00:00Notre invité ce soir c'est Joshua Zarqa, l'ambassadeur d'Israël en France.
00:03Merci beaucoup d'être là, monsieur l'ambassadeur.
00:05On voit que la guerre avec l'Iran s'intensifie,
00:07les frappes menées par Israël sont extrêmement nombreuses, précises,
00:10mais on voit aussi que la population civile israélienne
00:12paye un lourd tribut aux attaques à la fois iraniennes
00:16et donc du Hezbollah et du Liban.
00:18Est-ce que vous avez un bilan à l'heure où l'on se parle ?
00:20Il n'y a pas de blessés ou de morts
00:26dû à l'attaque du Hezbollah.
00:28D'accord.
00:29Les requêtes du Hezbollah ont été interceptées
00:31par le nouveau système laser, le canon laser,
00:35et donc rien n'est tombé sur le territoire israélien.
00:38C'est-à-dire qu'il y a une requête qui est tombée sur le territoire ouvert,
00:40mais personne n'a été touché.
00:44Je n'ai pas les chiffres pour aujourd'hui en tant que nombre de...
00:47Je sais qu'il y a un blessé dans une constitution critique,
00:52donc nous avons encore 11 morts.
00:5411 morts, absolument, un bilan conséquent.
00:56Est-ce que vous confirmez ou affirmez que les bureaux de Benjamin Netanyahou
00:59étaient visés par les Iraniens ?
01:01Ciblés, certainement.
01:03Ils essaient de tirer sur la Knesset,
01:05sur le gouvernement israélien,
01:08les sites différenciés du gouvernement israélien,
01:10donc aussi le bureau du Premier ministre,
01:13rien n'a été touché.
01:14Régine Delfour, notre envoyé spécial,
01:16évoquait une éventuelle intervention terrestre
01:18de l'armée israélienne dans le sud de Liban
01:20pour se débarrasser de ces milices du Hezbollah
01:22qui sont toujours présentes.
01:23Est-ce que c'est là où vous avez une confirmation ou pas ?
01:25Non, non.
01:26Pour l'instant, je crois qu'on prend que ce n'est pas notre intention,
01:29mais c'est une décision qui sera prise par le Premier ministre
01:32et par son cabinet.
01:34Si le Hezbollah continue à tirer des roquettes contre Israël,
01:37on sera bien obligé d'y mettre de l'ordre.
01:41Nous ne voulons pas, bien sûr, y arriver.
01:44Donc ce serait une très bonne idée
01:45que le Hezbollah cesse de tirer des roquettes
01:48et que le gouvernement libanais fasse ce qu'il doit faire
01:51pour les en empêcher.
01:53Ce n'est pas le cas encore ?
01:55Le gouvernement libanais s'est désolidarisé du Hezbollah ?
01:57Il lui a interdit toute activité militaire ?
01:59Ils ont interdit toute activité militaire, effectivement.
02:02Il y a des déclarations, des bonnes déclarations
02:04qui ont été faites par le Premier ministre.
02:06La question est-ce qu'ils vont les mettre,
02:08les mettre, les mettre en œuvre, les enforcer.
02:10Ça, c'est une grande question.
02:11Pour l'instant, ils n'ont pas vraiment fait.
02:13Je pense que le Hezbollah a très bien compris
02:15qu'ils avaient tout à perdre en participant à cette guerre.
02:19Ils ont perdu le commandant des renseignements militaires
02:24dans l'attaque de l'année dernière
02:27et d'autres cas du Hezbollah.
02:29Ce serait une très mauvaise idée de leur part
02:31de continuer à participer à cette guerre.
02:33Nous n'avons aucune patience
02:37et aucun temps à perdre avec le Hezbollah.
02:39Jean-Jean Azarka, vous êtes l'ambassadeur d'Israël en France.
02:41Israël qui mène donc deux fronts en même temps
02:45contre l'Hezbollah, je le disais, au Liban
02:47et contre les Iraniens.
02:49Il y a eu des centaines d'avions israéliens
02:52qui ont touché aujourd'hui l'Iran.
02:56Là encore, ce sont des opérations
02:58qui sont menées conjointement avec les Américains.
03:00Les États-majors sont main dans la main ?
03:03Entièrement.
03:03Pour vous, vous savez, pour nous,
03:05c'est quelque chose de tout à fait nouveau.
03:06Nous n'avons jamais combattu à côté d'une autre armée.
03:09Toutes nos guerres, nous les avons gérées tout seuls.
03:12Et là, nous avons vraiment tout est conjoint.
03:15Au niveau le plus tactique possible, vraiment.
03:18Les pilotes sont les uns avec les autres.
03:20Les officiers et donc les QG sont aussi tous conjoints.
03:25Et donc oui, nous menons une opération
03:27conjointe avec les Américains
03:28du début jusqu'à maintenant.
03:29L'opération de Picfury a permis l'élimination
03:35de 48 hauts gradés et dignitaires iraniens,
03:38dont Ali Khamenei.
03:40C'était une opération d'une précision inouïe,
03:42menée à la fois par le renseignement américain
03:45et par l'armée israélienne.
03:46Par les renseignements américains et israéliens
03:49et par l'armée américaine et israélienne.
03:51Tout à fait.
03:53Ces cadres dont vous parlez a été réunis
03:55dans deux réunions.
03:56L'une là où se trouvait le guide suprême
04:02et l'autre dans un autre endroit.
04:04Ces deux réunions ont été touchées
04:05et tous les participants ont été éliminés.
04:09C'est-à-dire que vous saviez précisément
04:11qui se trouvait à quel endroit ?
