00:00Europe 1, l'influenceur de la France bouge.
00:03Salut, salut ! Tu veux manger français mais tu veux pas te faire enfumer ?
00:07Épisode 4 de ma série Le Miel !
00:10Alors attention, ça va décoiffer parce que vous allez parfois vous arracher les cheveux,
00:14tellement ça peut être tordu des fois pour le miel.
00:16Comme d'habitude, si t'as la chance d'avoir un apiculteur dans ton village auprès de chez toi,
00:21bah vas-y fonce, t'auras bien souvent plein d'infos qui vont bien,
00:25genre la saisonnalité ou les espèces de fleurs que les abeilles auront butinées.
00:30C'est ce qu'on peut écouter entre autres sur votre site, sur votre compte Instagram,
00:35Bruno Salut Salut, Bruno Cardo.
00:37Vous, vous êtes la deuxième génération sur la ferme,
00:40contrairement à beaucoup d'exploitations françaises.
00:42Finalement, c'est très récent, votre environnement d'agriculteur.
00:46Oui, c'est l'histoire de mon exploitation qui fait ça.
00:49Papa est parti de zéro avec maman et puis c'est arrivé comme ça.
00:53Donc je suis la deuxième brique de l'édifice, on va dire.
00:56Et les enfants vont suivre ?
00:58En fait, c'est tout le but et c'est tout ce qui m'empêche de dormir un petit peu
01:02en ce moment.
01:03Ils ont 25, 26 ans et à ce jour, ils vont avoir des projets, ils ont un métier, mais ils
01:08ont aussi des projets agricoles.
01:09Et à ce jour, voilà, c'est pas encore d'actualité.
01:12C'est pas encore d'actualité, surtout qu'on voit, la France a perdu les trois quarts de ses agriculteurs
01:15en 50 ans.
01:17Donc ça veut dire qu'il y a un problème d'attractivité, évidemment, au sein de ce métier.
01:22C'est ça, il faut vraiment séduire, il faut séduire les jeunes qui arrivent.
01:25Il faut comprendre que les générations qui arrivent, ils ont besoin de, peut-être, de prendre plus de vacances que
01:29j'en ai pris, d'avoir une vie familiale différente.
01:31Pourquoi t'en vacances, vous ?
01:33En moyenne, deux semaines par an, parfois trois, ouais, quand même.
01:37Mais je suis quand même privilégié.
01:40J'ai fait beaucoup d'élevage bovin avec mes parents, ça s'est arrêté il y a quelques années.
01:43Et là, c'était, bon, là c'était pire.
01:45Quand vous avez, en plus de l'élevage, on travaille du vivant, végétaux, animaux, c'est encore moindre.
01:51Le fait de communiquer sur les réseaux sociaux, c'est pour donner envie, c'est pour toucher des jeunes ?
01:56Est-ce que c'est pour donner envie d'aller vers ce métier ? C'est pour raconter votre quotidien
02:00?
02:00Parce qu'il y a cette question de la concurrence déloyale et des normes européennes dont vous parlez aussi.
02:04C'est pour nous alerter ?
02:05C'est pour tout ce que vous venez de dire.
02:07Parce qu'en fait, c'est tous les axes que vous venez de citer.
02:09Il faut vraiment qu'on arrive à rapprocher nos deux mondes, la ruralité et les grandes villes, les grandes métropoles
02:16qu'on a aujourd'hui.
02:17Parce qu'en fait, on perd nos racines.
02:19C'est démographique.
02:20On est de moins en moins à aller passer, nos enfants passent moins de vacances chez papy-mamie, le pain
02:25-marraine,
02:25à la campagne.
02:26Donc, ils ont moins ces valeurs-là rurales et de la terre et de l'agriculture et des cultures et
02:32de tout ce qui va avec.
02:33Donc, il faut rapprocher ces mondes-là.
02:35Et pour les rapprocher, il faut qu'on réexplique, qu'on reparte de zéro.
02:38Et comme dit l'adage, il n'y a que moi qui suis bien placé pour le faire.
