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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo

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00:01Bonsoir à tous et bienvenue dans Face à l'Info. On va commencer nos éditos dans un instant, mais on
00:05commence comme chaque jour avec le journal de Valérie Acnin. Bonsoir Valérie.
00:09Bonsoir Elodie et bonsoir à tous. À la une, cette information du service politique de CNews, le député Jean-Didier
00:14Berger arrive à Beauvau et va être le ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez.
00:20Catherine Pégard est nommée ministre de la Culture en remplacement de Rachida Dati et Maude Brejon est nommée ministre déléguée
00:27chargée de l'énergie. Elle reste porte-parole du gouvernement.
00:31Dans le reste de l'actualité, cinquième année de résultats positifs pour la SNCF. En 2025, elle engrange 1,8
00:38milliard d'euros de bénéfices nets. Dans un communiqué, le directeur financier annonce que les services voyageurs ont été la
00:44locomotive de la performance du groupe.
00:47Enfin, cette actualité internationale, l'Afghanistan a lancé des attaques massives au Pakistan en représailles à de récents bombardements contre
00:55les provinces de Nangarar et de Paktia, annonce faite par le porte-parole de l'armée afghane dans l'est
01:01du pays.
01:03Merci beaucoup Valérie. Au programme de ce Face à l'info, on commencera avec vous Mathieu Bocoté. Vous allez nous
01:09parler de Marine Le Pen. Vous le savez, son avenir politique est en suspens d'une décision de justice.
01:14Et donc, jusqu'au 7 juillet prochain, elle doit cheminer côte à côte avec Jordan Bardella, comme ils l'ont
01:20fait d'ailleurs aujourd'hui dans les allées du Salon de l'Agriculture.
01:22On verra aussi avec vous comment Marine Le Pen a marqué une rupture claire et nette avec l'ultra-droite.
01:27Et vous nous expliquerez aussi de quoi aujourd'hui Le Pen est-il le nom.
01:31On continuera à parler de politique avec vous Alexandre Devecchio et plus précisément des municipales au Havre.
01:37L'ancien Premier ministre et maire du Havre actuel Edouard Philippe est donné perdant au second tour face à la
01:43liste de gauche.
01:43Selon un sondage Opinion Web, peut-on parler de la malédiction des jupéistes ?
01:48Lui qui veut concourir à l'élection présidentielle de 2027 butera-t-il sur la marche des municipales ?
01:54Avec vous Marc Menand, on va parler de la qualité du débat politique ou plutôt de son niveau déplorable dans
02:00un certain nombre de cas.
02:02Les joutes verbales travaillées et fondées ont laissé la place à une harangue facile et bien souvent infondée.
02:07On citera certains exemples, Sophia Chikirou par exemple ou Ségolène Royal.
02:10Pourquoi se rabaisser au Ravé-Pakrête ? Est-ce par paresse intellectuelle ou par manque de fonds ? On vous
02:15posera la question.
02:17Avec vous Charlotte Dornelas, on parlera de ce qui se passe en Syrie.
02:20Hier, c'est le ministère de l'Intérieur qui a confirmé l'évasion massive de familles de djihadistes d'un
02:25camp de prisonniers.
02:26Au nord du pays, personne ne sait pour l'instant où sont parties ces familles ni quel est leur degré
02:30de dangerosité.
02:32On se demandera notamment comment cette perte de contrôle dans ce camp de prisonniers a été possible.
02:37Et on terminera avec la démission de Rachida Dati au ministère de la Culture.
02:40On l'a appris, elle est donc remplacée par Catherine Pégard.
02:42Et on se demandera avec vous Mathieu, quel héritage la candidate à la mairie de Paris peut laisser au ministère
02:48?
02:48Et on verra aussi comment la culture française a évolué.
02:51Une culture qui passe d'une culture patrimoniale à une culture plus militante.
02:55Face à l'info, c'est parti !
03:12Mathieu, je le disais hier soir à la télé et ce matin au Salon de l'agriculture.
03:15Marine Le Pen a voulu clarifier son avenir politique.
03:18L'heure n'est pas encore venue évidemment de faire son bilan puisque la justice n'a pas tranché son
03:22sort.
03:22Mais il n'est pas inutile de voir de quelle manière le camp national gère cette incertitude et ce qu
03:27'elle représente pour 2027.
03:28Alors, candidate ou pas candidate, c'est la question et c'est finalement la seule question qui ressort de toute
03:34prise de parole de Marine Le Pen en ce moment.
03:36Parce qu'on se demande, sommes-nous devant la dernière fauchée de la justice politique, selon certains, ou sommes-nous
03:45devant la future candidate du camp national ?
03:48Elle nous dit, à quelles conditions puis-je être candidate ?
03:51Premier élément, évidemment, il y a la question de l'inéligibilité.
03:54Mais il y a aussi la question, elle nous dit très clairement, je ne serai pas candidate avec un bracelet
03:59électronique.
04:00Autrement dit, je ne ferai pas une demi-campagne, je ne ferai pas une semi-campagne, je le fais pleinement
04:05ou je ne le fais pas.
04:06Donc, messieurs les juges, messieurs, mesdames les juges, c'est votre responsabilité et votre responsabilité seulement de me permettre de
04:13concourir à cette élection démocratique ou de m'en chasser.
04:16Que fait Marine Le Pen dans cette séquence ?
04:18Elle politise explicitement la justice et je précise qu'elle ne peut pas faire autrement.
04:22Dès lors qu'on est, et on le voit partout en Occident, dans une séquence d'instrumentalisation politique de la
04:27justice,
04:27que la justice, malgré ses prétentions à l'indépendance, témoigne de biais idéologiques,
04:33en fonction des préférences du système, se permet de dégager des candidats les uns les autres.
04:38On est de moins en moins convaincu de l'indépendance de la justice, on est de moins en moins convaincu
04:43de sa neutralité,
04:43le commun des mortels à tout le moins en est de moins en moins convaincu.
04:46Et dès lors, un candidat politique qui se sent persécuté par la justice est en droit, dans son esprit évidemment,
04:52d'attaquer les institutions.
04:53Et c'est ce qu'elle fait en disant ces trois personnes, ces quelques personnes qui tiennent finalement à partir
04:58de leur subjectivité,
04:59à partir de leur grille de lecture, qui tiennent en otage, qui tiennent finalement le destin du pays.
05:06Et j'y reviens, c'est une pression relativement légitime parce que nous couroyons de moins en moins dans nos
05:11sociétés à l'objectivité du droit.
05:13Ce qu'on a appelé pendant des années le gouvernement des juges s'impose à nous avec une telle évidence
05:18aujourd'hui,
05:19qu'on comprend qu'un acteur politique dit « je suis discriminé », eh bien dès lors, je nommerai celui
05:24qui me discrimine.
05:26Cela dit, dans cette séquence d'instabilité institutionnelle, ça nous oblige néanmoins à nous poser la question de savoir
05:31que représente aujourd'hui Marine Le Pen dans le jeu politique.
05:34Pourquoi sa candidature ne serait pas exactement la même que celle de Jordan Bardella,
05:39même s'ils sont tous les deux du même parti.
05:41Alors on pourrait dire, elle porte d'abord le nom Le Pen, c'est une évidence, me direz-vous,
05:45mais le nom Le Pen est le symbole d'une opposition fondamentale.
05:49Je reviendrai en dernière partie, mais c'est le symbole depuis, en fait c'est la dynastie négative de la
05:53Ve République
05:53qui porte une opposition au régime, une opposition au système.
05:58C'est un nom qui a fédéré au fil, non pas des ans, mais des décennies,
06:01qui a réussi à agréger toute une série d'oppositions au système.
06:06Et de ce point de vue, c'est un gage d'opposition décomplexé au régime,
06:09peu importe la dédiabolisation, peu importe la volonté de multiplier les gestes à l'endroit du régime
06:15pour dire « nous sommes des démocrates comme les autres »,
06:18le régime n'acceptera jamais, ça je pense qu'on peut en être convaincu,
06:21qu'une Le Pen ou qu'un Le Pen, quel qu'il soit, soit un candidat comme les autres.
06:25Ensuite, c'est une Le Pen, mais c'est aussi le nom de Marine.
06:28Et Marine est une marque distincte.
06:30Quand je dis une marque distincte, qu'est-ce qu'on entend par là?
06:33D'abord, on l'a dit, c'est la Marine La Sociale, en quelque sorte.
06:36C'est celle qui a ancré, on a oublié son nom aujourd'hui
06:39parce qu'il est un peu rendu périphérique dans le jeu politique,
06:41mais Florian Philippot a imposé un virage social-patriote, pourrait-on dire, ORN,
06:46et elle s'y retrouvait.
06:48Donc c'est Marine La Sociale, c'est elle qui a posé un axe politique
06:52qui se réclame, même s'il n'utilise pas le mot,
06:55on pourrait dire qui se réclame intellectuellement du populisme,
06:57c'est-à-dire nous sommes les insurgés contre une oligarchie
07:01qui a privé le peuple de ses droits,
07:03contre une oligarchie qui confisque les privilèges du système à son avantage seul.
07:08C'est aussi la candidate des classes populaires,
07:10on pourrait dire des déclassés autochtones et des déclassés assimilés.
07:13J'en sens pas, j'en te parler que, pas seulement les Français dits de souche,
07:16mais tous ceux qui sont assimilés aux Français de souche
07:18et qui, à terme, se sentent aujourd'hui laissés de côté
07:21par un système qui fonctionne avec la préférence diversitaire,
07:25avec la préférence étrangère.
07:26Donc c'est la candidate qui refuse de s'ancrer à droite,
07:29même si elle sait très bien qu'elle n'est pas non plus la candidate de gauche.
07:33Or, j'ajoute une chose qui me semble importante,
07:35quand on parle à ses proches,
07:37et puisque quelquefois il se peut qu'au RN des gens aient des préférences
07:39pour l'une ou pour l'autre,
07:41souvent ceux qui ont une préférence pour l'une disent
07:43« peut-être Bardella est trop jeune »,
07:45mais de l'autre côté, elle, on lui reconnaît une poigne,
07:47une poigne véritable, pour tenir dans la tempête,
07:50elle aurait la personnalité nécessaire.
07:52Inversement, ceux qui sont,
07:53parce que la candidature à Bardella est peut-être plus probable aujourd'hui,
07:56certains disent « nous sommes devant une candidature qui aura la capacité
07:58d'achever la normalisation du RN ».
08:02En fait, Bardella réinscrit le RN,
08:04non pas dans la tradition longue du Front national,
08:07mais plutôt dans la tradition du RPR,
08:09donc il serait le récupérateur tardif.
08:11RPR, tendance pasqua, davantage que tendance Xavier Bertrand.
08:15Comme ça.
08:16Et oui, ici, RPR, tendance Sarko, s'il le faut,
08:19c'est-à-dire un leadership physique,
08:20aussi un leadership qui compte dans les circonstances
08:22et qui fait penser au jeune Chirac.
08:23Donc, on est dans une autre lignée politique
08:25qui a pris le détour du Front national et du RN.
08:28Bardella n'hésite pas à se dire de droite,
08:30il assume cet ancrage.
08:32Et de ce point de vue,
08:33si Marine Le Pen, c'est la candidate du populisme,
08:36Bardella, c'est peut-être celui qui réussirait l'union des droits.
