Passer au playerPasser au contenu principal
Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00:00Bonsoir à tous, ravis de vous retrouver ce soir pour Face à l'Info.
00:00:04Nous allons évidemment avoir une édition spéciale sur les dernières informations.
00:00:08Au sommaire ce soir, la guerre entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran ne serait pas un simple conflit
00:00:14régional.
00:00:15Elle marque peut-être la fin d'un ordre international fondé sur le droit et l'ONU.
00:00:21Place désormais un monde plus brutal, plus impérial, où la force se prime sur les règles
00:00:27et où les grandes puissances redessinent les équilibres sans médiation.
00:00:31Sommes-nous entrés dans une ère où la loi du plus fort redevient la norme assumée ?
00:00:37L'édito de Mathieu Bocoté ce soir.
00:00:40Sous les frappes iraniennes, des influenceurs installés à Dubaï,
00:00:44paradis fiscal qu'ils préfèrent à la France,
00:00:47ont soudain brandi leur passeport français pour réclamer protection et rapatriement.
00:00:54Moqué en ligne, ils ont révélé une vérité simple.
00:00:57On peut critiquer son pays, mais on sait ce que vaut sa protection quand le danger frappe.
00:01:03La nationalité serait-elle finalement le dernier refuge,
00:01:07même pour ceux qui prétendent la mépriser ?
00:01:09L'analyse de Gabriel Cluzel.
00:01:12Depuis la base de l'île longue, Emmanuel Macron a annoncé un changement capital.
00:01:16La France va moderniser et renforcer sa dissuasion nucléaire
00:01:21et, pour la première fois, pourra déployer temporairement des moyens nucléaires
00:01:27chez des pays alliés en Europe.
00:01:29Mais la décision d'utiliser l'arme nucléaire restera uniquement entre les mains de la France.
00:01:35C'est une nouveauté, car jusqu'ici, la dissuasion nucléaire était pensée uniquement pour le territoire national.
00:01:40Ce tournant marque-t-il le début d'une vraie défense européenne commune ?
00:01:46Le regard de Marc Menon.
00:01:49Et si on parlait de la France ?
00:01:50La France et de son rapport à l'Iran.
00:01:52Posons-nous les questions qui fâchent ce soir.
00:01:54Comment une démocratie a-t-elle pu romantiser un régime
00:01:58qui allait nier les libertés les plus fondamentales ?
00:02:01En 1979, la France accueille l'ayatollah Khomeini, une partie des intellectuels de gauche fascinés
00:02:08par une révolution dite « des opprimés ».
00:02:11Ils voient alors un soulèvement anti-impérialiste.
00:02:14Michel Foucault lui-même s'enthousiasme.
00:02:15Mais l'illusion tombe vite.
00:02:17Voile imposée, répression, exécution, dictature antéocratique,
00:02:21pourtant en France, peu d'autocritique.
00:02:23Pourquoi ?
00:02:23Le vrai débat n'est pas seulement géopolitique.
00:02:26Le décryptage de Charlotte Dorn est là ce soir.
00:02:29Et la puissance de la France dans tout ça ?
00:02:31Dans cette crise, notre pays semble reléguée au second plan.
00:02:35Faiblesse militaire, dépendance européenne, discours moral peu audible.
00:02:40Dans un monde dominé par la puissance,
00:02:42le décalage entre ambition et réalité apparaît crûment.
00:02:46La dissuasion nucléaire reste un atout,
00:02:49mais suffit-elle à redonner à la France un véritable poids stratégique ?
00:02:53L'édito de Mathieu Bocotti.
00:02:55Faoude Abou Nader, l'ancien commandant en chef des forces libanaises,
00:02:58sera notre invité depuis le Liban ce soir.
00:03:01Pour beaucoup de Libanais, cette guerre n'est pas la leur.
00:03:04Le Hezbollah agit-il au nom du Liban ou au nom au service de l'Iran ?
00:03:08Depuis 1975, le pays semble prisonnier d'ingérences successives palestiniennes hier,
00:03:15iraniennes aujourd'hui, qui fragilisent sa souveraineté.
00:03:18Le Liban peut-il retrouver sa stabilité sans redéfinir radicalement sa place dans la région,
00:03:24y compris vis-à-vis d'Israël ?
00:03:26Fouad Abou Nader nous donnera son regard précis dans Face à la Foileur
00:03:30où de nombreux Libanais fuient leurs habitations en ce moment même.
00:03:34Voilà une heure avec nos mousquetaires pour tout se dire et sans tabou.
00:03:37C'est parti.
00:03:51Bonsoir à tous, ravis de vous retrouver ce soir.
00:03:54Nous sommes ensemble jusqu'à 20h pour couvrir à la guerre en Iran.
00:03:58En direct, vous verrez les images depuis l'Iran, le Liban, Israël.
00:04:02Nous avons des correspondances sur place pour suivre évidemment tout ce qui se passe.
00:04:07Je ne sais pas si on a les images de Beyrouth, puisque Beyrouth a été vraiment sous les bombardements.
00:04:12La population fuit les habitations du sud vers le nord et pourra fuir effectivement les bombardements.
00:04:18Est-ce qu'on a les images ?
00:04:19Merci beaucoup.
00:04:21Emmanuel Macron convoque un conseil de défense sur l'Iran et le Moyen-Orient à 20h15 à l'Elysée.
00:04:28L'Iran ne restera pas silencieux face aux attaques d'une école, d'un hôpital, a dit son président ce
00:04:36soir.
00:04:37Évidemment, nous vous tiendrons informés de toutes les informations à l'instant T.
00:04:42Mais face à l'info, c'est la hauteur.
00:04:45La guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l'Iran samedi ne surprend pas vraiment.
00:04:50Elle bouleverse toutefois le système international, au point même de laisser deviner un nouvel ordre mondial.
00:04:58Mathieu Bocoté, est-ce bien le cas et pourquoi ?
00:05:01Alors, je crois que cette guerre peut être traitée à la manière d'un accélérateur révolutionnaire, peut être considérée comme
00:05:08un accélérateur révolutionnaire dans le changement d'ordre international dont nous sommes témoins depuis plusieurs années déjà,
00:05:15mais qui se consacre en fait, qui se parachève devant nous.
00:05:18Et cette guerre est un véritable marqueur d'une liquidation de l'époque antérieure, globalement, l'époque de la gouvernance
00:05:24globale, l'époque du droit international, l'époque théorique de la sacralisation de la souveraineté des États,
00:05:30et le retour dans un monde d'empire, un monde de force, un monde de violence prédatrice pour le meilleur
00:05:36et pour le pire, évidemment.
00:05:37Les données de base, pour qu'on aie bien à l'esprit ce dont il est question ici.
00:05:41L'Iran, au-delà de la civilisation perse, au-delà du fait que c'est un pays avec une histoire
00:05:45très longue, tout à fait riche, absolument fascinante,
00:05:48c'est depuis 47 ans un régime révolutionnaire.
00:05:51Un régime révolutionnaire qui considère généralement que l'Occident est une puissance satanique.
00:05:56C'est l'utilisation du vocabulaire satanique pour parler de l'Occident, des États-Unis, d'Israël, est au cœur
00:06:03de la rhétorique du régime de Téhéran.
00:06:06Et c'est un régime qui a voulu, comme tout régime révolutionnaire, qui a voulu exporter sa révolution pendant plusieurs
00:06:13années.
00:06:13Donc c'est l'exportation de l'islamisme, Charlotte y reviendra.
00:06:16Absolument.
00:06:17C'est un régime qui, par ailleurs, a une dimension apocalyptique.
00:06:20Et ça, il faut le comprendre, la destruction d'Israël fait partie des objectifs du régime.
00:06:25Donc il ne s'agit pas simplement d'assurer sa présence dans la région, comme une puissance régionale hégémonique.
00:06:31Il s'agit, en dernière instance, pas pour tout le régime, on s'entend, mais pour une fraction du régime,
00:06:35il s'agit d'anéantir un jour Israël, traité à la manière d'une tumeur dans la région,
00:06:40dont il faudrait faire de l'ablation pour libérer le monde de cette présence.
00:06:44C'est un régime qui, par ailleurs, était véritablement à la recherche de l'arme nucléaire, pour une raison simple.
00:06:49On le voit aujourd'hui, et c'est factuel qu'on en pense,
00:06:51l'arme nucléaire permet de sanctuariser un territoire national.
00:06:55On voit, j'y reviendrai dans un instant, l'ampleur de la riposte de l'Iran pour l'instant.
00:06:59Imaginons une riposte avec une capacité nucléaire.
00:07:02Quand Donald Trump dit, nous sommes intervenus maintenant,
00:07:05parce que c'était peut-être la dernière chance, avant que l'Iran ne franchisse le cap nucléaire,
00:07:10ensuite, il y a beaucoup de rhétorique et de propagande là-dedans.
00:07:12Ça fait des années que l'Iran est censé avoir l'arme nucléaire la semaine prochaine.
00:07:16Mais une fois que c'est dit, les Américains disent, le jour où ils auraient l'arme nucléaire,
00:07:20un cap serait franchi.
00:07:22Exactement.
00:07:23Donc ça, c'est dans leur rhétorique.
00:07:24C'est aussi, ne l'oublions pas, ce n'est pas seulement une guerre régionale.
00:07:27C'est une puissance soutenue par la Chine, par la Russie.
00:07:30Donc c'est un lieu où trois grands empires risquent de s'entrechoquer.
00:07:34En fait, s'entrechoquent déjà.
00:07:36Par ailleurs, c'est une guerre, donc cette guerre déclarée,
00:07:41qui remet en question ce que l'on croyait comprendre de Donald Trump.
00:07:44Rappelez-vous la propagande qui tournait autour de le président de la paix,
00:07:48le président de la paix, je pense qu'il nous a permis désormais
00:07:50de ne plus utiliser cette formule autrement que sur le mode comique.
00:07:53Ce n'est pas le président de la paix.
00:07:55Nous le savions, nous le savions, mais c'était sa rhétorique.
00:07:58Peut-être que pour chercher la paix, il faut la guerre.
00:08:00Peut-être qu'on voit ça comme ça, lui.
00:08:02Oui, oui, oui, mais bon, quelquefois, on cherche la guerre,
00:08:04on fait la guerre pour chercher la guerre aussi.
00:08:07Alors, qu'est-ce qu'on voit dans cette séquence-là?
00:08:09Le président américain change de doctrine.
00:08:11Sa doctrine, ce n'est pas la guerre perpétuelle,
00:08:13c'est une guerre de courte durée, dans son esprit, le souhaite-t-il,
00:08:17de quelques semaines, pour faire tomber un régime.
00:08:20Soit dit en passant, par rapport justement à son rapport à la guerre,
00:08:23il y a un excellent papier qui est paru aujourd'hui sur le site américain Compact,
00:08:26qui est une des très bonnes revues de politique américaine,
00:08:29qui dit depuis le début des années 80,
00:08:32donc en gros le traumatisme de la crise de l'ambassade à Téhéran en 79-80,
00:08:37et surtout, on pourrait dire, l'humiliation souvent répétée de l'Iran par rapport aux États-Unis,
00:08:43Trump a toujours été un partisan d'une solution musclée avec l'Iran.
00:08:47Donc, il a toujours considéré, si on doit se méfier des guerres perpétuelles,
00:08:50sans fin pour l'exportation de la démocratie à travers le monde,
00:08:53il a toujours considéré que c'est un régime hostile qu'il faut faire tomber en s'en donnant les
00:08:57moyens.
00:08:58Alors, en quoi est-ce un changement par rapport à ce qu'on connaît des Américains depuis 25-30 ans?
00:09:03On le sait, le mot qui a défini la doctrine des Américains depuis 25-30 ans, c'est néoconservatisme.
00:09:09Le néoconservatisme était cette doctrine qui consistait à imposer la démocratie par les armes,
00:09:14donc on croyait, par une forme d'impérialisme démocratique,
00:09:17on croyait être capable de changer les régimes,
00:09:20créer les conditions de la démocratie dans des régions qui étaient hostiles,
00:09:23et créer ainsi des régimes alliés, les sceptiques diraient des régimes soumis.
00:09:27On est dans une autre logique en ce moment.
00:09:29Trump ne dit pas, parce qu'encore là on fera une nuance,
00:09:32pour l'instant il ne dit pas des troupes au sol,
00:09:35c'est la fameuse formule des bottes au sol, boots on grounds,
00:09:38donc il nous dit, je n'exclus pas la possibilité de troupes au sol,
00:09:41mais pour l'instant l'opération telle qu'il nous l'a présentée dans son discours de samedi de 8
00:09:45minutes,
00:09:46où il était avec son esthétique trumpienne, si américaine, avec sa casquette, ainsi de suite,
00:09:50incarnant une forme de virilité martiale,
00:09:53que nous dit-il à ce moment?
00:09:54Il nous dit, on va dégager le régime, on va bombarder, on va liquider le régime autant qu'on peut,
00:10:00et ensuite c'est un appel lancé aux Iraniens pour qu'ils puissent se débarrasser eux-mêmes,
00:10:04dans une insurrection populaire, de ce régime atroce installé chez eux depuis 47 ans.
