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Mickaël Bouffard-Veilleux, Coraline Renaux, Pierre-Marie Chauvin, Gauthier Vernier, Hugo Caselles-Dupre
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00:00:01Transcription by ESO. Translation by —
00:00:30On va d'abord se présenter. On va parler pendant 15 minutes et vous allez voir ensuite un extrait de
00:00:34cette pièce. Je suis Pierre-Marie Chauvin, sociologue, vice-président de Sorbonne Université et à l'initiative et coordinateur de
00:00:41Molière Ex Machina.
00:00:43Moi, je m'appelle Gauthier. Je suis un des membres du trio d'artistes Obius, qui est co-auteur de
00:00:48cette pièce. Et chez Obius, on fait de la création avec des algorithmes d'intelligence artificielle, donc en général plutôt
00:00:54dans l'art plastique, mais aujourd'hui dans le théâtre.
00:00:57Et on a aussi un laboratoire de recherche dans lequel on fait de la recherche pour essayer de trouver des
00:01:03nouveaux algorithmes pour créer.
00:01:06Moi, c'est Mickaël Bouffard. Je suis le directeur du théâtre Molière Sorbonne et le metteur en scène de la
00:01:11pièce dont vous allez voir un extrait dans quelques instants.
00:01:14Et donc, je suis à la tête d'une troupe qui est spécialisée dans le répertoire du XVIIe siècle, Molière,
00:01:23Corneille, Racine, et qu'on joue avec la prononciation et la gestuelle du XVIIe siècle, donc avec une approche archéologique.
00:01:32D'où vient ce projet ? Comment est née l'idée de créer la pièce que Molière n'a pas
00:01:37écrite et qu'il aurait pu écrire en 1774 s'il n'était pas mort une année plus tôt ?
00:01:42C'est ça la question que nous nous sommes posées. Donc Molière est mort en 1773 d'une vilaine grippe.
00:01:49Et on a pris au sérieux la question. Et si ? Et s'il avait vécu un an de plus,
00:01:54qu'aurait-il écrit ?
00:01:55Alors c'est une question que tout un chacun peut se poser. Peut-être que dans l'histoire de l
00:01:59'humanité, certains ont essayé d'écrire des pièces à la manière de Molière tout seul.
00:02:02Et nous, nous l'avons fait de manière extrêmement singulière. C'est avec l'outil spécifique, à la fois puissant
00:02:10et limité de l'intelligence artificielle, et un assemblage humain extraordinaire.
00:02:13Donc je vais vous raconter un tout petit peu l'histoire de cette création. Et Gauthier et Mickaël pourront donner
00:02:20quelques petites fenêtres sur comment ça se fait, comment créer avec l'IA une pièce à la manière de Molière.
00:02:28En fait, ce projet est né il y a plus de deux ans et demi. Et donc il y a
00:02:32eu deux ans et demi de travail. C'est la première chose à se dire.
00:02:34C'est pas un projet clic bouton où on appuie sur un bouton, on prompte, on demande à l'IA
00:02:41crée nous une pièce à la manière de Molière, ça sort et on la joue.
00:02:45C'est pas du tout ça. Nous c'est un projet vraiment de long terme, donc deux ans et demi
00:02:50de travail, avec quatre chantiers créatifs, le texte, la musique, les costumes et les décors.
00:02:58Alors aujourd'hui, vous allez voir presque tous les chantiers créatifs, mais pas les décors. Le décor ici n'est
00:03:04pas un décor du XVIIe siècle, comme vous pouvez le voir.
00:03:06Et donc c'est aussi l'expérience décalée que nous vous proposons. C'est de jouer un extrait de cette
00:03:10pièce, l'astrologue ou les faux présages, à Vivatech,
00:03:14et quelque part qui fait un trait d'union entre ce qu'on a de plus classique dans notre patrimoine,
00:03:19notamment français, et ce qu'il y a de plus contemporain à travers les nouvelles technologies.
00:03:22Donc ce projet est né d'une rencontre avec Obius, donc Gauthier et monde d'un trio, qui travaille en
00:03:28tant qu'artiste, artiste contemporain, créant de l'art principalement visuel pour l'instant, avec l'IA.
00:03:33Et bon, Gauthier pourra en dire quelques mots, mais ils ont eu une espèce d'énorme accélérateur en 2018 sortant
00:03:40de nulle part, avec la création d'une oeuvre qui s'est vendue aux enchères,
00:03:44la première oeuvre d'art avec l'intelligence artificielle vendue aux enchères dans l'histoire de l'humanité.
00:03:50Et à partir de ce moment-là, Obius a commencé à travailler non pas de manière superficielle et extrêmement rapide,
00:03:56mais plutôt avec des partenariats au temps long et en s'entourant de compétences scientifiques et artisanales.
00:04:02Vous allez voir que ce n'est pas anecdotique ce que je dis parce que c'est vraiment au cœur
00:04:04du projet. C'est un projet d'art, de science et d'artisanat.
00:04:08Et donc, on s'est dit, tiens, si on combinait nos savoirs, et donc en tant que Sorbonne Université, en
00:04:16tant qu'université publique, notre objectif, c'est la formation et la recherche,
00:04:20c'est transmettre les savoirs. Mais ce n'est pas les transmettre les savoirs de manière, disons, conservatrice et poussiéreuse.
00:04:26C'est transmettre les savoirs en les rendant vivants, en les activant, en les bousculant, mais sans rien sacrifier à
00:04:32la rigueur.
00:04:33Et donc, ce projet qui a donné lieu à cette pièce de théâtre, c'est un projet à la fois
00:04:37scientifique, littéraire et un projet artistique inédit.
00:04:41Personne n'a jamais fait ça. Il y a eu des créations littéraires et artistiques, évidemment, avec l'IA, mais
00:04:46personne, aucun collectif n'a créé une pièce de théâtre,
00:04:50texte, musique, décors et costumes, avec l'IA pour chaque chantier créatif et avec des universitaires et des artistes.
00:04:57Donc, on peut se dire, mais pourquoi faire ça ? Pourquoi ce geste ? Pourquoi réunir des artistes, des scientifiques,
00:05:02une université ?
00:05:03À quoi bon aller réveiller Molière ? En fait, on n'a pas réveillé Molière. Réveiller Molière, ça serait prendre
00:05:09Molière et lui demander,
00:05:11tiens, Molière, qu'est-ce que tu dirais du monde contemporain ? Ce n'est pas du tout ce qu
00:05:14'on a fait. On a fait le mouvement inverse.
00:05:16C'est nous qui sommes allés à la rencontre de Molière, à la rencontre du XVIIe siècle, pour retracer le
00:05:22processus créatif de Molière
00:05:24et le refaire avec des humains, avec l'IA. Et en fait, ce projet, c'est un projet où l
00:05:31'IA est l'outil qui a servi à chaque chantier créatif,
00:05:34mais où l'humain est omniprésent. Et je le souligne, car cette semaine a été publiée une tribune, par exemple,
00:05:40qui s'inquiète dans le monde de la marginalisation de l'humain à travers la mobilisation de l'IA.
00:05:47Notre projet, c'est complètement à rebours de cette crainte. On a pris à rebours la crainte de la marginalisation
00:05:53de l'humain.
00:05:53L'humain est central, les compétences humaines sont centrales. Et on a pris à rebours ce qui est reproché à
00:05:58l'IA.
00:05:58On reproche à l'IA de restreindre l'espace de pensée, l'espace de créativité. On reproche à l'IA
00:06:03de restreindre l'esprit critique.
00:06:05On reproche à l'IA de véhiculer un monde d'accélération permanente avec des fulgurances, mais dans une vitesse effrénée.
00:06:11On a pris à rebours avec un projet où l'humain est central. L'esprit critique est central et à
00:06:17chaque étape de création,
00:06:18l'humain a dû dialoguer de manière critique et corriger, valider l'IA et avec du temps long.
00:06:25Donc humain, esprit critique, temps long, c'est les valeurs centrales de l'université.
00:06:30C'est les valeurs centrales, je pense, aussi du trio d'artistes obvious et c'est pour ça qu'on
00:06:33s'est rencontrés.
00:06:34Gauthier.
00:06:35Merci Pierre-Marie. Du coup, je vais vous dire un petit mot sur en quoi ça consiste concrètement de créer
00:06:42avec de l'intelligence artificielle.
00:06:44Je pense que déjà, c'est à distinguer de la manière dont l'intelligence artificielle est abordée dans les industries
00:06:51créatives.
00:06:51En fait, elle est beaucoup utilisée pour réduire les temps de création, réduire le budget pour faire de la création.
00:06:58Dans le milieu artistique, purement artistique, on essaie de l'aborder d'une autre manière et d'essayer de créer
00:07:05des choses qui ne sont pas possibles sans l'IA.
00:07:07Donc en fait, ce qui nous intéresse, c'est d'explorer des esthétiques qui ne pourraient pas exister sans l
00:07:12'IA, des concepts qui ne pourraient pas exister sans l'IA
00:07:16et des méthodes de travail qui ne peuvent pas exister sans l'IA.
00:07:18Et je pense que cette pièce illustre très bien ça.
00:07:22Ce qu'il faut savoir, quand on crée avec de l'IA, c'est que ça déplace un petit peu
00:07:25le geste créatif parce qu'on travaille avec un outil.
00:07:28Donc l'IA, c'est un outil, il faut le savoir.
00:07:30On travaille avec un outil qui a sa part de surprise.
00:07:34Donc ça peut créer beaucoup plus de surprises que de travailler avec un pinceau ou un burin.
00:07:39Et en fait, tout le jeu, c'est de laisser place à cette surprise, une place suffisamment importante pour qu
00:07:47'il y ait de l'intérêt.
