05jamais imaginés auparavant,
11:07des risques
11:07de contrôle social
11:08et de manipulation.
11:10Merci Nathalie,
11:10on vous retrouve à 20h.
11:13Anne-Sophie Lapix,
11:14on refait le monde
11:15jusqu'à 20h sur RTL.
11:19Pourquoi la France
11:20n'a-t-elle pas vraiment le choix ?
11:22Pourquoi ne peut-elle
11:22se tenir à distance
11:23du conflit au Moyen-Orient ?
11:25Parce qu'elle en paiera
11:25les conséquences
11:26quoi qu'il arrive
11:27et notamment les conséquences
11:28de la crise économique
11:29qui se profile.
11:30Le gaz et le pétrole
11:31de la région sont bloqués.
11:32Il faut à tout prix
11:33libérer le détroit d'Hormuz
11:35et Emmanuel Macron
11:36compte y contribuer.
11:38On en débat avec nos invités
11:39Guillaume Lagan,
11:40enseignant à Sciences Po Paris,
11:42spécialiste des questions
11:43internationales,
11:44Guillaume Lascan-Jarias,
11:45historien, militaire
11:46et professeur
11:47associé à Sorbonne Université,
11:48Hélène Conway-Mouret,
11:49sénatrice PSD
11:50France à l'étranger,
11:51vice-présidente
11:52de la Commission
11:53des Affaires étrangères
11:54et de la Défense.
11:55On refait le monde
11:57sur RTL.
11:59Ce qui est problématique là,
12:00c'est surtout
12:01le détroit d'Hormuz
12:02qui en effet
12:04fait passer 20%
12:05du trafic de pétrole.
12:07Donc si
12:08on a plusieurs pays
12:10qui finalement
12:11ne peuvent plus passer,
12:12eh bien
12:12on aura
12:14des difficultés
12:15d'acheminement
12:15et donc on aura
12:16moins d'offres
12:16face à une demande
12:17toujours pareille
12:18et ça va donner
12:19des prix qui vont se tendre.
12:20C'était Nathalie Jansson,
12:22professeure d'économie
12:23à Neoma Business School
12:24qui était notre invité
12:25hier soir.
12:26Guillaume Lagan,
12:2720% du gaz
12:29et du pétrole
12:29vendus dans le monde
12:30passent par le détroit
12:31d'Hormuz.
12:32Si ça ne passe plus,
12:33c'est la catastrophe ?
12:35Non, ce n'est pas
12:36la catastrophe.
12:36ça va effectivement,
12:37comme le disait
12:39cette professeure,
12:40ça va tendre en fait
12:41les prix,
12:42ça va réduire l'offre
12:45et donc ça va
12:46augmenter la demande
12:47mais il y a quand même
12:48plusieurs facteurs
12:49qu'il faut prendre en compte
12:49avant de crier
12:50à la catastrophe.
12:52D'abord,
12:52il se trouve qu'on est
12:53dans une période
12:54de prix qui était
12:55relativement bas
12:56pour le prix du pétrole.
12:57Pas pour le gaz,
12:58le gaz est deux fois
13:00plus...
13:00Peut-être pas pour le gaz
13:00mais les deux sont
13:01un peu liés
13:01mais en tout cas
13:02pour le pétrole
13:02il y avait un prix
13:03qui était relativement
13:03en bas.
13:04On a vu une augmentation
13:05se profiler
13:06mais vous voyez par exemple
13:07on n'est pas du tout
13:08dans les proportions
13:08de ce qu'avait été
13:09rappelez-vous
13:09le premier choc pétrolier
13:11en 73
13:11où on avait eu
13:12une multiplication
13:12par 3, 4
13:13à l'époque
13:13du prix du pétrole.
13:14Ce n'est pas du tout
13:15comme ça que ça se passe.
13:17Ça c'est un premier élément.
13:18Deuxième élément,
13:20depuis le choc pétrolier
13:20justement on a beaucoup
13:22fait de progrès
13:22en la matière.
13:23On a maintenant
13:23vous savez
13:24des réserves stratégiques
13:25chaque état
13:25dans le cadre
13:26de l'OCDE
13:27et donc en réalité
13:28on a des semaines
13:29voire même des mois
13:29de consommation
13:30devant nous
13:31pour éviter
13:32que les pompes
13:32soient vidées
13:33et qu'on n'ait plus
13:33du tout de capacité.
13:35Et puis le dernier élément
13:36qui est important
13:36c'est que la géographie
13:37de l'énergie
13:38elle a quand même évolué.
