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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo

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00:00:0019h, ravi de vous retrouver ce soir, le JT avec Audrey Bertheau. Bonsoir Audrey.
00:00:07Bonsoir Christine, bonsoir à tous.
00:00:09Donald Trump s'est exprimé depuis la Maison Blanche.
00:00:12Donald Trump a déclaré qu'il négociait avec des fous.
00:00:15Il a également déclaré que l'Iran allait attaquer en premier
00:00:18et qu'il avait donc peut-être forcé la main d'Israël pour lancer l'opération militaire contre Téhéran.
00:00:23Le président américain a également assuré que tout avait été détruit en Iran.
00:00:28Enfin, il menace de cesser de commercer avec l'Espagne à cause de l'OTAN.
00:00:33Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a affirmé qu'Israël continuerait à frapper l'Iran avec force
00:00:40et que le Hezbollah serait ciblé avec une force encore plus grande au Liban.
00:00:44Au Liban, d'ailleurs, 58 000 personnes ont été déplacées par les frappes israéliennes.
00:00:50C'est ce qu'ont indiqué les autorités britanniques, libanaises, pardon.
00:00:53Et puis le premier ministre britannique, justement, Keir Starmer, a annoncé l'envoi d'un navire de guerre
00:00:58et d'un moyen anti-drone pour protéger les bases militaires britanniques à Chypre.
00:01:03L'une d'entre elles a été frappée par un drone iranien dans la nuit de dimanche à lundi.
00:01:09Merci beaucoup, ma chère Audrey.
00:01:11Prochain point sur l'actualité à 19h30 dans Face à l'Info. Merci.
00:01:15Et au sommaire ce soir, tant de personnes m'ont félicité à déclarer Donald Trump lors d'une conférence de
00:01:22presse il y a quelques instants.
00:01:23Du point de vue militaire, on les a battus, a-t-il précisé en parlant de l'Iran.
00:01:27Depuis le Vietnam, les Etats-Unis aussi, entre idéalisme messianique et impérialisme assumé,
00:01:35pays qui veut défendre la liberté mais qui façonne le monde selon ses intérêts.
00:01:40Irak, Afghanistan, Libye, chaque intervention prétend réparer l'histoire mais engendre souvent le chaos.
00:01:46Aujourd'hui face à l'Iran, la tentation est la même frappée pour remodeler.
00:01:50Mais l'histoire récente rappelle qu'on renverse des régimes plus facilement, qu'on ne reconstruit des nations.
00:01:56Les Etats-Unis sont-ils condamnés à répéter les erreurs qu'ils prétendent corriger ?
00:02:01L'édito de Mathieu Bocoté.
00:02:04Au quatrième jour de la guerre au Moyen-Orient, le fils du dernier chat d'Iran, Reza Pahlavi,
00:02:10qui se présente comme une alternative au cas où la République islamique tomberait,
00:02:15a appelé les minorités ethniques à l'unité nationale.
00:02:18Qui était son père ?
00:02:20Mohamed Reza Pahlavi, dernier chat d'Iran, régnant de 1941 jusqu'à sa chute avec la révolution islamique en 1979.
00:02:30Éduqué en Europe, allié fidèle de l'Occident, il a entrepris de moderniser l'Iran.
00:02:34Mais il fut aussi critiqué pour son autoritarisme.
00:02:37Chassé du pouvoir, il est mort en exil, symbole d'un temps révolu
00:02:40où la monarchie et le nationalisme naïque dominaient le pays avant l'avènement des Mola, le regard de Marc Menand.
00:02:49Sur le front de la guerre en Iran, on parle des chiites, des sunnites, des équilibres géopolitiques,
00:02:54mais qui parle des chrétiens d'Iran ?
00:02:57Présents depuis les premiers siècles, ils sont aujourd'hui pris entre espoir et peur.
00:03:02Espoir de voir tomber un régime qui les surveille, les emprisonne, les accuse d'être des agents de l'Occident.
00:03:08Peur aussi d'être les boucs émissaires d'un pouvoir qui traque les conversions et criminalise la foi.
00:03:15Dans le silence et la persécution, l'analyse de Gabriel Cluzet.
00:03:20Emmanuel Macron s'exprime ce soir à 20h sur CNews dans un contexte où la France affirme ne pas être
00:03:26en guerre,
00:03:27tout en préparant une application défensive aux côtés de ses partenaires.
00:03:31Entre accords de défense dans le Golfe, base touchée à Abu Dhabi, coordination avec Londres et Berlin,
00:03:37et rappel d'une dissuasion nucléaire strictement souveraine, Paris cherche sa ligne, protégée ou sans s'enliser.
00:03:44Mais avons-nous réellement les moyens, et surtout l'intérêt, d'entrer plus en avant dans ce conflit ?
00:03:50La France choisit-elle son rôle ou est-elle déjà en train de le subir, le décryptage de Charlotte d
00:03:56'Ornelas ?
00:03:57La chute éventuelle du régime iranien serait-elle pour l'islamisme ce que 1989 fut pour le communisme ?
00:04:03L'idée séduit, un état idéologique tombe et l'idéologie recule.
00:04:07Mais l'islamisme n'est pas un bloc unique ni dépendant d'un seul régime.
00:04:12Il s'est enraciné ailleurs, parfois loin de Téhéran.
00:04:15Oui, la fin de ce pouvoir pourrait apaiser les tensions,
00:04:18mais sommes-nous face à la fin d'une idéologie ou simplement face à sa mutation ?
00:04:23L'édito de Mathieu Bocoté.
00:04:24Et puis l'Iran multiplie les frappes contre les pays du Golfe.
00:04:28Émirats arabes unis, Qatar, Arabie saoudite, Bahreïn, Kuwait, les monarchies du Golfe alliées aux Etats-Unis
00:04:35ont condamné ces attaques comme une violation de leur souveraineté et renforcé leur défense aérienne.
00:04:40Pourquoi ces attaques ?
00:04:42Comment la compétition idéologique et religieuse entre l'Iran, puissance chiite,
00:04:48et l'Arabie saoudite, chef de file du monde sunnite,
00:04:51influencent-elles les conflits par procuration dans la région ?
00:04:54Michel Fayad, analyste géopolitique et l'invité de Face à l'Info ce soir.
00:04:59Une heure avec nos mosquetaires pour tout se dire et sans tabou.
00:05:02C'est parti.
00:05:16D'abord, bien sûr, nous sommes en direct sur le Liban, en Iran, en Israël, bien sûr.
00:05:25Et nous vous tenons informés en direct des événements sur le front de la guerre ce soir.
00:05:33D'abord, il y a quelques instants, vous avez pu suivre en direct cette conférence de presse de Donald Trump.
00:05:40qui s'en est pris, tenez-vous bien, à l'Espagne qui s'est mal comportée, selon lui.
00:05:44Écoutez-le.
00:05:46Je pense que l'Espagne s'est très mal conduite.
00:05:49J'ai dit à Scott, secrétaire au Trésor, de mettre fin à toutes les négociations avec l'Espagne.
00:05:58Les nations européennes ont payé 5% du PIB en dépenses militaires.
00:06:04La plupart ont suivi, mais l'Espagne ne l'a pas fait.
00:06:10Et l'Espagne nous a dit qu'on ne peut pas utiliser leur base.
00:06:14On pourrait le faire, le leur imposer.
00:06:17Mais nous n'avons pas besoin de le faire.
00:06:22C'est une nation maintenant inimicale.
00:06:25Nous n'avons pas besoin d'eux.
00:06:28Nous respectons leur peuple, mais pas leur gouvernement.
00:06:31C'est le seul pays de l'OTAN qui a refusé de dépenser 5% du PIB en dépenses militaires.
00:06:40Ils veulent maintenir 2% qu'ils ne paient même pas.
00:06:43Donc nous allons mettre fin à tout échange commerciux avec l'Espagne.
00:06:48On aimerait en savoir plus.
00:06:50Nous allons rejoindre notre correspondant à Barcelone, Nico Salvador.
00:06:55Le dernier dirigeant de gauche d'une grande démocratie en Europe.
00:06:59Le socialiste Pedro Sanchez déclenche une nouvelle polémique au sujet de la guerre en Iran.
00:07:04Nico Salvador a depuis à Barcelone.
00:07:06Qu'en est-il réellement ?
00:07:08Il en est réellement qu'il n'attendait que ça, Pedro Sanchez.
00:07:11Ça fait des semaines, voire des mois qu'il s'en prend à Donald Trump
00:07:15en disant que lui était le dernier, comme vous l'avez dit,
00:07:19représentant de la gauche d'une grande puissance.
00:07:21Et il se place en rempart de Donald Trump.
00:07:23Et cette fois-ci, il semble avoir décroché le bingo avec Donald Trump
00:07:26qui lui répond en personne.
00:07:29Alors pourquoi il fait ça, Pedro Sanchez ?
00:07:30Parce que c'est un homme politique ici, Christine,
00:07:33qui dirige le pays sans budget.
00:07:35Ça fait trois années de budget qui sont reconduites les unes après les autres.
00:07:39C'est quelqu'un qui n'a plus de majorité.
00:07:41Il cherche à souder la gauche et surtout la gauche radicale derrière lui.
00:07:45Et il s'en prend à Donald Trump pour devenir un petit peu ce héros
00:07:50de cette gauche et de cette extrême gauche.
00:07:52Mais cette fois-ci, il est allé très loin, comme l'a dit le président Trump.
00:07:56Pedro Sanchez a empêché les avions de décoller de la base qui est à Cadiz
00:08:00dans l'Andalousie.
00:08:02C'est une base militaire qui fait 25 kilomètres carrés.
00:08:06Il y a jusqu'à 20 000 soldats sur cette base.
00:08:09Et c'est la première fois dans l'histoire du pays,
00:08:12c'est la première fois en Espagne,
00:08:13qu'un premier ministre s'ingère dans une base militaire
00:08:17et empêche les avions d'intervenir au nom d'un soi-disant pacifisme.
00:08:21Merci beaucoup, Nico Salvador, pour ces précisions.
00:08:26Mathieu Bocoté, Raymond Aron qualifiait les États-Unis de république impériale.
00:08:30Cette formule qui avait étonné à l'époque semble plus vraie plus que jamais d'ailleurs aujourd'hui,
00:08:36puisque les interventions américaines dans le monde depuis la guerre du Vietnam
00:08:39ont aujourd'hui remodelé, ont chamboulé le système international pour le meilleur et pour le pire.
00:08:44Qu'en est-il réellement ?
00:08:46Alors, nous avons des attentes contrastées par rapport aux Américains.
00:08:49C'est-à-dire, d'un côté, la mémoire du 20e siècle les présente avec raison,
00:08:53comme des libérateurs, comme des défenseurs de la liberté.
00:08:55Première guerre mondiale, bien que ce soit plus complexe.
00:08:57La Deuxième Guerre mondiale, ils font tomber le nazisme.
00:09:00Ensuite, la guerre froide, ils tiennent tête au communisme.
00:09:03Si ce n'était des Américains, l'Europe serait probablement russe aujourd'hui, version 20e siècle.
00:09:08Donc, on a cette mémoire.
00:09:10Mais au même moment, ce qu'on doit constater, c'est que les Américains ne sont quand même pas,
00:09:13quoi qu'ils en pensent d'eux-mêmes, de preux chevaliers de la seule liberté.
00:09:17On peut penser, par exemple, à une forme d'isolationnisme américain
00:09:20qui est là tout au long du 19e siècle, c'est le moins qu'on puisse dire,
00:09:24ou à la volonté où c'est une forme d'Amérique hémisphérique.
00:09:26Nous sommes les maîtres chez nous et l'Europe n'est pas la bienvenue ici.
00:09:30Deuxième, le côté, ce que vous avez cité, moi, avec raison, le côté république universelle.
00:09:35Nous sommes le modèle pour l'humanité entière et vous devez,
00:09:38enfin, non seulement vous devez, mais vous voulez, normalement, vous souhaitez devenir comme nous.
00:09:43Et aujourd'hui, une forme d'impérialisme classique beaucoup plus marquée,
00:09:47où les États-Unis, vous l'avez encore une fois dit très justement,
00:09:50décident d'utiliser l'ensemble de leurs pouvoirs pour modeler le monde
00:09:54selon leurs intérêts avec leur équipement militaire que nous connaissons.
00:09:59Mais il y a un moment tournant dans le rapport aux États-Unis,
00:10:02et c'est dans le rapport au monde, c'est le Vietnam.
00:10:04Alors le Vietnam, c'est, vous verrez, le lien que je fais entre le Vietnam
00:10:07et ce qui se passe en ce moment, c'est le moment où l'Amérique commence
00:10:10à vraiment douter d'elle-même.
00:10:12Elle doute d'elle-même, pourquoi?
00:10:14Parce qu'elle croyait aller au Vietnam dans le grand affrontement
00:10:17entre le communisme et le monde libre,
00:10:19et elle découvre sur le terrain ce qu'elle n'avait pas prévu,
00:10:22un peuple qui n'est pas nécessairement communiste,
00:10:25le Sud ne l'était pas, puis au Nord, c'est plus compliqué,
00:10:27mais qui n'avait pas envie de se laisser diriger par les États-Unis,
00:10:31par l'Empire américain.
00:10:33Donc un peuple qui finalement va réussir, soutenu par d'autres,
00:10:37à résister à la présence américaine.
00:10:39N'oubliez pas à l'époque, si je peux me permettre,
00:10:41parlons de la France, de Gaulle lui-même avait dit
00:10:42« n'allez pas vous perdre là, vous allez en payer le prix ».
00:10:46N'oubliez pas la profondeur de la diversité du monde,
00:10:49n'oubliez pas l'identité des peuples.
00:10:51Quoi qu'il en soit, les Américains s'avirent à la catastrophe le Vietnam.
00:10:54Ça devient le traumatisme du 20e siècle,
00:10:58et dès lors, les Américains n'auront qu'un souci,
00:11:01laver leur honneur.
