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  • il y a 21 heures
Depuis le 1er janvier 2026, les entreprises doivent payer la taxe carbone aux frontières mise en place par l’Union européenne. Depuis 2023, elles étaient seulement obligées de produire des déclarations. Ce mécanisme doit servir à l’objectif européen net zéro, mais comporte des risques pour les relations commerciales internationales.

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Transcription
00:05C'est le débat de ce Smart Impact, on parle du MCAF, c'est l'acronyme anglais, anglo-saxon pour
00:13mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.
00:16J'accueille Florent Jouani, bonjour, bienvenue, vous êtes associé chez Axis Consultants et Valentin Lottier, bonjour, bienvenue fondateur d'Omaillot,
00:24on va présenter vos entreprises respectives en quelques mois, Axis Consultants.
00:28Axis Consultants, c'est un cabinet de conseil en transformation durable, nous avons 35 ans d'existence et nous sommes
00:34250 collaborateurs.
00:36Et Omaillot, vous étiez déjà venu dans les émissions ?
00:39Absolument, il y a quelques semaines.
00:40Donc Omaillot, une plateforme d'investissement qui permet aux investisseurs privés d'accéder au marché des quotas d'émissions européens
00:45et à d'autres marchés de quotas d'émissions à travers le monde.
00:47Donc vraiment au cœur de ce mécanisme d'ajustement carbone aux frontières qui est définitivement entré en vigueur au 1er
00:55janvier,
00:56peut-être une question assez générale là aussi, et je vous pose la même à tous les deux,
01:01pourquoi l'Union Européenne a mis en place ce système ?
01:05Dans un premier temps, c'est déjà pour répondre au pacte vert, donc au réchauffement climatique,
01:12c'est pour lutter contre la fuite carbone.
01:15Qu'est-ce qu'on appelle la fuite carbone ?
01:17En fait, on a mis en place des échanges de quotas,
01:23qui a fait que les entreprises, petit à petit, ont été soumises à un prix carbone de plus en plus
01:28croissant,
01:30avec un risque justement qu'il y ait une délocalisation dans des pays
01:35où les normes environnementales sont un peu moins strictes.
01:38Et donc c'est là où le CBM ou MACF est entré en vigueur,
01:44justement pour lutter contre ces délocalisations des entreprises,
01:49et justement mettre un prix, on va dire, standard,
01:52que ce soit pour les pays qui produisent en dehors de l'Union Européenne ou dans l'Union Européenne.
02:00Ce mécanisme, Valentin Lottier, il a été mis en place d'une façon un peu transitoire.
02:07C'est quoi ? C'était un test, en quelque sorte, avant l'entrée en vigueur définitive ?
02:10Non, en fait, ce qui se passe, c'est que la tarification des émissions
02:13pour les industries assujetties en Europe existe depuis 2005.
02:17Depuis 2005, on a un certain nombre de secteurs économiques
02:20qui doivent acheter un nombre de quotas équivalents à leurs émissions à un prix de marché.
02:25Mais du coup, les entreprises étrangères, elles, ne font pas face à ce prix.
02:29Et donc ce problème, entre guillemets, dure depuis 20 ans maintenant.
02:34Pour résoudre ce problème, la Commission Européenne et l'ensemble des pays membres de l'Europe
02:38ont décidé de mettre tout le monde à la même enseigne, quelque part,
02:43en disant aux producteurs étrangers,
02:46lorsque vous voulez vendre en Europe, vous devez vous acquitter du prix du carbone européen.
02:51Alors, c'est une toute petite subtilité,
02:53c'est qu'en fait, ils doivent s'acquitter du prix du carbone européen
02:56moins le prix du carbone chez eux.
02:59Ce qui permet, en fait, d'avoir des conditions uniformes pour tout le monde.
03:04Le retard, quelque part, c'est ce MACF
03:07qui intervient presque 20 ans trop tard, entre guillemets,
03:10même si avant, il y avait des mécanismes pour éviter les fuites carbone.
03:14Mais ce n'est absolument pas transitoire.
03:16Le mécanisme, comme vous l'avez dit, est en vigueur
03:18et il devrait continuer à se renforcer dans les années qui viennent.
03:22Il y a eu une phase transitoire et une entrée définitive en vigueur au 1er janvier, c'est ça ?
03:26Alors oui, ça c'est vrai.
03:27Il y a eu, pendant plusieurs années, en deux ans je crois, si je n'ai pas de bêtise,
03:31une phase pendant laquelle les entreprises devaient simplement effectuer les déclarations
03:36sans devoir payer les certificats.