13:39En réalité
13:39ceux qui sont le plus concernés
13:41par ce sujet
13:41c'est plutôt les pays d'Asie.
13:42C'est eux qui achetaient
13:43avant tout
13:44le pétrole du Moyen-Orient.
13:45L'Inde, la Chine, l'Inde.
13:46Voilà exactement
13:46la Chine, l'Inde.
13:47Si on prend le cas
13:48des Européens
13:49c'est beaucoup moins vrai
13:49et dans le cas particulier
13:50de la France
13:51entre nos capacités nucléaires
13:53et le fait qu'on achète
13:53plutôt le gaz aux Norvégiens
13:55et le pétrole
13:56c'est d'ailleurs un peu paradoxal
13:57aux Etats-Unis
13:58et bien on est un peu
13:59préservé de cette catastrophe.
14:01Alors est-ce qu'il est vraiment
14:03possible de sécuriser
14:04le détroit d'Hormuz ?
14:06Alors il ne fait
14:07qu'une cinquantaine de kilomètres
14:08je crois
14:08mais toute la rive droite
14:10enfin toute la rive nord
14:11est exclusivement iranienne.
14:14Sur l'autre rive
14:15il y a tous les autres pays
14:16Oman, les Émirats,
14:18Qatar, Arabie Saoudite
14:19et Koweït.
14:20Est-ce qu'on peut sécuriser
14:21cette zone ?
14:22Guillaume Las Congarias.
14:23C'est justement
14:24ce qu'on est en train
14:25d'expérimenter
14:26c'est-à-dire une guerre
14:27que tout le monde
14:28a prévu, planifié, imaginé
14:32ce qu'on appelle
14:33re-hust
14:34c'est-à-dire on l'a
14:35même exercé
14:36on a fait des war games avec
14:39et en fait
14:39on ne sait pas
14:41véritablement
14:41ce que cela peut donner
14:43parce qu'il y a
14:44trois principes
14:46ou trois problèmes
14:47majeurs.
14:48Le premier
14:49c'est effectivement
14:50que
14:51la dimension
14:52notamment balistique
14:54et la façon
14:55dont les pass-d'art
14:56les gardiens de la révolution
14:57iraniens
14:58peuvent contrôler
14:59l'ensemble
14:59ce n'est pas un contrôle
15:01physique
15:01on ne va pas avoir
15:02une ligne de bateau
15:03d'ailleurs
15:03il n'y a plus une marine
15:04iranienne
15:04qui est capable
15:06de bloquer
15:07physiquement le détroit.
15:08Il suffit d'un drone
15:09envoyé
15:09alors voilà
15:10justement
15:10on peut avoir
15:12une superposition
15:14de moyens
15:14entre des drones
15:15et là
15:16c'est déjà le cas
15:16des missiles
15:17à courte distance
15:19et ceux-là
15:19sont beaucoup plus
15:20difficiles
15:20à suivre
15:22et à détruire
15:22parce que
15:23les modalités
15:24de lancement
15:25sont très différentes
15:26des missiles
15:27qui eux
15:28frappent
15:28à très longue distance
15:29c'est-à-dire que
15:30les plateformes
15:31de lancement
15:31ne sont pas les mêmes
15:33et puis une troisième
15:34dimension
15:34c'est que
15:35la raison pour laquelle
15:37sécuriser le détroit
15:38devient de plus en plus
15:39difficile
15:40c'est que
15:40les acteurs économiques
15:41ne souhaitent
15:42en réalité
15:43pas prendre de risque
15:44de traverser.
15:46Aujourd'hui je crois
15:47qu'il n'y a plus
15:47que 10% du trafic
15:49qui existe encore
15:50dans ce...