02:42Je suis le mieux placé.
02:43Donc, on essaie de faire de la pédagogie.
02:45Sauf que vu que c'est un métier super technique, il faut faire de la vulgarisation.
02:48C'est-à-dire que j'essaie d'avoir un niveau de langage un peu CM2.
02:51Mais ce n'est pas du tout se moquer.
02:53En fait, c'est vraiment réussir à vulgariser quelque chose qui est super technique.
02:58Et la bonne nouvelle, c'est qu'on est de plus en plus nombreux et nombreuses à s'y coller
03:01sur tous les réseaux sociaux.
03:02Donc, il y a ce besoin.
03:04On dirait que c'est ce besoin urgent d'en parler.
03:07Parce que l'heure est grave pour les agriculteurs, pour vous, de votre point de vue ?
03:10En fait, tout est parti de cette période.
03:11Vous vous souvenez de ce mot agribashing que je n'aime pas, 2016-2017 ?
03:14J'ai eu ce déclic.
03:15Je me suis dit que ce n'est pas possible.
03:17Il y a de la communication de fait, mais c'est mal fait.
03:19Allez, on s'y colle.
03:19Et puis, je suis allé voir YouTube.
03:21J'ai vu des amis.
03:22En ce temps-là, Twitter, ça allait pas mal.
03:25J'ai croisé une association qui s'appelait en ce temps-là France Agrituitos.
03:28Et tous ces amis-là, aujourd'hui, cette famille-là que je vais voir d'ailleurs au Salon de l
03:31'agriculture pendant une semaine,
03:33ils ont tous fait des choses en pédagogie vulgarisation.
03:37Chacun sur son réseau.
03:38Chacun à sa manière.
03:39Vous avez bien vu que, comme moi, c'est plutôt humour au taux d'érision.
03:43Parce qu'en fait, il faut capter l'attention.
03:45C'est quand même...
03:46Il faut stopper le scrolling, comme on dit.
03:48Il faut capter l'attention, puis ensuite, passer un message.
03:51Comment on favorise la consommation de ces produits agricoles français ?
03:54Comment faire en sorte que les plus jeunes aient envie aussi de consommer français ?
03:57C'est-à-dire qu'on est ça dans la tête, dès le plus jeune âge.
04:01On l'a dit avec le plateau aujourd'hui.
04:03On a parlé de saisonnalité et d'éducation.
04:05Revenir un peu aux bases.
04:07Rappeler, peut-être remettre les cours de cuisine à l'école.
04:10Mais il faut surtout appuyer sur un truc que, à mon avis, c'est la traçabilité.
04:14On ne va pas du tout assez loin.
04:15Vous avez parlé d'un score.
04:17Mais il faut aller vraiment beaucoup plus loin.
04:19Ça veut dire quoi, aller plus loin ?
04:21Aller plus loin, c'est-à-dire qu'on ne se contente pas qu'au premier agrédient.
04:24Déjà qu'on mette le premier agrédient dans tous les circuits de distribution tracés à 100%.
04:29Et qu'on a jusqu'au deuxième, voire jusqu'au troisième.
04:32Et ensuite, bien sûr que derrière, il y a un problème de pouvoir d'achat.
04:34Évidemment, on peut l'entendre, surtout les canaux qui sont ici.
04:37Mais au moins, en connaissance de cause, comme vous avez dit, on va arbitrer notre consommation.
04:42Parce qu'on voit trop souvent, en fait, comme le sondage qu'on a entendu tout à l'heure,
04:47une volonté d'acheter local, français, voire bio.
04:50Et au moment où on pousse le caddie, il y a une contradiction.
04:52Et bien, on finit avec des premiers prix.
04:54Et c'est là où il faut qu'on est vraiment...
04:55Donc, il ne faut plus qu'il y ait de premiers prix dans les rayons ?
04:57Non, non, surtout pas. Il en faut pour tout le monde, évidemment.
05:00Quand on n'a pas les moyens de remplir un caddie, voilà, il faut...
