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  • il y a 9 minutes
Avec Marc Chassillan, expert en armement

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##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE-2026-03-03##

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Transcription
00:01Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:06Il est 7h40, Sud Radio vous explique.
00:08Emmanuel Macron a donc fait des annonces hier sur le nucléaire, grosso modo pour mieux nous protéger.
00:16Nous sommes avec Marc Chassillant, expert en armement, professeur à l'école militaire de Paris.
00:22Bonjour Marc Chassillant.
00:24Bonjour Patrick Roger.
00:25Bon, est-ce qu'en deux mots, hier, dans les annonces d'Emmanuel Macron, il faut comprendre qu'on a
00:32renforcé vraiment notre arsenal nucléaire ?
00:37Alors il y a plusieurs choses dans ce qu'a annoncé le Président hier.
00:40Il y a effectivement un renforcement, j'allais dire quantitatif, puisqu'il a dit que nous allions augmenter le nombre
00:46de nos têtes nucléaires,
00:47qui était aujourd'hui autour de 300.
00:50C'est ce qui a toujours été dit dans la communication officielle.
00:52Alors jusqu'où nous allons monter, ça évidemment, c'est le secret qui sera bien gardé,
00:57puisque le Président a dit qu'il n'y aurait plus de communication sur la quantité d'armes nucléaires que
01:01la France possédera à terme.
01:04Mais on note qu'il y a un renforcement de ce côté-là.
01:08Et puis l'autre renforcement qui n'est pas nucléaire, c'est ce qu'on appelle l'épaulement conventionnel,
01:14c'est-à-dire que nous allons augmenter nos capacités finalement de dissuasion conventionnelle,
01:20c'est-à-dire une forme de dissuasion qui n'est pas nucléaire,
01:24grâce à des systèmes d'armes qu'on appelle de frappe dans la profondeur.
01:28C'est-à-dire que nous allons développer en partenariat avec nos amis européens,
01:33en particulier les Allemands et les Britanniques,
01:35des missiles balistiques à très longue portée,
01:38qui n'auront pas de têtes nucléaires,
01:41qui auront des têtes tout à fait conventionnelles,
01:43mais dont la précision et la portée permettront d'infliger des dégâts absolument considérables,
01:50sans pour autant utiliser l'arme nucléaire.
01:52Et donc c'est ce qu'on appelle l'épaulement,
01:54c'est ce qui permet de remonter le seuil nucléaire.
01:56Donc ça crédibilise notre dissuasion nucléaire.
01:59Voilà.
02:00Ce sont ces deux aspects.
02:02Oui, c'est ça.
02:02Alors, il y a quand même quelque chose qui est important,
02:04c'est qu'on garde la maîtrise, la souveraineté.
02:08Il y avait un débat avant en disant,
02:10est-ce qu'on va partager, entre guillemets,
02:13notre nucléaire avec nos alliés européens ?
02:16En clair, est-ce qu'on appuiera sur le bouton ensemble et tout ?
02:20Le final cut, pour reprendre une expression anglaise,
02:26reste à la France, quoi.
02:29Le bouton, c'est nous qui pouvons appuyer si nous devons appuyer.
02:33Absolument, mais de toute façon, je dirais,
02:35les experts du domaine n'imaginaient pas qu'il en aille autrement.
02:39Parce que c'est toute la crédibilité de dissuasion nucléaire
02:42qui aurait été mise en jeu.
02:44Vous ne jouez pas la dissuasion nucléaire au sein d'un club d'amis,
02:48où chacun donne son avis.
02:50Ça n'existe pas.
02:51Votre dissuasion nucléaire, elle s'écroule complètement.
02:54Le simple fait de dire qu'on va partager,
02:58demander l'avis ou je ne sais quoi,
03:00sur l'emploi de l'arme nucléaire,
03:01fait qu'il vaut mieux ne pas en avoir, ça coûte moins cher.
03:04Parce que votre crédibilité est complètement ruinée.
03:07Donc, le principe de la dissuasion nucléaire,
03:09c'est que vous rejetez le doute d'ennemi potentiel.
03:13C'est-à-dire qu'en fait, vous ne dites rien de vos intentions.