15:50Oui parce que
15:51en fait
15:51c'est le paradoxe
15:52on peut très bien
15:53et d'ailleurs
15:53quand vous avez
15:54des images
15:55satellitaires
15:55ce qu'on appelle
15:56le site
15:57si les auditeurs
15:58l'entendent
15:58peuvent aller voir
15:58c'est Marine Traffic
15:59et vous avez
16:00en fait
16:00des points rouges
16:01qui identifient
16:02ce qu'on appelle
16:03l'AIS
16:04c'est-à-dire
16:04la capacité
16:05en fait
16:05le transpondeur
16:06qui signifie
16:07pour des raisons
16:08en fait
16:08de superposition
16:10et de contrôle
16:10du trafic maritime
16:11où sont
16:11chaque navire
16:12et on a l'impression
16:13qu'il n'y a rien
16:14au milieu
16:14en fait
16:15il peut y avoir
16:16mais ça a deux dangers
16:17un
16:18en fait
16:19c'est pas parce que
16:19vous êtes aveugle
16:20au transpondeur
16:21que vous êtes aveugle
16:22au radar
16:22et puis ensuite
16:23il y a
16:24le côté danger
16:25qu'est-ce que ça fait
16:27sur l'opinion publique
16:28si un pétrolier
16:29prend sur soi
16:30ou une volonté
16:31de traverser
16:32et pour le coup
16:33est visé
16:34et explose
16:34le choc
16:35pour le coup
16:36dans l'opinion publique
16:37aura un impact
16:38bien plus élevé
16:39et d'ailleurs
16:39on a déjà commencé
16:40à le voir
16:41avec quelques incendies
16:42à bord
16:42de pétroliers
16:43au cours du week-end
16:44Hélène Conway-Mouret
16:46donc Emmanuel Macron
16:47veut constituer
16:48une coalition
16:49avec des européens
16:50pour protéger
16:51donc pour intervenir
16:52dans ce détroit
16:53est-ce que c'est
16:54une bonne idée
16:55qu'est-ce qu'on irait faire
16:56dans cette galère
16:57pour s'occuper
16:58de ces cargos
16:59qui vont plutôt
17:00vers l'Asie ?
17:01D'abord il faut savoir
17:02que les européens
17:03ne sont pas en guerre
17:04donc c'est une guerre
17:05entre Israël
17:07les Etats-Unis
17:08et l'Iran
17:08aujourd'hui
17:09et donc j'ai visité
17:11il y a quelques mois
17:12de cela
17:12la base militaire
17:13que nous avons
17:14à Bouddhabi
17:15qui est donc
17:17pour nos bateaux
17:18et il faut savoir
17:19que les bateaux français
17:20avec je crois
17:21un bateau italien
17:23il y avait un bateau allemand
17:24mais qui ne s'est pas
17:25vraiment approché
17:26qui est resté un petit peu
17:27à distance
17:29étaient les seuls
17:30à pouvoir patrouiller
17:31et ne pas recevoir
17:33de missiles
17:35venant des outils
17:36notamment
17:37et donc la France
17:38a cette place
17:39toute particulière
17:40d'avoir
17:41su gérer
17:42le fait
17:43qu'elle n'est pas
17:44agressive
17:44envers l'Iran
17:45nous ne sommes pas là
17:47pour frapper l'Iran
17:47nous ne sommes pas en guerre
17:48avec l'Iran
17:49mais nous sommes là
17:50pour essayer
17:50de stabiliser
17:51en effet
17:52la région
17:53et donc nous avons été
17:54tolérés
17:55pendant toute cette période
17:56et c'est pour ça
17:57que les discours français
17:59sont prudents
18:01sur la terminologie
18:03que nous utilisons
18:05et nous avons raison
18:06de continuer
18:06à l'utiliser
18:07parce que
18:07aujourd'hui
18:08les Européens
18:09sont les seuls
18:09qui peuvent être
18:10en capacité
18:11de servir
18:12finalement
18:13d'équilibre
18:15je ne vais pas dire
18:16de médiation
18:17mais en tout cas
18:18de ne pas faire partie
18:20d'un engrenage
18:21qui finalement
18:23serait vu
18:23comme
18:25que nous
18:27deviendrions
18:27y arriver
18:28des belligérants
18:29enfin on tire quand même
18:30sur une base
18:30à Chypre
18:31enfin les Iraniens
18:33tirent sur des bases
18:33à Chypre
18:33donc on n'est pas totalement
18:34possible
18:35mais la question
18:35c'était
18:36quel est notre rôle
18:37nous n'avons pas
18:38tiré sur les Iraniens
18:39nous ne sommes pas là
18:40pour tirer sur les Iraniens
18:41nous sommes là
18:41pour essayer
18:42de temporiser
18:43et de faire que les bateaux
18:44en effet puissent passer
18:44il faut voir que quand même
18:45nous avons un armateur
18:47français important
18:47qui
18:48c'est le CGM
18:49voilà
18:50mais alors justement
18:50vous vous dites
18:51nous on n'est pas
18:52dans les belligérants
18:52mais la frontière
18:53elle est quand même
18:54extrêmement tenue
18:54alors tenue
18:55par exemple
18:56si un rafale
18:57abat un drone
18:59qui vient sur une base
19:01donc là
19:01il défend
19:02et s'il tire
19:04sur la base de lancement
19:05là on entre en guerre
19:06en fait
19:07c'est ça ?
