00:00La question du tarif, est-ce que 10, 15, 20, 25 a besoin d'être débattu ?
00:05Et encore une fois, il faut analyser économiquement les impacts.
00:07Maintenant, ce que je dis aux consommateurs, c'est quelque chose d'assez simple.
00:10Quand on fait des échantillons de contrôle sur les petits colis,
00:14on se rend compte que 80% de ces petits colis ne respectent pas les normes.
00:19Et un certain nombre sont dangereux, notamment dangereux pour la santé.
00:21Mais alors ça, c'est ça qu'on désire à comprendre.
00:23C'est aussi un enjeu de protection des consommateurs.
00:25C'est aussi ça qu'il faut bien avoir en tête.
00:27Mais pourquoi on laisse passer tous ces colis s'ils sont dangereux pour les gens ?
00:29Et parce que tout simplement, du fait du nombre,
00:31les douanes n'ont pas les moyens de contrôler.
00:33C'est ça, fondamentalement.
00:35Et c'est la raison pour laquelle on doit utiliser d'autres outils.
00:38La taxation en est un.
00:39Je suis d'accord avec vous.
00:40Il faut raison garder.
00:41Il faut éviter que ça ne devienne quelque chose de trop pénalisant pour le pouvoir d'achat.
00:46Mais encore une fois, là, je pense qu'on a ouvert des vannes.
00:49Et il était très juste aussi de dire que les droits de douane de Donald Trump
00:52et le fait que désormais les États-Unis taxent les petits colis dès le premier dollar,
00:57en dessous de ce de minimis de 800 dollars,
00:59a abouti à une redirection des flux commerciaux de la Chine.
01:02C'est plus de 25%.
01:03Et ça, véritablement, c'est quelque chose qui change la donne.
01:07Est-ce qu'on doit avoir peur de mesures de représailles des Chinois
01:09qui pourraient décider finalement de taxer aussi les produits qu'on leur exporte,
01:14l'aéronautique, nos Airbus ?
01:16Vous savez, moi, j'ai été, en tant que ministre de l'Industrie, porteur d'un message qui est que,
01:22dans une négociation, il faut, à un moment ou à un autre, assumer le rapport de force.
01:26L'Europe, c'est 450 millions de consommateurs.
01:28C'est un marché dont les États-Unis ne peuvent pas se passer.
01:30C'est un marché dont la Chine ne peut pas se passer.
01:32Et à un moment ou à un autre, si on ne rentre pas dans cette logique,
01:36qui n'est pas simplement un rapport de force, qui est aussi une logique de négociation,
01:39eh bien, on n'obtient rien.
01:41Donc, moi, je pense qu'aujourd'hui, il faut se réveiller, il faut sortir de la naïveté.
01:46Les représailles, peut-être qu'elles auront lieu,
01:47mais en réalité, elles donneront lieu à des négociations
01:50qui peuvent aboutir au profit de nos industries et de nos commerçants.
01:53– Quel est votre avis maintenant sur cette autre proposition
01:54qui a été défendue par un de vos collègues écologistes sur ce plateau il y a quelques minutes ?
01:58Vous l'avez entendu, c'est une proposition de taxe sur les fast-foods à l'installation,
02:0250 000 euros si on veut s'installer et 100 000 euros si on est à moins de 300 mètres d'une école.
02:06C'est une bonne idée ou pas ?
02:07– Oui, alors, ce n'est pas vraiment une taxe sur les fast-foods, si on regarde bien,
02:10parce que c'est une taxe qui pourrait toucher beaucoup de réseaux de distribution alimentaire franchisés.
02:16En fait, c'est une taxe sur les franchisés.
02:18Vous savez qu'il n'y a pas que les fast-foods qui sont franchisés,
02:20il y a des enseignes de boulangerie qui sont franchisées,
02:21qui sont dans nos gares, qui sont un petit peu partout.
02:24– Chez Paul, par exemple.
02:25– Tout ça, vous donnez les marques, je n'en donne pas.
02:28– C'est pour que ça parle aux gens, évidemment.
02:29– Exactement, bon, on a bien en tête ce genre d'enseignes.
02:33Tout ça, ce sont des emplois.
02:34Ce sont des emplois, des emplois pour les jeunes, des emplois parfois pour les étudiants,
02:38qui, dans tous les territoires, permettent aussi un maillage.
02:42Un maillage qui n'est pas simplement un maillage économique,
02:44mais aussi un maillage sociologique dans les fast-foods,
02:46qui s'installent parfois dans des villages de France.
02:48On recrée un lieu de socialisation.
02:50Moi, je ne vais pas au fast-food, ce n'est pas la nourriture qui me branche beaucoup,
02:54mais la réalité, c'est que ça apporte aussi des choses,
02:57à la fois en termes de valeur économique.
02:58– On pense, pour dire les choses, on pense McDo,
03:00alors qu'en réalité, ce n'est pas du tout McDo qui rentre dans le secteur.
03:03– Il y a beaucoup d'autres choses, il y a encore une fois…
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