00:07:48Mais aussi de rester dans le contrôle pour que la création, au final, soit humaine et transmette ce que nous,
00:07:53on essaie de transmettre.
00:07:55La particularité, c'est aussi que c'est un outil formidable pour travailler à plusieurs sur une création unique.
00:08:00C'est très dur de peindre une toile à 3, à 4, à 5 et de s'accorder sur le
00:08:05résultat qu'on veut obtenir.
00:08:07Par contre, quand on travaille avec de l'IA, en fait, on va se concentrer majoritairement sur les paramètres, les
00:08:12données qu'on va donner,
00:08:13le concept qu'on va essayer de défendre avec ces outils pour cette création.
00:08:18Et en fait, ça, c'est beaucoup plus facile de s'accorder là-dessus.
00:08:21Donc chez Obvious, on est un trio d'artistes, on travaille à 3 sur une production unique.
00:08:25Et pour cette pièce, on a fait rentrer un nombre de personnes, donc de près ou de loin, dans ce
00:08:31processus créatif.
00:08:32Donc typiquement, Mickaël et Coraline qui jouent tout à l'heure, qui jouent Lucille, donc vous pourrez la découvrir sur
00:08:37scène,
00:08:39sont complètement rentrés dans le processus créatif de l'écriture.
00:08:42Un processus dans lequel on n'a pas écrit un seul mot.
00:08:45On n'a fait que prompter, nourrir les algorithmes avec des sources, avec des textes de Molière, des extraits,
00:08:51des traités de philosophie, de mode de l'époque pour obtenir des résultats,
00:08:56mais sans jamais écrire un seul mot nous-mêmes.
00:08:58Ils sont rentrés aussi dans le processus de création des décors, des costumes,
00:09:04puisque cette fois, on a aussi utilisé des sources et on a utilisé des algorithmes de génération open source
00:09:09pour générer des dessins de costumes.
00:09:11Ensuite, il y a des costumiers et des costumières qui sont passés derrière pour interpréter ces dessins
00:09:15avec les techniques de l'époque.
00:09:17Donc tous les costumes que vous allez voir sont cousus à la main, il n'y a pas eu de
00:09:20machine à coudre.
00:09:21Voilà, tout ce qui est seulement avec les techniques du 17e, les matières du 17e.
00:09:25Sur la musique, pareil, on a fait rentrer des chercheurs, Xavier Fresquet notamment,
00:09:30qui nous a aidés sur la création de musique, et des musicologues pour juger de la qualité du travail.
00:09:35Et cette fois, on a décidé de faire de la génération de partitions,
00:09:37plutôt que de faire de la génération MP3 qui pourtant fonctionne très bien.
00:09:42Pourquoi ? Parce que les algorithmes qui font de la génération de sons directement
00:09:48sont majoritairement entraînés sur des bases de données qui sont pillées.
00:09:51Donc là, pour un côté éthique, on a décidé de faire la génération de partitions.
00:09:55Ce sont des algorithmes qui sont moins performants,
00:09:57mais qui nous permettent d'avoir un contrôle total sur les données qui sont utilisées.
00:10:01Donc pour ça, on a utilisé un nombre de partitions de Marc-Antoine Carpentier
00:10:05et ses contemporains pour générer des partitions qui ensuite ont été retravaillées
00:10:09pour donner la musique que vous allez entendre ce soir.
00:10:11Donc voilà un petit peu tous les chantiers créatifs.
00:10:13Le but toujours, c'est l'utilisation de l'IA collectivement pour faire de la création
00:10:20en faisant rentrer les avis des experts, en faisant rentrer les envies créatifs de chacun
00:10:25et pour arriver à un résultat qui se rapproche au plus de ce qui pouvait être fait au XVIIe siècle.
00:10:30Et pour la musique, juste pour préciser, on a fait comme à l'époque,
00:10:33on a mélangé du vrai charpentier et du faux charpentier.
00:10:37Donc il y a deux pièces qui sont originales du compositeur qui nous a servi à entraîner.
00:10:43Et il y en a une qui est une création par l'IA.
00:10:45Donc ça va être un petit jeu pour vous de deviner laquelle des trois pièces a été créée par l
00:10:51'IA.
00:10:52Juste une chose, comment on a pu faire écrire à la machine avec toute cette équipe humaine
00:11:00la pièce que Molière a jamais pu écrire ?
00:11:03Parce que vous savez, il est mort un peu prématurément par une maladie pulmonaire
00:11:07qui l'a emportée trop tôt.
00:11:09Et donc nous, on s'est demandé c'était quoi déjà.
00:11:12Et la plupart des chercheurs s'entendent pour dire que sûrement il aurait écrit une pièce sur l'astrologie.
00:11:17Parce qu'il critique l'astrologie dans trois autres de ses pièces, mais un peu en filigrane.
00:11:21Ce qu'il avait fait pour la médecine.
00:11:23Et après, il a fait le malade imaginaire qui était sa dernière pièce.
00:11:26Donc on s'est dit, on va partir de là, on va faire une comédie en prose.
00:11:30Parce qu'on s'est dit, écrire des alexandrins, ça va peut-être être un peu difficile pour l'IA
00:11:34à ce stade-ci.
00:11:35Et puis, on voit qu'elle est bien meilleure maintenant pour écrire la poésie qu'elle l'était il y
00:11:39a deux ans.
00:11:40Et puis, on a donné à cette machine tout ce que Molière a écrit,
00:11:45en lui demandant dans nos promptes de donner plus d'importance, d'accorder plus d'importance à la fin de
00:11:50sa carrière
00:11:51qu'au début de sa carrière.
00:11:53Parce que Molière aimait bien tester des choses dans ses pièces et les redévelopper plus loin.
00:11:57C'est ce que les historiens appellent la réexploitation chez Molière de ses propres textes.
00:12:02Ensuite, on a donné ce qu'il a lu.
00:12:04Comment on peut savoir ce que Molière a lu ?
00:12:07Déjà, toutes les pièces qu'il a jouées de ses collègues,
00:12:11qui a aussi écrivé des pièces, on a la liste des pièces qu'elle a trop pas jouées.
00:12:14Donc on sait que Molière l'a lu.
00:12:15Les pièces qu'il cite auxquelles il fait des clins d'œil dans son propre travail.
00:12:19Donc ça, il y a des chercheurs qui ont compilé tous les textes auxquels il fait des clins d'œil.
00:12:23Donc on sait qu'il les a lus.
00:12:24Et ensuite, on a la chance, il avait deux maisons, deux bibliothèques,
00:12:29même trois bibliothèques parce qu'il y en avait une près de son lit.
00:12:32Et dans ces trois bibliothèques, on a le notaire qui a fait l'inventaire de tous ses livres quand il
00:12:38est mort.
00:12:38Parce qu'après, il faut séparer le montant entre les héritiers de manière égale.
00:12:43Donc il faut donner un prix à chaque livre.
00:12:46Mais nous, c'est génial parce que ça nous a permis de savoir quelle était sa culture littéraire.
00:12:50Et donc, si vous savez quelle était la culture littéraire de Molière, vous pouvez le donner à la machine
00:12:55pour qu'ensuite, elle reproduise des choses comme nous, on redigère ce qu'on a lu.
00:13:01Et ça ressort, ça ressemble, mais ce n'est pas la même chose non plus.
00:13:05C'est quelque chose qui a infusé et qui ressort dans ces différentes pièces.
00:13:13Pour les costumes, c'est pareil.
00:13:14On a entraîné des algorithmes sur des dessins pour générer tous les costumes que vous allez voir.
00:13:19Ils sont entièrement créés d'après des dessins générés par l'IA à partir d'un entraînement sur des dessins
00:13:28du 17e siècle.
00:13:29Dernière chose, je vous invite à retourner en 1774.
00:13:34C'est nous qui allons aller vers le 17e siècle.
00:13:38Vous allez entendre les comédiens parler comme au 17e siècle, comme on parlait à l'époque de Molière.
00:13:44Vous allez voir qu'ils font des gestes qui sont ceux des comédiens du 17e siècle.
00:13:48Tout ça, c'est notre partie reconstitution historique qu'on a l'habitude de faire, que vous allez voir là.
00:13:53Et l'histoire que vous allez voir tout à l'heure, vous arrivez au troisième acte.
00:13:58Mais je vous dis un peu ce qui se passe dans les deux premiers actes.
00:14:01C'est la jeune Lucille qui est amoureuse d'un garçon très beau, très gentil.
00:14:07Et son père a décidé de la marier à un vieux perruquier, un vieux perruquier qui est endetté en plus.
00:14:14Et pourquoi ? Parce que son astrologue personnel a créé un faux horoscope pour dire
00:14:19que le vieux monsieur Merville doit absolument marier la jeune Lucille.
00:14:23Et donc évidemment, les deux compères ont décidé qu'on va séparer la dot à 50-50.
00:14:29Et comme ça, je vais pouvoir marier la jeune, avoir l'argent, payer mes dettes.
00:14:34Et toi aussi, l'astrologue, tu auras ça.
00:14:36Donc l'astrologue utilise l'astrologie ici pour tromper tout le monde.
00:14:42Et là, c'est le moment où il doit venir intervenir parce que tout le monde complote contre lui.
00:14:46Et il y a une servante qui a organisé une astuce pour détromper l'astrologue.
00:14:53Et elle a décidé de demander à l'amoureux de se déguiser lui aussi en astrologue.
00:14:58Et donc, il va y avoir une battle d'astrologue.
00:15:00Et vous allez voir à la fin qui va triompher et qui, finalement, la pauvre Lucille va marier à la
00:15:05fin.
00:15:06Ou la pauvre ou l'heureuse Lucille.
