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Trouver l’amour dans un smartphone Pourquoi ça (ne) marche (pas)
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02:16Les voici parmi nous, vous pouvez les applaudir, soyez les bienvenus, allez-y, Maya Karima et Laurent, vous êtes ici
02:23à nos côtés pour Vivatec, cette nouvelle journée,
02:26et on va parler d'amour, ça fait du bien de démarrer la journée en parlant justement d'amour, je
02:31vous présente notre public qui est également ici à nos côtés en distanciel,
02:36peut-être quelques rappels de chiffres pour justement un peu planter le décor et donner des éléments de connaissance, selon
02:42les chiffres de l'INSEE, la France compte 18 millions de célibataires,
02:47ça fait un français sur quatre, plus de la moitié des célibataires ont plus de 50 ans, ça s'explique
02:53notamment par tous les événements qui peuvent jalonner une vie, séparation, divorce, décès de son conjoint,
03:00plus de la moitié des célibataires se trouvent dans des villes de plus de 100 000 habitants et 21%
03:06des célibataires français, 18 millions je vous le rappelle, sont concentrés en Ile-de-France,
03:11alors les applications de rencontres n'ont jamais été aussi nombreuses, d'après l'IFOP, près de 40% des
03:17célibataires se sont déjà connectés sur une application de rencontres.
03:22En 2020, la France compte 2000 sites de rencontres et applications pour un chiffre d'affaires qui avoisinerait 150 à
03:29200 millions d'euros.
03:30Alors trouver l'amour, on va en parler justement avec vous trois, Maya Mazorette, vous êtes journaliste, vous êtes également
03:36autrice, vous allez justement tous les trois vous présenter,
03:41on vous retrouve dans l'émission quotidienne, on vous retrouve également sur France Inter et vous êtes spécialiste du sujet.
03:46Exactement, je travaille aussi pour le monde, je travaille pour le temps, je travaille à droite à gauche, j'écris
03:52des bouquins aussi sur les questions du genre et de la sexo,
03:56c'est-à-dire le sexe qu'on a et le sexe qu'on fait et donc évidemment les applis
03:59de rencontres rentrent dans ce cadre.
04:01Karima Ben Abdelmec, on va justement vous retrouver avec vous, votre application, vous êtes la présidente de l'application de
04:08rencontres Happen,
04:09la promesse d'Happen, je cite, c'est trouve ton crush dans tes lieux préférés. Karima, Happen c'est quoi
04:15?
04:15Exactement, bonjour à tous, donc effectivement Happen c'est, on dit que c'est l'application de la vraie vie,
04:22la vraie vie parce que sur Happen tout commence dans la vraie vie,
04:25ce sont des personnes qui fréquentent les mêmes lieux que vous, qui aiment les mêmes lieux que vous et que
04:29vous avez croisé dans la vraie vie.
04:32Donc voilà aujourd'hui on compte 135 millions d'utilisateurs dans le monde entier dont 11 millions en France.
04:38On en dira plus dans quelques instants, on poursuit avec vous Laurent, puis je m'en jouais puisque cet homme
04:43là met la science au service de l'amour.
04:46Vous êtes maître de conférence et enseignant, chercheur de mathématiques appliquée à l'université Lyon 1, vous êtes également auteur
04:53de deux oeuvres,
04:54le jeu de l'amour sans le hasard et mathématiques du couple. Alors Laurent ma question est simple, comment associer
04:58amour et science ?
05:01En fait on l'associe sans le savoir, vous l'associez depuis le début, c'est-à-dire Maya va
05:06utiliser des statistiques, beaucoup, donc les mathématiques énormément.
05:10Karima va utiliser des algorithmes qui sont avec de l'intelligence artificielle ou pas, qui sont développés par des mathématiciens
05:15au départ fondamental.
05:17Moi je travaille ni dans les probabilités ni dans les statistiques, mais ce qu'on appelle les systèmes dynamiques.
05:22Et ma recherche principalement axée en général sur la biologie et la médecine, c'est-à-dire les maladies neurodégénératives,
05:27les cancers, etc.
05:28m'ont amené avec les outils mathématiques à étudier les relations amoureuses et l'impact des couples ou des célibataires
05:38via des applications de rencontres.
05:40Et vous avez cherché justement à savoir et à connaître comment un couple peut durer statistiquement, Laurent ?
05:45Quels sont les résultats obtenus sur ce terrain-là ?
05:48Alors c'est pas statistique justement, c'est grâce à ce qu'on appelle des équations différentielles, des modèles mathématiques.
05:54Pour donner une image plus claire, les modèles que j'utilise, ce sont des modèles écologiques.
06:00C'est-à-dire que pour moi, une relation amoureuse est comme une population en voie d'extinction ou un
06:05sentiment, peut être vraiment une espèce en danger.
06:09Et donc le but est de regarder les paramètres, comme par exemple une population de thon rouge en danger dans
06:15la Méditerranée par exemple,
06:17savoir quand est-ce que notre sentiment ou notre relation va aller vers l'extinction, c'est-à-dire la
06:22séparation,
06:23ou quand est-ce qu'au contraire, sans rien faire quasiment, elle va vers un équilibre où il n'y
06:28aura pas de danger potentiel.
06:30Et ça, j'arrive à identifier trois paramètres.
06:32Et c'est ça qui est intéressant dans mon approche mathématique, c'est que les modèles sont très simples,
06:37et on identifie très peu de paramètres pour déjà savoir si notre relation va durer ou pas.
06:44Après, libre à chacun d'utiliser ses paramètres, à chacun de savoir si on veut une relation stable ou pas,
06:51et à chacun de prendre des conseils en identifiant sur soi-même,
06:55parce que chaque couple et chaque individu, même ici dans cette salle, est complètement différent.
06:59Donc, il y a un modèle, enfin, trois paramètres, mais les valeurs des paramètres est un peu comme l'empreinte,
07:06on va dire, digitale de chacun d'entre nous, complètement unique pour chacun.
07:13Et on aura justement ce caractère unique, l'occasion de le vérifier tout au long de cette table ronde.
07:17On va avec vous, justement, chers spécialistes, on va surfer sur les aspirations de notre société face à l'amour.
07:23Vous allez nous éclairer sur les grandes tendances.
07:25L'amour, on l'a dit, n'a pas de sens unique. L'amour va, en fonction de chacun, forcément,
07:30avoir des approches différentes.
07:32Amour pour toujours, amour éphémère, polyamour, relation épistolaire.
07:36Comment les Français utilisent les applications de rencontres ?
07:40Karima, quels sont les phénomènes observés, justement, sur Appen ?
07:43Comment les Français utilisent Appen, vos utilisateurs ?
07:45Alors, de différentes manières. Comme vous l'avez dit, il y a plusieurs besoins différents,
07:50des générations différentes qui ont des besoins différents.
07:52Nous, ce qu'on constate, c'est que, et ça a été accéléré par la pandémie,
07:57effectivement, il y a un retour à la vraie vie.