08:38Deux stratégies, un même parti,
08:40même si, par ailleurs, Marine Le Pen a dit hier soir
08:42qu'elle se sentait une très grande proximité
08:45de sensibilité politique avec Bardella.
08:47Peut-être s'agissait-il davantage d'un souhait que d'un constat.
08:50Marine Le Pen a voulu aussi marquer sa rupture
08:52avec l'ultra-droite dans son entretien.
08:54Pourquoi c'était important pour elle de le faire ?
08:56Question de circonstances, évidemment.
08:58Quand on voit la dérive factueuse de LFI,
09:01à tout le moins selon plusieurs,
09:03donc un parti qui a intégré dans ses rangs
09:05une milice qui aujourd'hui est au cœur de l'actualité,
09:08plus le RN est en droit de dire
09:09« Nous sommes des démocrates intégraux,
09:12nous sommes des démocrates
09:13qui ne remettons jamais en question en fait la légalité,
09:17nous ne croyons pas que la violence est légitime en société,
09:19donc ils sont en droit dans les circonstances de dire
09:22« Regardez, nous, on n'a pas ces problèmes-là,
09:23et quand on a des tarés dans nos rangs,
09:26on les dégage. »
09:27Ça, c'est une chose qui est importante.
09:28Donc, elle dit « Si on a des fous,
09:29de temps en temps, on peut en avoir,
09:31eh bien, nous les condamnons. »
09:32Et je reviendrai là-dessus dans un instant,
09:33alors que LFI est dans une stratégie
09:35où la violence est légitimée potentiellement
09:37au nom de l'autodéfense populaire.
09:39Mais au-delà du contexte très présent,
09:42Marine Le Pen est en droit de dire
09:44que depuis son arrivée à la direction de son parti,
09:46elle a multiplié les purges,
09:48certains diraient la multiplier,
09:50le nettoyage éthique du parti
09:52pour le délivrer de ce qu'on appelle
09:54les brebis galeuses,
09:56quitte toutefois peut-être,
09:57certains diront,
09:58à aller très, très loin dans la volonté
09:59de libérer le parti de certains militants
10:01pensés comme un fardeau.
10:03Donc, autrement dit,
10:05le désir de dédiabolisation,
10:06ça nous remet à ce principe de base,
10:08la diabolisation ne dépend jamais du diabolisé,
10:10mais du diabolisateur.
10:12Alors, pourquoi le RN a son lot
10:15de brebis galeuses, comme on dit?
10:16Parce que tout parti anti-système,
10:18par définition,
10:19et le RN est un parti anti-système,
10:20le FN d'abord,
10:21le RN ensuite est un parti anti-système,
10:22il attire par définition
10:24les éléments troubles dans une société,
10:26les éléments qui disent
10:27« je rejette le système,
10:28je m'agrège à ce parti
10:29qui est le plus contre les élites ».
10:31Donc, quand vous êtes un petit parti,
10:33vous avez besoin de ces gens
10:34qui vous rejoignent,
10:35des militants, des cadres
10:36qui ont quelquefois
10:36un profil idéologique très particulier,
10:38vous en avez besoin,
10:39ils vous servent.
10:40Mais plus vous vous normalisez,
10:41plus ceux qui vous servaient
10:43dans la marge deviennent des fardeaux.
10:44Vous devez dès lors
10:45vous en débarrasser.
10:46Mais là, c'est à ce moment
10:47qu'il faut faire un saint-tri.
10:48Parce que la question
10:49des brebis galeuses,
10:50qui est vraiment un marronnier
10:51de la presse de gauche,
10:52c'est presque au six mois,
10:53on nous explique quels sont,
10:53on parle,
10:54comme on dit en mauvais français,
10:56on screen,
10:57on passe au scanner
10:58les réseaux sociaux
11:00les uns les autres,
11:00on découvre que tel ou tel
11:01candidat à RN
11:02a fait tel ou tel like
11:03ou tel ou tel commentaire
11:04inacceptable sur Facebook
11:05ou sur Twitter,
11:06et dès lors,
11:07on expose la liste
11:08des brebis galeuses.
11:09Le problème,
11:10c'est qu'il ne suffit pas
11:11que Libé
11:12ou que Mediapart
11:13ou que Le Monde
11:15disent nous sommes devant
11:16tel brebis galeuses
11:16pour les croire.
11:18Il arrive que ce soit le cas.
11:19Il arrive, par exemple,
11:19qu'on se retrouve avec quelqu'un
11:20qui a un profil absolument,
11:22on pourrait dire,
11:23atroce
11:23et normal dès lors
11:25de s'en débarrasser.
11:26La politique fonctionne ainsi.
11:28Mais quelquefois,
11:29c'est ce que j'appelle
11:29la jurisprudence
11:30Joseph Martin.
11:31Rappelez-vous en 2024
11:33ce candidat
11:33qu'on avait présenté
11:34comme un négationniste
11:36et Libération avait fait ça,
11:37alors que dans les faits,
11:38c'était quelqu'un
11:38qui critiquait sévèrement
11:40les négationnistes,
11:41qui se réjouissait
11:42de la mort de l'historien,
11:44entre guillemets,
11:44de référence des négationnistes.
11:45Il s'en réjouissait
11:46et par une espèce
11:47de traficotage gênant
11:48des médias,
11:49on a vu Joseph Martin
11:51sacrifier son honneur
11:52sacrifié avant
11:53qu'il ne soit restauré.
11:54Donc, il ne suffit pas
11:54que la presse de gauche
11:55dise voilà quelqu'un de méchant,
11:58virez-le,
11:58pour qu'on soit obligé,
11:59si on est au RN,
12:00de s'y soumettre.
12:01Quoi qu'il en soit,
12:02elle a cherché
12:03à nettoyer son image.
12:04Il y a un autre élément,
12:05cela dit,
12:06c'est que la question
12:07de la rupture au RN,
12:08ce n'est pas seulement
12:08avec l'ultra-droite
12:10qui serait dans ses marges,
12:12c'est aussi l'héritage
12:12avec le FN plus largement.
12:15Est-ce que le RN
12:15a encore quelque chose
12:17à voir avec le FN?
12:20Et là,
12:20c'est une forme de paradoxe.
12:22Sans cesse,
12:22Marine Le Pen dit
12:23nous ne sommes plus
12:24ce que nous étions,
12:25mais au même moment,
12:26elle dit nous avons raison
12:27depuis 50 ans.
12:28Donc, il faut décider
12:29laquelle des deux phrases
12:30est vraie.
12:30Donc, on comprend,
12:31le drame là-dedans,
12:32c'est que le personnage
12:34de Jean-Marie Le Pen,
12:35un jour,
12:35en est venu à se réduire
12:37à ses dérapages,
12:38il en est venu
12:38à se réduire
12:39à ses caricatures,
12:40il en est venu
12:40à se réduire au symbole
12:42qu'en avait fait
12:42la presse de gauche,
12:43tout en participant
12:44allègrement quelquefois
12:45à sa propre autodiabolisation.
12:47Il n'en demeure pas moins
12:48que ce parti,
12:50si c'est écrit
12:51dans la longue durée,
12:52ne peut pas complètement dire
12:53nous n'avons plus rien
12:54à voir avec ce que
12:55nous étions auparavant.
12:56Les dérapages du FN d'hier
12:58n'épuisent pas
12:59ce qu'était le FN d'hier.
13:00Les dérapages à répétition
13:02de son chef
13:02n'épuisent pas
13:03ce qu'était ce parti
13:04et dès lors,
13:05le RN,
13:05lorsqu'il dit
13:05nous ne sommes plus
13:06du tout ce que nous étions,
13:07ce qu'on entend très souvent
13:08sur les plateaux télé,
13:08le nombre de députés RN
13:10qui disent
13:10je n'ai rien à voir
13:11avec ce que nous étions auparavant
13:12selon peut-être
13:13une connaissance approximative
13:14de l'histoire de leur parti.
13:16Et vous me conduisez
13:16justement à ma dernière question
13:18de quoi le nom Le Pen
13:19est-il le symbole aujourd'hui ?
13:21Pour une bonne partie
13:22de l'opinion
13:22qui fonctionne au réflexe
13:24conditionné
13:24par le système médiatique dominant,
13:26le nom Le Pen
13:27demeure le nom méchant.
13:28Méchant, pas gentil, mauvais.
13:30On pèse sur le bouton Le Pen
13:31et là, soudainement,
13:31on s'effroie.
13:32Ah, les Le Pen
13:32sont de retour, terrifiants.
13:34Bon, on a fini par comprendre.
13:36Et ça fonctionne encore,
13:37soit dit en passant.
13:38Cela dit,
13:39pour une partie,
13:39et je pense qu'on l'a vu
13:40avec la mort de Jean-Marie Le Pen
13:41et plus récemment
13:42avec la publication du livre
13:43« Si tu te sens Le Pen »
13:44de Marion Maréchal
13:45qui se réclame de ce nom.
13:47Donc, ce n'est pas un nom
13:48qu'on renie dans son esprit.
13:49On le porte presque
13:50comme un nom de guerre.
13:52C'est aussi un nom
13:53qui se veut,
13:53qui est présenté par certains
13:54comme le nom prophétique.
13:56Celui qui a vu avant les autres
13:58ce qui nous est arrivé aujourd'hui.
13:59Celui qui a vu avant les autres
14:00la question de l'immigration massive.
14:02Celui qui a vu avant les autres
14:03une décadence de la France.
14:05Celui qui a vu avant les autres
14:06la perte de souveraineté.
14:07Celui qui a vu avant les autres
14:08la perte d'identité.
14:10Et de ce point de vue,
14:11dans la logique
14:12du paysage médiatique,
14:14le nom Le Pen,
14:15c'est donc un nom
14:16je dirais presque ambigu,
14:18paradoxal,
14:18porteur d'une charge négative
14:20et d'une charge positive.
14:21Et aujourd'hui,
14:22de quelle manière le RN
14:23peut-il gérer cet héritage ?
14:25Certains rêvent d'une fois
14:26pour toutes liquider
14:27le nom Le Pen.
14:28On le voit chez certains.
14:30Je ne suis pas certain
14:31qu'à l'échelle de l'histoire,
14:32un parti puisse s'affranchir
14:33complètement de ses origines.
14:35Reste à ne pas réduire
14:36ses origines à la caricature
14:37que certains avaient fait
14:38quelquefois
14:38parmi ses propres militants.
14:40Merci beaucoup Mathieu Bocoté.
14:42On va continuer,
14:43je le disais,
14:43à te parler de politique
14:44avec vous Alexandre De Vecchio
14:45et j'en profite
14:46pour rappeler
14:46votre dernier livre.
14:48Nous vivions côte à côte
14:50chez Fayard
14:51et donc on va parler avec vous
14:52d'Édouard Philippe.
14:53Je le disais dans le sommaire,
14:54il est donc donné
14:55perdant au Havre.
14:56C'est un sondage
14:57d'opinion.
14:58D'abord,
14:58est-ce qu'on doit prendre
14:59ce sondage au sérieux
15:00et est-ce que c'est vraiment étonnant ?
15:02D'abord,
15:03est-ce qu'on doit le prendre au sérieux ?
15:06La question est posée
15:07par certains adversaires politiques
15:09qui disent
15:10que c'est un sondage
15:12commandé par
15:13l'Institut Hexagone
15:15qui est lui-même proche
15:16de Pierre-Édouard Sterra.
