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  • il y a 11 heures
Tous les jours dans Europe 1 Soir, Pierre de Vilno reçoit un invité au cœur de l'actualité politique. Aujourd'hui, Mahnaz Shirali, spécialiste de la jeunesse iranienne pour évoquer notamment la répression en Iran.

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Transcription
00:00Et pour m'accompagner jusqu'à 20h, Joseph Messescaron, bonsoir, écrivain et séiste.
00:04Bonsoir à Victor Hérault, journalistes politiques à Valeurs Actuelles.
00:08Et bonsoir à vous, Manas Chirali.
00:09Bonsoir.
00:10Merci d'être avec nous, vous êtes sociologue spécialiste de la jeunesse iranienne.
00:14Je vous propose, avant qu'on parle de la situation en Iran, d'écouter Esmail Bekaïl,
00:20le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères.
00:23Il affirme ce matin que l'Iran se prépare aux négociations avec les Etats-Unis concernant le nucléaire.
00:30À ce stade, divers points ont été abordés et nous examinons et finalisons actuellement
00:35les détails de chaque étape du processus diplomatique que nous espérons conclure dans les prochains jours.
00:43Cela concerne la méthode et l'environnement de travail.
00:51Les pays de la région sont préoccupés par la situation actuelle et s'efforcent sincèrement de jouer un rôle positif,
00:57contrairement aux pays européens qui contribuent à l'escalade des tensions.
01:03– Manas Chirali, est-ce que vous diriez que les porte-parole du gouvernement, dont ce monsieur, sont un peu comme une pièce de monnaie ?
01:10C'est-à-dire que côté face, ils disent « on va faire les négociations avec les Etats-Unis, notamment sur le nucléaire »
01:15et côté pile, le pire du pire continue à être perpétré en Iran.
01:21– Oui, tout à fait. C'est-à-dire que c'est le discours qu'ils tiennent pour les Occidentaux pour se donner l'image d'un régime fréquentable
01:30alors qu'ils continuent à massacrer les Iraniens qui sont devenus des otages de ce régime.
01:37On a des nouvelles graves des prisons et il y a des exactions rapides des prisonniers qui les ont arrêtés,
01:45les jeunes qui ont été arrêtés pendant les manifestations.
01:47On sait que la plupart des familles, au lieu d'aller visiter, de rendre visite à leurs enfants,
01:55ils récupèrent leur corps de plus en plus.
01:57– Ça, ce sont des témoignages que vous avez eus, Manas Chirali ?
02:00– Tout le temps, tout le temps.
02:01– Parce qu'on était restés à ce chiffre de 34 000 morts, mais c'est un chiffre ancien qui avait été vérifié.
02:08La télé israélienne parle de 84 000, donc c'est quand même très très différent, c'est 50 000 de plus.
02:14Aujourd'hui, vous vous dites que ce chiffre-là est cohérent et qu'il pourrait même être supérieur ?
02:19– J'ai bien peur que ce soit bien plus important que ça, mais ce ne sont pas des chiffres pour nous,
02:26ce sont les jeunes, les êtres humains.
02:27– Pardonnez-moi, c'est une sémantique idiote, excusez-moi.
02:30Bien sûr, ce sont des vies humaines qui sont enlevées tous les jours, vous avez raison.
02:33– Oui, c'est-à-dire qu'à chaque fois que je vois que les jeunes avec qui j'étais en relation tous les jours,
02:38je parlais, je discutais avec eux, ils ne sont pas de retour.
02:41et plus le temps passe, plus l'espoir s'aménuise et je vois qu'ils ne vont jamais revenir.
02:48Donc, que ce soit 30 000, 40 000, et là malheureusement, le bilan ne cesse de s'alourdir.
02:56J'ai bien peur qu'on va au-delà de 85 tués.
02:59– 85 000 ?
03:01– 5 000 tués, oui, 85 000, j'ai bien peur.
03:04Les Iraniens sur place, ils partent de 100 000, eux.
03:08– Et qu'est-ce qu'ils vous disent de plus, ces Iraniens, avec lesquels vous arrivez à communiquer,
03:12malgré toutes les impossibilités de communiquer ?
03:15– Vous savez, les témoignages, d'une étonnante manière, se ressemblent.
03:18– Le drame de la situation, c'est que les gens qui ne se connaissent pas,
03:24quand ils parlent, ils parlent exactement avec les mêmes mots.
03:27Ils disent « nous sommes pris en otage ».