19:08oui mais pour l'instant
19:08on ne tire pas
19:08sur les bases de lancement
19:09oui mais enfin
19:10le rafale
19:11je ne sais pas
19:11à quel moment
19:12il neutralise le drone
19:13il est évident
19:14que là
19:14on est dans une situation
19:15de limite
19:16à partir de moment
19:17où on va déplacer
19:17des capacités militaires
19:19sur le terrain
19:19et on en a déjà
19:20et où ses capacités militaires
19:21seront engagées
19:22dans des tirs de protection
19:23de défense etc
19:25on sera en fait
19:25dans la situation
19:26où on était
19:26rappelez-vous
19:27l'année dernière
19:27ce qu'on appelait
19:28la guerre des 12 jours
19:29la France avait
19:30indirectement participé
19:31au conflit
19:31puisqu'elle avait
19:32intercepté des missiles
19:33qui étaient
19:34destinés souvent à Israël
19:36elle l'avait fait
19:37à partir de ses bases
19:37en Jordanie
19:38donc je pense que là
19:39on se dirige
19:39vers une situation
19:40un peu similaire
19:41sauf que là
19:41c'est pas uniquement
19:42Israël qui est attaqué
19:43ce sont les états du Golfe
19:45donc évidemment
19:46l'engagement
19:47pourrait être
19:47à la fois
19:49et peut-être plus près
19:52du territoire iranien
19:53maintenant je rejoins
19:54ce qu'a dit tout à l'heure
19:55Madame la Sénatrice
19:56c'est-à-dire que
19:56la France pour l'instant
19:58et les autres Européens
19:59d'ailleurs
19:59ne participent pas
20:00directement aux opérations
20:01israélo-américaines
20:02même si
20:03c'est intéressant d'ailleurs
20:04de le relever
20:05il y a quand même
20:06une espèce de cacophonie
20:06en Europe
20:07on n'a pas tout à fait
20:08la même position
20:09que les Espagnols
20:10qui eux-mêmes
20:10n'ont pas la même position
20:11que les Allemands
20:11et les Anglais
20:13sont encore différents
20:13donc il y a quand même
20:14une divergence
20:15quand même au niveau
20:15des Européens
20:16alors on va en parler
20:17justement de ces divergences
20:20et de cette frontière
20:21un peu parfois
20:22trouble
20:23entre la défense
20:24et la cobelligérance
20:27ce sera juste
20:27après la pause
20:39Est-ce que l'engagement
20:40de nos forces
20:41de nos moyens militaires
20:42peut aller encore plus loin
20:43sommes-nous concrètement
20:44déjà cobelligérants
20:46sommes-nous entrés en guerre
20:47notre position
20:48est-elle tenable
20:49on va poser la question
20:50à nos invités
20:51Guillaume Lagan
20:52enseignant à Sciences Po Paris
20:53et spécialiste
20:54des questions internationales
20:55Guillaume Lascon-Jarias
20:57historien militaire
20:58et professeur associé
20:59à Sorbonne Université
21:00et Hélène Conway-Mouret
21:01sénatrice PS
21:02des Français à l'étranger
21:03et vice-présidente
21:04de la commission
21:05des affaires étrangères
21:06et de la défense
21:07On refait le monde
21:08sur RTL
21:11Nous n'allons pas être complices
21:13d'une action néfaste
21:14pour le monde
21:14et contraire à nos valeurs
21:15et à nos intérêts
21:16par simple crainte
21:17de représailles
21:20La position du gouvernement espagnol
21:21se résume en quatre mots
21:23non à la guerre
21:25C'est le premier ministre espagnol
21:27Pedro Sánchez
21:28alors je disais
21:28qu'Emmanuel Macron
21:29voulait créer une coalition
21:30pour intervenir
21:31au Moyen-Orient
21:31défensivement
21:32ce ne sera pas en tout cas
21:34avec l'Espagne
21:35et d'ailleurs
21:35ses propos ont suscité
21:37les foudres de Donald Trump
21:39et l'embarras
21:40de l'Union Européenne
21:42qui s'est dite
21:43solidaire de l'Espagne
21:44mais alors
21:45elle ne va pas s'en sortir
21:46l'Union Européenne
21:47avec des tensions pareilles
21:49au sein des pays
21:51qui la composent
21:51Là on touche aussi
21:53aux limites
21:53de ce qu'on appelle
21:53l'Union Européenne