00:15:08Une dernière chose, nous allons rejouer cette pièce au complet du 25 au 28 juin à Paris,
00:15:14au Théâtre de la Cité Universitaire, une ou deux fois par jour.
00:15:18Donc, sur le site du Théâtre de la Cité Universitaire, vous allez pouvoir retrouver les dates, la billetterie.
00:15:24Et on vous distribuera un petit flyer à la sortie aussi, si vous avez envie de voir la pièce au
00:15:29complet.
00:15:29Ou d'en parler autour de vous.
00:15:31Merci infiniment.
00:15:32Et puis, bon spectacle.
00:15:34Merci.
00:15:35Merci.
00:15:53Merci.
00:16:14Merci.
00:16:45Merci.
00:17:24Merci.
00:17:50Merci.
00:18:22Merci.
00:18:44Merci.
00:19:23Merci.
00:19:44Merci.
00:19:59Merci.
00:19:59Merci.
00:20:12Merci.
00:20:14Merci.
00:20:16Merci.
00:20:17Come on, Samaroth, if you continue, I divide your gages by Troës until the next comet.
00:20:27Ah, here's our father of horoscope, the master of disaster in person.
00:20:33Monsieur Merville just told me, Gérard has received news that will be contrary to our predictions.
00:20:41Ha, ha, ha, ha, ha, ha, ha!
00:20:44Emporte! Ce bonhomme est un fou que nous menons par le nez.
00:20:50Que les miroirs soient placés selon l'art, l'un près de la fenêtre et l'autre face à la
00:20:57porte.
00:20:58La nuit s'éteint et son ombre favorise nos décès.
00:21:03Ha, ha, ha, ha, ha, ha, ha, ha!
00:21:08Ah, ton mousse, l'instant est propice.
00:21:20Ah, ton mousse, l'instant est propice.
00:21:52Oh, monsieur Clémence, guidez-moi pas dans cette demeure de vérité.
00:22:01Ah, le beau parleur.
00:22:04Oh, la nuit tombe, et avec elle, les voiles qui cachent les vérités célestes.
00:22:15Les astres d'âne, leurs courses éternelles, ont choisi ce moment pour révéler à votre maître les secrets de son
00:22:24destin.
00:22:25Oh, seigneur Pseudoramus, vous arrivez à point nommé.
00:22:29Mon sieur s'est retiré pour méditer vos dernières prédictions.
00:22:33Il sera bientôt parmi nous, et je gage qu'il brûle de vous entendre.
00:22:38Mais à propos, je commençais à craindre que les cieux ne vous eussent retenus pour quelques conseils célestes,
00:22:46car enfin, un homme aussi indispensable aux astres ne saurait se faire attendre sans raison.
00:22:53Voyez bien que si j'ai tardé, c'est que Mars, ce cœur et leur nez, peine est à sortir
00:22:59de sa rétrogradation.
00:23:01Oh, un signe si funeste qu'il a fallu que je marche en reculant jusqu'à la porte
00:23:07pour ne pas contrarier sa maligne influence.
00:23:12Sans cette prudence, j'eusse pu d'un seul pas de traverse,
00:23:17précipitant de la grande d'ours d'âne le puits du jardin.
00:23:22À vous voir ainsi cheminer, les planètes, sans doute, ont dû suspendre leur course
00:23:28pour mieux contempler une si remarquable rétrogradation.
00:23:33Si vous traînez encore, c'est tout l'horoscope qui va prendre du retard.
00:23:40Mademoiselle, Vénus la coquette et Mars le débauché
00:23:45se sont donné rendez-vous dans la maison du Bélière.
00:23:49Une conjonction si ardente qu'elle lèvera les doutes des eunuques
00:23:56et fera fleurir les coquus par dizaines.
00:24:00Et toi, Sylvain, ô toi fléau des Angles Dress,
00:24:06que ces témoins muets des secrets lunaires
00:24:09s'alignent sur l'excentricité de notre astre inconstante.
00:24:14Il parle comme s'il avait avalé un grimoire.
00:24:17« Maître ! Au nom du Bélier, du Taureau et de tous les autres cornus du Zodiac,
00:24:25vous voulez dire qu'on place un miroir près de la fenêtre
00:24:29et l'autre là-bas contre le mur ? »
00:24:32« Oui, oui, mal appris ! »
00:24:35« Le grand miroir là, face à la lune,
00:24:37et l'autre là-bas, pour capter ses rayons argentés. »
00:24:44« Tous, filieux des présages, que vos chânes alliez frappèrent aux portes des maisons du Zodiac,
00:24:54et qu'ils alliez révélièrent les planètes en leur logis ! »
00:25:01« Au cœur vraiment ouverte, les astres sont fidèles et parlent en secret de leurs louées éternelles ! »
00:25:10« Tandis qu'aux entêtés, pour punir la lorgueil,
00:25:16ils cachent l'avenir jusqu'au jour du cercle ! »
00:25:23« La lune rousse, cette redoutable voyageuse, approche de son apogée ! »
00:25:31« Maître ! Ce miroir là, est-ce qu'il est mieux un quadrat avec la cheminée,
00:25:36ou un sextile avec le buffet ?
00:25:39Parce qu'à nos positions avec la porte,
00:25:41ils risquent de contrerier les fûts de Mars,
00:25:43ou bien je n'y vouais goûte ! »
00:25:45« Sylvain ! Si d'aventure tu me viennes importuner encore,
00:25:50je te mets au nombre des constellations minères ! »
00:25:54« Ouais ! Longez-la haut, maître ! »
00:25:58« J'y consenss, pourvu que ce soit dans la meilleure des douze maisons célestes !
00:26:03Avec toi, tes cheminées, faites de moi une étoile bien fixe, bien tranquille ! »
00:26:11« Je ne veux point devenir un astre vagabonde,
00:26:15à traîner ma lumière de constellation en constellation comme un pauvre herre ! »
00:26:25« Moi, ce que je veux, c'est une place bien stable, bien rangée,
00:26:30comme un clou dans le plafond du ciel ! »
00:26:34« Ainsi, je pourrais briller sans me fatiguer,
00:26:37et surtout sans risquer de me perdre un chemin ! »
00:26:43« Hâte-toi, ma rôde !
00:26:45Ces miroirs doivent être disposés avant que la lune ne s'insinue
00:26:49entre Saturne et moi, dans un trigone fort compromettante ! »
00:26:55« Trois astres ainsi disposés font rarement bon ménage ! »
00:26:59« Ah ! Voici mon sieur, qui s'avance à pas compter ! »
00:27:04« Appuyez vos astres pour qu'il ait la main généreuse aujourd'hui,
00:27:07un mauvais calcul et sa bourse ne s'ouvrira qu'à regrette ! »
00:27:11« Ah ! Divin Pseudoramus ! Mon guide, mon oracle, mon unique recourse ! »
00:27:19« Je craignais bien que tous ces grands seigneurs,
00:27:23avec leurs cadeaux et leurs belles paroles,
00:27:26ne vous eussent détournés d'un homme de ma condition ! »
00:27:29« Mais me voilà rassuré !
00:27:31Les astres vous ont renvoyé parmi nous,
00:27:34et je puis de nouveau respirer ! »
00:27:36« Oui, mon sieur, et c'est un miracle
00:27:39qu'il n'est pas fait boire la grande ours au puits du jardin ! »
00:27:43« Entre toutes les ours qu'ils y connaîtrent,
00:27:45c'est le pentalan saigne du cabaret qui fréquente le plus ! »
00:27:49« Il y consulte le bro plutôt que les astres,
00:27:52et ce n'est point de l'eau qu'on y boit ! »
00:27:54« Peste de la bête ! »
00:27:56« Si je me suis fait atteindre,
00:27:58c'est que la lune rousse,
00:28:01la redoutable voyageuse,
00:28:03qui s'occupe de votre thème astral,
00:28:06et préside à vos destinées,
00:28:08n'a retenu plus qu'à l'ordinaire d'Anne,
00:28:10le sanctuaire de ses influences,
00:28:14afin d'achever certains calculs
00:28:16d'où dépanne toute la gloire de votre maison ! »
00:28:20« Ma foi, ce n'est point la lune
00:28:22qu'il a retenue si tard ! »
00:28:24« C'est son lit ! »
00:28:25« Où il a passé la nuit sous les influences de Bacchus,
00:28:28dont il ne sait jamais se démêler les effets avant midi ! »
00:28:31« Nous arrivons, mon sieur,
00:28:33d'Anne, une heure excellente,
00:28:35et si le soleil y était votre père,
00:28:38Vénus votre mère,
00:28:40et la lune votre soeur,
00:28:42ils ne saurait pour favoriser vos intérêts,
00:28:45ce ranger d'un des quartiers du ciel
00:28:47plus commode qu'à présent ! »
00:28:51« Cependant, il nous faudrait pour la cérémonie
00:28:54du linge fort blanc,
00:28:55des vases d'argent,
00:28:57quelques poulards d'immaculés,
00:29:00deux ou trois veines cléresces.
00:29:02Mais faute que la maison n'aille soit pourvue,
00:29:06vous m'apporterez cela chez moi,
00:29:08où je pourrai achever la besogne. »
00:29:11« Ah, mon sieur, il ne tiendra point à moi
00:29:13que vous n'ayez tout cela chez vous à l'heure même,
00:29:16et plus encore, s'il le faute.
00:29:18Mais avant que d'aller plus loin,
00:29:20veuillez jeter en regard à ces papiers
00:29:23qui me mettent au supplice. »
00:29:25« Ce qui vous trouble n'a dit rien. »
00:29:28« Voici là une femme ouvrage. »
00:29:30« Un certain astrolabe. »
00:29:32« Coman, vous le connaissez donc ?
