00:00La science, ce n'est pas une opinion parmi d'autres.
00:02C'est une méthode, c'est un cadre rigoureux,
00:05alors ce ne sont pas mes invités qui vont me contredire,
00:08de production des connaissances.
00:09Et en fait, la science est aussi un outil pour comprendre le monde et agir sur lui.
00:13D'où cette évidence, une démocratie moderne ne peut prospérer sans une science forte.
00:19La guerre d'ailleurs est déclarée, puisque la démocratie est prise en étau
00:22entre la défiance d'une partie d'opinion, nourrie par les réseaux sociaux,
00:26des informations, et les critiques également de courants populistes,
00:29de plus en plus puissants, qui est la caricature,
00:32parce que la caricature en élite coupée du vrai peuple.
00:36On a vu d'ailleurs ce mouvement de défiance prendre son essor
00:38durant la pandémie avec les mouvements anti-vax,
00:40qui ne voulaient pas avoir confiance justement dans les progrès
00:44ou les approches de la science, notamment avec les vaccins,
00:46mais d'autres manifestations également à l'égard du monde scientifique se multiplient.
00:50Et voilà les scientifiques qui incarnaient traditionnellement la confiance dans le progrès,
00:55qui se retrouvent accusés de faire partie d'un grand complot
00:57pour contrôler les corps et les esprits.
01:00Et d'où l'importance d'un soutien à ce monde scientifique.
01:03C'est une sorte d'acte ou d'engagement politique structurant.
01:06Comment le faire au-delà des grandes déclarations de principe ?
01:08Ah oui, les fameuses belles grandes déclarations,
01:10comme celle par exemple qui s'adressait aux chercheurs américains
01:12sans ressources à cause des crédits supprimés par le président Trump
01:15et à qui la France a offert un droit d'asile de labo.
01:17Alors j'ai regardé, selon Choose France Science,
01:2041 chercheurs américains ont choisi de poursuivre leur recherche en France.
01:24Dans quelles conditions ?
01:25On ne sait pas exactement très bien.
01:26Mais enfin, c'est symbolique et ça existe.
01:28Mais le plus important, c'est pas mal,
01:30mais on verra ce qu'on peut éventuellement envisager.
01:33Mais le plus important en fait,
01:34c'est qu'il faut, on l'a entendu effectivement,
01:37sanctuariser financièrement ce domaine
01:38qui détermine cette fameuse souveraineté dont on parle tout le temps
01:41et qu'on a du mal à atteindre et qu'on a du mal à incarner.
01:44Il faut financer la recherche sur le long terme,
01:47protéger l'indépendance des chercheurs,
01:48faire en sorte qu'il reste dans le pays
01:49et surtout affirmer la valeur du savoir fondé sur l'épreuve.
01:53Et pour ça, peut-être, faut-il faire entrer plus de ministres
01:56et de responsables politiques au sein de l'exécutif
01:59parce qu'il n'y a pas beaucoup,
01:59il y a beaucoup d'avocats, de chefs d'entreprise,
02:01il n'y a pas beaucoup de scientifiques.
02:02C'est en ça que, au fond, tout l'événement que vous avez cité,
02:06le fameux sommet de Paris-Saclay,
02:08prend également sa dimension.
02:11Ce n'est pas simplement un Davos de la science,
02:12c'est un récit politique
02:14parce que la connaissance, c'est un pilier
02:16de la souveraineté et de la compétitivité.
02:19Donc, refuser la démagogie anti-scientifique,
02:23c'est en fait lutter contre le repli
02:25parce que, face à l'offensive
02:27des différents docteurs Mabus du populisme,
02:29la bataille pour sauver la démocratie
02:31se jouera dans les laboratoires.
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