15:17Il n'empêche,
15:17c'est un sondage
15:18opinionnoy,
15:19il n'y a aucune raison
15:20de le remettre en doute.
15:22D'autant plus
15:23que si on regarde
15:25la situation politique
15:26d'Édouard Philippe,
15:27on remarque
15:28que les autres sondages
15:30qui ont été faits,
15:31non pas sur sa situation
15:32au Havre,
15:33mais sur la présidentielle,
15:35montrent une dynamique
15:37qui est un peu grippée.
15:38Il fut un temps,
15:39il était devant
15:41le Rassemblement national,
15:42il est passé en dessous
15:44et on voit bien
15:45qu'il est maintenant
15:46au coude à coude
15:47autour de 16%
15:48avec ses concurrents
15:50Bruno Rotaio,
15:51Gabriel Attal
15:52ou Gérald Darmanin.
15:54Donc c'est un sondage
15:55qui n'a rien de surprenant
15:57et qui confirme d'ailleurs
15:58une configuration politique,
16:00c'est-à-dire qu'il est donné
16:03perdant au deuxième tour,
16:06il est en tête au premier tour,
16:07malgré tout,
16:08il est donné perdant au deuxième tour
16:10dans une triangulaire
16:11parce qu'il y a notamment
16:1218% d'électeurs
16:13du Rassemblement national
16:15qui ne changent pas du tout
16:16leur vote au second tour
16:18et donc il est battu
16:20par l'union de la gauche,
16:21le parti communiste
16:22et finalement,
16:24Edouard Philippe
16:25avait donné beaucoup
16:26de signaux à gauche,
16:29il avait même été
16:30à la fête de l'UMA
16:31et à force de donner
16:32des signaux à gauche,
16:33ces électeurs
16:34préfèrent la gauche,
16:35en tout cas les électeurs
16:36qui sont au Rassemblement national
16:39ne changent pas leur vote
16:40au second tour pour le faire gagner,
16:42désire plutôt qu'il soit battu
16:43mais c'est aussi une manière
16:45de lui renvoyer le mépris
16:47qu'il a eu pour eux.
16:48Et on le voit aussi,
16:49ça rappelle un petit peu
16:50la trajectoire d'Alain Juppé,
16:52est-ce qu'on peut dire
16:52qu'il a commis finalement
16:53les mêmes erreurs
16:54que son mentor,
16:55notamment d'avoir fait
16:56une campagne plutôt
16:56de second tour
16:57et d'avoir donc,
16:58vous le disiez,
16:59voulu séduire plutôt
17:00la gauche que sa droite ?
17:01Oui, effectivement,
17:02je crois qu'il a commis
17:04le même péché
17:05que celui d'Alain Juppé.
17:10Le même double péché,
17:11je dirais,
17:11qui est un péché
17:12d'une part d'arrogance,
17:14de se voir trop beau
17:15et le péché de vanité
17:18et de vouloir être aimé
17:20et de plaire à la gauche,
17:22se voir trop beau
17:23parce que depuis le début,
17:24Edouard Philippe
17:24fait comme s'il était déjà
17:26au second tour.
17:27Or avant le second tour,
17:28il y a un premier tour
17:29et généralement pour le gagner,
17:30il faut plaire à sa base.
17:33Or, Edouard Philippe
17:34vient quand même
17:35plutôt du centre droit
17:36et il ne cesse
17:37de s'adresser,
17:39je l'ai rappelé,
17:40il a été à la fête de l'Huma,
17:41il a appelé à voter
17:44communiste au législatif,
17:45de s'adresser à la gauche
17:47dans l'espoir
17:48d'un éventuel affrontement
17:50au second tour
17:51avec le RN,
17:52de rafler le maximum
17:54de voix de gauche
17:55et il a totalement oublié
17:57comme Alain Juppé
17:59qu'il fallait d'abord
18:01séduire sa base
18:02et puis je disais aussi
18:03le pléché d'Arobance
18:05de se voir trop beau.
18:08Effectivement,
18:08c'est l'homme
18:09qu'on annonce vainqueur
18:11depuis des mois
18:14et des mois.
18:15On était quelques-uns
18:16à dire finalement
18:17c'est sans doute
18:17une bulle médiatique.
18:19Edouard Philippe,
18:19c'est le type de candidat
18:21effectivement
18:22qu'on connaît
18:23depuis longtemps,
18:25c'est-à-dire
18:25le candidat conformiste,
18:28consensuel,
18:30qui ne dit pas grand-chose
18:31finalement à part
18:32des platitudes
18:33politiquement correctes
18:34et qui du coup
18:35plaît énormément
18:37à la presse
18:38mainstream
18:39du monde
18:40je dirais
18:41même parfois
18:41aux inroccupables.
18:42On se souvient
18:43qu'Alain Juppé,
18:44son mentor,
18:45a fait la une
18:46des Arocs
18:47et c'est le type
18:47de candidat
18:48si vous voulez
18:49qu'on nous vend
18:49d'élection en élection
18:50et qui perd à chaque fois.
18:52On peut remonter
18:53si vous voulez
18:55à Raymond Barre.
18:57Ensuite,
18:57il y a eu
18:58Rocard
18:59qui n'a pas pu
19:00se présenter
19:00dans une configuration
19:01qui rappelle un peu
19:02celle d'Edouard Philippe
19:02sans doute
19:03s'il était battu
19:04au Havre,
19:04Edouard Philippe
19:05ne pourrait pas
19:05se présenter.
19:06Rocard avait perdu
19:07aux Européennes
19:08face à Bernard Tapie,
19:11Balladur,
19:12à chaque fois
19:13c'est un peu comme ça.
19:14Le seul centriste mou
19:16qui échappe,
19:17qui fait exception,
19:18c'est Emmanuel Macron
19:20justement parce que
19:21ce n'est pas un centriste mou.
19:22Il est du centre
19:23mais il invente
19:24une sorte de populisme
19:27du centre
19:28et il comprend finalement
19:29la logique bonapartiste
19:30de l'élection présidentielle
19:32et c'est ce qui lui permet
19:33d'échapper
19:34à cette malédiction.
19:36Edouard Philippe
19:36n'a pas ça,
19:37ça reste un techno
19:39rigide
19:39et propre sur lui
19:40et il y a de fortes chances
19:42pour qu'il connaisse
19:43le même destin
19:43effectivement
19:44qu'Alain Juppé.
19:45Toujours sur Alain Juppé
19:46dans cette comparaison,
19:47est-ce qu'on peut dire
19:47qu'il est victime
19:48de cette malédiction
19:49entre guillemets
19:50des anciens premiers ministres ?
19:51Oui parce que je crois
19:52que ce qui est en train
19:53d'apparaître
19:54pour Edouard Philippe
19:55c'est son bilan
19:56de premier ministre.
19:57D'abord ça a été
19:59un avantage au début
20:00d'avoir été premier ministre
20:01parce qu'il sortait de nulle part,
20:02ça lui a donné
20:03une forte notoriété
20:05et surtout
20:05il s'est construit
20:06en opposition
20:07à Emmanuel Macron.
20:08Edouard Philippe
20:09il devient réellement populaire
20:11pendant le Covid
20:13parce qu'il apparaît
20:14en contraste
20:15par rapport
20:16à Emmanuel Macron
20:17justement le côté
20:18un peu fou
20:19d'Emmanuel Macron
20:20le côté populace
20:21d'Emmanuel Macron
20:22dans le Covid
20:23ne rassure pas
20:24les Français.
20:25Il y a un côté lyrique
20:26qui déclare la guerre
20:27au virus
20:27ça agace
20:29les Français
20:29surtout
20:30dans une période
20:32où il n'y a pas de masque
20:33etc.
20:33où tout dysfonctionne
20:34donc Edouard Philippe
20:35en termes de communication
20:36apparaît humble
20:37apparaît sérieux
20:38seulement
20:39voilà
20:41et donc
20:42il quitte
20:42le matignon
20:45assez populaire
20:46ce qui est d'ailleurs
20:47assez rare
20:48seulement avec le temps
20:49son bilan réel
20:50apparaît
20:51et c'est l'homme
20:52des 80 km heure
20:54et c'est l'homme aussi
20:55sur le Covid
20:56on voit aussi son bilan
20:57un peu différemment
20:59il n'y a plus la peur
21:00il n'y a plus le désordre
21:01qui régnait
21:02au moment du Covid
21:03et finalement
21:03c'est Edouard Philippe
21:05c'est ce monsieur
21:05qui gérait
21:08comme il l'a dit
21:08lui-même
21:09son risque pénal
21:11ce monsieur
21:11qui aurait enfermé
21:12les français
21:136 mois
21:14ou un an de plus
21:15pour justement
21:18éviter de prendre
21:19lui-même
21:19le moindre risque
21:20avec la justice
21:22et pour le coup
21:22heureusement
21:23qu'Emmanuel Macron
21:24était là
21:24et je pense que
21:25là il est en train
21:26de le payer
21:27les français
21:28ouvrent les yeux
21:29et se disent peut-être
21:30que dans la situation
21:31qui est la nôtre
21:33c'est-à-dire
21:33une France en crise
21:35une France confrontée
21:36à l'insécurité
21:37une France endettée
21:38il va falloir quelqu'un
21:39qui fasse des choix
21:41extrêmement forts
21:42qui soit extrêmement
21:44déterminé
21:45et pas quelqu'un
21:45qui gère son risque pénal
21:47justement
21:47on vient de voir
21:48justement son bilan
21:49mais est-ce que son projet
21:50également a pu
21:52effrayer
21:52ou freiner certains
21:54oui moi je pense
21:55que c'est le cas
21:56puisque
21:58Edouard Philippe
21:59c'est le sang
22:00et les larmes
22:01pour l'instant
22:02son seul projet
22:03c'est un projet
22:04de réduire
22:05la dette
22:06en tapant
22:07sur la France
22:07qui travaille
22:08il veut
22:09la retraite
22:09à 64 ans
22:10c'est pas assez
22:11c'est la retraite
22:12à 67 ans
22:12alors certes
22:13la France a sans doute
22:14besoin
22:14de travailler plus
22:16mais il y a un aspect
22:17extrêmement punitif
22:18chez Edouard Philippe
22:20qui est d'autant plus
22:21fort
22:22qu'il ne semble pas
22:23identifier un certain nombre
22:25d'autres problèmes
22:26il parle jamais
22:28d'immigration
22:29il fait pas le lien
22:30entre immigration
22:31et justement
22:32les difficultés
22:34de notre modèle
22:36de notre modèle social
22:38donc il a pas
22:39il ne tape jamais
22:40sur la technocratie
22:41je disais que c'était
22:42l'aquintessence
22:43de la technocratie
22:44mais on sait bien
22:44que pour faire
22:45des économies
22:46il va falloir peut-être
22:47que la noblesse d'Etat
22:49revoie son propre
22:50train de vie