03:16Vous restez dans le flou.
03:18Et c'est à lui de savoir et d'évaluer son risque.
03:21C'est ça le grand principe.
03:23À partir du moment où vous essayez de gérer votre dissuasion nucléaire au sein d'un club,
03:27ce n'est même pas la peine de démarrer.
03:31Tout est ruiné, évidemment.
03:32Mais alors, ce qui est quand même assez étrange,
03:35pardon, mais sur le nombre de têtes,
03:37parce que ça restera mystérieux,
03:39mais qui sera informé quand même en France ?
03:41Alors, l'armée, le président, c'est ça le chef de l'État ?
03:44Oui, vous avez au sein de l'appareil, je dirais, nucléaire français,
03:51les hautes autorités politiques, évidemment, l'État-major,
03:54et puis les gens qui les fabriquent,
03:56puisque je vous rappelle que ce qu'on appelle...
03:58Bon, ben donc ça se saura, Marc Chassillon,
04:00ça se saura un moment ou un autre, non ?
04:02Non, non, non, non, ça ne se saura pas.
04:04Non, non, bien sûr que ça ne se saura pas.
04:05Ah non, non, ça c'est clair.
04:06Non, non, il n'y aura pas de fuite sur le sujet,
04:10ça je peux vous le garantir.
04:11Mais fatalement, entre les gens qui fabriquent,
04:14les gens qui transportent,
04:15et les gens qui ont la connaissance du stock,
04:18mais ce sont des gens de très très haut niveau,
04:20c'est l'État-major des armées,
04:22ce sont des généraux,
04:24et c'est le pouvoir politique,
04:26et au sein du pouvoir politique,
04:27il faut vous dire que le ministre de l'Agriculture ne le saura pas.
04:29En fait, il y aura le Premier ministre, le Président,
04:32et le ministre de la Défense, et c'est tout.
04:36En conclusion, il a dit,
04:37trois quarts d'heure hier,
04:3840 minutes très précisément de discours,
04:40le Président Emmanuel Macron
04:43a posé une perspective de long terme,
04:46il a dit,
04:46le demi-siècle qui vient
04:48sera un âge d'armes nucléaires.
04:52Bon, ça l'était déjà un petit peu
04:55des 50 dernières années, non, Marc Chassilion,
04:57vous qui êtes expert ?
04:59Alors, ça l'a été énormément pendant la guerre froide,
05:02forcément, puisque c'est au cours de la guerre froide
05:04que les arsenaux nucléaires ont pris
05:07une ampleur absolument considérable,
05:08et ça le redevient aujourd'hui,
05:11parce que la reconfiguration du monde
05:14auquel nous nous assistons
05:16fait qu'un certain nombre de pays
05:19qui ne possèdent pas la bombe
05:20sont en train de se poser la question
05:22de savoir si ce n'est pas de leur intérêt
05:24de la posséder.
05:25Alors, parmi ces pays,
05:27on peut citer la Corée du Sud,
05:28on peut peut-être citer la Turquie,
05:30on peut citer l'Arabie Saoudite,
05:33voilà, il y a un certain nombre de pays
05:35qui, aujourd'hui,
05:36compte tenu de la nouvelle donne géostratégique
05:38et compte tenu des menaces potentielles
05:41qu'ils pouvaient avoir à leurs frontières,
05:43sont en train de se dire,
05:44finalement, cette bombe,
05:46elle est quand même très intéressante
05:49pour garantir mon existence même.
05:52Et c'est en ça,
05:53je pense que le président a dit
05:55que nous allons assister
05:56dans les 50 prochaines années
05:58à une ère nucléaire.
06:00Alors, non seulement parce que
06:01les arsenaux vont augmenter,
06:02la preuve, la France le fait,
06:03la Chine est en train de le faire,
06:05mais c'est que d'autres pays
06:06pourraient accéder à l'arme.
06:08Je pense que c'est ça,
06:09l'idée du message.
06:10Oui, merci beaucoup,
06:11Marc Chassillon,
06:12expert en armement,
06:13professeur à l'école militaire
06:14pour toutes ces explications
06:16très claires, ce matin sur Sud Radio.
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