07:59Donc, besoin de reconnecter avec les autres, avec une relation un peu plus de proximité dans la vraie vie.
08:08Donc, ça tombe bien parce que, sur Appen, c'est notre leitmotiv.
08:12Donc, on a ce premier phénomène.
08:15Le deuxième phénomène, on va dire, on appelle ça le snack dating.
08:19C'est-à-dire qu'il y a aussi un besoin aussi de rencontres un peu plus décomplexées,
08:24moins engagées, moins de pression sur la rencontre.
08:28Et la possibilité de pouvoir en sortir facilement si on ne trouve pas son compte dans une rencontre.
08:35Et après, on va aussi avoir un phénomène d'infla dating qui est la volonté aussi de faire un date
08:42sans forcément trop dépenser.
08:44Il faut savoir qu'aussi, faire des rencontres, ça coûte de l'argent.
08:47Et avec la crise économique et l'inflation, il faut être créatif, essayer de trouver des dates moins chers, plus
08:54originaux.
08:55Et donc, on peut aller faire tout simplement une balade dans un parc, aller voir une exposition gratuite.
09:00Voilà, on a besoin de ce date un peu plus décomplexé.
09:04Et après, la troisième tendance qu'on va observer, c'est aussi en lien avec les valeurs.
09:08Et on appelle ça l'éco dumping parce qu'on a aussi envie de partager des valeurs communes.
09:14Et donc, le fait de pouvoir partager une valeur, notamment sur la responsabilité écologique qu'on peut avoir,
09:24ça, ça peut être un deal breaker dans une rencontre aussi.
09:27Donc, les valeurs communes, c'est important.
09:28Trois grosses tendances en 2023 sur l'application à peine.
09:32Laurent, pour vous, les applications marchent, mais alors que pour s'amuser. Pourquoi ?
09:36Pas que pour s'amuser. Tout dépend de ce qu'on veut en faire exactement.
09:39Et tout dépend de l'esprit qu'on a pour le faire.
09:43Et les derniers travaux qu'on a effectués et qui vont bientôt être publiés,
09:49grâce à des modèles mathématiques, on arrive à montrer que quand on est en centre-ville,
09:54c'est-à-dire une population assez dense et qu'on a une grande possibilité de rencontre grâce aux applications
10:01de rencontre.
10:01Donc, c'est à une faible distance possibilité de rencontrer beaucoup de monde.
10:06Si jamais on est très sélectif, ça ne marchera jamais.
10:10C'est-à-dire que les chances pour trouver une relation, si on veut trouver une relation par les applications
10:16de rencontre, sont très faibles.
10:19C'est-à-dire que, en fait, le nombre de célibataires va augmenter dans ce cas-là.
10:22Si, par contre, on n'est pas sélectif, c'est-à-dire que vous testez une ou deux personnes,
10:27et que la deuxième personne, ça marche très bien, pourquoi vous allez chercher quelqu'un d'autre ?
10:32Et donc, dans ces cas-là, ça marchera très très bien.
10:34Et on a des courbes qui sont très intéressantes, qui montrent que, justement, suivant les possibilités de rencontre,
10:41c'est-à-dire la densité de la population, avec le paramètre de sélectivité très bas,
10:46on a le nombre de célibataires qui va diminuer.
10:50Alors que, si on a la sélectivité très haute, on a tout d'un coup le nombre de célibataires qui
10:55remonte,
10:56et c'est contre-productif, encore une fois, si on veut avoir des relations, des relations durables, je veux dire.
11:02Il ne faut plus être sélectif.
11:02Maya, on va basculer avec vous, Maya.
11:05Vous, vous avez rencontré, pour la petite histoire, justement, votre mari sur une application de rencontre,
11:10et vous dites, par ailleurs...
11:11Tinder, on peut dire le nom, c'était Tinder.
11:13C'est sur Tinder, et vous dites que l'amour se décline, finalement, en fonction des envies de chacun.
11:17Je vous laisse peut-être le soin de nous en dire plus, Maya.
11:20Oui, parce qu'en fait, quand on parle des applis de rencontre, évidemment que les rencontres, c'est beaucoup de
11:25choses.
11:27On a utilisé des mots en anglais que je n'ai pas tout à fait compris tout à l'heure,
11:30mais il y a des personnes qui vont effectivement vouloir trouver une personne avec qui se marier.
11:34Il y en a d'autres qui ont besoin de quelqu'un juste pour passer une soirée.
11:36Il y a des personnes qui sont en monogamie, il y a des personnes qui ne sont pas en monogamie.
11:40Donc, quand on mélange tout ça dans le même panier, on a tendance à peut-être faire un peu des
11:46approximations.
11:47Ensuite, les gens ne sont pas forcément sur les applis de rencontre uniquement pour rencontrer des gens,
11:51que ce soit l'amour ou un plan d'un soir.
11:53C'est-à-dire qu'il y a aussi des personnes qui viennent sur les applis de rencontre pour se
11:56rassurer.
11:58On le sait notamment sur les applis de rencontre pour les personnes infidèles
12:01qu'il y a plus de connexions quand les gens ont 29 ans, 39 ans, 49 ans,
12:06c'est-à-dire avant le passage de la décennie, au moment où on se dit « mais c'est
12:09terrible, je vais avoir 50 ans,
12:10je vais être dévalué sur le marché de la séduction ».
12:12Alors, dans ce cas-là, on va se rassurer sur une appli de rencontre.
12:15Il y a aussi des personnes qui viennent rêver.
12:17Il y a aussi des gens qui font des paris entre copains.
12:19Si vous êtes en soirée et quelqu'un pique votre téléphone et va dire « ah, je vais te faire
12:22un compte sur Tinder »,
12:23ça peut aussi être une manière de juste s'amuser un soir.
12:26Et c'est vrai que quand on compte le nombre de l'utilisateur,
12:29là on a dit par exemple 40% des Français se sont déjà connectés sur une appli de rencontre.
12:34La question, c'est aussi de savoir, est-ce qu'ils y sont restés ?
12:37Quels sont les utilisateurs réguliers ?
12:38Parce qu'effectivement, on entend 11 millions d'utilisateurs sur Happen.
12:42Le chiffre, il est considérable, surtout quand on sait qu'Happen,
12:44ce n'est pas l'application la plus utilisée en France.
12:47Est-ce que ces 11 millions de personnes y sont tous les jours,
12:51qui sont effectivement les gens qu'on va pouvoir d'aider ?
12:53C'est aussi une vraie question qu'il faut pouvoir se poser.
12:56En tout cas, les applis de rencontre, ça sert à vraiment plein de choses,
12:59pas seulement à se rencontrer.
13:01On parlait justement de ces phénomènes.
13:02Vous voulez peut-être rebondir et compléter, Cariba ?
13:04Je voulais juste compléter.
13:06Nous, quand on s'inscrit sur Happen, on a un peu des statistiques.
