00:01Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve.
00:04Toujours avec Hélène Rouet, journaliste au JDD, avec Victor Hérault, journaliste politique à Valeurs Actuelles,
00:10nous a rejoint Ksenia Federova. Bonsoir !
00:13Bonsoir !
00:14Journaliste et chroniqueuse, Ksenia, on a appris tout à l'heure, dans le cadre des Jeux Olympiques,
00:21qu'il y aura des Paralympiques d'hiver, ça s'était prévu, ça sera le mois prochain,
00:26et ça sera sans les officiels ukrainiens, en fait les ministres des sports et affaires étrangères
00:30annoncent qu'ils ne se rendront pas en Italie pour assister aux épreuves,
00:34c'est un boycott ukrainien en réaction aux faveurs du comité olympique et paralympique
00:39et la participation d'athlètes russes et biélorusses sous leurs drapeaux respectifs
00:44et non pas, comme on l'avait jusqu'à présent, sous des drapeaux neutres.
00:50Alors, comment est-ce qu'on peut comprendre cette décision du comité
00:55et aussi la réaction des Ukrainiens ?
00:58Vous savez, ce n'est pas que les Ukrainiens,
01:03mais c'est aussi certains officiels de la Commission européenne
01:07qui ont boycotté le Jeux Paralympiques.
01:10C'est un boycott plus général.
01:12Franchement, on ne peut que constater avec certaines tristesses
01:17que les Jeux Olympiques sont devenus aussi politiques
01:19parce que tu commences, en fait, à cibler les athlètes, les acteurs de culture.
01:27En fait, vous savez, depuis le 2022, malheureusement,
01:32tout ce qui est russe est un peu « cancelled », comme on dit en anglais.
01:37C'est-à-dire que pas seulement les théâtres, les bachos de théâtre,
01:41les annulés exactement.
01:44Et en fait, même les expositions des chats russes
01:49étaient annulées en France au début de la guerre.
01:52Donc, vous voyez, c'est un peu triste.
01:55Mais si on regarde un peu plus en contexte,
01:58dans ces cas, il faut s'y poser des questions sur les autres,
02:01surtout, en fait, Pipi, qui sont intervenus dans un conflit militaire,
02:06par exemple, il y a déjà les questions sur les athlètes israéliens.
02:12Je ne sais pas si vous avez vu, mais il y a de presse un journaliste suisse
02:16qui pose beaucoup de questions sur ces sujets.
02:19Pour moi, je pense que c'est plutôt, oui, c'est triste et c'est ridicule, en fait,
02:24de créer cette situation complètement artificielle.
02:28Est-ce qu'on peut comprendre les Ukrainiens ?
02:31Peut-être, oui, mais demander, en fait, à tous les mondes d'annuler les drapeaux,
02:37je pense, surtout pour les athlètes paralympiques,
02:41c'est quand même, je pense, réduit.
02:45C'est amusant qu'on parle de ça parce qu'il y a le contexte politique,
02:50il y a ce conflit qui s'enlise, qui dure,
02:53dont tous aimeraient avoir une fin, une fin en tout cas,
02:57et heureuse pour les populations qui souffrent
03:01et pour les soldats qui se battent de part et d'autre.
03:05On a ce contexte politique qui est là,
03:08on a ce que je viens de dire sur les Jeux Olympiques,
03:11mais pendant ce temps-là, personne n'en parle.
03:12On a eu le lancement de la fusée spatiale avec une Française...
03:18Sophia Deneau.
03:19Sophia Deneau, mais Sophia Deneau, elle a avec elle des spationautes,
03:24des cosmonautes, elle est astronaute.
03:26Donc, il y a des Russes, il y a des Américains,
03:30ils ont tous un drapeau de leur pays sur leur scaphandre,
03:33et personne ne dit rien, tout va bien.
03:35Victor Hérault ?
03:36Non, mais oui, là où c'est le plus stratégique,
03:38le plus scientifique et où il y a la plus grande coopération internationale,
03:41effectivement, on fait moins la fine bouche que dans le sport.
03:44Maintenant, les Jeux Olympiques ont toujours été un petit peu politiques.
03:48On reprend souvent l'exemple de Jesse Owens aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936.
03:52C'était éminemment politique et personne ne disait que ça n'a rien à faire dans le sport.
03:56Maintenant, moi, ce qui m'agace, effectivement, avec Zénial et Vaukes,
03:59c'est le deux poids, deux mesures, ou c'est l'hypocrisie plutôt.
04:01Les uns qui vont se réjouir que la Russie soit interdite de concourir sous sa bannière,
04:05mais qui, en revanche, vont se plaindre dès qu'Israël va être menacé d'exclusion
04:10ou de concourir sous sa bannière également.
04:12Si on le fait pour l'un, on a le droit de le faire pour l'autre.
04:15Le parallèle peut être le même, le raisonnement derrière peut être le même.
04:19Donc, on ne peut pas faire ça.
04:20C'était la même chose avec les histoires, si vous voulez,
04:21d'affichage de drapeaux palestiniens aux côtés des drapeaux français sur des mairies.
04:25On disait ça, c'est interdit.
04:26Oui, mais quelques années plus tôt, on avait affiché des drapeaux ukrainiens
04:29aux côtés des drapeaux français.
04:30Pourquoi on autorise l'un et pas l'autre ?
04:32Donc, c'est cette hypocrisie-là qui m'agace un petit peu.
04:34Hélène Rouet.
04:34Oui, moi, j'estime que, effectivement, dans les compétitions sportives,
04:37ce qui est également le cas dans les compétitions d'art,
04:39on peut évoquer l'Eurovision.
04:41Moi, j'aime bien quand on reste dans son couloir de nage.
04:43Et j'estime, même si les G.O. sont toujours éminemment politiques,
04:45comme dit Victor,
04:46j'estime que les G.O. n'ont pas à s'occuper de la diplomatie mondiale.
04:49C'est vrai pour le sport et c'est vrai pour l'art.
04:51On a évoqué, notamment, Israël, qui est boycotté de l'Eurovision.
04:54Ça n'a pas sa place, ça n'a rien à voir avec ça.
04:56Donc, effectivement, vous parlez de l'espace.
04:57Oui, alors, faisons exactement la même chose dans le sport et dans l'art.
05:00J'estime que la diplomatie internationale n'a rien à voir là-dedans.
05:03Et surtout pas les artistes et les sportifs,
05:05qu'ils soient israéliens, qu'ils soient russes,
05:07qu'ils soient en provenance de Jordanie, peu importe.
05:09Et en attendant, effectivement, que ça n'a à parler des expositions,
05:12mais je crois, dernièrement, il y a un spectacle avec Casse-Noisette.
05:14Donc, on n'a pas interdit Tchaïkovski jusqu'à présent.
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