00:11:02Alors chaque fois, rappelez-vous ce qui s'est passé
00:11:04lorsqu'ils ont quitté l'Afghanistan.
00:11:05Ils disaient « nous ne voulons pas reproduire un nouveau Vietnam ».
00:11:08Encore aujourd'hui, quand on parle du bourbier
00:11:10que pourrait devenir l'Iran,
00:11:12la référence au bourbier, c'est une référence explicite au Vietnam.
00:11:15Donc c'est un traumatisme qui a structuré la conscience américaine.
00:11:19Oublie, je l'ai dit, le point central,
00:11:20et ce sera le fil de la chronique,
00:11:22oublie des cultures.
00:11:24Fin des années 70, début des années 80,
00:11:26surtout les Américains se disent « on est en pleine guerre froide,
00:11:28nous devons utiliser tous les moyens disponibles
00:11:31pour lutter contre le communisme ».
00:11:32Que ferons-nous ?
00:11:33Il y a la guerre d'Afghanistan à ce moment-là.
00:11:35Nous allons appuyer l'islam de la manière la plus forte,
00:11:39la plus décomplexée,
00:11:40à la manière d'un instrument pour résister au communisme,
00:11:43pour être capable de chasser les communistes d'Afghanistan.
00:11:46Il crée par là, évidemment l'histoire est plus complexe,
00:11:48mais il crée par là, à ce moment,
00:11:50ce qu'on appellera les Moudjahidines,
00:11:53mais demain les talibans.
00:11:54Il crée les conditions de l'émergence des talibans
00:11:56qui un jour les frapperont.
00:11:58Et que disait-on dans les milieux plus informés
00:12:00aux États-Unis à l'époque ?
00:12:01On disait « faites attention en allant là-bas,
00:12:03parce que vous avez une culture islamique
00:12:05qui peut se retourner contre vous demain.
00:12:07Vous, vous les voyez comme des alliés,
00:12:09ils vous voient comme des instruments.
00:12:11Et ça pourrait se retourner contre vous demain,
00:12:13ce qui s'est passé encore une fois,
00:12:15oublie de la part des Américains
00:12:16de la diversité profonde du monde. »
00:12:19Et on pourrait dire, ça nous conduira très rapidement,
00:12:21c'est au 21e siècle,
00:12:22« Nos amis américains, lorsqu'ils se projettent dans le monde,
00:12:26sont convaincus d'une chose,
00:12:27nous voulons tous leur ressembler.
00:12:29Nous n'avons pas vocation à avoir d'un autre parcours. »
00:12:33Et ce qu'on voit,
00:12:34donc les interventions à répétition,
00:12:35les Américains croient servir la liberté dans leur esprit,
00:12:37croient servir leurs intérêts,
00:12:39ça se retourne souvent contre eux
00:12:40par négligence du contexte culturel du pays où ils frappent.
00:12:44Mathieu, on associe surtout l'intervention américaine
00:12:47dans le monde musulman à l'évasion en Irak en 2003.
00:12:50En quoi a-t-elle bouleversé la marge du monde?
00:12:54Mais totalement, mais totalement.
00:12:55Alors, le point de départ avant 2003, c'est 91.
00:12:57En 90-91, on s'en souvient,
00:12:59la première guerre du Golfe, le Koweït,
00:13:01qui est envahi par l'Irak,
00:13:03les Américains considèrent que dans le nouvel ordre mondial
00:13:06qui se met en place à ce moment,
00:13:09eh bien, ils doivent envoyer le signal
00:13:11qu'eux-mêmes vont modeler l'ordre du monde.
00:13:13Donc, ils décident de me lever une immense armada,
00:13:15une immense frappe, flop, dis-je,
00:13:17une armée, comment dire, des troupes rassemblées
00:13:20pour chasser Saddam Hussein du Koweït.
00:13:24Et on le sait, à ce moment-là,
00:13:25c'est la guerre première du nouvel ordre mondial post-1989.
00:13:29Mais ils ne vont pas jusqu'au bout.
00:13:31Ils ne vont pas jusqu'au bout.
00:13:31Ils ne vont pas jusqu'à renverser Saddam Hussein à ce moment-là.
00:13:34Et ça va créer un traumatisme chez eux
00:13:36pendant 10, 11, 12 ans.
00:13:38Ou si vous regardez la pensée stratégique américaine,
00:13:40à ce moment-là, il y a un souci.
00:13:42Pourquoi on n'a pas été jusqu'à Bagdad?
00:13:44Pourquoi on n'a pas fait tomber Bagdad?
00:13:45On aurait dû faire tomber Saddam Hussein.
00:13:46Et dès lors, on est à la recherche du prétexte,
00:13:48du grand prétexte qui permettra d'aller à Bagdad demain.
00:13:53Que se passe-t-il en 2001?
00:13:55Nous le savons.
00:13:55Les talibans, j'en ai parlé il y a un instant,
00:13:57les talibans frappent l'Amérique avec le 11 septembre 2001.
00:14:01Et les néoconservateurs américains en profitent pour se dire
00:14:04« Ah bien, c'est très bien, en fait, c'est l'Irak qu'il faut faire tomber. »
00:14:07Avec la fameuse théorie des dominos démocratiques.
00:14:10Donc, nous allons prendre prétexte de ce qui se passe en Afghanistan
00:14:12pour faire tomber l'Irak, pour lancer une offensive sérieuse.
00:14:17Et là, c'est assez particulier.
00:14:18À l'époque, vous noterez, ils cherchent à avoir l'approbation
00:14:20du Conseil de sécurité de l'ONU.
00:14:22Lorsqu'ils ne l'ont pas, ils s'en fichent, ils vont quand même.
00:14:24Et ce qui est intéressant dans cette séquence-là,
00:14:27c'est que les Américains sont vraiment convaincus.
00:14:28C'est la formule à l'époque.
00:14:30« Axis of evil », l'acte du mal.
00:14:32Il y a une forme de simplisme primaire, quelquefois,
00:14:34dans l'esprit américain.
00:14:35« Gentil », « Méchant », « Bon », « Mauvais ».
00:14:38Bon. Et ce qui fait qu'à ce moment-là,
00:14:40ils frappent et ils sont persuadés,
00:14:41sur le mode du colonialisme démocratique,
00:14:44du messianisme démocratique,
00:14:45ils sont persuadés qu'ils vont faire quelque chose
00:14:47d'absolument merveilleux.
00:14:48Et on sait que ça a créé, à ce moment-là,
00:14:50parce qu'ils avaient sous-estimé, encore une fois,
00:14:52les cultures, ils ne connaissaient pas véritablement
00:14:54le territoire, les lieux, les ethnies,
00:14:57les différentes tensions religieuses.
00:14:58Bien, la chute de Saddam Hussein va entraîner,
00:15:01à terme, pas immédiatement,
00:15:02mais l'émergence, notamment, de Daesh.
00:15:04Donc, qu'est-ce qu'on voit?
00:15:05Encore une fois, mauvaise connaissance
00:15:06du monde musulman, mauvaise connaissance
00:15:08du territoire, mauvaise connaissance
00:15:10de la région.
00:15:11On croit faire une action utile pour tous
00:15:13et ça se retourne avec Daesh, nous le savons.
00:15:15D'autres actions américaines,
00:15:17sous le même signe qui se veut chaque fois
00:15:19le signe de la libération, soutiennent,
00:15:21dans le cas de la chute de Kadhafi.
00:15:23On s'en souvient, c'est plus complexe,
00:15:24le rôle des Américains là-dedans,
00:15:26mais globalement, ils soutiennent l'opération,
00:15:27ils la rendent possible.
00:15:28Quelle est la conséquence de la chute de Kadhafi ensuite?
00:15:31Bien, c'est le mur protecteur pour la Méditerranée.
00:15:33Donc, ça va favoriser l'arrivée massive
00:15:35de migrants en Europe et plus encore en 2015
00:15:38avec les événements en Syrie, nous le savons.
00:15:41Donc, il n'est pas interdit de croire
00:15:42que les Américains, lorsqu'ils interviennent
00:15:44chaque fois, croient le faire certainement
00:15:46pour les meilleures raisons, sinon ils n'engageraient
00:15:47pas autant de ressources, mais parce qu'ils
00:15:49méconnaissent les contextes, parce qu'ils méconnaissent
00:15:51les lieux, parce qu'ils méconnaissent les identités,
00:15:53parce qu'ils méconnaissent la diversité profonde du monde,
00:15:56finalement, ça se retourne souvent contre eux
00:15:58et quelquefois aussi contre leurs alliés,
00:16:00notamment l'Europe qui a payé le prix
00:16:01de plusieurs débordements stratégiques américains
00:16:03depuis 25 ans.
00:16:05Ça ne veut pas dire, ça ne veut pas dire
00:16:07que ça va mal se passer en Iran.
00:16:10Il y a toujours la possibilité de quelque chose
00:16:11de nouveau dans l'histoire, mais voilà pourquoi
00:16:13beaucoup, qui ne sont pas des Américains
00:16:16obsessionnels, patentés,
00:16:17pourquoi plusieurs regardent avec méfiance
00:16:19cette intervention en se disant,
00:16:20vu ce qui s'est passé depuis 25 ans,
00:16:22ou 35 ans, ou 40 ans, on a quand même
00:16:24quelques raisons de douter.
00:16:25À vous entendre, Mathieu, les Américains
00:16:27connaissent généralement assez mal
00:16:30les pays où ils interviennent.
00:16:32Faut-il les qualifier, je dirais,
00:16:35d'apprentis sorciers ?
00:16:36Oui, un peu quand même, un peu.
00:16:38Alors, comme je dis, ne serait-ce que
00:16:40pour des raisons géographiques,
00:16:41je n'ai pas les moyens d'être anti-américain.
00:16:44Je suis le voisin de l'Empire,
00:16:46un voisin aussi puissant.
00:16:47Là, vous êtes loin, là.
00:16:48Quand même, j'en suis mentalement
00:16:50pas si éloigné.
00:16:50Il faut tolérer l'Empire puissant
00:16:52de nos côtés.
00:16:53Une fois que c'est dit,
00:16:54une fois que c'est dit,
00:16:55il y a quelque chose dans l'idéologie américaine
00:16:57qui a quelque chose d'un peu français.
00:16:59Vous allez comprendre le lien.
00:17:00Ce sont des nations révolutionnaires.
00:17:02La France, avec sa révolution,
00:17:04croit devoir l'exporter un peu partout
00:17:06à travers le monde.
00:17:07Et même, même l'Empire colonial français
00:17:09du 19e siècle, au début du 20e,
00:17:11est porté par cette aspiration messianique
00:17:13à imposer à tous une même vision
00:17:15rédemptrice de l'humanité.
00:17:17Mais les Américains ont aussi cette obsession.
00:17:19Ils sont persuadés d'avoir un modèle
00:17:21démocratique, universaliste,
00:17:22valable pour tous les peuples du monde.
00:17:25Cette erreur anthropologique,
00:17:27cette erreur philosophique,
00:17:29les conduit à une forme d'hubris,
00:17:31à une forme d'imprudence
00:17:33et surtout une volonté d'user
00:17:34à toute puissance pour les plus grands idéaux
00:17:36en oubliant que ça se retourne souvent contre eux.
00:17:38Trump, cela dit, est un personnage différent.
00:17:40Trump, pourquoi?
00:17:41Trump, c'est ni un compliment ni une insulte.
00:17:44Disons que ce n'est pas
00:17:44le plus universaliste des Américains.
00:17:46C'est probablement l'Américain de base,
00:17:48le plus typique, qui dit
00:17:49qu'il y a une diversité dans le monde.
00:17:50Les Français ne sont pas des Américains,
00:17:52les Français ne sont pas des Espagnols,
00:17:53les Américains ne sont pas des Malgaches.
00:17:55On sait tout ça.
00:17:56Et de ce point de vue, dans cette opération,
00:17:58puisqu'il ne veut pas faire du nation building démocratique,
00:18:01version néo-conservatrice,
00:18:02comme on l'a connu en Irak,
00:18:04comme on l'a connu,
00:18:04on aurait pu le connaître en Syrie,
00:18:06comme on a voulu l'imposer en Afghanistan,
00:18:08puisqu'il arrive avec cette idée
00:18:09de faire tomber le régime
00:18:11et voire créer les conditions,
00:18:13peut-être, d'un remplacement de régime
00:18:14de l'intérieur, ce qu'il nous dit,
00:18:17que l'Iran n'est pas un pays musulman
00:18:20comme les autres.
00:18:20Ce n'est pas un pays arabe.
00:18:21Il y a une autre trajectoire historique en Iran
00:18:23qui peut-être leur donne une plus grande chance
00:18:25pour la démocratie.
00:18:25Peut-être est-ce un pari sensé,
00:18:27mais il n'est pas interdit de croire
00:18:28que tout ça, finalement, vire très mal,
00:18:30qu'à terme, on ait une forme de guerre civile
00:18:32ou qu'on ait une forme de tension telle
00:18:34que ça favorise de nouvelles vagues migratoires
00:18:37vers l'Europe.
00:18:38Il n'est pas interdit de craindre, hélas,
00:18:39que le présent reproduise le passé.
00:18:42Excellente analyse sur les grandes interventions américaines.
00:18:44Dans un instant, on va comparer
00:18:46avec la chute du mur de Berlin
00:18:47parce que beaucoup de personnes en parlent,
00:18:49voire est-ce que c'est comparable.
00:18:51Marc Menon, au quatrième jour de la guerre
00:18:53au Moyen-Orient,
00:18:54le fils du dernier chat d'Iran, Reza Pallavi,
00:18:57qui se présente comme une alternative
00:18:59au cas où la République islamique tomberait,
00:19:01a appelé les minorités ethniques
00:19:03à l'unité nationale.
00:19:05Pourquoi ça vous fait sourire, ma Charlotte ?
00:19:07Non, ça ne me fait pas sourire.
00:19:08Je pense qu'il sait qu'elle est l'horreur.
00:19:10Oui, c'est-à-dire ?
00:19:11C'est un pays avec de multiples...