00:29:34Hélas, c'est lui-même. »
00:29:37« Vous avez reçu certains écrits ténébreux. »
00:29:40« Oui. »
00:29:41« Où l'on vous menace des dernières malheurs
00:29:43si mademoiselle Lucie l'épouse mon chère Merville. »
00:29:47« Ah, quelle pénétration ! »
00:29:50« Et vous brûlez de savoir
00:29:51si ces prédictions ont quelques fondements. »
00:29:55« Oui, c'est cela même. »
00:29:58« Voilà, je croise tout le fond de votre inquiétude. »
00:30:02« Vous avez deviné juste. »
00:30:05« Vous êtes un prodige de science. »
00:30:07« L'oracle des oracles. »
00:30:10« Au nom du ciel, qu'en faut-il créer ? »
00:30:12« Sornetus. »
00:30:13« Mais au moins lisez, je vous en supplie. »
00:30:16« Je ne sens que bilieuseuseuse
00:30:18rêverie d'un devin de la foire de Saint-Germain. »
00:30:21« Le procès est bientôt jugé. »
00:30:24« Voilà bien des chimères et indignes de votre esprit. »
00:30:28« Les hommes de votre discernement les devraient déchirer sans y songer. »
00:30:34« Dans ses marques, ses figures, ses terribles avis. »
00:30:38« Ah, c'est faux pronostic ! »
00:30:41« Et voyons si la lune rousse veut parler elle-même. »
00:30:48« Dans les affaires d'hymène, cet astre ne se contente point de calculs. »
00:30:52« Et pour mieux se faire entendre, il daigne parfois se présenter en personne. »
00:31:00« Mais il lui faut pour descendre en ce lieu une matière à milieu. »
00:31:07« Avez-vous quelques écublandes ? »
00:31:10« Des écublandes, dites-vous ? »
00:31:12« L'argent est le métal de la lune. Elle s'y attache, elle s'y repose, elle y fait
00:31:18tomber ses influences. »
00:31:22« Cela est constant. Les métaux ont leurs planètes, comme les maladies ont leurs remèdes. »
00:31:29« Que faut-il faire ? »
00:31:30« Je t'ai d'abord dans cet endroit six pièces d'argent. »
00:31:36« Ah, s'il ne faut que cela, une, deux, trois, quatre, cinq et six. »
00:31:57« Par ma fouet, je vois un rayon de lune qui se promène sur ses pièces. »
00:32:03« Mon sieur, la lune roue se connaît son monde. »
00:32:07« De tous les carreaux du logis, elle choisit d'abord celui qui porte les écusses. »
00:32:12« Cela, c'est une patilleur du métal. »
00:32:15« Si c'est assez pour convoquer l'astre, ce n'est pas assez pour l'attacher à vos affaires.
00:32:22»
00:32:23« Mettez-en douze au lieu que je vous marque. »
00:32:34« Trois et trois font six et six font douze. »
00:32:40« Donne-vous la douze ! »
00:32:53« Par bleu, le rayon s'effort bien de son chemin. »
00:32:58« Il fait sa révérence à la porte et va prendre le robot de la table. »
00:33:10« Mais l'affaire est grave, et la contradiction des signes ne se lève point à si bon marché. »
00:33:18« Videz votre bourse, le ciel n'aime pas qu'on marchande avec lui. »
00:33:25« Dans ces sortes d'opérations qui dépensent plus, dépensent moins. »
00:33:31« Voulez-vous ménager votre argent et ruiner votre destinée ? »
00:33:37« Je ne suis pointant, ma barguinière. »
00:33:40« La lune rousse a l'art de monnayer ses faveurs. »
00:33:45« Attendez ! »
00:33:49« Hé ! »
00:33:57« L'astre est satisfaite ! Il rente enfin son arrête ! »
00:34:07« Mais précisément, la lune l'a choisie. »
00:34:11« Quand le ciel guide les pas d'impéreux vers ceux d'un jeune homme sait qu'il a désigné
00:34:20son élu. »
00:34:22« Mais il faut, pour l'achever l'opération, ôter d'ici ces métaux qui sont maintenant chargés des contrariétés
00:34:30qu'ils viennent d'absorber. »
00:34:33« Une main profane ne sauraient les approchers sans danger. »
00:34:39« Que les filles des astres les recueillent et les abritent dans mon tablière. »
00:34:46« L'étrange médecine, pour guérir la maison, il commence par la saignière. »
00:34:52« Celle-là est l'alchimie de tous les devenes. Ils ont l'art de transmuter leurs fables en argent,
00:34:58et le métal ne fait que paraître en leur main pour s'évanouir dans leur escarcelle. »
00:35:04« Il est fâcheux qu'en présence du Seigneur Géronte, chacun se croit en droit de rallier ce qu'il
00:35:11n'entend pas. »
00:35:14« Je vous avoue que ces favorables augures me font un honneur dont je me sens indigne. »
00:35:21« Je ne suis après tout qu'un homme sans prétention. »
00:35:56« Une belle figure, l'autre la trouve en son miroir. »
00:36:04« Que veut dire ceci ? Ce rayon que la lune nous envoie comme en signe certaine vienne frapper ce
00:36:11papier que vous avez jeté ? »
00:36:13« Le ciel est opiniâtre, mon sieur. Il vous remet sous les yeux la lettre que Pseudoramus tâchait de faire
00:36:22disparaître. »
00:36:23« Ma foi, Seigneur Pseudoramus, si la lune rousse elle-même illumine cette écrite,
00:36:28ne serait-ce point un signe qu'il faut lui prêter quelque attention ? »
00:36:33« Vous vous arrêtez encore ces écrits trompeurs. »
00:36:39« Messieurs m'ont choisi pour être leur truchemante auprès de vous. »
00:36:44« Vous feriez plus des tas d'un misérable papier signé d'un nom inconnu que de la bouche dont
00:36:51ils se servent pour vous parler. »
00:36:54« Mon pauvre ami, après tant de preuves, tant de faveurs célestes dont je vous ai fait part,
00:37:02est-ce-là la reconnaissance que je mérite ?
00:37:05Dois-je donc voir celui dont j'ai toujours vanté la constance se laisser ébraner par les songes d'un
00:37:13imposteur ?
00:37:14Voilà le cas que mérite cette fourberie. »
00:37:18« Hélas, je confesse ma faute. Mon esprit s'est égaré. »
00:37:23« Pour dissiper jusqu'au dernier de vos scrupules, pourquoi nous en tenir aux méthodes ordinaires ? »
00:37:32« La chéromanse, voyez-vous, elle est preuve souveraine. »
00:37:37« Les astres gravent leur volonté et donnent les lignes de la main de ceux qu'ils ont marqués pour
00:37:43de hautes destinées. »
00:37:45« Les filles approcheuses, élisez dans cette paume la caractère que le ciel imprima à la naissance. »
00:38:05« Jupiter, en ces lieux, prit par le terrain, en scellant cette hymène qui mène au souverain. »
00:38:15« Admirez cette ligne de fortune. Voyez comme du pied de ce mont que la savane consacre à Jupiter. »
00:38:24« Elle tire un rameau vers la prospérité domestique. »
00:38:28« Et maintenant, considérez ce petit trait joint à la ligne du cœur. »
00:38:36« Le jeune homme qu'il désigne n'est autre que Monsieur Merville, que le ciel incline résolument vers Mademoiselle
00:38:48Lucille. »
00:38:50« Cette marque fournit une irréfutable attestation, une évidence qui me confond moi-même. »
00:39:06« En cette leu palti, votre gendre en odeurl, parle des employés d'État, vous mène à la grandeurl. »
00:39:21« Servez, mon sieur, comme cette ligne de fortune forme ici en confluant prodigieuse à la racine même du mont
00:39:29de Vénus. »
00:39:32« Tout est écrit. Le mariage de Monsieur Merville vous fera entrer en commerce avec tant de têtes illustres qu
00:39:42'il vous mènera aux plus hautes charges. »
00:39:46« Des charges ! Ciel favorable, voilà qui est écrite en toutes lettres. Ma maison s'élève et je vous
00:39:56ai déjà, pour ainsi dire, les coffres du royaume ouverts dans de moi. »
00:40:02« Oh ! Monsieur Merville, je reconnais bien à l'époque que le ciel me promettait. »
00:40:09« Je le suis pour tout dire que l'homme est instrument de la destinée. »
00:40:15« Mais n'est-il pas vrai, mademoiselle, quand des affaires si délicates, le ciel a d'ordinaire à ses
00:40:23bons goûts ? »
00:40:24« Désidérez-le donc, ma fille, cet homme n'est-il pas tout ce qu'un père peut souhaiter d
00:40:29'engendre ? »
00:40:30« Et une fille de bon goût ? Ne doit-elle pas trouver sa félicité et avoir son père exaucé
00:40:37dans ses voeux les plus chers ? »
00:40:39« Mon père, le devoir d'une fille a ses limites, et mon cœur n'est pas un ambiant dont
00:40:44les astres peuvent disposer à leur guise. »
00:40:47« Je me trompe peut-être, monsieur, mais pour ainsi lire dans le creux de la main, il faudrait que
00:40:53chaque ligne eut son alphabète,
00:40:55et que la nature eut pris soin d'écrire sur la peau ce qu'elle cache soigneusement au fond de
00:41:00l'âme. »
00:41:02« Monsieur, votre esprit t'épluche tout et ne comprend rien. »
00:41:09« Votre incrédulité me désespère. »
00:41:13« L'astrologie judiciaire, confirmative, catoptromane, sienne et spéculaire,
00:41:19canseigne, zoroastre, hermestris, mégiste, alia ben ragel, psellus, tebit, et tous les plus doctes caldéens,
00:41:27la caractère du destin, loin d'être arbitraire, se rencontrent avec une constance si uniforme
00:41:35qu'ils font comme une langue universelle où le ciel écrit sa volonté. »
00:41:42« Les marques en sont si claires, mon bon monsieur, si claires. »
00:41:46« Si claires qu'il faut avouer les yeux voilés pour l'enfant tomber d'accord. »
00:41:51« Pour moi, je tiens la vérité de ces signes pour une chose incontestable. »
00:41:56« Tous les esprits ne naissent pas avec la même disposition pour les sciences sublimes. »
00:42:03« Ce que les uns conçoivent d'abord, les autres le nient, faute de le pouvoir comprendre. »
00:42:10« Je vois bien qu'en cette matière, il faut croire d'abord afin de voir ensuite. »
00:42:15« Ne tenez pas rigueur à cet esprit borné, seigneur Pseudoramus.
