00:00Europe 1 sur le week-end, 19h38, je suis toujours avec Michel Fayad et Antonin André.
00:04Alors là, on entendait Stéphanie qui est sur place, on imagine que ça doit être très intense,
00:09ce que vivent ces personnes qui sont présentes dans cette région du monde.
00:13Messieurs, j'aimerais revenir sur ce conseil de défense qui se réunit depuis 18h.
00:18Est-ce qu'on peut en attendre quelque chose, Antonin, Michel ?
00:22Moi, je ne crois pas grand-chose, puisque la France n'est pas impliquée directement dans cette guerre.
00:28Toutefois, il faut quand même rappeler que la France a quand même des bases militaires dans la région.
00:33Il y en a une à Abu Dhabi, près de Dubaï où était Stéphanie Demuru, et également à Djibouti.
00:39Donc c'est vraiment au niveau des deux détroits, celui d'Hormuz et celui qui est près du Yémen.
00:46Et en réalité, on pourrait peut-être à un moment donné demander à ce que, je parle du côté américain
00:53ou israélien,
00:53à utiliser les bases françaises, parce qu'on sait que depuis maintenant quelques heures,
00:58les Américains, les Israéliens ont demandé à utiliser les bases britanniques à Chypre.
01:02Et donc, on pourrait de fait rentrer en guerre, même si on n'envoie pas nos propres avions, nos propres
01:10personnes,
01:11mais au moins mettre à disposition nos bases, comme l'ont fait les Britanniques.
01:14Donc là, ça fait peut-être partie des discussions au Conseil de défense.
01:17Effectivement, le chef de l'État qui a dit que la France se tenait prête à déployer les moyens nécessaires
01:21à la protection de ses partenaires les plus proches selon leurs sollicitations.
01:24On le peut, mais ce n'est pas notre intérêt de mettre le doigt dans l'engrenage.
01:29Antonin, sur le côté franco-français, on a le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez,
01:33qui demande la mise en vigilance des forces de sécurité intérieure placées sous la sécurité des préfets.
01:37Un télégramme qui a été envoyé à nos préfets pour leur demander cela.
01:41Juste avant, tout à l'heure, on avait Jean-Marie Montali, qui est journaliste et auteur de La PIEUF de
01:46Téhéran.
01:46Et dans son livre, dans son œuvre, il précise, il explique que beaucoup de cellules dormantes
01:53sont placées à droite à gauche en Europe.
01:55Et donc, est-ce qu'on peut craindre, selon vous, des attaques prochaines, des attentats sur notre sol ?
02:00Ce qui est vrai, c'est que la France a été frappée plusieurs fois par des cellules iraniennes
02:05ou par des cellules qui étaient alimentées ou financées par l'Iran.
02:08Donc, la France a un long passé de vulnérabilité, d'attaques terroristes sur son sol
02:12et notamment en lien avec l'Iran.
02:16Donc, il y a évidemment une nécessité d'une veille des services de renseignement plus accrus,
02:20même si, compte tenu de la situation des Iraniens en ce moment,
02:24je ne pense pas que leur priorité soit nécessairement de frapper la France.
02:27Et d'ailleurs, c'est aussi ce qu'on retrouve dans les déclarations du Président de la République,
02:30qui est toujours sur une ligne de neutralité.
02:34Michel disait tout à l'heure un peu à l'image des pays arabes, il en s'en revoyait aussi.
02:36C'est vrai que la France a une espèce de posture de neutralité.
02:41Ensuite, par le passé, dans d'autres opérations contre l'Iran,
02:44la France est quand même intervenue militairement,
02:46ne serait-ce que pour des mesures de protection, de soutien logistique et de protection notamment à Israël,
02:51où la France, ponctuellement, peut quand même fournir son aide.
02:55Donc, sans doute que tous ces sujets-là sont évoqués au niveau du Conseil de défense,
02:59et puis il y a des intérêts français effectivement au Moyen-Orient.