22:51qu'on supprime
22:52un certain nombre
22:53d'agences
22:54de recaser
22:54tout ça il n'en parle
22:55jamais Edouard Philippe
22:56le seul moyen
22:57de faire des économies
22:58c'est de mettre
23:00toujours plus
23:00sa contribution
23:01ceux qui contribuent
23:02déjà beaucoup
23:03donc c'est généralement
23:04le genre de discours
23:05qui finit par exaspérer
23:07les français
23:08d'ailleurs
23:08qu'ils soient de droite
23:10ou de gauche
23:11et donc je pense que
23:12c'est un discours
23:13qui n'est pas du tout porteur
23:14et surtout il a un angle mort
23:16qui était déjà celui
23:18d'Emmanuel Macron
23:19c'est qu'il ne parle pas du tout
23:20des sujets régaliens
23:22ou alors il en parle
23:24mais ça dure quelques jours
23:26et on n'y croit pas
23:27on n'y croit pas du tout
23:28on voit bien que c'est
23:29une posture
23:30que ce n'est pas quelque chose
23:31qu'il a en lui
23:31or je crois malgré tout
23:33que l'élection présidentielle
23:35se jouera quand même
23:36sur les thématiques
23:37la thématique de l'immigration
23:38de la sécurité
23:39de l'identité
23:40il faut qu'il y ait quelqu'un
23:41qui ait fait un véritable diagnostic
23:44sur ces sujets là
23:45et on voit bien
23:46qu'Edouard Philippe
23:48évite ce diagnostic
23:49et évite d'aborder ces sujets
23:50dans un instant
23:51vous allez nous dire justement
23:52ce que cela changerait
23:53pour 2027
23:54s'il perd
23:55la mairie du Havre
23:56on marque une courte pause
23:57et on se retrouve
23:58évidemment pour la suite
23:59de l'édito d'Alexandre Devecchio
24:01restez avec nous
24:01à tout de suite
24:05on reprend le fil
24:06de l'édito d'Alexandre Devecchio
24:07on parlait donc
24:08d'Edouard Philippe
24:09au Havre
24:09et donc s'il devait perdre
24:10la mairie
24:11il serait donc disqualifié
24:12l'élection présidentielle
24:14et en quoi cela pourrait
24:15rebattre complètement
24:16les cartes
24:16pour l'élection à venir
24:17il l'a dit lui-même
24:19si je ne suis pas capable
24:21de convaincre les Havre
24:22je ne serai pas
24:23en bonne position
24:24pour convaincre
24:25les Français
24:25je pense que s'il perd
24:27on va lui ressortir
24:28effectivement
24:29les images
24:31et cette phrase-là
24:33et je pense que lui-même
24:33fera le constat
24:34qu'il n'est pas en situation
24:36d'y aller
24:38Edouard Philippe
24:39éliminé
24:40ça change
24:40tout de même
24:41la physionomie
24:43de l'élection présidentielle
24:45et c'est peut-être
24:46la chance historique
24:48de Bruno Retailleau
24:49on a beaucoup
24:51raillé son timing
24:53et son calendrier
24:54à Bruno Retailleau
24:55je pense qu'au contraire
24:56il était assez pensé
24:57il s'est dit
24:58je me déclare vite
24:59comme ça je suis déjà
25:00en piste
25:01au moment où
25:01on ne sait pas
25:02d'ailleurs au RN
25:03si ce sera
25:03Jordan Bardella
25:04ou Marine Le Pen
25:06et si Edouard Philippe
25:08est empêché
25:10il peut apparaître
25:11comme le candidat
25:12non seulement
25:14légitime
25:14des LR
25:15mais effectivement
25:16de la droite
25:17et du centre
25:19ce sera sans doute
25:20la force
25:21de Bruno Retailleau
25:22de pouvoir
25:22incarner
25:23le bloc central
25:25mais aussi
25:25sa faiblesse
25:27c'est un homme
25:28de conviction
25:29plutôt
25:31conservateur
25:31et donc
25:32qui peut même
25:33aller grappiller
25:34quelques points
25:35au RN
25:36mais le problème
25:37c'est que si
25:38les électeurs
25:40du Havre
25:40ont renvoyé
25:42Edouard Philippe
25:42ce sera quand même
25:43un symbole
25:43et symbole
25:44que les français
25:45n'en peuvent plus
25:45justement
25:46du centre
25:48du bloc central
25:49de cette technocratie
25:50rigide
25:51de ce cercle
25:52de la raison
25:53qu'incarnait
25:53Edouard Philippe
25:55donc toute la difficulté
25:56pour Bruno Retailleau
25:58ce sera
25:58d'agréger avec lui
26:01des voix du centre
26:03peut-être
26:03des ralliements
26:04du centre
26:05sans lui-même
26:06apparaître
26:07comme un centriste
26:08et sans perdre
26:08son identité
26:11conservatrice
26:12les français
26:13souvent
26:13chassent
26:14les centristes
26:16on l'a vu
26:17d'ailleurs
26:17à la primaire
26:18avec Alain Juppé
26:19on l'a vu
26:20dans d'autres cas
26:21j'évoquais
26:21le cas
26:22de Michel Rocard
26:23mais les centristes
26:24qu'on a chassés
26:25par la porte
26:25reviennent
26:26par la fenêtre
26:27et ce serait
26:28un peu le boulet
26:29de Bruno Retailleau
26:30c'est-à-dire que
26:32si c'est
26:33un conservateur
26:34qui serait en passe
26:34de gagner
26:35l'élection présidentielle
26:36mais s'il appliquait
26:37comme ça
26:37souvent était le cas
26:38à droite
26:39la politique du centre
26:41je pense que ce serait
26:42d'abord un échec
26:44pour la France
26:44mais c'est la difficulté
26:47justement aujourd'hui
26:48de LR
26:49c'est qu'on ne sait pas
26:50très bien
26:50s'il penche
26:51plutôt vers le camp
26:52national
26:53ou s'il penche
26:54vers le camp
26:55européiste centriste
26:56et ils sont écartelés
26:57entre les deux
26:57et ils n'arrivent pas
26:58à résoudre l'équation
27:00ce sera l'équation
27:01qu'aura à résoudre
27:02Bruno Retailleau
27:04cependant
27:04il serait quand même
27:05en bien meilleure position
27:06qu'aujourd'hui
27:07et le RN
27:08finalement
27:09je pense
27:09je verrais ça
27:10comme une
27:12mauvaise nouvelle
27:13je crois que
27:14ce qu'espère le RN
27:15c'est qu'il y ait
27:16une multiplicité
27:17des candidats
27:17du bloc central
27:18et peut-être
27:19d'affronter
27:21la France insoumise
27:22au second tour
27:23si Bruno Retailleau
27:24se lançait vite
27:26agrégé des soutiens
27:27et faisait une percée
27:29dans les sondages
27:30on pourrait imaginer
27:30qu'il soit le candidat
27:31unique du bloc central
27:32et la physionomie
27:33du second tour
27:34en serait changée
27:35merci beaucoup
27:36Alexandre Devecchio
27:37sur les deux éditos
27:38qu'on vient d'entendre
27:39Marc
27:39si on se replonge
27:40quelques mois en arrière
27:41tous les sondages
27:42testaient l'hypothèse
27:43Edouard Philippe
27:43face à Marine Le Pen
27:45et on voit
27:46avec ces deux éditos
27:47et pour des raisons
27:48évidemment très différentes
27:48à quel point
27:49finalement l'histoire
27:50ne va sans doute pas
27:51s'écrire comme ça
27:52on voit qu'il y a
27:52beaucoup de choses
27:53qui sont encore
27:53en train de se jouer
27:54ça pose la question
27:55déjà des sondages
27:56évidemment
27:57et sondages
27:58tellement en amont
28:00à chaque fois
28:00on a l'impression
28:01qu'on a une vérité
28:02un sondage
28:03je dirais
28:04c'est un sentiment
28:05c'est une humeur
28:06à l'instant T en plus
28:07voilà à l'instant T
28:08et à partir de là
28:10arrêtons
28:10de prospérer
28:12on tentait
28:13d'avoir
28:14des déductions
28:15qui seraient
28:17relativement pertinentes
28:18quand Edouard Philippe
28:20se lance
28:21il y a une surprise
28:22comme il n'y a personne
28:23en face
28:24on demande aux gens
28:24vous avez envie
28:25de voter pour qui
28:26alors les gens
28:27déjà ça les dérange
28:28dans leur route
28:29on va gagner du temps
28:31oui bah oui
28:31je voterai pour lui
28:32en fait qui est
28:33Edouard Philippe
28:34et ceux qui s'en souviennent
28:36comme moi
28:37mais c'est l'abomination
28:40mais non
28:40mais ce sont
28:41toutes les mesures
28:42Covid
28:43je trouve qu'Alex
28:44a été plutôt clément
28:46avec lui
28:46parce que dès le dénon
28:47c'est pas si vous aviez
28:48que vous alliez
28:48non mais non
28:49c'est un vrai sondable
28:51cet homme
28:51c'est l'homme
28:52de l'enfermement
28:53c'est l'homme
28:54qui a accepté
28:55que tous les soirs
28:56il y ait un croque-mort
28:58qui vienne sur les antennes
28:59nous dire
29:00mais attendez
29:01on a eu 100 morts aujourd'hui
29:03mais demain
29:03stop ou encore
29:04on en aura 300
29:06c'était la terreur
29:08c'était comment
29:08on laminait l'esprit
29:10d'un peuple
29:10comment on faisait
29:12que demain
29:13il n'y ait plus d'avenir
29:15et même au présent
29:16donc je pense
29:17qu'aujourd'hui
29:18il paye ça
29:19et
29:20bah s'il disparaît
29:21on s'en rendra
29:22même pas compte
29:23il y en aura
29:24quelques-uns
29:24qui peut-être
29:25mais voilà
29:26c'est vraiment
29:30il représente
29:31cette classe politique
29:32qui n'aurait jamais dû émerger
29:35cette classe politique
29:36il faisait les pècles de la cuillère
29:38mais non
29:38mais pourquoi on est dans cet état
29:40pourquoi le pays va si mal
29:42c'est parce qu'il y a des gens
29:44qui sortent alors
29:45soi-disant
29:46de grandes écoles
29:47qui viennent mâchouiller
29:49des principes
29:50qui sont en place
29:51depuis
29:51combien de temps
29:52mais ils n'ont même pas
29:53la conviction
29:54pour les défendre
29:55il n'y a pas quelqu'un
29:56qui arrive
29:56c'est la force de Mélenchon
29:58tout à l'heure
29:58je vais parler de Mélenchon
29:59mais Mélenchon
30:00il a au moins
30:02cette fougue
30:03qui est une fougue
30:04de travailler
30:06mais qui réveille certains
30:08tandis que là
30:09il n'y a même pas ça
30:10on susurre
30:12on susurre une soupe
30:13la soupe aux choux