03:29Et que les forces militaires sont dans tous les carrefours, dans toutes les rues,
03:35le couvre-feu s'impose dans toutes les villes,
03:39et la ville, la vie en Iran est complètement paralysée.
03:45Ce sont les témoignages, mais avant de venir, j'ai posté un tweet,
03:51comme quoi je vais sur Europe 1, sur votre antenne.
03:56Tout le monde me demande de raconter les catastrophes que chacun a vécues.
04:01Oui, moi j'ai perdu mon père, l'autre dit « j'ai perdu mon copain », j'ai perdu...
04:05Et les manières dont ils racontent leur histoire, je peux vous dire que ce n'est pas facile à entendre.
04:11– Mais c'est-à-dire, ils sont... – Déjà, ce n'est pas facile à entendre.
04:14– Est-ce qu'ils sont, ces personnes avec lesquelles vous dialoguez,
04:18est-ce qu'elles sont dans l'espoir, ou est-ce qu'elles sont dans la résignation ?
04:21– Alors, voilà, justement, leur espoir et leur crainte ne sont pas ce qu'on peut imaginer.
04:29C'est ça qui est le drame de la situation iranienne.
04:33C'est-à-dire, aujourd'hui, j'étais en train de parler, écouter les Iraniens parler,
04:37qui disaient « notre crainte, notre peur, la peur la plus importante, c'est qu'il n'y a pas de guerre,
04:44qu'on nous laisse comme ça ».
04:47Et vous vous rendez compte, un peuple est réduit, atteint un tel État,
04:53dont la peur, c'est que la guerre n'ait pas lieu.
04:57Leur espoir, c'est qu'il y a une guerre qui va éclater, qui va renverser le régime.
05:02Et plus ça tarde, plus ils deviennent nerveux, désespérés,
05:07et ils se demandent « qu'est-ce qu'elle fait cette aramada qui est au port de leur pays ? »
05:12– L'armée américaine.
05:13– Pourquoi les Américains ne frappent pas ?
05:15Qu'attendent-ils ? Qu'attendent-ils pour frapper ce régime infect qui tue nos enfants ?
05:22Pourquoi on ne le renverse pas ?
05:23Et comme dans chaque guerre civile, ou comme dans ces exactions,
05:30l'incompréhensible, ce que ce sont des Iraniens qui tuent des Iraniens ?
05:33– Ce sont les forces de régime qui, pour les Iraniens, ne sont pas considérées comme des Iraniens.
05:41– Et c'est là toute la différence.
05:42– C'est ça, c'est-à-dire que…
05:43– Mais alors c'est considéré comme quoi ? Comme des bêtes ?
05:45Comme des gens qui sont fanatiques ?
05:47– Déjà le clergé chiite, pour les Iraniens, a une racine étrangère.
05:53Parce qu'on sait, je ne vais pas entrer dans l'histoire au XVIe siècle,
05:56ils sont entrés de Jabal-ul-Omel, le Liban d'aujourd'hui.
06:00Donc une bonne partie du clergé chiite a des racines qui ne sont pas des racines iraniennes.
06:06Alors donc, ces gens-là, depuis un demi-siècle,
06:10sont en train d'exploiter la richesse des Iraniens pour leurs projets supranationaux,
06:19pour dominer l'ensemble du monde musulman au détriment des Iraniens.
06:23C'est ça en fait l'histoire que les Iraniens sont en train de vivre.
06:26Ils savent que leurs dirigeants n'ont aucun intérêt pour leur peuple.
06:32Et leur seul but est de pouvoir régner sur l'ensemble du monde musulman.
06:36– Joseph Massescaron.
06:38– Qu'est-ce qu'il faudrait pour faire comprendre à des Occidentaux,
06:42et notamment à la diplomatie française ?
06:45Vous avez parlé de projets supranationaux,
06:47des Mollahs et du régime totalitaire qui est en place en Iran.
06:52Et qu'est-ce qu'il faudrait, pour arriver à faire comprendre,
06:54quels mots il faudrait trouver pour faire comprendre que, en fait,
06:59s'attaquer à ce régime, ce n'est pas simplement une affaire morale,
07:04c'est aussi pour nous, Occidentaux, une affaire d'intérêt,
07:07c'est-à-dire de décapiter l'hydre du totalitarisme islamiste.
07:11Qu'est-ce qu'il faudrait, à votre avis ?
07:12– Anna Surali.