04:13Je pense qu'on a prouvé depuis assez longtemps
04:18qu'on a un bon contrôle de tout ce qui se passe en Errand
04:21et un bon savoir de tout ce qui se passe en Errand.
04:24De quel côté du lit, certaines personnes dorment même.
04:28C'est-à-dire que sur certains dignitaires,
04:29vous saviez de quel côté du lit ils dormaient,
04:31dans leur maison.
04:32Vous étiez à ce niveau-là de renseignement.
04:34On savait exactement ce qu'ils faisaient.
04:36Très intéressant.
04:37Louis Drenel, une question.
04:38Monsieur l'ambassadeur, à la fin de l'été dernier,
04:40Israël se retrouvait un peu isolé
04:42au niveau de la scène internationale.
04:44Et là, est-ce que vous sentez une bascule
04:46avec quand même énormément de pays
04:47du camp occidental au sens large
04:50qui, globalement, se retrouvent derrière vous
04:52et apportent directement ou indirectement
04:55leur soutien aux États-Unis et à Israël ?
04:57Pas seulement le camp occidental.
04:59Vous savez, pour la première fois,
05:00grâce à l'Iran, il faut dire,
05:02notre chef d'état-major a eu des discussions
05:05avec ses homologues arabes.
05:06Donc, ce n'est pas seulement dans le camp occidental,
05:09c'est aussi au Moyen-Orient.
05:12Le monde commence à comprendre
05:14que la cause de toute cette instabilité,
05:16de tous les maux du Moyen-Orient,
05:17c'était l'Iran.
05:18C'est l'Iran.
05:19Je parle...
05:20On peut commencer à parler au passé.
05:22C'était l'Iran.
05:23Et je pense que les choses vont commencer à changer
05:26d'une façon très fondamentale.
05:27Et vous y voyez quelque chose de durable ?
05:29C'est-à-dire que, pour vous,
05:30c'est vraiment quelque chose de nouveau aussi
05:31pour les relations d'Israël
05:33avec beaucoup de pays du monde ?
05:36Du monde arabe, notamment ?
05:37Oui.
05:38Beaucoup de pays du monde.
05:39Pas vraiment, parce qu'en fin de compte,
05:41vous savez, nous avons...
05:42Vous parlez de cet isolement.
05:44Et même la France.
05:45Je peux vous citer l'exemple de notre pays, la France ?
05:47Oui, oui.
05:48On n'était pas vraiment isolés avec la France.
05:50On a eu des différences avec le gouvernement, disons.
05:53Mais c'est vrai que ça change.
05:55Mais ce qui est vraiment très important,
05:57ce n'est pas que ça change
05:58nos relations avec le reste du monde,
06:00c'est surtout nos relations avec les pays
06:01qui sont nos voisins.
06:02Enfin, c'est avec eux que nous voulons faire la paix,
06:05c'est avec eux que nous voulons vivre en paix.
06:06Et cela a été empêché jusqu'à présent par l'Iran.
06:10Que ce soit la Syrie, que ce soit le Liban,
06:12que ce soit l'Irak,
06:13que ce soit tous les pays de la région
06:14avec lesquels nous n'avons pas de relations,
06:16même les Palestiniens, il faut dire.
06:17Vous savez qu'à chaque fois qu'on a avancé
06:19vers une possibilité de négociation de paix
06:21avec les Palestiniens,
06:22c'est le Hezbollah, guidé par les Iraniens,
06:26qui ont empêché cela.
06:27Alors donc, maintenant que l'Iran,
06:29le régime iranien qui est en place,
06:32commence à s'affaiblir
06:34et espérons qu'il va disparaître,
06:37je pense qu'il y aura un futur
06:39qui sera fondamentalement différent
06:40pour le Moyen-Orient.
06:41Vraiment, on a eu une occasion
06:42de créer quelque chose
06:43que nous n'avons pas eu jusqu'à présent,
06:45c'est la paix.
06:46La vraie paix entre nous et nos voisins.
06:48Jean-Juaz Arka,
06:49vous êtes l'ambassadeur d'Israël en France.
06:51Vous avez évoqué la France.
06:52Il y a eu un changement de cap
06:53dans la stratégie française
06:55qui au début se disait
06:56ni impliqué ni prévenu
06:57des opérations militaires en cours
06:58menées par Israël et les Etats-Unis.
07:00Aujourd'hui, une de nos bases a été touchée
07:02et ça change évidemment la donne.
07:04Dans quelle mesure le dispositif français
07:06pourrait s'intégrer dans le dispositif
07:08déjà en place
07:09entre les Américains et les Israéliens ?
07:12Les opérations offensives
07:13qui sont mêlées par les forces israéliennes
07:15et américaines,
07:16américaines et israéliennes,
07:17je pense sont déjà très coordonnées
07:19et je ne sais pas
07:20si la France veut participer à l'offensive.
07:23Je pense qu'elle veut plutôt participer
07:24à la défense des différents pays du Golfe
07:27qui sont ciblées par les Iraniens
07:29et qui sont attaquées par les Iraniens,
07:31notamment le Bahreïn, les Émirats et d'autres,
07:33avec lesquels la France a des accords.
07:36Et c'est surtout, il faut dire,
07:38c'est surtout à la France
07:38qu'il faut poser cette question.
07:41Mais on voit un changement,
07:43vous utilisez le terme un changement de cap,
07:45on voit un changement de conduite,
07:47disons, de la prise de décision de la France
07:50envers ce qu'il se passe au Moyen-Orient.
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