30:15qui n'a aucun goût
30:16et qui fait qu'on ne peut pas
30:18avoir un avenir
30:19il y a aussi quelque chose
30:20Charlotte
30:20qu'Edouard Philippe
30:21semble payer
30:21c'est ces petites piques
30:23à l'égard d'Emmanuel Macron
30:24au moment où il a dit
30:25qu'il ne devait rien
30:26à Emmanuel Macron
30:27qui quand même
30:27l'a nommé Premier ministre
30:28on sent que cette espèce
30:29de trahison
30:30est assez mal passée
30:31aussi dans l'opinion
30:32là pour les sondages
30:33plutôt pour la présidentielle
30:35en réalité
30:36il y a la question des sondages
30:37il y a la question de
30:38est-ce que
30:38Marine Le Pen
30:39c'est pas que les sondages
30:40étaient forcément mauvais
30:41c'est que peut-être
30:42qu'elle n'y sera pas
30:43Edouard Philippe
30:44ça dépend du Havre
30:44je pense qu'il y a quand même
30:45une donnée avraise
30:46aussi dans l'avenir
30:48de l'élection présidentielle
30:49que je ne connais pas
30:50et que je n'ai pas étudié
30:52ensuite Edouard Philippe
30:53je pense qu'il paye aussi
30:53le temps qui passe
30:54en fait
30:55c'est pas non plus
30:55un homme qui a marqué
30:57en effet je suis assez d'accord
30:58même sur le caractère
31:01politique de cet homme
31:02c'est difficile quand même
31:03de l'identifier vraiment
31:04surtout
31:05quand il y a des radicalités
31:06et là c'est pas un gros mot
31:07du tout dans ma bouche
31:08qui s'expriment
31:09sur des sujets importants
31:11la question du rapport
31:12à l'Union Européenne
31:14la question de l'immigration
31:15évidemment
31:15même les questions économiques
31:16il y a des positionnements
31:18radicaux
31:18c'est-à-dire
31:19qui reviennent
31:19à des racines politiques
31:21et Edouard Philippe
31:22ont peine à le positionner
31:23à cet endroit-là
31:24donc les avrais
31:25le positionnent évidemment
31:26beaucoup mieux
31:26que le reste des français
31:27à mon avis
31:28et l'avenir de son aventure
31:30politique française
31:31dépendra des avrais
31:32donc
31:33rendez-vous fin mars
31:35pour savoir
31:35ce qu'il en est Marc
31:36on va continuer
31:37à parler politique
31:37avec vous
31:38mais plutôt du débat
31:39et du niveau
31:40de ce débat
31:41on observe en effet
31:42qu'on est très loin
31:43des joutes verbales
31:44de qualité
31:45avec du fond
31:45aujourd'hui
31:47quand on veut
31:47faire la politique
31:48on provoque
31:49c'est un peu comme ça
31:49que ça se passe maintenant
31:50c'est le bruit
31:52et la fureur
31:52quand on n'a plus
31:54la capacité
31:55à faire émerger
31:57une idée
31:58quelque chose
31:59qui réveille
32:01les individus
32:03prisonniers
32:04d'un quotidien
32:05sinistre
32:06les gens
32:07il suffit
32:07de les sonder
32:08on n'a jamais eu
32:09autant de déprimés
32:10on n'a jamais vendu
32:11autant de drogues
32:12on n'a jamais vendu
32:14autant de médocs
32:15qui permettent
32:16de déclaper
32:18les synapses
32:19pour oublier
32:20notre réalité
32:22on est dans un pays
32:23encalminé
32:24et si vous y ajoutez
32:25les projections
32:26alors
32:27l'intelligence artificielle
32:29certains disent
32:30c'est l'homme
32:31augmenté
32:31mais je dirais
32:33que c'est l'économie
32:34diminuée
32:35parce que c'est une économie
32:36qui peut-être
32:37sera emballée
32:38grâce
32:40à une réalisation
32:41technologique
32:42mais il n'y aura plus
32:43de place
32:44pour l'être humain
32:45puisqu'il y aura
32:46des pertes d'emploi
32:47des gens
32:48qui n'auront
32:51de quotidien
32:52que dans l'espérance
32:54d'une assistance
32:54voilà
32:55voilà
32:55où on en est
32:56alors
32:56quand on en est
32:57dans cette situation
32:59que peut-on faire
33:01l'anathème
33:02c'est pas mal
33:03l'anathème
33:04ouais mais
33:04c'est pas encore suffisant
33:06l'insulte
33:07ouais
33:08c'est pas mal
33:09mais
33:09ce n'est pas suffisant
33:11on peut faire mieux
33:12alors
33:13on joue
33:14on joue
33:15dans la démesure
33:17de l'exaspération
33:19et là
33:19on prend des mots clés
33:21des mots
33:22c'est le fascisme
33:23et le fascisme
33:24les nazis
33:25vous vous rendez compte
33:26et nous
33:27on est là
33:28on se virginise
33:29tout à l'heure
33:30que ce soit Mathieu
33:31ou Alex
33:32ils ont fait quoi
33:33ils nous ont dit
33:34il y avait
33:35un parti
33:36qui était
33:36le parti
33:37anti-système
33:38le RN
33:39et bien
33:40aujourd'hui
33:41ce RN
33:42il est acceptable
33:44alors que peut-on faire
33:46quand on est par exemple
33:47LFI
33:48ou que l'on est
33:49une perdue de la république
33:51comme Ségolène
33:52royable
33:52et bien il faut se faire remarquer
33:54il est
33:55on va prendre
33:56ces mots
33:57qui sont
33:58de sorte
33:59de coup de poing
34:01afin
34:02de démontrer
34:03qu'on est encore capable
34:05d'une toute petite
34:06étincelle
34:07et on apparaît
34:08comme quoi
34:08comme les tenants
34:10d'une vérité
34:12une vérité
34:13par défaut
34:13ces gens-là
34:14au moins
34:15dénoncent
34:16le système
34:16Mélenchon
34:17mais oui
34:18ils osent
34:18lui au moins
34:19regarder
34:20ce sont tous
34:21des pourris
34:21alors tout
34:21dans l'actualité
34:22est récupéré
34:23pour dénaturer
34:25notre existence
34:26l'affaire Einstein
34:28tous des pourris
34:29la moindre actualité
34:31tous des pourris
34:32vous voyez
34:33on vous l'a dit
34:34et si par exemple
34:35vous contestez
34:38la politique
34:39vaccinale
34:40et bien vous devenez
34:42un complotiste
34:43et Mélenchon
34:45qui d'ailleurs
34:46a soutenu complètement
34:47les mesures
34:48Covid
34:49il n'était pas
34:50dans l'opposition
34:51il était dans
34:52la bien-pensance
34:53mais ça
34:53donc ça le dessert
34:55alors devenez
34:57le héros
34:58des opprimés
34:59celui qui ose
35:00qui ira
35:00jusqu'à la mort
35:01vous êtes
35:02et alors c'est pour ça
35:03la référence à Robespierre
35:04l'homme
35:05de la vertu
35:07et on a eu
35:09madame
35:11Shikiru
35:11hier
35:12qui a dit
35:13virer les fascistes
35:14des médias
35:14et puis alors
35:15elle ne le fait pas
35:15comme ça
35:16c'est à dire que
35:16avec le ton
35:17avec le ton
35:18je vous dis
35:19on est
35:20dans quelqu'un
35:21qui est profondément
35:22blessé
35:22quelqu'un
35:23qui n'en peut plus
35:24quelqu'un
35:25qui ose dire
35:26mais oui
35:27il faut les virer
35:28mais je ne vais pas
35:29la jouer
35:30parce que c'est tellement
35:33au-delà de l'outrance
35:35c'est tellement
35:36pas sincère
35:37mais donc
35:38parce qu'on n'en peut plus
35:40des laquais
35:40des fascistes
35:42sur les plateaux télé
35:43vous n'êtes pas
35:44des journalistes
35:45rendez la carte
35:46vous êtes des petites gens
35:48alors ça c'est quand même
35:48extraordinaire
35:49parce que
35:50oser
35:50quand on se veut
35:52représentant
35:53dépommé
35:54et dire
35:54on veut qu'on vend ça
35:55vous êtes des petites gens
35:56ça montre le mépris
35:58en elle
35:58qu'elle a pour la populace
36:00qu'elle est censée
36:01éventuellement
36:02servir
36:03imaginez par exemple
36:04Emmanuel Macron
36:05Marine Le Pen
36:05qui dirait ça
36:06par ailleurs
36:06non mais c'est incroyable
36:07et donc après
36:08et bien
36:09c'est
36:10c'est comment
36:11c'est ce que
36:12Simone Veil
36:13appelait
36:14les nazis
36:16petits pieds
36:16et on y revient
36:17les nazis
36:18les nazis
36:19les nazis
36:20alors
36:22Ségolène Royal
36:23à sa façon
36:24qu'a-t-elle fait
36:25que la présidente
36:26de l'Assemblée Nationale
36:27se précipite
36:28pour faire
36:29une minute de silence
36:30à un militant
36:33présumé
36:34présumé
36:35néo-nazi
36:36là encore
36:37quand on utilise
36:38certains mots
36:39faudrait quand même
36:40avoir un minimum
36:40de décence
36:41se rappeler
36:42à quoi
36:43ça fait référence
36:45et c'est
36:46quand on vous traite
36:47de néo-nazi
36:48vous êtes
36:49l'ordure ultime
36:50celui qui n'a pas
36:52la moindre compassion
36:53pour quiconque
36:54celui qui est prêt
36:56à la disparition
36:57même pas pour une cause
36:58qui serait noble
36:59ou je ne sais trop quoi
37:00c'est simplement
37:02l'ordre
37:03pour l'ordre
37:04avec donc
37:06l'impossibilité
37:07de reconnaître
37:09le droit d'existence
37:10pour ceux
37:11qui ne sont pas
37:12au garde-à-vous
37:12donc ce sont
37:13les ordures
37:14suprêmes
37:15et
37:17antisioniste
37:18aussi condamnable
37:19que soit
37:20cet assassinat
37:22là encore
37:22c'est magique
37:24la façon d'agir
37:25c'est-à-dire
37:26qu'il y a
37:26un homme
37:27qui est tué
37:29et aussitôt
37:30plutôt que
37:31d'oser
37:33analyser
37:33la situation
37:34vous ne la dramatisez
37:36même pas
37:36vous dites
37:37mais il y a
37:37d'autres ordures
37:38mais le problème
37:39n'est pas là
37:39mon gars
37:40il n'y a pas
37:41d'autres ordures
37:42c'est comment
37:43traiter la situation
37:44mais là
37:45ça demanderait
37:45de l'intelligence
37:46elle n'est plus capable
37:47elle est avachie
37:48alors on s'accroche
37:50il faut poursuivre
37:51pour poursuivre
37:52mais c'est quand même
37:53oublié
37:53que madame
37:54Ségolène Royal
37:55il y a trois semaines
37:57où était-elle ?
37:58en Algérie
37:59en Algérie
37:59elle était à côté
38:01de qui ?
