00:02Bonjour à tous et bonjour Monique Barbu, merci d'être notre invité ce matin.
00:06L'actualité ce sont ces importantes crues dans l'ouest du pays, on vient de le voir,
00:10toujours trois départements en vigilance rouge par Météo France ce matin.
00:14Est-ce que vous pouvez nous dire comment la situation va évoluer dans les prochaines heures ?
00:17Est-ce que l'eau va enfin baisser ?
00:20Alors je ne sais pas si l'eau va baisser, mais nous sommes sur un plateau
00:25et l'eau va baisser, mais très très lentement.
00:31Et je pense que c'est là...
00:32La décrue va prendre du temps.
00:33Exactement, ça va prendre beaucoup de temps et c'est là où la situation va devenir critique
00:41d'un point de vue, si vous voulez, de la façon dont les gens peuvent accepter de vivre
00:48sous ce système d'inondation.
00:50C'est quand même le 37e jour que les élus, les services de secours sont sur le pont
00:58et pour les populations, la résignation aujourd'hui, bien qu'ils aient été extrêmement résilients
01:08jusqu'à présent, risquent de poser un certain nombre de problèmes au moment de cette décrue,
01:16en sachant que les prévisions indiquent qu'il y aura peut-être à nouveau des pluies importantes
01:25à partir du milieu de la semaine prochaine.
01:27Donc vigilance qui reste de mise dans le sud-ouest, notamment il y a des gens qui ont les pieds
01:31dans l'eau,
01:31vous le disiez depuis plus de 30 jours maintenant, le Premier ministre a annoncé hier que ça y est
01:37les mécanismes de catastrophe naturelle allaient être enclenchés à partir de mardi.
01:41Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin combien l'État va mettre sur la table
01:44et surtout quand les sinistrés seront indemnisés ?
01:47Alors, nous nous sommes réunis hier en réunion interministérielle avec le Premier ministre
01:55pour essayer de voir quels étaient les différents points sur lesquels nous devons être tous vigilants
02:05sur la suite à venir.
02:06Alors si vous voulez, il y a trois étapes.
02:09Il y a l'immédiat, l'urgence.
02:12L'urgence, ça va être de nettoyer, ça va être de pomper.
02:17Ça, nous sommes en train de mettre en place les équipes, aussi bien avec Enedis
02:22qu'avec les services de secours.
02:24Je réunirai cet après-midi avec Mathieu Lefebvre l'ensemble des écosystèmes pour le nettoyage.
02:30Le gestion des déchets, absolument.
02:31Exactement.
02:32Donc ça, c'est une première chose.
02:34Dans le même temps, nous préparons aussi les indemnisations financières.
02:39Et c'est pour ça que cette déclaration de catastrophe naturelle
02:43qui sera mise en place à partir de mardi est importante.
02:49Mais M. Roland Lescure, le ministre des Finances, réunira aujourd'hui les assureurs.
02:56Pour déterminer un montant ?
02:57Pas pour déterminer un montant, puisque les assureurs vont intervenir, si vous voulez, cas par cas.
03:03Mais pour faire en sorte qu'ils soient au rendez-vous et que cela ne dure pas trop longtemps pour
03:10les assurer.
03:10Est-ce que dans cet épisode d'inondation, il y a une défaillance de l'État ?
03:13Certains élus locaux ont pointé un manque d'entretien des digues, notamment.
03:17Oui, alors, comme je l'ai dit, si vous parlez juste d'entretien, l'entretien aujourd'hui est à la
03:28charge, c'est vrai, des communes.
03:31Mais le problème qui s'est posé, pour beaucoup de digues, ce n'est pas un problème de digues qui
03:37ont été mal entretenues.
03:39Il y en a eu plusieurs qui ont été carrément submergées.
03:44Donc quel que soit l'entretien…
03:45Donc c'est un autre problème que celui des digues ?
03:47Est-ce que c'est, par exemple, le problème d'artificialisation des sols qui est en cause ?
