00:00– Punchline, 18h-19h, Pierre de Villeneuve sur Europe 1.
00:07– Avec mes invités dans Punchline, Louis Doragnel, chef du service politique d'Europe 1,
00:11Jean-Christophe Gallien, chroniqueur politique,
00:13et Manas Chirali, politologue, sociologue, spécialiste de la jeunesse iranienne.
00:18Les décisions d'Emmanuel Macron d'envoyer le Charles de Gaulle
00:23et également une frégate à Chypre ont été commentées par les responsables politiques français.
00:32Je vous propose d'abord d'écouter Jean-Philippe Tanguy,
00:35député de la Somme, président délégué du groupe RN à l'Assemblée nationale.
00:40Il a réagi à cette allocution d'Emmanuel Macron.
00:42Il était l'invité de Laurence Ferry ce matin sur Ordin.
00:44– C'était une intervention qui était à la hauteur,
00:47qui n'était pas bavarde comme souvent malheureusement l'intervention de M. Macron.
00:51et donc il n'y a pas de raison de critiquer pour critiquer,
00:54effectivement protéger nos intérêts, protéger nos nombreux ressortissants,
00:57plusieurs centaines de milliers dans la région.
00:59C'est important et la voix de la France doit être présente.
01:01Nous n'avons pas de raison d'engager le combat
01:03et d'engager la France dans cette guerre pour le moment,
01:05mais être présent, protéger nos intérêts, protéger nos bases,
01:08protéger nos soldats, tout simplement, la vie de nos compatriotes
01:11et être présent sur les lieux en cas d'évolution des conflits
01:16qui imposerait une évolution de la position de la France.
01:18– Tandis que Mathilde Panot, la chef de file des députés LFI,
01:22était sur France Inter ce matin.
01:23– Ce que je trouve désolant dans ce que le président de la République a dit,
01:26c'est qu'il a expliqué que la première responsabilité venait de l'Iran.
01:30Or, ce sont sur des mensonges qui ont été basés cette guerre illégale.
01:33D'abord, Trump a expliqué qu'il y aurait un programme nucléaire iranien.
01:37Or, hier, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique
01:41a réitéré qu'il n'y avait aucune preuve d'un programme nucléaire iranien
01:44allant vers la bombe atomique.
01:45– Alors, la France a raison d'honorer ses engagements
01:47et nous, nous ferons très attention à ce que la France ne mette pas un doigt
01:51dans une guerre illégale qui a été décidée uniquement par Trump et par Netanyahou
01:54puisque je rappelle qu'il n'y a pas de mandat de l'ONU,
01:57qu'il n'y a pas de mandat du Congrès
01:58et qu'y compris seulement un tiers des Américains et des États-Unis
02:01soutiennent aujourd'hui cette guerre qui est une guerre illégale.
02:04Donc, je vais vous dire, la France doit se situer du côté du cessez-le-feu immédiat.
02:09– Louis Dragnel, juste un point de vue politique en marge de cette guerre au Moyen-Orient.
02:15Vous avez là un responsable politique qui est Jean-Philippe Tanguy
02:18qui vous dit « le président a raison, il est dans son droit,
02:21il envoie des forces militaires pour protéger
02:25notamment les populations françaises qui sont dans cette zone du monde ».
02:27Vous avez une autre responsable politique qui est Mathilde Panot
02:30qui dit « c'est une guerre illégale ».
02:33Le président de la IEA a dit qu'il n'y avait pas de programme iranien
02:36à vérifier parce que je ne suis pas sûr qu'il ait dit ça dans ces termes-là,
02:40qu'on ne devrait surtout pas mettre le doigt dans la guerre
02:43alors qu'on a des populations françaises qui sont immédiatement touchées.
02:47Et au bout de tout cela,
02:49vous avez d'autres responsables politiques qu'on appelle du bloc central,
02:53ceux qui sont les fanas de ce qu'on appelle le Front Républicain
02:57et qui vous mettent le RN et LFI dans le même sac
03:00et qui vous disent « nous on lutte contre l'extrême gauche et contre l'extrême droite ».
03:05Est-ce que ces deux extraits qu'on vient d'entendre
03:07ne sont pas justement, j'allais dire, l'exemple parfait
03:11que ces deux oppositions n'ont rien à voir l'une avec l'autre ?
03:15Je suis entièrement d'accord avec vous.
03:17Et s'agissant du rassemblement national,
03:19autant ils ont pu être très critiques sur Emmanuel Macron
03:22en matière de politique étrangère,
03:24là, il y a un relatif consensus.
03:26Si vous sortez LFI de l'histoire,
03:28il y a un relatif consensus politique.
03:31Et d'ailleurs, au sein de la société,
03:33derrière les décisions qui ont été prises par Emmanuel Macron,
03:36qui sont en réalité des décisions de bon sens.
