00:00Focus ce matin sur la Côte d'Ivoire et les questions d'agriculture.
00:04La Côte d'Ivoire, premier pays producteur de cacao, 40% des besoins de fèves de la planète.
00:09Un chocolat qui reste cher en France, par exemple, alors que les prix ont chuté.
00:13On va en parler avec notre invité Bernard Kini-Komoé.
00:16Bonjour, vous êtes le ministre délégué auprès du ministre de l'agriculture ivoirien.
00:20Vous êtes en charge des productions vivrières.
00:22Vous êtes en France parce que vous êtes le pays à l'honneur au Salon de l'agriculture.
00:26Il faut qu'on parle de ce sujet du cacao, sujet fondamental pour votre pays.
00:30On ne se rend pas compte, nous, avec les prix qu'on a en France.
00:33Mais en réalité, les prix ont beaucoup baissé sur le marché du cacao.
00:36Et ça pose des questions pour les planteurs en Côte d'Ivoire.
00:4040%, je crois, de la population vit sur les questions de cacao.
00:44C'est énorme.
00:46On a vu des prix qui sont montés puis très fortement descendus aujourd'hui.
00:50Oui, effectivement, la Côte d'Ivoire est un pays agricole.
00:53Je pense que le cacao n'est pas la seule spéculation.
00:57Il y en a plusieurs.
00:58C'est clair qu'au-delà du cacao, c'est un pays agricole, près de 60% vivent de l
01:05'agriculture.
01:05Et ce qu'il faut dire, c'est clair, nous avons une situation qui est conjoncturelle
01:10et qui va vraiment passer parce que le gouvernement est en train de prendre toutes les dispositions.
01:15Le ministre Bruno Connus en a échangé largement là-dessus,
01:20la plupart avec les médias européens.
01:24Il est clair que pour nous, il faut éviter de décourager les producteurs.
01:30Il faut leur permettre de continuer à produire.
01:34Il faut leur permettre aussi d'éviter d'avoir des alternatives
01:37comme ce que nous avons eu dans le café
01:39où ils étaient obligés de s'orienter vers la production d'EVA ou de Palmia 1.
01:45Et cela a fait chuter la production.
01:47Ça n'a pas changé d'agriculture, rester sur le cacao.
01:51Mais ces prix, ils ont beaucoup monté, puis descendu.
01:55Pourquoi c'est descendu à ce niveau-là aujourd'hui ?
01:59Je pense qu'il y a beaucoup de phénomènes naturels.
02:02Je pense que ce qu'il y a, c'est qu'il y a de cela en 2000 ans.
02:06Donc c'est la pluie, c'est les questions d'eau ?
02:08On ne pourrait pas les questions, mais c'est clair que le climat en est joué.
02:10On est joué là-dessus, mais pour l'instant, nous sommes en train de rebondir.
02:15Mais en même temps, je reviens encore davantage,
02:19il ne faut pas décourager les producteurs.
02:20Il faut leur donner la possibilité de continuer
02:22et pour faire vivre aussi l'industrie de la choc.
02:25Donc il faut enjamber la crise, il ne faut pas qu'ils arrêtent
02:27parce que là les prix ont beaucoup baissé.
02:29Annalisa.
02:30Vous dites que le cacao n'est pas le seul produit agricole
02:32qui fait l'objet de spéculations.
02:34Quels sont les autres ? Vous pensez à quoi ?
02:35On a d'autres spéculations.
02:36Je vous ai dit, on a la noix de cajou,
02:39on est le premier producteur mondial.
02:42On a aussi le café, même si nous sommes classés dans les 15 pays.
02:47On a l'EVA, on est aussi au niveau mondial bien positionné.
02:54On a le coton.
02:56En tout cas, la Côte d'Ivoire, c'est presque toute l'écologie
03:00qui se prête à l'agriculture.
03:02Là, vous êtes venu au salon de l'agriculture
03:04pour parler de quoi précisément ?
03:05Déjà, les performances du secteur agricole.
03:08Pour montrer aussi que nous avons voulu développer,
03:12nous voulons développer ce dernier partenariat
03:14avec les opérateurs français, le secteur privé français,
03:19avec aussi, faire connaître aussi le savoir-faire ivoirien,
03:23les acteurs qui sont dans le secteur,
03:25comment leur permettre aussi d'exposer leur savoir-faire.
03:29Il y a la diaspora qui est là,
03:32qui a besoin de connaître et de se mettre en relation avec les acteurs.
03:37Mais alors justement, qu'est-ce qu'il faut faire ?
03:38C'est qu'il faut des investissements sur la transformation du cacao,
03:42par exemple, sur place.
03:43Il faut faire quoi pour sortir de la crise ?
03:47Déjà, nous avons une politique actuellement de transformer,
03:51ne serait-ce que l'ensemble des produits.
03:53Le cacao, pour l'instant, nous sommes autour de 40%
03:56du niveau de transformation.
03:59de l'anacad, nous avons fait un bout,
04:01nous sommes autour de, je pense, au-delà de 40%.
04:05Actuellement aussi, les produits vivriers,
04:08qui sont aussi pour nous,
04:10si nous voulons être un pays de grande nation,
04:14pour nous, la souveraineté alimentaire
04:16à travers le développement des produits vivriers essentiels.
04:20Et c'est pour cela que nous sommes venus dans ce cadre de ces salons
04:23pour permettre à ce qu'on puisse avoir des opérateurs,
04:28qu'on puisse travailler avec des opérateurs
04:32pour pouvoir investir et pour pouvoir nous permettre
04:35d'atteindre le niveau de souveraineté auquel nous souhaitons.
04:38Avec un sujet de stress hydrique, je le disais, important.
04:41Là, vous avez eu des discussions, par exemple,
04:43avec des acteurs majeurs français
04:45qui pourraient vous aider à travailler sur cette question ?
04:47Oui, c'est clair.
04:48Donc, la question de maîtrise d'eau est au centre.
04:51Nous avons échangé beaucoup avec le MEDEF,
04:53nous avons échangé avec Agrimaire.
04:55On ne pourrait pas parler des stratégies,
04:57mais on peut parler de variabilité climatique
04:59et qui influence sur les cycles culturels de production
05:05auxquels il faudra faire face
05:07pour avoir de la production sur toute l'année.
05:09Je pense que l'idée pour nous, c'est la maîtrise d'eau,
05:14les dispositifs d'irrigation,
05:16développer des séments qui soient adaptés au climat.
05:19Et à la matière, la France est beaucoup en avance.
05:22Nous avons déjà, même si c'est dans le cadre de ce salon,
05:26un partenariat avec Massit,
05:28dans le développement des séments hybrides sur le maïs.
05:33Annalisa ?
05:33Justement, il y a le stress hydrique,
05:34il y a aussi d'autres facteurs qui jouent sur la production agricole.
05:38Et donc, pour vous, c'est crucial.
05:39Il y a les maladies, il y a le dérèglement climatique.
05:41Comment vous anticipez tout ça ?
05:44Déjà, il y a des systèmes qui nous permettent
05:47de disposer des dispositifs de veille,
05:50de veille stratégique qui nous permettent
05:52d'annuler tout ce qui pourrait être un facteur bloquant
05:58dans le développement des cultures.
06:00Donc, nous développons aussi d'autres mécanismes
06:02qui permettent de mitiger,
06:03notamment les questions d'assurance aussi,
06:05qui rentrent en ligne de compte dans la production agricole.
06:09Merci beaucoup d'être venu ce matin, Bernard Kini,
06:11comme au ministre délégué auprès du ministre de l'Agriculture ivoirien.
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