13:09Et en fait, on s'aperçoit que plus de 50% de nos utilisateurs,
13:12quand ils s'inscrivent sur l'application,
13:13ils ne savent pas quel type de rencontre ils veulent faire.
13:16Ils ne viennent pas en disant « je veux trouver l'amour »,
13:18« je veux une relation sérieuse », etc.
13:20Pour l'instant, au stade de l'inscription,
13:22plus de 50% vont dire « on verra bien ».
13:25Donc, nous, les applications de rencontre,
13:27on est aussi là pour vous offrir des opportunités de rencontre,
13:30d'essayer de révéler ces opportunités
13:32et de les augmenter le plus possible
13:34pour que vous ayez une chance de rencontrer quelqu'un qui vous correspond.
13:38On ne promet pas l'amour.
13:40En fait, aujourd'hui, d'ailleurs, je ne sais pas
13:42si les utilisateurs qui utilisent les applications de rencontre
13:45viennent chercher l'amour.
13:46Je pense qu'en fait, chaque personne vient chercher
13:49ce qu'il veut sur une application de rencontre.
13:51Nous, on est là pour essayer d'offrir
13:53le plus d'opportunités possibles.
13:55Par ailleurs, il y a effectivement des applis
13:57qui sont un peu plus spécialisées
13:58pour plus de sexe ou plus de choses plus romantiques.
14:02On va y venir justement sur ce sujet-là.
14:04On sait que c'est systématiquement détourné
14:05par les utilisateurs.
14:06C'est-à-dire que les personnes qui,
14:08les femmes notamment,
14:09peuvent avoir du mal à dire qu'elles cherchent juste du sexe,
14:12donc vont faire croire qu'elles cherchent l'amour
14:13pour en fait trouver une personne d'un soir.
14:15D'accord.
14:15Et inversement.
14:16Alors justement,
14:17qu'est-ce que ces phénomènes disent de notre société ?
14:19On parlait de snack dating.
14:21On parlait effectivement d'aspirations
14:23qui peuvent être différentes d'une personne à une autre.
14:25On parlait de ces critères de sélection
14:27qui peuvent être parfois trop élevés
14:29et donc qui peuvent conduire à ne pas trouver l'amour.
14:31Qu'est-ce que disent finalement tous ces phénomènes
14:33que vous venez de nous dire là de notre société ?
14:34Tous les trois.
14:35Maya peut-être ou Laurent ou Karima.
14:37C'est comme vous le souhaitez.
14:38Allez-y Maya.
14:39Alors là, on vient d'aborder 40 phénomènes différents
14:41donc ça dit vachement truc de nos sociétés.
14:43Non, alors effectivement,
14:44on a plutôt envie de se rencontrer.
14:46On a envie de se rencontrer
14:48parce que l'accès à l'amour et à la sexualité,
14:50c'est un truc de statut social.
14:52En fait, il y a une fausse citation d'Oscar Wilde
14:54qui traîne sur Internet depuis une éternité.
14:56C'est que tout dans l'univers est au sujet du sexe
15:00sauf le sexe qui est une question de pouvoir.
15:03Le sexe, c'est ce à quoi on a accès, par exemple,
15:05quand on est au sommet de la hiérarchie sociale.
15:07Et là, vous avez peut-être en tête Berlusconi
15:09qui vient de mourir ou DSK.
15:11Il se joue beaucoup plus que de la sexualité
15:13et de l'amour dans le jeu des rencontres.
15:17Et ça se retranscrit sur le nombre de personnes
15:20qu'on cherche, mais aussi sur le type de personnes
15:22qu'on cherche à rencontrer via les applis.
15:24Donc j'ai l'impression que c'est ça que ça révèle.
15:26Une société peut-être plus libérée aussi, Laurent ?
15:29En fait, ce qui est très intéressant,
15:31c'est d'essayer de palper les tendances qui vont arriver.
15:34Et on pourrait discuter de savoir
15:38justement est-ce que c'est générationnel.
15:40C'est-à-dire que pour les cadras, les quinquas
15:42ou un peu plus, découvrir le potentiel
15:45de trouver quelqu'un de façon beaucoup plus facile
15:47peut également montrer, tester son pouvoir de séduction,
15:52de pouvoir d'attraction, etc.
15:54Et donc, quand je parlais de sélectivité, ça peut être ça.
15:56C'est-à-dire qu'on va tester les applications de rencontre
15:59juste pour savoir si on plaît encore,
16:01pour aller un peu plus loin ou pas.
16:03Mais en général, ça va être
16:04oui, je plais, je passe à quelqu'un d'autre.
16:06Oui, je plais, tant qu'on peut encore plaire.
16:08Et ce que Maya disait, quand on arrive à 39 ans,
16:1140 ans, 50 ans, ça peut être ce cas-là.
16:13Et dans ces cas-là, l'objectif de l'application de rencontre,
16:16c'est juste se prouver à soi-même qu'on peut encore plaire.
16:18Ça peut être un jeu dangereux
16:20et ça peut mettre une forme d'addiction
16:23pour moi, en tous les cas,
16:25qui n'est pas terriblement...
16:26Enfin, ça ne mène pas à grand-chose.
16:28Pour les jeunes générations,
16:30et en travaillant sur ce sujet-là,
16:31en regardant les modèles,
16:32je me suis dit que les jeunes générations, elles,
16:34auraient plutôt cette tendance inverse de se dire
16:37on est né avec les applications dans les mains,
16:39on les connaît par cœur,
16:40on connaît toutes les clés des influenceurs
16:44pour essayer de séduire, pour essayer de voir ça.
16:46Et donc, en fait, finalement, la sélectivité va être...
16:50Je peux plaire parce que je suis influenceur,
16:51je sais que je plais.
16:52Donc, quand je vais essayer de trouver quelqu'un,
16:55ça sera plutôt d'aller plus profond,
16:56de faire une soirée dans un parc, dans un restaurant,
16:59et d'aller beaucoup plus lentement.
17:00Et je conseille peut-être à tout le monde
17:02de relire ou de lire La Lenteur de Kundera,
17:05qui est un super bon bouquin,
17:07pour dire revenez au temps
17:09où on passait du temps pour se draguer.
17:11C'est un peu l'image que je pourrais prendre,
17:14c'est un peu comme quand on est à Noël.
17:16Qu'est-ce qui est bien à Noël ?
17:17C'est pas quand le matin, on ouvre les cadeaux,
17:19c'est toute la période avant.
17:21Et en fait, quelquefois, on est déçu,
17:23quelquefois non,
17:23mais en général, c'est cette période-là
17:25qui fait monter le désir,
17:26qui fait que la relation va vraiment durer ou pas.
17:28Alors, c'est ma perspective d'un mathématicien
17:31avec des clés et des paramètres.
17:33C'est une première tendance
17:34que vous nous aviez justement partagée, Karima,
17:36ce retour aussi à la réalité,
17:37ce désir de faire de nouvelles rencontres.
