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  • il y a 12 heures
C pas si loin propose de décrypter les enjeux contemporains en France et à l'international depuis les Outre-mer. Présenté par Karine Baste, C pas si loin explore le monde depuis les Outre-mer. Cette France des trois océans, au carrefour de frontières et d'influences croisées, répond autrement aux dynamiques économiques, écologiques, géopolitiques et culturelles. Ce magazine propose un regard singulier sur nos enjeux contemporains et la place des territoires ultramarins dans le monde. Année de Production :

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00:05Générique
00:09Bonjour à tous, très heureuse de vous accompagner pour ce nouveau numéro de C'est pas si loin.
00:14Il est chercheur en géopolitique de la transition énergétique, spécialiste de l'hydrogène, des pôles et des îles à l
00:20'Université du Québec à Trois-Rivières au Canada.
00:22Miko Blujon-Méred est notre invité aujourd'hui. Ensemble, retour sur plusieurs thèmes abordés cette semaine dans votre magazine, à
00:29commencer par l'île de Bonaire et le tribunal de La Haye qui vient de condamner l'État néerlandais pour
00:34différence de traitement sans raison valable.
00:37Bonaire est situé dans la Caraïbe mais est une municipalité néerlandaise, territoire qui subit en silence les conséquences du changement
00:44climatique.
00:45C'est une migration qui a débuté dès les années 50. Nous nous sommes intéressés à la diaspora antillaise au
00:52Canada. Quelques 400 000 Martiniquais et Guadeloupéens y seraient installés.
00:56Il faut dire que les Antilles sont géographiquement deux fois plus proches du Canada que de l'Hexagone.
01:01Et puis alors que sortaient cette semaine en librairie les mémoires de Gisèle Pellicot, quel écho Outre-mer, quelle répercussion
01:08sur des territoires où les violences intrafamiliales sont extrêmement fréquentes.
01:11Et le silence tout autant, c'est ce que nous avons voulu savoir.
01:16Bonjour Mico Blujon-Mérède.
01:18Bonjour Karine.
01:19Je suis très heureuse de vous accueillir sur ce plateau. Je vois que vous avez opté pour un dress code
01:22tout particulier.
01:23On reviendra évidemment sur le message que vous avez souhaité faire passer.
01:27Alors on a longtemps regardé la politique, la géopolitique depuis l'équateur, Mico Blujon-Mérède.
01:33Désormais tout semble se jouer depuis les pôles, routes maritimes, ressources, rivalités militaires.
01:38Est-ce que la carte du monde est en train de changer ?
01:41La carte du monde est en train de changer depuis un petit moment et effectivement ça touche tout le monde.
01:45C'est-à-dire que plus on parle par exemple des routes maritimes dans le Grand Nord, plus ça va
01:49poser aussi des soucis dans la Caraïbe par exemple.
01:51Parce que des routes maritimes dans le Grand Nord, c'est moins de passages par Panama, c'est une redistribution
01:56des flux.
01:56Mais évidemment, c'est des enjeux qui sont à très très très long terme.
01:59Ce qui est important, c'est de voir que ces enjeux à très très très long terme, aujourd'hui avec
02:03Donald Trump notamment, génèrent de nouveaux conflits tout de suite.
02:06– Effectivement. Et il y a aussi un paradoxe climat et puissance.
02:10En tout cas, c'est le sentiment que j'ai parfois, puisque derrière les catastrophes climatiques qui s'enchaînent,
02:15on a le sentiment quand même que ça crée des opportunités commerciales ou militaires pour certains États.
02:22Est-ce que la fonte des glaces finalement fait le bonheur de certaines grandes puissances ?
02:27Il y a un utilitarisme qui est très clair. Et on le voit dans les pôles, on le voit dans
02:31plein d'autres endroits de la planète,
02:32on le voit là encore dans la Caraïbe, on le voit dans l'océan Indien aussi, on le voit dans
02:35le Pacifique Sud.
02:35C'est un enjeu clé. Comment arriver à concilier le fait que, d'une part, il y a un besoin
02:40de lutter
02:40contre les effets du réchauffement climatique, que ce soit d'un point de vue atténuation, d'un point de vue
02:45adaptation.
02:46Mais de fait, il faut aussi lutter d'un point de vue culturel sur cet utilitarisme
02:50et sur ces grands intérêts économiques, politiques, financiers, mais aussi évidemment militaires
02:55qui sont en prédation par rapport au changement climatique.
02:58Et quelle place pour les Outre-mer dans cette bataille des océans finalement ?
03:02On le voit dans tous les pays qui ont des Outre-mer, que ce soit pour le coup le Danemark
03:06avec le Groenland,
03:07que ce soit la France, que ce soit les Pays-Bas ou même la Corée du Sud ou l'Australie.
03:10L'enjeu qui se pose ici est un enjeu de respecter, du respect du droit international bien sûr.
03:16Quel droit international on crée également par rapport à la question des zones maritimes autour,
03:21des îles notamment.
03:22Ça c'est un enjeu par exemple sur le BB&J.
03:26Alors BB&J, qu'est-ce que c'est ?
03:27C'est la nouvelle convention que la France a beaucoup poussée dans le cadre de la Convention des Nations Unies
03:33sur l'océan qu'il y a eu à Nice en juin 2025, sur le traité en fait sur la
03:37Haute-mer.
