Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 heure
Alors que Philippe Aghion, lauréat du Prix Nobel de l'économie tirait la sonnette d'alarme sur le décrochage des investissements français, Michaël Darmon rappelle l'importance de la recherche scientifique, et plus largement de la science dans une démocratie : "La connaissance est un pilier de la souveraineté"

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00La science, ce n'est pas une opinion parmi d'autres.
00:02C'est une méthode, c'est un cadre rigoureux,
00:05alors ce ne sont pas mes invités qui vont me contredire,
00:08de production des connaissances.
00:09Et en fait, la science est aussi un outil pour comprendre le monde et agir sur lui.
00:13D'où cette évidence, une démocratie moderne ne peut prospérer sans une science forte.
00:19La guerre d'ailleurs est déclarée, puisque la démocratie est prise en étau
00:22entre la défiance d'une partie d'opinion, nourrie par les réseaux sociaux,
00:26des informations, et les critiques également de courants populistes,
00:29de plus en plus puissants, qui est la caricature,
00:32parce que la caricature en élite coupée du vrai peuple.
00:36On a vu d'ailleurs ce mouvement de défiance prendre son essor
00:38durant la pandémie avec les mouvements anti-vax,
00:40qui ne voulaient pas avoir confiance justement dans les progrès
00:44ou les approches de la science, notamment avec les vaccins,
00:46mais d'autres manifestations également à l'égard du monde scientifique se multiplient.
00:50Et voilà les scientifiques qui incarnaient traditionnellement la confiance dans le progrès,
00:55qui se retrouvent accusés de faire partie d'un grand complot
00:57pour contrôler les corps et les esprits.
01:00Et d'où l'importance d'un soutien à ce monde scientifique.
01:03C'est une sorte d'acte ou d'engagement politique structurant.
01:06Comment le faire au-delà des grandes déclarations de principe ?
01:08Ah oui, les fameuses belles grandes déclarations,
01:10comme celle par exemple qui s'adressait aux chercheurs américains
01:12sans ressources à cause des crédits supprimés par le président Trump
01:15et à qui la France a offert un droit d'asile de labo.
01:17Alors j'ai regardé, selon Choose France Science,
01:2041 chercheurs américains ont choisi de poursuivre leur recherche en France.
01:24Dans quelles conditions ?
01:25On ne sait pas exactement très bien.
01:26Mais enfin, c'est symbolique et ça existe.
01:28Mais le plus important, c'est pas mal,
01:30mais on verra ce qu'on peut éventuellement envisager.
01:33Mais le plus important en fait,
01:34c'est qu'il faut, on l'a entendu effectivement,
01:37sanctuariser financièrement ce domaine
01:38qui détermine cette fameuse souveraineté dont on parle tout le temps
01:41et qu'on a du mal à atteindre et qu'on a du mal à incarner.
01:44Il faut financer la recherche sur le long terme,
01:47protéger l'indépendance des chercheurs,
01:48faire en sorte qu'il reste dans le pays
01:49et surtout affirmer la valeur du savoir fondé sur l'épreuve.
01:53Et pour ça, peut-être, faut-il faire entrer plus de ministres
01:56et de responsables politiques au sein de l'exécutif
01:59parce qu'il n'y a pas beaucoup,
01:59il y a beaucoup d'avocats, de chefs d'entreprise,
02:01il n'y a pas beaucoup de scientifiques.
02:02C'est en ça que, au fond, tout l'événement que vous avez cité,
02:06le fameux sommet de Paris-Saclay,
02:08prend également sa dimension.
02:11Ce n'est pas simplement un Davos de la science,
02:12c'est un récit politique
02:14parce que la connaissance, c'est un pilier
02:16de la souveraineté et de la compétitivité.
02:19Donc, refuser la démagogie anti-scientifique,
02:23c'est en fait lutter contre le repli
02:25parce que, face à l'offensive
02:27des différents docteurs Mabus du populisme,
02:29la bataille pour sauver la démocratie
02:31se jouera dans les laboratoires.
Commentaires

Recommandations