00:19:13Exactement ce que vient de dire Mathieu.
00:19:15Avec de multiples ethnies.
00:19:16Il y a notamment certaines qui sont sunnites.
00:19:18On sait très bien
00:19:19quelle est la volonté de revanche
00:19:21entre sunnites et chiites.
00:19:22Et il y a cette crainte, évidemment,
00:19:24de la dislocation de l'Iran demain
00:19:26et donc d'une guerre civile
00:19:28qui soit, évidemment, atroce pour les Iraniens.
00:19:31Très intéressant.
00:19:32Donc, effectivement, cet appel
00:19:33aux minorités ethniques
00:19:35à s'unir à l'unité nationale.
00:19:38La question qu'on va se poser avec vous,
00:19:40Marc Menon, c'est
00:19:40qui était son père,
00:19:43le dernier chat d'Iran ?
00:19:44Beaucoup de personnes parlent de lui.
00:19:45Juste avant, justement,
00:19:46cette arrivée
00:19:47de la République islamique en 1979,
00:19:50c'était lui,
00:19:50le roi,
00:19:51le chat d'Iran.
00:19:52La mémoire est faillible.
00:19:54C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:19:55on a l'impression que l'on a perdu
00:19:57un empereur,
00:19:59le roi des rois,
00:20:01qui avait un pouvoir fort
00:20:04et était adulé par sa population.
00:20:06On est bien loin de la réalité.
00:20:08Il faut savoir qu'il est déjà
00:20:09le fils d'un officier subalterne,
00:20:12une Cossac,
00:20:13qui réussit un coup d'État
00:20:15en faisant tomber
00:20:17une dynastie
00:20:18plus que millénaire
00:20:20en 1921
00:20:22et puis en 1925,
00:20:24il devient
00:20:26Reza premier.
00:20:27Le petit bonhomme, lui,
00:20:29il naît en 1919.
00:20:30Il est malingre.
00:20:32Mais sa mère est persuadée
00:20:34qu'il a un destin.
00:20:36Elle est très superstitieuse.
00:20:38Elle donne à ses enfants
00:20:39des gris-gris,
00:20:40des amulettes.
00:20:41Elle dit,
00:20:41toi,
00:20:42toi,
00:20:42le Tout-Puissant,
00:20:43t'as désigné.
00:20:44Un jour,
00:20:45tu auras un destin.
00:20:46Et quand son père
00:20:47prend le pouvoir
00:20:48qu'il est sur le trône
00:20:50de Paon,
00:20:51comme on dit,
00:20:51eh bien,
00:20:52à ce moment-là,
00:20:53tout de suite,
00:20:54il est désigné
00:20:55comme prince héritier
00:20:57et traité en tant que tel.
00:20:59L'uniforme partout,
00:21:01on lève les couleurs
00:21:02devant lui,
00:21:03les armées
00:21:04présentent les armes.
00:21:06Et à 12 ans,
00:21:08il n'est pas question
00:21:09qu'il ait une éducation
00:21:10comme tout un chacun,
00:21:12comme les gueux.
00:21:12Non, non, non.
00:21:13Il est envoyé en Suisse
00:21:15à la pension.
00:21:16Le Roset,
00:21:17qui est l'une des plus grandes
00:21:18pensions mondiales
00:21:20avec les familles
00:21:21les plus puissantes.
00:21:22Pour se rendre là-bas,
00:21:24il aura un wagon particulier.
00:21:26À ses côtés,
00:21:27un frère,
00:21:28deux proviseurs
00:21:29et deux copains.
00:21:30Et il y a tout un chemin
00:21:32qui se fait
00:21:32pour arriver à Genève
00:21:34où il a une première humiliation.
00:21:36C'est ça qui est intéressant.
00:21:37Il a une première humiliation
00:21:39parce qu'il se promène
00:21:40dans la cour
00:21:42et il voit des étudiants
00:21:43qui sont devant lui
00:21:45et qui ne se dressent pas
00:21:47en le salement.
00:21:48Alors, il est furieux.
00:21:49Comme il est un peu gringalet,
00:21:51il se met simplement
00:21:52à vaticiner
00:21:54et il y a un Américain,
00:21:56déjà,
00:21:57qui lui met quelques gifles
00:21:59pour le calmer.
00:22:00Il se fera repérer
00:22:01avant tout
00:22:02pour ses dons
00:22:04de sportifs,
00:22:06sans doute la volonté
00:22:07d'échapper
00:22:08à ce physique
00:22:09relativement chétif.
00:22:11Et alors,
00:22:11ça, ça me fait plaisir,
00:22:12une passion
00:22:13pour la langue française.
00:22:16Une passion
00:22:17pour notre culture.
00:22:19Il s'en antichera
00:22:21au point
00:22:22d'utiliser cette langue
00:22:23même dans son entourage.
00:22:25Il revient
00:22:26quelques années plus tard,
00:22:27cinq ans plus tard,
00:22:28en Iran.
00:22:30Et puis,
00:22:30il nous faut passer
00:22:31les étapes.
00:22:34Sauf qu'en 1938,
00:22:37son père dit
00:22:37un héritier,
00:22:38il faut qu'il ait
00:22:41une reine
00:22:42à ses côtés.
00:22:43Alors,
00:22:43on choisit
00:22:45la fille,
00:22:46la sœur
00:22:48du roi d'Égypte,
00:22:50Farouk Ier.
00:22:52Ils ne se sont jamais vus
00:22:53et quand il arrive sur place,
00:22:55c'est en français
00:22:56qu'ils échangent.
00:22:58Et là encore,
00:22:59deuxième humiliation.
00:23:01C'est-à-dire que
00:23:02cet homme
00:23:02qui est habitué
00:23:03quand même
00:23:04à avoir
00:23:05un minimum
00:23:06de dignité,
00:23:07il est traité
00:23:08presque
00:23:08comme un serviteur.
00:23:10Il y a un luxe,
00:23:11une opulence
00:23:12qu'il n'avait
00:23:13même pas imaginé
00:23:14bien qu'étant passé
00:23:15par la Suisse.
00:23:16Il le vit très très mal.
00:23:17On a un deuxième mariage
00:23:19quand il revient
00:23:19en Iran
00:23:20et là,
00:23:21quand on voit
00:23:22la différence
00:23:22entre ce qui s'est passé
00:23:23en Égypte
00:23:24et ce qu'il vit
00:23:25en Iran,
00:23:26eh bien,
00:23:26c'est véritablement
00:23:28un déshonneur.
00:23:301941,
00:23:31son père
00:23:32est déchu du pouvoir.
00:23:33Loué,
00:23:33les Alliés
00:23:34estiment qu'il n'a pas
00:23:35une conduite
00:23:37suffisamment engagée
00:23:38contre Hitler.
00:23:40Et là,
00:23:41son père,
00:23:42Abdic,
00:23:44est en faveur
00:23:45de son fils.
00:23:46Reste,
00:23:47les Alliés
00:23:47n'ont pas du tout
00:23:48envie de ça.
00:23:48Ils sont déjà
00:23:49en train d'envahir
00:23:50l'Iran
00:23:50et c'est un lave-à-vite
00:23:52qu'il prête serment
00:23:53en septembre
00:23:55à 15h30
00:23:56et une demi-heure
00:23:56plus tard,
00:23:57les Alliés
00:23:58arrivent
00:23:59dans Téhéran
00:24:00et ils n'osent pas
00:24:01le renverser.
00:24:03Il devient
00:24:03une petite
00:24:05en quelque sorte
00:24:06et cette petite
00:24:07là encore,
00:24:08humiliation.
00:24:09Il y a la fameuse
00:24:10conférence de Téhéran
00:24:11avec Churchill,
00:24:13avec Roosevelt,
00:24:15avec Staline.
00:24:16il est obligé
00:24:18de supplier
00:24:18pour avoir
00:24:19un entretien
00:24:20avec Roosevelt
00:24:21et avec Churchill.
00:24:23Il n'y a que Staline
00:24:24qui lui rend visite
00:24:25comme s'il le considérait
00:24:27véritablement
00:24:28comme le chat.
00:24:29Forcément,
00:24:29il n'a rien pensé.
00:24:31Il se dit
00:24:31quand la guerre
00:24:32sera terminée,
00:24:33il y a du pétrole.
00:24:33Ça pourrait être
00:24:34quand même
00:24:34une bonne chose
00:24:35pour nous.
00:24:36Lorsque la guerre
00:24:37est terminée,
00:24:39il obtient
00:24:40un pouvoir
00:24:41de potiche
00:24:42parce que
00:24:43les Alliés
00:24:44agissent
00:24:45en lui demandant
00:24:46de se prêter
00:24:47à toutes
00:24:47leurs exigences.
00:24:49Et là encore,
00:24:50il le vit
00:24:51relativement mal.
00:24:52Et en 1951,
00:24:55il y a un Premier ministre
00:24:56qui n'a pas choisi,
00:24:57qui a l'audace
00:25:00de nationaliser
00:25:01le pétrole.
00:25:02Ça,
00:25:02les Américains
00:25:03le prennent très très mal.
00:25:04Comment ça ?
00:25:05Le pétrole,
00:25:06mais c'était pour eux.
00:25:07C'était pour ça
00:25:08qu'ils étaient derrière lui.
00:25:09Alors,
00:25:11il reste à peine
00:25:12six mois
00:25:12le Premier ministre
00:25:13et le chat
00:25:14est à nouveau
00:25:15en place
00:25:16en étant
00:25:17la marionnette.
00:25:18Et là,
00:25:18il se fait connaître
00:25:19partout à travers le monde.
00:25:20C'est le playboy,
00:25:21il est la Bugatti,
00:25:23il est l'homme
00:25:24de toutes les tendances.
00:25:25Sa femme est partie
00:25:26et il se choisira
00:25:28une jeune femme
00:25:29qui a 18 ans
00:25:31et ils font la une
00:25:33de tous les journaux
00:25:34du monde.
00:25:35Grâce à l'argent,
00:25:36que font-ils ?
00:25:37Eh bien,
00:25:38il a des idées
00:25:39de réforme.
00:25:40Son père avait déjà
00:25:40engagé ça.
00:25:41Donner,
00:25:42interdire le voile,
00:25:43c'était déjà fait.
00:25:44Faire en sorte
00:25:45que les filles
00:25:45aient une éducation,
00:25:46qu'il y ait des hôpitaux,
00:25:48qu'il y ait,
00:25:48qu'il y ait,
00:25:49qu'il y ait,
00:25:49mais il n'y a pas
00:25:49d'infrastructure.
00:25:51Et puis,
00:25:51l'argent,
00:25:52à un moment donné,
00:25:54il veut que ce pays
00:25:56rayonne.
00:25:56Et comment ?
00:25:57Avec une armée.
00:25:58Et la puissance de l'armée,
00:26:00tout ça,
00:26:00eh bien,
00:26:02épuise l'argent,
00:26:03la famine se répand,
00:26:05il est d'autant plus haï
00:26:06qu'il crée
00:26:07la SAVAC,
00:26:09qui est une police,
00:26:10milice,
00:26:11qui traite
00:26:12tous les opposants.
00:26:13Ce sont des geôles
00:26:14infâmes
00:26:15où il y a
00:26:16de la torture
00:26:16dont les gens
00:26:17ne ressortent
00:26:18qu'en charpie.
00:26:20Forcément,
00:26:21ça lui vaut la haine
00:26:21jusqu'à la révolution
00:26:24qui commence
00:26:24à naître
00:26:25dans les années 73,
00:26:27qui s'affirme
00:26:27en 78.
00:26:29il a éliminé
00:26:30tout le monde
00:26:30et quand en 79,
00:26:32atteint d'un concert,
00:26:33il est obligé
00:26:34de laisser la place,
00:26:35eh bien,
00:26:35il n'y a plus que qui ?
00:26:36Ceux qui étaient
00:26:37derrière les murs
00:26:39des mosquées
00:26:39qui avaient réussi
00:26:40à se maintenir
00:26:41en étant dans l'opposition,
00:26:43les Mola,
00:26:44et donc,
00:26:45eh bien,
00:26:46Coménie
00:26:46prendra le pouvoir
00:26:48en se voulant
00:26:50révolutionnaire
00:26:50et en étant
00:26:51effectivement
00:26:52l'homme qui après,
00:26:53eh bien,
00:26:54trompe le peuple.
00:26:55L'homme qui après
00:26:56trompe le peuple.
00:26:57Merci beaucoup,
00:26:58Marc Menon,
00:26:58pour ce portrait
00:26:59du dernier
00:27:00achat d'Iran.
00:27:01Dans un instant,
00:27:01Michel Fayad,
00:27:02on verra avec vous
00:27:04pourquoi l'Iran
00:27:05attaque les pays du Golfe.
00:27:07C'est quand même
00:27:07la question qu'on se pose
00:27:08ce soir.
00:27:09On va analyser ça
00:27:10avec vous.
00:27:10Dans un instant,
00:27:11on est content
00:27:11de vous avoir
00:27:12sur le plateau
00:27:13de Face à l'Info.
00:27:14D'abord,
00:27:15Gabriel Cluzel,
00:27:16on entend beaucoup
00:27:16parler des musulmans,
00:27:18on parle des chiites,
00:27:20on parle des sunnites,
00:27:22on parle des wahhabites,
00:27:23mais qu'en est-il
00:27:24des chrétiens
00:27:25iraniens,
00:27:26on ne s'intéresse pas
00:27:27suffisamment
00:27:28à leur sort ?
00:27:29Oui,
00:27:30alors ces chrétiens,
00:27:31selon l'aide à l'Église
00:27:32en détresse,
00:27:33vous l'avez dit,
00:27:33sont partagés
00:27:34entre espoir et crainte.
00:27:35Espoir de voir
00:27:36ce régime des répressifs
00:27:38tomber,
00:27:38et crainte,
00:27:39comme à chaque moment
00:27:40de chaos,
00:27:41de se retrouver
00:27:42bouc émissaire.