03:38Quelle juridiction, quel droit ou quelle limitation bien sûr en Haute-mer ?
03:41Tous ces éléments-là sont directement liés à ce qui se passe au pôle,
03:44puisque la fonte des glaces dans les pôles évidemment bouleverse l'ensemble du climat sur le reste de la planète.
03:48Alors vous l'avez rappelé à l'instant, vous travaillez finalement sur tous les Outre-mer de la planète.
03:53Et alors qu'il y a tant de questions sur la souveraineté qui agit de certains d'entre eux,
03:57quel point commun est-ce que vous constatez entre ces différents Outre-mer ?
04:01Trois points communs majeurs.
04:03Un, une vulnérabilité face au changement climatique qui est commune à tous,
04:07même si ça ne s'exprime pas de la même façon.
04:08Bien sûr, quand le Groenland-de-Fonds et que la montée des eaux menace Marie-Galante par exemple,
04:13c'est évidemment les deux faces d'une même pièce.
04:18La deuxième chose, c'est la vulnérabilité par rapport aux grandes puissances,
04:22qui encore une fois d'un point de vue utilitariste,
04:24essayent de tirer avantage de ce réchauffement climatique,
04:27surtout pour ce qui est des puissances du Nord, comme les États-Unis ou des puissances européennes,
04:30qui ont contribué évidemment massivement à ce réchauffement, ce changement climatique.
04:35Et la troisième vulnérabilité, c'est la préparation des peuples,
04:38tous les peuples, sur toutes les îles, et le respect de, comment je pourrais dire ça simplement,
04:43la facilité que les grandes puissances ont à imposer leur vision d'un modèle économique,
04:49d'un modèle capitalistique et d'un modèle sociétal sur les petits États insulaires
04:53ou sur les petites communautés insulaires.
04:54– Allez, on en vient au thème sur lequel vous avez choisi de vous arrêter cette semaine.
04:59Nous, nous sommes intéressés à l'île de Bonaire.
05:01Pourquoi ? Eh bien parce que les Pays-Bas sont sommés de protéger cette île caribéenne
05:06face au réchauffement climatique.
05:07Bonaire est une municipalité néerlandaise
05:09et le tribunal de la Haie vient d'acter cette condamnation
05:12pour différence de traitement sans raison valable.
05:16Extrait.
05:23– Avant, il pleuvait beaucoup.
05:27C'est ce que mon père me disait.
05:29La ferme produisait toute l'année des pastèques, des fruits, des légumes.
05:34Mais maintenant, ce n'est plus possible.
05:35Il n'y a plus assez de pluie.
05:38Après un procès historique,
05:40Oni Emerantiana est de retour dans sa ferme.
05:43Il est l'un des huit habitants de Bonaire
05:45qui avaient assigné en justice les Pays-Bas.
05:47– Au tribunal, on a souligné le fait
05:53qu'une partie du sud de Bonaire était en train d'être inondée.
05:56Et ils nous ont répondu que c'était juste un peu de terre
05:58qui se retrouverait sous l'eau.
05:59Ça leur semblait normal.
06:00Mais pour nous, c'est bien plus que ça.
06:02C'est notre culture.
06:03Cette terre est liée à notre passé d'esclaves.
06:06Donc c'est très important.
06:09Et ça a été une grande joie au moment de la décision du tribunal.
06:12Parce que j'étais dans la salle et je me disais
06:14« D'accord, on a gagné, mais il va y avoir un mais ».
06:19Eh bien non, on a gagné sur toute la ligne.
06:22C'est la première fois qu'un territoire d'outre-mer
06:24demande des comptes à son état de tutelle pour sa gestion climatique.
06:28Une possibilité ouverte en 2025
06:30par la Cour internationale de justice
06:32qui considère que le non-respect des obligations climatiques
06:36est désormais un fait internationalement illicite.
06:40La décision du tribunal pourrait aussi servir à d'autres territoires.
06:44Je sais que Curaçao attend la même chose que nous.
06:47Et il y a aussi Aruba, Saint-Martin.
06:51Ils ont des problèmes différents,
06:52mais maintenant nous avons ouvert la voie
06:54pour toutes ces îles, pour tous les habitants des Caraïbes.
07:00C'est une île que vous connaissez bien, Bonner,
07:02et vous travaillez en ce moment même,
07:04et avant même ce jugement et cette condamnation de l'État néerlandais,
07:07sur les solutions, justement.
07:08Oui, ça fait deux ans que je travaille avec un groupe néerlando
07:12rattaché à la Banque mondiale également,
07:13sur cette question, parce que ce qui se joue ici à Bonner,
07:16c'est deux choses.
07:17D'un point de vue, le statut de municipalité que Bonner a,
07:20municipalité néerlandaise,
07:21fait qu'il faut qu'il y ait une égalité de traitement
07:24entre la municipalité de Bonner, qui est à 7000 kilomètres des Pays-Bas,
07:28et les autres municipalités des Pays-Bas continentales.
07:30Donc là, c'est une question statutaire qui a permis à Bonner,
07:33via avec l'aide de Greenpeace, d'obtenir cette décision.
