00:00– Et en effet, bonjour Dominique Schellcher.
00:04– Bonjour.
00:05– Merci d'être avec nous ce matin.
00:06Vous êtes l'un des acteurs principaux de la grande distribution
00:10avec les 1800 magasins U que vous dirigez.
00:14Comment le secteur de la grande distribution,
00:16dont vous êtes l'un des acteurs principaux,
00:18réagit à cette crise agricole ?
00:20Est-ce que vous êtes solidaire des actions les plus radicales des paysans
00:23qui bloquent les routes, qui jettent du fumet devant les préfectures ?
00:26Est-ce que la faim justifie les moyens ?
00:28– Moi, je comprends la colère et je compatis avec les agriculteurs
00:31qui ont eu leur troupeau éliminé, malheureusement.
00:37Moi, si vous voulez, ce que je crois, c'est que l'agriculture est un trésor
00:40et qu'il est en grand danger en France.
00:43Et qu'il faut absolument soutenir le monde agricole plus que jamais,
00:48qui est attaqué de toutes parts.
00:49Bien sûr, il y a la dermatose et il faut trouver les meilleures solutions.
00:53Mais il n'y a pas que ça, il y a le Mercosur dont on va parler demain,
00:55qui est quoi ? Qui est rien d'autre qu'une grande concurrence déloyale
01:00pour le monde agricole.
01:01On ne peut pas demander aux agriculteurs de produire avec des exigences
01:05incroyables et importantes et avoir le risque demain
01:09de faire entrer des produits à des conditions moindres.
01:13Est-ce que ces produits, précisément, on pense notamment à la viande
01:16venue d'Amérique latine, ils vous toucheraient, vous, dans vos magasins,
01:21s'ils devaient être signés, ce qui est normalement prévu en fin de semaine
01:24avec l'Union européenne ?
01:25Je vous le dis, si ça doit être signé en l'État sans grande protection
01:29et avec le risque d'avoir des produits peut-être de moins bonne qualité,
01:33en tout cas de pas la qualité française, nous ne les achèterons pas
01:37chez Coopérative U. Nous ne les achèterons pas.
01:39C'est le moment ou jamais de protéger le monde agricole.
01:43Et la meilleure façon de le faire, et je lance un appel ce matin aux téléspectateurs,
01:48c'est d'avoir le réflexe origine France.
01:50C'est maintenant qu'il faut l'avoir.
01:51Il faut prendre le produit en main, le tourner,
01:53et s'il n'est pas français, il faut le reposer.
01:55Mais c'est contre-intuitif parce que parfois, dans vos rayons,
01:58on trouve aussi des produits qui viennent de l'étranger.
02:00Par exemple, les pommes, en certaines saisons, elles viennent du Chili.
02:04On les trouve dans vos rayons.
02:05Mais ce message s'adresse à nous aussi.
02:07Le combat, il est pour nous d'abord.
02:08Et on a cessé de progresser ces dernières années.
02:11Et chez U, 78% des fruits et légumes sont d'origine France.
02:1422% ne le sont pas, donc ?
02:16Oui, mais ce n'est pas toujours parfait.
02:17Parce qu'il y a des débuts de saison, il y a de l'intersaison.
02:20Il y a parfois des fruits ou des légumes.
02:22Nous n'avons pas les quantités nécessaires en France.
02:25Donc c'est un mix.
02:26Mais le consommateur doit s'interdire, excusez-moi, de consommer ses fruits.
02:30Je pense, par exemple, nous sommes là, dans la période des fêtes, on va en parler.
02:33Mais on trouve beaucoup de fruits exotiques.
02:35Par exemple, les fruits de la passion qui ne sont pas produits en France métropolitaine ou dans les territoires d'outre-mer.
02:42Les fruits exotiques sont évidemment une des exceptions annuelles.
02:44Il ne faut pas s'interdire de les consommer.
02:45Il ne faut pas s'interdire, au moment des fêtes, de se faire plaisir avec ces produits-là, qu'on ne trouve pas en France par ailleurs.
02:51On peut avoir des litchi de la Réunion, mais certains autres fruits ne pourront pas être français.
02:56Donc voilà, il faut qu'on progresse, il faut qu'on avance, il faut qu'il y ait ce réflexe de la part de tout le monde.
03:01On parlait à l'instant de ces fêtes qui arrivent, on voit les rayons des magasins.
03:05Est-ce que vous avez observé, on est le 17 décembre, 7 jours pile avant le Réveillon de Noël, déjà une effervescence, voire un décollage des achats de Noël de la part des consommateurs ?
03:17Il y a beaucoup de monde dans les magasins U, mais je dirais qu'il n'y a pas encore tout à fait l'effervescence de Noël.
03:22On espère qu'elle arrive maintenant.
03:25Alors il y a des petits signes.
03:27Le foie gras et le saumon sont plutôt plus vendus que l'année dernière.
03:31Par contre, il y a un produit qui est presque un peu boudé, parce que je pense qu'on est tous allés trop loin, c'est le chocolat.
03:38Moi, il y a des clients qui m'ont encore dit samedi, j'achète pas de chocolat, c'est trop cher.
03:42Donc absolument, je pense que les producteurs là sont allés un tout petit peu trop loin.
03:47Vous parliez du saumon, du foie gras, ce sont des produits qui sont chers et que beaucoup de Français ne peuvent pas...