07:13– Oui, de toute façon, vous avez parfaitement raison de dire
07:17que la République islamique n'est pas seulement dangereuse pour son propre peuple,
07:21pas seulement pour les pays de la région, pas seulement pour Israël.
07:26La République islamique est un État voyou, est un État terroriste,
07:31qui menace la planète entière.
07:34Déjà, hier, le guide de la Révolution, il dit,
07:36si vous nous frappez, c'est la région qui va tomber dans la guerre.
07:40Donc, ils ne cachent pas leur jeu.
07:43Ils ne cachent pas leur jeu pour ceux qui veulent voir.
07:45Alors, moi, je manque des mots pour communiquer avec les dirigeants français.
07:50Je ne comprends pas du tout la complaisance des Français envers les…
07:52– Pourquoi vous parlez de complaisance ?
07:54– 47 ans de… 45 ans, 47 ans de complaisance,
07:59des différents que ce soit de gauche ou de droite,
08:02envers les dirigeants de la République islamique.
08:04Vous savez, il faut quand même tenir compte de deux choses.
08:07– Depuis l'accueil de Roménie à Nofle-le-Château en 70.
08:10– À ce jour, j'ai toujours trouvé la France extrêmement complaisante
08:15envers la République islamique.
08:17Je félicite quand même la France pour prendre la décision
08:21de mettre les gardiens de la Révolution sur la liste des terroristes.
08:25Enfin, c'était le dernier pays qui a pris sa décision.
08:28Vous vous rendez compte ?
08:29– Oui, le dernier.
08:29– Vous vous rendez compte ?
08:30Le dernier pays.
08:32Et si, il y a trois ans, cette entité terroriste a été reconnue comme telle,
08:36peut-être qu'on n'a pas eu autant de morts aujourd'hui en Iran.
08:39Et c'est ça qu'il faut dire quand même.
08:41– Manas Chirali, vous restez avec nous.
08:43Votre témoignage est poignant et très intéressant.
08:46On vient dans un instant sur Europe.
08:47Avec toujours autour de la table,
08:50Victor Hérault de Valeurs Actuelles,
08:51Joseph Messescaron, notre invité,
08:53la sociologue spécialiste de la jeunesse iranienne,
08:56Manas Chirali.
08:56Je vous propose d'écouter ce que disait ce matin sur Europe 1
08:59dans la matinale avec Dimitri Pavlenko.
09:02David Rigolet-Rose, rédacteur en chef de la revue Orient Stratégique,
09:05auteur de La République islamique d'Iran en crise systémique.
09:08Il estime qu'une intervention militaire américaine n'est pas exclue.
09:12De toute façon, quand on regarde le format du dispositif militaire américain
09:15dans la région, avec un afflux continu de matériel complémentaire,
09:19notamment de défense antimissile,
09:22on voit que ce n'est pas du tout quelque chose qui est...
09:25L'option militaire n'est pas du tout impossible.
09:29exclue, absolument, même s'il y a des velléités, effectivement,
09:33en termes d'affichage de négociations de part et d'autre qui sont annoncées.
09:38Mais en réalité, on a vu avec les dernières déclarations en miroir
09:42entre le président Donald Trump et le guide de la Révolution
09:45que la tension demeure maximale.
09:47Est-ce que cette déclaration du spécialiste Rigolet Rose,
09:52comment dirais-je,
09:54vous réconforte dans l'idée que ce n'est pas fini,
09:58que Donald Trump a envoyé, effectivement,
10:01ne serait-ce que l'Abraham Lincoln,
10:02330 mètres de long,
10:035500 marins à bord,
10:04je ne sais pas combien d'avions,
10:06des appuis stratégiques,
10:07des sous-marins,
10:08c'est-à-dire qu'on n'envoie pas ça pour rien.
10:10C'est une évidence.
10:11C'est une évidence.
10:12Il y a deux destroyers en mer Méditerranée,
10:14il y a l'Abraham Lincoln et d'autres navires
10:17avec un appui aérien en mer d'Arabie,
10:20ça fait cher le déplacement.
10:22Donc Donald Trump qui,
10:24et je parle sous votre contrôle,
10:25a aussi d'autres velléités que de mettre la fin
10:28du régime des Mollahs,
10:30il y a aussi du business,
10:32avec notamment le contrôle du pétrole,
10:35il ne fait pas ça pour rien.
10:37Non, c'est une évidence,
10:38évidence même,
10:39de toute façon autant d'armadins
10:41n'est pas là pour rien.