17:39On va peut-être poursuivre, si vous le voulez bien,
17:41avec ces applications et ces sites de rencontres
17:43plutôt spécialisés en fonction, justement,
17:45des critères des uns et des autres.
17:47Et on trouve maintenant des applications de rencontres
17:49et des sites spécialisés,
17:51justement spécialisés en rencontres,
17:53orientation sexuelle, localisation,
17:55centre d'intérêt, critères esthétiques,
17:57croyance religieuse, conviction politique.
17:59Le marché, c'est naturellement adapté à la demande
18:02avec des sites spécialisés jusqu'à des sites même extra conjugaux.
18:06L'amour est-il entré dans une nouvelle ère ?
18:09Quelles sont les limites ?
18:10Est-ce qu'on n'est pas justement là le déterminisme social ?
18:13On n'est pas en train d'en faire beaucoup
18:14avec ces sites et applications spécialisées, Maya ?
18:17Alors, je ne vais pas ressortir Bourdut,
18:20ça tombe, mais quand même si.
18:21Et déterminisme social.
18:23Exactement.
18:24L'homogamie a toujours été un critère absolument déterminant
18:28pour trouver des partenaires.
18:31On se marie plutôt avec des personnes de sa catégorie sociale.
18:34C'est très rare qu'on fasse des exceptions.
18:36En fait, il y a une archipélisation des rencontres
18:39qui correspond à une tendance sociale lourde
18:42qui dépasse, c'était pareil, chez les entrometteurs.
18:44Donc ça, ce n'est pas du tout nouveau.
18:48En revanche, ce qui peut être intéressant
18:50avec les applis de rencontres,
18:51c'est justement de pouvoir sortir de ça,
18:53ne serait-ce que pour du snack dating
18:55ou juste pour ce que moi, j'appellerais
18:56des coups d'un soir,
18:58c'est-à-dire de refaire un petit peu
19:00une forme de tourisme sexuel
19:02à proximité de chez soi
19:03et de se dire,
19:04ah oui, tiens, je vais aller pour une soirée,
19:07passer une soirée avec une personne
19:09beaucoup plus riche, beaucoup plus pauvre.
19:11Ça peut être une fétichisation raciale.
19:14Ça peut être de dire, tiens,
19:15je vais aller coucher avec un noir.
19:16Ce n'est pas très glorieux,
19:17mais ça existe sur les applis de rencontres.
19:20Et dans ce cas-là, on retombe sur quelque chose
19:22qui est aussi assez ancien,
19:23qui est le tableau de chasse.
19:25Les applications de rencontres
19:26permettent de faire des petites croix
19:27et de dire, voilà, moi, j'ai fait le plan A3.
19:30Moi, j'ai fait ceci ou cela.
19:31On avait une formidable promesse de départ
19:34qui consistait à se dire
19:35qu'une application de rencontres,
19:36c'était un melting pot de personnes.
19:38Et là, avec ces sites spécialisés,
19:39au contraire, justement,
19:40les personnes se retrouvent en fonction,
19:42finalement, de critères plus spécifiques.
19:44Carima, que pensez-vous ?
19:45Est-ce qu'on est rentré dans une nouvelle ère ?
19:46Est-ce qu'il y a des limites à tout cela ?
19:48Oui, alors, moi, je rejoins Maya sur le fait
19:50qu'à l'origine,
19:51parce que les applications de rencontres,
19:54ça a été lancé en 2014, 2013.
19:57Et donc, à l'origine,
19:58on a voulu sortir de ce cercle privé
20:02de la rencontre.
20:03Et effectivement,
20:04c'était aussi un moyen de désencastrement
20:06et de sortir de cette homogamie
20:09et de pouvoir, justement,
20:11aller explorer
20:15une éducation sexuelle
20:16en dehors de son cercle habituel,
20:19enfin, amis,
20:21ce qui se passe autour de vous.
20:23Et donc, c'était l'ambition aussi,
20:25c'est d'offrir des opportunités
20:27beaucoup plus larges
20:27en dehors de son espace privé.
20:31Et donc,
20:33sur les applications,
20:35vous aviez une photo,
20:37un prénom,
20:38et donc, ça allait très vite.
20:39Vous n'aviez donc pas grand-chose
20:41comme information.
20:42Et donc, la rencontre
20:43était complètement sortie
20:44de le statut social,
20:48le job, etc.
20:50Sauf qu'en fait, au départ,
20:51les informations qu'on demandait
20:53aux utilisateurs,
20:54c'était essentiellement
20:55votre niveau d'études
20:56et votre profession.
20:58Donc, on reste quand même
20:59dans ce statut social
21:02qui vous permet aussi
21:03de, quelque part,
21:06retrouver cette homogamie,
21:07sociale.
21:08Par contre, ce qu'on constate
21:09maintenant, c'est qu'au fil
21:10des années, finalement,
21:11toutes ces informations
21:12qui étaient assez pauvres,
21:14donc photos, prénoms
21:15et âges,
21:16et éventuellement professions,
21:19ça ne suffit plus.
21:20Et les utilisateurs
21:21en demandent beaucoup plus.
21:22Donc, on se rend compte
21:23que finalement,
21:24on ne va plus juger
21:25sur seulement
21:27une rencontre physique
21:29parce que la rencontre physique
21:30arrive dans un second temps.
21:32on va juger sur un texte,
21:34sur une manière de parler,
21:36sur des préférences culturelles
21:39et autres.
21:40Et donc, on va passer
21:41de l'homogamie sociale
21:42à l'homogamie culturelle
21:43où on va chercher plutôt
21:44des gens qui partagent
21:46les mêmes codes,
21:47les mêmes hobbies,
21:49les mêmes lieux.
21:49Nous, par exemple,
21:5080% des utilisateurs
21:51nous ont dit
21:52qu'ils aimeraient connaître
21:52les mêmes lieux
21:53que les appneurs
21:54qui rencontrent
21:55de la même manière
21:56qu'ils nous disent
21:57qu'ils veulent connaître
21:57les hobbies,
21:59loisirs, etc.,
21:59des utilisateurs.
22:00Donc, on passe
22:01d'une homogamie sociale
22:03où le statut social
22:04est important
22:05à une homogamie
22:06un peu plus culturelle
22:07où on veut partager
22:08les mêmes codes,
22:08les mêmes préférences,
22:10les mêmes goûts.
22:11Et je vais juste relativiser
22:12un peu ce que je dis.
22:13C'est que ça,
22:13c'est valable en Europe.
22:15Mais on n'a pas du tout
22:16les mêmes comportements
22:17en Inde, par exemple,
22:18ou dans les pays émergents
22:19où dans les pays émergents,
22:20on va être encore
22:21sur le statut social
22:22à une énorme importance
22:24dans la rencontre.
22:25Maya, pour compléter rapidement.
22:26Oui.
22:28Ça peut paraître
22:29un petit peu désenchanté
22:31comme discours
22:31parce qu'on se dit
22:32c'est terrible,
22:32on ne fait que rencontrer
22:33les mêmes personnes
22:34indéfiniment.