38:02des Brésilens
38:03et voilà
38:04grand démocrate
38:05devant l'éternel
38:06un homme
38:07qui ne sait même pas
38:08ce que veut dire
38:09fascisme
38:10un homme
38:11qui admet
38:12la liberté d'expression
38:14qui l'encourage
38:15qui met
38:15quelques personnes
38:16dans les geôles
38:17parce qu'ils arrivent
38:19avec un mauvais visa
38:20mais c'était des ordures
38:21en tant que telles
38:22on a toujours
38:23donc un journaliste français
38:24Christophe Glaze
38:26qui est là
38:27on n'a aucune nouvelle
38:29de lui
38:29et madame Ségolène Royal
38:31qui s'accroche aux places
38:33alors n'oublions pas
38:34après avoir eu
38:35sa carrière ministérielle
38:37son délire
38:38souvenez-vous
38:39quand elle est battue
38:40au deuxième tour
38:41elle est là
38:41mais je ne vous ai pas
38:42sauvé aujourd'hui
38:43je reviendrai bientôt
38:44croyez-en moi
38:45je ne suis pas perdue
38:46Jeanne d'Arc
38:47était une pauvre fille
38:49moi j'irais
38:49jusqu'au bout
38:50c'était inouï
38:51et à la fin
38:53ambassadrice d'épaule
38:54c'est pas n'importe quoi
38:56ambassadrice d'épaule
38:57et alors
38:58c'est glacial
39:01elle était en froid
39:02avec tout le monde
39:03alors on l'a placée là
39:04et alors
39:05ce qui est extraordinaire
39:06ce qui est extraordinaire
39:08c'est que maintenant
39:08elle est la présidente
39:10de cette association
39:13France-Algérie
39:13et elle n'a pas le courage
39:16devant un dictateur
39:17de dire
39:18monsieur
39:19je ne serai pas
39:20non parce que
39:20vous avez la place
39:21vous avez la fonction
39:23vous avez la reconnaissance
39:25voilà où nous en sommes
39:26et ce sont ces gens
39:28donc
39:28qui ont choisi
39:29cette stratégie
39:31de l'ordurerie
39:33afin d'exister
39:35sur la place publique
39:36ils n'ont rien
39:36à nous proposer
39:37mais ça leur permet
39:38d'exister
39:39ça leur permet
39:40malheureusement
39:40effectivement d'exister
39:42et d'attiser la haine
39:43oui et ça c'est
39:44effectivement plus dommage
39:45merci beaucoup
39:45Marc Monand
39:46pour cette démonstration
39:47avec vous Charlotte
39:48je le disais
39:48on va parler maintenant
39:49de ce qui se passe
39:50du côté de la Syrie
39:51puisque Damas a confirmé
39:52hier l'évasion massive
39:53de familles de djihadistes
39:55d'un camp de prisonniers
39:56au nord du pays
39:56qu'est-ce que cette information
39:57signifie d'abord ?
39:58ce qui était redouté
39:59par tous
40:00prédit par certains
40:01et décrit par des humanitaires locaux
40:03et certains kurdes
40:05à l'époque
40:05est désormais une réalité
40:07confirmée par le ministère
40:08de l'intérieur syrien
40:09lors d'une conférence
40:10de presse hier
40:11il a évoqué
40:12des évasions
40:13en effet massives
40:14du gigantesque
40:15camp d'Al-Hol
40:16qui était un camp
40:17au maximum
40:18il y avait 70 000 personnes
40:19dans ce camp
40:20c'est le mur d'enceinte
40:21il fait 17 km de long
40:22enfin c'est une ville
40:24ce camp en l'occurrence
40:25preuve d'une perte
40:27de contrôle volontaire
40:28ou subie
40:29et ou subie peut-être
40:30de l'actuel gouvernement syrien
40:32parce que les témoins
40:34ont décrit d'abord
40:34des passeurs
40:35qui existaient déjà
40:36dans le camp
40:36et depuis des années
40:37et qui moyennant finance
40:39faisaient évader
40:40certaines personnes
40:41la passivité des gardes
40:43pendant les quelques jours
40:44qui ont suivi
40:45vous savez
40:45le retrait des forces kurdes
40:47après les négociations
40:50on va dire
40:50avec l'armée syrienne
40:51des combattants locaux
40:53qui interviennent
40:54et quand je dis volontaires
40:55ou subis
40:56c'est parce que
40:56le gouvernement syrien
40:57actuel
40:58se repose aussi
41:00sur des
41:00comment dire
41:01sur un genre de milices
41:02qui sont sur le terrain
41:03un peu partout
41:04en Syrie
41:05qu'ils maîtrisent
41:06plus ou moins
41:06notamment quand
41:07elles sont composées
41:08de combattants
41:09étrangers
41:10qui ont vu
41:11et qui ont défendu
41:12la libération du camp
41:14en question
41:15comme une opération
41:16humanitaire
41:16certains l'ont décrit
41:17comme ça
41:18et donc
41:18certains probablement
41:19ont agi de la sorte
41:22puisqu'ils pouvaient
41:23ils avaient les moyens
41:24en effet
41:24de précipiter
41:25cette ouverture
41:26ces derniers jours
41:27nous avions évoqué
41:29sur ce plateau
41:29le retrait des forces kurdes
41:30c'était le 20 janvier dernier
41:32en raison d'affrontements
41:33avec l'armée syrienne
41:34les forces kurdes
41:35qui tenaient
41:36qui administraient
41:37ce camp
41:38comme d'autres d'ailleurs
41:39avaient annoncé
41:40se retirer de la région
41:41pour aller défendre
41:42d'autres bastions
41:43en face de l'armée syrienne
41:44alors aujourd'hui
41:46l'armée syrienne
41:46accuse les forces kurdes
41:48d'être parties trop vite
41:49et donc d'avoir permis
41:51la libération de ce camp
41:52tandis que les forces kurdes
41:53elles accusent
41:54le gouvernement syrien
41:55qui est arrivé le jour même
41:56d'avoir lui-même libéré
41:58ou en tout cas
41:59ouvert certaines portes
42:01de ce camp
42:01on parle de 138 ouvertures
42:03autour du camp lui-même
42:05donc en effet
42:05c'est pas simplement
42:08un malentendu
42:09ici ou là
42:09dans le camp
42:10quoi qu'il en soit
42:10ces milliers de prisonniers
42:12qui étaient
42:12les civils
42:13qui avaient été séparés
42:15des combattants
42:15directement
42:16de l'état islamique
42:17en 2019
42:18lors de l'immense bataille
42:20pendant laquelle
42:21l'état islamique
42:21a perdu
42:22à l'époque
42:23on avait séparé
42:23les combattants directs
42:24de leur famille
42:25donc femmes et enfants
42:26c'est les femmes
42:27et les enfants
42:28qui ont été placés
42:28dans ce camp
42:29et des milliers
42:30d'entre eux
42:31se sont évanouis
42:31dans la nature
42:33ces derniers jours
42:34et le 20 janvier dernier
42:40le camp en question
42:41abritait à peu près
42:4224 000 personnes
42:43et principalement
42:45syriennes
42:46et irakiennes
42:47mais ce qui est sûr
42:48c'est que personne
42:49n'est en mesure
42:49de savoir exactement
42:50combien de personnes
42:51sont parties
42:51un certain sur place
42:52parle de 80%
42:53des gens
42:53qui se sont enfuis
42:56et on parle
42:57de femmes et d'enfants
42:58mais certains enfants
42:58sont devenus grands
42:59ça fait quand même
42:59quelques années
43:00désormais
43:01qu'ils sont là-bas
43:02et qui vivent
43:03sous la coupe
43:03de l'état islamique
43:04dans ce qui ressemblait
43:05concrètement
43:06selon toutes les descriptions
43:07des gens qui se sont
43:08rendis sur place
43:09à un mini califat
43:10depuis des années
43:11en plus enfermés
43:12dans un camp
43:13contrôlé par les Kurdes
43:14qui n'est pas une entité étatique
43:16et donc
43:17c'était un peu le brouillard
43:18sur la manière
43:18dont ça se passait
43:19on va dire
43:19dans ce camp
43:20donc il y a
43:21objectivement des raisons
43:22de s'inquiéter
43:23Est-ce qu'on sait d'abord
43:24qui sont ces personnes
43:25et donc quel est
43:26leur degré de dangerosité ?
43:27C'est un peu la grande question
43:29parce que ce sont
43:29je vous le disais
43:30les familles de combattants
43:31ceux qui ont été
43:31emprisonnés
43:32donc à part
43:33et c'est une prison
43:36enfin comment dire
43:37c'est un camp
43:37il y en a plusieurs
43:38aujourd'hui
43:39dans le nord-est de la Syrie
43:40et il y a également
43:40des prisons
43:41dans lesquelles étaient
43:42enfermés cette fois-ci
43:42les combattants
43:43directement de l'état islamique
43:44pour information
43:46certaines prisons
43:46ont également
43:48subi des évasions
43:49par centaines
43:49des combattants
43:50directs
43:50de l'état islamique
43:51Pour ce qui est du camp
43:53leur degré de dangerosité
43:55pour répondre à votre question
43:56est difficile à évaluer
43:57précisément
43:58et individuellement
43:59Pourquoi ?
44:00Ce sont des personnes
44:01qui au moment
44:02de la chute
44:02de l'état islamique
44:03ont toutes
44:04été placées dans le camp
44:06sans jugement
44:07ni enquête individuelle
44:08évidemment
44:09sous l'autorité
44:10je vous disais
44:10des forces kurdes
44:11qui n'ont pas répondu
44:13évidemment
44:13de l'enfermement
44:14de ces personnes individuellement
44:15donc nous ne savons pas
44:16il est impossible
44:17de dire le degré
44:18d'implication exact
44:19des uns et des autres
44:21dans l'état islamique
44:22ou dans le soutien
44:23à l'état islamique
44:24contrairement aux combattants
44:25eux-mêmes
44:26qui ont été pris
44:26les armes à la main
44:27évidemment
44:28parce qu'il y a les familles
44:29il y a aussi les gens
44:30qui vivaient dans les villes
44:30par exemple
44:31prises par l'état islamique
44:32ce que nous savons
44:33en revanche
44:34c'est qu'il y avait là-bas
44:366500 étrangers
44:37de 44 nationalités
44:39différentes
44:39qui vivaient
44:40dans ce qui s'appelait
44:41dans ce camp
44:41l'annexe
44:42et pour cause
44:43ils étaient mis à part
44:44dans cette annexe
44:45qui était considérée
44:46comme la section
44:47sous haute sécurité
44:49et du camp
44:49jugé ultra radicalisé
44:51ce sont les termes
44:53employés par l'administration
44:54kurde elle-même
44:55et il y a quelques français
44:57il y a eu quelques français
44:58parmi eux
44:59que la France
45:00a toujours rechigné
45:01à reprendre
45:02or évidemment
45:02sur un dossier pareil
45:03nos services de renseignement
45:04travaillent activement
45:06donc il y a probablement
45:08des raisons
45:08en tout cas
45:09une prudence élémentaire
45:11qui fait qu'on se méfie
45:12en effet des profils
45:13qui pourraient s'y retrouver
45:15cette dangerosité
45:16qui a d'ailleurs poussé
45:17les organisations humanitaires
45:18présentes dans ce camp
45:19à ne plus se rendre
45:21dans la fameuse annexe
45:22où étaient les combattants étrangers
45:24pour vous dire un peu
45:25le degré de radicalité
45:26supérieur encore
45:27au reste du camp
45:28et c'est finalement
45:29assez logique
45:30pourquoi ?
45:31parce qu'il peut
45:32on peut comprendre
45:33qu'il y a des Syriens
45:34ou des Iraquins
45:34qui se soient retrouvés
45:36géographiquement
45:37financièrement
45:38économiquement
45:38entre les mains
45:39de l'état islamique
45:40soit parce qu'ils travaillaient
45:41pour l'état islamique
45:42puisque c'est eux
45:43qui avaient le contrôle
45:44de la zone dans laquelle
45:44ils habitaient
45:45soit parce que
45:46tout simplement
45:46géographiquement
45:47ils n'ont pas quitté
45:48la ville qui était la leur
45:49que l'état islamique
45:51avait pris
45:51ce n'est forcément
45:53pas le cas
45:54au moins initialement
45:55pour les adultes étrangers
45:57qui ont rejoint
45:58eux la Syrie et l'Irak
45:59pour rejoindre
46:00l'état islamique
46:00donc il est assez logique
46:02quand on trouve
46:02une radicalité
46:04encore supérieure
46:05et en tout cas
46:06plus unanime
46:07chez les combattants étrangers
46:08raison pour laquelle
46:09d'ailleurs les Kurdes
46:10qui géraient ce camp
46:11jusqu'au 20 janvier dernier
46:12réclamaient
46:13la remigration
46:13de ces personnes
46:14de nationalité étrangère
46:16ils ont demandé
46:17au pays
46:17de leur nationalité
46:19d'origine
46:19de les reprendre
46:20assez régulièrement
46:21il y a par ailleurs
46:22en ce moment
46:23une inquiétude
46:23sur un autre camp
46:24qui est un peu plus loin
46:25qui est également
46:27contrôlé par les
46:28enfin qui est encore
46:28contrôlé par les Kurdes
46:29plus exactement
46:30dans lequel se trouvent
46:31des Français
46:32des personnes
46:32de nationalité française
46:33et qui est encore
46:35administrée par les forces
46:36démocratiques syriennes
46:37donc à majorité kurde
46:38pourquoi ?
