00:01RTL Matin
00:02A 7h39, L'Angléco, François Langlais, c'est un couloir maritime stratégique d'une cinquantaine de kilomètres
00:07qui se trouve au nord du sultanat d'Omane et au sud de l'Iran.
00:11C'est le détroit d'Hormuz, hautement stratégique parce que c'est par là que passe une partie importante du
00:16pétrole, du gaz et du commerce mondial.
00:18Et le problème, François, le gros problème, c'est qu'il est à l'arrêt ce détroit d'Hormuz.
00:22Oui Thomas, vous l'avez dit, stratégique parce qu'il transite 20% du pétrole mondial et autant du gaz
00:27d'ailleurs.
00:28Et on n'en parle pas, mais notamment le gaz qui vient du Qatar, c'est l'un des fournisseurs
00:31de la France.
00:32Essentiel donc au commerce entre Europe, Moyen-Orient et Asie, c'est en fait le prolongement du canal de Suez.
00:38Les Iraniens ne l'ont pas formellement bloqué, ils n'en ont d'ailleurs pas vraiment les capacités,
00:44parce que la marine iranienne est faible, elle a été en partie détruite ces dernières heures par les frappes américaines.
00:49Et pourtant, le trafic maritime est de facto suspendu.
00:54Tous les grands armateurs mondiaux, le français CMA-CGM, le danois Mersk ou encore Apagloid,
01:00ont annoncé qu'ils allaient dérouter leurs navires pour éviter ce coupe-gorge maritime.
01:06Il y avait cette nuit plus de 150 navires bloqués dans le Golfe,
01:10des tanqueurs saoudiens, des métaniers du Qatar notamment.
01:14On imagine que tous craignent la même chose, c'est des attaques.
01:17Oui, trois navires ont été attaqués hier, et les risques sont élevés d'être pris pour cible soit par les
01:22Iraniens,
01:22soit par leurs alliés outils du Yémen, ou bien de prendre un drone, un missile perdu.
01:27En plus, les assureurs ont indiqué il y a 48 heures qu'ils suspendaient toutes les polices d'assurance maritime
01:33dans l'attente d'une très forte augmentation qui devrait intervenir ce matin.
01:37Vous savez qu'assurer un navire qui traverse le Golfe Persique,
01:40ça coûte habituellement 0,25% du coût de remplacement du bateau.
01:45Un bateau comme ça, c'est 100 millions de dollars,
01:48ça veut dire une prime d'assurance de 250 000 dollars qui va prendre au moins 50%.
01:53Mais est-ce qu'il y a des solutions alternatives, une voie de délestage, un itinéraire ?
01:57Oui, en fait les armateurs passent désormais par le cap de bonne espérance,
02:02c'est-à-dire qu'ils contournent l'Afrique par l'Ouest,
02:04le problème c'est que c'est 5000 kilomètres de navigation en plus,
02:07ça fait 6 jours en plus, ça représente 1,5 million de dollars de coût de transport supplémentaire.
02:13Alors il y a aussi un autre élément, c'est l'Arabie Saoudite et les Émirats
02:17qui ont des oléoducs qui permettent d'acheminer du pétrole sans passer par le détroit,
02:22mais ils n'ont pas de capacité suffisante pour se substituer complètement.
02:26Bon, et alors quelles conséquences tout cela peut-il avoir sur le prix du pétrole ?
02:29J'imagine nos auditeurs qui disent, moi est-ce qu'à la pompe demain je vais payer beaucoup plus cher
02:31?
02:32Écoutez, on les voit dès ce matin, le baril de Brent a fait un bond à l'ouverture,
02:36il vaut 77 dollars, un peu plus, on était à 62 début janvier, ça monte fort,
02:42c'est pas non plus une explosion, non.
02:45Parce que, vous savez, le fond, la toile de fond, c'est que le marché du pétrole connaît une offre
02:49excédentaire,
02:50il n'y a aujourd'hui aucun problème pour trouver les 100 millions de barils jour dont le monde a
02:55besoin,
02:56mais cette hausse c'est un peu le prix de la peur,
02:58amplifiée par les mécanismes psychologiques des marchés financiers,
03:01c'est les moutons de panurge, hein, et c'est bien là-dessus que comptent les molatéans
03:05pour exprimer leur capacité de nuisance.
03:08Merci beaucoup à vous François Languet, si vous avez des questions à poser à François
03:11pour comprendre tout ce qu'il est en train de se passer sous nos yeux,
03:14n'hésitez pas, un 74 900 avec le mot-clé matin, il est 7h43.
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