00:42:19Il n'appartient qu'à vous de lire les lignes avec cette netteté merveilleuse
00:42:24et de tirer de si grandes choses des moindres figures. »
00:42:28« La chiromane s'a parlé. Mais pour un homme de votre portée, il faut des démonstrations d'un ordre
00:42:36plus haut. »
00:42:38« Me créez-vous donc capable ? »
00:42:40« Retenez pour cela. Vous avez déjà effleuré les secrets de la science des astres. »
00:42:48« Aussi ne vous offrirai-je point ces futilités qui suffisent aux esprits communs, mais des prêves irréfutables. »
00:43:28« Prenez cette lunette et regardez, là, vers le point que je vous marque, la lune va se découvrir à
00:43:45vous sans détours. »
00:43:49« Luna rosa, luna bona, père argentam, et voilà, père l'humain, père spéculum, père destinum geronticum,
00:44:05signa financier, inspector fiscalis, venu, vivi, vivi. »
00:44:16« Fortunam ressuscita, elimenam ratifica, elimenam ratifica, elimenam ratifica, elimenam... »
00:44:31« Attendis ! Oui, je vois... C'est elle ! Je vois la lune même ! »
00:44:39« Ah ! C'est merveille ! La belle rousse me fait la grâce de se montrer. »
00:44:46« Et je la trouve dans un bon point qui n'est pas sans impasse. »
00:44:50« L'air d'une chambre épaissie, les vapeurs, les vitres altèrent la pureté des rayons. »
00:44:57« La base, sous le ciel dégagé, les constellations, débarrassées de tout voile,
00:45:03révéleront leur vérité à ceux qui savent en payer le prix. »
00:45:09« Hé, ratez-vous ! La lune rousse ne tardera pas à se dérober à nos regards. »
00:45:15« J'ai fait dresser au jardin ma lunette persane, polie selon la méthode des sages arabes,
00:45:23monter sur un pied d'ébène et préparer avec des soins, des veilles et des dépenses,
00:45:30que je ne compte point lorsqu'il s'agit de vous servir. »
00:45:34« Oh, cher Doramus, vous êtes le salut de ma maison. Prenez encore ceci.
00:45:39Ce n'est rien au prix du bien que vous nous faites. »
00:45:43« Ah, ne différons pas. Allons, courons au jardin. »
00:45:47« Je vous laisse ce plaisir. Les étoiles ne m'ont jamais rien dit de bon,
00:45:51et je les écoute fort bien d'ici. »
00:45:54« Oh ! Levez les yeux, seigneur Géronte. Voici la voieille de l'être.
00:46:02C'est la trace que la lune a laissée en son passage. »
00:46:13« Ah, ce pseudo-ramus arrête de retourner les esprits, c'est mon père. »
00:46:18« Hélas, n'a que trop de règne pour ses fables. Tout espoir m'abandonne. »
00:46:24« Le bonhomme est déjà retombé dans sa folie, mais il ne tient qu'à nous de le détromper. »
00:46:30« Comment donc ? »
00:46:31« Je vous ai forgé un miracle tout près contre son faux prophète. »
00:46:36« Venez, mon sieur, ils sont au jardin. »
00:46:39« Eh bien, Dorine, suis-je assez docteur ici ? »
00:46:44« Ah, mon sieur, vous voilà tout à fait l'astrologue qui nous faute. »
00:46:48« Cléonte, quel prodige cela ! Vous voulez changer de visage. »
00:46:54« Mais ma... »
00:46:55« Cette barbe et ce manteau, je vous reconnais à peine. »
00:46:59« Cet équipage emprunté ne me fait-il point de tort à vos yeux ? »
00:47:03« J'aurai grand regret qu'en voulant vous servir, je me rendis ce moins digne de vous plaire. »
00:47:09« Fille ne déguise point l'âme et quelques personnages qu'on vous fasse prendre. »
00:47:15« Vous serez toujours cléonte à mes yeux. »
00:47:18« Mais vous, dont les mots ne savent que charmer par leur franchise, comment feriez-vous mentir ? »
00:47:24« Mademoiselle, l'amour a cela de beau qu'il prête de la hardiesse aux plus timides et de l
00:47:32'industrie aux plus honnêtes gens. »
00:47:35« La fourbe de Pseudoramus se couvre du nom de la science pour abuser le monde. »
00:47:40« Et je serai honteux qu'un tel homme en pléât plus d'audace à vous perdre que je n
00:47:45'en en plairais à vous servir. »
00:47:52« Oh, Cléonte, vous serez parfait. Vous avez déjà l'air savant quand vous parlez d'amour. »
00:47:59« J'avoue pourtant que je m'embarque ici dans une étrange entreprise. »
00:48:03« Les belles questions que l'on me pourrait faire, votre père connaîtra bientôt que je l'aurai jouée, car
00:48:09je ne sais ni signe ni influence. »
00:48:11« Au premier mot, un peu docte, je craigne de demeurer court et de perdre, avec mon visage emprunté, toute
00:48:18la hardiesse que vous m'attribuez. »
00:48:21« Vous pensez qu'il faut savoir beaucoup pour faire l'astrologue ? Et moi, je vous dis qu'il
00:48:25n'est rien de plus aisé. »
00:48:27« Dites tantôt oui, tantôt non, et laissez le hasard faire le reste. »
00:48:32« Surtout, gardez-vous d'être précis. »
00:48:35« Quand vous ne saurez que répondre, accusez la malignité des influences, la contrariété des planètes, ou quelques conjonctions qui
00:48:42ne s'est pas encore déclarées. »
00:49:15« Et si par malheur se tourne à vos retêtes, nous en inventerions dix autres. »
00:49:19« Courage, seigneur astrolabe, le sort de Lucille est entre vos mains. »
00:49:26« Mais voilà qu'ils approchent ! Allons, suivez-moi, il faut finir de vous ajuster. »
00:49:35« Oui, seigneur Géronte, oui, la sélénographie judiciaire de la lune rousse ne laisse plus aucun doute.