03:51Le foie gras a légèrement baissé cette année.
03:53Néanmoins, ça reste quand même hors de portée de beaucoup de Français.
03:57Est-ce qu'il y a des produits tendants, si j'ose dire, entre guillemets, pour ce Noël 2025, voire ce réveillon du premier de l'an qui arrive aussi ?
04:05Je prédis une fois de plus un Noël à la raclette.
04:07À la raclette ?
04:08À la raclette, c'est peut-être pas ce qu'on imaginait il y a quelque temps, mais depuis 2-3 ans, voilà.
04:13C'est un plat convivial qui réunit toute la famille, qui est facile à faire et qui est un très bon rapport qui a été pris.
04:18Donc on nous commande déjà des plateaux de raclette pour les fêtes.
04:22Plus que les autres années ?
04:22Plus que les autres années.
04:23Est-ce que vous y voyez, vous laissiez entendre, une forme de convivialité ?
04:29Enfin, ça correspond quelque chose à un état d'esprit, peut-être, pour lutter contre la violence des temps ?
04:35L'esprit raclette, en quelque sorte ?
04:37Les Français n'ont pas beaucoup le moral.
04:40D'un côté, il y a beaucoup de contraintes.
04:42Je rappelle qu'un Français sur deux a des problèmes de fin de mois.
04:45De l'autre, beaucoup de gens épargnent, ceux qui le peuvent en tout cas, et ça traduit quoi ?
04:49Ça traduit qu'ils sont inquiets pour la suite, ils n'ont pas une grande visibilité dans le contexte politique actuel.
04:54On ne sait pas quelle va être notre fiscalité l'année prochaine.
04:56Et donc ils se rabattent sur une raclette pour oublier tout ça ?
04:58Et donc, ils épargnent, ils font très attention à leurs dépenses, ils sont inquiets de l'avenir,
05:04et par contre, ils passeront un beau moment en famille, au moment de Noël, bien sûr.
05:08Il y a quand même un produit star, si j'ose dire, pendant ces fêtes, en général, ce sont les volailles, les chapons, les poulets, les dindes.
05:18Est-ce que là, on a parlé des problèmes dans la filière bovine, il y a eu aussi la grippe aviaire,
05:23est-ce qu'elle aura un impact sur l'approvisionnement de ces produits-là ?
05:26Pas d'impact de la grippe aviaire sur les volailles de fête, les fournisseurs nous ont assuré une bonne livraison.
05:31Par contre, des petits signaux d'inquiétude pour le début d'année prochaine,
05:35parce qu'effectivement, la grippe aviaire revient un peu,
05:38il y aura peut-être des perturbations sur l'approvisionnement au début d'année.
05:41Mais aucune inquiétude pour les fêtes, et surtout, profiter d'une bonne volaille de bresse.
05:45Noël, c'est évidemment aussi, et d'abord, les enfants, les cadeaux.
05:49Le Père Noël n'a pas encore complètement rempli sa haute, mais vous, vous avez déjà, là encore, une petite tendance pour cette année.
05:55Alors, les joueurs ont démarré très fort, jusqu'à la fin du mois de novembre, début décembre, et puis après...
06:00Black Friday, c'était cet aspect-là, les gens ont fait, en quelque sorte...
06:04Tout à fait, on s'en doute pris un peu d'avance avec des très bonnes offres, dans nos magasins particulièrement.
06:10Et après, ça s'est un peu calmé. Donc, on aura le verdict le 24 décembre au soir.
06:14Sans faire de pub, excusez-moi, c'est de la marque que l'on voit à l'écran.
06:18Il y a une tendance aussi, dont on parlait en préparant cette émission, c'est les jouets pour les adultes.
06:23Ça marche très fort, aujourd'hui ?
06:25Absolument, les jouets pour les adultes sont une vraie tendance, particulièrement ceux de la marque qui s'affiche à côté de moi.
06:32Pourquoi ? Parce que les gens ont envie de penser à autre chose, de faire autre chose.
06:35Il y a même maintenant des doudous pour les grands, des doudous pour les grands.
06:38Mais ça correspond aussi à un état d'esprit des Français, vous diriez ?
06:41Cette envie de revenir à une sorte d'âge d'or qui n'a peut-être pas forcément existé.
06:46Il y a aussi des programmes d'avant qui marchent, c'est une idée un peu de nostalgie et de se retrouver dans des bons moments, je pense.
06:53Et c'est vraiment une tendance très forte qui tire le marché absolument.
06:57Il y a une nostalgie, c'est ce que vous diriez. Vous avez fêté les 50 ans de votre marque récemment.
07:00Oui, les 50 ans de notre marque qui ont un succès fou, mais ce sont les 50 ans de Goldorak cette année qui ont placé toute une génération dans plein de souvenirs,
07:09les 50 ans de marques emblématiques.
07:12Merci beaucoup Dominique Schellcher, président des coopératives U.
07:16Vous nous avez donné les tendances de ce Noël 2025 qui approche et c'est la suite de Télématin.
07:21Merci à vous.
07:21On a bien noté, pour plus de convivialité.
07:25Et alors vous évoquiez les peluches Dominique Schellcher, qu'est-ce que vous pensez du loup d'Intermarché dont la publicité fait le tour du monde ?
07:31Ah bah écoutez, c'est un joli coup pour Intermarché, pour mon confrère, voilà.
07:35Merci.
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