00:27:43Il faut savoir
00:27:44qu'ils sont accusés
00:27:45dans ces cas-là
00:27:46de collusion
00:27:46avec l'ennemi,
00:27:47parce qu'être chrétien
00:27:49pour le tribunal
00:27:50révolutionnaire iranien,
00:27:51c'est déjà
00:27:52être occidental.
00:27:54Alors il faut savoir
00:27:54aussi que la présence
00:27:56des chrétiens
00:27:57est très très ancienne
00:27:57en Iran,
00:27:58c'est saint Thomas,
00:27:59comme d'ailleurs
00:28:00souvent au Moyen-Orient,
00:28:02qui les a convertis
00:28:03donc au premier siècle
00:28:04du christianisme,
00:28:05et du reste,
00:28:07j'ai découvert,
00:28:07en préparant ce sujet,
00:28:08que la plus ancienne
00:28:09église assyrienne,
00:28:10qui est située
00:28:11dans la ville d'Urmia
00:28:12en Iran,
00:28:13est réputée,
00:28:14en tout cas pour
00:28:14certains historiens,
00:28:15j'ai pu le constater,
00:28:16comme la deuxième
00:28:17plus ancienne église
00:28:19du monde,
00:28:20après l'église
00:28:21de la nativité
00:28:22à Bethléem,
00:28:23elle aurait été construite
00:28:24sur la tombe
00:28:24d'un roi mage,
00:28:26enterrée au retour
00:28:27de l'adoration
00:28:28des mages
00:28:29à Bethléem.
00:28:30Alors,
00:28:30il faut bien distinguer
00:28:32deux types de chrétiens,
00:28:33il y a une église officielle
00:28:34et une église souterraine,
00:28:35c'est un peu d'ailleurs
00:28:36comme en Algérie,
00:28:39nous en avons déjà parlé.
00:28:41En Iran,
00:28:41il y a actuellement
00:28:42un peu moins
00:28:42d'un pour cent
00:28:43d'Assyriens et Arméniens,
00:28:44alors c'est l'église officielle
00:28:46qui a théoriquement
00:28:47le droit de pratiquer,
00:28:49même s'ils ont
00:28:49un statut de d'himi,
00:28:51ils sont libres
00:28:51dans les limites
00:28:53prévues par la loi
00:28:54et la loi est parfois
00:28:55évolutive
00:28:56et se durcit,
00:28:57donc c'est quand même
00:28:57une liberté limitée
00:28:58et ils n'ont pas le droit
00:28:59notamment d'évangéliser.
00:29:01Et dans les faits,
00:29:02beaucoup sont partis,
00:29:03il y a eu une hémorragie
00:29:04terrible après 79,
00:29:06c'est vrai qu'on les retrouve
00:29:08dans la diaspora
00:29:09à travers le monde iranien
00:29:10et notamment en Occident.
00:29:12Ça, c'est la première église,
00:29:14l'église officielle.
00:29:14Et puis il y a l'église
00:29:15souterraine
00:29:15et c'est très intéressant,
00:29:17elle,
00:29:18elle est complètement interdite,
00:29:19complètement réprimée.
00:29:21Il faut savoir
00:29:22que la Bible en farcie,
00:29:23c'est interdit,
00:29:24donc en persan.
00:29:26Les communautés historiques
00:29:27dont nous venons parler
00:29:29d'Astyriens et d'Arméniens
00:29:30n'ont pas le droit
00:29:30de les accueillir
00:29:31dans leur lieu de culte,
00:29:32c'est interdit ça.
00:29:34Et cette église souterraine
00:29:35néanmoins est très importante
00:29:37et elle grossit
00:29:38de jour en jour
00:29:39au point que les autorités
00:29:40du reste,
00:29:41on parlait d'une vague
00:29:42de christianisation
00:29:43qui toucherait
00:29:44la jeunesse iranienne
00:29:45et qui les inquiète beaucoup.
00:29:47Alors,
00:29:48ce sont des convertis
00:29:49qui étaient anciennement musulmans.
00:29:51Alors,
00:29:51on les appelle,
00:29:51j'ai constaté,
00:29:52les convertis
00:29:53d'arrière-plan musulmans.
00:29:54Et pour cela,
00:29:55le destin est terrible
00:29:56parce qu'ils sont réputés
00:29:58apostas
00:29:59et ensuite convertis
00:30:00aux christianis.
00:30:01Ce qui est réprouvé
00:30:02très très durement
00:30:03par la loi.
00:30:04Alors,
00:30:04c'est impossible de savoir
00:30:05combien ils sont exactement.
00:30:07L'aide à l'église en détresse
00:30:08m'a donné une fourchette
00:30:09extrêmement large
00:30:10que j'ai retrouvée
00:30:11dans un autre document
00:30:12entre 300 000
00:30:14et 3 millions.
00:30:15Vous voyez,
00:30:15c'est très important
00:30:16et il dépasserait
00:30:19donc peut-être
00:30:19le nombre de chrétiens
00:30:20historiques,
00:30:21si on peut utiliser
00:30:22cette expression.
00:30:23Alors,
00:30:23comment expliquer
00:30:24cette vague de conversion ?
00:30:26Oui,
00:30:26c'est un peu inexplicable
00:30:27puisque,
00:30:28sachant que l'apostasie
00:30:30est punie par la loi
00:30:32et pourtant,
00:30:32c'est bien le cas,
00:30:33mais on peut en étudier
00:30:34les raisons.
00:30:35Donc,
00:30:35il y a un marché noir
00:30:36de la Bible,
00:30:36il faut le savoir,
00:30:37et les convertis
00:30:38se réunissent en secret
00:30:40à 4 ou 5
00:30:41avec de faux noms.
00:30:43Ils changent de lieu
00:30:43toutes les semaines.
00:30:44C'est incroyable.
00:30:45C'est incroyable.
00:30:46Ils risquent
00:30:47des descentes de police.
00:30:48Un peu la même vie
00:30:49pour les chrétiens
00:30:51de tous ces pays-là.
00:30:52C'est quand même très,
00:30:53et je pense notamment
00:30:54aux chrétiens de Kabini,
00:30:55c'est quand même
00:30:55assez similaire.
00:30:57Il y a des choses
00:30:57extrêmement proches.
00:30:59Ils risquent
00:30:59des descentes de police,
00:31:01des arrestations,
00:31:02des tortures,
00:31:03des peines de prison,
00:31:04et les églises,
00:31:05ce qu'on appelle
00:31:06les églises dites
00:31:07de maison,
00:31:07puisqu'ils se réunissent
00:31:08dans des maisons,
00:31:09sont constamment traquées.
00:31:12Et curieusement,
00:31:12alors je vais utiliser
00:31:13un vieux proverbe,
00:31:14une expression de ma grand-mère,
00:31:15mais c'est le diable
00:31:16qui porte pierre,
00:31:17vous voyez ?
00:31:17Ce sont les gardiens
00:31:18de la révolution
00:31:19qui ont poussé,
00:31:21sans doute,
00:31:21à ces conversions.
00:31:23J'ai trouvé un témoignage
00:31:24extrêmement touchant
00:31:25d'un homme
00:31:27qui s'appelle Amir
00:31:28dans un livre
00:31:29qui s'appelle
00:31:29Témoins de l'espérance.
00:31:30Le chapitre s'intitule
00:31:32Décadence de la révolution
00:31:33chiite et christianisme
00:31:35à bas bruit.
00:31:35Et il explique
00:31:37que les gardiens
00:31:40de la révolution
00:31:40ont tellement été atroces
00:31:42qu'ils ont dégoûté
00:31:44de l'islam.
00:31:47Il explique aussi
00:31:48que sa nation,
00:31:49j'ai trouvé ça
00:31:50très intéressant,
00:31:50qui a une histoire
00:31:53plurimulénaire,
00:31:53qui est une population
00:31:54réputée très éduquée,
00:31:56garde un fond
00:31:58théiste,
00:31:59enfin un fond mystique.
00:32:00Donc il y a eu
00:32:01une sécularisation,
00:32:02il y a des athées,
00:32:03évidemment,
00:32:03mais il y en a beaucoup
00:32:04qui se tournent
00:32:04vers le christianisme
00:32:06et pour des raisons
00:32:08doctrinales,
00:32:08me dit-on,
00:32:08c'est plus facile
00:32:09de passer
00:32:10du schisme
00:32:11au sunnisme
00:32:12que du schisme
00:32:14au christianisme
00:32:15que du sunnisme
00:32:16au christianisme.
00:32:17Il faut quand même
00:32:18savoir qu'avant même
00:32:19d'être inquiétés
00:32:20par la police religieuse,
00:32:21mais vous avez raison
00:32:21de le dire Christine,
00:32:22c'est toujours la même affaire,
00:32:23ils sont d'abord inquiétés
00:32:25par leur famille,
00:32:27pas notre témoin Amir
00:32:29en l'occurrence
00:32:29dont je parlais,
00:32:30parce que lui,
00:32:30il a été élevé en France
00:32:31avec une famille
00:32:33qui l'a laissé se convertir,
00:32:35mais il y a des cas
00:32:36épouvantables
00:32:36de crimes d'honneur,
00:32:38de fratricides,
00:32:39d'infanticides,
00:32:40enfin de parents
00:32:40qui tuent leurs enfants
00:32:42parce qu'ils se sont convertis.
00:32:44Et cette église,
00:32:47cette relation à Dieu
00:32:48parlait à mon iranité,
00:32:50donc je trouvais
00:32:51que c'était assez intéressant
00:32:53de le dire,
00:32:54et donc il dit
00:32:55que les mollas
00:32:56ont désislamisé le pays,
00:32:58convenant que c'est quand même
00:32:59assez contre-intuitif,
00:33:02mais néanmoins,
00:33:03c'est la vérité.
00:33:05Alors il dit bien sûr
00:33:05qu'il y a toujours
00:33:06une fraction de la population
00:33:07sur laquelle le régime
00:33:08peut compter,
00:33:09entre idéologie et intérêt,
00:33:11il y a beaucoup de corruption,
00:33:13explique-t-il,
00:33:13et donc tout cela
00:33:14explique aussi
00:33:15le climat de terreur
00:33:16qui continue de régner
00:33:17contre les chrétiens.
00:33:18Peut-on évaluer
00:33:19l'ampleur de ces persécutions ?
00:33:21Je vous répondais
00:33:21juste après
00:33:22le JT de Michael Dorian
00:33:24pour les dernières informations
00:33:25ce soir.
00:33:27Bonsoir Christine
00:33:28et bonsoir à tous.
00:33:29Donald Trump
00:33:30s'est exprimé
00:33:30depuis la Maison-Blanche.
00:33:32Il a déclaré
00:33:33que l'Iran
00:33:34allait attaquer en premier,
00:33:35qu'il avait donc peut-être
00:33:36forcé la main d'Israël
00:33:38pour lancer
00:33:38l'opération militaire
00:33:39contre Téhéran.
00:33:40Le président américain
00:33:42a également assuré
00:33:42que tout avait été
00:33:43détruit en Iran
00:33:45et enfin il menace
00:33:46de cesser de commercer
00:33:47avec l'Espagne
00:33:48en raison de son refus
00:33:50de coopérer.
00:33:51Le chef de Tsaal
00:33:52promet de frapper
00:33:53le Hezbollah au Liban
00:33:54jusqu'à ce que
00:33:55cette organisation
00:33:56soit désarmée.
00:33:57Le Hezbollah
00:33:58a commis une grave erreur
00:33:59en menant des attaques
00:34:00contre le nord d'Israël
00:34:01en riposte
00:34:02aux frappes israélo-américaines
00:34:03sur l'Iran,
00:34:04déclaration du lieutenant général
00:34:05et Yal-Zamir
00:34:06dans un communiqué.
00:34:08Et puis les frappes iraniennes
00:34:09sur Israël
00:34:10ont fait 12 blessés.
00:34:11Des missiles se sont abattus
00:34:12dans le centre du pays
00:34:14ces dernières heures.
00:34:15Une femme de 40 ans
00:34:16souffre de blessures
00:34:17causées par le souffle
00:34:18de l'explosion.
00:34:19Les 11 autres blessés
00:34:20ont été touchés légèrement
00:34:21par la chute de débris.
00:34:23Toutes ces personnes
00:34:24ont été transportées
00:34:25à l'hôpital.
00:34:25Merci beaucoup
00:34:26Michael Dorian
00:34:27pour ces dernières informations.
00:34:29On retourne avec
00:34:30Gabriel Gouzel.
00:34:31On est en train de parler
00:34:32effectivement des chrétiens
00:34:33d'Iran
00:34:33dont personne ne parle.
00:34:35Ces chrétiens persécutés.
00:34:36Est-ce qu'on peut parler,
00:34:37est-ce qu'on peut évaluer
00:34:38l'ampleur de ces persécutions ?
00:34:40Dernière question.
00:34:41Alors déjà,
00:34:43pour l'illustrer,
00:34:45l'aide à l'Église en 13
00:34:46me disait
00:34:47qu'ils avaient voulu
00:34:47faire témoigner
00:34:48pour un événement
00:34:49qui s'appelle
00:34:49la nuit des témoins
00:34:50et pour témoigner
00:34:51tous les chrétiens persécutés
00:34:52à un Iranien
00:34:55sous un faux nom
00:34:56en France.
00:34:58Et ils avaient presque
00:34:59réussi à le convaincre
00:35:00et puis celui-ci
00:35:01au dernier moment,
00:35:02soit qu'il ait eu peur
00:35:02pour sa propre vie
00:35:03et quand on pense
00:35:04évidemment à ce pauvre
00:35:06irakien
00:35:09réfugié chez nous
00:35:11qui a été assassiné
00:35:12au don de sa foi,
00:35:12c'est difficile
00:35:13de lui en tenir rigueur.
00:35:15Soit qu'il ait pensé
00:35:15à sa famille sur place
00:35:16mais il a finalement
00:35:17refusé de témoigner.
00:35:19Il a envoyé une lettre
00:35:20qui a été lue à la place.