03:38Ce que, à mon avis, ne sait pas Madame Panot de la France Insoumise,
03:41c'est qu'en réalité, si la France aussi a déployé
03:45le porte-avions et son groupe aéronaval,
03:47et si la France aussi va renforcer,
03:49notamment la dotation de rafales qui sont présents
03:52aux Émirats Arabes Unis,
03:54c'est en vertu aussi d'accords bilatéraux
03:56qu'il y a entre la France et d'autres pays.
03:57Il y a un accord bilatéral de défense
03:59qui existe entre la France et les Émirats Arabes Unis,
04:01et c'est un accord d'assistance,
04:03et donc qui engage les Émiratis,
04:05mais qui nous engage également.
04:06Et donc, dans cette confine...
04:08C'est-à-dire qu'on leur vend des rafales,
04:09mais on s'assure aussi d'avoir leur protection.
04:11Exactement, et puis par ailleurs,
04:13hier, par exemple, des rafales ont décollé,
04:16ont fait des missions quasiment de police du ciel
04:18au-dessus des Émirats Arabes Unis,
04:21en vertu de l'application de cet accord de défense.
04:24Et s'agissant du porte-avions et de son groupe aéronaval,
04:27moi, à titre personnel,
04:29et je mets de côté toute considération politique,
04:31je pense que c'est très important pour la France
04:33de faire cette démonstration de puissance,
04:35de montrer que, là où...
04:36Parce que les Américains, maintenant,
04:37ne sont plus du tout intéressés par notre protection à nous,
04:40et quand les Américains se détournent
04:42des enjeux de la protection de l'Europe,
04:44eh bien, nous, Français,
04:46nous sommes capables d'être présents en Méditerranée orientale,
04:50de faire des missions très opérationnelles,
04:52de lutte anti-sous-marines,
04:53d'interception de missiles,
04:55et montrer qu'en réalité,
04:57il n'y a pas beaucoup de pays au sein de l'Union Européenne,
05:00il n'y a quasiment...
05:01En fait, il n'y a pas de pays au sein de l'Union Européenne
05:02qui est capable de faire ça.
05:03Je dis ça parce qu'on est à 11 jours d'un scrutin majeur
05:05qui est le scrutin des municipales,
05:07et là, on voit, Jean-Christophe Gallien,
05:08à quel point le...
05:11Honnêtement, utiliser,
05:12trouver des arguments politiques contre Emmanuel Macron
05:15par rapport à ce qui est en train de se passer en Iran,
05:17à des fins politiques pour les municipales,
05:18c'est absolument minable.
05:19Est-ce que vous avez bien entendu ce qu'a dit Mme Pano ?
05:23C'est-à-dire qu'on est, bien sûr,
05:24et on va y revenir avec Manas Chirali dans un instant,
05:26dans un conflit majeur
05:28qui a été, depuis quelques jours, je pense,
05:30à raison comparé avec la chute du maire de Berlin,
05:33parce que c'est une page de l'histoire qui se tourne,
05:35et on l'espère pour la population iranienne,
05:36mais au-delà de ça,
05:38quand on regarde le discours,
05:40le narratif des deux extrêmes français,
05:44ça n'a rien à voir,
05:45et on est là, dans une condamnation,
05:48j'allais dire, d'un truc évident,
05:50Jean-Christophe Gallien,
05:51bien sûr qu'il fallait agir,
05:53bien sûr qu'il fallait envoyer le porte-avions,
05:55peut-être qu'Emmanuel Macron
05:56se prend les pieds dans le tapis
05:57en disant que c'est contraire au droit international,
06:00mais cela dit,
06:01ça ne prend qu'un demi-mot,
06:02et on passe là-dessus pour dire que finalement...
06:05– Rappelons les engagements du respect du droit international de l'Iran,
06:08je me permets,
06:09moi je veux bien appliquer le droit international,
06:10mais dans ce cas-là, il faut que tout le monde l'applique,
06:12l'Iran est quand même le premier pays
06:13à ne l'avoir jamais appliqué,
06:15à avoir menti les yeux dans les yeux à l'AIEA,
06:17et à un certain nombre de pays,
06:18ils sont engagés sur le nucléaire,
06:20ils n'ont jamais respecté leurs engagements,
06:22donc...
06:22– Mais encore une fois,
06:23il y a des électeurs qui vont...
06:24– Il y a des électeurs
06:26dans les deux échanges,
06:2715 et 22 mars,
06:28qui vont se dire,
06:29ah oui, mais quand même,
06:29les extrêmes,
06:30et ce sont ceux qui disent,
06:32qui écoutent les personnalités du bloc central,
06:34qui disent,
06:35attention, c'est exactement la même chose,
06:38ce qui est à droite et l'extrême gauche,
06:41en réalité,
06:42ces exemples ne montrent que pas du tout en fait.
06:44– Non, non, ça ne clarifie rien,
06:46ça ne fait que confirmer la différence
06:47et l'idée qu'appartiennent à un univers
06:50de gouvernance républicaine,
06:52un certain nombre de partis,
06:53dont le Rassemblement National aujourd'hui,
06:55et que les FI jouent une carte
06:56qui est très différente.