00:10:09Donc il ne dit pas, nous allons nous-mêmes arriver toutes renversées,
00:10:12il dit, on crée les conditions pour que vous puissiez vous débarrasser de ce régime.
00:10:17Par ailleurs, on comprend la stratégie qui est à peu près la sienne, la figure du fils du chat.
00:10:22C'est un peu le Juan Carlos en ce moment des Iraniens,
00:10:25c'est-à-dire l'héritier d'une tradition qui pourrait restaurer la démocratie,
00:10:30soutenue par des élites diasporiques, au terme de la liquidation du régime.
00:10:35Je note une chose, parce que vous avez posé la question de l'ordre international,
00:10:38il faut comprendre une chose, le temps du droit international des derniers jours,
00:10:42pour un temps, un nouveau va apparaître, nous retrouvons plutôt le temps de la violence militaire décomplexée
00:10:48et de la diplomatie. La diplomatie, ce n'est pas le droit international.
00:10:51La diplomatie, si on va parler dans un rapport de force, on va essayer de ne pas emmener à la
00:10:55violence,
00:10:55mais il se peut qu'on y vienne, mais nous n'acceptons plus la mise en tutelle de nos souverainetés,
00:11:00de nos armées par le Conseil de l'ONU, par les différentes instances onusiennes.
00:11:04Tout ça, aujourd'hui, c'est un ordre mort.
00:11:06Tout ce qui relève de la gouvernance globale des années 90-2000, tout ça est, je dirais,
00:11:13philosophiquement, existentiellement, institutionnellement mort aujourd'hui.
00:11:16Donc, le monde dans lequel on bascule est un monde impérial, de rapports de force,
00:11:20violents, où on redécouvre manifestement les guerres d'agression, la conquête territoriale,
00:11:25ça c'était plutôt du côté des Russes et de l'Ukraine.
00:11:27On est dans une séquence, finalement, où on doit mettre à jour mentalement tout notre système intellectuel.
00:11:33J'ajoute une chose, ça ne date pas complètement d'hier, rappelez-vous en 2003.
00:11:35Les Américains se sont passés de l'appui de l'ONU pour intervenir en Irak,
00:11:39mais à l'époque, ils faisaient semblant de croire que c'était important.
00:11:42Maintenant, ils veulent qu'on sache qu'ils s'en fichent.
00:11:44À la surprise de plusieurs, on a vu l'Iran se défendre en lançant des missiles un peu partout dans
00:11:49la région,
00:11:50comme si le régime voulait l'embraser. Est-ce que c'est vraiment le cas ?
00:11:55Manifestement, nous sommes devant un régime qui ne se laisse pas anéantir de l'extérieur d'un coup.
00:12:01Ce qui n'est pas surprenant, on peut tous, c'est notre cas, je pense, je me permets de croire,
00:12:05je pense que le nom de tous, le régime de Téhéran est atroce. Il est abject. On le sait.
00:12:10Ensuite, il ne faut pas se surprendre qu'un régime et qu'un pays qui est attaqué se défendent.
00:12:16Dans leur esprit, ils sont agressés. Dans leur esprit, ils se défendent.
00:12:20De quelle manière le font-ils ? Le fameux, la meilleure défense, c'est l'attaque.
00:12:24Donc, ils visent, disent-ils, des bases militaires pour l'essentiel américaine présentes dans les États du Golfe,
00:12:31en disant, nous allons attaquer ces bases, nous allons frapper directement tout cela.
00:12:36Évidemment, on ne vise jamais parfaitement, donc il y a toujours des cibles qui sont mal dirigées.
00:12:41On constate aussi qu'ils frappent peut-être aussi volontairement des populations civiles, par exemple des hôtels et ainsi de
00:12:46suite.
00:12:47Gabriel nous en parlera dans un instant, je crois.
00:12:49Merci de faire le sommaire de l'émission.
00:12:50Donc, on est...
00:12:51Je distribue comme ça.
00:12:53Je vois ça.
00:12:54C'est le putsch.
00:12:57Donc, ce qu'on voit à travers cela, c'est une volonté de frapper partout en disant,
00:13:01regardez, vous nous avez peut-être déstabilisés, mais on est capable de maintenir...
00:13:06Notre appareil à l'hierge militaire est capable de nous permettre de faire une riposte de grande envergure qui surprend
00:13:10tout le monde.
00:13:11Plusieurs se disaient, quand Trump disait, on va intervenir, vous allez vous coucher.
00:13:16Vous allez, et ceux qui voudraient se lever, vous allez payer le prix.
00:13:19Alors, on a vu d'abord...
00:13:20Ils sont capables de résister.
00:13:21Exactement.
00:13:22Donc, avec Israël, déjà, ils ont liquidé une partie de la classe dirigeante iranienne,
00:13:26mais on constate que les régimes avaient prévu la possibilité de cette liquidation,
00:13:30donc il s'est décentralisé et il y a plusieurs commandements militaires aujourd'hui qui peuvent agir assez librement.
00:13:35Donc, c'est sur le mode...
00:13:36On n'attend pas l'autorisation de Téhéran pour frapper tel ou tel endroit.
00:13:40Le résultat, c'est une volonté explicite de régionaliser la guerre, une volonté explicite d'embraser la région,
00:13:47une volonté explicite de faire en sorte que tout soit entraîné dans ce qui deviendrait un bourbier.
00:13:53Et ensuite, analysant la situation, j'ajoute un détail qui me semble important.
00:13:57On va devoir, dans les jours à venir, dans les semaines à venir,
00:14:00faire attention au vocabulaire de propagande qui vient d'un côté comme de l'autre.
00:14:04On ne peut pas simplement, comme j'ai cru le voir ailleurs,
00:14:07reprendre les communiqués qui viennent de tel gouvernement ou de tel autre.
00:14:10Il nous est nécessaire de décrypter le langage de propagande qui est inévitablement celui de la guerre.
00:14:16Par ailleurs, les Américains nous ont dit une guerre de quatre semaines environ,
00:14:19ou plus si nécessaire, ou plus si nécessaire.
00:14:22On quitte complètement l'idée d'une opération simulée, commando, parenthèse vite fermée.
00:14:27On entre dans un type de guerre dont on n'avait plus l'habitude depuis un bon moment.
00:14:32Dernière question, on va revenir sur le nouvel ordre international qui se met en place.
00:14:38Quelles en sont les grandes caractéristiques de ce nouvel ordre?
00:14:41Alors, le premier élément, je crois, c'est, je le disais de certaine manière,
00:14:44la notion de droit international qui s'inscrivait à la rigueur dans les utopies de 1914,
00:14:49surtout 1918, 1945, 1989.
00:14:53Ce droit international ne nous engage plus.
00:14:55En fait, les Européens sont les derniers à y croire.
00:14:57Ils sont les derniers à y croire.
00:14:59Donc, le langage de la diplomatie, c'est un autre langage.
00:15:02C'est un langage qui ne propose pas l'illusion démocratique de l'égalité des États.
00:15:06C'est un langage du pur rapport de force.
00:15:08Et de ce point de vue, les Américains sont déjà là-dedans.
00:15:11De puissance, intimidation, capacité impériale, soumission,
00:15:15et une volonté explicite de leur part de vassaliser leurs alliés.
00:15:19De l'autre côté, la volonté de la part des Américains de ne plus tolérer,
00:15:23parce qu'on l'a vu, je parle ici de Kerstarmer.
00:15:25Kerstarmer, Trump lui a dit, ça vous a pris beaucoup de temps de vous rallier à notre opération.
00:15:30Ensuite, de l'autre côté, on considère que les Américains,
00:15:32et presque, on les comprend, disent, un régime qui nous est hostile,
00:15:36qui veut notre mort, qui annonce sans cesse notre destruction,
00:15:39est un régime qui est intolérable.
00:15:41Et de ce point de vue, il ne faudra pas se surprendre, dans les années à venir,
00:15:43avoir de plus en plus d'opérations militaires, soit ciblées, soit longues,
00:15:47contre des régimes jugés hostiles.
00:15:49Il ne faudra pas se surprendre qu'il y ait une forme de multiplication,
00:15:52des frictions entre les empires.
00:15:54Et on doit constater qu'à travers cela, je le dis,
00:15:56l'Europe est désormais spectatrice de sa propre histoire.
00:15:59Et on l'a vu avec Emmanuel Macron, qui nous a dit, finalement,
00:16:01je n'ai même pas été averti que cette opération avait lieu.
00:16:03Quel triste aveu.
00:16:04Quel triste aveu.
00:16:06On verra dans votre second édito, Mathieu Bocoté.
00:16:08On va s'arrêter sur la France,
00:16:10parce que là, on se pose beaucoup de questions.
00:16:11Effectivement, que peut faire la France ?
00:16:13Quel rôle pour la France ?
00:16:16Avec vous, Gabriel Cusel, dans un instant,
00:16:18on verra un peu ses influenceurs
00:16:19qui se croyaient en sécurité à Dubaï.
00:16:23On s'arrêtera un peu là-dessus.
00:16:25Et Charlotte Dornelas, on parlera de cette petite ligne éditoriale,
00:16:29effectivement, qui nous relie à l'Iran.
00:16:31L'islamisme, ou plutôt l'islamo-gauchisme,
00:16:34c'est très important.
00:16:35Marc Menand, on va s'arrêter avec vous sur la dissuasion nucléaire
00:16:39dans le prologement de ce que disait Mathieu Bocoté.
00:16:41« Cette période justifie un durcissement de notre dissuasion nucléaire »,
00:16:46a affirmé Emmanuel Macron depuis les longues.
00:16:49Un discours capital, un discours qui était déjà prévu,
00:16:54mais qui marque vraiment un véritable tournant.
00:16:57Dites-nous pourquoi.
00:16:57Et déjà théâtralisé, pour essayer de montrer que la France,
00:17:02elle n'est pas engloutie par ses grandes puissances,
00:17:05qu'elle existe encore.
00:17:06Ce qui fait que ce matin, dans son avion personnel,
00:17:12pour gagner l'île longue,
00:17:14il était encadré de chasseurs de l'armée,
00:17:18pour montrer que la France était en situation potentielle de guerre,
00:17:24qu'elle n'était pas là en train de suivre au loin les événements,
00:17:28qu'elle était mobilisée.
00:17:29Alors, tout de suite, il a tenu à parler déjà de ce qui avait été mis en place.
00:17:36Il a annoncé l'invincible en 1900,
00:17:39qui en 2036 sera fièrement dressé sur les flots
00:17:44avec tout un armement nucléaire.
00:17:472036.
00:17:48Alors, il est évident qu'il lui fallait quelque chose de plus fracassant
00:17:53pour essayer de démontrer que notre capacité à réaction,
00:17:58elle était là et bien là.
00:18:00Alors, on va reprendre quelques mots en l'écoutant,
00:18:03que vous avez formulés sur le discours du président de la République.
00:18:10Nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire face à la combinaison des menaces
00:18:15et nous devons penser notre stratégie de dissuasion
00:18:19dans la profondeur du continent européen,
00:18:22dans le plein respect de notre souveraineté,
00:18:25avec la mise en place progressive
00:18:27de ce que j'appellerais une dissuasion avancée.
00:18:32Alors, une dissuasion avancée,
00:18:35on reste les maîtres du jeu,
00:18:37mais avec les autres.
00:18:38D'ailleurs, il dit que l'indépendance ne peut pas être solitude.
00:18:43Il nous faut donc regarder comment nous allier avec nos partenaires.
00:18:49Il y a cette idée de dissuasion avancée
00:18:51qui sous-entend quoi ?
00:18:53Eh bien, une armée européenne
00:18:56avec une coordination où il faut forcer le pas, dit-il.
00:19:01Donc, changer la façon dont nous nous comportons
00:19:06depuis ces décennies.
00:19:09Alors, il insiste.
00:19:11Et il dit, les traités actuels, ils sont en ruine.
00:19:14C'est l'analyse qu'il a formulée il y a quelques instants.
00:19:17Voilà, voilà, voilà.
00:19:18Et il faut reconstruire un corps de règles.
00:19:22Et puis, à partir de là, il dit, nous avons, nous, déjà,
00:19:26un programme de missiles stratégiques hypersoniques qui est lancé.
00:19:33Alors, ce qui est extraordinaire, on a l'impression, quand on l'écoute,
00:19:35que nous sommes dans une situation de réaction.
00:19:39si, à un instant donné, il y avait une menace.
00:19:42C'est quand même oublié que les spécialistes, depuis quelques semaines,
00:19:45nous disent que s'il y avait, par exemple, un conflit
00:19:48qui se durcissait avec la Russie,
00:19:51on tiendrait au plus trois jours de munitions.
00:19:54Là, on oublie tout ça.
00:19:55On essaie de se dire que non, non,
00:19:57il y a la possibilité d'agir.
00:19:59Et puis, il nous faudra un archipel.
00:20:02Un archipel, c'est donc la capacité à avoir nos forces
00:20:07se disperser partout en Europe,
00:20:10où nous serions accueillis avec notre force nucléaire.
