00:00Justement, à propos de la France, on va écouter Emmanuel Macron qui s'était exprimé il y a quelques instants
00:05dans l'après-midi sur l'île Longue.
00:07Il y prononçait un discours sur la dissuasion nucléaire française.
00:10Il a évoqué cet embrasement possible à nos frontières avec un Iran aux capacités balistiques et nucléaires non détruites.
00:17On écoute le chef de l'État.
00:19Nous ne pouvons plus considérer les menaces de manière isolée, car de nouveaux liens sont apparus entre elles.
00:27Quel est le prix du soutien massif de la Corée du Nord à la guerre d'agression que mène la
00:32Russie ?
00:33Quelles sont les ramifications du traité d'alliance entre les deux pays ?
00:38Que dire de la dépendance extrême dans laquelle la Russie s'est placée vis-à-vis de la Chine ?
00:44De tout cela, nous devons tenir compte.
00:49À cela s'ajoute la guerre en cours au Proche et Moyen-Orient, qui porte et portera son eau d
00:55'instabilité et d'embrasement possible à nos frontières,
00:59avec un Iran aux capacités nucléaires et balistiques non encore détruite.
01:04Sur cela, je reviendrai dans les prochains jours.
01:08Éric Verde, cela veut dire que le Président va prendre à nouveau la parole, on imagine, sur la situation au
01:13Moyen-Orient.
01:13Comment expliquez-vous ce changement de stratégie de la France ?
01:16Je crois qu'on a besoin d'une parole présidentielle à des moments comme cela.
01:19Tout peut dériver et chacun le perçoit bien.
01:22On ne sait pas où ça va.
01:23On voit bien que la guerre qu'on a appelée des 12 jours n'a pas donné les résultats qu
01:28'elle pensait donner
01:29en détruisant les capacités d'enrichissement d'uranium de l'Iran.
01:36Et aujourd'hui, il faut aller, je ne sais pas comment dire, mais au bout du travail.
01:40C'est-à-dire qu'à partir du moment où on a décidé d'employer non plus les moyens diplomatiques,
01:44mais les moyens militaires pour protéger Israël, pour protéger le droit des femmes,
01:51pour protéger les peuples du monde occidental contre le terrorisme,
01:56enfin, l'Iran était devenu un État terroriste.
01:59Et donc, on a absolument besoin, aujourd'hui, à partir du moment où les armes parlent,
02:05qu'elles aillent jusqu'au bout, avec le soutien du peuple iranien.
02:08C'est ça la question.
02:09Et la vraie question qui peut être aujourd'hui posée, chacun la pose,
02:12et personne n'a vraiment de réponse à ça, c'est qu'est-ce qui va se passer ?
02:15Est-ce que le mode de répression et le règne de la terreur en Iran sur son propre peuple,
02:23est-ce que ça va continuer ?
02:24Est-ce que le peuple va réussir à se soulever ?
02:26Est-ce que les gardiens de la révolution vont rester fidèles ?
02:29Enfin, de tout ça, il n'y a pas de réponse à tout cela.
02:30Mais on a besoin de le savoir.
02:32Et la France, elle doit jouer son rôle, d'abord protéger nos concitoyens,
02:37en France comme à l'étranger.
02:38Il y a 400 000 ressortissants français dans la région.
02:42Essayer de continuer, il ne faut pas oublier non plus l'Ukraine, là-dedans.
02:46L'Iran livre beaucoup de missiles aux Russes, de drones, donc tout ça est de drones.
02:51Tout ça est quand même très lié.
02:52Le président, d'ailleurs, a très bien indiqué qu'elles pouvaient être les liaisons un peu souterraines
02:56qu'il y avait derrière tout cela.
02:58On doit l'éclaircir et on doit tenter de retrouver un ordre international
03:02qui soit un ordre fondé sur la liberté des peuples,
03:05sur le commerce international, sur le respect des uns et des autres.
03:07C'est cette bataille qui est engagée.
03:10Vous avez évoqué le risque terroriste, il est évident.
03:12Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, met en alerte les forces de l'ordre français
03:16pour protéger à la fois les lieux de culte de la communauté juive,
03:20mais aussi les opposants iraniens, parce qu'on sait qu'ils sont très menacés sur notre sol,
03:24Louis Dragnel, il y a un risque d'attentat terroriste.
03:27L'Iran est acculé, le Hezbollah l'est aussi.
03:31On connaît les méthodes de ces organisations.