46:39parce qu'il y a des combattants
46:40étrangers
46:41qui ont déjà expliqué
46:42qu'ils voulaient également
46:42libérer ce camp-là
46:43donc là encore une fois
46:45il pourrait y avoir
46:46des évasions
46:47mais même le gouvernement
46:48syrien actuel
46:49et ça je pense qu'il faut
46:50que tout le monde
46:50écoute attentivement
46:51ce gouvernement syrien
46:53il est issu des rangs islamistes
46:55de l'opposition islamiste
46:56en Syrie
46:57et quand en juin dernier
46:59à partir de l'été dernier
47:00ils ont organisé
47:01le transfert
47:02de certaines familles
47:03syriennes
47:03de ce camp d'Al-Hol
47:05vers en gros
47:06la banlieue d'Alep
47:07et je décris un reportage
47:08du Monde
47:09d'un correspondant
47:10qui était sur place
47:11et qui décrit
47:12lors de ces transferts
47:14la scène était celle-ci
47:15des soldats encagoulés
47:17armés jusqu'aux dents
47:17sur les immeubles environnants
47:19des pick-ups surmontés
47:20de mitrailleuses
47:21stationnés tout autour
47:22ça c'était la scène
47:24pour accueillir
47:25les familles
47:26des combattants
47:27qui étaient transférés
47:27vers Alep
47:28si le gouvernement
47:29syrien actuel
47:30prend autant au sérieux
47:32ou aussi peu à la légère
47:33même vis-à-vis
47:33de sa propre population
47:35le risque sécuritaire
47:37je pense qu'on peut
47:38au minimum
47:38avoir la prudence
47:39de se poser
47:40très largement
47:41la question
47:41parce que les attaques
47:42de l'Etat islamique
47:43en Syrie
47:44n'ont pas cessé
47:45au moment où l'Etat islamique
47:46a chuté
47:46et comment on peut expliquer
47:48justement cette perte
47:49de contrôle
47:49alors même
47:50qu'il s'agit
47:51normalement
47:52d'une région couverte
47:53par la coalition internationale
47:55contre l'Etat islamique
47:55alors en effet
47:56le contexte est évidemment
47:58important
47:58ça ne s'est pas passé
47:59par hasard
48:00ces mouvements
48:01entre les Kurdes
48:02l'armée syrienne
48:03et la coalition internationale
48:06comme vous le disiez
48:06elle est en train
48:07de se retirer
48:08et de l'Irak
48:09cette coalition internationale
48:10anti-Daesh
48:12de l'Irak
48:13et désormais
48:14de la Syrie
48:14à la faveur
48:16d'un accord
48:17qui est extrêmement fragile
48:18qui a été signé
48:19sous l'égide américaine
48:21c'est un accord
48:22qui en gros
48:23prévoit
48:23l'intégration
48:24des forces kurdes
48:25aux forces de sécurité syrienne
48:27donc la pleine réintégration
48:28des Kurdes
48:29dans la Syrie
48:30pour imaginer
48:31une Syrie unie
48:32demain
48:32en échange de quoi
48:34le gouvernement syrien
48:35reprend le contrôle
48:36de la gestion
48:37des prisonniers
48:38et des camps de prisonniers
48:39qui étaient gérés
48:39par les Kurdes
48:40et pourquoi
48:41est-ce que
48:41les Américains
48:43ont voulu cet accord
48:44parce que les Etats-Unis
48:45désormais
48:46leur priorité
48:47c'est l'affrontement
48:47avec l'Iran
48:48et plus du tout
48:50sur la gestion
48:52anti-Etat islamique
48:54locale
48:54donc on a aujourd'hui
48:55l'Irak
48:55et le gouvernement syrien
48:57les autorités irakiennes
48:59et le gouvernement syrien
49:00qui disent
49:01on peut gérer tout seul
49:02la guerre
49:05contre l'Etat islamique
49:06pendant que les Etats-Unis
49:07se retirent
49:08donc le 11 février dernier
49:09on a eu l'évacuation
49:10de la base stratégique
49:12qui était située
49:12entre la Syrie
49:13l'Irak et la Jordanie
49:15par cette coalition internationale
49:17anti-EI
49:17qui avait été créée
49:19en 2014
49:20pour combattre
49:21l'Etat islamique
49:21qui était devenu
49:22un camp d'entraînement
49:23pour rebelles
49:24à l'époque
49:25opposés au gouvernement syrien
49:26et qui a muté
49:27évidemment
49:28quand le gouvernement syrien
49:29est tombé
49:30le commandement militaire
49:31américain
49:32pour le Moyen-Orient
49:33qui n'est pas toujours
49:34d'accord
49:34avec l'émissaire américain
49:36qui est aujourd'hui
49:37au Moyen-Orient
49:38avait annoncé
49:39dans la foulée
49:41avoir transféré
49:426000 détenus
49:43qui sont des soldats
49:45directement
49:45de l'Etat islamique
49:46étrangers
49:47ils ont annoncé
49:48les avoir transférés
49:49en Irak
49:50preuve que leur confiance
49:52dans le gouvernement syrien
49:53actuel
49:54pour lutter
49:54contre l'Etat islamique
49:56est assez relative
49:57soit parce qu'ils n'ont pas
49:58confiance sur le fond
49:58soit parce qu'ils n'ont
49:59tout simplement
49:59pas les moyens
50:00de le faire
50:01on a donc eu
50:02une évacuation de l'Irak
50:03puis de la Syrie
50:03un repli en Jordanie
50:04qui s'explique
50:05assez simplement
50:06je vous disais
50:06la priorité à changer
50:07c'est la guerre
50:08contre l'Iran
50:09si demain
50:09les Etats-Unis
50:10ont entré en guerre
50:11contre l'Iran
50:11l'Irak
50:12et le nord-est
50:12de la Syrie
50:13sont directement
50:14des points
50:15très faciles
50:16à cibler
50:16pour l'Iran
50:17et pour des représailles
50:18éventuelles
50:19sur évidemment
50:19des soldats américains
50:21mais le risque
50:22pour nous tous
50:23et pour la Syrie
50:24en particulier
50:24pour l'Irak
50:25évidemment
50:25mais pour le reste du monde
50:26c'est forcément
50:27la reconstitution
50:28de cellules islamistes
50:29de l'Etat islamique
50:31et en Irak
50:32et en Syrie
50:32le gouvernement syrien
50:34s'en inquiète
50:34le gouvernement irakien
50:35s'en inquiète
50:35et tous leurs voisins
50:36s'inquiètent de leur capacité
50:38à les mater
50:39Merci beaucoup
50:40Charlotte Dornelas
50:41pour terminer
50:41on va parler de nouveau
50:42de politique
50:43et du bilan
50:44de Rachida Dati
50:44avec vous
50:45Mathieu Bocoté
50:46elle a remis sa démission
50:46elle a été remplacée
50:47il y a quelques minutes
50:48par Catherine Pégard
50:50alors certes
50:50en deux ans au ministère
50:51elle n'a pas pu laisser
50:52un héritage vraiment majeur
50:54mais première question
50:54est-ce qu'elle laisse
50:55un héritage
50:56et est-ce que
50:57son passage à ce ministère
50:58si particulier
50:59a été révélateur
51:00quelque part
51:01du biais idéologique
51:02des milieux culturels
51:03en France ?