00:49:47Le nom de moncière Mervilette crie la haute dans les tâches de la lune. »
00:49:54« Je n'en puis revenir, il m'a en effet semblé vouer la haute, une mer fornouère, et en
00:50:01son bout, une petite ville toute claire. »
00:50:05« Or, mer et ville ne font-ils pas mer-ville ? »
00:50:10« Il faudrait être bien ostiné pour ne point entendre un oracle si évident. »
00:50:15« Vous lisez dans le ciel ce que vous avez déjà résolu ici, Basse. »
00:50:19« Moncière, il n'est plus temps de délibérer. »
00:50:22« Marchons l'affaire avant que la lune rousse ne quitte le ciel. Le notaire ne devrait guère tarder. »
00:50:29« Il ne reste plus pour se l'air un arrêt si favorable qu'à mettre la main de mademoiselle
00:50:37d'Ansel de moncière Mervilette. »
00:50:40« Je reçois cet honneur avec la soumission que l'on doit aux volontés d'Anne. »
00:50:46« Allons, ma fille, donnez-lui votre main et votre fouet. »
00:50:49« Mon père ! »
00:50:51« Mon Dieu tout beau, réjouissez-vous. Le ciel vous envoie un prodige. »
00:50:56« Que dis-tu ? Quel prodige, Dorine ? »
00:50:58« Un homme qui m'a tantôt pris la main et m'a dit de ma vie ce qu'on
00:51:02ne saurait savoir qu'après vingt ans de voisinage. »
00:51:06« Oui, monsieur. Il n'y a plus d'affaires écrites là-dedans que je ne pensais. Il m'a
00:51:12dit mon âge, le lieu de ma naissance,
00:51:14de quelle humeur était ma mère, le mal que j'eus l'hiver passé et jusqu'au jour où j
00:51:20'entrais pour la première fouet dans votre maison. »
00:51:23« Cela sans t'avoir jamais vu. »
00:51:25« Sans m'avoir jamais vu. »
00:51:27« Je l'accuserais volontiers de magie s'il ne faisait paraître tant de science dans ses paroles. »
00:51:36« Le voici. »
00:51:38« Audacia maxima ! Le ciel n'a point dit son dernier mot. »
00:51:45« Quel spectacle inattendu s'offre à mes regards ! »
00:51:49« Qui êtes-vous, monsieur, qui venez ainsi troubler l'ordre des astres ? »
00:51:54« Celui que les sphères supérieures envoient pour rompre, c'est hymené. »
00:52:02« Monsieur, votre entrée est de fort mauvais exemples. »
00:52:06« Qui que vous soyez, nommez-vous et faites-nous savoir d'où vous venez. »
00:52:10« Je suis astrolabe de Transylvanie, observateur et supputateur des plus secrètes conjonctions,
00:52:20scrutateur des aspects funestes et interprète des signes consignificateurs
00:52:26et auteur de la lettre qui vous a déjà parlé contre cette union. »
00:52:32« Le drôle n'a pas bonheur pour nous. »
00:52:35« Monsieur, personne en France n'a jamais ouï par l'air de vous. »
00:52:41« Quel collège vous avoue ? Quel prince vous consulte ? »
00:52:46« J'ai étudié les influences sublunaires à l'académie de Trébisonde. »
00:52:52« J'ai été reçu docteur au collège de Philippopoli. »
00:52:56« J'ai servi le Pacha de Belgrade ainsi que le Grand Khan et plus d'un Brameng m'a
00:53:04déjà consulté sur la marche des comètes. »
00:53:08« Ceux qui se trament en Moscovie, en Perse, aux Indes et jusqu'en Chine, je prédise aux uns leurs
00:53:18victoires, aux autres leurs disgraces. »
00:53:25« Bref, rien ne m'est caché sous la voûte du ciel. Et pour vous dire jusqu'où va mon
00:53:29art, j'annonçais ma propre naissance deux heures avant que de naître. »
00:53:38« Les grands astrologues, mon sieur, commencent de bonheur. »
00:53:42« Bon. »
00:53:43« Les cieux, destine à votre maison, un enfant appelé à devenir le prochain. »
00:53:53« Nostradamus ! »
00:53:57« Ces prédictions feront trembler les empires et ses quatrains deviendront des décresses. »
00:54:04« Mais sa naissance doit être le fruit d'une union exempte de toute intérêts. »
00:54:11« Un hyménéen pur feront chanceler la balance, d'où s'en suivraient un dérèglement universel. »
00:54:19« Et, Seigneur Géronte, après avoir consulté la lune rousse, in propria figura, ses mers, ses monstres, ses abîmes et
00:54:29ses ombres, adqueperm d'homme judicie, le signe tutélaire de votre maison,
00:54:35je soutiens que la lune rousse, considérate à percée, est toute propice à l'hymène. »
00:54:43« Ergo, je conclue que si vous ne mariez Lucille à mon sieur Merville tout à l'heure, votre famille
00:54:51est perdue. »
00:54:55« Tant osez-vous contester mes observations ? Moi, Pseudoramus, qui suis connu par saines prédictions éclatantes,
00:55:04j'ai pronostiqué dès la première quadrature lunaire que le van tournerouait à la Seigne Rémy. »
00:55:12« Et vu, moi, astrolabe, dans la queue du dragon, la chute d'un rouet et la naissance d'un
00:55:19enfant qu'a deux terres. »
00:55:23« Vanitas Orientalis, et moi, dans un unico calculo, j'ai prédit deux éclipses, trois mariages et quatre héritages. »
00:55:33« J'ai fait mieux, ça. Dixie au soleil, attendu son petit momentum, et pendant que je prenouais mon potage,
00:55:43le soleil a suspendu son course, per obézantiam cosmologi calem. »
00:55:48« Voilà un langage bien extraordinaire. »
00:55:51« Pente à moi, j'ai arrêté une comète au milieu de sa carrière par trois mots caldaïques. »
00:56:00« Directionem adoriginem, je l'ai fait repartir vers l'Orient. »
00:56:05« Mais tout cela ne fait rien à mon affaire. »
00:56:08« Primo consultabam, secondo calculabam, tertio concludebam. »
00:56:15« Comme Lucilium ne varietur maritare, et ça ne plus bargainerai. »
00:56:20« Astrami, dirai, pater trompato, filia venduta, perucallius sandetatus, merville desideratimen, non pour Amora, mais pour Borsa, c'est pour
00:56:32Aquitare créantieram. »
00:56:34« Tout cela est admirable, mais parlez plus simplement. »
00:56:38« Et mettez votre pensée en bon français, je vous prie. »
00:56:43« Mon sieur merville vous trompe et ne cherche en votre fille qu'une dot pour payer ses dettes. »
00:56:50« Moi, mon sieur, voici des calomnies bien audacieuses. »
00:56:57« Dans les astres, trois billets échus, deux lettres de change protestées, et pas un saut versé. »
00:57:09« Diadre, comment sait-il mes dettes et jusqu'à mes créanciers ? »
00:57:16« Pure invention, mon sieur, ajouterez-vous fouet à de telles chimères ? »
00:57:22« Avouez-ce, mon sieur, si vous forcez ma patience, il me faudra parler d'un certain horoscope. »
00:57:32« Qui vous a découvert cela ? »
00:57:34« Le ciel. »
00:57:35« Le ciel s'est caché derrière la teinture. »
00:57:38« Qu'est-ce que cela signifie, mon sieur merville ? »
00:57:41« C'est là un véritable devin. »
00:57:45« L'affaire est connue et me voilà perdue. »
00:57:48« Mon sieur, je vous demande grâce. »
00:57:54« Tout cela est concerté avec cet homme. »
00:57:58« C'est lui qui m'a demandé de l'argent et qui m'a promis de faire parler les
00:58:03astres selon nos intérêts. »
00:58:05« Alluminium manifesta ! »
00:58:09« Je n'ai point d'intérêt à ces choses. »
00:58:12« Si fait, maître, vous avez fait payer de si gros intérêts qu'ils font deux fois le principal. »
00:58:19« Et toi, malheureuse ! »
00:58:21« Ce garçon découvre plus de vérité en un mot qu'en un long discours. »
00:58:26« Vous entendez, seigneur Gironde ? Les astres, tout ou tard, confondent les menteurs. »
00:58:34« Sortez de ma maison, traîtres, et remerciez le ciel que je ne vous fasse pas rompre le dos à
00:58:41coups de bâton. »
00:58:46« Et vous, perfides, je vous ôte ma confiance. »
00:58:52« Si vous ne reparaissez jamais un de ces lieux, je vous ferai jeter au fond du puits. »
00:58:58« Puisque la nette ainsi, je quitte vos affaires et vous abandonne à votre mauvaise étoile. »
00:59:07« Hein, Sylvain, sortons d'une maison où l'on outrage la vraie science. »
00:59:15« Je viens, maître, je vois bien que la maison nous met en mauvaise opposition. »
00:59:21« Et vous, bohémiennes, suivez-moi. »
00:59:25« Nous suivons l'astre qui s'élève, mon bon monsieur, qui s'élève. »
00:59:31« Oui, nous le suivons, lui, et quittons celui qui décline. »
00:59:36« Très, très ! »
00:59:40« Illustre astrolabe, les faux interprètes sont partis. »
00:59:45« Dites-moi donc à qui je dois marier ma fille pour faire naître ce glorieux héritier que vous m
00:59:49'avez prédite. »
00:59:52« Dites-moi seulement le jour, le mois et l'heure exact où votre fille est venue au monde. »
01:00:01« Mon père m'a dit que je naquis le cinquième de mai à cinq heures du matin. »
01:00:06« Il est vrai, je m'en souviens fort bien, car je fis éveiller toute la maison pour savoir si
01:00:11c'était ton fils. »
01:00:13« Nous avons donc la Sandang dans la Vierge. »
01:00:19« Vénus, au septième lieu, qui est la maison du mariage, se joignent par un aspect fort douce au signe
01:00:27du Léon. »
01:00:28« Du Lion, voulez-vous dire ? »
01:00:30« Euh, oui, mon sieur, mais sous l'influence de Jupiter en maison de Saturne, Lion se transforme en Léon
01:00:36par l'aspect de la Lune en cancer. »
01:00:39« Puis Léon s'unit à Clé, car Vénus en Vierge favorise les syllabes claires. »
01:00:45« Ils ont, sous l'effet de Jupiter en Sagittaire, se jointent à eux, par la conjonction de Mars et
01:00:51du Soleil, pour former Clé-Honteux, les astres l'ont ainsi décrété. »
01:00:57« Clé-Honteux ? Je ne connais personne de ce nom. Comment ne le reconnaîtrons-nous ? »
01:01:03« Oh, mon sieur, le ciel le peint assez nettement. Je lui vois des traits qui ne sont point sans
01:01:08rapport avec les miennes. »
01:01:10« Mon père, si je puis parler sans vous dépréer, il est un jeune homme de ce nom dont la
01:01:17naissance n'est point digne de vous. »
01:01:19« Comment, ma fille, vous le connaissez donc ? »
01:01:22« Oui, mon père, je l'ai vu en compagnie honnête, et sa naissance ne m'a jamais donné sujet
01:01:29d'un malpensir. »
01:01:31« C'est de plus le fil d'un conseiller au parlement, et qui est de nos voisins. »
01:01:37« Je le connaisse, c'est un homme de bien. Si le ciel l'ordonne, et si ma fille même
01:01:43en rente en si favorable témoignage, Lucie l'épousera Clé-Honte. »
01:01:48« Voilà un arrêt fort juste. »
01:01:52« Mon père, puisque le ciel en décide ainsi, je m'y soumets avec respect. »
01:02:02« Voulez-vous que l'affaire se fasse tout à l'heure ? »
01:02:05« Comment tout à l'heure ? »
01:02:06« Mais si même ! »
01:02:07« J'y consens, qu'on allait guérir ce Clé-Honte. »
01:02:11« Et vous, monsieur, demeurez. »
01:02:13« Célébrons l'hymen que les astres ont formé. »
01:02:18« Célébrons l'hymen que les astres ont formé. »
01:13:22That's the one.
01:13:24One of the beautiful things of the IA is that it gives access to people who couldn't do it before.
01:13:31We are becoming artists so that we don't know how to paint or how to sculpt it.
01:13:34And it's thanks to these tools that we can express ourselves today.
01:13:37And that we can express our messages.
01:13:41And I would also add that the goal of this piece,
01:13:44is to have the treatment of the authorship on this kind of work.