03:39Et à partir du 1er janvier, il y a l'obligation, cette fois-ci,
03:43de s'acquitter des droits, donc des certificats CBAM,
03:47dont le prix est indexé sur le cours des quotas européens.
03:50Ce mécanisme d'ajustement carbone aux frontières,
03:53pourquoi il intéresse un cabinet comme le vôtre et pourquoi il intéresse vos clients ?
03:58Dans un premier temps, c'est réglementaire.
04:00Donc déjà, toutes les entreprises vont devoir y passer,
04:04tous les importateurs, s'ils remplissent les conditions.
04:06Donc les conditions sont relativement simples à comprendre.
04:12Maintenant, dans la démarche, ça va être un peu complexe.
04:14C'est-à-dire qu'il va y avoir une complexité sur le calcul,
04:19qui de premier abord, encore une fois, peut paraître très simple,
04:21mais il va falloir que les importateurs collectent l'information auprès des producteurs,
04:26justement, pour avoir l'intensité carbone.
04:30Ensuite, il va falloir acheter les fameux quotas.
04:33Et comme l'a dit effectivement Valentin, ces prix peuvent varier.
04:37Et donc, du coup, il peut y avoir des risques de sous-déclaration.
04:42Et nous, du coup, on accompagne toutes les entreprises, justement,
04:45à s'assurer que la collecte des informations,
04:47que le prix de la MACF est correct.
04:53Et par ailleurs, également, il y a des logiciels, justement,
04:57qui permettent également de faciliter tout ceci.
05:00Oui, le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières,
05:03avec des secteurs, des produits qui sont prioritaires,
05:06ou ça concerne tout le monde ?
05:09Alors, l'idée a été de créer le mécanisme miroir du système de quotas d'émission.
05:15Donc, qui est concerné par le mécanisme de quotas d'émission ?
05:18Ce sont les producteurs d'énergie, énergéticiens,
05:20les transporteurs maritimes et aériens,
05:24et les industriels de l'acier, du ciment, du papier, de la pétrochimie, et ainsi de suite.
05:30Et donc, les produits concernés par le MACF,
05:35à l'importation en Europe, sont ceux-là.
05:38L'aluminium, l'acier, le ciment, et ainsi de suite.
05:41Mais progressivement, il va y avoir une extension aux produits avales,
05:46c'est-à-dire aux produits semi-transformés ou transformés.
05:48Parce que sinon, on peut tout simplement délocaliser non plus la production de matière primaire,
05:55mais également sa transformation.
05:57Et donc, on déplace le problème en aval de la chaîne de valeur.
06:01Donc, pour résoudre cela, la Commission a déjà annoncé
06:04qu'elle allait étendre le mécanisme également sur les produits avales de la chaîne.
06:09Alors, on a bien expliqué le système, je ne vous ai pas demandé, mais je vais le faire maintenant,
06:13est-ce que vous en pensez ? Est-ce qu'il est adapté ? Est-ce qu'il est bien
06:16pensé ?
06:17Je commence avec vous.
06:20Le système d'échange de quotas d'émissions, il a mis presque 15 ans à trouver sa forme définitive.
06:28Forme qui, aujourd'hui, fonctionne très bien.
06:30Pour moi, le MACF, ça va être pareil.
06:33Il va y avoir des évolutions, des itérations, des retours en arrière.
06:37Et c'est normal, étant donné à la fois l'ambition du système,
06:43l'impact que ça a sur l'économie, sur les flux de marchandises internationaux,
06:47sur les finances publiques,
06:50et le fait que l'Europe soit la première région à le mettre en place.
06:55Maintenant, est-ce que fondamentalement, indépendamment de ces implémentations actuelles,
07:03qu'est-ce que j'en pense fondamentalement ?
07:04Je pense que c'est absolument nécessaire.
07:06Tous les défis stratégiques de l'Europe,
07:08qui sont la souveraineté énergétique, la compétitivité industrielle,
07:12la réindustrialisation,
07:14dépendent de l'implémentation réussie,
07:17à la fois des systèmes de quotas d'émissions,
07:19et de leur colorolaire international,
07:22qui est, leur effet miroir si vous voulez,
07:23qui est les mécanismes de leissement carbone aux frontières.
07:26Florent Jouani, est-ce qu'il y a des risques pour les exportateurs
07:32qui sont évidemment hors Union Européenne ?
07:34Il y a forcément des risques.
07:36Il y a forcément des risques.
07:37On a parlé de protectionnisme climatique, douanier.
07:42Il y a un risque effectivement de hausse des prix,
07:45qui soit répercuté sur le consommateur final,
07:49sur les importateurs, sur les produits en tant que tels.