07:36Pour les autres îles qui n'ont pas le même statut,
07:39comme par exemple Aruba ou Curacao,
07:41pour le coup, ils ne peuvent pas faire jouer les mêmes leviers juridiques.
07:45Donc là, ici, Bonner, c'est un sujet particulier.
07:47Deuxième sujet, je travaille sur le sujet de la décarbonation à Bonner,
07:51puisqu'on a ici à la fois un gouvernement,
07:53et puis on a aussi des acteurs locaux qui s'y sont installés,
07:57ancienne bande de la Banque mondiale ou autres,
07:58qui ont dit très clairement, voilà,
08:00il ne faut pas qu'on attende des Pays-Bas de tout nous donner pour changer les choses.
08:05Bonner peut être une espèce de vitrine,
08:07un espèce d'exemple pour créer une nouvelle classe d'actifs.
08:10Alors, sans être trop technique,
08:11la logique, ce serait que,
08:13dans les espaces insulaires,
08:14pays ou outre-mer de ce genre-là,
08:17territoire transocéanique,
08:18les infrastructures liées au réchauffement climatique
08:21ou liées à l'atténuation,
08:22donc les énergies nouvelles,
08:23l'hydrogène,
08:24l'ammoniaque ou d'autres choses comme ça,
08:26puissent être rassemblées à l'échelon mondial
08:28sur une nouvelle classe d'actifs,
08:29c'est-à-dire pour faciliter l'investissement des capitaux risqueurs,
08:33parce que dans nos îles,
08:34toutes nos îles,
08:35ce dont on manque,
08:36c'est justement de capitaux risqueurs
08:38pour financer ces infrastructures-là qui sont nécessaires.
08:40Alors, malgré tout,
08:41on a parlé de ce jugement comme étant historique,
08:43parce qu'il l'est,
08:44effectivement,
08:44l'État néerlandais
08:45qui a maintenant quatre ans
08:46pour agir en faveur de l'île de Bonaire,
08:48mais au fond,
08:49que dit cette condamnation
08:51pour différence de traitement
08:52entre un État
08:53et son territoire d'outre-mer ?
08:55Là,
08:56la condamnation oblige les Pays-Bas
08:58à faire un plan.
08:59Oui.
09:00Donc, si vous voulez,
09:00on est encore sur du texte
09:02et en fait,
09:03ce qu'on voit dans d'autres territoires,
09:04et on le voit en France aussi,
09:05ce n'est pas parce qu'on a des plans
09:07qu'ils sont forcément respectés,
09:08ce n'est même pas forcément
09:09parce qu'on a des lois
09:10qui sont respectées.
09:11Ça veut dire qu'il n'y a pas
09:12d'obligation de résultat ?
09:13Donc, il y a une obligation de résultat,
09:14mais l'obligation de résultat,
09:16en l'occurrence,
09:17dans cette condamnation,
09:17c'est de faire le plan.
09:19Ce n'est pas forcément
09:19de le mettre en œuvre.
09:21Et donc,
09:21si le plan n'est pas forcément
09:22mis en œuvre
09:23à la hauteur de ce qui est nécessaire,
09:25Bonaire pourra se retourner à nouveau
09:27contre les Pays-Bas,
09:28ça, c'est le premier point.
09:29Et le deuxième point,
09:30c'est qu'on a aussi
09:31des populations,
09:32des groupements,
09:33des associations,
09:34de jeunes,
09:35d'anciens,
09:35sur le territoire
09:36qui peuvent eux aussi,
09:37elles aussi,
09:41qui ont été ouverts
09:42ces dernières années,
09:43qui ont tracé cette voie
09:44pour faire en sorte
09:45qu'il y ait une égalité
09:46effectivement de traitement,
09:47pas juste dans la lutte
09:48sur le territoire,
09:49mais dans la lutte également
09:50sur ce que le Pays-Bas fait
09:51chez lui,
09:52c'est-à-dire en l'occurrence ici,
09:53je parle du Pays-Bas
09:54continental européen,
09:55pour participer
09:56de la décarbonation
09:57et de participer
09:58de la lutte
09:59contre le réchauffement climatique
09:59à l'échelon mondial.
10:01Quelle comparaison
10:01est-il possible de faire
10:02entre cette situation
10:04et la France
10:05vis-à-vis de ses Outre-mer ?
10:06C'est assez particulier
10:07parce qu'on n'a pas
10:08de statut similaire
10:09dans nos Outre-mer
10:10au statut de bonheur.
10:12Si vous voulez,
10:12si demain matin,
10:13par exemple,
10:14Saint-Pierre-et-Miquelon
10:15devenait une municipalité
10:16au même titre
10:17que Grenoble,
10:18on aurait d'autres leviers
10:19à faire jouer.
10:21Des leviers d'investissement,
10:22des leviers juridiques,
10:24des leviers évidemment politiques.
10:25Donc, en France,
10:26aujourd'hui,
10:26nous n'avons pas
10:27le même type de capacité
10:29de faire en sorte
10:30que l'État français
10:30bouge au même niveau
10:32et de la même manière
10:32qu'ici les Groenlandais,
10:34les Groenlandais,
10:34les Néerlandais.
