00:00Europe 1 Soir, 19h21, Pierre de Villeneuve.
00:04L'autre titre de l'actualité qu'on commande ce soir dans Europe 1 Soir avec Catherine Ney et Antonin
00:09André,
00:09c'est bien sûr les suites de l'enquête sur Quentin et tout à l'heure le procureur de la
00:13République de Lyon
00:13a adressé le profil des 7 personnes dont il demande la mise en examen
00:17et le placement en détention car il craint le risque de troubles à l'ordre public.
00:23Pour le niveau politique, il y a une traînée, j'allais dire, de personnalités politiques
00:29qui demandent la démission de Raphaël Arnaud qui est toujours député LFI du Vaucluse.
00:38Ce matin, Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, défend Raphaël Arnaud et refuse toute démission.
00:44Il n'en est pas question, en vertu de quelles règles que vous avez inventées désormais,
00:48une personne, un employeur, devrait être responsable des actes commis par ses salariés ?
00:54C'est le fondateur d'un mouvement antifa, la jeune garde connue dissout pour violences.
00:58C'est une question liée à ses collaborateurs.
01:00Ses collaborateurs sont membres aussi de ce mouvement.
01:03Est-ce que, madame, vous décidez, vous déterminez désormais que dans notre pays,
01:06quand un salarié commet un acte problématique, s'il l'a commis, c'est son patron qui doit en être
01:11responsable ?
01:12Non, mais faire entrer à l'Assemblée un mouvement antifa qui a été dissout pour violences, Manuel Bompard,
01:17pour vous, ce n'est pas avoir une responsabilité ?
01:20Non.
01:20Antoine André, quand on écoute Manuel Bompard, est-ce que Raphaël Arnaud peut être un vecteur d'entraînement de la
01:27chute de la France insoumise ?
01:29Oui. D'abord, il y a une faute quand même originelle, qui est l'élection, le choix d'investir ce
01:35candidat,
01:36qui avait été condamné pour des violences.
01:38Il y a déjà une posture morale, il y a un principe moral, c'est-à-dire que chaque parti
01:42politique est censé quand même faire le tri dans ses rangs
01:45pour pouvoir promouvoir des gens qui représentent le peuple et qui sont moralement, j'allais dire, non répréhensibles.
01:52C'est une première chose.
01:53La deuxième chose, c'est que Manuel Bompard s'avance un peu, parce qu'on l'a vu avec la
01:57conférence de presse du procureur,
01:59il y a notamment un chef d'accusation qui est celui d'Association de malfaiteurs,
02:04et s'il est avéré, et c'est ce que l'enquête va chercher à déterminer,
02:07que Raphaël Arnaud a eu, peu ou prou, avant ou dans la foulée de ce qui s'est passé samedi
02:15dernier,
02:15des contacts avec les uns ou les autres, or il est possible qu'il ait eu des contacts avec son
02:19attaché,
02:20avec ses collaborateurs parlementaires, à ce moment-là, le chef d'inculpation de complicité,
02:25ou même d'inclure Raphaël Arnaud dans l'association malfaiteurs, n'est pas du tout exclu.
02:30Et on voit bien dans la conférence de presse du procureur, qui a été extrêmement prudent,
02:34qu'il y a des investigations en cours pour justement essayer d'établir un eventuel lien,
02:39cette fois qui serait un lien judiciaire, entre ce qui s'est passé et le député Raphaël Arnaud,
02:44auquel cas, son maintien à l'Assemblée nationale sera, à mon avis, sérieusement menacé.
02:48Alors, à l'instant, au moment où vous parlez, Antonin André, dépêche urgence de l'AFP,
02:53l'assistant parlementaire de Raphaël Arnaud est mis en examen pour complicité par instigation.
02:59Voilà, donc, complicité par instigation, ça veut dire qu'il y a une forme d'organisation tout de même,
03:05en tout cas de réseau entre ces personnes qui se sont rendues coupables des événements entourants,
03:12avec des rôles qui resteraient à déterminer la mort de Quentin.
03:16Et donc, à ce titre, on voit très bien de quelle façon Raphaël Arnaud pourrait être rattrapé par cette affaire
03:21et devoir s'expliquer lui-même devant la justice.
03:23Voilà, et les deux premiers suspects mis en examen pour homicide volontaire,
03:27c'est le procureur de Lyon qui le dit à l'instant. Catherine Ney ?
03:30Oui, oui, surtout si son attaché parlementaire était à Lyon,
03:35alors que pour quelle raison y était-il ?
03:37Alors, était-ce pour protéger Rima Hassan ?
03:40Est-ce qu'il y avait donc un ordre de son supérieur ?
03:43Il ne pouvait pas ne pas savoir ce qu'il venait faire à Lyon.
03:46Surtout que quand on a entendu encore une fois Jean-Luc Mélenchon,
03:50je crois que c'était hier soir, dans un meeting ou avant-hier soir,
03:53où il disait qu'il y avait effectivement 7 jeunes gardes qui étaient là,
03:56qu'il en était fier, qu'il avait de l'affect pour eux,
03:58que c'était des militants du premier rang qui l'intégraient.
04:01Il assume et il revendique, mais parce que ça participe aussi de sa stratégie politique,
04:05de brutalisation, de chaos, de renverser la Ve République, je le rappelle.
04:09Et donc, c'est une sémantique qui est quasi révolutionnaire.
04:12Donc, si vous voulez, dans la sémantique révolutionnaire,
04:16avoir des gros bras et faire le coup de force,
04:18ça fait partie des armes qu'on utilise pour prendre le pouvoir.
04:21Et les révolutionnaires sont des tueurs.
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