21:54L'Union Européenne
21:55c'est une communauté
21:56un peu particulière
21:57dans l'ordre international
21:57qui a des compétences exclusives
21:59par exemple
21:59en matière commerciale
22:00en matière monétaire
22:01mais dès qu'on parle
22:02de la politique étrangère
22:03la défense
22:04c'est quand même un sujet
22:05qui est avant tout
22:06un sujet national
22:07alors là dans le cas
22:08de l'Espagne
22:09les tensions
22:09ce n'est pas tellement
22:10par rapport à l'Union Européenne
22:11c'est plutôt par rapport
22:11à l'OTAN
22:12par rapport à la relation
22:13entre l'Espagne
22:14et les Etats-Unis
22:15mais ce qu'on peut peut-être
22:16redire c'est que
22:18Donald Trump accuse aussi
22:19les Espagnols
22:20de ne pas investir assez
22:21dans leur budget militaire
22:22il y a plusieurs reproches
22:24en fait
22:24qui sont faits à l'Espagne
22:25par Trump
22:26c'est vrai que
22:27le Premier ministre Sanchez
22:29n'a pas apparemment
22:31accepté
22:31d'augmenter suffisamment
22:33les dépenses militaires
22:35de l'Espagne
22:35je rappelle
22:36vous savez que
22:36le dernier sommet de l'OTAN
22:38a dit
22:38on doit tous dépenser
22:393,5% du PIB
22:41plus 1,5%
22:42dans l'infrastructure
22:43de défense
22:44l'Espagne
22:44elle est effectivement
22:45loin de ça
22:47et elle l'assume
22:48alors elle l'assume
22:49elle l'assume d'autant plus
22:50si vous voulez
22:50que dans le contexte
22:51je pense
22:51de la politique intérieure espagnole
22:53M. Sanchez
22:53qui est situé à gauche
22:54qui s'appuie aussi
22:55sur la gauche radicale
22:56il joue un peu
22:57sur un sentiment anti-américain
22:58qui existe depuis très longtemps
22:59en Espagne
23:00vous savez que l'Espagne
23:00elle est rentrée très tardivement
23:02dans l'OTAN
23:02à ces années 80
23:03et d'ailleurs
23:04pour les historiens
23:05je pense que Guillaume
23:06sera d'accord avec moi
23:06il y a des précédents à tout ça
23:08en 86
23:08l'Espagne n'avait pas voulu
23:09que les Anglais
23:10que les Américains
23:11utilisent son espace aérien
23:12pour frapper
23:13à l'époque
23:13c'était le colonel Kadhafi
23:14de la Libye
23:15donc il y a toujours eu
23:16cette relation un peu
23:17un peu compliquée
23:18avec les Etats-Unis
23:19maintenant
23:20bon l'Espagne
23:21n'est pas l'Europe non plus
23:22et vous avez d'autres Etats européens
23:23M. Mertz
23:24donc le chancelier allemand
23:26était hier à Washington
23:27et lui a par contre
23:28été remercié par M. Trump
23:30pour le soutien
23:31qu'il a apporté
23:31aux opérations
23:32américano-israéliennes
23:33oui c'était une conférence
23:34de presse commune
23:35assez hallucinante
23:36on peut le dire
23:37puisque Donald Trump
23:38il faut dire aussi
23:39je vous remercie là-dessus
23:39c'est que
23:41le contexte espagnol
23:42c'est aussi vous rappeler
23:43l'Espagne s'est beaucoup engagée
23:44sur le sujet de Gaza
23:45elle a beaucoup critiqué Israël
23:46quand on est le chancelier allemand
23:47on ne peut pas vraiment
23:48se permettre de faire
23:49ce genre de choses
23:50et la solidarité avec Israël
23:51ça reste un principe cardinal
23:53de la politique étrangère allemande
23:54mais là j'évoquais plutôt
23:55les propos de Donald Trump
23:58aussi sur le Royaume-Uni
24:00puisque le Royaume-Uni
24:01c'est quand même
24:01l'allié historique
24:03des Etats-Unis
24:04et là il était en colère
24:06après le Premier ministre
24:08Keir Starmer
24:09puisqu'il n'a pas autorisé
24:11les Américains
24:12à utiliser des bases
24:15et une autre base
24:16je crois aussi
24:17finalement ça a été autorisé
24:17plus tard
24:18mais donc il a
24:19un peu sermonné
24:20il a expliqué
24:21que c'était quand même
24:22pas Winston Churchill
24:23bon c'est pas très gentil