10:36Et l'autre élément,
10:37c'est que l'État
10:38français a été condamné
10:39également pour
10:40inaction climatique.
10:41Sauf qu'on a vu
10:42que les Outre-mer
10:43dans leur ensemble
10:44n'ont pas participé
10:45véritablement activement
10:46à cette bataille juridique.
10:49On enchaîne avec un thème
10:50qui vous parle
10:51tout particulièrement
10:51puisqu'on estime
10:52à 800 000
10:53le nombre de Caribéens
10:54installés au Canada,
10:56parmi eux
10:56de très nombreux Antillais,
10:57Guadeloupe et Martinique.
10:58Alors, pourquoi ce pays ?
10:59Quelle passerelle ?
11:00Et surtout, quel accueil ?
11:02Nous nous sommes penchés
11:02sur la question
11:03cette semaine.
11:04Extrait.
11:05J'arrive quand même aussi
11:07à tisser des liens
11:08avec la Martinique
11:09en présentiel
11:10parce que je ne suis pas
11:11le seul Martiniquais
11:12sur le territoire
11:13de Montréal, en tout cas.
11:15Donc, c'est assez sympa
11:16de se retrouver aussi
11:18quelques fois
11:18entre Martiniquais.
11:20C'est plus facile,
11:21en tout cas,
11:21car on connaît déjà
11:22les mêmes choses.
11:23Donc, il y a directement
11:24un lien qui se tisse.
11:29Et quoi de mieux
11:30qu'un carnaval délocalisé
11:31en pleine période
11:32de jour gras
11:32pour retrouver
11:33la diaspora
11:34des Antilles-Guyanes
11:35présente à Montréal.
11:37Ce soir, c'est ici
11:38que Laïanne retrouve
11:39des amis
11:39pour une soirée
11:40organisée par une association
11:42d'expatriés.
11:43C'est vrai que j'ai un peu
11:44la nostalgie du carnaval
11:45de Martinique.
11:46Donc, je me suis dit
11:48et peut-être retrouver
11:49un peu cet esprit
11:50du carnaval
11:51au sein de Montréal.
11:59Ça me remet
12:00dans le bas
12:00un peu de mon île.
12:01C'est très sympa
12:02de se retrouver
12:03entre personnes
12:04des Antilles,
12:05entre personnes
12:05de la Martinique,
12:06la Guadeloupe,
12:06la Guyane
12:07et juste de fêter.
12:16Comment expliquer
12:16le choix d'Antillais
12:17de rejoindre le Canada
12:18plutôt que l'Hexagone ?
12:21Peut-on parler
12:21d'un phénomène
12:22de rejet
12:22ou au contraire
12:24d'un attrait spécifique ?
12:26Plusieurs études
12:27ont montré
12:28qu'un des atouts
12:28vraiment du Canada,
12:30du Québec,
12:30c'est de mettre en valeur
12:32la diversité ethno-culturelle,
12:34de mettre en valeur
12:34le multiculturalisme.
12:36Et Montréal
12:37joue aussi cette carte-là.
12:39Des missions
12:40même en Guadeloupe,
12:41en Martinique,
12:42à l'île de la Réunion,
12:43des façons
12:44de vendre
12:45une destination,
12:46le Canada,
12:46le Québec,
12:47il le fait très bien
12:49depuis quelques années.
12:52Vous êtes vous-même
12:53parti vous installer
12:54au Canada
12:55alors que vous êtes
12:56originaire de Marie-Galante.
12:57Pour quelles raisons ?
12:58Parce qu'il y a
12:59des opportunités,
13:00c'est la première chose
13:01et je pense que c'est
13:01quelque chose
13:02qui rassemble
13:03beaucoup des compatriotes
13:04antillais,
13:05guyanais,
13:06mais aussi également
13:06des autres outre-mer.
13:07Il ne faut pas oublier
13:07évidemment les Saint-Pierre-et-Miquelonais,
13:08les Réunionnais
13:09qui viennent effectivement
13:10aussi au Canada.
13:12Mais surtout,
13:13ce qui est clair,
13:14c'est qu'au Québec,
13:14il y a effectivement
13:15cette communauté francophone,
13:17plus spécifiquement,
13:18qui fait qu'il y a
13:18beaucoup plus de liens.
13:19Et ici,
13:19je voudrais faire
13:20une distinction
13:21qu'on ne fait pas si souvent.
13:23Donc moi,
13:23je suis à l'université
13:24maintenant du Québec
13:24à Trois-Rivières.
13:25Donc une petite ville
13:27qui est entre Québec
13:28et Montréal.
13:30Et de fait,
13:30la communauté
13:31antillot-guyanaise
13:32n'est pas énorme
13:32à Trois-Rivières,
13:33il faut bien l'avouer,
13:34puisque donc
13:35cette communauté
13:35est très focalisée
13:37sur les grands centres
13:38de population
13:38et de consommation économique,
13:40évidemment,
13:40que ce soit Toronto,
13:41que ce soit Ottawa
13:43ou que ce soit Montréal.
13:44Donc ça,
13:45c'est le premier élément.
13:45Mais deuxième élément,
13:46ce qu'on voit,
13:47c'est qu'il y a aussi
13:47une forme de solidarité
13:49qui dépasse le volet
13:50simplement guadeloupéen,
13:52martiniquais ou guyanais.