05:03Nous, premier maillon, on doit aussi produire une matière première qui soit moins chère.
05:06On doit être compétitif, en fait.
05:08Et c'est ça, la clé.
05:09Mon revenu, c'est rendement, donc volume, rendement, fois prix, moins charge.
05:14On doit jouer sur ces trois leviers en même temps.
05:16Si on joue sur un seul, on n'y arrivera pas.
05:18Et je crois qu'ici, on a eu des idées, on a évoqué des idées, mais il y en a
05:21plein.
05:21Il y a plein de solutions.
05:22Donc, vous attendez quoi, alors ?
05:24Un déclic.
05:25J'attends le Edgar Pisani des années 2026,
05:29qui nous donne une vision à 20-30 ans.
05:32Mais vraiment, moi, aujourd'hui, je ne vois que des élus de tout niveau et de tout parti,
05:36je mets tout le monde dans le même panier,
05:37qui ont des visions pas plus loin qu'une échéance électorale.
05:39On n'y arrivera jamais.
05:40On n'y arrivera jamais.
05:41Ce n'est pas possible.
05:42François Grouillet.
05:43Oui, travailler le vivant, il y a urgence.
05:44Et travailler le vivant, c'est effectivement du long terme.
05:47Et donc, une forme de sécurisation de ce qui va se passer
05:51pour qu'on puisse investir, pour qu'on puisse travailler la terre,
05:53mettre les bonnes récoltes.
05:54Et moi, ce que j'admire dans ce que vous faites,
05:57c'est qu'il y a à la fois un désir de justice,
05:59mais il n'y a pas non plus un appel à l'aide sous perfusion,
06:02parce que ça, ce n'est pas sustainable.
06:04On ne veut plus ça.
06:05Ce n'est pas tenable.
06:06Vous savez, l'argent public, à un moment donné, on me le reproche.
06:08On me dit, vous, les agriculteurs, vous êtes inondés d'argent public.
06:10Mais je l'entends, ça.
06:11Ils ont raison.
06:12Non, mais c'est juste d'équilibrer, en fait,
06:14les choses pour que le jeu soit juste
06:16et qu'on ne part pas au Monopoly avec plus d'argent
06:18que son petit voisin, ni moins.
06:20Et que, je pense que ce que vous faites aussi,
06:22c'est de rendre un peu plus sexy ou intéressant,
06:26en tout cas, ce métier,
06:27en faisant de la communication contemporaine,
06:29comme vous la faites,
06:30qui est, en fait, hyper agréable.
06:33L'agriculture, ce n'est pas barbant, quoi.
06:34Non, ce n'est pas barbant.
06:36Et j'ai vu un reportage de l'INA de 1967
06:39sur les bergers érudits.
06:41Et c'était incroyable,
06:42parce que les bergers lisaient énormément.
06:44Et on a l'impression, quand on pense à un berger,
06:46on voit quelqu'un qui vit tout seul
06:47et qui n'a jamais touché un livre de sa vie.
06:48C'était l'inverse.
06:49C'est totalement l'inverse.
06:51Gauthier Lefort, vous vouliez ajouter quelque chose,
06:52peut-être, avant qu'on clôture cette émission.
06:54Je rappelle que vous êtes le patron de la Maison Charrère.
06:56C'est vrai qu'on a parlé de traçabilité,
06:59de production française.
07:00Moi, je voudrais aussi, surtout, insister sur quelque chose.
07:02C'est le goût.
07:03Le goût des produits français,
07:05qui sont quand même des produits
07:06qu'on a la chance de pouvoir déguster,
07:08pour la plupart, bruts.
07:09Surtout, moi, je vais parler de ma spécialité,
07:11les fruits et légumes.
07:12Les produits français sont bons.
07:14Donc, mangez-les,
07:15que ce soit en direct chez les producteurs,
07:19sur les marchés.
07:20Ou dans les restaurants.
07:21Ou dans les restaurants.
07:22Ce noire est un plaisir avant tout, pardon.
07:24Exactement.
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