00:00Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve.
00:04Voilà donc pour cette allocution présidentielle que vous avez pu suivre en direct sur Europe 1,
00:08toujours avec notre invité, l'ambassadeur Philippe Etienne,
00:13ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis, ancien conseiller diplomatique du président Macron,
00:18sont arrivés dans le studio Alexandre Malafaille de l'Institut Sinopia.
00:22Bonsoir Alexandre, Gilles Boutin du Figaro, bonsoir Gilles,
00:26et Alexis de La Fontaine, que les auditeurs d'Europe 1 connaissent bien.
00:29Bonsoir Alexis, du service politique d'Europe 1, plusieurs choses,
00:34et Alexis va nous résumer cette allocution présidentielle.
00:38Moi ce que je note d'abord peut-être, c'est l'envoi du porte-avions Charles de Gaulle.
00:43Alors, il a bien fait de le préciser Emmanuel Macron,
00:47ça n'est pas que le Charles de Gaulle, son pont d'envol,
00:52c'est 18 rafales, ça peut monter jusqu'à 24 à bord.
00:58Alors, les avions radars, etc., c'est une escadre entière,
01:02c'est-à-dire avec un appui sous-marinier, avec des frégates autour.
01:08C'est là peut-être le point d'achoppement principal de cette annonce
01:13qui arrive tout au bout en fait de l'allocution présidentielle.
01:16Oui, on a entendu le président de la République qui disait qu'il voulait renforcer
01:19en fait notre position militaire sur place au Moyen-Orient,
01:23notamment parce qu'il a dit Chypre, qui est un pays européen,
01:26qui a été ciblé par les missiles iraniens.
01:29Donc, évidemment, il veut mettre une force française
01:32entre Chypre et l'Europe et l'Iran.
01:36Vous l'avez dit, le porte-avion Charles de Gaulle part pour la Méditerranée,
01:38mais il a aussi annoncé le départ de la Fréliate-Landoc
01:41qui part aussi sécuriser l'île de Chypre, évidemment.
01:45Et aussi, il a annoncé renforcer l'envoi de rafales de systèmes de défense
01:50pour pouvoir éviter les attaques de drones ou de missiles
01:54sur nos bases, nos ambassades et nos intérêts dans la région.
01:57Voilà, alors une allocution pleine de gravité
02:00en désignant l'Iran comme principal responsable de ce conflit.
02:07Le président américain note que cette attaque militaire
02:13s'est faite en dehors de tout droit international.
02:16Donc là, il pointe du doigt Donald Trump et Benjamin Netanyahou
02:22qui ont eu l'idée principale de cette attaque.
02:27Il note quand même que l'histoire ne pleure jamais les bourreaux de leur peuple.
02:32Donc ça, c'est une information importante.
02:36Est-ce que Gilles Boutin, c'est une forme d'en même temps ?
02:39C'est-à-dire que, oui, la situation était grave
02:42et puis en même temps, il y avait un peuple opprimé, responsable.
02:46Il l'a rappelé de nombreuses attaques terroristes
02:48tout au long de l'histoire de cette république islamique d'Iran.
02:53Mais en même temps, il y a quand même un droit international
02:56à appliquer et à respecter.
02:58Le terme qui me venait spontanément, c'était celui de douce schizophrénie.
03:03C'est-à-dire qu'on tient sur un en même temps, si vous voulez.
03:07C'est-à-dire qu'on passe notre temps en occidentaux que nous sommes
03:12et pris effectivement de respect du droit international
03:14à rappeler que tout cela s'est fait en dehors du cadre.
03:17mais on ne peut pas s'empêcher effectivement de reconnaître,
03:20juste après, dans la phrase d'après,
03:22que Donald Trump est en train d'essayer de mettre fin
03:25à un régime totalement mortifère,
03:29avec un guide suprême que personne ne regrettera.
03:34Et après, j'ai noté une autre phrase,
03:36c'est qu'il se dit qu'il faut une paix durable
03:39et que cela n'est possible que par la reprise de discussions diplomatiques.
03:43Et là, on est tenté de se faire la même réflexion.
03:46Est-ce qu'on n'est pas à un moment charnière
03:47où il faut peut-être dire,
03:49maintenant que les dés sont jetés,
03:51il faut peut-être plutôt militer pour aller jusqu'au bout,
03:53parce que sinon, c'est tout ça pour rien.