06:57Ils sont très cohérents
06:58avec leur positionnement habituel,
06:59c'est un peu plus difficile à hacher...
07:01– Qui défendent l'Iran ?
07:02– Oui, oui, non,
07:03la République islamique d'Iran !
07:04– Mais quand Kairi Mahassan parle,
07:07et elle l'a dit dans des termes
07:08beaucoup plus concis que Mathilde Panot,
07:09sans se répéter,
07:10elle a dit,
07:11l'Iran a le droit de se défendre,
07:13et Israël a le droit de fermer sa gueule,
07:15on pourrait dire.
07:15Donc ça veut dire que c'est très clair,
07:17c'est très cohérent,
07:18c'est Mélenchon,
07:18c'est l'affirmation directe
07:20à une population,
07:21dans un contexte électoral,
07:22effectivement municipal,
07:23mais surtout pour 2027.
07:25Là, je crois qu'on a quelque chose
07:25qui se clarifie.
07:26Alors il y a des forces politiques
07:27qui comprennent ce que vous avez dit,
07:29mais je pense que Jean-Luc Mélenchon
07:30le comprend très bien,
07:31c'est pas un basculement régional
07:33auquel on assiste,
07:34c'est un basculement potentiel,
07:35international et global.
07:36Donc la France,
07:37moi je ne suis pas tout à fait en ligne
07:39avec ce que racontait Emmanuel Macron,
07:40je le trouve imprécis,
07:41je le trouve qu'il est effectivement
07:42en même temps,
07:44il ne dit pas les bonnes choses
07:45aux Français,
07:46et surtout il ne parle pas au peuple,
07:47et on a besoin que la France
07:48parle en diplomatie publique,
07:50au peuple et pas aux dirigeants,
07:51qu'ils l'écoutent plus ou moins,
07:52d'ailleurs en réalité,
07:53que ça soit même dans le goff
07:54avec nos partenaires,
07:55c'est pas tout à fait clair.
07:56Maintenant, en voyant,
07:57c'est normal de le faire,
07:58et ça montre qu'on est
07:59au Conseil de sécurité,
08:00qu'on est une puissance nucléaire.
08:02Maintenant, attention,
08:02il y a un point qui est essentiel,
08:04c'est que vous aurez
08:05un grand rendez-vous en 2027,
08:07cette configuration-là,
08:09elle doit commencer
08:09à être perçue par d'autres aussi.
08:11C'est-à-dire que vous avez
08:12quand même un ensemble
08:13qui vise à gouverner ensemble,
08:16quelque part,
08:16quelque chose qui passe
08:17pour la France,
08:18et de l'autre côté,
08:18vous avez un ennemi
08:19de cette...
08:20Anna Shirli,
08:20quand vous entendez Mathilde Panot,
08:21qu'est-ce que vous lui dites,
08:22qu'est-ce que vous voulez lui répondre
08:23aujourd'hui sur Europe 1 ?
08:24Oui, je voulais lui poser une question,
08:27elle trouve que la guerre est illégale,
08:30et je suppose que les massacres
08:32étaient complètement légaux.
08:35Les massacres du 8 et 9 janvier dernier,
08:37qui ont tué plusieurs dizaines
08:38de milliers d'Irans.
08:39Voir 50 000 jeunes iraniens
08:41qui ont été massacrés,
08:42je pense que selon elle,
08:45c'était des massacres légaux,
08:46puisque la guerre est illégale.
08:48C'est une représente de la nation,
08:48c'est une députée française ?
08:51En tout cas,
08:52elle est en train de défendre
08:53ouvertement les intérêts
08:54de la République islamique.
08:56Ça, c'est sûr.
08:57Et ça, c'est honteux
08:58pour une française.
08:59Et pour la jeunesse iranienne
09:02qui l'écoute,
09:03ça doit être...
09:04Ça fait des années
09:05que les Iraniens accusent la France
09:07pour ses compromissions,
09:10pour sa manière de soutenir
09:13la République islamique,
09:15pour tout ce qui se passe
09:17entre la France
09:17et la République islamique.
09:19qu'à chaque fois...
09:20Par exemple,
09:20Emmanuel Macron a serré
09:22la main de Raisi.
09:24Il a reçu Pézéchkian.
09:26Et là, la plupart du temps...
09:28Et là, je vous répète quand même,
09:29je vous rappelle
09:30que la France vient tardivement
09:33de reconnaître
09:34les gardiens de la révolution
09:36comme une entité terroriste.
09:39Mais l'un des membres
09:40des plus importants
09:41de cette entité terroriste,
09:43c'est l'ambassadeur
09:44de la République islamique
09:45en France,
09:46il n'a pas été renvoyé.
09:48Il est toujours là.
09:49Vous voyez combien la France
09:51est incohérente quand même
09:52dans ses positions
09:54d'un côté terroriste,
09:55d'un côté,
09:56on a toujours ce terroriste
09:58sur le sol français.
09:59Il y a des zones d'ombre.
10:00Effectivement,
10:00il y a des trous dans la raquette.
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