13:54C'est une solidarité
13:54avec l'ensemble
13:55des compatriotes
13:56de la Caraïbe,
13:57la communauté haïtienne,
13:59bien sûr,
13:59la communauté jamaïcaine
14:00et d'autres encore,
14:01parce que dans les statistiques
14:02qu'on a au Canada
14:03et au Québec en particulier,
14:04en fait,
14:04quand on parle
14:05de la communauté antillaise,
14:06il n'y a pas de distinction
14:07qui est faite
14:08entre les différentes nationalités
14:10des ultramarins qui arrivent,
14:11pour autant que ce soit
14:12les ultramarins,
14:13les jamaïcains,
14:14les haïtiens
14:14sont aussi considérés
14:15dans cette communauté antillaise
14:16et ça,
14:17ça crée effectivement
14:18beaucoup de liens.
14:19Une unité caribéenne,
14:20en tout cas,
14:21pour ne parler que de la Caraïbe.
14:22Effectivement.
14:22Quel lien réel
14:23conservent ces diasporas
14:24avec leur territoire d'origine
14:26malgré tout ?
14:27Alors,
14:27il y a deux difficultés
14:28pour maintenir le lien.
14:30Déjà,
14:30la question de la langue,
14:31bien sûr,
14:31parce qu'il y a une acculturation,
14:32une acclimatation,
14:33si vous voulez,
14:33au niveau de la langue
14:34et même si les communautés
14:37antillaise et guyanaises
14:38sont très,
14:39très présentes
14:39dans la plupart
14:40des grands organismes
14:41d'intégration au Québec,
14:43que ce soit pour,
14:43évidemment,
14:44ceux qui migrent
14:46depuis la Caraïbe
14:47mais ceux également
14:48qui migrent
14:48depuis partout ailleurs
14:49dans le monde,
14:49il y a cette question
14:50de la langue,
14:51effectivement,
14:51et de la culture,
14:52de la musique
14:52qui rassemble
14:53évidemment beaucoup de gens.
14:54Le deuxième élément
14:55qui va être important ici,
14:57c'est le tourisme.
14:59De fait,
15:01les ambassadeurs
15:02que sont
15:02de leur territoire caribéen,
15:04que sont ceux
15:05qui sont partis au Canada,
15:06aujourd'hui,
15:07sont très,
15:08très impliqués
15:08dans le fait
15:09d'essayer
15:09de faire venir
15:10les Canadiens
15:11sur les territoires
15:12et notamment
15:12les territoires
15:13ultramarins français,
15:15francophones,
15:15parce que,
15:16de fait,
15:16il y a une grande compétition
15:18là pour le coup
15:18avec la Jamaïque d'un côté,
15:20avec évidemment Cuba
15:22ou que sais-je,
15:23d'autres territoires
15:23de la zone.
15:24Donc,
15:24de fait,
15:25ce sont les ambassadeurs
15:26et maintenant,
15:27plus il y a
15:27de lignes aériennes
15:28directes
15:29comme une dernière
15:30qui vient d'ouvrir
15:30entre la Martinique
15:32et Montréal récemment,
15:33plus il y a de liens
15:34effectivement.
15:35C'est marrant quand même
15:36parce qu'on parle
15:36d'une terre d'intégration,
15:38d'accueil
15:39à proximité
15:39d'une terre d'expulsion.
15:40En ce moment,
15:41les États-Unis
15:41et de Trump
15:42sont plutôt
15:43à pousser vers la sortie.
15:44c'est un monde à part
15:45le Canada ?
15:46C'est un peu
15:47un monde à part
15:47le Canada,
15:48mais attention,
15:49c'est un peu
15:49un monde à part
15:49le Canada de l'Est.
15:52Véritablement,
15:52dans les maritimes,
15:53le Québec en particulier,
15:55l'Ontario
15:56qui est très cosmopolite.
15:57Si vous allez
15:57effectivement
15:58dans l'Alberta
15:59ou dans le Saskatchewan
16:00au cœur du Canada,
16:01vous allez retrouver
16:02plutôt une culture
16:03qui va être proche
16:04de ce qu'on peut retrouver
16:05aujourd'hui
16:05dans le Midwest américain
16:06ou dans le Sud américain
16:07au sens étatsunien du terme
16:09et où là,
16:09vous allez avoir
16:10une culture malheureusement
16:11qui est plus excluante
16:13que ce qu'on peut retrouver
16:14par exemple au Québec.
16:15Donc un monde
16:15partiellement à part.
16:16Absolument,
16:17le Canada est très diversifié.
16:18À l'occasion de cette émission,
16:20on a aussi,
16:21on a parlé
16:21des migrations d'Antillais
16:23également dans la Caraïbe.
16:24Est-ce que ces diasporas
16:25où qu'elles soient
16:26peuvent permettre
16:27de renforcer
16:28l'influence française ?
16:30Oui,
16:30l'influence francophone
16:31d'abord,
16:32ça c'est le premier élément,
16:33créolophone également
16:34deuxièmement
16:35et troisièmement
16:36française,
16:36ça c'est clair
16:37et notamment
16:38par les échanges économiques.
16:40Effectivement.