22:35C'est pas si mal
22:36dans la mesure
22:37où ça permet
22:38d'avoir des conversations
22:38plus simples.
22:39En fait, ce qu'on recherche,
22:40c'est aussi de la fluidité.
22:42Ensuite, juste une petite remarque
22:43sur l'histoire des photos.
22:44Les photos,
22:45c'est très riche
22:45comme information
22:46parce qu'avec les photos,
22:48on peut montrer son torse.
22:50C'est très important.
22:51On peut montrer
22:52qu'on a un cercle amical,
22:53on peut montrer
22:53qu'on a des loisirs,
22:54on peut montrer
22:54son statut social
22:56grâce à ces photos.
22:58Donc, c'est pas parce
22:59qu'il n'y a que des photos
23:00que le jugement
23:01est moins intellectualisé.
23:03Laurent, que dit la science justement ?
23:04L'amour est-elle
23:05rentré dans une nouvelle ère ?
23:06Le déterminisme social alors ?
23:07Alors, ça vient de parler
23:08de déterminisme
23:09et non pas de statistiques
23:10parce que justement,
23:11mes modèles sont déterministes
23:12et non pas probabilistes
23:13ou statistiques.
23:13Donc, l'idée,
23:15c'est vraiment de dire
23:16à partir du moment
23:16où on va rentrer
23:18dans une relation,
23:19parce que moi,
23:20toute la rencontre,
23:21etc.,
23:21c'est pas mon boulot,
23:23en tout cas,
23:23dans mes premières études,
23:24c'était une fois
23:24que la relation est installée,
23:25comment la garder ?
23:27Et les trois paramètres,
23:29je vais les donner ici
23:31comme ça,
23:31si vous êtes intéressé,
23:32vous pourrez aller
23:32la voir sur Internet,
23:34c'est l'usure du couple,
23:36c'est-à-dire l'habituation.
23:37Autrement dit,
23:38l'autre va faire partie
23:39de son entourage
23:41et de son environnement
23:42et le cerveau va dire
23:43à un moment donné,
23:45c'est plus un danger,
23:46une surprise
23:46ou quelque chose comme ça
23:47et la relation est acquise
23:49et je ne vais plus faire d'efforts.
23:51Et donc,
23:52en gros,
23:52on fait partie des meubles.
23:53Et ce qu'on va faire,
23:54c'est qu'on va juste pointer
23:55les reproches
23:56et ne plus jamais
23:57soit anticiper des surprises,
23:59des bonnes choses,
23:59etc.
24:00Ça, c'est le premier paramètre.
24:01Le deuxième paramètre,
24:02c'est ça rejoint la photo,
24:04etc.
24:04C'est le potentiel d'attractivité.
24:06Au début,
24:07ce qui attire,
24:07c'est la photo,
24:08le physique,
24:08le torse.
24:09Mais au bout de quelques semaines,
24:12et quand on a découvert
24:13le physique de l'autre
24:14et les réactions,
24:15si elle aime se faire titiller,
24:17les tétons ou peu importe,
24:18peu importe les trucs,
24:20en gros,
24:21au bout d'un mois,
24:22deux mois,
24:23six mois,
24:23on se dit,
24:24OK,
24:24c'est quoi l'attractivité de l'autre ?
24:26Et c'est là qu'on bascule
24:27sur la complicité,
24:29sur le charme,
24:30sur le fait qu'on ait
24:31des discussions intéressantes,
24:32le fait de rire ensemble,
24:33de partager.
24:34Et en fait,
24:34le potentiel physique,
24:36l'attractivité est un paramètre
24:37qui évolue
24:38et c'est une combinaison
24:39de plein d'autres paramètres.
24:41Et le troisième,
24:42et ça,
24:43ça évolue complètement
24:44en fonction de la personne
24:46qui peut remettre
24:47par exemple
24:48un profil à une date,
24:50il va lui arriver
24:50quelque chose dans sa vie
24:52et si c'est le même profil,
24:54sa façon d'être
24:55va être complètement différente,
24:56disons,
24:57dans dix mois,
24:58avec le même profil.
24:59Alors que ça ne sera plus
25:00tout la même personne,
25:01c'est la réaction
25:02à l'amour de l'autre.
25:04Ça peut être
25:04complètement linéaire,
25:05plus on m'aime,
25:06plus j'aime,
25:07plus je déteste,
25:08plus on me déteste,
25:09plus je déteste.
25:10Ça, c'est linéaire,
25:11c'est très droit.
25:11Et quelquefois,
25:12c'est beaucoup plus compliqué.
25:13Imaginez qu'une personne
25:15va sortir d'une relation
25:16très douloureuse,
25:18va trouver quelqu'un
25:19qui pourrait être
25:20en fait potentiellement
25:22la personne de sa vie,
25:24l'amour de sa vie,
25:25mais comme cette personne-là
25:27ne veut plus souffrir
25:28ou a peur de souffrir,
25:30eh bien,
25:30cet amour trop fort
25:33va être rebutant
25:34et elle va s'éloigner.
25:35Donc en fait,
25:36au lieu d'avoir une courbe
25:36toute droite,
25:37on a des courbes comme ça,
25:38qui nous donnent une quantité
25:39d'équilibre potentiel différent
25:42et l'autre qui n'a envie
25:43que de donner de l'amour
25:43va se retrouver dans un équilibre
25:45où l'autre partenaire
25:46qui a souffert
25:48va le rejeter.
25:49Et ça,
25:49ça peut créer
25:50soit de la confusion
25:51et ces courbes-là,
25:52chacun de nous
25:53a une courbe
25:54qui évolue
25:54suivant tout ce qui peut se passer.
25:56La perte d'un proche,
25:57une séparation,
25:58ça peut même être un viol,
25:59ça peut être un autre truc
25:59qui font qu'on va changer
26:01tout le temps.
26:01Et nous,
26:02c'est ce qu'on essaie de faire,
26:02c'est regarder si
26:04le couple
26:05va être solide ou pas,
26:06un peu comme
26:07les trois petits cochons
26:07qui construisent
26:08une maison en paille,
26:10une maison en bois
26:11et une maison en pierre.
26:13Est-ce que notre relation
26:14va tenir face au loup,
26:16c'est-à-dire
26:16les premières perturbations,
26:17les premières disputes
26:18ou pas ?
26:19Et les paramètres
26:20nous permettent de dire
26:21si on est bien préparé
26:23dans notre relation
26:24à résister
26:24à des disputes
26:25fortes,
26:26moins fortes,
26:27quotidiennes,
26:27pas quotidiennes,
26:28etc.
26:28Je vous propose de continuer,
26:30on va parler
26:30de français et de sexe
26:32avec, rappelons-le,
26:33ce chiffre,
26:3318 millions de célibataires
26:35en France.