03:54Philippe Etienne, qu'est-ce que vous retenez de cette allocution présidentielle ?
03:57Je pense qu'il y a une combinaison d'une volonté
04:02de montrer la détermination, la force de la France,
04:07d'où la chute sur le groupe aéronaval,
04:12mais aussi la détermination à protéger les Français
04:16et les alliés de la France.
04:18Les pays du Golfe, mais aussi, ça, ça m'a frappé,
04:22Chypre et la Grèce, nous sommes en Méditerranée orientale,
04:25c'est une partie de l'Union européenne.
04:27La France a des accords stratégiques,
04:29et avec Chypre et avec la Grèce.
04:31La Médor, comme on dit dans la Marguerite.
04:32Et donc, ça, c'est une dimension très importante.
04:35La France, comme le Royaume-Uni et l'Allemagne,
04:38n'ont pas été associées à la décision de lancer cette guerre,
04:43mais ça ne veut pas dire que nous ne sommes pas déterminés
04:46à défendre non seulement nos intérêts,
04:48mais aussi nos alliés.
04:51Après, il a aussi dit d'entrée de jeu
04:53que la principale responsabilité de cette situation
04:56accombe à la République islamique d'Iran.
04:59Alors, c'est vrai qu'en même temps,
05:03il note, mais c'est une constatation,
05:05qui peut dire le contraire,
05:06que cette opération s'est réalisée en dehors du droit international ?
05:10Mais, est-ce qu'il faut refuser de le dire ?
05:14Est-ce qu'on peut se passer du droit international ?
05:19C'est une constatation...
05:20Le dire, c'est une chose, mais dans le timing,
05:23maintenant que c'est fait...
05:24Oui, mais c'est une constatation qui s'impose, je dirais,
05:30dès lors qu'il dit que la responsabilité première
05:32incombe à la République islamique d'Iran,
05:35qu'il rappelle la dimension terroriste.
05:38Je veux dire, c'est pas le...
05:39En même temps, c'est une constatation de l'existant.
05:43La diplomatie, mais la diplomatie,
05:45elle va devenir, à un moment ou à un autre,
05:47revenir de toute façon,
05:49quelle que soit la conséquence,
05:52les conséquences qu'on va voir apparaître peu à peu de cette guerre.
05:56C'est vrai que la France,
05:57avec l'Allemagne et le Royaume-Uni, là encore,
05:59portait la responsabilité depuis le début de cette négociation nucléaire.
06:03Donc, c'est pas complètement anormal
06:05que le président de la République française parle de diplomatie,
06:07aussi au vu de ce qui s'est passé.
06:10Alexandre Balafeuille.
06:11La diplomatie est une chose, le droit international en est une autre.
06:14On peut très bien faire de la diplomatie
06:15sans se situer dans le cadre du droit international,
06:18en tout cas, ce droit, il a aussi fait la démonstration
06:21depuis un certain temps,
06:23mais un certain temps trop long,
06:24de son inefficacité à régler toute une série de sujets
06:27majeurs, profonds et nuisibles
06:29pour nos intérêts au sens de l'humanité tout entière.
06:32Alors après, moi, sur la déclaration du président,
06:34j'ai pas grand-chose à redire,
06:36si ce n'est que, quand même,
06:38cette culture d'en même temps
06:39me pose un petit problème.
06:41J'aurais pratiquement tout avalé ce soir,
06:43mais j'aurais aimé qu'ils disent
06:45« Ok, le droit, c'est important,
06:47l'Iran, c'est clair, c'est le méchant,
06:48mais quand même, nous sommes aux côtés
06:50de nos amis.
06:52Et pas simplement ceux qui sont dans les pays du Golfe
06:55et vis-à-vis desquels nous avons des accords,
06:57mais nous sommes aux côtés de nos amis,
06:59nous sommes aux côtés des Américains,
07:01nous sommes aux côtés des Israéliens.
07:02Et ça, ce pas-là,
07:04j'aimerais que la France le franchise,
07:05parce qu'à un moment ou à un autre,
07:07on va peut-être se retrouver dans cette situation,
07:08d'avoir besoin de le dire,
07:10et d'être mis à ce niveau d'obligation,
07:13et ça me manque.
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