10:42Et donc on peut s'attendre quand même
10:44à une intervention,
10:46mais je ne suis pas,
10:48comme vous le savez,
10:48spécialiste militaire.
10:50Non mais c'est pour ça qu'on a du coup
10:51écouté un spécialiste militaire
10:54pour venir en complément de la discussion.
10:55Voilà, je peux vous dire tout simplement
10:56que ceux avec qui je suis en relation,
10:59ils n'attendent que ça.
11:01Ils n'attendent que ça.
11:02Et c'est ça qui montre en fait
11:04la profondeur du désespoir d'un peuple.
11:08Victoria.
11:08Oui, puisque vous êtes sociologue
11:10et spécialiste de la jeunesse iranienne,
11:12j'aimerais savoir comprendre
11:13s'il y a une différence d'état d'esprit,
11:16d'idéal et d'espoir
11:18entre les Iraniens qui ont plus de 47 ans
11:20et qui ont connu l'Iran d'avant les Mollahs,
11:22et la jeunesse iranienne
11:23qui elle n'a jamais connu que ce régime-là
11:25et qui peut-être se projette
11:26dans tout à fait autre chose
11:27que la plus enchaînée de la génération.
11:28Y a-t-il une différence entre ces deux générations ?
11:30Oui, une excellente question.
11:32En fait...
11:33Merci.
11:33Enfin une bonne question dans cette affaire.
11:36Bravo.
11:3880% de la population iranienne,
11:42on a 90 millions Iraniens,
11:45dont 80% à moins de 40 ans.
11:47D'accord.
11:47Donc on est...
11:49Quand on dit les jeunes Iraniens,
11:51c'est un pléonasme.
11:52Parce que les Iraniens,
11:54à 80%,
11:55ont moins de 40 ans.
11:58Et c'est ça qui fait en fait
11:59la différence entre la diaspora,
12:02surtout en France.
12:03Parce que ce sont les vieux Iraniens,
12:05comme moi,
12:05qui sommes en France.
12:07D'accord ?
12:07Alors que la plupart des Iraniens
12:09qui viennent sur vos plateaux
12:11pour s'exprimer,
12:12ils ont plus de 50 ans,
12:13plus de 60 ans.
12:15Ça n'a rien à voir avec ces jeunes
12:16qui n'ont jamais vu autre chose
12:19que la République islamique.
12:19Mais qui attendent autre chose.
12:20Qui attendent autre chose,
12:22qui ont grandi sous la République islamique,
12:24qui se sont étouffés
12:25sous la République islamique.
12:27Donc, vous voyez,
12:28on est vraiment dans deux tissus sociaux
12:30totalement différents.
12:32Ils ont à 80% moins de 40 ans.
12:36Non, ils sont des jeunes.
12:37Est-ce qu'ils sont d'accord
12:38les uns avec les autres ?
12:39Parce qu'on le disait
12:39dans une autre émission
12:40avec Joseph Messescaron
12:41qui disait très justement
12:43que l'Iran, c'est un puzzle
12:44au niveau des ethnies,
12:46des croyances,
12:47des groupes aussi,
12:49des convictions politiques.
12:51Est-ce qu'il y a quand même
12:52une forme d'unité ?
12:54En fait, aucune société
12:56n'est cohérente à 100%.
12:58Dans toutes les sociétés du monde,
13:00vous trouvez des mosaïques,
13:02des ethnies différents.
13:02Elles sont plus ou moins fortes.
13:04Mais ce qui est important de savoir,
13:06c'est qu'on est quand même
13:07en train de parler d'un pays
13:08avec 4000 ans d'histoire.
13:114000 ans d'histoire.
13:11Donc, c'est un peuple,
13:14malgré ses différentes couleurs,
13:17des ethnies différentes,
13:18des cultures différentes,
13:19des langues différentes.
13:21Alors, ils sont restés ensemble
13:23depuis 4000 ans.
13:24Donc, c'est-à-dire que
13:25j'ai pu remarquer,
13:27pendant ces dernières révoltes,
13:29cet instinct atavique des Iraniens
13:32à se solidariser le moment venu,
13:34lorsqu'il faut.
13:36Malgré leurs différences,
13:37malgré leurs désaccords,
13:39le moment venu,
13:40quand le danger est là,
13:42quand la nécessité arrive,
13:44il y a un consensus
13:46qui émerge parmi eux.
13:47C'est un consensus contre
13:48et non pas un consensus pour.
13:50De toute façon,
13:51les consensus sont toujours valorisants,
13:54sont toujours louables,
13:55parce que ça permet à un peuple
13:56de sauver son unité.