26:35On parle de la jeune génération
26:37comme la génération
26:38no sexe,
26:39une génération jeune
26:40qui pratique moins
26:41le sexe
26:42que les précédentes générations.
26:43Quelles sont
26:44les grandes tendances
26:45sur le sujet
26:45des français
26:46et du sexe ?
26:47Je me tourne vers vous.
26:49Les françaises
26:49et les français
26:50utilisent-ils finalement
26:50les applications
26:51pour rencontrer
26:52un partenaire sexuel ?
26:53On va faire des réponses
26:54très courtes
26:55parce qu'on a 15 minutes
26:56et le temps aussi bien sûr
26:57de se tourner vers le public
26:59avec l'application,
26:59je vous le rappelle,
27:00Slido.
27:01Alors, Maya.
27:01Réponse courte,
27:02oui,
27:04mais est-ce que ça les rend heureux ?
27:05Non, pas forcément.
27:06En fait,
27:06on a 80% de gens
27:08insatisfaits
27:08de leur utilisation
27:09des appuis de rencontre,
27:10notamment quand il s'agit
27:11de trouver des partenaires sexuels.
27:13Je reprends mon souffle.
27:14Donc,
27:15les gens le font.
27:16Est-ce que ça marche ?
27:18Non.
27:18Non, ça ne marche pas.
27:19D'accord.
27:19En tout cas,
27:20ils sont malheureux.
27:2180%,
27:22ça correspond en fait
27:23au nombre d'hommes
27:23qui sont systématiquement rejetés
27:25par les appuis de rencontre
27:26parce qu'ils ne correspondent pas
27:28aux critères de désirabilité.
27:30Donc, il faut faire attention
27:31sur les appuis de rencontre.
27:31Très peu de personnes,
27:32très peu d'hommes
27:34récupèrent à peu près
27:35toutes les femmes en sexe.
27:37Karima,
27:37justement,
27:38sur ce sujet pareil.
27:40Nous,
27:41comme je vous l'ai dit,
27:42on ne prédétermine pas
27:43la rencontre.
27:44Donc, nous,
27:44on est là pour offrir
27:45le plus d'opportunités possibles.
27:47Ça passe par les applications
27:48de rencontres.
27:48Vous avez aussi
27:49les réseaux sociaux
27:49qui sont des moyens de rencontre.
27:51Donc,
27:52nous,
27:52on est juste là
27:52pour augmenter
27:53toutes les chances possibles
27:55de créer des interactions sociales.
27:57Les gens ont besoin
27:57d'interactions sociales,
27:58de liens sociaux.
28:00Ensuite,
28:00ce qui se passe
28:01dans la vraie vie,
28:04ça sort du cadre
28:05des applications de rencontre.
28:06Je parlais justement,
28:07Laurent,
28:07des nouvelles générations.
28:07Quelle est la place du sexe
28:08dans la vie
28:09des nouvelles générations,
28:10cette génération no sexe ?
28:12Alors,
28:13moi,
28:13je n'ai pas fait
28:13cette étude là-dessus,
28:14mais c'est encore
28:15les tendances
28:15et les discussions.
28:16Enfin,
28:17ce que moi,
28:17j'essaye de palper,
28:18c'est que justement,
28:20les jeunes
28:21ont cette profusion
28:23soit d'images pornographiques,
28:24c'est facile d'aller
28:25sur les sites internet,
28:26etc.
28:27Et donc,
28:27en fait,
28:28finalement,
28:28ils peuvent quasiment
28:29se satisfaire tout seuls
28:30du sexe
28:31ou faire autre chose
28:32et ils ont peut-être
28:34moins tendance
28:34à avoir envie
28:35d'avoir des relations sexuelles
28:36et encore une fois,
28:37c'est une question générationnelle,
28:38c'est-à-dire,
28:39est-ce qu'ils ont besoin
28:39de plaire,
28:40de montrer qu'ils peuvent plaire ou pas ?
28:42Mon sentiment,
28:43mon intuition,
28:44c'est que les jeunes générations
28:46vont chercher
28:47à avoir des relations
28:47beaucoup plus lentes,
28:49beaucoup plus douces,
28:49beaucoup plus profondes
28:50et peut-être même
28:51des relations sexuelles
28:53beaucoup plus intenses
28:54et moins superficielles
28:55parce que s'ils recherchent
28:56un sexe superficiel,
28:57ils peuvent l'avoir
28:57de façon virtuelle.
28:58Alors,
28:58je ne sais pas du tout
28:59si Maya est d'accord ou pas.
29:00C'est justement...
29:01En tous les cas,
29:02c'est le sentiment,
29:03moi,
29:04que j'essaye de voir
29:05dans les études que je fais.
29:06Maya,
29:06votre réaction ?
29:07On voit un déclin
29:09du nombre de rapports sexuels,
29:10de la fréquence sexuelle
29:11dans les pays occidentaux,
29:13en France,
29:13aux Etats-Unis,
29:14en Angleterre,
29:14en Allemagne,
29:16depuis effectivement
29:16quelques années,
29:17chez les jeunes précisément.
29:19Ensuite,
29:19il faut faire un petit peu
29:20attention à ces chiffres
29:20pour plusieurs raisons.
29:22Déjà,
29:23les scientifiques,
29:24quand ils posent les questions,
29:25définissent un rapport sexuel
29:27comme une pénétration.
29:28Or,
29:28il n'y a pas que ça.
29:30Et aujourd'hui,
29:31on sait qu'il peut y avoir,
29:33par exemple,
29:34une fellation dans un bar
29:35qui ne sera pas comptabilisée
29:36parce que ce n'est pas considéré
29:37comme du sexe.
29:39Jurisprudence,
29:39Clinton,
29:40on n'a toujours rien appris
29:40de nos erreurs.
29:42Ensuite,
29:43il y a beaucoup moins
29:44de rapports non désirés,
29:46j'espère.
29:47Ça,
29:47c'est mon intuition à moi.
29:48C'est que les femmes,
29:49depuis le mouvement MeToo,
29:50peuvent plus facilement dire non.
29:52Donc,
29:52les rapports qui sont perdus
29:54sont probablement des rapports
29:55où on se force un peu
29:57ou alors carrément forcés.
29:58Et dans ce cas-là,
29:58c'est une excellente nouvelle
29:59que les jeunes fassent moins de sexe.
30:01Allons sur le terrain.
30:02Oui,
30:02Karima,
30:03allez-y.
30:03Je voulais juste rebondir
30:04sur le fait que nous,
30:05on a fait une enquête
30:06avec Nelly Roddy
30:07pour avoir justement
30:08cette tendance-là
30:10dans le dating
30:11et on constate
30:11qu'il y a un retour
30:12au slow dating,
30:13c'est-à-dire le fait
30:14de se recentrer sur soi,
30:16d'être plus dans la recherche
30:17d'authenticité
30:18et moins dans le volume
30:20des différentes expériences.
30:21Effectivement,
30:22il y a un peu
30:23un retrait,
30:23revenir un peu.