03:50Alors, derrière ça, il y a un problème structurel, si vous voulez.
03:54C'est que nos investissements n'ont pas été calibrés pour le type d'intempéries que nous avons vu cette
04:01fois-ci.
04:01Et bien évidemment, il va y avoir un travail de fond qui va devoir être fait entre l'État et
04:09les collectivités.
04:10Et l'État prendra sa part.
04:11Je veux dire, il n'est pas question de dire à des collectivités que ça sera à leur seule charge
04:18de devoir financer le travail qui va devoir être fait sur la prévention des inondations.
04:23On voit que ces phénomènes, ils se répètent de plus en plus.
04:26Est-ce que, face à cela, votre gouvernement est inactif, comme le disent certaines associations environnementales ?
04:32Je ne crois pas qu'on puisse dire ça.
04:35Et clairement, d'abord, je dois dire que c'est parce que nous avons mis en place un système avec
04:42les collectivités locales.
04:44Tous les organismes d'État ont pris leur part, mais toutes les collectivités locales ont pris leur part,
04:49pour faire en sorte qu'en réalité, cet accident majeur, si vous voulez, ait eu en réalité très peu de
04:58conséquences.
04:59On aurait pu avoir un bilan beaucoup plus lourd.
05:03Et en fait, le système a fonctionné, mais c'est vrai que nous avons été débordés par l'ampleur du
05:11phénomène.
05:11Alors, autre actualité, demain, le salon de l'agriculture qui débute, porte de Versailles à Paris.
05:16Les agriculteurs qui font face à des difficultés importantes, comment est-ce qu'aujourd'hui on concilie agriculture et écologie
05:22?
05:23Alors, ces derniers temps, ça a été très opposé.
05:28Vous avez entendu une colère des agriculteurs tourner vers le monde écologique.
05:35Oui, on a par exemple la loi Duplan 2 qui veut réintroduire un pesticide, l'acétamipride, un néonicotinoïde.
05:40Est-ce que vous, vous êtes pour cette loi, par exemple ?
05:43Non.
05:44C'est assez clair.
05:45Voilà, non.
05:47Et en gros, si vous voulez travailler sur la quantité d'eau nécessaire aux agriculteurs, j'y suis complètement favorable.
05:57Travailler sur la qualité de l'eau, ça doit être en mieux et ça ne peut pas être en moins.
06:02Ce que vous dites, c'est la simplification, oui, mais pas à tout prix.
06:05Oui, exactement et surtout pas au détriment de la qualité de l'eau parce qu'à la fin, cette eau,
06:13c'est celle que vous avez au robinet.
06:15Et donc, il n'est pas imaginable d'aller en deçà de la qualité d'eau actuelle.
06:21J'ai une dernière question pour vous.
06:23On attend d'ici dimanche un remaniement gouvernemental.
06:26Est-ce que vous serez mercredi prochain à la table du prochain Conseil des ministres ?
06:31Je n'ai pas d'indication du contraire.
06:33Si c'est tout ce que je peux vous dire, j'y serai.
06:36Je n'ai pas, comme vous le savez, puisque ça a été dit, je n'étais pas spécifiquement demandeuse d
06:42'être dans le gouvernement.
06:44Je considère aujourd'hui que Sébastien Lecornu m'a donné les moyens.
06:49Vous considérez être utile et efficace aujourd'hui ?
06:50Oui, je pense. Je pense que, par exemple, si le gouvernement a mis un avis défavorable sur les hydrocarbures,
07:01l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures en Guyane, c'est parce que je suis quand même un peu intervenue
07:07dans cette affaire aussi.
07:08Merci beaucoup, Monique Barbu, d'avoir été notre invitée pour les 4 vérités ce matin.
07:12Bonne journée à vous, bonne journée à tous.
07:14Et Mélanie, Adrien, c'est à vous.
07:15Merci.
07:16Merci à tous les deux et merci à Vivien Fonvieille et Sophie Charmet pour la traduction en langue des signes.
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