00:20:15Il y aurait un gouvernement, avant tout, bilatéral.
00:20:18Il a signifié aussi, juste avant,
00:20:21qu'avec la Grande-Bretagne,
00:20:22on avait déjà, dès le mois de juillet,
00:20:25tramé ce qui pouvait être une sorte d'association.
00:20:29La Grande-Bretagne, qui, comme nous, a sa force nucléaire.
00:20:33Voilà ce qu'il met en place.
00:20:34Et puis après, il y a cette notion
00:20:36de commandement bilatéral avec les Allemands.
00:20:41Et là, il décline.
00:20:42Il dit un dialogue de coordination stratégique
00:20:46sur nos forces conventionnelles,
00:20:48les antimissiles et les capacités nucléaires.
00:20:52Et puis, il ajoute, attention,
00:20:55C'est la France qui garde le contrôle
00:20:58de la force de frappe nucléaire.
00:21:01Cette force de frappe
00:21:03qui est toujours une charge d'épouvante.
00:21:07Et la décision ultime, elle dépendra de nous.
00:21:10Alors, ça pose quand même des questions.
00:21:12Comment peut-on avoir un gouvernement bilatéral,
00:21:15de gestion,
00:21:16et avec un moment précis,
00:21:19uniquement le président français
00:21:21qui déciderait ?
00:21:23Et puis, si on va plus loin,
00:21:24comment armer des avions
00:21:27qui, quand on est allemand, suédois et autres,
00:21:31ne sont surtout pas des avions français,
00:21:33puisque tous les Européens, jusqu'à présent,
00:21:35ont boudé nos forces créatrices ?
00:21:38Alors, comment unifier, je dirais déjà,
00:21:41cette matérialité,
00:21:42pour qu'elle puisse avoir sa force de frappe
00:21:45dans toute son amplitude ?
00:21:48Et puis, imaginons, puisqu'il dit
00:21:50« Nous avons déjà huit pays
00:21:53qui sont d'accord avec nous ».
00:21:55Alors, il donne l'Allemagne, bien sûr,
00:21:57la Suède, le Danemark,
00:21:59les Pays-Bas.
00:22:00Tu m'étonnes qu'ils soient d'accord.
00:22:02La Pologne, la Grèce, la Belgique,
00:22:05le Royaume-Uni, c'est-à-dire...
00:22:06Mais ce qui est extraordinaire...
00:22:07Je voudrais bien savoir si les Français sont d'accord.
00:22:09Oui, mais attends, pour aller dans votre sens,
00:22:13pour aller dans votre sens,
00:22:14la Pologne...
00:22:15Non, je pose des questions.
00:22:16Non, mais la Pologne,
00:22:17qui peut se sentir légitimement menacée
00:22:19avec l'ogre russe à côté d'elle,
00:22:23imaginons que la Pologne dise
00:22:25« Mais là, il faut agir ».
00:22:27Alors, on a promis à ses alliés
00:22:30d'être à l'écoute de leurs intentions,
00:22:34et surtout, si nous-mêmes,
00:22:35nous estimons qu'ils ont une situation
00:22:39qui devient périlleuse,
00:22:42nous les aiderons.
00:22:43Alors, que fait le Président de la République
00:22:45si les Polonais lui disent
00:22:48« Envoyez donc une charge nucléaire de dissuasion ».
00:22:52Alors, là aussi, il précise,
00:22:53il dit « On n'est pas du tout...
00:22:55On est dans la défensive.
00:22:57On ne cherche pas à s'armer
00:22:59pour une bataille nucléaire.
00:23:00Non, ça serait simplement un avertissement.
00:23:03Mais déjà, là, j'ai essayé de poser l'équation
00:23:06de qui véritablement décide,
00:23:08même si potentiellement,
00:23:09il dit qu'il est, lui, l'ultime décideur,
00:23:13alors qu'en réalité,
00:23:16la stratégie, elle est globale.
00:23:18On ne peut pas avoir une stratégie globale
00:23:19en étant celui qui décide pour tout le monde.
00:23:23Il y a quelque chose d'inepte, je dirais,
00:23:27dans ses propos.
00:23:28Et puis après, il y a le financement.
00:23:30Parce qu'on est là, on tape sur la table.
00:23:34Je vous ai dit ce matin, ce côté atlétral.
00:23:36Il part avec son avion,
00:23:37les chasseurs autour de lui.
00:23:40Et puis, il va falloir payer tout ça.
00:23:43Comment arriver à déclencher
00:23:45cette capacité à armer
00:23:48pour être dans cet archipel européen
00:23:52qui serait moins dans la crainte des autres ?
00:23:55Et que fait-on aussi de ces armées
00:23:58de jeunes troufions
00:23:59que l'on voulait monter il y a quelque temps ?
00:24:01Ça coûtait déjà une certaine somme.
00:24:03Vous la voyez s'inscrire dans cette logique-là,
00:24:06cette force armée des jeunes volontaires ?
00:24:09Vous voyez qu'au-delà des propos,
00:24:12eh bien malheureusement,
00:24:13on a aujourd'hui encore besoin
00:24:15de beaucoup, beaucoup d'éclairage.
00:24:18Pour être libre, il faut être craint,
00:24:20a dit le président de la République.
00:24:22Le champ des règles est un champ de ruines.
00:24:24Aucun État, si puissant soit-il,
00:24:27ne pourrait s'y soustraire.
00:24:29Aucun, si vaste soit-il,
00:24:30ne s'en remettrait.
00:24:32Il a dit aussi, soyons puissants,
00:24:33soyons unis, soyons libres.
00:24:35Écoutez ce qu'il a dit
00:24:36sur le siècle nucléaire.
00:24:38Ensuite, je vais vous entendre peut-être, Mathieu,
00:24:40sur cette dissuasion nucléaire à avancer.
00:24:42Peut-être juste un mot.
00:24:44Le demi-siècle qui vient,
00:24:47sera un âge d'armes nucléaires.
00:24:51La France, déterminée, libre, confiante,
00:24:58y tiendra tout son rôle.
00:25:01Elle continuera de se fortifier
00:25:03et pour son propre bénéfice,
00:25:06elle arrimera ce cap sur l'Atlantique
00:25:10au socle européen.
00:25:13Tel est mon message aujourd'hui.
00:25:15Soyons puissants,
00:25:17soyons unis,
00:25:19soyons libres.
00:25:22Soyons puissants,
00:25:23soyons unis,
00:25:23soyons libres.
00:25:24Votre regard sur cette dissuasion avancée,
00:25:26on en a beaucoup parlé dans Face à l'Info,
00:25:28donc c'est pour ça que j'aimerais vous entendre.
00:25:29C'est pour ça que je pense qu'il faut décrypter.
00:25:30Si j'ai bien compris, avancer, ça veut dire
00:25:33mise en commun européenne de la dissuasion française,
00:25:36de la capacité de dissuasion française.
00:25:38Je comprends, on y reviendra probablement,
00:25:40que c'est une volonté de s'appuyer sur l'arme nucléaire française
00:25:43pour accélérer la fédéralisation de l'Europe.
00:25:46Et je ne suis pas étonné de voir que plusieurs pays,
00:25:48on leur offre la possibilité d'y participer d'une certaine manière.
00:25:51Ils sont d'accord.
00:25:52La France a développé, la France a payé,
00:25:53la France a porté en fonction de ses intérêts.
00:25:55Et on dit ensuite aux autres, vous voulez votre part.
00:25:57Je connais rarement des gens qui refusent une part de gâteau gratuite.
00:26:00On est d'accord.
00:26:01Merci pour votre regard.
00:26:03Avec Isabelle Piboulot,
00:26:04on va avoir les dernières informations sur le terrain.
00:26:08Juste les dernières informations sur le terrain
00:26:09avant de revenir avec Gabriel Cluzel
00:26:12sur ces Français qui sont partis à l'étranger, à Dubaï.
00:26:16On aura aussi la ministre déléguée à la francophonie,
00:26:20à Eléonore Carroix pour savoir
00:26:22quelle stratégie elle met en place
00:26:24pour aider ces Français qui sont à l'étranger.
00:26:27Isabelle Piboulot,
00:26:28quels sont les dernières informations ?
00:26:30Bonsoir Christine, bonsoir à tous.
00:26:31Elle a eu un pétrolier dans le détroit d'Hormuz
00:26:34attaqué par les gardiens de la révolution.
00:26:36Le navire Athénova lié aux Américains a pris feu
00:26:39après avoir été touché par deux drones.
00:26:42Samedi, l'armée idéologique de la République islamique
00:26:45avait indiqué que le détroit stratégique d'Hormuz
00:26:47était dangereux et donc fermé
00:26:49à la navigation.
00:26:51Donald Trump n'exclut pas d'envoyer des troupes américaines
00:26:54au sol en Iran,
00:26:55mais pour l'heure, le président américain soutient
00:26:57ne pas en avoir besoin.
00:26:59Ceci étant, la grande vague de l'offensive américaine
00:27:02est encore à venir, dit-il.
00:27:04Au troisième jour de guerre,
00:27:05au moins quatre militaires américains ont été tués.
00:27:09Et puis, huit pays européens acceptent de participer
00:27:11à la dissuasion avancée proposée par la France.
00:27:14Emmanuel Macron a soutenu dans son discours
00:27:16depuis le Finistère, vouloir augmenter le nombre de têtes nucléaires.
00:27:20La Pologne s'engage à continuer à travailler avec ses amis,
00:27:23annonce le Premier ministre Donald Tusk,
00:27:25afin de dissuader des ennemis potentiels.
00:27:28Merci beaucoup Isabelle Piboulot.
00:27:30On vous retrouve à 20h pour les dernières informations.
00:27:33Pendant le week-end, les influenceurs de Dubaï
00:27:36se sont soudain souvenus
00:27:37qu'ils étaient français,
00:27:39réclamant de la mère patrie
00:27:41qu'elle vienne les sauver.
00:27:43Ils ont été moqués sur les réseaux sociaux,
00:27:46mais au fond, cette première réaction,
00:27:48est-ce qu'elle n'est pas révélatrice,
00:27:50Gabriel Cluzel ?
00:27:51Tous ceux qui font mine de mépriser
00:27:54leur nationalité française,
00:27:56finalement, savent bien
00:27:58qu'elle est une puissance de protection.
00:28:00Oui, alors on dit qu'on ne se révèle que dans l'adversité.
00:28:04Eh bien, eux, dans l'adversité,
00:28:05se sont révélés patriotes.
00:28:07Leurs passeports, ils y tiennent
00:28:08comme la prunelle de leurs yeux.
00:28:10La bosse du patriotisme
00:28:12leur est soudain poussée
00:28:13quand ils ont entendu les bombardements iraniens.
00:28:16Alors, Dubaï, pour les influenceurs,
00:28:18a la réputation d'être un paradis fiscal.
00:28:20Ils peuvent profiter au maximum
00:28:22du frissonnant et trébuchant
00:28:23de leur influence,
00:28:25donc de leur notoriété.
00:28:26Aucun impôt sur le revenu
00:28:27ni sur les sociétés.
00:28:29C'est un paradis tout court, disent-ils.
00:28:32Ils ne se font pas prier pour le faire savoir.
00:28:33Ils sont, de ce fait,
00:28:35l'instrument du soft power, d'ailleurs, de Dubaï.
00:28:38On voit que leur exonération fiscale,
00:28:39c'est d'ailleurs du donnant-donnant.
00:28:41Donc, ils vantent le charme de Dubaï
00:28:45et puis ils réinjectent cet argent
00:28:46qu'ils ont quand même collecté
00:28:47auprès de leurs followers,
00:28:49comme on dit généralement français,
00:28:52dans l'économie de Dubaï
00:28:54et pas dans l'économie française.
00:28:57Sauf que ce week-end,
00:28:58le paradis a tourné à l'enfer,
00:29:00au moins au purgatoire.
00:29:01Et c'est à ce moment-là
00:29:02qu'ils se sont rendus compte
00:29:04qu'ils étaient français.
00:29:05c'est vers la France
00:29:06qu'ils se sont tournés,
00:29:08agitant leur passeport,
00:29:09appelant au secours
00:29:11et même outré parfois
00:29:13que la France ne se bouge pas plus vite,
00:29:16demandant à être rapatriée
00:29:17après l'annulation des vols
00:29:20à la suite des frappes iraniennes.
00:29:22Alors, on peut comprendre,
00:29:23c'est vrai,
00:29:24leurs angoisses pour eux
00:29:25et pour leurs enfants,
00:29:25c'est évident.
00:29:27Mais sur les réseaux sociaux,
00:29:29c'est vrai que ce patriotisme
00:29:30d'opportunité a beaucoup agacé.
00:29:33Rappelons que c'est vrai
00:29:35qu'ils ont fui dans un paradis fiscal
00:29:39pour ne pas payer les impôts
00:29:42qui servent à cette protection,
00:29:45évidemment,
00:29:46qu'aujourd'hui, ils réclament.
00:29:48Et il faut bien que cette protection,
00:29:49elle soit permise par les impôts
00:29:51d'autres,
00:29:52ceux qui sont restés
00:29:52sur le plancher des vaches bien français.