16:40Allez,
16:40enfin dans
16:41on passe au troisième thème
16:42de la semaine
16:43Micoblugio-Mérède
16:44dans les sociétés ultramarines
16:46où souvent le silence
16:47est le maître mot
16:48face aux violences
16:49intrafamiliales
16:50où les chiffres explosent
16:51trois fois plus de condamnations
16:52en Polynésie
16:53que dans l'Hexagone par exemple.
16:55Quel écho
16:55suite à l'affaire Pellicot ?
16:57Nous nous sommes posés
16:57la question
16:58alors que sortaient
16:59cette semaine
16:59les mémoires
17:00de Gisèle Pellicot
17:01extraits.
17:03C'est compliqué
17:04de dépasser
17:06cette sacralisation
17:07de la cellule familiale.
17:10On a le sentiment
17:12qu'effectivement
17:14on va mettre
17:15les pieds dans le plat
17:16et qu'on va
17:18tout fracasser
17:19et souvent c'est vrai.
17:20Ça divise clairement
17:22les familles
17:22donc c'est pas simple.
17:25Donc il y a cette loi
17:26du silence.
17:27Voilà, on va dire ça
17:27comme ça.
17:28Les affaires de famille
17:28restent en famille.
17:29La masculinité traditionnelle
17:32elle a aussi son poids.
17:34le paterfamilias,
17:36le patriarcat
17:37est quand même
17:38bien ancré encore
17:39dans notre société
17:40et puis peut-être
17:42qu'il n'y a pas suffisamment
17:42non plus de structure
17:43d'accueil.
17:44Une femme qui va parler
17:45qu'est-ce qu'elle va faire ?
17:46Où elle va aller ?
17:47Comment elle va réussir
17:49à continuer
17:49à s'occuper
17:50de ses enfants
17:51dans un territoire
17:52où le taux de chômage
17:53est quand même important ?
17:54Surtout le taux de chômage
17:55des femmes.
17:59Les Guadeloupéennes
18:00sont des femmes
18:01potomitans.
18:02Les Guadeloupéennes
18:03sont des femmes fortes.
18:04Les Guadeloupéennes
18:05sont des femmes résilientes.
18:07Tout ça, je déteste.
18:11Je déteste cette idée
18:14qu'on est à remporter
18:16un trophée
18:17de la femme potomitante,
18:19de la femme forte
18:20et de la femme résiliente
18:21en subissant
18:23encore, encore, encore
18:25et encore
18:25les pires atrocités
18:27parce qu'on sera capable
18:28sous prétexte
18:29qu'on sera capable
18:30de s'en relever
18:32et de transformer
18:33et d'en faire
18:34des choses extraordinaires.
18:35Félicitations à nous.
18:36Bravo.
18:38Est-ce qu'on peut vivre
18:39avec un peu plus
18:39de sérénité et de paix ?
18:41Est-ce qu'on a le droit
18:41à la paix,
18:42à la tranquillité,
18:43à la sécurité
18:44sans rien perdre
18:45de cette force ?
18:46Je crois que ce mythe-là
18:48sert beaucoup, beaucoup
18:49ceux qui s'asseillent
18:50sur les femmes.
18:51Personne n'y gagne.
18:52Absolument,
18:53personne n'y gagne.
18:54La famille empathie,
18:55la société empathie
18:56et les hommes empathissent.
18:59Mico Blujon-Mérède,
19:00Outre-mer,
19:01où les héritages
19:02de domination coloniale,
19:03patriarcale ou économique
19:04s'imbriquent.
19:05Est-ce que les violences
19:06intrafamiliales
19:07prennent une dimension
19:08particulière ?
19:09Elles prennent une dimension
19:10particulière, évidemment,
19:12à l'échelon local,
19:13mais aussi à un échelon
19:13beaucoup plus important
19:14au niveau national
19:15ou régional.
19:16Pour donner un ordre
19:17de grandeur ici,
19:18si on prend l'ensemble
19:19du territoire français,
19:20Outre-mer compris,
19:21le coût de la virilité.
19:23En tout cas,
19:23c'est comme ça
19:23que les chercheuses
19:24qui sont spécialistes
19:25de ce sujet
19:25ont positionné le sujet,
19:27le coût de la virilité.
19:28Et donc,
19:28de tous les éléments
19:29qui vont avec,
19:30il est d'environ,
19:31en tout cas,
19:31estimé à 95 milliards
19:32d'euros de coût annuel
19:35pour la communauté française
19:37dans son ensemble.
19:37Et évidemment,
19:38dans les Outre-mer,
19:40quels qu'ils soient,
19:41on a un effet de loupe,
19:42on a un effet
19:43où, évidemment,
19:44c'est encore plus difficile
19:46de combattre ces éléments-là,
19:47ce coût de la virilité,
19:50parce que c'est un élément
19:51qui est systémique.
19:53Et si vous ne l'arrivez pas
19:54à le prendre en compte
19:55et à investir systémiquement,
19:57c'est-à-dire sur tous les aspects
19:58différents dans la société,
20:00de cette virilité
20:01et de son coût,
20:02eh bien, de fait,
20:03vous n'arriverez pas
20:03à mener des politiques publiques
20:05qui vont régler,
20:06ou en tout cas limiter,
20:07les effets qu'on voit aujourd'hui
20:08de ce masculinisme.