01:13:52There are still a lot of discussions about this type of creation
01:13:56and whether the creation with the IA is really the creation,
01:14:00whether we give the rights of creation to the IA.
01:14:03This project is a really a way to establish the fact that the IA is a tool.
01:14:08If we give this tool to two different people,
01:14:11they will create things radically different.
01:14:13The IA is not intention, it is not intention to create.
01:14:15It's really an tool in the service of humans to transmit these messages
01:14:19and participate in the creative act of a new way.
01:14:24And it's really what we're trying to do.
01:14:25And so, we end up the role of author in the human
01:14:28with Michael, Coraline and the two other people of Obvious.
01:14:31And a little bit more, in fact,
01:14:33the question, we can see different responses.
01:14:36What you have seen here,
01:14:38it's the fruit of a project of research-creation.
01:14:40So research,
01:14:41the research is generally rather the university.
01:14:44But in fact, Obvious also defines an artist-researcher.
01:14:48And at the creation,
01:14:49we feel that it's the monopole of artists.
01:14:51But in fact, at the university,
01:14:52we also create.
01:14:53So we create a new knowledge.
01:14:56A priori,
01:14:57we put it on the plan of rationality,
01:14:59a little cold,
01:15:00sometimes at the frontier of the ennui.
01:15:03But in fact,
01:15:04the creation of knowledge is very exciting.
01:15:06And the researchers have very strong emotions.
01:15:08And here,
01:15:09the originality of the project,
01:15:10research-creation,
01:15:11is that we have assembled artists,
01:15:14researchers,
01:15:14researches,
01:15:15to create something new.
01:15:17It's new,
01:15:18it doesn't exist,
01:15:19but it interrogates the knowledge of each one,
01:15:21each discipline which is interrogated.
01:15:23So we create a new one,
01:15:24with, if possible,
01:15:26at the end,
01:15:26a performance which trouve its public.
01:15:28We don't have to say it,
01:15:29but this piece,
01:15:30it's been played for the moment
01:15:31only once in intégral.
01:15:32It's there a month,
01:15:33at the Chateau of Versailles,
01:15:35at the Opera Royal of Versailles,
01:15:36for two days,
01:15:38and with a representation
01:15:40for the college,
01:15:41for the college students
01:15:42and the lycéens,
01:15:43and two representations
01:15:44for a public invited.
01:15:46And in fact,
01:15:47it's a piece
01:15:47which has had a,
01:15:49a representation,
01:15:49we'll say,
01:15:51at Versailles,
01:15:52and which will be played
01:15:53at the end of the next week
01:15:54at the Theatre of the City International.
01:15:56So a project of research-creation
01:15:57which has a little bit
01:15:58of the frontier
01:15:59between scientists,
01:16:00artists,
01:16:01etc.,
01:16:02and with humans behind
01:16:03who are positioned
01:16:05as authors and actresses,
01:16:07and with artisans
01:16:08and art,
01:16:09who have made
01:16:09all the costumes.
01:16:11Coraline is still there,
01:16:12but you have seen
01:16:13the costumes sublimes
01:16:14who have been made
01:16:15by the team
01:16:16by Delphine Desnu,
01:16:18the chef costumier
01:16:19of the theatre
01:16:19at Sorbonne,
01:16:20and each costume
01:16:22depends on
01:16:23several weeks
01:16:24or months
01:16:24of work.
01:16:25So it's an artisanat
01:16:26and today,
01:16:27we have a lot of question
01:16:28of the IA
01:16:28as a substitution
01:16:29to the human employment,
01:16:31particularly in the culture,
01:16:32and here,
01:16:33this project,
01:16:33it's totally the inverse
01:16:35of this,
01:16:35because it's a project
01:16:36that,
01:16:37thanks to a
01:16:38lever of fonds,
01:16:39we have made
01:16:39auprès of mécènes
01:16:41privés
01:16:41who have supported
01:16:42the project very strongly,
01:16:43and we have put up
01:16:44enough money
01:16:45to finance this creation,
01:16:47finance the work
01:16:48of two and a half,
01:16:49artists,
01:16:50artisans,
01:16:51technicians
01:16:52and now
01:16:53of all the people
01:16:53who are part of the ecosystem
01:16:55of the piece.
01:16:56And all these people
01:16:57who have had a work
01:16:58that corresponded
01:17:00to their first
01:17:00experience,
01:17:01but to embark
01:17:02in an adventure
01:17:03totally new
01:17:04and exciting,
01:17:05for all the people
01:17:06who have participated.
01:17:08Is there other questions?
01:17:11Yes.
01:17:14Hello.
01:17:15Petite question.
01:17:15You are expert
01:17:16of Molière.
01:17:17What is the difference
01:17:18between this piece
01:17:20and if it was
01:17:22a piece
01:17:22found in the archives,
01:17:24etc.,
01:17:25is that you were able
01:17:26to be able
01:17:26as an expert,
01:17:27without having been
01:17:28obviously
01:17:28to see
01:17:29the difference
01:17:31between
01:17:32the original
01:17:33Molière
01:17:33and the other.
01:17:35Just a précision.
01:17:37We were several
01:17:39specialists
01:17:39of Molière
01:17:40or in any case
01:17:40of the 17th
01:17:41or the French language.
01:17:42There were two
01:17:43specialists
01:17:45who followed us
01:17:46so it allowed
01:17:47to have
01:17:49to have
01:17:49a few
01:17:49because
01:17:51just two people
01:17:52like that
01:17:53also
01:17:54who
01:17:55could
01:17:56be
01:17:57not
01:17:57enough.
01:17:58So,
01:17:58we were a big team
01:17:59who really knew
01:18:00the aspects of Molière
01:18:01very different
01:18:01from the French.
01:18:02And then,
01:18:03to respond to
01:18:04the other part
01:18:04of the question
01:18:05of whether we can
01:18:07distinguish the truth
01:18:08from the right
01:18:08from the right
01:18:09from the right
01:18:09of the right
01:18:10of the right
01:18:12after the right
01:18:16of the left
01:18:17of the right
01:18:17of the right
01:18:23of the left
01:18:33Notamment en la juin, il y a des choses qui sont ressorties.
01:18:36Ah, mais ça ferait changer, ça ferait déplacer ça ici plutôt.
01:18:40Donc, il y a des petites choses comme ça qu'on va faire pour la rendre encore plus crédible et
01:18:45plus vraisemblable.
01:18:46Mais il reste encore des détails pour les connaisseurs qui ne pourraient pas tromper comme un faux.
01:18:54Oui, pas grand-chose à ajouter.
01:18:56C'est vrai qu'effectivement, j'allais dire que c'est une version de travail pas tout à fait.
01:19:00Parce que si ce n'était pas fini, on ne pourrait pas du tout la présenter.
01:19:02Donc, c'est déjà présentable.
01:19:04Mais c'est vrai qu'en l'état, ça ne ressemble pas à une pièce achevée de Molière encore tout
01:19:08à fait, comme on pourrait le dire.
01:19:09Mais justement, l'aventure n'est pas encore finie.
01:19:13Et si on envisage une publication, il y aura un retravail de la pièce avant.
01:19:16Et c'est pareil, justement, on n'a pas de brouillon de Molière.
01:19:18Mais quand on regarde aussi des brouillons d'autres dramaturges du 17e,
01:19:21on remarque aussi, c'est intéressant de voir dans leurs travaux préparatoires,
01:19:24des défauts aussi qui n'existent plus dans leurs pièces finies.
01:19:26Donc, voilà, c'est quelque chose aussi de...
01:19:28Et dans ce sens-là, par les défauts, on rejoint aussi la façon dont vraiment les pièces se créaient à
01:19:33l'époque.
01:19:34Mais on revient d'un colloque où, justement, on nous a posé la question,
01:19:38parce qu'il y a certains défauts de la pièce qui sont des défauts qui sont chez Molière.
01:19:41Par exemple, la fin est très abrupte entre le moment où l'astrologue part
01:19:45et que le marriage est décidé, il ne se passe même pas deux minutes et c'est fini.
01:19:49Et ça, c'est typique de chez Molière.
01:19:50Donc, dans la presse, c'était un des retours qu'on avait.
01:19:53Ah, mais la fin est un peu abrupte. Mais c'est un vrai défaut de Molière très fréquent.
01:19:57Donc, qu'est-ce qu'on fait? Est-ce qu'on l'enlève parce que c'est un défaut de
01:20:00la pièce
01:20:00ou est-ce qu'on le garde parce que c'est un défaut de Molière?
01:20:03Une autre chose qu'un chercheur suisse a trouvée, c'est qu'il dit, par exemple,
01:20:09dans certaines pièces, on a critiqué que le rôle d'Agnès dans l'École des femmes, par exemple,
01:20:14ce n'est pas la même Agnès à l'acte 1 et à l'acte 5.
01:20:16C'est comme si c'était deux personnages différents.
01:20:18Et donc, Molière, évidemment, était un peu conscient de ça.
01:20:21Puis, il y a un petit discours de l'amoureux.
01:20:23Il dit, l'amour est un grand maître et rend la plus idiote très intelligente.
01:20:26Je me résume. Ce n'est pas comme ça qu'il le dit.
01:20:28Mais en gros, c'est ce qu'il veut dire.
01:20:29C'est que l'amour rend ingénieux et qu'elle donne des ressources à ceux qui n'en avaient pas
01:20:34parce que quand on est amoureux, on est prêt à tout, même à devenir meilleur.
01:20:38Et donc, c'est une petite pirouette.
01:20:40Mais pourquoi il y a ce défaut?
01:20:41C'est parce qu'on sait que Molière s'est inspiré de deux modèles différents, de pièces différentes.