13:58Joseph Messes-Caron.
13:59Oui, j'aimerais venir sur le point,
14:01évidemment,
14:02qui est très souvent évoqué
14:03ici, en France,
14:05notamment à Paris,
14:06c'est Rézapalavi.
14:07Je crois que vous avez dit
14:10dans un entretien...
14:11Le fils du chat.
14:12Pardon ?
14:13Le fils du chat.
14:13Le fils du chat.
14:14Je crois que vous avez dit
14:15dans un entretien,
14:16si je me trompe,
14:17que la grande majorité
14:18n'était pas forcément pour lui,
14:21mais considérait qu'il représentait
14:24une incarnation.
14:26Je vous posais une question
14:27un peu, là pour le coup,
14:29historique.
14:29Est-ce que vous pensez
14:30qu'il peut,
14:30il est en situation
14:31de représenter une incarnation
14:33pour un passage démocratique,
14:36comme ça a été le cas
14:37de deux prétendants autrefois,
14:39en Bulgarie
14:40et en Roumanie ?
14:41Alors,
14:42comme vous savez,
14:43je suis modestement...
14:43Manas Chirali.
14:45Pardon,
14:45je rappelle votre nom
14:46pour les auditeurs d'Europa.
14:48Oui, modestement,
14:49je suis sociologue.
14:50Et donc,
14:50je n'ai pas la capacité
14:51de voir l'avenir,
14:52comment les choses vont se passer.
14:53Mais vous avez une opinion,
14:54Manas Chirali.
14:54Je ne parle même pas
14:56de mon opinion,
14:57à vrai dire.
14:58Jamais,
14:58jamais,
14:59je ne parle pas
14:59de ce que je pense personnellement.
15:01Alors,
15:01on va appeler ça autrement.
15:03Voilà,
15:03mais je peux vous dire
15:04ce que les Iraniens
15:06avec qui je suis en relation
15:08disent.
15:09C'est ça qui est important.
15:10Mon opinion personnelle
15:11n'a aucune importance.
15:13L'important,
15:13c'est qu'à un moment donné,
15:15j'ai remarqué
15:16les jeunes avec qui
15:17je suis en relation,
15:18je ne parle même pas
15:19au nom de tous les Iraniens.
15:20Je parle uniquement,
15:21j'ai un petit réseau
15:22de 50 000 jeunes
15:23avec qui je suis...
15:24Petit réseau de 50 000 jeunes.
15:25Voilà,
15:2550 000.
15:26Donc,
15:27je suis quotidiennement
15:27en relation avec eux
15:29et là maintenant,
15:30je pleure
15:31leur disparition
15:33parce qu'un bon nombre
15:34d'entre eux
15:35ne sont pas revenus
15:36et je pleure tous les jours.
15:37J'attends avec impatience
15:38qu'ils reviennent.
15:38Il faut avoir de l'espoir
15:39parce que peut-être que certains,
15:41vous n'avez pas de connexion
15:42avec eux.
15:43Je n'ai pas de mots vraiment
15:44pour exprimer ce que ça.
15:46Alors donc,
15:47ceux qui sont partis
15:49et je n'ai pas encore
15:51nouvelles d'eux
15:51et j'attends avec impatience
15:53leur retour,
15:53ils me disaient
15:54dans leurs derniers écrits,
15:56dans leurs derniers échanges,
15:59ils n'étaient pas
16:00particulièrement royalistes,
16:02ils n'étaient pas
16:03particulièrement pro
16:04les en-parle-avis
16:05mais ils me disaient
16:06une chose,
16:07à ce moment-là,
16:08à cette époque
16:09de notre vie,
16:10à ce stade-là,
16:11il n'y a que lui
16:12qui peut nous aider.
16:13Donc,
16:14ils sont allés
16:15dans les rues,
16:17ils ne sont pas revenus
16:18mais ils ont escandé
16:19son nom
16:19et j'ai du respect
16:20pour eux.
16:21C'est-à-dire qu'il pourrait,
16:23selon eux,
16:24être une forme
16:25de transition
16:27démocratique,
16:29c'est ce qu'il dit d'ailleurs.
16:30Il ne dit pas
16:31je vais faire comme mon père,
16:33m'asseoir sur le trône,
16:34faire de l'Iran
16:35une sorte de superpuissance,
16:38collectionner les voitures
16:39de sport,
16:39etc.
16:40Ce n'est pas l'idée.