20:09Et vous parlez de coût.
20:10Ces mémoires de Gisèle Pellicot,
20:12elles posent aussi la question
20:13de la réparation, justement.
20:15Est-ce qu'on peut véritablement
20:16réparer l'irréparable,
20:17qu'il s'agisse d'une victime,
20:18qu'il s'agisse d'une famille
20:19ou d'une société ?
20:21Alors, je ne le sais pas.
20:22Ce n'est pas ma spécialité.
20:23En revanche,
20:23ce qui est certain,
20:24c'est que si on transpose
20:25ce coût de la virilité
20:26et ce coût du masculinisme
20:28sur le volet environnemental,
20:29par exemple,
20:30avec des concepts
20:30comme le pétro-masculinisme,
20:32et on arrive à voir
20:33dans la littérature académique
20:35et sur le terrain
20:36comment essayer de réparer
20:38les écosystèmes
20:39et les populations
20:40qui y vivent.
20:41De fait,
20:42ce coût du pétro-masculinisme,
20:44encore une fois,
20:44parce qu'il est systémique,
20:46c'est-à-dire qu'il s'applique
20:46sur tous les pans
20:48de la vie publique
20:49et de la vie du territoire,
20:51eh bien, de fait,
20:52il nécessite des investissements
20:53extrêmement importants
20:54qu'aujourd'hui,
20:55ni la France,
20:56ni les autres États
20:57qui détiennent,
20:58encore des Outre-mer
20:59qui admissent des Outre-mer,
21:00ne consentent ?
21:02C'est une affaire
21:02qui, en tout cas,
21:03a sidéré par son ampleur,
21:04mais aussi par le silence
21:05qui l'a entouré.
21:06Est-ce que cela vous rappelle
21:07d'autres formes de silence
21:09ou peut-être
21:09d'aveuglement collectif
21:11de nos sociétés ?
21:12Évidemment,
21:12je pense que,
21:13surtout venant de Guadeloupe,
21:15ça nous rappelle
21:15la Chlordécone,
21:16évidemment.
21:17On a vu la tentative
21:19de judiciarisation du dossier,
21:21on a vu la limite
21:23de cette judiciarisation.
21:24Aujourd'hui,
21:25le problème,
21:25on le retrouve
21:26dans d'autres territoires.
21:27Si je pense,
21:27par exemple,
21:28au Groenland,
21:28on va retrouver la même chose.
21:30Est-ce qu'il va faire
21:31une différence
21:31entre ce qu'on peut voir,
21:32par exemple,
21:33en Guadeloupe
21:33et ce qu'on peut voir
21:34au Groenland ?
21:35Ça va être
21:35dans l'accompagnement.
21:36Au Groenland,
21:37on a ces structures d'accueil
21:39qui sont appelées
21:40de leur vœu
21:40par les associations
21:42féministes caribéennes.
21:43On les a
21:44et que ce soit
21:45sur la place
21:46la réparation
21:47des violences faites
21:48aux femmes,
21:49la réparation
21:49des violences faites
21:50à l'environnement
21:50ou la réparation
21:52des violences faites
21:53aux enfants également,
21:54on retrouve
21:55dans ces trois cas
21:56des structures
21:56au Groenland
21:57qui fonctionnent,
21:58même s'il y a,
21:59là,
21:59il faut bien le prendre en compte,
22:01une forme de culture
22:03scandinave
22:03qui fait qu'il y a eu
22:05des investissements
22:05qui ont été faits
22:06qui sont plus importants
22:06que ce qu'on peut
22:07ou ce qui est fait
22:07aujourd'hui chez nous.
22:08Et il me semble
22:09que c'est précisément
22:10au Groenland
22:10que vous nous amenez
22:11avec votre photo du jour
22:12que l'on va découvrir
22:14qui s'affiche.
22:15Donc, effectivement,
22:16on la voit,
22:17cette photo,
22:18Miko Blujan-Mered.
22:19Racontez-nous.
22:19Oui, alors,
22:20ce que vous voyez
22:20à gauche de cette photo,
22:22c'est évidemment
22:22un grand mât
22:23avec le drapeau
22:24du Groenland,
22:25le Erfala Sorput.
22:27Ce que vous voyez ici,
22:28c'est une partie
22:28de Nouk,
22:29la capitale du Groenland,
22:3020 000 habitants
22:31sur un territoire
22:32de 56 000 habitants
22:33mais grand comme
22:34quatre fois
22:34la France continentale.
22:36C'est un territoire
22:37qui aujourd'hui
22:37est sous très grande pression,
22:39pression évidemment
22:39par rapport
22:40aux ressources naturelles
22:41qui sont très importantes,
22:42pression par rapport
22:43également à l'exploitation
22:44potentielle
22:45des énergies renouvelables
22:46pour derrière
22:47faire de l'hydrogène,
22:48de l'ammoniaque
22:48et essayer de décarboner
22:49d'autres territoires
22:50à partir du Groenland,
22:52exploitation pour le sable
22:53de manière à bâtir
22:55des matériaux de construction,
22:56pour l'eau évidemment.