00:29:56Alors, il y en a surtout
00:29:57l'une d'entre eux
00:29:58qui a fortement fait réagir.
00:29:59Il s'agit de Maéva Genam.
00:30:00J'espère que je le prononce bien.
00:30:02Cette star de la télé-réalité
00:30:03s'était fait remarquer
00:30:04dans une émission
00:30:05hautement intellectuelle
00:30:06qui s'appelait
00:30:06Les Marseillais.
00:30:08Elle s'est installée
00:30:09en 2024 à Dubaï.
00:30:11Alors, dans une story Instagram,
00:30:14elle supplie impérieusement
00:30:16la France.
00:30:17Elle dit
00:30:17« On a tous nos passeports ici.
00:30:19On est des Français.
00:30:21Un haut.
00:30:21La France, protégez-nous. »
00:30:24La France, protégez-nous.
00:30:25Pourquoi elle, plus que d'autres,
00:30:26elle a suscité de nombreuses réactions ?
00:30:28Oui, elle a cristallisé l'agacement,
00:30:30si j'ose dire,
00:30:30parce qu'elle est connue
00:30:31pour avoir déclaré,
00:30:32je cite,
00:30:33« Pour rien au monde,
00:30:34je ne rentrerai en France. »
00:30:35« Pour rien au monde,
00:30:36visiblement, ça se discute. »
00:30:39De confession musulmane,
00:30:40elle a fait un pèlerinage
00:30:41à la Mecque
00:30:42en décembre 2023
00:30:43et depuis ce jour
00:30:44a décidé de porter le voile
00:30:45tous les vendredis.
00:30:46Pourquoi je parle de tout ça ?
00:30:47Parce que ça a fortement
00:30:48influé sa décision
00:30:50d'aller,
00:30:51de partir à Dubaï.
00:30:52Elle explique qu'il est bien plus facile
00:30:53de pratiquer sa foi
00:30:54dans une vidéo,
00:30:55on peut prier cinq fois,
00:30:57alors qu'une vidéo
00:30:57la monte sur un marché
00:30:59de Noël français
00:31:00où, dit-elle,
00:31:01c'est terrible,
00:31:01il n'y a que du cochon.
00:31:03Du reste,
00:31:04pour elle,
00:31:05son vrai pays,
00:31:06ce n'est ni Dubaï
00:31:07ni la France,
00:31:08c'est l'Algérie,
00:31:09parce qu'elle est
00:31:10d'origine algérienne.
00:31:11Donc,
00:31:11elle s'est déclarée
00:31:12dans une vidéo
00:31:13100% algérienne,
00:31:15et ça,
00:31:16c'était avant
00:31:16les bombardements,
00:31:17et c'est là,
00:31:18dit-elle,
00:31:18qu'elle veut être enterrée,
00:31:20elle a même écrit
00:31:21un testament dans ce sens,
00:31:23elle dit,
00:31:23je cite,
00:31:24je ne veux pas du tout,
00:31:25entre guillemets,
00:31:26me faire enterrer en France.
00:31:28Elle est d'ailleurs désolée,
00:31:29parce que comme elle est allée une fois...
00:31:31Tout le monde a tendu
00:31:31la touffe de grands yeux,
00:31:32parce que c'est...
00:31:33Pourquoi ?
00:31:34Non, parce que tout le monde
00:31:35n'était pas au courant
00:31:36de toutes les précisions
00:31:37que vous apportiez.
00:31:38Oui, voilà.
00:31:39Elle a été loin,
00:31:40effectivement,
00:31:41dans ses propos auparavant.
00:31:41Voilà,
00:31:42donc vous comprenez
00:31:43que c'est pour ça
00:31:44que parmi tous les influenceurs
00:31:45qui ont appelé
00:31:46à être apatriés,
00:31:47et c'est elle qui a suscité
00:31:48le plus de réactions.
00:31:51Elle est d'ailleurs désolée,
00:31:53parce que comme elle est allée
00:31:53une fois en Israël,
00:31:54dit-elle,
00:31:55et elle n'a pas le droit
00:31:56de revenir dans son pays,
00:31:58qui finalement n'est pas
00:31:58très sympa avec elle.
00:32:00Et curieusement,
00:32:01ce n'est pas ce pays
00:32:02auquel elle appartient
00:32:03à 100%,
00:32:04c'est à l'autre
00:32:05qu'elle appartient à 0%,
00:32:07mis à part un passeport
00:32:08qui apparemment
00:32:09compte pour du beurre,
00:32:10et bien qu'elle appelle
00:32:11au secours,
00:32:12alors convenons-en,
00:32:13quand même,
00:32:13il n'y a pas beaucoup
00:32:14d'honneur et d'amour propre
00:32:16dans son appel à l'aide.
00:32:18C'est un peu française
00:32:19quand ça l'intéresse.
00:32:21Alors,
00:32:21du reste,
00:32:22ce matin,
00:32:22reprenant ses esprits,
00:32:24elle expliquait
00:32:24qu'elle voulait rester
00:32:25à Dubaï,
00:32:26parce que finalement,
00:32:27on y est bien plus
00:32:28en sécurité
00:32:29qu'en France.
00:32:30Il faut savoir
00:32:31qu'elle a prêté
00:32:31main forte
00:32:32à la campagne électorale
00:32:33de M. De Logu,
00:32:35en toute logique,
00:32:36pour avoir plus de sécurité
00:32:37en France,
00:32:38et surtout avec le RN
00:32:39ou Reconquête,
00:32:39qu'elle aurait dû faire campagne,
00:32:40mais visiblement,
00:32:41elle a fait un autre choix.
00:32:43Il faut savoir
00:32:43que de toute façon,
00:32:44elle ne peut pas quitter Dubaï,
00:32:45parce qu'elle fait l'objet
00:32:46d'un travel ban.
00:32:46Vous savez,
00:32:47c'est une interdiction
00:32:48de quitter Dubaï
00:32:49dans le cadre
00:32:50d'une affaire juniciaire
00:32:51de bagarre.
00:32:52Alors,
00:32:52on remarquera,
00:32:53c'est un peu curieux,
00:32:53qu'ils sont nombreux
00:32:54à avoir viré de bord
00:32:56à 180 degrés.
00:32:57Aujourd'hui,
00:32:58les influenceurs disent
00:32:59qu'ils sont très tranquilles
00:33:00à Dubaï,
00:33:00que ça se passe très bien.
00:33:01Certains disent
00:33:02qu'ils ont eu des consignes
00:33:03dans ce sens.
00:33:04Je ne sais pas.
00:33:06Mais curieusement,
00:33:07ce sont les pays
00:33:08qui la malmènent
00:33:09le plus finalement.
00:33:10Quel en sens ?
00:33:11Alors,
00:33:12dans un instant,
00:33:12on aura d'ailleurs
00:33:15des Français de l'étranger.
00:33:16Léonore Carrois,
00:33:17vous avez parlé
00:33:18de patriotisme
00:33:19d'opportunité.
00:33:20Entre parenthèses,
00:33:21on voit souvent ça
00:33:21dans la santé.
00:33:22Mais là,
00:33:23dans la sécurité,
00:33:25c'est plutôt rare.
00:33:27Ce n'est pas la première fois.
00:33:28Ça procède de la même logique.
00:33:30La même logique,
00:33:31exactement.
00:33:32Mais ce n'est pas
00:33:32la première fois,
00:33:32effectivement,
00:33:33que des Français
00:33:35prétendent détester la France,
00:33:37font appel à elle
00:33:38dans l'adversité
00:33:39et le danger.
00:33:40Oui,
00:33:41alors évidemment,
00:33:41je ne veux pas
00:33:42tout mélanger.
00:33:43On ne peut pas comparer
00:33:44des influenceurs,
00:33:45même s'ils ont craché
00:33:45sur la France
00:33:46avec des terroristes.
00:33:47Mais l'idée est simplement
00:33:48que de voir l'inconscient,
00:33:50dans l'inconscient
00:33:51de tous ceux
00:33:51qui détestent la France,
00:33:53la France reste
00:33:54une patrie protectrice,
00:33:56même s'ils l'ont trahi.
00:33:59Par exemple,
00:33:59plusieurs dizaines
00:34:00de femmes françaises
00:34:01parties rejoindre
00:34:02l'État islamique
00:34:02et détenues
00:34:03dans des camps kurdes,
00:34:04via leur avocat
00:34:06ou leur famille,
00:34:06ont demandé
00:34:07leur rapatriement
00:34:08en France,
00:34:08celui de leurs enfants.
00:34:10On ne sait pas
00:34:10si rapatriement
00:34:11dans ce cas
00:34:12est le terme bien adapté.
00:34:13Et même si elles sont
00:34:15rapatriées
00:34:16et si elles ont été
00:34:16rapatriées
00:34:17pour être mises
00:34:17en examen,
00:34:18elles savent
00:34:19que les conditions
00:34:19carcérales
00:34:20seront de toute façon
00:34:21beaucoup moins rudes.
00:34:22On a eu aussi
00:34:23le cas du djihadiste
00:34:24Adrien Guial,
00:34:26alias Abu Oussama,
00:34:27retenu dans une prison
00:34:28au nord de la Syrie.
00:34:29Il est quand même
00:34:30tristement connu
00:34:31parce que c'est lui
00:34:31qui avait revendiqué
00:34:32au nom de l'État islamique
00:34:34l'attentat de Nice
00:34:35en juillet 2016
00:34:36et l'assassinat
00:34:37d'un couple de policiers
00:34:38à Magnanville,
00:34:39en 2016 aussi je crois.
00:34:41Lui, il avait demandé
00:34:42par le biais de sa mère
00:34:43à être rapatrié en France
00:34:44pour les mêmes motifs.
00:34:45Là, la justice a refusé.
00:34:48Il sera donc jugé en Irak
00:34:49sans doute
00:34:50avec beaucoup moins
00:34:50de magnanimité
00:34:51qu'en France.
00:34:53Mais on se demande
00:34:54où est l'honneur
00:34:56et on voit bien
00:34:56qu'il ne croit pas
00:34:57une seconde
00:34:58à ce qu'il raconte.
00:34:59Ils savent au fond
00:34:59ce que représente
00:35:01l'immense chance
00:35:02d'être français.
00:35:04Alors encore une fois,
00:35:05c'est des comparaisons
00:35:09qui doivent être pondérées.
00:35:11Mais tout cela fait penser
00:35:13mutatis, mutandis
00:35:14à la France insoumise.
00:35:15Vous savez qu'ils crachent
00:35:16toute la journée
00:35:16sur la police
00:35:17mais réclament sa protection
00:35:19dès qu'elle est bousculée
00:35:20sur les réseaux sociaux.
00:35:22Si la police tue,
00:35:23comme ils disent,
00:35:23écoutez, il faut s'en tenir
00:35:24à distance,
00:35:25c'est plus prudent.
00:35:26Ce n'est pas ce qu'ils font.
00:35:28Et il faut savoir
00:35:29que cette protection,
00:35:31comment dire,
00:35:32française offerte
00:35:33ou à ses ressortissants
00:35:34est un luxe précieux
00:35:35mais qui a un coût
00:35:37pour parfois
00:35:37pour sauver des vies
00:35:39des ressortissants.
00:35:40Eh bien, certains
00:35:41donnent leur propre vie
00:35:42en mai 2023.
00:35:44Deux militaires
00:35:44des forces spéciales,
00:35:46Cédric de Pierrepont
00:35:47et Alain Bertoncello
00:35:48ont perdu la vie
00:35:49en libérant quatre otages,
00:35:51dont deux Français
00:35:51au Burkina Faso.
00:35:53En attendant,
00:35:54il reste un otage français
00:35:55dans les jaunes algériennes.
00:35:57Journaliste Christophe Gleiz,
00:35:58celui-là,
00:35:59n'a pas été exfiltré,
00:36:00gageant que son sort
00:36:01est encore moins enviable
00:36:02que celui des influenceuses
00:36:03de Dubaï
00:36:04et pourtant lui aussi
00:36:05il a un passeport français.
00:36:07Merci beaucoup, Gabrielle.
00:36:09Et Léonore Carrois,
00:36:10ministre déléguée
00:36:12en charge des Français
00:36:14de l'étranger,
00:36:15doit être en ligne
00:36:16avec nous d'un instant à l'autre.
00:36:17Elle n'est pas encore connectée,
00:36:18me dit-on,
00:36:19dès qu'elle est connectée.
00:36:20On la prend pour réagir,
00:36:21effectivement,
00:36:22à ces Français
00:36:23qui sont à l'étranger
00:36:24pour savoir,
00:36:24effectivement,
00:36:25combien sont-ils,
00:36:26est-ce qu'elle est en contact
00:36:27avec eux
00:36:28et comment est-ce qu'ils arrivent
00:36:29à mettre en place
00:36:30ce rapatriement
00:36:31de ces Français
00:36:32et je note entre parenthèses
00:36:34ce patriotisme d'opportunité
00:36:36que vous avez souligné.