03:01Et puis, on vient de l'entendre avec Stéphanie Muraud, il y a des ressortissants français aussi,
03:06tant en Israël qu'au Moyen-Orient.
03:09Donc, c'est pour la France une nécessité de se tenir informé,
03:12et effectivement, à travers ses représentations diplomatiques aussi,
03:15et en Israël et aux pays du Moyen-Orient,
03:17d'être dans une veille qui est plus qu'active aujourd'hui,
03:19parce qu'effectivement, on ne sait pas comment ce conflit va évoluer,
03:22et la France doit forcément, d'une certaine façon, être en état d'alerte sur ce sujet.
03:26Alors, je vous pose une question.
03:27Juste une chose, la France a des milliers de soldats au Liban.
03:31Oui, la finule.
03:32Exactement, donc, il ne faut pas les oublier.
03:35Alors, justement, l'escalade est en cours, comme le rappelait Emmanuel Macron,
03:38le président de la République,
03:39qui dit que cette escalade est dangereuse pour tous, et doit cesser.
03:43Alors, comment juste pouvoir intervenir et éventuellement soutenir ?
03:46Alors, juste de la logistique, ou peut-être des moyens pour soutenir,
03:49et venir en aide à nos ressortissants ?
03:52Mais après, un appui militaire, ce serait envisageable ?
03:55Michel Fayad ?
03:56Non, mais, enfin, lorsqu'il dit de reprendre les négociations,
03:59il est vraiment à côté de la plaque,
04:00parce que vous avez aujourd'hui des Iraniens qui sont prêts uniquement à faire un accord de Vienne 2015 bis,
04:07c'est-à-dire un accord qui consisterait uniquement à discuter un taux d'uranium enrichi très bas,
04:12alors que Donald Trump souhaite, en fait, le démantèlement complet du programme nucléaire iranien,
04:18le démantèlement complet du programme de missiles balistiques iraniens,
04:21et l'arrêt complet du soutien par l'Iran à ses proxys iraniens,
04:25donc le Hezbollah au Liban, les Hach-e-Sharbi en Irak,
04:28les Ansar Allahoutis au Yémen,
04:31le Hamas djihad islamique dans les territoires palestiniens.
04:34Donc, en réalité, il y a deux discussions parallèles entre les Américains et les Iraniens.
04:39Il n'y a pas de rapprochement.
04:41Donc, en fait, quand Emmanuel Macron demande à ce que les négociations reprennent,
04:46il est en fait vraiment à côté de la plaque,
04:48parce qu'encore une fois, quand il y a eu les accords de Vienne en 2015,
04:51la situation était complètement différente.
04:53À cette époque-là, les Iraniens étaient de fait dans notre camp.
04:57Pourquoi je dis dans notre camp ?
04:58C'est parce qu'à l'époque, notre lutte, notre guerre était contre Daesh.
05:01Et sur le terrain, en Irak, ceux qui combattaient Daesh également, comme nous,
05:07c'était les Hach-e-Sharbi, cette milice proxy de l'Iran, en Irak.
05:10Et en Syrie, pareil, il y avait des gens du Hezbollah qui combattaient Daesh,
05:13comme nous, on combattait Daesh.
05:15Donc, en réalité, ce contexte qui existait en 2015 n'existe plus aujourd'hui.
05:20Merci, Michel Fayad.
05:21Avec Antonin André, on vous retrouve dans quelques instants,
05:24le journal permanent avec Rudy Saada.
05:25Et puis, juste après, j'aurai le plaisir aussi de recevoir Frédéric Ancel,
05:29docteur en géopolitique et maître de conférence à Sciences Po Paris.
05:31Il nous parlera des enjeux, bien évidemment, stratégiques qui se jouent ce week-end en Iran.
05:35Alors, restez bien avec nous sur Europe 1.
05:37A tout de suite.
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