24:24tout ça
24:25Guillaume-Bascon-Gérias
24:26mais alors
24:27cela traduit en fait
24:28la façon qu'a Donald Trump
24:30de distribuer
24:30les bons et les mauvais points
24:32ont cité le sommet
24:34de l'OTAN
24:34mais en fait
24:35ce qu'il aime bien
24:36c'est quand le secrétaire
24:37général de l'OTAN
24:38Marc Rutte
24:38l'appelle daddy
24:39un peu cette position
24:41de père
24:42à la fois
24:43qui récompense
24:44et qui punit
24:46mais au-delà
24:47de la plaisanterie
24:48ça traduit bien
24:49en fait
24:49une forme de retour
24:52des Etats-Unis
24:52dans une posture
24:53impériale
24:54au moins
24:55plus qu'impérialiste
24:56véritablement
24:57et qui
24:58ne comprend pas
24:59ne veut pas
25:01qu'on lui oppose
25:03quelque chose
25:04qu'elle ne souhaite pas
25:06qu'elle ne souhaite pas
25:08un meilleur exemple
25:08c'est que
25:09quand les britanniques
25:10jugent
25:11que finalement
25:12leur
25:13ils sont en droit
25:14de s'interdire
25:15ou d'opposer
25:16finalement l'histoire
25:17par exemple
25:17de l'usage
25:18de la base
25:18de Diego Garcia
25:19ça traduit aussi
25:20la mort
25:21de cette fameuse
25:22relation spéciale
25:24qui a
25:24depuis Suez
25:25en 1956
25:26été là encore
25:27le point cardinal
25:29de la relation
25:30transatlantique
25:31entre les Etats-Unis
25:32et la Grande-Bretagne
25:33en fait
25:33on est dans un moment
25:34aussi
25:34où les masques tombent
25:36et la réalité
25:37des alliances
25:38de leur transformation
25:39et du lien transatlantique
25:40sont aujourd'hui
25:41à redessiner
25:41alors on est un peu
25:42dans les 50 nuances
25:43de relations
25:44très atlantiques
25:45et aussi
25:47de réactions
25:48par rapport
25:48à cette guerre
25:50alors on va revenir
25:51à la France
25:51d'ailleurs ce soir
25:52il y a un conseil
25:54de défense
25:56à l'Elysée
25:58dans quelques minutes
25:59peut-être
26:00pour réajuster
26:01cette position
26:01cette position
26:02qui est un petit peu
26:02fluctuante
26:03d'ailleurs
26:04les Américains
26:04étaient assez en colère
26:05aussi
26:06de cette réaction
26:07de la France
26:09assez molle
26:10au départ
26:10et puis
26:11qui ne condamne pas
26:12totalement
26:13qui évolue
26:15un petit peu
26:15au fil du temps
26:16on est quand même
26:18dans une position
26:18assez vague
26:19trouble non
26:20Hélène Conway-Mouret ?
26:21Écoutez moi
26:22il suffit de lire
26:23la revue nationale
26:24stratégique américaine
26:26pour se rendre compte
26:27de ce que les Américains
26:28pensent de nous
26:29nous Européens
26:31c'est écrit
26:32si on ne l'a pas
26:33entendu suffisamment
26:34dans la bouche
26:35de Donald Trump
26:36ou du vice-président
26:38monsieur Vance
26:39il y a une sorte
26:40de mépris
26:41voilà on doit
26:42on doit obéir
26:43maintenant
26:44on doit
26:45faire ce qui
26:46est dans la ligne
26:48des Américains
26:49des intérêts américains
26:50si on ne le fait pas
26:52l'arme économique
26:53est immédiatement
26:55avancée
26:56imposée
26:57et donc
26:57voilà aujourd'hui
26:59je crois que
27:00les Européens
27:01peut-être pas
27:03pour être un petit peu
27:04mous
27:05ou pas suffisamment
27:07sûr d'eux
27:08ce qui est certainement
27:09le cas
27:10parce que nous sommes
27:10en effet
27:11dans cette période
27:11de transition
27:12à tous les niveaux
27:13où jusqu'à présent
27:14nous étions dans une bulle
27:16de confort
27:17grâce à la paix
27:18depuis 70 ans
27:21et dont nous sommes
27:22sortis
27:23propulsés
27:24il y a 4 ans
27:25avec l'invasion
27:27de l'Ukraine
27:28par la Russie
27:29et depuis
27:30nous essayons
27:31en effet
27:31d'augmenter
27:32nos budgets
27:33de défense
27:33de façon phénoménale
27:35mais au détriment
27:36d'autres budgets
27:37et quand on parle
27:38de l'Espagne