00:35:21Donc vous voyez,
00:35:22ça en dit long
00:35:22sur le degré de terreur
00:35:24qui règne.
00:35:26Alors il y a une organisation
00:35:27qui chiffre tout ça
00:35:28qui s'appelle
00:35:29l'article 18
00:35:30et le 19 février
00:35:31dans un rapport
00:35:32intitulé
00:35:32violation des droits
00:35:33contre le chrétien
00:35:34en Iran,
00:35:35elle a dit
00:35:35qu'il y avait
00:35:36un durcissement
00:35:36de la répression.
00:35:38En 2025,
00:35:39les autorités iraniennes
00:35:40ont arrêté
00:35:40254 chrétiens
00:35:42en raison de leur foi
00:35:42et dans près de 90%
00:35:44des cas,
00:35:45ça s'appuie
00:35:46sur un article de loi,
00:35:47l'article 500
00:35:49du code pénal
00:35:49qui criminalise
00:35:51la propagande
00:35:51contraire à la
00:35:52sainte religion
00:35:52de l'islam.
00:35:53Puis il y a aussi
00:35:54l'ONG Portes Ouvertes
00:35:55dont nous parlons
00:35:55souvent aussi
00:35:56qui dit qu'au total
00:35:57il y a 345 détenus
00:35:59donc en Iran
00:36:00au nom de leur foi
00:36:01sans parler
00:36:02des églises
00:36:03et des propriétés
00:36:04de chrétiens
00:36:05ciblés.
00:36:06En fait,
00:36:06l'Iran est au 10ème rang
00:36:08des pays
00:36:09de ces tristes podiums
00:36:11qui persécutent
00:36:12les chrétiens.
00:36:14Elle cite
00:36:14trois exemples
00:36:15l'ONG,
00:36:16notamment une femme
00:36:16enceinte
00:36:17qui a été
00:36:19arrêtée,
00:36:20interrogée,
00:36:22mise en prison.
00:36:22Vous savez,
00:36:23cette fameuse prison
00:36:24d'Evin,
00:36:24là où étaient
00:36:25les Français,
00:36:25Jacques Paris
00:36:26et Cécile Collère.
00:36:27C'est la prison
00:36:27symbole de la répression
00:36:30islamique.
00:36:31Alors,
00:36:32on peut noter
00:36:33qu'après le cessez-le-feu
00:36:34suivant la guerre
00:36:35des 12 jours
00:36:36en juin 2025,
00:36:37la répression
00:36:37a été extrêmement forte
00:36:39d'où
00:36:40leur crainte
00:36:41aujourd'hui.
00:36:42on comprend
00:36:43que ces chrétiens
00:36:45aient peur
00:36:45que l'Occident
00:36:47auquel ils sont
00:36:47souvent assimilés
00:36:49ne les oublie pas.
00:36:51Merci beaucoup
00:36:51Gabrielle Cluzel
00:36:52parce que si
00:36:53l'Occident
00:36:55les oublie,
00:36:56nous non.
00:36:57Merci infiniment.
00:36:58Dans un instant,
00:36:59Charlotte Dornelas
00:36:59on verra avec vous
00:37:01que peut-on nous dire
00:37:02le président de la République
00:37:03dans un instant ?
00:37:04Quel président de la République
00:37:05va se présenter devant nous ?
00:37:07Est-ce que si le président
00:37:08de la République
00:37:08nous sommes en guerre ?
00:37:09On en parle avec vous
00:37:10dans un instant
00:37:11et avec Mathieu Bocconi.
00:37:12On parlera aussi
00:37:13de la chute
00:37:14du mur de Berlin.
00:37:15Est-ce que c'est comparable
00:37:16avec ce qui peut se passer
00:37:17sur place ?
00:37:18D'abord,
00:37:18Michel Fayad,
00:37:19merci infiniment
00:37:20d'être avec nous ce soir.
00:37:21La question que tout le monde
00:37:22se pose ce soir,
00:37:23c'est pourquoi
00:37:23cette attaque de l'Iran
00:37:25vers les pays du Golfe ?
00:37:27Dans quelle mesure
00:37:27la présence
00:37:28des bases militaires américaines
00:37:29au Qatar,
00:37:30en Arabie saoudite,
00:37:32aux Émirats arabes unis
00:37:32ou à Bahreïn,
00:37:33fait-elle des pays arabes
00:37:35du Golfe
00:37:35des cibles stratégiques
00:37:37pour l'Iran ?
00:37:38En réalité,
00:37:39les pays arabes
00:37:41du Golfe
00:37:42sont vus comme
00:37:42des maillons faibles
00:37:43pour les Iraniens
00:37:44parce qu'ils sont incapables
00:37:45réellement de faire
00:37:46du vrai mal
00:37:47aux Américains
00:37:48ou même aux Israéliens.
00:37:50On a vu quand même
00:37:50des morts côté Israélien,
00:37:52mais ce n'est pas simple
00:37:53de les atteindre
00:37:54en raison du dôme de fer
00:37:55qui protège Israël.
00:37:56Donc,
00:37:57le plus simple
00:37:57pour les Iraniens,
00:37:58c'est vraiment
00:37:59de taper
00:37:59les bases américaines
00:38:01présentes dans
00:38:01les pays arabes du Golfe.
00:38:02Il y a également,
00:38:03on a vu,
00:38:04une base française
00:38:05aux Émirats arabes unis
00:38:06qui peut être visée.
00:38:08Il y a également
00:38:09les bases britanniques
00:38:09qui ont été visées
00:38:10par le Hezbollah
00:38:11à Chypre.
00:38:11Donc,
00:38:11en fait,
00:38:12c'est un peu
00:38:13les choses les plus simples
00:38:14pour les Iraniens
00:38:15et les proxys de visée.
00:38:17Puis,
00:38:17il y a également
00:38:17les deux ambassades
00:38:18les plus grandes au monde,
00:38:20la plus grande en Irak
00:38:21et la deuxième au Liban,
00:38:22qui sont les ambassades américaines.
00:38:24Donc,
00:38:24elles aussi peuvent être
00:38:25des cibles évidentes.
00:38:26Elles l'ont été
00:38:27par le passé,
00:38:28récemment en 2019
00:38:29en Irak
00:38:30et puis il y a plus longtemps
00:38:32au Liban,
00:38:32en 1983.
00:38:33Mais donc,
00:38:34c'est pour vous dire
00:38:35que ce sont des cibles
00:38:36plus simples à atteindre
00:38:38pour l'Iran
00:38:38et pour ses proxys.
00:38:40Comment la compétition
00:38:42idéologique et religieuse
00:38:44entre l'Iran,
00:38:45puissance chiite,
00:38:46l'Arabie saoudite,
00:38:48chef de file
00:38:48du monde sunnite,
00:38:50influence-t-elle
00:38:50les conflits
00:38:51par procuration
00:38:52sur place
00:38:53dans la région,
00:38:54selon vous ?
00:38:54Vous voyez,
00:38:55en fait,
00:38:56depuis plusieurs années maintenant,
00:38:58dans tout le Moyen-Orient,
00:38:59il se livrait
00:39:00une grande guerre
00:39:01entre l'Arabie saoudite
00:39:02et l'Iran.
00:39:03Le Yémen,
00:39:04c'est en fin de compte
00:39:05une guerre
00:39:05entre l'Iran
00:39:06et l'Arabie saoudite
00:39:07avec l'Iran
00:39:08qui soutient les Houthis
00:39:09et l'Arabie saoudite
00:39:10qui soutient
00:39:11donc les adversaires
00:39:12des Houthis.
00:39:12Pareil en Irak
00:39:14où il y avait
00:39:16donc Daesh
00:39:16qui avait au départ
00:39:17en tout cas
00:39:18un financement saoudien
00:39:20et puis une aide logistique
00:39:21de la part des Turcs
00:39:22et de l'autre côté,
00:39:23les Hach-e-Sharbi,
00:39:24donc la milice
00:39:25pro-iranienne,
00:39:26le proxy iranien
00:39:27qui se battait contre eux.
00:39:29En Syrie,
00:39:29pareil,
00:39:30vous aviez Bachar el-Assad
00:39:31qui avait le soutien
00:39:32de l'Iran
00:39:32et face à lui,
00:39:33vous aviez donc Jolani,
00:39:35l'actuel président
00:39:35autoproclamé de la Syrie
00:39:36qui était soutenu
00:39:37par les pays arabes du Golfe.
00:39:40Et donc en fait,
00:39:41ce schéma
00:39:41s'est répandu
00:39:42un peu partout
00:39:42si bien que même
00:39:43au Bahreïn
00:39:44qui est un pays
00:39:45qui est composé
00:39:46de 70% de chiites,
00:39:47il a fallu l'invasion
00:39:49de l'armée saoudienne.
00:39:50L'armée saoudienne
00:39:50aujourd'hui
00:39:50occupe jusqu'à maintenant
00:39:51le Bahreïn.
00:39:52Donc cette guerre
00:39:54entre les deux
00:39:54a fait beaucoup couler
00:39:56de sang dans cette région
00:39:58et a généré
00:39:59en fait
00:39:59et Daesh
00:40:00et Al-Qaïda
00:40:01d'un côté
00:40:01et de l'autre côté
00:40:03les Haché-Shaabi,
00:40:04le Hezbollah,
00:40:05tout ça,
00:40:05ça s'est mis en ébullition.
00:40:07Et ce qu'il faut bien craindre
00:40:09aussi avec la chute
00:40:09de la République islamique,
00:40:11bien qu'elle soit
00:40:12bien sûr souhaitable,
00:40:13c'est qu'il y ait
00:40:14un ascendant
00:40:15qui soit pris
00:40:16par les islamistes sunnites,
00:40:18c'est-à-dire
00:40:18donc Daesh et Al-Qaïda,
00:40:20mais aussi
00:40:20l'Arabie saoudite,
00:40:22le Qatar,
00:40:23les Émirats arabes unis,
00:40:23puis aussi le Pakistan
00:40:24qui est une république islamique
00:40:26dotée de la puissance nucléaire,
00:40:27la Turquie
00:40:28qui est de fait
00:40:30une république islamique,
00:40:31la Syrie
00:40:32qui est en train
00:40:32de devenir
00:40:33une république islamique
00:40:34et qui est dirigée
00:40:34par une organisation
00:40:35qui s'appelle
00:40:36Organisation de la Libération
00:40:37du Levant.
00:40:38Vous imaginez
00:40:39libérer le Levant
00:40:40de qui ?
00:40:40Si ce n'est des chrétiens,
00:40:41des juifs,
00:40:41des druzes,
00:40:42des alawites,
00:40:42etc.
00:40:44Michel Fayyad,
00:40:45comment l'Iran
00:40:46et les rebelles outils
00:40:48utilisent-ils
00:40:49le double vélo
00:40:50des détroits
00:40:50de Hormuz ?
00:40:51On en a beaucoup parlé
00:40:52aujourd'hui
00:40:52et de Bab el-Manded.
00:40:54pour paralyser
00:40:55simultanément
00:40:56les exportations
00:40:57pétrolières du Golfe
00:40:58et le commerce
00:40:59maritime mondial.
00:41:01Vous avez à peu près
00:41:0220% du pétrole mondial
00:41:04qui sort
00:41:05à travers
00:41:06le détroit d'Hormuz.
00:41:07Vous avez à peu près
00:41:0822-23%
00:41:09du gaz mondial
00:41:10qui sort
00:41:12via le détroit d'Hormuz
00:41:13à travers
00:41:13une...
00:41:14En fait,
00:41:14le gaz est liquéfié,
00:41:15donc ça s'appelle
00:41:16le gaz naturel liquéfié.
00:41:18C'est l'équivalent
00:41:19de 77 millions
00:41:20de tonnes
00:41:21de gaz naturel liquéfié
00:41:22provenant du Qatar.
00:41:24Imaginez-vous
00:41:25si cette production
00:41:26s'arrête
00:41:26et actuellement
00:41:27elle est arrêtée.
00:41:28Cela pourrait impacter
00:41:29gravement le prix
00:41:31du gaz mondial
00:41:32et impacter même
00:41:32sur nos factures
00:41:34puisque le prix
00:41:35de l'énergie
00:41:35en France
00:41:36est un prix
00:41:37de l'électricité
00:41:38européen.
00:41:39Et donc,
00:41:39même si nous,
00:41:40on a notre propre
00:41:42souveraineté nucléaire,
00:41:43on est quand même
00:41:44dépendant du prix
00:41:45de l'électricité européen
00:41:47qui est principalement
00:41:48basé sur le prix
00:41:49du gaz.
00:41:49et rien qu'en une journée,
00:41:50il a pris 50%.
00:41:52Et en plus de ça,
00:41:54les outils que vous citiez
00:41:55à travers l'autre détroit
00:41:56de Babondeb,
00:41:58ils pourraient en fait
00:41:59utiliser leurs missiles
00:42:01pour mettre à sec
00:42:04la production de pétrole
00:42:06en Arabie Saoudite.
00:42:08Dans le monde entier,
00:42:09on produit un peu plus
00:42:10de 30 millions de barils
00:42:11par jour
00:42:11et l'Arabie Saoudite
00:42:13représente quasiment
00:42:14un tiers de cette production.
00:42:16Donc,
00:42:17c'est une arme
00:42:18que les outils
00:42:18n'ont pas encore,
00:42:19ont utilisé par le passé
00:42:20en partie,
00:42:21mais qu'ils n'ont pas
00:42:22encore utilisé maintenant.
00:42:23C'est un peu,
00:42:24si vous voulez,
00:42:25un bras de fer
00:42:25qui se joue.
00:42:26D'un côté,
00:42:27les pays arabes
00:42:28qui commencent à menacer,
00:42:29les pays arabes du Golfe
00:42:30qui commencent à menacer
00:42:31l'Iran d'intervenir
00:42:32dans cette guerre.
00:42:33Mais de l'autre côté,
00:42:34l'Iran sait
00:42:34qu'il peut aussi utiliser
00:42:36les outils
00:42:36pour faire pression
00:42:38sur l'Arabie Saoudite
00:42:39notamment,
00:42:39pour ne pas rentrer en guerre.