30:24Donc,
30:24c'est à l'antithèse
30:25du slow dating.
30:27Le slow dating,
30:27c'est vraiment
30:28on prend le temps
30:28de savoir ce qu'on veut,
30:30ses besoins,
30:31au lieu de constater
30:32ce que les autres veulent.
30:33Il y a vraiment
30:34un recentrage sur ses besoins.
30:35Est-ce que c'est justement
30:36sur toutes les générations ?
30:39Oui,
30:39au global,
30:40nous,
30:40c'est ce qu'on constate,
30:40même les jeunes.
30:41D'accord.
30:42Même les jeunes,
30:42oui.
30:43Mais justement,
30:43moi,
30:43ce n'était pas les jeunes
30:44qui m'intéressaient,
30:44c'était les plus âgés.
30:46Oui,
30:47au global,
30:47oui.
30:48C'est global.
30:49Parlons de la triche
30:50sur les applications
30:51de rencontres.
30:52On peut tricher
30:52avec naturellement
30:54des photos
30:55que l'on arrange.
30:56On peut également
30:56tricher sur des informations
30:57qui peuvent être
30:59spécifiques à sa vie.
31:01On use tous
31:02peut-être de stratagèmes
31:03pour se présenter
31:03sous son meilleur profil.
31:05Est-ce que c'est
31:06une tendance de fond,
31:07Maya ?
31:07Tout à fait,
31:08c'est absolument observé.
31:09On sait qu'en gros,
31:10les hommes se rajoutent
31:10sur les applis de rencontres
31:12entre 2 et 5 cm.
31:13Les femmes s'enlèvent
31:142 à 5 kg.
31:15On s'enlève généralement
31:162 ans.
31:16C'est normal,
31:17mais en même temps,
31:17on triche dans la vraie vie.
31:18Vous avez eu la taille
31:19de mes talons ?
31:20Moi,
31:20je triche aujourd'hui.
31:22C'est assumé.
31:24Allez,
31:24on continue.
31:25Moi,
31:25je ne peux pas tricher
31:26sur mes jeux.
31:26Justement sur ce sujet,
31:27comment gérez-vous
31:28les faux profils
31:29sur Apen ?
31:30Comment est-ce que vous faites
31:30pour garantir
31:31les meilleures conditions
31:32finalement de rencontre ?
31:34Il y a plusieurs moyens.
31:35D'abord,
31:37il y a la modération humaine.
31:39On traite des signalements
31:41avec des équipes
31:43qui sont 24-24,
31:44Sergio sur 7,
31:45là pour répondre
31:46aux demandes
31:47des utilisateurs
31:47et au signalement.
31:49On a aussi
31:50l'usage de la technologie
31:51puisque avec l'IA,
31:53aujourd'hui,
31:53vous pouvez détecter
31:55très facilement
31:55un certain nombre
31:57d'indices
31:58sur les profils
32:00qui vous permettent
32:01d'identifier
32:01ces faux profils.
32:02Vous avez aussi
32:03le comportement
32:04qu'on peut avoir
32:05sur l'application.
32:07Un humain ne peut pas
32:10liker 80 fois
32:11en une seconde.
32:13Ces robots-là,
32:14on les détecte très vite.
32:15Le comportement,
32:15ça joue aussi.
32:17Enfin,
32:18on fait appel
32:18à l'innovation,
32:19la certification de profil
32:21par la biométrie.
32:22C'est le choix
32:23qu'on a fait
32:24mais il y a plein
32:24d'autres solutions
32:25qui sont utilisées
32:25par des applications
32:26de rencontre.
32:27Nous, on a fait
32:27le choix de la biométrie
32:28et de la vérification
32:29de profil
32:30quand vous vous inscrivez
32:31sur Apen.
32:31C'est aussi un moyen
32:32pour lutter
32:32contre les faux profils.
32:33On sait sur qui tomber
32:34quand effectivement
32:35on a cette procédure-là.
32:36Il ne faut pas sous-estimer
32:37aussi la prévention
32:38et la communication
32:40parce que je pense
32:41que dans les applications,
32:42nous, on a une responsabilité
32:43aussi de sensibilisation
32:45sur ces sujets-là
32:46dans l'application.
32:47Donc, on a aussi
32:48des campagnes in-app
32:49pour expliquer aussi
32:51et prévenir
32:53ce genre de faux profils.
32:55Maïa, vous souhaitez
32:56rebondir très court.
32:57Je suis bien sûr
32:58absolument persuadée
32:59que sur Apen,
32:59il n'y a absolument
33:00aucun faux profil.
33:01En revanche,
33:02les appuis de rencontre
33:03sont des applications
33:04complètement opaques
33:05qui ne transmettent pas
33:06leurs chiffres.
33:06Aux journalistes comme moi,
33:07on ne peut pas vérifier
33:09qu'elles fassent le travail.
33:11En revanche,
33:11ce qu'on sait,
33:12c'est qu'il y a eu
33:12plusieurs scandales
33:13sur plusieurs sites
33:13avec une quantité
33:14effroyable de faux profils.
33:16Pourquoi ?
33:17Parce que le but
33:17des applications de rencontre,
33:18c'est de gagner de l'argent.
33:19C'est quand même
33:20des entreprises,
33:21avant tout,
33:22commerciales.
33:22Donc, leur but,
33:23ce n'est pas que vous
33:23trouviez forcément l'amour
33:25ou que vous trouviez
33:25des partenaires sexuels,
33:26c'est que vous restiez
33:28sur leur plateforme.
33:29Donc, il faut faire attention
33:30un petit peu
33:31au contexte économique
33:31dans lequel on se situe.
33:32Et on ira sur le sujet
33:33de la confidentialité
33:34avec ma prochaine question,
33:35je l'espère.
33:36Avant cela, Laurent,
33:37pour compléter justement,
33:39un couple sur deux divorces.
33:41Pourquoi ?
33:42Grâce à nos paramètres,
33:43on sait pourquoi.
33:45C'est-à-dire que les hommes,
33:47par exemple,
33:48dans le couple,
33:48on va tout miser au départ
33:49sur son physique
33:51et rien d'autre.
33:52C'est-à-dire qu'à un moment donné,
33:53ce qui va se passer,
33:54c'est que soit on va se laisser aller,
33:56soit justement on est creux derrière.
33:58Alors, ça a peut-être arrivé
33:59chez certains d'entre vous,
34:01c'est d'avoir une relation
34:02avec quelqu'un,
34:03un mannequin très très beau.
34:04Alors, désolé,
34:05je vais caricaturer.
34:06Ce n'est pas une généralité,
34:07évidemment,
34:07mais en gros,
34:08quelqu'un de très très beau.
34:09On dit,
34:10waouh, top,
34:10j'ai gagné le gros lot,
34:11etc.
34:12Et puis, au bout de deux,
34:13trois semaines,
34:13on se dit,
34:14je m'embête pour être poli.
34:16C'est-à-dire qu'il ne va
34:17rien se passer.
