00:00— Oui, parce que personne n'a pris la parole. Je pense qu'il y a une façon de changer
00:05de ça, c'est de continuer à se bagarrer et de continuer à essayer de convaincre sur le terrain, chacun
00:10le sien, le terrain médical, par les réseaux sociaux.
00:13Moi non plus, je suis pas sur les réseaux sociaux. Je suis même pas un déçu qui les a quittés.
00:16J'y suis jamais allé. C'est un choix. Sur le terrain associatif.
00:20Moi, sur le terrain artistique, par exemple, je fais la prochaine pièce que je vais jouer, qui sera mise en
00:27scène par Alex Lutz, évoque ce sujet.
00:30Là, je fais des lectures publiques en ce moment du livre de Julia Foyce, Pas tous les hommes quand même,
00:35très régulièrement, qui est une sorte de mise au point salutaire, comme elle le dit.
00:39Pas tous les hommes quand même, mais à chaque fois un homme, et qui est vraiment une manifeste très précis,
00:44très engagée, très argumentée, très concret sur, effectivement, la situation du masculinisme
00:51et de la domination masculine des hommes dans ce pays. Et voilà. Moi, sur mon terrain, je m'engage. Et
00:59autour de moi, j'espère pouvoir fédérer, par mes prises de parole,
01:04par la capacité, enfin, la chance que j'ai d'être un personnage un petit peu connu, et donc que
01:09les micros et les caméras, parfois, se penchent sur moi.
01:15Voilà. J'ai été... Je suis avec ONU Femmes France, maintenant, très engagé auprès d'eux. David Pellicot, le fils
01:22de Gisèle Pellicot, est très engagé sur ces tribunes.
01:25Il l'a initié. On a fait beaucoup d'émissions pour en parler. Donc voilà. Moi, c'est le fameux
01:31colibri dont on parle tout le temps.
01:33Donc je pense qu'à force d'engagement, à force de conviction, à force de sueur et de sang aussi,
01:43c'est pour ça que je parle de guerre aussi,
01:44parce que ces hommes-là sont en guerre. C'est pour ça que nous aussi, on a le devoir de
01:49s'engager sur ce terrain.
01:51Eh bien, je pense que, oui, c'est un long chemin. C'est parfois désespérant. Parfois, on a envie de
01:58se résigner.
01:59Moi, ça fait plus de 25 ans que je suis engagé auprès de ces sujets. Au début, j'étais très,
02:06très seul.
02:07C'est-à-dire qu'à chaque fois que j'en parlais de ces sujets, tant sur les violences que
02:11subissaient les enfants,
02:12les problèmes d'inceste et tout, et les violences faites aux femmes, je me souviens que des hommes, souvent,
02:19me disaient, ouais, mais c'est des sujets difficiles, c'est dur, c'est très dur d'évoquer ça, le
02:26viol, les crimes,
02:29bon, bref, j'en dis, bah oui, mais d'accord, alors on dit que c'est difficile, on fait quoi
02:32?
02:33Non, je préfère m'engager sur d'autres sujets. Et puis, petit à petit, je connais des hommes qui s
02:37'engagent sur ce sujet.
02:39Moi, je suis parrain d'une maison à Dax, dans les Landes, je suis parrain d'une maison initiée par
02:46Bertrand Laisse,
02:47qui est un médecin d'accueil des femmes victimes de... une maison d'accueil des femmes victimes de violences conjugales.
02:53Donc voilà, il y a vraiment matière, chacun d'entre nous à s'engager concrètement sur ces sujets,
03:00à le faire savoir, grâce à vous, grâce aux médias.
03:03Moi, c'est les moyens que j'utilise. Alors, je ne suis pas sur les réseaux, je pense que j
03:07'aurais effectivement...
03:08Mais les réseaux se chargent de relayer parfois mes prises de parole, et tant mieux, moi, je n'ai rien
03:13contre les réseaux.
03:14À titre personnel, je n'ai pas envie d'y être pour plein de raisons, parce que ça m'emmerde,
03:17mais indépendamment de ça, à chaque fois que je fais une communication, quelle qu'elle soit,
03:23je dis, c'est ce que j'ai fait avec OANU Femmes France, je leur dis, allez-y, mettez-le
03:27sur TikTok, sur Instagram, surtout.
03:31Voilà. Ma famille est présente, mes enfants sont présents, je regarde par-dessus leur épaule comment ça se passe,
03:37et je pense qu'il y a aussi des choses qui bougent. Après tout, le mouvement hashtag MeToo, il est
03:40né sur les réseaux,
03:42donc c'est formidable aussi, cet intérin potentiellement formidable de lutte, de résistance, de connaissance,
03:50de pédagogie, de transmission. Donc voilà, s'il est bien utilisé, c'est la preuve avec toi, Thomas,
03:58tu l'utilises, voilà, à bon escient, et j'espère que tu as beaucoup d'abonnés, et de plus en
04:04plus,
04:05et voilà, chacun peut contribuer, tels les petits colibris que nous sommes, donc voilà, continuons,
04:11mais je ne dis pas que c'est, voilà, peut-être que j'ai 60 piges, il me reste à
04:15qui il y a 20-25 ans,
04:17et j'espère que dans 25 ans, les choses auront bougé, mais voilà, tant que j'aurai un souffle,
04:22qui me sera offert par qui que ce soit, je continuerai à me bagarrer, soyez-en sûr.
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