00:36:37Dans un instant,
00:36:37nous aurons notre invité
00:36:39en visio depuis le Liban,
00:36:41Fouad Abou Nader,
00:36:43ancien commandant
00:36:43en chef des forces libanaises.
00:36:45Ce sera intéressant
00:36:46de la voir
00:36:46puisque c'est au Liban
00:36:47que les choses
00:36:48se sont déroulées aujourd'hui
00:36:50de façon très vive.
00:36:53Restez avec nous,
00:36:54on vous voit en ligne
00:36:54Fouad Abou Nader,
00:36:55on fait la chronique
00:36:56de Charlotte Darnelas
00:36:57que vous connaissez,
00:36:58si j'ai bien compris,
00:36:59et on revient vers vous
00:37:01dans un instant.
00:37:02Plusieurs,
00:37:04depuis quelques jours,
00:37:05Charlotte Darnelas,
00:37:06elle lit
00:37:07ce qu'il se passe en Iran
00:37:09à notre propre histoire,
00:37:10voire notre responsabilité.
00:37:13C'est très important
00:37:14de se poser la question
00:37:15ce soir,
00:37:16est-ce que cette guerre
00:37:17contre l'islamisme
00:37:18est aussi la nôtre,
00:37:20finalement ?
00:37:21Alors c'est vrai
00:37:22que ces derniers jours,
00:37:22on a vu des réactions
00:37:23extrêmement diverses,
00:37:24notamment sur cette question.
00:37:26Il y a évidemment
00:37:27la réaction la plus spectaculaire,
00:37:29peut-être,
00:37:29c'est celle de la diaspora.
00:37:30Je note qu'en effet,
00:37:31la diaspora,
00:37:32en tout cas majoritaire,
00:37:34est assez logiquement opposée
00:37:36qu'est au régime en place,
00:37:37qui définit un peu
00:37:38des réfugiés politiques.
00:37:39C'est toujours moins étonnant
00:37:40que des personnes
00:37:42qui célèbrent le pays
00:37:44qu'ils ont quitté
00:37:44pour conspire celui
00:37:45qu'ils ont rejoint.
00:37:46Là, en l'occurrence,
00:37:47les rôles sont plutôt
00:37:48mieux distribués.
00:37:50Il y a évidemment,
00:37:51et donc ces personnes
00:37:52qui se réjouissent
00:37:53de l'éventualité
00:37:54de la chute du régime
00:37:56qui est aujourd'hui
00:37:56en place en Iran.
00:37:57Il y a également
00:37:58la question de la réalité
00:38:00de la guerre contre l'islamisme.
00:38:02L'islamisme est une pieuvre
00:38:04que l'on fait parfois
00:38:06apparaître comme un bloc.
00:38:07Or, il y a les islamistes
00:38:08d'aujourd'hui
00:38:09qui combattaient
00:38:09les islamistes d'hier
00:38:11et des menaces
00:38:11qui sont évidemment,
00:38:14qui recouvrent
00:38:15différentes réalités.
00:38:16Je dis ça
00:38:16parce que l'État islamique,
00:38:17par exemple,
00:38:18l'Iran combattait
00:38:19l'État islamique
00:38:19et les deux menaces
00:38:20entre les deux,
00:38:22évidemment,
00:38:22le terme d'islamisme
00:38:24prévaut.
00:38:25Ensuite,
00:38:26certains sont prudents
00:38:27ces derniers jours,
00:38:27non sur les objectifs visés,
00:38:29c'est-à-dire non pas tellement
00:38:30sur le régime lui-même,
00:38:31mais sur le fait
00:38:33que dans cette guerre
00:38:34comme dans d'autres,
00:38:35ces objectifs pourraient
00:38:36ne pas être atteints
00:38:37ou nous pourrions découvrir
00:38:38que les objectifs
00:38:39étaient un peu différents
00:38:39que ceux qui avaient été annoncés.
00:38:41Il y a cette crainte
00:38:42qui existe également
00:38:43et il y a aussi,
00:38:45en France notamment,
00:38:46des esprits prisonniers
00:38:47de réflexe,
00:38:48c'est-à-dire
00:38:48il y a une force en puissance
00:38:50et de l'autre,
00:38:51les États-Unis ou Israël.
00:38:52Nous ne sommes pas des suppôts
00:38:53des États-Unis et d'Israël,
00:38:54donc on va tenter d'expliquer
00:38:58qu'on soutient l'Iran
00:38:59sans soutenir l'Iran
00:39:00et d'autres qui continuent
00:39:01à rêver dans le prolongement
00:39:03la révolution islamique d'Iran.
00:39:06Et ce qu'il faut voir,
00:39:07c'est qu'à partir de 1978,
00:39:09on va dire,
00:39:10de quelques bribes de vérité
00:39:11de ce qu'il se passait en Iran,
00:39:12des intellectuels de gauche
00:39:14et des journalistes de gauche
00:39:16ont fait une vérité absolue,
00:39:17romantique,
00:39:18fantasmée,
00:39:18mais surtout aveugle.
00:39:20Aveugle de ce qui se préparait
00:39:22et aveugle ensuite
00:39:23de ce qu'il est advenu.
00:39:25Certains ne sont jamais revenus dessus
00:39:27et personne ne leur a demandé
00:39:28de le faire,
00:39:29malgré la réalité.
00:39:30C'est une habitude
00:39:31de ce côté-là
00:39:32du spectre politique,
00:39:33mais c'est bien de cette période
00:39:35que nous pouvons parler
00:39:35lorsque nous évoquons
00:39:36le lien de la France
00:39:37à ce qui arrive aujourd'hui
00:39:39et notamment à la question
00:39:41de ce régime en Iran.
00:39:43Non seulement ce régime
00:39:44a reçu de larges soutiens
00:39:45avant et pendant son installation,
00:39:47mais cet examen de conscience
00:39:48n'a pas eu lieu.
00:39:49Or, il concerne
00:39:50certains intellectuels,
00:39:51certains journalistes,
00:39:52mais la France elle-même
00:39:53qui, on va le voir,
00:39:56s'est engagée
00:39:57aux côtés
00:39:57de Romenei
00:39:58à l'époque.
00:40:00Et cela,
00:40:01sans que
00:40:02cet examen de conscience
00:40:03dont je vous parlais,
00:40:04il n'a pas été fait
00:40:05ni en raison
00:40:06de la réalité
00:40:06de ce qu'était ce régime
00:40:07une fois qu'il était mis en place,
00:40:09ni en raison
00:40:09des atteintes
00:40:10au peuple iranien
00:40:11que l'on prétendait aider
00:40:12au moment de le soutenir,
00:40:14ni même
00:40:14en raison des atteintes
00:40:16faites à la France
00:40:16par le biais
00:40:17de plusieurs attentats
00:40:19terroristes.
00:40:19Et nous parlons souvent
00:40:20ces derniers temps
00:40:21de l'islamo-gauchisme
00:40:21et vous savez,
00:40:22l'idée quand on cible
00:40:24des gens
00:40:24à travers ce qualificatif,
00:40:26c'est d'expliquer
00:40:26que ça n'existe pas.
00:40:28Or, il a indiscutablement
00:40:29culminé
00:40:30cet islamo-gauchisme
00:40:31au moment précisément
00:40:33de la naissance
00:40:33de ce régime.
00:40:34A l'époque,
00:40:35Serge Julie,
00:40:35j'envoie un papier excellent
00:40:36de Guillaume Perrault
00:40:37qui s'est penché
00:40:38sur cette question
00:40:39ces derniers jours,
00:40:40Serge Julie,
00:40:40journaliste de renom
00:40:42en France,
00:40:43parlait à l'époque
00:40:44de chiito-socialisme.
00:40:45Alors bon,
00:40:46on peut dire
00:40:46islamo-gauchisme,
00:40:47chiito-socialisme,
00:40:48sunnito,
00:40:49je ne sais pas quoi,
00:40:50mais enfin,
00:40:50il disait exactement
00:40:52la même chose.
00:40:54Les batailles convergeaient
00:40:56et à l'époque,
00:40:56quiconque contredisait,
00:40:57parce que Foucault
00:40:58s'est évidemment
00:40:58extrêmement engagé
00:41:00aux côtés
00:41:01des révolutionnaires
00:41:01iraniens,
00:41:02et quiconque contredisait
00:41:03ou prévenait Foucault,
00:41:05même quand ils étaient
00:41:06des réfugiés iraniens
00:41:07par exemple,
00:41:07que ses attentes
00:41:08étaient dangereuses,
00:41:09se voyaient accusés
00:41:10par Foucault lui-même
00:41:11de haine.
00:41:12Vous voyez que finalement
00:41:13l'histoire est cyclique
00:41:14et que l'épisode
00:41:15est instructif.
00:41:17Très intéressant,
00:41:18mais vous dites
00:41:19que la France
00:41:20a eu un rôle,
00:41:22quel est-il
00:41:22et comment
00:41:23ces intellectuels
00:41:24se laissent-ils convaincre ?
00:41:26Je vous le disais,
00:41:27la France a accueilli
00:41:28Roménier sous Giscard
00:41:29en 1979,
00:41:31or une clique
00:41:31d'intellectuels
00:41:32tiers-mondistes,
00:41:33à l'époque,
00:41:33c'était ça le background,
00:41:36on va dire,
00:41:36était préparée
00:41:37à en faire son héros.
00:41:38Pourquoi ?
00:41:39Parce qu'il y a un ami
00:41:39de Sartre,
00:41:40de Foucault,
00:41:41tout le monde en a dit
00:41:41énormément de bien,
00:41:43qui est chariatique,
00:41:44qui était l'aîné,
00:41:45en l'occurrence,
00:41:46de l'ayatollah de l'époque,
00:41:47enfin son aîné en âge,
00:41:48je veux dire,
00:41:49et il était le fils
00:41:49d'un prédicateur chiite
00:41:51en Iran
00:41:51et il faisait sa thèse
00:41:53en France.
00:41:54Et lui traînait
00:41:55dans ce milieu
00:41:56germanopratin,
00:41:57comme on disait,
00:41:57il rêvait
00:41:58de rendre le pouvoir
00:41:59au clergé,
00:42:00son modèle politique,
00:42:01c'était rendre
00:42:02le pouvoir au clergé,
00:42:03ce que le Shah d'Iran
00:42:04avait refusé de faire,
00:42:06rendre le pouvoir au clergé
00:42:07en faisant de l'islam
00:42:09la force de libération
00:42:10de l'Iran
00:42:11vis-à-vis de l'Occident.
00:42:13Et le génie absolu,
00:42:14c'est qu'à l'époque
00:42:15où cet homme
00:42:15fait sa thèse en France,
00:42:17nous,
00:42:17nous sommes en pleine guerre
00:42:18d'Algérie.
00:42:20Donc,
00:42:20il soutient le FLN,
00:42:22il présente l'islam
00:42:23comme un socialisme révolutionnaire,
00:42:25c'est la religion des opprimés,
00:42:26l'outil de libération
00:42:27du tiers-monde,
00:42:28et il prône
00:42:29le cléricalisme
00:42:29le plus dur
00:42:30et la gauche tiers-mondiste
00:42:32adhère.
00:42:33Et il y a quand même
00:42:34une phrase de Foucault,
00:42:35on est en 78,
00:42:36Foucault,
00:42:37donc la gauche
00:42:37la plus anticléricale
00:42:38que la France,
00:42:39en tout cas,
00:42:39les héritiers de la gauche
00:42:40la plus anticléricale
00:42:42que la France ait connue,
00:42:43qui écrit ça.
00:42:44Franchement,
00:42:44je l'ai relu quatre fois
00:42:45parce que la petite catholique
00:42:46française que je suis
00:42:47a eu un peu mal au cœur.
00:42:49Donc,
00:42:49il parle de l'Iran,
00:42:52de la volonté
00:42:54de ce cléricalisme,
00:42:55on va dire chiite,
00:42:56où chercher protection,
00:42:57comment retrouver
00:42:58ce qu'on est
00:42:58sinon dans cet islam
00:43:00qui depuis des siècles
00:43:01règle avec tant de soin
00:43:02la vie quotidienne,
00:43:03les liens familiaux,
00:43:04les relations sociales,
00:43:05sa rigueur,
00:43:06son immobilité
00:43:07n'ont-ils pas fait sa chance ?
00:43:09Quand on voit
00:43:09que c'est la gauche
00:43:10qui a voulu faire table rase
00:43:11à toutes les époques
00:43:13en France,
00:43:13on se dit
00:43:13mais quelle mouche
00:43:14les a piquées
00:43:15pour défendre
00:43:16un cléricalisme
00:43:16aussi affiché.