00:42:41qui sont plutôt silencieux
00:42:42en ce moment.
00:42:43Pour le moment,
00:42:44même s'ils font
00:42:44quelques communiqués
00:42:45ici et là,
00:42:46mais ils n'ont pas encore agi.
00:42:47Je pense que c'est vraiment
00:42:48cette arme que l'Iran garde
00:42:50pour faire taire
00:42:51et empêcher les pays arabes
00:42:53du Golfe
00:42:53d'intervenir dans cette guerre.
00:42:55Lorsqu'on vous dit
00:42:56que ça pourrait impacter
00:42:58effectivement le prix
00:43:00chez nous,
00:43:01à quelle échéance
00:43:02à peu près selon vous ?
00:43:03C'est difficile à dire
00:43:05parce que le prix...
00:43:06C'est une question
00:43:07qu'on se pose,
00:43:07mais c'est vrai
00:43:07que c'est difficile à évaluer.
00:43:09Oui, parce qu'en fait,
00:43:10c'est en général
00:43:10un peu étalé
00:43:11sur le temps
00:43:12parce que pour le moment,
00:43:13le prix,
00:43:13il est impacté
00:43:14d'un point de vue
00:43:15ce qu'on appelle spot,
00:43:16c'est-à-dire le prix
00:43:16qui est changé tous les jours.
00:43:17Mais comme les contrats
00:43:18qu'en Europe,
00:43:19on a signés,
00:43:20ce sont plutôt
00:43:21des contrats long terme,
00:43:23on est moins impacté.
00:43:25En revanche,
00:43:25si la situation perdure
00:43:27assez longtemps,
00:43:28oui,
00:43:28ça nous impactera
00:43:29et si ce n'est
00:43:30dès cette année,
00:43:32peut-être
00:43:32dès l'année prochaine.
00:43:34Merci beaucoup,
00:43:35Michel Fayad,
00:43:36analyste géopolitique
00:43:37d'avoir été avec nous.
00:43:38Restez avec nous
00:43:39sur le plateau.
00:43:39On continue
00:43:40avec Mathieu Bocoté,
00:43:43ensuite,
00:43:43dans un instant,
00:43:44Charlotte,
00:43:44avant de parler avec vous,
00:43:47Charlotte,
00:43:47du président de la République
00:43:48qui va s'exprimer
00:43:49dans un instant.
00:43:50Tout le monde
00:43:50se pose la question
00:43:51de ce qu'il pourrait dire.
00:43:53Est-ce que c'est
00:43:53nous sommes en guerre ?
00:43:55Je préfère prévenir
00:43:56qu'il ne m'a pas livré
00:43:57le secret.
00:43:58Il ne m'a pas livré
00:43:59le secret.
00:44:00On va analyser ça
00:44:01avec vous.
00:44:01On a envie de savoir,
00:44:02en tout cas,
00:44:03d'avoir votre analyse.
00:44:04Mathieu Bocoté,
00:44:04il y a une question
00:44:05aussi qu'on a envie
00:44:06de se poser avec vous
00:44:07ce soir,
00:44:08puisque c'est une formule
00:44:09qui tourne en boucle
00:44:09depuis quelques jours.
00:44:11La fondation
00:44:12de la République islamique
00:44:13en 1979
00:44:13a propulsé
00:44:15l'islamisme
00:44:16dans le monde.
00:44:17Est-ce que sa chute
00:44:18pourrait entraîner
00:44:19une récession
00:44:20de l'islamisme
00:44:22comme la chute
00:44:22du mur de Berlin
00:44:23avec le communisme ?
00:44:24Exactement.
00:44:25Alors, nous sommes friands
00:44:26parce que l'esprit humain
00:44:27est ainsi fait
00:44:28de comparaison historique.
00:44:29Nous aimons nous dire
00:44:30cet événement,
00:44:31en fait,
00:44:31c'est la reproduction
00:44:32de celui-là
00:44:33qui était d'ailleurs
00:44:33la reproduction
00:44:34de celui-là.
00:44:35Dans quelle mesure
00:44:36est-ce qu'on peut se dire
00:44:37la chute du communisme,
00:44:38donc la chute du mur de Berlin,
00:44:39trouverait un écho
00:44:40dans la chute
00:44:41du régime des Mollas ?
00:44:43Dans quelle mesure
00:44:43est-ce que c'est légitime ?
00:44:44Alors, je rappelle
00:44:45les fondements
00:44:46de la comparaison.
00:44:481989,
00:44:48chute du mur de Berlin,
00:44:49fin du cycle communiste.
00:44:51Fin du cycle communiste,
00:44:52c'est-à-dire les communistes.
00:44:53Le communiste prend le pouvoir
00:44:54en Russie en 1917.
00:44:56À partir de là,
00:44:57ça devient une idéologie
00:44:58d'exportation
00:44:59à partir d'un État
00:45:00qui lui sert de base
00:45:02pour assurer son exportation
00:45:03à travers le monde.
00:45:04D'ailleurs,
00:45:05le communisme va se diffuser
00:45:06un peu partout dans le monde,
00:45:07en Chine,
00:45:08en Albanie,
00:45:09à Cuba,
00:45:09à Faites-la-Lise.
00:45:10Donc, il y aura véritablement
00:45:11une puissance d'exportation,
00:45:12mais la chute du mur de Berlin
00:45:13marque la fin
00:45:14d'un cycle historique,
00:45:16la fin du cycle communiste.
00:45:17Ensuite,
00:45:18il va rester ici et là
00:45:18des communistes,
00:45:19il va rester quelques États
00:45:20qui s'en réclament,
00:45:21mais ils ne structurent plus
00:45:22le monde.
00:45:23Leur idéologie a été balayée
00:45:25à l'échelle de l'histoire.
00:45:27Certains se disent,
00:45:27c'est une comparaison
00:45:28qui, je dirais,
00:45:30optimiste.
00:45:30Ils se disent,
00:45:321979,
00:45:32c'est le début du cycle
00:45:33de l'islamisme.
00:45:34L'islamisme au sens conquérant,
00:45:36l'islamisme révolutionnaire,
00:45:38l'islamisme à la conquête
00:45:39du monde.
00:45:40Eh bien,
00:45:40est-ce que si le régime
00:45:41tombait demain à Téhéran,
00:45:43on assisterait en fait
00:45:45à l'équivalent,
00:45:46donc l'islamisme
00:45:47entrerait en récession,
00:45:48en régression,
00:45:48partout à travers le monde?
00:45:50Derrière cela,
00:45:51il y a l'idée
00:45:52que l'Iran a été dévié
00:45:54de son destin
00:45:54en 1979.
00:45:56On voit l'Iran
00:45:57comme un pays musulman
00:45:58pas comme les autres.
00:45:59On voit l'Iran
00:45:59comme un pays sophistiqué,
00:46:01raffiné,
00:46:02un pays qui a une civilisation
00:46:03propre,
00:46:04tout à fait singulière,
00:46:05ce qui est tout à fait vrai.
00:46:06L'histoire de l'Iran,
00:46:07heureusement,
00:46:07ne s'épuise pas
00:46:08dans le demi-siècle
00:46:10islamisme marqué
00:46:11par Khomeini.
00:46:12Donc, évidemment
00:46:13que l'Iran
00:46:13était détourné
00:46:14de son histoire
00:46:15et il est vrai
00:46:16qu'il y a une résistance
00:46:17réelle.
00:46:17La société iranienne
00:46:18n'a jamais cessé
00:46:20au régime des Mollahs.
00:46:21Une partie,
00:46:21parce qu'une autre partie
00:46:22le soutient aussi,
00:46:23il ne faut pas l'oublier.
00:46:24Mais il y a une résistance
00:46:25véritable dans la population.
00:46:26Donc, on comprend
00:46:27ce raisonnement.
00:46:28Mais il a ses limites.
00:46:30Il a ses limites.
00:46:31Pourquoi ?
00:46:32Parce que,
00:46:34imaginons que demain,
00:46:35demain,
00:46:36le régime tombe.
00:46:37Premièrement,
00:46:38le type d'islamisme
00:46:39propre à la République
00:46:40des Mollahs
00:46:41n'est pas exactement
00:46:42le même qui se frappe
00:46:43partout dans le monde.
00:46:44La grande obsession
00:46:45de l'Iran,
00:46:46c'est, globalement,
00:46:47la destruction d'Israël.
00:46:48C'est un islamisme
00:46:49qui se donne
00:46:50en antisionisme
00:46:51et qui a la volonté
00:46:52d'anéantir véritablement
00:46:54ce qu'il présente
00:46:55comme une tumeur
00:46:56dans la région Israël.
00:46:57Et il est vrai
00:46:58que si le régime des Mollahs
00:46:59tombait,
00:46:59si la République islamique
00:47:01tombait,
00:47:01on ne pourrait assister
00:47:02à une pacification relative
00:47:04ou plus grande
00:47:05de la région.
00:47:06Donc,
00:47:07on pourrait faire sauter
00:47:08le régime révolutionnaire
00:47:10qui déstabilise
00:47:11véritablement
00:47:12le Proche-Orient.
00:47:13Ce n'est pas faux.
00:47:15Est-ce que ça épuiserait
00:47:16la question de l'islamisme ?
00:47:17Ça reste à voir.
00:47:18De la même manière,
00:47:19on peut dire que la fin
00:47:20de Daesh,
00:47:20soit dit en passant,
00:47:21a permis d'en finir
00:47:23un peu avec la vague
00:47:25d'attentats terroristes
00:47:25qu'il a inspirés en Europe.
00:47:26Il n'en demeure pas moins
00:47:28que l'islamisme existe
00:47:29encore aujourd'hui
00:47:30dans sa forme agressive
00:47:31à l'endroit de l'Europe
00:47:32malgré la fin de Daesh.
00:47:33Donc, voilà pourquoi
00:47:34il faut peut-être
00:47:35relativiser ce récit
00:47:36des grandes comparaisons
00:47:37entre la chute d'un mur
00:47:38et la chute d'un régime.
00:47:39Mais est-ce qu'on ne risque
00:47:41pas de verser
00:47:42dans un certain optimisme
00:47:44décoller de la réalité
00:47:45en annonçant dès maintenant
00:47:46la récession de l'islamisme
00:47:48à l'échelle mondiale ?
00:47:49Oui, je pense que fondamentalement...
00:47:51Vous savez, moi,
00:47:52ce qui m'énerve dans la guerre,
00:47:53même quand je prends
00:47:54pour un camp
00:47:54et je sais que je ne suis pas
00:47:55dans l'autre,
00:47:55c'est la propagande
00:47:56et la tentation
00:47:58qu'ont les uns les autres
00:47:59de croire leur propagande,
00:48:00la tentation qu'ont les uns
00:48:02les autres
00:48:02de prendre leurs espoirs
00:48:03pour des réalités,
00:48:05les comparaisons historiques
00:48:06faciles qui font en sorte
00:48:07qu'on se dit
00:48:07« Ah, c'est la même chose ! »
00:48:09Donc, on confond
00:48:11trop souvent
00:48:11des analyses
00:48:12avec des espérances
00:48:13et des espérances
00:48:14avec des analyses.
00:48:15Donc, revenons
00:48:15sur le fond des choses.
00:48:16Imaginons que demain,
00:48:17Téhéran tombe
00:48:18et plus encore
00:48:19que le régime soit remplacé
00:48:20par quelque chose
00:48:21comme une monarchie
00:48:23constitutionnelle
00:48:23à prétention démocratique.
00:48:25Imaginons quelque chose
00:48:25comme ça.
00:48:26Après-demain,
00:48:27il y aurait encore
00:48:27le Pakistan.
00:48:28Après-demain,
00:48:29il y aurait encore
00:48:30l'Algérie.
00:48:30Après-demain,
00:48:31il y aurait encore
00:48:31les frères musulmans.
00:48:32Après-demain,
00:48:33il y aurait encore
00:48:33les prêcheurs islamistes
00:48:35installés partout
00:48:36en Europe occidentale
00:48:38aujourd'hui,
00:48:38que ce soit en France,
00:48:40que ce soit en Grande-Bretagne,
00:48:41que ce soit en Irlande,
00:48:42que ce soit en Belgique,
00:48:44que ce soit en Espagne
00:48:45pour parler d'un pays
00:48:46dont on parlait aujourd'hui.
00:48:48Donc, l'islamisme
00:48:49s'est transposé
00:48:50en Europe.
00:48:51Donc, imaginons
00:48:52que l'Iran tombe demain.
00:48:54Tous ceux qui disent
00:48:55l'islamisme,
00:48:55c'est terminé,
00:48:56ils oublient qu'il y a
00:48:56plusieurs sources
00:48:57à l'islamisme aujourd'hui
00:48:58qui frappent nos sociétés,
00:48:59que l'islamisme
00:49:00n'est pas tout contenu
00:49:01dans le régime de Téhéran,
00:49:02que l'islamisme
00:49:03n'est pas tout contenu
00:49:04dans le régime des Mollahs.
00:49:08Ils affaîchiraient tous
00:49:09de l'islamisme
00:49:10parce qu'on ferait tomber
00:49:11le régime qui, par ailleurs,
00:49:12en est une véritable
00:49:13source d'inspiration.
00:49:15Assurément,
00:49:15ils seraient affaiblis.
00:49:17Assurément,
00:49:17ils seraient affaiblis.
00:49:18Tous ceux qui se racontent
00:49:19cette étrange
00:49:20et belle histoire,
00:49:21qui veulent qu'on en finirait
00:49:22une fois pour toutes
00:49:23avec cet ennemi,
00:49:24en fait,
00:49:25croient à leur propre propagande.
00:49:27Et ça, je pense que c'est...
00:49:28Je terminerai avec
00:49:28cette réflexion toute simple.
00:49:30Il est toujours très dangereux
00:49:31de croire à sa propre propagande.
00:49:33Je comprends
00:49:34la vertu de cette comparaison.