51:04deux ans et un mois
51:05au ministère
51:06et ce qui est intéressant
51:07en fait
51:07c'est de voir la manière
51:07dont elle fut accueillie
51:09et la manière
51:09dont on juge aujourd'hui
51:10son éjection
51:11à tout moins son départ
51:13Rachida Dati
51:14lorsqu'elle est nommée
51:15il y a une forme
51:15de réaction
51:16des cultureux
51:17une réaction
51:18des théâtreux
51:19une réaction
51:20vous savez
51:20de ces gens
51:20quelquefois
51:21j'allais dire méchamment
51:22mais c'est une blague
51:22à l'hygiène douteuse
51:24qui compensent
51:25c'est une blague
51:25bien sûr
51:26ça va de soi
51:27mais qui compensent
51:28quelquefois
51:28leur absence de génie
51:29dans une forme
51:30de transgression
51:30des règles élémentaires
51:31du quotidien
51:32alors ces gens
51:33qui se prennent
51:34pour la haute aristocratie
51:35de l'intelligence culturelle
51:37accueillent
51:38Rachida Dati
51:38à la manière
51:39de la ministre
51:39bling bling
51:40qui n'a pas sa place
51:42qu'est-ce qu'elle fait là
51:43qu'elle dégage
51:44on ne veut pas d'elle
51:45surtout qu'elle représente
51:46la droite
51:46et plus encore
51:47la droite de l'argent
51:47et plus encore
51:48la droite de tendance sarco
51:49qu'est-ce que ces gens
51:50ont à faire
51:50avec la culture
51:52et bien
51:53ce qui est intéressant
51:54quand on pense
51:54à son bilan
51:55parce qu'on le sait
51:55elle a voulu
51:56s'occuper du patrimoine
51:57notamment
51:57c'est plus des effets
51:58d'annonce
51:59que des mesures
51:59mais elle a voulu
52:00s'occuper du patrimoine
52:01elle a voulu extraire
52:02la culture
52:03des mains
52:03des snobs
52:04appelons ça comme ça
52:05qui regardent de haut
52:06le commun des mortels
52:07qui ne partagent pas
52:08l'ensemble
52:08de leurs obsessions
52:10diversitaires
52:10et bien
52:11ces deux ans
52:12passés à la culture
52:13nous ont montré
52:13à quel point paradoxalement
52:14une certaine gauche
52:15domine encore
52:16tous les milieux
52:17de l'état culturel
52:19en France
52:20et
52:21ce qu'on peut chercher
52:22à comprendre
52:22c'est comment
52:22en fait
52:23c'est constitué
52:24cette hégémonie
52:24absolue
52:25d'une certaine gauche
52:26sur la culture
52:27en France
52:27alors qu'il n'en a pas
52:28toujours été ainsi
52:29pensons au 20e siècle
52:31des écrivains
52:31par ailleurs
52:32première moitié du 20e
52:33qu'on pense à des noms
52:34comme Proust
52:35comme Barès
52:35par exemple ensuite
52:36comme Monterland
52:37deuxième moitié
52:38Bernanos
52:38Moriac
52:39Pauels
52:40Dormesson
52:40plus tard
52:41Houellebec
52:42Kundera
52:42ce ne sont pas tous
52:44des gauchistes
52:44donc la culture
52:45ne s'est pas toujours
52:46donnée
52:47dans le visage
52:48du gauchisme
52:49de lamentation
52:49subventionnée
52:51la culture
52:51a pris une forme
52:53autrement plus
52:53comme dirait Marc
52:55éclatante
52:56époustouflante
52:58pétillante
52:58avec le goût
52:59des mots
53:01mais
53:02que se passe
53:02c'est dans la deuxième
53:03moitié du 20e
53:04ce qui est assez intéressant
53:05c'est que la culture
53:06les milieux culturels
53:07pas la culture
53:07les milieux culturels
53:08deviennent les compagnons
53:09de route du communisme
53:10pendant un temps
53:10il faut se souvenir
53:11quand même
53:11des délires d'Aragon
53:12qui par exemple
53:14célèbrent le camarade
53:15Staline
53:16le présente
53:16comme le plus grand
53:17philosophe
53:17de tous les temps
53:18célèbre la GPU
53:19l'ancêtre du KGB
53:21c'est quand même pas mal
53:22donc on a
53:23donc premier
53:24ce moment
53:24d'accompagnement
53:25de la culture
53:25et du communisme
53:26et ensuite
53:27le basculement
53:28dans la transgression
53:29contre-culturelle
53:30à partir
53:31des années 60-70
53:33et là
53:34on entre
53:34dans une séquence
53:35de déconstruction
53:35de transgression
53:36où l'objectif
53:37est de renverser
53:38la signification
53:39du beau
53:39le beau
53:40c'est bourgeois
53:41le beau
53:42c'est aristocratique
53:43le beau
53:43c'est peut-être même
53:44fasciste
53:45et de ce point de vue
53:46il faut déconstruire
53:47le beau
53:48pour défasciser
53:48la société
53:49dès lors
53:50c'est la célébration
53:51de toutes les marges
53:51c'est la célébration
53:53de toutes les transgressions
53:54même les plus étonnantes
53:55c'est l'avènement
53:55de Jack Lang
53:56soit dit en passant
53:57comme ministre
53:58de la culture
53:58ensuite
54:00c'est ce moment
54:01très particulier
54:02là on va dire
54:02ça culmine
54:03dans l'art contemporain
54:05tel qu'il s'expose
54:06à nous
54:07et vous noterez
54:07Gabriel le dit souvent
54:08le problème
54:09de l'art contemporain
54:10c'est qu'il veut
54:10s'emparer
54:11d'un lieu déjà beau
54:12pour le souiller
54:13il veut s'en emparer
54:14c'est comme si
54:15c'est une forme
54:16de conquête culturelle
54:17de conquête esthétique
54:19des lieux
54:20justement
54:21qui relèvent
54:21de la culture patrimoniale
54:22en France
54:22donc ces dernières années
54:23rappelez-vous
54:24je sais
54:24ce ne sont pas mes mots
54:25le ploganal
54:25par exemple
54:26ce kermite accroupi
54:29dans la position
54:29de la levrette
54:30le vagin de la reine
54:32rappelez-vous
54:32l'ensemble de ces symboles
54:34qui sont utilisés
54:34sur le mode
54:35de la conquête
54:36le vieux monde
54:37doit céder
54:37nous planterons
54:38notre drapeau
54:39de la laideur
54:40de l'art contemporain
54:41un peu partout
54:42on sait ce qu'avait amené
54:43soit dit en passant
54:44celui qui avait tout vu
54:45en la matière
54:46c'est Philippe Murray
54:47qui avait parlé
54:47du festivisme
54:49le festivisme
54:50qui est une forme
54:50de logique
54:51de débilisation
54:52des uns des autres
54:52où tout le monde
54:53doit être dans
54:53la fête permanente
54:54tout le monde
54:55doit être dans
54:55l'extase permanente
54:56mais non pas
54:57l'extase de la contemplation
54:58l'extase presque
54:59sous perfusion
55:00de drogue permanente
55:01dont il se désolait
55:03bien évidemment
55:03et on n'est pas encore rendu
55:05oui on est rendu
55:06encore une minute
55:07allez-y
55:07formidable
55:08je précise que tout ça
55:10est vrai
55:10notamment
55:11dans le milieu théâtreux
55:13comme j'ai dit
55:13mais à l'université
55:14mais dans les fameux téléfilms
55:16dans les séries télé
55:16dans le cinéma
55:17et une femme
55:18comme Ariane Mouchkin
55:19en 2024
55:20grande figure du milieu culturel
55:21avait dit
55:22par rapport à l'émergence du RN
55:23je nous pense
55:24en partie responsable
55:26nous gens de gauche
55:27nous gens de culture
55:28on a lâché le peuple
55:29on n'a pas voulu
55:30écouter leur peur
55:30leurs angoisses
55:31elles développeraient ensuite
55:32pour dire qu'ensuite
55:33qui serait par ailleurs
55:34collaborateur
55:35d'un éventuel ministre
55:36de la culture
55:36RN
55:37collabore
55:37comme quoi
55:38elle ne s'était pas
55:39complètement
55:40renouée avec la légitimité
55:41des passions populaires
55:42quoi qu'il en soit
55:43c'est l'histoire
55:44d'une longue dérive culturelle
55:45à laquelle Rachida Dati
55:46s'est opposée
55:47comme elle pouvait
55:47on va évidemment
55:49continuer votre édito
55:49dans un instant
55:50mais on s'arrête
55:51sur l'actualité
55:52avec Audrey Berthaud
55:53bonsoir Audrey
55:53bonsoir Elodie
55:55bonsoir à tous
55:55quatre nouveaux ministres
55:57font leur entrée
55:57au gouvernement
55:58Catherine Pégard
55:59conseillère d'Emmanuel Macron
56:00entre au ministère de la culture
56:02en remplacement
56:03de Rachida Dati
56:04la porte-parole du gouvernement
56:06Maud Bréjon
56:06devient ministre déléguée
56:07chargée de l'énergie
56:08le député
56:09Jean-Didier Berger
56:10a été nommé
56:11ministre déléguée
56:12auprès du ministre
56:12de l'intérieur
56:13Camille Gaillard
56:15Minier
56:15et quant à elle
56:16nommée ministre déléguée
56:17à l'autonomie
56:18et aux personnes handicapées
56:20enfin Sabrina Roubache
56:21devient ministre de l'enseignement
56:22et de la formation professionnelle
56:24en Suède
56:25un drone a été neutralisé
56:27alors qu'il se dirigeait
56:28vers le porte-avions
56:29Charles de Gaulle
56:29le drone a été intercepté
56:31à environ 10 km du port
56:32après avoir participé
56:34à l'exercice Orion 26
56:35le navire doit participer
56:37à plusieurs exercices
56:38en mer baltique
56:39et au large de la Norvège
56:40enfin les suites
56:41de l'affaire Epstein
56:42Hillary Clinton
56:43témoigne à huis clos
56:44devant une commission
56:46d'enquête parlementaire
56:47l'ex-chef de la diplomatie américaine
56:49demande que Donald Trump
56:50témoigne lui aussi
56:51sous serment
56:52sur ses liens passés
56:53avec le criminel sexuel
56:55demain ce sera
56:56au tour de son mari
56:57Bill Clinton
56:58d'être entendu dans cette affaire
57:01Merci à vous Audrey Berthaud
57:03on continue avec vous
57:04donc Mathieu
57:05et Marc Fumaroli
57:06justement a écrit un livre
57:07à ce sujet
57:08l'état culturel
57:09est-ce qu'il est encore pertinent
57:10aujourd'hui ?
57:101991
57:12l'état culturel
57:13Marc Fumaroli
57:13grand intellectuel français
57:15deuxième moitié du 20ème
57:16un homme tout à fait remarquable
57:17un véritable aristocrate
57:18de l'esprit dans son cas
57:19et que nous dit-il
57:20l'état culturel
57:22c'est le contraire
57:23de la culture véritable
57:24l'état de la bureaucratie culturelle
57:26de la culture subventionnée
57:28vous savez
57:28de temps en temps
57:29c'est bien les subventions
57:30mais lorsque quelquefois
57:31de temps en temps c'est bien
57:32mais pas si souvent que ça non plus
57:34ce qui permet
57:35à toute une classe
57:36toute une classe
57:36en fait de gens
57:37de vivre
57:38ils sont persuadés
57:38vous connaissez cette phrase
57:39de Gaucho
57:40qui dit
57:40on veut vivre de notre passion
57:42on veut vivre de notre talent
57:43j'ai envie de vivre de mon art
57:44mais t'as pas de droit
57:45de vivre de ton art mon gaillard
57:46si tu veux vivre de ton art
57:48réussis à convaincre suffisamment de gens
57:49de financer ton activité
57:51sinon
57:51le fait par exemple
57:52je sais pas
57:53si tu veux briser un coup de téléphone
57:54à coup de marteau 50 fois
57:55prendre ça en photo
57:56dire c'est de l'art contemporain
57:57mais j'ai pas donné un centime
57:58pour ça mon gaillard
57:59quoi qu'il en soit
57:59il s'était désolé
58:01de la culture subventionnée
58:02plus tard on pourra se désoler
58:04des obsessions idéologiques
58:05à répétition
58:06je veux dire
58:06le discours culturel dominant
58:09c'est généralement
58:10tout ce qui relève
58:11de l'idéologie du genre
58:13une forme d'antiracisme
58:14devenu fou
58:15qui finalement
58:16traite tout le monde
58:17de raciste
58:18et ainsi de suite
58:18et de ce point de vue
58:20je rappellerai
58:21ce qu'avait dit Zemmour
58:22pendant la présidentielle
58:23il disait
58:23un ministère du patrimoine
58:24oui cent fois
58:25un ministère de la culture
58:27tel qu'on le voit aujourd'hui
58:28je n'en suis pas certain
58:29c'était une intuition
58:30c'est juste la véritable création
58:32quoi qu'on en dise
58:32est individuelle
58:33la véritable création
58:35ça relève d'un élan spontané
58:36ensuite on peut soutenir les gens
58:37donner des bourses
58:38des subventions relatives
58:40aux plus doués
58:41aux plus méritants
58:41mais l'idée d'entretenir
58:43une classe de cultureux
58:44à même l'état
58:45des gens qui se prennent ensuite
58:46pour les interprètes
58:46de l'âme de la nation
58:47ce qu'ils rejettent par ailleurs
58:48et sur laquelle ils crachent
58:49il se peut que ce modèle culturel
58:51soit aujourd'hui défaillant
58:52et qu'ils ne soient pas obligés
58:54de nous incliner
58:55sur le mode de la génuflexion
58:56devant tous les
58:58comment on appelle ça déjà
58:59les temporaires du spectacle
59:00les intermitants du spectacle
59:03les intermitants du spectacle
59:04qui servent en fait
59:05de partie culturelle
59:06de la gauche bizarre
59:07merci Mathieu
59:09c'est les temporaires du spectacle
59:10on l'a gardé
59:11parce qu'elle est magnifique
59:12elle est très bien
59:12cette expression
59:13merci à tous
59:14de nous avoir suivis
59:15merci à tous les quatre
59:16évidemment
59:16d'avoir été à mes côtés
59:18tout de suite
59:18vous retrouvez
59:19Pascal Praud
59:20et ses invités
59:20bonne soirée à tous
59:21sur CNews
59:22merci à tous
59:24merci à tous
59:25merci à tous
59:25merci à tous
59:26merci à tous
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