22:57Bref,
22:58on a une prédation
22:59qui est très claire
22:59sur ce territoire
23:00et une petite population
23:02par la taille
23:02mais grande par la force
23:03et ça c'est aussi un lien
23:04avec beaucoup
23:05de nos territoires insulaires
23:05qui essayent de se battre
23:07par rapport
23:07à ce grand allié,
23:10ancien allié,
23:11peut-être toujours allié
23:12mais adversaire
23:13pour l'instant
23:13depuis que Donald Trump
23:14est revenu à la Maison Blanche
23:15qui sont les États-Unis.
23:16Mais quand même,
23:16c'est fou,
23:17on ne l'entend plus Trump
23:18justement sur le Groenland.
23:20On l'a beaucoup entendu
23:21mille fois par jour
23:22pendant plusieurs semaines
23:23et puis là d'un coup
23:23plus rien,
23:24silence radio.
23:24Ce qui est intéressant
23:26c'est que ce n'est pas
23:26un silence radio,
23:27c'est un silence médiatique.
23:28Je vois qu'il y a
23:29une fatigue médiatique
23:30dans le fait
23:31de traiter ce sujet
23:32et les déclarations
23:33de Donald Trump
23:33et de son entourage
23:34évidemment.
23:35Mais fondamentalement,
23:36on a toujours,
23:37tous les jours
23:38ou tous les deux jours
23:39des déclarations
23:41relativement acerbes
23:42sur le Groenland
23:43disant qu'on va prendre
23:44le Groenland,
23:45on va y installer
23:46telle ou telle application
23:47militaire,
23:47on va y installer
23:48tel ou tel futur projet
23:49économique, etc.
23:50On le voit tous les jours
23:51mais je sens que cette fatigue
23:53médiatique fait que
23:54ça sort des radars
23:55et puis il y a d'autres
23:56territoires autour de la planète
23:57bien sûr qui sont aussi
23:58sous cette prédation
23:59relativement intense.
24:01Un mot de votre t-shirt
24:02Miko Blujan-Mérede ?
24:03Oui, alors c'est un t-shirt
24:04que j'ai voulu amener
24:05puisque je reviens
24:05du Groenland
24:06et c'est un t-shirt
24:07qui a été fait
24:08par la designer locale
24:09Bibi Kemnitz
24:10qui est une designer
24:12indépendantiste
24:12groenlandaise.
24:13L'enjeu pour le Groenland
24:14c'est non seulement
24:15de ne pas se faire acheter
24:16le Groenland n'est pas à vendre
24:17c'est ce que dit le t-shirt
24:19par les Etats-Unis d'Amérique
24:20mais l'enjeu pour le Groenland
24:22c'est de devenir indépendant.
24:23Ce qu'on a ici
24:23c'est un enjeu post-colonial
24:26décolonial
24:26très très clair
24:27où les Groenlandais disent
24:29voilà on veut se débarrasser
24:31d'une tutelle danoise
24:32qui ne nous convient pas
24:33qui dure depuis plus de 300 ans
24:351721
24:35on ne veut pas non plus
24:37remplacer un colonisateur
24:38par un autre
24:39on ne veut pas que l'Union Européenne
24:40la France, l'Allemagne
24:41avec leur capacité
24:43d'investissement
24:43militaire, financier
24:45en énergie
24:46en infrastructure
24:47pratiquent une forme
24:48de post-colonisation
24:49ou de re-colonisation
24:50qui ne dirait pas son nom
24:51tous ces éléments-là
24:52se jouent aujourd'hui
24:53au Groenland
24:53dans un contexte
24:54évidemment en plus de ça
24:55de réchauffement climatique intense
24:57et d'impact sur le reste
24:58de la planète
24:58il y a beaucoup
24:59de nos territoires
25:00à commencer par la Caraïne
25:01mais pas que
25:02l'océan Indien également
25:03ou la Polynésie par exemple
25:04la Nouvelle-Calédonie-Kanaki également
25:05qui hontent à apprendre
25:07de ce qui se passe au Groenland
25:08parce que ça les touche
25:09aussi indirectement
25:10ils ont eu peur quand même
25:11sur place au Groenland
25:12ils ont toujours peur
25:13on l'a vu par exemple
25:14un peu plus tôt cette semaine
25:14avec la conférence de presse
25:16faite par le Premier ministre
25:17groenlandais
25:17Jens-Frédéric Nielsen
25:18pour les enfants
25:19conférence de presse
25:20pour les enfants
25:20on a vu des enfants
25:21de 5 ans débarquer
25:23et dire
25:23qu'est-ce qui se passe
25:24si jamais les Américains
25:25nous jettent des bombes dessus
25:26voilà le niveau d'anxiété
25:28effectivement
25:28qui se joue sur le territoire
25:29merci infiniment
25:30pour cet échange
25:31très agréable
25:32merci à vous
25:33d'être fidèle
25:33à votre rendez-vous
25:34c'est pas si loin
25:35émission qu'évidemment
25:36vous pouvez retrouver
25:39également en podcast
25:39sur toutes les plateformes audio
25:41je vous souhaite
25:42une très belle fin de journée
25:43sur France Télévisions
25:43un excellent week-end
25:44à la semaine prochaine
25:45même mieux
25:46même heure
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