00:00Le second levier, c'est la consolidation. C'est le levier le plus rapide pour atteindre la taille critique et
00:05je voudrais ici, parce que je connais la sensibilité du sujet, rassurer immédiatement sur l'effet tarifaire.
00:10Une question revient régulièrement, la consolidation ne va-t-elle pas faire remonter les prix ? Commençons par clarifier ce
00:17dont nous parlons quand nous parlons de prix.
00:18Le marché mobile français est l'un des plus compétitifs d'Europe, avec des forfaits allant chez Orange de moins
00:25de 2 euros, 1,99 euros pour le premier forfait, à plus de 30 euros pour les forfaits mobiles.
00:30Des offres de conquête qui se font de plus en plus au sein d'un même foyer, déjà équipé par
00:35la fibre. Parler du prix dans un marché, c'est évidemment parler d'une réalité très diverse.
00:40La consolidation fera-t-elle remonter les prix ? La réponse est non. Elle ne les fait pas remonter parce
00:46qu'elle restaure les rendements en élargissant la base de clients sur des réseaux dont l'économie est celle d
00:51'infrastructures à coût fixe, élevé et à coût variable limité.
00:56Ce qui garantit des prix bas dans la durée, ce n'est pas la fragmentation du marché, ce sont des
01:00opérateurs assez solides pour continuer à investir tout en amortissant leur réseau sur une base de clients plus large.
01:06Et permettez-moi de tordre le cou à une autre idée reçue, 3 opérateurs sur un marché européen mature, c
01:13'est tout autant voire plus concurrentiel que 4 opérateurs sur un marché en croissance.
01:18La concurrence ne se mesure pas au nombre d'acteurs mais à l'intensité de la rivalité entre eux en
01:23termes de prix, d'investissement, de qualité et d'innovation.
01:26Sur 36 pays de l'OCDE, 19 fonctionnent avec 3 opérateurs nationaux, 14 avec 4 et la qualité des services
01:34y est en moyenne supérieure dans les marchés à 3 acteurs.
01:397 des 10 meilleurs débits européens sont dans des marchés à 3 opérateurs.
01:43Et les 3 exceptions, Danemark, Suède ou France, sont des marchés à 4 où les opérateurs pratiquent une mutualisation de
01:50réseaux étendus.
01:51Sur un marché en décroissance comme l'est aujourd'hui le marché européen des télécoms, le marché français en particulier,
01:58fragmenté en 4 acteurs nationaux signifie surtout fragiliser chacun et donc in fine l'ensemble.
02:04Et un corollaire que je voudrais porter à votre attention, l'aberration des cessions d'infrastructures sous contraintes financières.
02:12Quand un opérateur n'a plus les marges suffisantes pour porter ses propres infrastructures, il est conduit à les vendre
02:17puis à les louer.
02:18Tour mobile cédé à des tower co, réseau de fibres transférés à des fiber co, contrôlés par des fonds,
02:24data center cédé à des fonds d'infrastructures, les exemples sont devant nous.
02:28SFR soumis à une dette colossale en est l'illustration extrême.
02:31Tour mobile cédé à Selnex et à Phoenix Tower, fibres logées dans XP Fibre détenues par Allianz, AXA et Omerz,
02:40data centers vendus à Morgan Stanley pour 700 millions d'euros.
02:44Télécom Italia a vendu son réseau fixe à KKR pour 22 milliards d'euros en 2024,
02:49une cession qui lui a permis de réduire sa dette de 14 milliards mais qui a fait passer ses effectifs
02:54de 37 000 à 17 000 collaborateurs.
02:57Telefonica a lui aussi fait la même chose.
02:59Cette tendance est une aberration au regard de la souveraineté.
03:03A court terme, la vente apparaît comptablement neutre, mais à long terme, la conséquence est triple.
03:09Premièrement, l'opérateur perd la maîtrise de son outil industriel, il loue désormais ce qu'il possédait.
03:15Et ses choix d'exploitation, qualité, résilience, calendrier d'investissement,
03:19sont conditionnés par les exigences de rentabilité de ses bailleurs.
03:23Deuxièmement, le coût total est rarement inférieur sur la durée.
03:26Les loyers payés intègrent la rémunération du capital des fonds qui est plus élevée que le coût du capital de
03:32l'opérateur lui-même.
03:33Troisièmement et surtout, les infrastructures critiques pour la souveraineté nationale,
03:37tours, fibres, data centers, passent dans des structures dont les actionnaires de référence
03:41sont souvent des fonds d'infrastructures non européens.
03:45Orange a fait depuis l'origine le choix inverse.
03:48Nous sommes le seul opérateur français à n'avoir cédé aucun de nos actifs d'infrastructures.
03:52Nous en sommes propriétaires, nous les opérons, nous les développons,
03:55mais c'est un choix qui ne se finance qu'avec des marges.
03:58Merci.
03:59Merci.
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