00:49:36Je comprends
00:49:36qu'un cycle idéologique
00:49:37se terminerait.
00:49:38Je comprends
00:49:39qu'un certain type d'islamisme
00:49:40entrerait en crise
00:49:41et serait véritablement
00:49:42déstabilisé.
00:49:43Je n'aurai pas le culot
00:49:44d'annoncer la fin
00:49:45de l'islamisme
00:49:46qui ravage le monde
00:49:46et qui fait tant de mal
00:49:48à nos pays,
00:49:48simplement parce que
00:49:49le régime des mollahs
00:49:50tomberait.
00:49:51Et j'ajouterais
00:49:51qu'en dernière instance,
00:49:53l'islamisme en Europe
00:49:54ne pose pas qu'un problème
00:49:55terroriste,
00:49:56non plus qu'idéologique,
00:49:57mais démographique
00:49:59et culturel.
00:49:59Et c'est une toute autre question
00:50:00qui n'a rien à voir
00:50:01avec les mollahs cette fois.
00:50:03Michel Fayad,
00:50:04j'ai envie de vous faire réagir
00:50:05peut-être rapidement
00:50:06sur la chronique
00:50:07de Mathieu Bocoté
00:50:08parce qu'on se focalise
00:50:08beaucoup sur l'Iran
00:50:09comme étant la source
00:50:10de tous les maux.
00:50:11Mais si la république
00:50:12islamique s'effondre,
00:50:14est-ce qu'on ne risque pas
00:50:15effectivement de créer
00:50:16un immense appel d'air
00:50:17pour des mouvances
00:50:18sunnites radicales
00:50:20selon vous ?
00:50:21Mais bien sûr,
00:50:21puisqu'il y a cet affrontement
00:50:23depuis plusieurs années
00:50:23entre le bloc sunnite
00:50:25et le bloc chiite.
00:50:25Le bloc sunnite
00:50:26avec l'Arabie essentiellement
00:50:27et le bloc chiite
00:50:28avec l'Iran.
00:50:29Mais avec la défaite
00:50:30de l'Iran,
00:50:30entre guillemets,
00:50:31ça serait vraiment
00:50:32la grande place
00:50:33qui serait accordée
00:50:33à tous ces sunnites.
00:50:34On voit l'Arabie saoudite
00:50:36qui est très riche,
00:50:37très puissante.
00:50:37Le Qatar également.
00:50:39Donc le pétrole
00:50:39pour l'Arabie,
00:50:40le gaz pour le Qatar.
00:50:42Et le Qatar qui est
00:50:42un tout petit pays
00:50:43avec 300 000 habitants
00:50:44mais 77 millions de tonnes
00:50:46de gaz naturel
00:50:46liquéfié chaque année.
00:50:48Vous avez aussi la Turquie
00:50:49qui est une des plus grandes armées
00:50:50du Moyen-Orient.
00:50:51Pareil pour l'Égypte.
00:50:52Et vous avez le Pakistan
00:50:53qui est une république islamique
00:50:55dotée de la puissance nucléaire.
00:50:56Et à cela,
00:50:57il faut rajouter la Syrie
00:50:59qui est maintenant
00:51:00en train de se refaire,
00:51:01qui est en train également
00:51:02de venir une république islamique.
00:51:04Merci beaucoup
00:51:05pour votre regard,
00:51:06Michel Fayad.
00:51:07Revenons à l'actualité
00:51:08de ce soir.
00:51:08C'est Emmanuel Macron
00:51:09qui va s'exprimer
00:51:11dans un instant
00:51:11à 20h sur CNews
00:51:13et s'adresser aux Français.
00:51:15Et puis chacun se demande
00:51:16ce qu'il va bien pouvoir dire
00:51:17sur ce conflit
00:51:18dans lequel nous peinons
00:51:20apparemment
00:51:20à trouver nous,
00:51:21la France,
00:51:22notre place.
00:51:23Quelle est-elle aujourd'hui
00:51:24notre place,
00:51:25Charlotte Dornéas ?
00:51:26En suivant les réactions
00:51:27du président de la République
00:51:28en attendant la prochaine.
00:51:29Mais on va déjà voir
00:51:30ce qu'il a dit
00:51:30depuis le début de ce conflit.
00:51:32La première déclaration
00:51:33d'Emmanuel Macron
00:51:34a été de dire
00:51:35que la France
00:51:35n'avait pas été prévenue.
00:51:36Beaucoup de gens
00:51:37lui ont reproché
00:51:37de l'avoir dit.
00:51:38Diplomatiquement,
00:51:39je ne sais pas
00:51:39si ça se fait de le dire.
00:51:41On a quand même
00:51:42un président des Etats-Unis
00:51:43qui n'a pas prévenu
00:51:43son congrès.
00:51:44On imagine bien
00:51:45qu'il n'a pas prévenu
00:51:45la France, évidemment.
00:51:47La France n'avait pas été prévenue
00:51:48et qu'elle n'était pas
00:51:49impliquée dans le conflit.
00:51:51Emmanuel Macron,
00:51:51je pense,
00:51:52en vertu de tout
00:51:52ce qui vient d'être dit,
00:51:54a immédiatement signifié
00:51:55que la France
00:51:56n'était pas impliquée
00:51:57dans l'attaque
00:52:02de ce conflit.
00:52:03Alors, nous avons souvent
00:52:04été en guerre
00:52:04avec Emmanuel Macron,
00:52:06mais maintenant
00:52:06qu'elle est là
00:52:07et qu'elle est réelle,
00:52:08enfin, c'est une vraie guerre,
00:52:09je veux dire,
00:52:09à côté de la Covid,
00:52:10tout le monde conviendra
00:52:10que c'était quand même
00:52:11un autre sujet,
00:52:13le ton n'est plus le même,
00:52:15évidemment.
00:52:15Donc, Emmanuel Macron
00:52:16nous dit ça au début.
00:52:18Or, il y a la volonté
00:52:19d'un côté,
00:52:20la volonté du président
00:52:21de la République
00:52:21de ne pas s'engager
00:52:22dans le conflit
00:52:23aux premières heures
00:52:24de celui-ci,
00:52:25mais il y a également
00:52:26la réalité
00:52:26de nos accords de défense
00:52:28dans la région
00:52:29autour de l'Iran.
00:52:30Parce que la guerre,
00:52:31parfois, choisit
00:52:33ce qu'elle implique
00:52:34indépendamment d'eux.
00:52:35On le voit évidemment
00:52:36avec les pays du Golfe.
00:52:38Alors, d'où partent
00:52:39les avions, évidemment,
00:52:40américains.
00:52:41Donc, ça explique
00:52:42très largement
00:52:42leur implication.
00:52:44Il y a évidemment
00:52:45la question du Liban
00:52:46impliquée malgré lui
00:52:47par le biais du Hezbollah,
00:52:49mais c'est aussi
00:52:49le cas de l'Europe
00:52:50qui a été frappée à Chypre,
00:52:51on l'a rappelé tout à l'heure,
00:52:52mais également
00:52:53sur une base française
00:52:54à Abu Dhabi.
00:52:55Or, samedi,
00:52:58aux premières heures
00:52:59de la guerre,
00:52:59les principaux pays européens,
00:53:01ce n'est pas l'Espagne
00:53:02isolée dans son coin,
00:53:03en l'occurrence,
00:53:03pour répondre à Donald Trump,
00:53:05si je puis me permettre,
00:53:05pendant quelques secondes,
00:53:07c'est les principaux pays européens
00:53:08restés très à distance
00:53:10de ce conflit.
00:53:11Et le Royaume-Uni,
00:53:12qui a été tensé
00:53:13par Donald Trump
00:53:14ces dernières heures,
00:53:15expliquait son retrait
00:53:16du conflit
00:53:17en expliquant
00:53:19que les erreurs
00:53:19qui avaient été commises
00:53:20en Irak
00:53:21ne voulaient pas être
00:53:22refaites non plus
00:53:23par le Royaume-Uni.
00:53:25Ils ne le peuvent plus
00:53:26aujourd'hui
00:53:27parce qu'ils sont
00:53:27directement visés.
00:53:28Donc se pose désormais
00:53:30la question de la guerre
00:53:30défensive
00:53:31et non plus offensive.
00:53:33Donc le ton a changé.
00:53:34La France est dit
00:53:35prête à participer
00:53:36à la défense
00:53:36des pays du Golfe
00:53:37et de la Jordanie,
00:53:38non pas tellement
00:53:39parce qu'elle en a envie,
00:53:40mais je cite
00:53:40Jean-Noël Barraud,
00:53:42conformément aux accords
00:53:43qu'il a liés
00:53:43à ses partenaires
00:53:44et au principe
00:53:45de légitime défense
00:53:46collective.
00:53:47Évidemment,
00:53:47on vend du matériel
00:53:49notamment à ces pays
00:53:49en échange de quoi ?
00:53:50Évidemment,
00:53:51on est engagé
00:53:52dans leur défense
00:53:53quand ils sont
00:53:53directement visés.
00:53:54Et la veille,
00:53:55Emmanuel Macron
00:53:56avait lui aussi parlé
00:53:57de rehausser
00:53:57notre posture
00:53:58et notre accompagnement
00:54:00défensif cette fois-ci.
00:54:01Donc il y a une implication
00:54:02de défense
00:54:03qui a été résumée
00:54:04dans un communiqué commun
00:54:06à l'Allemagne,
00:54:07au Royaume-Uni
00:54:07et à la France
00:54:09qui autorise,
00:54:10je les cite,
00:54:10des actions défensives
00:54:12nécessaires et proportionnées
00:54:13pour détruire
00:54:13la capacité de l'Iran
00:54:14à tirer des messiles
00:54:16et des drones
00:54:16à leur source.
00:54:18Donc il y a la volonté
00:54:19d'ouvrir,
00:54:20on va dire,
00:54:20dans la question défensive
00:54:22d'éventuelles frappes
00:54:23jusqu'en Iran
00:54:25à l'intérieur
00:54:25des frontières
00:54:26de l'Iran
00:54:26en coopération,
00:54:27je les cite encore,
00:54:28avec les Etats-Unis
00:54:29et Israël.
00:54:30Donc voilà
00:54:31quelle est l'évolution
00:54:32des prises de parole
00:54:33d'Emmanuel Macron
00:54:34et le contexte,
00:54:35on va dire,
00:54:35dans lequel il va s'exprimer
00:54:36dans quelques minutes.
00:54:37Mais Charlotte,
00:54:38il s'est exprimé hier
00:54:39de façon solennelle
00:54:41sur notre défense nucléaire.
00:54:43Comment est-ce que
00:54:44cette première prise de parole
00:54:45a d'ailleurs été reçue
00:54:47en France ?
00:54:48Il était inévitable
00:54:49qu'elle soit liée
00:54:50à ce qui se passe en Iran.
00:54:51Initialement,
00:54:52elle était quand même
00:54:52beaucoup plus prévue
00:54:53par rapport à ce qui se passe
00:54:54en Ukraine
00:54:55et à la réévaluation
00:54:56aussi des efforts
00:54:57engagés par les Etats-Unis
00:54:58et à la réévaluation
00:54:59de leurs priorités.
00:55:01Vous savez,
00:55:01ça fait des années,
00:55:02notamment depuis le conflit
00:55:02en Ukraine,
00:55:03qu'on se pose la question
00:55:04de savoir comment
00:55:04on va se défendre
00:55:05maintenant que les Américains
00:55:06ne veulent plus être
00:55:06notre parapluie.
00:55:07C'était beaucoup plus
00:55:08dans ce contexte-là
00:55:09que s'inscrivait
00:55:10la déclaration
00:55:11d'Emmanuel Macron hier
00:55:12que dans le contexte iranien.
00:55:15Alors,
00:55:15les Français,
00:55:15on ne sait pas encore
00:55:16comment ils réagissent
00:55:17évidemment à la déclaration
00:55:18hier,
00:55:18mais la classe politique,
00:55:19assez étonnamment,
00:55:20on va dire surtout
00:55:21vu le spectacle
00:55:21qu'on a depuis quelques années,
00:55:22a plutôt bien réagi
00:55:23aux déclarations
00:55:24d'Emmanuel Macron,
00:55:25en tout cas avec retenue
00:55:26voire avec soulagement
00:55:28en raison des déclarations
00:55:29passées d'Emmanuel Macron
00:55:30sur l'éventuel partage
00:55:31de la force nucléaire.
00:55:33Alors,
00:55:33l'opposition depuis LFI
00:55:35jusqu'au RN
00:55:36en passant par certains LR
00:55:37a d'ailleurs eu
00:55:38une réaction assez similaire,
00:55:40c'est peut-être
00:55:40le deuxième étonnement.
00:55:41Elle a demandé des précisions
00:55:43à l'opposition
00:55:43sur cette question
00:55:44de la dissuasion avancée
00:55:45dans le détail,
00:55:46savoir exactement
00:55:47de quoi il retournait,
00:55:48mais le principe du discours,
00:55:50c'est-à-dire la dissuasion
00:55:51française,
00:55:52reste française,
00:55:53de la décision
00:55:54jusqu'aux intérêts,
00:55:55mais simplement
00:55:56on pourrait en gros
00:55:57installer des missiles
00:55:58dans d'autres pays
00:55:59pour que la France
00:56:00devienne le parapluie
00:56:01à la place des Etats-Unis.
00:56:02Je le fais en très simple,
00:56:03Emmanuel Macron
00:56:04serait peut-être très outré
00:56:05parce qu'il a mis 25 minutes,
00:56:06c'est-à-dire ce que je viens
00:56:07de dire en deux secondes,
00:56:07donc c'était forcément
00:56:08un peu plus compliqué,
00:56:09mais simplement
00:56:10c'est un peu ça l'idée
00:56:11et c'est l'idée
00:56:12qui a à la fois rassuré
00:56:13et dans une certaine mesure
00:56:15séduit jusqu'à son opposition,
00:56:17c'était une sorte
00:56:18de réponse assez tardive
00:56:19au renversement
00:56:20des priorités stratégiques
00:56:21américaines
00:56:22ces dernières années
00:56:22et la France et l'Europe
00:56:24se retrouvaient faibles,
00:56:25seules et vulnérables,
00:56:26sans le parapluie américain.