34:17Donc, ça, c'est une des raisons.
34:18En fait, ce qui est intéressant,
34:20c'est de voir la résistance
34:22aux perturbations et à la dispute.
34:23La plupart des disputes,
34:25justement,
34:25viennent de l'usure,
34:26de ce manque,
34:27justement,
34:27de cette habituation.
34:29L'autre fait partie du meuble
34:30et le manque de considération
34:32de l'autre,
34:33ne serait-ce que
34:34essayer de comprendre
34:35qu'une relation,
34:36une sorte de reconquête,
34:37quand on veut une relation
34:38épanouie et longue,
34:39pas une relation courte,
34:41mais essayer de reconquérir
34:42son conjoint,
34:44son partenaire,
34:44tous les jours,
34:45juste par un mot gentil.
34:47Déjà ça,
34:47c'est déjà une bonne étape
34:49pour progresser.
34:50Il y a un autre truc
34:51qui est très intéressant
34:51et je l'ai vu dans les statistiques,
34:53pour une fois,
34:54j'ai essayé de regarder les statistiques,
34:55c'était qu'un couple hétérosexuel
34:59avec quelques enfants
35:00va à un moment donné
35:01se lier sans s'en rendre compte
35:03grâce aux enfants.
35:04Imaginons que le dernier des enfants
35:06parte à l'université.
35:08En général,
35:09c'est autour de la quarantaine,
35:10cinquantaine pour le couple.
35:11Ils se retrouvent face à face
35:12et pendant des années,
35:14ils ont vécu pour les enfants
35:17sans vivre vraiment
35:18une vie de couple.
35:19c'est ce qui arrive quelquefois.
35:20Le départ du dernier
35:22est quelquefois
35:23une crise de divorce,
35:25enfin un cas de divorce,
35:25même une crise de la quarantaine,
35:26quelque chose comme ça.
35:27Donc en fait,
35:28on arrive à identifier
35:29ces paramètres.
35:30Il n'y en a pas qu'un,
35:31c'est une combinaison de plusieurs
35:32qui explique pourquoi
35:33les couples vont vers des échecs,
35:36un sur deux va vers l'échec.
35:37Et notre travail
35:40est d'identifier chez chacun,
35:42que chacun fasse son travail
35:43et se dise
35:44où j'en suis dans mes paramètres,
35:45où j'en suis dans mon couple,
35:46vers quoi je vais ?
35:48Est-ce que ma maison est en paille,
35:49en bois ou en briques ?
35:52Est-ce que les enfants vont...
35:53Alors, je ne sais pas s'il y en a.
35:55Est-ce que le dernier
35:55va partir à l'université ?
35:56Il faut que je me prépare
35:57à quelque chose
35:58d'assez fort et d'assez puissant.
35:59trouver l'amour dans un smartphone,
36:02c'est le sujet
36:02de notre conférence aujourd'hui.
36:04Et je vous propose
36:05d'entrer dans les cinq dernières minutes
36:06avec vos questions.
36:08Et je retrouve justement
36:09une personne qui est avec nous
36:10dans la salle.
36:12La question est la suivante.
36:13La honte que l'on peut ressentir
36:15à l'idée de rencontrer l'amour
36:16via une application de rencontre,
36:18est-elle justifiée ?
36:21Quand on ressent cette honte,
36:22est-ce que c'est justifié ?
36:23Est-ce que tout le monde,
36:24finalement, ressent un peu de honte
36:26avant de télécharger une application
36:27et avant de renseigner peut-être
36:28son inscription ?
36:30Moi, j'ai l'impression
36:30qu'on a fait un petit peu de chemin
36:31quand même depuis l'invention de Mythique.
36:34On demande si elle est justifiée,
36:35en tout cas,
36:35si c'est un sentiment
36:36que tout le monde peut ressentir
36:37au moment de son inscription.
36:40Là, je suis un petit peu perplexe
36:42par rapport à cette question
36:43parce que ça fait maintenant 20 ans
36:45qu'on utilise en gros
36:45des sites de rencontre.
36:47Donc, j'ai l'impression
36:48que c'est quand même
36:48très, très banalisé.
36:50Il faut peut-être changer d'ami
36:50dans ce cas-là.
36:51Karima, est-ce que justement,
36:52on ressent un petit peu de honte
36:53avant de télécharger à peine ?
36:55Oui, écoutez,
36:57Oui, mais en tout cas,
36:58en France, je pense que c'est maintenant
36:58ça s'est démocratisé.
37:00C'est devenu un moyen comme un autre
37:02de faire une rencontre
37:04plutôt démocratisée.
37:05Dans d'autres pays,
37:05je ne pourrais pas dire la même chose.
37:07En Inde, on a encore un travail
37:08de démocratisation à faire.
37:10Au Brésil, pour le coup,
37:11c'est hyper démocratisé,
37:13totalement assumé par les hommes
37:14et par les femmes.
37:16Donc, voilà, ça dépend des pays.
37:19Laurent, même réponse.
37:20Je pense qu'on a fait du chemin.
37:21Je pense qu'au début,
37:22oui, ça devait l'être,
37:23comme quand on passait des petites annonces
37:24et qu'on restait anonyme
37:25ou des choses comme ça.
37:26Maintenant, je pense que c'est venu
37:27dans le quotidien de tout le monde.
37:30Et puis, ça marche pour Maya.
37:33Moi, je suis 19 ans avec mon mari
37:35et ça marche super bien.
37:37Donc, ça marche quelques fois.
37:39Ça ne marche pas d'autre fois.
37:41Et voilà.
37:41On peut déjà compléter
37:42l'intitulé de la conférence,
37:43trouver l'amour dans un smartphone.
37:45Pourquoi ça marche ?
37:46Pourquoi ça ne marche pas ?
37:46On va retenir pourquoi ça marche,
37:49ce premier intitulé.
37:49Merci à tous les trois.
37:51Merci à vous.
37:51Maya Mazorette,
37:52que l'on retrouve bien sûr
37:53sur France Inter,
37:53mais également sur Le Quotidien.
37:54Merci également à vous,
37:56Laurent Pujo Manjouet,
37:57qui a fait le chemin jusqu'à nous,
37:58de Lyon.
37:59Et Karima Ben-Adelmec,
38:01qui nous reçoit ici également.
38:03Présidente d'Appen.
38:04Vous pouvez les applaudir,
38:05nos trois intervenants.
38:06Merci à vous pour ces échanges.
38:09Et puis, vous qui êtes parmi nous,
38:10vous qui êtes peut-être connectés chez vous,
38:12et bien on se retrouve tout de suite
38:14dans quelques instants
38:15avec Camille Aumont-Carnel,
38:17de moi à nous,
38:18réseaux sociaux et sexe-positivisme.
38:20Elle est CEO de Jean Balquito
38:21et justement,
38:22elle va vous parler de ce sujet,
38:24c'est à partir de 10h45.
38:25A tout de suite.
38:26Merci.