27:38moi je me dis
27:39que quelque part
27:40ils ont peut-être
27:41simplement le courage
27:42de dire
27:42nous résistons
27:43comme la France
27:44ne s'est pas engagée
27:45en Irak
27:45par exemple
27:46la France avait dit non
27:47on a eu
27:48à ce moment-là
27:49quand même
27:49les Américains
27:50qui nous ont critiqué
27:51ouvertement
27:52ils avaient même changé
27:52les noms des french fries
27:54puisque ça n'avait plus
27:55existé
27:56on ne pouvait plus
27:56utiliser les mots
27:57de français
27:57et les Espagnols
27:58pour des raisons
27:59qui leur sont propres
28:00parce que la géographie
28:01joue aussi un rôle
28:02c'est quand même
28:03plus facile
28:03à expliquer
28:04à un Polonais
28:05qu'il faut passer
28:06à 5% du PIB
28:08dans les dépenses
28:09de défense
28:09que à un Espagnol
28:11qui ne se sent pas
28:12directement menacé
28:14donc aujourd'hui
28:15je crois qu'on ne
28:15prend pas en compte
28:16le besoin
28:18que nous avons
28:19d'avoir des opinions
28:20qui nous suivent
28:21qui comprennent
28:22les efforts financiers
28:23qui sont réalisés
28:25qui sont réalisables
28:25nous nous avançons
28:28la construction
28:29d'un nouveau porte-avions
28:30d'un nouveau système
28:31de combat aérien
28:32nous devons investir
28:33dans l'espace
28:34nous devons investir
28:35dans l'IA
28:35mais enfin
28:36un moment
28:37pardon
28:38mais nous votons
28:39un budget
28:39dont nous connaissons
28:40les limites
28:41et dont nous connaissons
28:42aujourd'hui
28:42finalement
28:43l'atteinte
28:44à notre crédibilité
28:45si nous continuons
28:46à penser
28:47que nous pouvons
28:47tout faire en même temps
28:48et de l'assumer
28:50alors que tout le monde
28:51sait que ce n'est
28:51absolument pas possible
28:52dans la réalité
28:53donc moi je crois
28:54qu'il y a un principe
28:55de réalité
28:55
28:56moi je ne critiquerai
28:57pas les Espagnols
28:58pour les décisions
28:59qu'ils prennent
29:02et je crois
29:03qu'il faut continuer
29:04à arrêter de penser
29:04en effet nous sommes
29:05un continent européen
29:07nous pouvons en effet
29:07peut-être avoir
29:08des décisions collectives
29:09pour nous défendre
29:10nous avons des intérêts
29:11communs certainement
29:12mais nous avons aussi
29:14des intérêts individuels
29:15et en effet
29:16la souveraineté
29:16ça se décide
29:17au niveau national
29:18et l'intergouvernemental
29:21l'international
29:22joue aussi
29:23beaucoup en Europe
29:24donc je crois
29:25qu'il faut jouer
29:25sur ces deux plans
29:26alors les Européens
29:27ils déploient
29:28quelques moyens militaires
29:30mais ils prennent toujours
29:30une solution diplomatique
29:32d'abord
29:32mais est-ce que la solution
29:33diplomatique
29:34c'est nous
29:35est-ce qu'elle est vraiment
29:36entre nos mains
29:38Guillaume Lagan
29:39là le problème
29:40c'est qu'on rentre
29:40dans ce qui se passe
29:41aujourd'hui en Iran
29:43là on est quand même
29:43au cinquième jour
29:44d'une guerre
29:44qui n'est pas terminée
29:46la solution diplomatique
29:48il y en aura forcément
29:48enfin forcément
29:49il peut y en avoir une
29:50parce qu'une guerre
29:51ça s'arrête
29:52une guerre ça
29:52on peut terminer
29:53sur une négociation
29:54on peut tout imaginer
29:55la difficulté
29:56c'est qu'aujourd'hui
29:58du côté américain
29:59et du côté israélien
30:00il y a des objectifs
30:01qui sont quand même
30:02probablement assez radicaux
30:03de changement de régime
30:04en Iran
30:05donc ça ça veut dire
30:05pas de négociation
30:06avec l'actuel régime
30:07et puis du côté
30:09des Iraniens
30:10je pense que pour eux
30:11en tout cas du côté
30:12du régime
30:12la question c'est
30:13l'existence même
30:14de la république islamique
30:15donc on n'en est pas