00:43:18Bref,
00:43:18quand Roménier
00:43:19est accueilli en France
00:43:20parce qu'à l'époque
00:43:21Saddam Hussein,
00:43:21ça fait 14 ans
00:43:22qu'il est en Irak
00:43:23qui prône son cléricalisme
00:43:24et que Saddam Hussein
00:43:25n'en veut plus,
00:43:27il est naturellement
00:43:27accueilli comme un saint,
00:43:29il est qualifié
00:43:30comme un saint,
00:43:31c'est vraiment le mot
00:43:32qui est utilisé,
00:43:33exilé,
00:43:33qui peut sauver l'Iran
00:43:34de la domination occidentale
00:43:36puisque c'est
00:43:36ce dont est accusé
00:43:38le chat,
00:43:39le courant décolonial
00:43:40puisqu'il existait
00:43:41tel quel
00:43:42à l'époque
00:43:42est prêt
00:43:43à accueillir Roménier
00:43:44puisqu'il a été préparé
00:43:45dans les esprits
00:43:47d'autant qu'Iran
00:43:47est assez méconnu
00:43:48sauf par le biais
00:43:49de quelques étudiants
00:43:50qui sont présents en France
00:43:51et qui penchent
00:43:52plutôt du côté socialiste
00:43:54qu'islamiste
00:43:55et donc
00:43:55certains n'y verront
00:43:56que du feu
00:43:57et pendant les manifestations
00:43:58jusqu'à Téhéran
00:43:59certains slogans
00:44:01qui sont écrits
00:44:02en anglais
00:44:02donc à destination
00:44:03de la presse internationale
00:44:04reprennent les slogans
00:44:05gauchistes
00:44:06de l'époque
00:44:07et non pas
00:44:08évidemment
00:44:08les slogans
00:44:09islamistes
00:44:10de l'avenir
00:44:11mais les visites
00:44:12incessantes
00:44:12d'étudiants
00:44:13d'exilés
00:44:14d'intellectuels
00:44:14font de Roménier
00:44:15un personnage absolu
00:44:16qui n'était pas
00:44:17avant d'arriver en France
00:44:18et pendant les manifestations
00:44:20géantes
00:44:21qui contestent
00:44:21le régime du chat
00:44:22à Téhéran
00:44:23c'est bien la France
00:44:24et non plus Foucault
00:44:25qui offre
00:44:26un aller simple
00:44:26à l'Ayatollah
00:44:28au futur Ayatollah
00:44:29Roménier
00:44:29C'est quand même important
00:44:30de se poser
00:44:31sur les questions
00:44:31qui fâchent
00:44:32comme vous disiez
00:44:33Charles Adonelas
00:44:34qu'il y avait des brimes
00:44:34de vérité
00:44:35dans ce positionnement
00:44:36mais le régime
00:44:37n'a-t-il pas
00:44:37très rapidement
00:44:39basculé ?
00:44:40C'est vrai
00:44:40la contestation
00:44:41existait en Iran
00:44:43c'est vrai
00:44:43beaucoup d'Iraniens
00:44:46reprochaient
00:44:46notamment la corruption
00:44:47du régime du chat
00:44:48c'est vrai
00:44:49que l'emprise occidentale
00:44:50et la modernité
00:44:51qui étaient associées
00:44:52au chat
00:44:53étaient contestées
00:44:54il y a évidemment
00:44:55des choses vraies
00:44:55dans ce constat
00:44:56mais certainement pas
00:44:58que Roménier
00:44:58prônait une libération
00:45:00telle que eux
00:45:01l'imaginaient
00:45:02à l'époque
00:45:03mais quiconque
00:45:04posait une question
00:45:05était alors
00:45:06le suppôt du chat
00:45:07il était accusé
00:45:08de faire le jeu
00:45:09du chat d'Iran
00:45:10etc
00:45:10on connaît
00:45:11cette rhétorique classique
00:45:13et il ne faut
00:45:14que quelques semaines
00:45:15quand Roménier
00:45:16prend le pouvoir
00:45:17il ne faut que quelques semaines
00:45:19avant que des décrets
00:45:20soient pris
00:45:20donc c'est pas une illusion
00:45:21de l'esprit
00:45:22il y a des journalistes
00:45:23qui sont sur place
00:45:24et qui rapportent
00:45:24évidemment une répression
00:45:26sanglante
00:45:26ils se retournent
00:45:27contre leurs propres alliés
00:45:28c'est classique
00:45:29et il y a des décrets
00:45:31imposition du foulard
00:45:32ségrégation sexuelle
00:45:33interdiction de la fonction
00:45:34publique aux femmes
00:45:35le hijab à partir de 9 ans
00:45:36tout ça en quelques semaines
00:45:38et les coups de fouet
00:45:39sont associés
00:45:40à tous ceux
00:45:41évidemment
00:45:41qui contreviennent
00:45:42à ces nouvelles règles
00:45:43des journalistes
00:45:44le rapportent
00:45:45certains prennent leur distance
00:45:46à cette époque là
00:45:47d'autres
00:45:48pas encore
00:45:49l'enthousiasme
00:45:50se mue alors
00:45:51en indifférence
00:45:52on détourne le regard
00:45:53plus personne ne travaille
00:45:54sur le sujet
00:45:55et les pendaisons
00:45:56élimination
00:45:56massacres
00:45:57se poursuivent
00:45:58or certains disaient
00:46:00clairement ce qui allait arriver
00:46:01donc ça n'est pas à l'époque
00:46:02juste une erreur
00:46:03ou une confiscation
00:46:04comme le disent certains
00:46:05aujourd'hui
00:46:05la révolution a été
00:46:07confisquée
00:46:07non
00:46:07Roménie ne tenait pas
00:46:09le même discours
00:46:11au clergé chiite
00:46:12iranien
00:46:13ou à ses amis
00:46:15parisiens
00:46:16et c'est ensuite
00:46:17pendant des années
00:46:17et des années
00:46:18s'est engagé
00:46:18une bataille de leadership
00:46:20islamique
00:46:21entre les pays arabes
00:46:22et l'Iran
00:46:23parce qu'il y a évidemment
00:46:24une rivalité entre la Perse
00:46:26et les pays arabes
00:46:27la Perse ayant été islamisée
00:46:28mais pas arabisée
00:46:29et l'Iran l'a emportée
00:46:31sur la cause palestinienne
00:46:32en mettant en place
00:46:33son axe de résistance
00:46:34elle a convaincu
00:46:35la rue arabe
00:46:36raison pour laquelle
00:46:37il y a autant de dissensions
00:46:38entre les pays arabes
00:46:39et l'Iran
00:46:39la rue arabe a suivi
00:46:41les pays arabes
00:46:42se sont agacés
00:46:42mais une partie
00:46:44de notre gauche
00:46:44a retrouvé
00:46:46les opprimés
00:46:46de la rue arabe
00:46:47dans ce combat
00:46:48de la cause palestinienne
00:46:49et là encore
00:46:50il y a évidemment
00:46:51des vérités
00:46:52et des indignations
00:46:53qui sont légitimes
00:46:54mais il n'y a
00:46:55aucune lucidité
00:46:57sur la conclusion
00:46:57qu'ils en tirent
00:46:58ou les alliés
00:46:59qu'ils s'empressent
00:47:00d'avoir
00:47:01par rapport
00:47:02justement à ce constat
00:47:03parce que tout ça
00:47:04n'est pour eux
00:47:05finalement que littérature
00:47:07et on le redécouvre
00:47:08ces jours-ci
00:47:09malheureusement
00:47:09Merci Charles-Oden
00:47:11hélas pour ce regard
00:47:12et du rôle de la France
00:47:14et dans un instant
00:47:15avec vous
00:47:15Mathieu Bocoté
00:47:16on va pousser
00:47:17un peu plus loin
00:47:17sur la France
00:47:18on aura
00:47:19Fouad Abou Nader
00:47:20ancien chef
00:47:21des forces libanaises
00:47:22mais nous avons réussi
00:47:23à joindre la ministre
00:47:24Eleonore Carrois
00:47:25ministre déléguée
00:47:27en charge des Français
00:47:28de l'étranger
00:47:28bonsoir
00:47:29Madame la ministre
00:47:30merci d'être avec nous
00:47:31combien de ressortissants
00:47:33français sont actuellement
00:47:34bloqués
00:47:35en vacances
00:47:36ou bien résidents
00:47:39Alors nous avons
00:47:40à peu près
00:47:40400 000 français
00:47:41qui sont aujourd'hui
00:47:42dans la région
00:47:43dans les 13 pays
00:47:44qui sont concernés
00:47:45très précisément
00:47:46lors du dernier point
00:47:47de situation
00:47:48nous en avions
00:47:50391 728
00:47:51mais évidemment
00:47:52ce chiffre est évolutif
00:47:54car un nombre
00:47:55croissant de français
00:47:56s'inscrivent
00:47:57au registre
00:47:58des français de l'étranger
00:47:59ça c'est pour les français
00:48:00qui résident
00:48:01dans ces pays
00:48:02ou alors
00:48:02sur le fil d'Ariane
00:48:03qui est un dispositif
00:48:05que nous mettons en place
00:48:06pour les français
00:48:06qui sont de passage
00:48:07ou alors en transit
00:48:08car il y a aussi
00:48:09des français
00:48:10qui ont été bloqués
00:48:11en transit
00:48:12alors qu'ils revenaient
00:48:13d'Asie
00:48:13ou d'autres pays
00:48:14et qu'ils passaient
00:48:15par les pays du Golfe
00:48:17Merci
00:48:17Quelle démarche
00:48:18ces français doivent-ils
00:48:19entreprendre
00:48:20pour entrer en France
00:48:21dans le meilleur délai
00:48:22on a vu
00:48:22que certains
00:48:23sont paniqués
00:48:24Quelle démarche ?