03:33Surtout que les méthodes, entre guillemets, des Iraniens en France ont fait leur preuve.
03:37Ils ont été pilotés directement depuis l'ambassade d'Iran à Paris.
03:42Et d'ailleurs, la DGSI suit très activement tous les proxys
03:46ou carrément des commandos qui viennent directement de l'Iran
03:50et qui, à plusieurs reprises, ont menacé des manifestants,
03:54ont déjà tué ou ont enlevé sur le territoire national des opposants au régime.
03:59On sait que pour l'Iran, pour le régime actuel iranien,
04:02la France est un territoire qui est surveillé de très près.
04:06Premièrement, parce qu'il y a une communauté d'exilés, de réfugiés iraniens qui est très importante.
04:12Et puis deuxièmement, parce qu'il y a toujours eu ce lien entre le régime tel qu'il a été
04:18fondé.
04:19Et il faut quand même se souvenir qu'à l'origine, tout a été conçu depuis la France.
04:23– Depuis Neuf-le-Château.
04:24– Depuis Neuf-le-Château, avant d'organiser cette révolution, de renverser le chat
04:28et avant la prise de pouvoir par les islamistes.
04:30– C'est un évident de la France qui a né l'année de la Khomeini.
04:31– Exactement.
04:32– Pas un mot, généralement ?
04:33– Non, je pense que c'est le principe de réalité qui nous rattrape.
04:36Et les Européens savent que ce qui se passe là-bas les concerne,
04:40ils ne peuvent pas rester à l'écart.
04:42Donc ils vont rentrer prudemment.
04:43C'est une manière prudente de rentrer avec une base légale qui est escalée
04:47et qui leur permet de sauver la face,
04:49puisque la question du droit international est apparemment très importante.
04:53En tout cas, je suis persuadé que les états-majors planifient des choses
04:56qui vont arriver dans les prochains jours.
04:58– Cela dit, on voit bien que toutes les règles internationales,
05:03elles sautent les unes après les autres.
05:05C'est d'ailleurs assez terrifiant.
05:06– Mais personne n'a mentionné, par exemple, l'ONU.
05:07– C'est vrai, sur le plan commercial, l'ONU n'a plus grand-chose à dire
05:10parce que le Conseil de sécurité, c'est des décisions à l'unanimité
05:13que par nature on ne peut pas…
05:14– On ne peut plus prendre.
05:15– Voilà, il y a vraiment un travail totalement de refondre des règles internationales
05:23mais qui ne peut pas être fait compte tenu aujourd'hui
05:26de la capacité des gouvernements à le faire.
05:29– Mais dans ce contexte-là…
05:30– Personne ne sera jamais d'accord.
05:31Et ça, c'est très inquiétant.
05:32– Quand il n'y a plus de règles internationales,
05:34tout l'enjeu pour être crédible, c'est d'être cohérent et constant dans ce qu'on dit.
05:37Et ce qui est vrai, c'est que par le passé, la France, présidée par Emmanuel Macron,
05:42a donné des signes assez contradictoires.
05:44Il faut se souvenir quand même, au moment où les États-Unis envoient leur B2
05:47pour frapper l'arsenal nucléaire iranien sur le sol iranien,
05:52eh bien c'est le ministre des Affaires étrangères français, donc d'Emmanuel Macron,
05:55qui organise la rencontre entre les représentants iraniens
05:59et un certain nombre de leaders occidentaux en Suisse
06:03et pour permettre un peu de donner aussi une caution internationale
06:06à un régime qui était très fortement en perte de vitesse.
06:10Et c'est vrai qu'on passe, en l'espace de quelques mois,
06:13à la France qui mettait en garde les États-Unis
06:15contre des frappes un peu trop importantes.
06:17Et aujourd'hui, on est sommé, on n'a plus le choix
06:19que d'aller dans le sens des États-Unis
06:24pour des raisons qu'aujourd'hui, je pense, beaucoup de gens comprennent.
06:27Et puis deuxièmement, parce qu'on a des intérêts là-bas,
06:30il y a des intérêts économiques,
06:31avec notamment tout le trafic maritime
06:33qui est stoppé dans le détroit d'Hormuz en ce moment.
06:36Et puis les intérêts liés à nos bases,
06:38à la présence française dans la zone.
06:40Il faut rappeler quand même qu'il y a plus de 4000 soldats français
06:43qui sont présents globalement autour de 4 bases
06:46dans cette région du monde.
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