07:52Il y a un risque géopolitique.
07:54Il ne faut pas oublier que, durant la dernière COP,
07:59il y a eu effectivement de nombreuses plaintes de certains pays de la CBM.
08:04On a parlé de la CBM ?
08:05La MACF, excusez-moi.
08:06D'accord, donc de ce mécanisme, des pays concernés par ce mécanisme d'ajustement.
08:10Avec cette dualité entre le Nord et le Sud, il peut y avoir un risque au niveau de l'Organisation
08:18Mondiale du Commerce.
08:19On voit qu'il y a déjà la Russie qui a déposé des plaintes à ce niveau-là.
08:23Peu de chance que ça aboutisse, mais à terme, il peut y en avoir de plus en plus.
08:28Donald Trump a également émis des doutes et voit d'un mauvais œil cette taxe.
08:33Il a demandé à ce qu'il y ait également des flexibilités.
08:37Donc à tous les niveaux, il peut y en avoir.
08:39Après, moi, je rejoins Valentin.
08:40Oui, mais toutes ces réactions-là, c'est le signe que l'Europe se protège.
08:44Exactement.
08:44Et heureusement.
08:46Mais ce qui est d'autant plus intéressant, c'est qu'en fait, on voit qu'il y a eu
08:50beaucoup,
08:51au niveau du multilatéralisme, de discussions qui n'ont pas forcément abouti,
08:56là, pour une fois, l'Europe a accéléré, a avancé, souhaite se protéger de ses industries,
09:02réinternaliser.
09:02Donc ça ne peut être que positif.
09:04Après, il y aura forcément des biais, et là, on va itérer sur du futur.
09:08Mais je pense que pour le réchauffement climatique et la protection de nos industries, c'est nécessaire.
09:14Avec une question, alors qu'il y a vraiment une question de consommateur,
09:18est-ce qu'il va forcément y avoir un impact sur le prix pour le consommateur final ?
09:25C'est-à-dire, si ça renchérit des importations, est-ce qu'il y aura forcément une répercussion ?
09:31C'est une bonne question, c'est très possible.
09:35Alors, le prix peut être répercuté de deux manières.
09:38Soit il est repoussé vers l'aval, c'est-à-dire vers le consommateur.
09:45Soit il vient rogner les marges, mais dans tous les cas, il peut être répercuté.
09:52Maintenant, ce que ça va surtout créer comme effet, c'est que des acheteurs de produits importés
10:00vont être incités à se tourner vers des produits locaux, locaux européens.
10:07Et donc là est le vrai effet.
10:09C'est une préférence européenne qui se met en place.
10:11Exactement.
10:13Ça, c'est un premier effet.
10:15Il faut aussi comprendre que lorsque les importateurs payent ce certificat MACF,
10:22qui en fait n'est pas vraiment une taxe, même si on l'appelle comme ça, on pourrait y revenir,
10:26ça génère des recettes pour la Commission européenne et pour l'Europe.
10:28Ces recettes sont redistribuées aux États membres
10:31et permettent de soutenir la compétitive industrielle des industries, l'innovation européenne
10:36et de protéger en partie les ménages les plus affectés par l'augmentation éventuelle des prix.
10:42Donc c'est un mécanisme qui est redistributif au sein de l'Europe,
10:46qui protège nos industries, qui favorise la consommation locale.
10:51Et pour moi, ce sont ça les enjeux principaux et les effets économiques principaux que la MACF va permettre.
10:57Même question, Florent Joigny, sur l'impact prix éventuel.
11:02Moi, c'est indéniable.
11:03C'est indéniable qu'il y en aura un.
11:05Ils ne pourront pas répercuter tout, effectivement, sur le consommateur final.
11:09Donc effectivement, je pense qu'il y aura une baisse.
11:13Une baisse de la marge.
11:14Une baisse de la marge, exactement.
11:16Le prix carbone, il va fluctuer.
11:17On l'a vu, justement, ces derniers mois, ces dernières années.
11:21Si un prix carbone est élevé, en revanche, on pense que ça peut favoriser l'innovation,
11:26ça peut favoriser potentiellement la décarbonation, certains secteurs comme l'électricité.
11:32En revanche, un prix carbone un peu plus faible peut ralentir la transition.
11:37Donc il y a toujours du pour et du contre.
11:40Mais il y aura indéniablement un effet prix, c'est certain.
11:44Merci beaucoup à tous les deux et à bientôt sur Be Smart for Change.
11:48C'est l'heure du grand entretien de ce Smart Impact.
11:51On parle énergie renouvelable.
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