00:48:27Absolument
00:48:27Déjà moi je tiens
00:48:28à les rassurer
00:48:29à leur dire
00:48:29que la première chose
00:48:30à faire
00:48:31c'est de se signaler
00:48:32donc de se signaler
00:48:33soit en s'inscrivant
00:48:34sur le fil d'Ariane
00:48:35même si ce sont
00:48:36des français de passage
00:48:38c'est un site
00:48:38très facilement accessible
00:48:40soit en s'inscrivant
00:48:42au registre des français
00:48:43de l'étranger
00:48:43s'ils résident
00:48:44dans ces pays
00:48:45en se signalant
00:48:46ils nous permettent
00:48:47de les localiser
00:48:47et le cas échéant
00:48:48de les contacter
00:48:49L'autre démarche
00:48:51à accomplir
00:48:52c'est évidemment
00:48:53d'être informé
00:48:54informé par les sites
00:48:56des ambassades
00:48:57et des consulats
00:48:58de France
00:48:58par les réseaux sociaux
00:48:59qui sont régulièrement
00:49:00mis à jour
00:49:01nous avons aussi
00:49:02une page
00:49:02qui centralise
00:49:03toutes les informations
00:49:04sur diplomatie.gouv.fr
00:49:06et ça leur permettra
00:49:07de savoir
00:49:08quelles consignes suivre
00:49:10parce qu'évidemment
00:49:10les consignes
00:49:11ne sont pas les mêmes
00:49:12en fonction des pays
00:49:13dans lesquels
00:49:14ils se trouvent
00:49:14et puis évidemment
00:49:15nous les appelons
00:49:16à la plus grande prudence
00:49:17et à suivre les consignes
00:49:19des autorités
00:49:20des pays
00:49:21dans lesquels
00:49:21ils se trouvent
00:49:22Madame la ministre
00:49:22comment vous gérez
00:49:23cette situation
00:49:24à distance
00:49:24est-ce que vous êtes
00:49:25en contact
00:49:25avec des français
00:49:27confinés
00:49:27dans la région
00:49:28par exemple
00:49:28à Dubaï
00:49:29notamment
00:49:31oui absolument
00:49:32aujourd'hui
00:49:33et tout ce week-end
00:49:34j'ai été en contact
00:49:35avec des français
00:49:36mais aussi avec les élus
00:49:37avec nos députés
00:49:39des français
00:49:39de l'étranger
00:49:40de la région
00:49:41que ce soit Caroline Yadant
00:49:42qui est en ce moment
00:49:44très active
00:49:45et très mobilisée
00:49:46ou alors Amélia Lacrafi
00:49:47qui sont les députés
00:49:48représentants
00:49:49des français
00:49:50de l'étranger
00:49:50de cette zone
00:49:51mais aussi les élus
00:49:53vous savez en ce moment
00:49:53il y a à Paris
00:49:54l'assemblée des français
00:49:55de l'étranger
00:49:56qui regroupe
00:49:56tous les élus
00:49:57des français
00:49:58de l'étranger
00:49:58et un certain nombre
00:49:59viennent de la région
00:50:00et eux ils ont aussi
00:50:02des contacts directs
00:50:03et puis évidemment
00:50:04nous sommes sollicités
00:50:05de toutes parts
00:50:05et nous avons des agents
00:50:07nos postes diplomatiques
00:50:08nos ambassades
00:50:09et nos consulats généraux
00:50:10qui sont sollicités
00:50:12mobilisés
00:50:12tout le temps
00:50:13et puis le centre de crise
00:50:15du quai d'Orsay
00:50:15qui est mobilisé
00:50:1624h sur 24
00:50:17et 7 jours sur 7
00:50:18qui d'ailleurs
00:50:19a un numéro de téléphone
00:50:20le 01 43 17 51 00
00:50:25que les français
00:50:26peuvent évidemment appeler
00:50:27je les invite évidemment
00:50:28à faire preuve de retenue
00:50:30parce que ce sont des agents
00:50:32qui sont très mobilisés
00:50:33pour répondre évidemment
00:50:33aux situations
00:50:34les plus urgentes
00:50:35deux dernières questions
00:50:36rapidement
00:50:37Eleonore Carrois
00:50:38on apprend à l'instant
00:50:39là j'ai un message
00:50:40de français
00:50:42de l'étranger
00:50:42qui me disent
00:50:43que sur le fil d'Ariane
00:50:44il n'y a rien qui fonctionne
00:50:47ça peut arriver
00:50:47que le fil d'Ariane
00:50:49soit surchauffé
00:50:50saturé
00:50:50parce qu'il y a évidemment
00:50:51un nombre d'inscriptions
00:50:53absolument impressionnant
00:50:55d'ailleurs on a eu
00:50:56plus de 80%
00:50:57dans certaines géographies
00:50:58en quelques heures
00:50:59donc il faut réessayer
00:51:00et puis sinon
00:51:01ne pas hésiter
00:51:01à appeler le numéro
00:51:02que j'indiquais
00:51:03et au-delà de cela
00:51:04par pays
00:51:05nous avons des numéros dédiés
00:51:06donc le numéro
00:51:07que je vous donnais
00:51:07c'est le numéro
00:51:08du centre de crise
00:51:09mais vous avez aussi
00:51:10des numéros par pays
00:51:11d'une façon ou d'une autre
00:51:12et dans les plus brefs délais
00:51:13ils pourront entrer
00:51:14en contact avec nous
00:51:15ça nous permettra
00:51:16de les localiser
00:51:16de leur donner
00:51:17des instructions
00:51:17évidemment
00:51:18il faut faire preuve
00:51:19de patience
00:51:20et je sais que ça
00:51:20peut être difficile
00:51:22pour des français
00:51:22qui sont en vacances
00:51:23qui doivent rentrer
00:51:24chez eux
00:51:24des français
00:51:25qui sont avec des enfants
00:51:25je comprends parfaitement
00:51:26dans quel état
00:51:27ils doivent se sentir
00:51:28mais il faut faire preuve
00:51:29de patience
00:51:30jusqu'à ce que les espaces
00:51:31aériens réouvrent
00:51:32jusqu'à ce qu'ils puissent
00:51:33de manière sûre
00:51:34rentrer chez eux
00:51:35Madame la ministre
00:51:36dernière question
00:51:37on parlait tout à l'heure
00:51:38d'un patriotisme
00:51:39d'opportunité
00:51:39êtes-vous choquée
00:51:40surprise
00:51:41interpellée
00:51:42par ce patriotisme
00:51:43d'opportunité
00:51:46moi vous savez
00:51:46je suis une française
00:51:48de l'étranger
00:51:48j'ai grandi à l'étranger
00:51:50je me sens très proche
00:51:51des français
00:51:51qui résident hors de France
00:51:52je trouve que ces polémiques
00:51:54aujourd'hui
00:51:54n'ont pas véritablement
00:51:55lieu d'être
00:51:56on parle aussi
00:51:56de beaucoup de nos concitoyens
00:51:57qui sont tout simplement
00:51:58partis en vacances
00:51:59je crois qu'il faut
00:52:01saluer la résilience
00:52:02la résistance
00:52:02de la communauté française
00:52:04à l'étranger
00:52:05où qu'elle soit
00:52:05et je pense qu'aujourd'hui
00:52:07l'heure est à la sécurité
00:52:09de nos français
00:52:10à l'étranger
00:52:11où qu'ils soient
00:52:12quels qu'ils soient
00:52:12c'est important
00:52:13de leur dire que la France
00:52:14est à leur côté
00:52:15c'est important de leur dire
00:52:16que la France est à leur côté
00:52:17merci beaucoup
00:52:18madame la ministre
00:52:18on a pris le temps
00:52:19de répondre à nos questions
00:52:21en direct
00:52:21dans Face à l'Info
00:52:23Science & News
00:52:23nous allons rejoindre
00:52:25Fouad Abou Nader
00:52:27ancien chef
00:52:28des forces libanaises
00:52:29avant de faire un point
00:52:30avec Mathieu Bocoté
00:52:31sur la France
00:52:32et l'implication
00:52:33de la France
00:52:34dans ce conflit
00:52:35Fouad Abou Nader
00:52:36beaucoup de Libanais
00:52:37disent aujourd'hui
00:52:38alors c'est aujourd'hui
00:52:38c'est chez vous
00:52:39que les bombardements
00:52:41ont été intenses
00:52:4252 morts
00:52:43on parle de 52 morts
00:52:44notamment au Liban
00:52:45on voit que les Libanais
00:52:46fuient le sud
00:52:47ils remontent vers le nord
00:52:48ou bien fuient
00:52:49vraiment le sud du pays
00:52:50beaucoup de Libanais
00:52:51disent aujourd'hui
00:52:52qu'ils n'ont pas choisi
00:52:53cette guerre
00:52:54que le Hezbollah
00:52:55est-ce que le Hezbollah
00:52:56il a pris
00:52:56le peuple libanais
00:52:57en otage
00:52:58pour le compte d'intérêts
00:52:59qui ne sont pas les siens
00:53:01c'est-à-dire
00:53:01les intérêts de l'Iran
00:53:03absolument
00:53:04le Hezbollah
00:53:06a montré sa vraie nature
00:53:07aujourd'hui
00:53:08et on a voulu
00:53:09naïvement le croire
00:53:10parce que ça fait
00:53:11un mois
00:53:12qu'il m'attracte
00:53:13du matin jusqu'au soir
00:53:14en disant
00:53:15qu'il ne va pas
00:53:15prendre part
00:53:16à cette guerre
00:53:17qui risque
00:53:18de se déclarer
00:53:20au Moyen-Orient
00:53:20en tirant
00:53:21les Etats-Unis
00:53:22Israël
00:53:22etc
00:53:23et même
00:53:24le président
00:53:25du groupe parlementaire
00:53:27est monté
00:53:27voir le président
00:53:28et le premier ministre
00:53:29pour leur dire
00:53:31que justement
00:53:32nous on va rester
00:53:34on ne va pas
00:53:35prendre part
00:53:36à cette bataille
00:53:37et on est tous
00:53:38on a été tous
00:53:40surpris
00:53:40et choqués
00:53:41que ce matin
00:53:42très tôt ce matin
00:53:43un groupe
00:53:44de Hezbollah
00:53:45qui a été revendiqué
00:53:46par le Hezbollah
00:53:47d'ailleurs
00:53:47tire des missiles
00:53:49sur Israël
00:53:50et Israël
00:53:51a été
00:53:51à ce moment-là
00:53:52a été obligé
00:53:53de rendre
00:53:54coup pour coup
00:53:55et voilà
00:53:57on a eu
00:53:57le nombre de morts
00:53:58ou de blessés
00:53:59qu'il y a eu
00:53:59avec toutes les descriptions
00:54:01qui ont suivi
00:54:02oui
00:54:03cette guerre
00:54:05ne nous concerne
00:54:05absolument pas
00:54:07d'ailleurs le président
00:54:07l'a répété
00:54:09aujourd'hui
00:54:10et ce qui a déclenché
00:54:13cette nouvelle
00:54:16ce que le Hezbollah
00:54:18a fait aujourd'hui
00:54:19a déclenché
00:54:19vraiment quelque chose
00:54:20de très fort
00:54:22c'est la première fois
00:54:24que le gouvernement
00:54:25et le président
00:54:26prennent une décision
00:54:27drastique aujourd'hui
00:54:28le premier ministre
00:54:30a sommé
00:54:31le Hezbollah
00:54:32de remettre
00:54:32ses armes
00:54:33à l'armée libanaise
00:54:34il a demandé
00:54:35à l'armée libanaise
00:54:36d'accélérer
00:54:36le processus
00:54:38du ramassage
00:54:38des armes
00:54:39et il a en même temps
00:54:41demandé
00:54:41au palais
00:54:42de justice
00:54:43d'intenter
00:54:45un procès
00:54:45contre les lanceurs
00:54:46de missiles
00:54:47de les amener
00:54:48justement
00:54:49pour être traduits
00:54:50en justice
00:54:50donc c'est la première fois
00:54:52qu'il y a une réaction
00:54:53aussi si vous voulez
00:54:54violente de la part
00:54:55du premier ministre
00:54:56et du gouvernement
00:54:57libanais
00:54:58et je crois
00:54:59que c'est
00:54:59le début
00:55:01d'un grand changement
00:55:02qui se passe
00:55:03aujourd'hui au Liban
00:55:04où le Hezbollah
00:55:06n'a plus
00:55:08cette prise
00:55:09cette emprise
00:55:10si vous voulez
00:55:10sur le
00:55:11sur les Libanais
00:55:12et aujourd'hui
00:55:13les Libanais
00:55:14se trouvent tous
00:55:14ensemble
00:55:15contre le Hezbollah
00:55:16qu'ils soient
00:55:17chiites
00:55:18sunnites
00:55:18druzes
00:55:19ou chrétiens
00:55:19il y a aujourd'hui
00:55:20un grand parti
00:55:21qui est le parti
00:55:22de ceux qui sont
00:55:23contre le Hezbollah
00:55:23et le Hezbollah
00:55:24qui est en face
00:55:25voilà
00:55:26et en plus de ça
00:55:28excusez-moi
00:55:28et en plus de ça
00:55:29aujourd'hui
00:55:30Chypre a dit
00:55:31que le Hezbollah
00:55:32est derrière
00:55:33le drone
00:55:34qui a été lancé
00:55:35sur la base
00:55:37anglaise
00:55:37d'Akrotiri
00:55:38à Chypre
00:55:39donc en plus de ça
00:55:40ils sont en train
00:55:41d'exécuter
00:55:42les ordres
00:55:42des Iraniens
00:55:44et en même temps
00:55:44de montrer
00:55:45la docilité
00:55:46qu'ils ont
00:55:47en tant que
00:55:49parti
00:55:49endoctriné
00:55:50et avec
00:55:51tout le dogme
00:55:53qui est derrière
00:55:54pour justement
00:55:55faire
00:55:56ce qu'ils ont
00:55:57été formés
00:55:58pour le faire
00:55:59c'est défendre
00:56:00l'Iran
00:56:01et d'être
00:56:03justement
00:56:04assujettis
00:56:04à tout ce qu'ils veulent
00:56:06Fouad Abou Nadir
00:56:07je vais vous poser
00:56:08une question
00:56:08sur la résistance
00:56:09chrétienne libanaise
00:56:10que vous avez dirigée
00:56:11mais d'abord
00:56:11on entend souvent
00:56:12que le Liban
00:56:13a été sacrifié
00:56:14dès 1975
00:56:15par l'alliance
00:56:17entre les Palestiniens
00:56:18et la gauche
00:56:19est-ce que selon vous
00:56:20la menace actuelle
00:56:21que représente
00:56:22l'influence iranienne
00:56:24n'est que la version
00:56:25moderne
00:56:26de ce même processus
00:56:27de destruction
00:56:28je cite on va dire
00:56:29par l'étranger
00:56:30commencé il y a 50 ans
00:56:32avec les Palestiniens
00:56:34et les Syriens
00:56:36oui vous avez
00:56:37absolument raison