00:56:28Donc Emmanuel Macron,
00:56:29hier,
00:56:30ce n'était pas exactement
00:56:31les mêmes mots
00:56:32que les fois précédentes,
00:56:34a annoncé
00:56:34étendre la protection
00:56:35sans partager la dissuasion
00:56:37et par ailleurs
00:56:38via des dialogues bilatéraux.
00:56:40Il a moins parlé
00:56:40de l'Union Européenne
00:56:41hier
00:56:41que d'accords
00:56:44et d'ailleurs
00:56:45on voit les pays
00:56:45un à un
00:56:46dire oui ou non.
00:56:47Donc Le Pen,
00:56:48Bardella,
00:56:48Marion Maréchal,
00:56:49Retailleau,
00:56:50Mélenchon,
00:56:50réagissent avec prudence
00:56:51mais relativement bienveillants,
00:56:53soulagés que le caractère
00:56:54souverain de la décision
00:56:55d'emploi soit rappelés,
00:56:57c'est vrai pour toutes
00:56:58les personnes que je viens
00:56:59de citer,
00:56:59à savoir tous les chéquiers
00:57:00politiques,
00:57:01mais craintifs
00:57:02sur l'éventuelle dispersion
00:57:04de la dissuasion
00:57:04sans aucune contrepartie.
00:57:06Beaucoup ont rappelé
00:57:07que la contrepartie
00:57:08pourrait être par exemple
00:57:09l'achat de matériel
00:57:09évidemment français
00:57:11et non plus américain.
00:57:14mais simplement certains,
00:57:15alors c'est Marion Maréchal
00:57:16en l'occurrence
00:57:16qui s'est réjoui
00:57:17que la France puisse
00:57:18stationner ses missiles
00:57:19sans céder ou partager
00:57:20le contrôle
00:57:21de la puissance nucléaire
00:57:22dans le prolongement
00:57:23de notre protection
00:57:24avec les sous-marins
00:57:25justement lanceurs d'engin.
00:57:27Bref,
00:57:27que la France reprenne
00:57:29la première place
00:57:30qui est disputée
00:57:31par l'Allemagne
00:57:32ces derniers temps
00:57:33dans la sécurité
00:57:34du continent
00:57:34en toute indépendance
00:57:36que nous devenions
00:57:38enfin on va dire
00:57:39indépendants
00:57:40des Américains
00:57:41qui nous embarquent
00:57:41on le voit
00:57:42ces derniers jours
00:57:42dans des guerres
00:57:43qui ne sont pas forcément
00:57:44qui ne relèvent pas forcément
00:57:45de nos intérêts.
00:57:46Mais cela
00:57:47et c'est pour ça
00:57:47que je vous précisais
00:57:48le contexte du discours
00:57:49d'Emmanuel Macron
00:57:49ne répond pas directement
00:57:51à la question
00:57:51de la guerre conventionnelle
00:57:53qui se pose aujourd'hui
00:57:54en Iran
00:57:55et notamment
00:57:56dans les pays alentours.
00:57:57Alors c'est donc cela
00:57:58que le président Emmanuel Macron
00:57:59va aborder ce soir
00:58:00mais que peut la France ?
00:58:03C'est un peu la question
00:58:04qu'on se pose
00:58:05qu'est-ce qu'il va nous dire
00:58:06parce que quel est l'intérêt
00:58:07de la France
00:58:07dans cette guerre
00:58:08et est-ce qu'elle a
00:58:09les moyens
00:58:09d'éventuels intérêts
00:58:11qu'elle voudrait protéger
00:58:12à ce moment-là ?
00:58:12Rien n'est moins sûr
00:58:14au-delà de la guerre défensive
00:58:15que j'évoquais tout à l'heure.
00:58:16Pourquoi ?
00:58:17Parce qu'il faut bien voir
00:58:17que dans les pays
00:58:18déjà directement impliqués
00:58:19ce n'est pas aussi simple
00:58:20que ça.
00:58:21C'est-à-dire qu'en Israël
00:58:22on a une population
00:58:22qui voit évidemment
00:58:23l'intérêt de la guerre
00:58:24qui est menée
00:58:24pour une raison de proximité
00:58:26évidente.
00:58:27Aux Etats-Unis
00:58:27c'est nettement moins évident
00:58:29et ça l'est de moins en moins.
00:58:31Notamment dans la base
00:58:32d'Emmanuel Macron
00:58:33de Donald Trump
00:58:35qui devient de plus en plus agressive
00:58:36notamment depuis les propos
00:58:38de Marco Rubio
00:58:38qui explique en clair
00:58:40que les Etats-Unis
00:58:41sont partis à la guerre
00:58:42parce que l'Iran
00:58:42avait promis de riposter
00:58:44en gros l'Iran disait
00:58:46si Israël attaque
00:58:47on considéra
00:58:47que c'est également
00:58:48les Etats-Unis.
00:58:49Donc Marco Rubio explique
00:58:50comme Israël voulait y aller
00:58:52on y a été aussi
00:58:53parce qu'il risquait
00:58:53de nous atteindre.
00:58:54Alors là ça a mis le feu
00:58:55aux Etats-Unis
00:58:56et notamment dans la base
00:58:58de Donald Trump
00:58:58qui lui rappelle sans cesse
00:58:59évidemment qu'il s'était engagé
00:59:00à ne pas aller à la guerre.
00:59:02Et en Europe
00:59:03et singulièrement en France
00:59:04la question ne s'est pas posée.
00:59:06On parle beaucoup de l'Irak
00:59:07au moment de l'Irak
00:59:08Mathieu le rappelait tout à l'heure
00:59:09les Etats-Unis
00:59:10étaient passés
00:59:11devant le Conseil de sécurité
00:59:12de l'ONU
00:59:12ils ne s'encombrent plus
00:59:13de ce genre de passage
00:59:15et le sujet
00:59:16de la préoccupation première
00:59:17ces derniers jours
00:59:18c'est évidemment
00:59:18l'évacuation de nos ressortissants
00:59:20qui est une forme d'implication
00:59:21évidemment dans le conflit
00:59:24mais de l'avis de tous
00:59:25nous n'en aurions
00:59:26de toute façon
00:59:27pas les moyens diplomatiques
00:59:28ni matériels
00:59:29personne nous a posé la question
00:59:31et ça n'est pas
00:59:32objectivement
00:59:33notre guerre
00:59:34aujourd'hui.
00:59:35Mais ce qui est étonnant
00:59:36et ça a été soulevé
00:59:36par François Fillon
00:59:37et là ça m'a intéressée
00:59:38c'est le silence
00:59:39sur la situation libanaise
00:59:40parce que là
00:59:41on a vu un Emmanuel Macron
00:59:42ces dernières années
00:59:43je parle sous le contrôle
00:59:43de Michel Fayad
00:59:44qui s'intéresse à ces sujets aussi
00:59:46mais on a vu un Emmanuel Macron
00:59:47très préoccupé
00:59:48très engagé
00:59:49sur la question libanaise
00:59:50sans beaucoup de résultats
00:59:51jusqu'à maintenant
00:59:52aujourd'hui
00:59:53aujourd'hui on a une
00:59:54je vous disais
00:59:54le Liban est embarqué
00:59:56malgré lui
00:59:57par le biais des tirs
00:59:58du Hezbollah
00:59:58et désormais
00:59:59ses frontières sont
01:00:01Emmanuel Macron
01:00:02s'exprime
01:00:03merci beaucoup
01:00:03Charlotte
01:00:05j'espère qu'il a fait écouter
01:00:07mes chers compatriotes
01:00:08depuis samedi dernier
01:00:10la guerre s'empare
01:00:11une nouvelle fois
01:00:11du proche
01:00:12et du Moyen-Orient
01:00:14ouverte par les frappes
01:00:15que les Etats-Unis
01:00:16d'Amérique
01:00:16et Israël
01:00:17ont initiées
01:00:18contre l'Iran
01:00:18elle s'étend à présent
01:00:20dans la région
01:00:21et emporte
01:00:22de graves conséquences
01:00:23pour la paix
01:00:23et la sécurité
01:00:24de tous
01:00:26la république islamique
01:00:27d'Iran
01:00:28porte la responsabilité
01:00:29première de cette situation
01:00:30c'est elle
01:00:32qui a développé
01:00:33un programme nucléaire
01:00:34dangereux
01:00:34et des capacités
01:00:35balistiques inédites
01:00:37qui a armé
01:00:38et financé
01:00:39des groupes terroristes
01:00:40dans les pays voisins
01:00:40le Hezbollah au Liban
01:00:42les Houthis au Yémen
01:00:43les milices chiites
01:00:44en Irak
01:00:45et qui a soutenu
01:00:47le Hamas
01:00:47et a toujours affirmé
01:00:48son objectif
01:00:49de détruire
01:00:50l'état d'Israël
01:00:52c'est la république
01:00:53islamique d'Iran
01:00:54qui a une nouvelle fois
01:00:55en janvier dernier
01:00:56donné l'ordre
01:00:57de tirer
01:00:57sur son propre peuple
01:00:59compte tenu
01:01:00de tout cela
01:01:01et des négociations
01:01:02qui ne progressaient plus
01:01:04les Etats-Unis
01:01:05d'Amérique
01:01:06et Israël
01:01:06ont décidé
01:01:08de lancer
01:01:08des opérations militaires
01:01:10elles ont été conduites
01:01:12en dehors
01:01:13du droit international
01:01:13ce que nous ne pouvons
01:01:15pas approuver
01:01:16il reste
01:01:17que l'histoire
01:01:18ne pleure jamais
01:01:19les bourreaux
01:01:20de leur peuple
01:01:20et aucun
01:01:22ne sera regretté
01:01:24une nouvelle situation
01:01:25est en train
01:01:26d'apparaître
01:01:28les frappes
01:01:29devraient continuer
01:01:30dans les prochains jours
01:01:31pour affaiblir l'Iran
01:01:32et détruire
01:01:33ses capacités
01:01:34de riposte
01:01:36et en représailles
01:01:37les frappes de l'Iran
01:01:38dans toute la région
01:01:39devraient alors
01:01:39se poursuivre
01:01:40dans ce contexte
01:01:42avec l'Allemagne
01:01:43et le Royaume-Uni
01:01:44nous avons clairement dit
01:01:46qu'un arrêt
01:01:46au plus vite
01:01:47des frappes
01:01:48est souhaitable
01:01:49et qu'une paix durable
01:01:50dans la région
01:01:51ne se fera
01:01:52que par la reprise
01:01:53de négociations diplomatiques
01:01:55et je veux ici aussi
01:01:57former
01:01:57le vœu
01:01:58pour le peuple iranien
01:02:00qu'il puisse
01:02:01lui-même
01:02:01librement
01:02:02décider de son destin
01:02:05face à cette guerre
01:02:06en train de s'étendre
01:02:07et dont nul ne sait dire
01:02:08aujourd'hui le terme
01:02:10ma responsabilité
01:02:11est d'agir
01:02:12pour protéger
01:02:13notre pays
01:02:15garantir la sécurité
01:02:16de nos compatriotes
01:02:17et défendre
01:02:18l'intérêt national
01:02:20nous avons renforcé
01:02:21la sécurité
01:02:21de nos bases militaires
01:02:23dans la région
01:02:23deux d'entre elles
01:02:24ont subi
01:02:25des frappes limitées
01:02:27ayant causé
01:02:28des dégâts matériels
01:02:29et je veux redire ici
01:02:30mon soutien
01:02:31ma confiance
01:02:33à l'ensemble
01:02:33de nos forces armées
01:02:35nous avons aussi
01:02:36renforcé la sécurité
01:02:37de nos ambassades
01:02:38et de nos intérêts
01:02:39présents
01:02:40dans ces pays
01:02:41et je demeure
01:02:42particulièrement
01:02:43vigilant sur ce point
01:02:45près de 400 000
01:02:47de nos compatriotes
01:02:48sont présents
01:02:48dans la région
01:02:49soit comme résidents
01:02:50soit de passage
01:02:51nous sommes en train
01:02:53d'organiser
01:02:53en bon ordre
01:02:54le rapatriement
01:02:56de nos concitoyens
01:02:57qui le souhaitent
01:02:57en commençant
01:02:58par les plus vulnérables
01:03:00deux premiers vols
01:03:01seront à Paris
01:03:02dès ce soir
01:03:03je sais l'angoisse
01:03:05l'impatience
01:03:06qui existe
01:03:07mais je veux ici
01:03:08vous dire
01:03:09que les équipes
01:03:10sont pleinement mobilisées
01:03:12dans les pays
01:03:13concernés
01:03:13comme à Paris
01:03:14pour organiser
01:03:15les retours
01:03:16dans les meilleures conditions
01:03:17et vous continuerez
01:03:19d'être informés
01:03:20en temps réel
01:03:22nous veillons évidemment
01:03:23à la sécurité
01:03:24sur le sol national
01:03:25aussi
01:03:26à ma demande
01:03:27le gouvernement
01:03:28a renforcé
01:03:29le dispositif
01:03:29de protection militaire
01:03:30sentinelle
01:03:31et la vigilance
01:03:33autour des lieux
01:03:34et des personnes
01:03:35les plus exposées
01:03:37ensuite
01:03:38au-delà
01:03:39de
01:03:40ces éléments
01:03:41de sécurité
01:03:42premier
01:03:43pour nos compatriotes
01:03:44nos bases
01:03:45nos emprises
01:03:46nous devons être
01:03:47aux côtés
01:03:48de nos amis
01:03:49de nos alliés
01:03:50de la région
01:03:51pour leur sécurité
01:03:52et pour leur intégrité
01:03:53territoriale
01:03:54c'est en effet
01:03:55notre responsabilité
01:03:57elle est strictement défensive
01:03:58pour leur intégrité
01:03:58dans le monde
01:03:58pour leur intégrité
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