16:41Vous avez parfaitement raison
16:42de souligner ce qu'il a dit.
16:43Lui-même,
16:44il n'est pas du tout,
16:45il ne se considère pas
16:46en tant que roi,
16:47il se considère
16:48en tant que leader
16:50de transition.
16:52Et ça,
16:53c'est sur cette idée
16:54que les Iraniens
16:55ont fait le consensus
16:56et se sont solidarisés
16:58autour de
16:59le prince Reza Pahlavi
17:00et il souhaite
17:01traverser
17:02cette période noire
17:04de l'histoire de l'Iran
17:06avec Reza Pahlavi.
17:08Avec lui
17:08qui serait une forme
17:09de transition.
17:10Qu'est-ce que les Iraniens,
17:11les jeunes Iraniens,
17:12pardonnez-moi de ce pléonasme
17:13encore une fois,
17:14qu'est-ce qu'ils vous disent
17:15de Trump ?
17:18À part le fait
17:19qu'ils attendent
17:20qu'ils frappent,
17:21quoi d'autre ?
17:22Est-ce que c'est
17:22quelqu'un de confiance
17:23ou c'est quelqu'un
17:25qui est là pour avoir
17:25juste la main
17:26sur le pétrole iranien ?
17:28Quel est leur état d'esprit
17:29vis-à-vis du président américain ?
17:31Ceux avec qui je suis en relation
17:33sont entre 18 et 30,
17:3635 ans.
17:38Pourtant,
17:39j'ai vraiment l'impression
17:41de parler avec des gens
17:43très jeunes.
17:44Parfois même,
17:45j'ai des réactions
17:46très enfantines.
17:47et je les admire,
17:50leur courage,
17:52leur manière de...
17:53Mais qu'est-ce qu'ils pensent
17:53de Trump ?
17:54Leur manière de penser
17:56de Trump,
17:56c'est très émotif.
17:58C'est très émotif.
18:00C'est-à-dire,
18:00quand Trump fait un tweet,
18:01ils sont contents,
18:02ils se sentent protégés
18:04et quand, par exemple,
18:05l'attaque américaine
18:06s'attarde,
18:08ils sont complètement désespérés.
18:09Ils disent,
18:10mais pourquoi ce Trump,
18:11il nous a menti ?
18:11C'est très binaire.
18:12Voilà.
18:13Donc, c'est du noir et blanc.
18:15Du noir et blanc.
18:16Et hier,
18:17j'ai fait un communiqué,
18:19un tweet en disant
18:20que de toute façon,
18:21une guerre se prépare.
18:23Bon,
18:23certains d'entre eux
18:24ont apprécié
18:24et d'autres étaient fâchés
18:26contre moi
18:26en disant que tu es en train
18:28de justifier Trump.
18:29Vous diriez qu'il est attendu
18:31un peu comme un super-héros ?
18:32Enfin, je veux dire,
18:33puisqu'on est dans le langage
18:34enfantin ou de la jeunesse ?
18:36En fait,
18:36c'est entre noir et blanc.
18:38Ce qui est très puri
18:40à mes yeux,
18:41c'est que
18:41cette absence de patience.
18:44On pense qu'une guerre
18:45se fait
18:45en claquant de doigts
18:47et il faut que
18:48Trump est parfaitement capable
18:50de renverser
18:51Khomeini
18:51juste en appuyant
18:53sur un bouton.
18:54Et ici,
18:55on leur explique
18:56que la République islamique
18:57n'est pas aussi fragile
18:58que ça
18:59et qu'elle sait
19:00se défendre
19:01et que pour l'armée américaine,
19:03quand même,
19:04c'est une tâche
19:04extrêmement difficile
19:06et compliquée.
19:07Là,
19:07ils ne vont pas vous écouter
19:08parce qu'ils sont fatigués.
19:10Ils se sentent pris
19:10en otage
19:11de ce régime
19:11et ils veulent
19:12se débarrasser
19:13de ce régime
19:14le plus rapidement possible.
19:15Merci beaucoup,
19:16Madame Shirali,
19:17d'avoir été avec nous,
19:18sociologue spécialiste
19:18de la jeunesse iranienne.
19:20Vous allez revenir,
19:20je pense,
19:21plusieurs fois
19:22dans cette émission.
19:23Votre témoignage
19:24est absolument poignant
19:26et on pourra le retrouver
19:27d'ailleurs
19:27sur notre site
19:29europe1.fr
19:3019h43.
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