00:56:38et depuis 1967
00:56:40le Liban
00:56:42a été sacrifié
00:56:42depuis que
00:56:44les Palestiniens
00:56:45ont décidé
00:56:45de reprendre
00:56:46le fusil
00:56:47et d'aller libérer
00:56:47la Palestine
00:56:48eux-mêmes
00:56:48après la guerre
00:56:49des six jours
00:56:51justement
00:56:51depuis ce moment-là
00:56:53nous avons eu affaire
00:56:54nous
00:56:54en tant que chrétiens
00:56:56en tant que résistante
00:56:57résistance chrétienne
00:56:58ou résistance libanaise
00:56:59nous avons été confrontés
00:57:01un aux Palestiniens
00:57:02qui avaient avec eux
00:57:04les islamo-progressistes
00:57:05c'est comme ça
00:57:06qu'on les appelait au Liban
00:57:06parce que Charlotte
00:57:08les appelait peut-être
00:57:09enfin islamo-gauchistes
00:57:11mais chez nous
00:57:12ils étaient appelés
00:57:13les islamo-progressistes
00:57:14alors ces gens-là
00:57:16les Palestiniens
00:57:16et les islamo-progressistes
00:57:18libanais ou autres
00:57:18voulaient que le Liban
00:57:20devienne une patrie
00:57:20de rechange
00:57:21pour les Palestiniens
00:57:23en attendant
00:57:24qu'ils libèrent
00:57:25la Palestine
00:57:25ensuite
00:57:26en 1976
00:57:28bon
00:57:28il y a
00:57:29les Palestiniens
00:57:30ont été amoindris
00:57:31surtout parce que
00:57:32les Syriens
00:57:32se sont retournés
00:57:33contre eux
00:57:34et on a eu
00:57:35en face de nous
00:57:35les Syriens
00:57:36qui voulaient faire
00:57:36du Liban
00:57:37une province syrienne
00:57:38et à ce moment-là
00:57:39on a été obligés
00:57:40de nous battre
00:57:41contre les Syriens
00:57:42et en 2005
00:57:44les Syriens ont été
00:57:44obligés de sortir
00:57:45du Liban
00:57:46et avec la chute
00:57:47du régime Assad
00:57:47aujourd'hui
00:57:48on est finalement
00:57:49libérés de ce régime
00:57:50en attendant
00:57:51de voir
00:57:52qu'est-ce qu'on va avoir
00:57:53de nouveau
00:57:53en face de nous
00:57:54maintenant nous avons
00:57:55les Iraniens
00:57:56les Iraniens
00:57:57et le Hezbollah
00:57:58le Hezbollah
00:57:58a été créé
00:58:00par les Iraniens
00:58:01pour trois choses
00:58:03un
00:58:03faire du Liban
00:58:04une république islamique
00:58:05similaire
00:58:07à la république
00:58:07islamique d'Iran
00:58:08deux
00:58:09avoir un proxy
00:58:11qui est proche
00:58:11sur la frontière
00:58:12israélienne
00:58:13pour avoir
00:58:14un moyen
00:58:15de pression
00:58:16sur Israël
00:58:17et trois
00:58:18pour soi-disant
00:58:19libérer la Palestine
00:58:20mais en fait
00:58:20ça c'est un slogan
00:58:21que les Iraniens
00:58:23ont utilisé
00:58:23pour essayer
00:58:24de rameuter
00:58:25un peu
00:58:25toute la masse
00:58:26sunnite
00:58:27qui était
00:58:27en face d'eux
00:58:29et qui pouvait
00:58:31enfin devenir
00:58:32quelque part
00:58:33antagonisante
00:58:34de ce mouvement
00:58:37chaïde
00:58:37qui était
00:58:37proséritique
00:58:38et qui essaie
00:58:40un peu
00:58:40de promouvoir
00:58:41le chaïisme
00:58:42de par le monde
00:58:42Fouad Abou Nader
00:58:43une dernière question
00:58:45peut-être très rapidement
00:58:46parce que nous arrivons
00:58:47à la fin de notre émission
00:58:48vous avez dirigé
00:58:49la résistance
00:58:50chrétienne
00:58:51libanaise
00:58:51durant la guerre
00:58:52palestinienne
00:58:53syrienne
00:58:54et iranienne
00:58:55contre le Liban
00:58:56est-ce qu'il est temps
00:58:57pour le Liban
00:58:57de signer
00:58:58une paix définitive
00:58:59avec Israël
00:59:00comme l'ont fait
00:59:01des pays arabes
00:59:02pour garantir
00:59:03enfin la sécurité
00:59:04des civils
00:59:05très rapidement
00:59:06oui
00:59:07tous les Libanais
00:59:08veulent la paix
00:59:08veulent la paix
00:59:09avec tous les voisins
00:59:11tous nos voisins
00:59:11finalement
00:59:12parce que
00:59:12ça fait depuis 1967
00:59:14qu'on est en guerre
00:59:15dans ce pays
00:59:15et tous les Libanais
00:59:16finalement
00:59:17ont besoin
00:59:18d'avoir la paix
00:59:19et aujourd'hui
00:59:20avec
00:59:20j'irai un peu plus loin
00:59:22nous voulons
00:59:23la paix
00:59:23avec tous nos voisins
00:59:24et nous voulons
00:59:24un Liban neutre
00:59:25parce qu'un Liban neutre
00:59:26sera
00:59:27une des solutions
00:59:29pour préserver
00:59:30le Liban de demain
00:59:31et préserver
00:59:32la diversité
00:59:33et la culture
00:59:33de l'acceptation
00:59:35de l'autre dans ce pays
00:59:35donc si on prend
00:59:37la triptyque
00:59:38c'est-à-dire
00:59:38la neutralité du Liban
00:59:39la décentralisation
00:59:40et l'unification
00:59:42du code civil
00:59:42nous posons
00:59:44une triptyque
00:59:45pour
00:59:46une triptyque de base
00:59:48pour reconstruire
00:59:49le Liban de demain
00:59:50et finalement
00:59:51donner à nos enfants
00:59:52quelque chose
00:59:53un pays stable
00:59:54où ils peuvent vivre
00:59:55avec leurs partenaires
00:59:57libanais
00:59:57en toute liberté
00:59:59sécurité
00:59:59dignité
01:00:00et égalité
01:00:01Merci beaucoup
01:00:02merci infiniment
01:00:04Fouad Abou Nader
01:00:05d'avoir été
01:00:05en direct
01:00:06depuis le Liban
01:00:08pour toutes
01:00:08ses précisions
01:00:09maintenant la question
01:00:10que tout le monde
01:00:11se pose
01:00:12Mathieu Bocoté
01:00:12que peut
01:00:13la France
01:00:14dans la situation
01:00:15présente
01:00:16est-elle
01:00:17condamnée
01:00:18à l'impuissance
01:00:19ou peut-elle
01:00:20réellement
01:00:21jouer un rôle
01:00:21je pense qu'on est
01:00:22dans un moment
01:00:22de vérité
01:00:23je le dis
01:00:23avec tristesse
01:00:24c'est-à-dire
01:00:25c'est la découverte
01:00:26du reclassement
01:00:28durable
01:00:29de la France
01:00:30comme grande puissance
01:00:31au statut
01:00:32de puissance
01:00:33moyenne
01:00:34et en gentil
01:00:35la confirmation
01:00:36dans la phrase
01:00:37que j'évoquais
01:00:37en tout début
01:00:38de l'émission
01:00:38Emmanuel Macron
01:00:39qui dit
01:00:40je n'ai pas été
01:00:41mis au courant
01:00:42de cette opération
01:00:43c'est une chose
01:00:44d'abord de le dire
01:00:44de ne pas être au courant
01:00:46c'en est tout d'autre
01:00:47de le confesser
01:00:48c'est un aveu
01:00:49d'impuissance
01:00:49sur la scène du monde
01:00:50c'est un statut
01:00:51de spectateur
01:00:53assigné
01:00:53mais ensuite
01:00:54auquel on consent
01:00:55en quelque sorte
01:00:56c'est particulièrement grave
01:00:58pour la France
01:00:58je le dis
01:00:58je précise
01:00:59c'est pas définitif
01:01:00mais là
01:01:00le moment où nous en sommes
01:01:02c'est que la France
01:01:03à la différence
01:01:04de l'Italie
01:01:04de l'Allemagne
01:01:05d'autres pays
01:01:05la France est sortie
01:01:07victorieuse
01:01:07de la deuxième guerre mondiale
01:01:08dans son imaginaire collectif
01:01:10elle croyait avoir
01:01:11un rôle dans le monde
01:01:12qui dépassait
01:01:14simplement la scène européenne
01:01:15où les autres pays d'Europe
01:01:16étaient de plus en plus
01:01:17cantonnés
01:01:17et que découvre-t-elle
01:01:19dans la séquence présente
01:01:20c'est qu'il y a un écart
01:01:21de plus en plus net
01:01:22entre la réalité des choses
01:01:23c'est-à-dire un pays
01:01:24qui a de plus en plus
01:01:25qui s'est dépossédé
01:01:26de sa politique étrangère
01:01:27un pays qui s'est dépossédé
01:01:29de sa souveraineté
01:01:29un pays qui aujourd'hui rêve
01:01:31j'y reviens dans un instant
01:01:32de partager l'arme nucléaire
01:01:33qui était sa marque distinctive
01:01:34et de l'autre côté
01:01:36tout un discours
01:01:37par ailleurs
01:01:37très moralisateur
01:01:39vous savez
01:01:39c'est le prix à payer
01:01:40pour les croyances mortes
01:01:42c'est-à-dire
01:01:42quand vous tenez
01:01:43à tout prix
01:01:43le discours
01:01:44droit international
01:01:44droit international
01:01:45droit international
01:01:46et que plus personne
01:01:47n'y croit
01:01:48quand vous tenez
01:01:49le langage de la morale
01:01:50dans une époque
01:01:50c'est le langage
01:01:51de la force
01:01:51qui s'impose
01:01:52et bien vous êtes condamné
01:01:54à une certaine impuissance
01:01:55je pense qu'un certain modèle
01:01:57européiste
01:01:58mondialiste
01:01:59auquel la France
01:01:59se veut la dernière
01:02:01la France
01:02:01soyons
01:02:02le bloc central au pouvoir
01:02:04auquel il s'accroche
01:02:05dans lequel il a engagé
01:02:06la France
01:02:07presque jusqu'au
01:02:07on pourrait dire
01:02:08une forme de relatif
01:02:09suicide international
01:02:10et bien on en paie le prix
01:02:11aujourd'hui
01:02:12dans ce sentiment
01:02:13d'impuissance politique
01:02:14et on le voit
01:02:15dans la séquence actuelle
01:02:16très concrètement
01:02:17que dit la France
01:02:18d'un côté
01:02:18c'est un appel à la prudence
01:02:19très bien
01:02:20on appelle toujours
01:02:21tous à la prudence
01:02:21et à la désescalade
01:02:22et à la désescalade
01:02:24et d'autre côté
01:02:25elle se propose
01:02:26de se porter à la défense
01:02:27des pays du Golfe
01:02:28qui sont agressés
01:02:29par l'Iran
01:02:29en ce moment
01:02:30donc elle se propose
01:02:31dans cette région
01:02:32où autrefois elle pesait
01:02:33elle accepte finalement
01:02:34un rôle d'auxiliaire
01:02:36donc il y a quelque chose
01:02:37là-dedans
01:02:37au moment de vérité triste
01:02:39ce qui ne veut pas dire
01:02:39que ça ne vienne pas
01:02:40avec un appel au redressement
01:02:41la France n'envisageait pas
01:02:43le partage de l'arme nucléaire
01:02:45n'est-ce pas un sujet
01:02:46de plus en plus récurrent
01:02:48dans le débat public
01:02:49on en parlait
01:02:50sur ce plateau
01:02:50on en parlait souvent
01:02:51très souvent
01:02:52et on nous disait toujours
01:02:53qu'on était un peu conspillé
01:02:54un peu fou
01:02:55on exagérait
01:02:56le discours de Emmanuel Macron
01:02:57aujourd'hui
01:02:57est un discours
01:02:58où à travers le concept
01:02:59de dissuasion avancée
01:03:01que nous dit-on
01:03:03on en parlait tantôt
01:03:04c'est une volonté
01:03:05de transférer
01:03:07ce dernier bastion
01:03:08de la souveraineté française intégrale
01:03:10de transférer à l'Europe
01:03:11plus encore
01:03:12d'en faire le levier
01:03:14de la construction
01:03:15d'une défense européenne
01:03:16alors pour les européistes classiques
01:03:18ils se disent
01:03:18ben oui
01:03:18la France sera
01:03:19la puissance centrale
01:03:20de la constitution
01:03:21de l'empire européen
01:03:22grâce au partage
01:03:23de l'arme nucléaire
01:03:24nous serons les plus puissants
01:03:25la réalité des choses
01:03:27c'est surtout
01:03:27que c'est une forme
01:03:28d'ultime dépossession
01:03:29dans cette séquence
01:03:30les autres pays d'ailleurs
01:03:32sont heureux
01:03:32à l'idée de s'en emparer
01:03:34potentiellement
01:03:34on touche ici
01:03:36une question centrale
01:03:37derrière la dépossession
01:03:38de l'arme nucléaire
01:03:38n'est-ce pas
01:03:39le point d'aboutissement
01:03:40de la dépossession
01:03:40de la souveraineté
01:03:41chercher ensuite
01:03:42à peser dans le monde
01:03:43à la manière
01:03:43d'une province
01:03:44de l'empire européen
01:03:45tout cela me semble
01:03:46être un pari étonnant
01:03:48Merci pour cette analyse
01:03:50c'est la fin
01:03:51de Face à l'Info
01:03:52mais on continue
01:03:53dans un instant
01:03:54à suivre effectivement
01:03:55les événements
01:03:56dans un instant
01:03:57l'heure des produits
01:03:58avec Pascal Praud
01:03:59pour faire le lien
01:04:00je rejoins
01:04:02Corentin Alonso
01:04:03qui est à l'Elysée
01:04:04pour le conseil de défense
01:04:05dites-nous tout
01:04:09Oui Christine
01:04:10troisième conseil de défense
01:04:12en trois jours
01:04:13le troisième
01:04:14depuis le début de la guerre
01:04:15on est sur un rythme
01:04:15d'un conseil de défense
01:04:17par jour
01:04:18il devrait démarrer
01:04:19à 20h15
01:04:20un horaire
01:04:20plus tardif
01:04:22que les deux conseils
01:04:23de défense
01:04:23précédents
01:04:24puisqu'Emmanuel Macron
01:04:25était en déplacement
01:04:27dans le Finistère
01:04:28ce lundi
01:04:28on va y revenir
01:04:29deux enjeux principaux
01:04:31devraient animer
01:04:32les discussions
Commentaires

Recommandations