00:01RTL Matin
00:02Il est 7h39, l'Angléco, François Languet, alors que les dépôts pétroliers brûlent à Téhéran,
00:06que les prix s'affolent dans nos stations-services et sur les marchés,
00:09bref, que l'on regarde tous avec inquiétude le prix du brut s'envoler.
00:13Vous allez nous parler, vous, des profiteurs de crise,
00:15deux pays qui se frottent les mains en ce moment.
00:17La grande gagnante de l'affaire, c'est la Russie.
00:19D'un jour à l'autre, les perspectives du troisième exportateur mondial de gaz et de pétrole
00:24se sont brillamment éclaircies.
00:26Au début de l'année, elle était sous une asphyxie progressive.
00:30En janvier, les recettes d'hydrocarbures russes étaient au plus bas depuis 2020.
00:34Le financement de la guerre d'Ukraine devenait de plus en plus compliqué,
00:38sous l'effet des sanctions occidentales renforcées.
00:41Près de 130 millions de barils d'or noir russes voguaient sur des navires sillonnant les mers du globe
00:47à la recherche d'acheteurs qui cherchaient à faire baisser les prix.
00:51Et voilà que tout change avec la guerre du Moyen-Orient
00:53et la montée du cours du baril à plus de 110 dollars ce matin.
00:57Parce que Moscou, en fait, trouve maintenant acheteurs pour ces hydrocarbures, c'est ça ?
01:00Oui, oui, oui.
01:01La paralysie du trafic d'Hormuz lui ouvre évidemment de nouveaux marchés,
01:05en Asie notamment, qui est très dépendante du Moyen-Orient.
01:08Et puis, dans le même temps,
01:10Trump a considérablement allégé les sanctions
01:12pour faire baisser la pression sur les marchés mondiaux du pétrole.
01:16Mercredi, il a autorisé l'Inde à racheter le pétrole de Poutine.
01:19En fin de semaine, après la visite du chancelier Mertz,
01:23il a autorisé l'Allemagne à se fournir auprès des raffineries allemandes du russe Rosneft.
01:29Le baril d'Oural, c'est le nom du pétrole de Moscou,
01:32se vend désormais avec un discount plus faible qu'avant la guerre d'Iran.
01:35C'est de l'ordre de 1 à 5 dollars seulement.
01:38En fait, la situation, c'est à ce point retourné
01:40que Poutine se paye le luxe de menacer l'Europe,
01:44d'arrêter ses livraisons de gaz.
01:46Elle compte encore pour 13% de nos approvisionnements.
01:49Avant même, l'interdiction...
01:50C'est nous !
01:50C'est nous qui avions dit qu'on n'en veut plus.
01:51Oui, on avait dit qu'on n'en veut plus à partir de 2027.
01:53Et Poutine dit, ça sera avant, ça sera 2027.
01:57Et c'est sans compter les avantages politiques et stratégiques de la Russie aussi.
02:01Qu'est-ce qui a changé pour Poutine sur ce plan-là ?
02:03Vu le faible stock d'armes et de munitions aux Etats-Unis pour bombarder l'Iran,
02:06la fourniture d'armement à l'Ukraine va immanquablement ralentir.
02:10Et puis en plus, la tension de la planète s'est tournée vers Téhéran.
02:14La guerre d'Ukraine et ses négociations bloquées,
02:17tout ça s'est passé au second plan.
02:18On parle de Poutine, de la Russie, de la Chine,
02:20mais en Europe, quelles conséquences pour nous ?
02:22L'Europe, c'est la grande perdante.
02:25Quatre ans après la guerre d'Ukraine,
02:27on se découvre aussi dépendant qu'à l'époque.
02:30Simplement, on a changé de dépendance.
02:33On l'était vis-à-vis de la Russie,
02:34on l'est aujourd'hui vis-à-vis du Qatar
02:35parce qu'on avait parié sur le Qatar.
02:37Bien joué.
02:37Et surtout, rétrospectivement, on se dit,
02:40on a dépensé en Europe 400 milliards de dollars
02:44pour protéger le consommateur.
02:45De la hausse des prix liées à la guerre d'Ukraine.
02:49On se dit, si on avait investi cet argent
02:53pour produire de l'électricité à alléger notre dépendance,
02:56on serait quand même mieux aujourd'hui.
02:58De ce point de vue, est-ce qu'on n'a pas jeté de l'eau à la rivière ?
03:01C'est peut-être une leçon pour ce qui va se passer maintenant.
03:04On tire déjà le son d'une actualité
03:05qu'on est en train de vivre en temps réel.
03:07Merci beaucoup à vous, François Langlais.
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