30:17je pense que le dialogue
30:18il n'est pas facile
30:19il est même très difficile
30:21à renouer
30:21est-ce que les Européens
30:22seraient choisis
30:23par les Iraniens
30:24aujourd'hui
30:24comme les médiateurs
30:26c'est pas évident
30:26parce qu'évidemment
30:27on se tient sur le bord
30:29du chemin
30:29vous l'avez dit
30:29on n'est pas engagé
30:30on n'est pas belligérant
30:31dans ce conflit
30:32mais pour les Iraniens
30:33on fait quand même partie
30:34du camp occidental
30:35on fait quand même partie
30:37de ceux qui sont
30:38plus ou moins alliés
30:39avec les Etats-Unis
30:40et Israël
30:41alors
30:42j'aimerais être
30:43un tout petit peu
30:44plus positif
30:45que Guillaume
30:46en disant que
30:47pour une raison
30:48pas fondamentalement
30:50que je considère
30:52que la position
30:53de médiateur
30:53va être très difficile
30:54à obtenir
30:55ou à gagner
30:56je crois qu'en réalité
30:57la solution
30:58elle vient peut-être
30:58des bonnes relations
31:00qu'on a avec les pays
31:01du Golfe
31:01qui eux
31:02probablement
31:04garderont
31:04longtemps à l'esprit
31:06qu'ils auront été
31:07poussés
31:07dans cette guerre
31:09finalement
31:09à leur corps défendant
31:11et c'est eux
31:12parce que la géographie
31:13j'en suis tout à fait d'accord
31:14même la sénatrice
31:15ça a une vertu
31:17et en même temps
31:18une grosse limite
31:18c'est-à-dire que
31:19les pays ne bougent pas
31:20du moins
31:20on ne peut pas encore
31:22réagencer
31:22ou repousser les frontières
31:23ce qui veut dire
31:24que demain
31:25parce qu'à un moment
31:26ou à un autre
31:26la guerre s'arrêtera
31:27même ça peut prendre
31:28beaucoup de temps
31:28et bien
31:29il faudra sans doute
31:30qu'on revoie
31:32la position
31:32que les Etats-Unis
31:33occupent
31:34dans cet espace-là
31:35et l'administration américaine
31:37Trump en l'occurrence
31:39aura sans doute
31:40perdu
31:40de la crédibilité
31:42en termes
31:43de valeurs défensives
31:44surtout si ça dure
31:46et que
31:46ça touche
31:47les économies
31:48et la transformation
31:49de ces pays
31:50et dans ces cadres-là
31:51on peut imaginer
31:52que l'Europe
31:53elle est peut-être
31:54et certains pays européens
31:56est une voie
31:57à pousser
31:57alors
31:57est-ce que c'est crédible ?
31:59le truc
32:00c'est qu'on est
32:01au cinquième jour de guerre
32:02donc ça risque de durer
32:03moi je pense
32:04qu'on est plutôt
32:04sur un modèle
32:05de plateau
32:06il faut se tenir
32:07peut-être à un conflit
32:08qui va durer plus longtemps
32:09qu'on ne l'espère
32:10et je dirais
32:11simplement une chose
32:12Excet
32:13l'a lui-même dit
32:14on est aujourd'hui passé
32:15sur une campagne militaire
32:16qui basculerait
32:17à autour de 8 semaines
32:19le secrétaire d'état
32:20à la guerre
32:21parce que c'est le nom
32:22maintenant
32:23qui importe
32:24des Etats-Unis
32:25et on est plutôt
32:26sur un conflit
32:27qui commence à s'allonger
32:29Merci beaucoup
32:30à tous d'être venus
32:31sur ce plateau
32:32demain Thomas Soto
32:33recevra Catherine Vautrin
32:34ministre des armées
32:35et des anciens combattants
32:36quant à Céline Landreau
32:37elle accueille
32:38Rajiv Kepel
32:38spécialiste du Moyen-Orient
32:40il est l'heure
32:40de retrouver André Dusselier
32:42bonsoir André
32:43quelle histoire
32:44allez-vous nous raconter
32:45ce soir ?
32:45Bonsoir Anne-Sophie
32:46ce soir
32:47je vais vous raconter
32:48David Bowie
32:49l'artiste
32:50qui n'a jamais cessé
32:51de se réinventer
32:52entre musique
32:53scène et métamorphose
32:54il a fasciné le monde
32:56à tout de suite
32:57sur RTL
32:58à tout de suite André
32:59RTL
33:01votre radio
33:02...
33:02...
33:02...
33:03...
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