01:20:47Il s'est inspiré de deux jeunes premières qui ne sont pas Agnès et qui sont très différentes en elle.
01:20:52Et donc, pour l'acte 1, c'est une sorte d'Agnès avec une source précise.
01:20:56Et pour l'acte final, c'est une autre Agnès.
01:20:59Et donc, ce collage, cette inspiration, ces emprunts littéraires que Molière faisait énormément,
01:21:06et tout le monde le commente à l'époque, ça crée des incohérences de caractère.
01:21:10Et donc, on a ça aussi dans certains personnages entre l'acte 1 et 3.
01:21:14Donc, qu'est-ce qu'on fait?
01:21:15On a essayé le plus possible de patiner, mais il reste encore des choses.
01:21:18Est-ce qu'on dit qu'on accepte parce que Molière faisait la même chose?
01:21:21Ou est-ce qu'on se dit qu'on veut que la pièce soit la meilleure possible
01:21:25et que les gens ne nous reprochent pas, comme on a reproché à Molière, plein d'incohérences?
01:21:30Voilà.
01:21:32Est-ce qu'il y a d'autres questions?
01:21:36Est-ce qu'il y a d'autres questions?
01:21:40Bonsoir, est-ce que vous pouvez nous parler des décors?
01:21:42Parce que du coup, même dans les photos, on ne voit rien puisque c'est juste théâtre de Versailles.
01:21:46Et là, c'est tout à fait futuriste.
01:21:49Et une autre question.
01:21:50Est-ce que vous envisagez déjà la création d'une nouvelle pièce?
01:21:55De quelle hauteur dans ce cas-là?
01:21:57Alors, un petit mot sur les décors.
01:21:59C'est vrai que ça nous a manqué aujourd'hui, mais c'est aussi assez intéressant de le présenter comme
01:22:06ça.
01:22:06Et d'ailleurs, merci et bravo aux acteurs qui ont su s'adapter parce que la scène est quand même
01:22:11beaucoup plus petite qu'à Versailles.
01:22:13Donc, vous avez pu voir une image des décors qui ont été montrés à Versailles et qui seront montrés la
01:22:19semaine prochaine au Théâtre de la Cité internationale.
01:22:21Et en fait, ils ont été créés avec des algorithmes qui s'appellent Flux.
01:22:26Donc, c'est des algorithmes de génération d'images.
01:22:28Ces algorithmes là, ils sont capables de générer des images très photoréalistes de manière très performante.
01:22:35Et ce qu'on a fait, c'est qu'en fait, on les a surentraînés sur des dessins de l
01:22:39'époque.
01:22:39Donc, c'est des dessins de Pierre-Paul Sévin, qui est le dessinateur des décors de Molière.
01:22:45Donc, ça ressemble vraiment à des dessins.
01:22:48C'est des dessins au crayon de papier avec parfois un petit peu de couleur.
01:22:53Et donc, pour entraîner ces algorithmes, on décrit très précisément ce qu'il y a sur ces dessins.
01:22:59Donc, pour ça, on a besoin de l'aide des experts qui ont tout le vocabulaire pour décrire ces dessins
01:23:05là.
01:23:06Il y a une cinquantaine de dessins.
01:23:08On entraîne les algorithmes dessus et ensuite, on est capable de générer des nouveaux exemples.
01:23:12Là, on va avoir un second travail de prompt où on va dire qu'est-ce qu'il faut qu
01:23:17'il y ait sur ces décors pour que ça serve l'intrigue.
01:23:20Donc, il faut que ça se passe dans le salon de quelqu'un d'assez riche.
01:23:25Il faut qu'il y ait tous les éléments qui correspondent avec le scénario.
01:23:28Donc, au fond, par exemple, il y a une tapisserie qui ensuite se soulève.
01:23:31Et on voit le jardin puisque ensuite, vous avez vu qu'à un moment, ils sortent dans le jardin et
01:23:35en fait, on les voit sortir.
01:23:37Il y a une histoire avec la lune rousse.
01:23:39Donc, en fait, il y a même de la machinerie avec une lune qui passe et qu'on voit passer
01:23:42derrière.
01:23:44Et en fait, tout ça, on l'a prompté dans l'algorithme de génération d'images pour avoir le dessin
01:23:50parfait.
01:23:50Une fois qu'on a ce dessin là, ça passe par une phase de maquette.
01:23:55Donc, en fait, à partir de ce dessin, on va construire une maquette.
01:23:57Et ça, c'est fait en collaboration avec Antoine Fontaine, qui est une personne qui crée des décors comme à
01:24:02l'époque.
01:24:03Donc, en fait, il va créer des maquettes à partir des dessins et avec une équipe de peintres, ils vont
01:24:08peindre à la main ces décors là.
01:24:11La manière dont c'est fait, c'est qu'en fait, ils sont dans un immense hangar.
01:24:13Et en fait, ils ont des vues de drones qui leur permettent de voir de très haut l'effet que
01:24:20vont avoir les décors.
01:24:21Parce qu'il y a tout un effet de perspective.
01:24:23Et en fait, on a vraiment l'impression que la scène fait presque 50 mètres, alors qu'en fait, elle
01:24:28en fait une dizaine.
01:24:31Donc, cette équipe, ils vont travailler sur la base de ces dessins à la main pour peindre ces décors.
01:24:36Et ensuite, voilà, on a des décors qui sont le résultat d'une génération faite avec de l'IA et
01:24:41d'un travail artisanal, d'un savoir qui date d'il y a des siècles.
01:24:47Juste pour réagir par rapport à la question de quel autre auteur ou autrice ?
01:24:52Je dis autrice parce que l'histoire de l'art et de la science est complètement biaisée.
01:24:58Les femmes en ont été effacées.
01:24:59Donc, c'est documenté très largement par l'histoire de l'art et l'histoire de la science.
01:25:03Et donc, il y a des génies féminins, des femmes, compositrices, autrices, qui ont été oubliées de l'histoire et
01:25:09qu'on pourrait imaginer réactiver.
01:25:14Le problème, c'est que souvent, si elles ont été marginalisées ou effacées ou oubliées de l'histoire, c'est
01:25:19qu'il y a moins de sources, moins de partitions pour les compositrices et pas forcément toutes les sources qu
01:25:24'il peut y avoir pour les auteurs masculins les plus connus.
01:25:27Donc là, moi, je vais parler au nom de la présidence de Sorbonne Université, de l'institution.
01:25:30C'est que j'aimerais vraiment, dans les années qui viennent, qu'on ait un programme de recherche sur la
01:25:35question des artistes et scientifiques oubliés et voir comment l'IA, qui d'ailleurs a des biais genrés assez forts,
01:25:41pourrait être un outil pour réactiver des matrimoines, notamment des héritages de grandes autrices et compositrices.
01:25:46Donc moi, je commence à essayer de voir comment, disons, lancer quelque chose comme ça, qui est une grande intention
01:25:54collective.
01:25:55Mais l'idée n'est pas de décliner à l'infini ce qu'on vient de faire pour Molière.
01:25:58Et l'idée principale, pour l'instant, c'est de cultiver ce projet de son service comme une entrée pour
01:26:03redécouvrir Molière, redécouvrir le théâtre du XVIIe, le théâtre historiquement informé,
01:26:07et découvrir autrement l'IA.
01:26:09Et donc, on va faire un programme de médiation auprès de jeunes publics.
01:26:11On est en train de finir un documentaire pour raconter l'histoire du projet.
01:26:15Il va y avoir des papiers de recherche.
01:26:17Il va y avoir probablement un livre qui va expliciter aussi la démarche du projet.
01:26:20Et l'idée, c'est justement, c'est de voir, en prenant le temps, à rebours de la frénésie court
01:26:26-termiste qu'il peut y avoir parfois autour de l'IA,
01:26:28prenant le temps à partir de cet exemple qui nous semble quand même bien bâti, on va dire,
01:26:33de pouvoir essayer de déplier tout ce qu'on peut déplier à partir de cet exemple-là.
01:26:37Et après, on verra.
01:26:38Et puis, Obius trace sa trajectoire de créateur avec l'IA.
01:26:42Le théâtre Molière-Sorbonne va continuer à jouer des pièces sans IA et peut-être d'expérimenter d'autres choses.
01:26:48L'idée aussi, c'est de voir, à partir de ce projet, qu'est-ce qui peut naître comme idée
01:26:51nouvelle, comme expérimentation.
01:26:53Là, je ne pourrais pas parler au nom de chacun.
01:26:55C'est un assemblage, comme vous l'avez vu, de compétences inédites, de profils inédits, d'histoires inédites.
01:27:01Et peut-être que cet assemblage-là ne sera pas le même pour des prochaines créations qu'on pourra faire.
01:27:05Mais c'est, disons, le centre de gravité.
01:27:08C'est Molière-Ex-Machina, ce projet, et qui va encore, je pense, pendant quelques mois, voire peut-être quelques
01:27:14années,
01:27:14nous occuper pour discuter, parler autrement, à la fois de l'IA et du patrimoine.
01:27:24Une dernière question, peut-être, ou deux dernières questions ?
01:27:30Ce n'est pas de questions.
01:27:31Moi, je vais en profiter pour remercier, ça a déjà été fait, mais les comédiens, les comédiennes qui doivent être
01:27:35en train de commencer à se changer,
01:27:36les musiciens et musiciennes également, qui ont joué ce soir, toutes les équipes de VivaTech.
01:27:41J'en profite également pour remercier Maurice Lévy, puisqu'en fait, on a rencontré Maurice Lévy au tout début de
01:27:47ce qui n'était pas encore à l'aventure.
01:27:48Et il fait partie des quelques personnes qui ont cru au projet.
01:27:52Et c'est-à-dire qu'en gros, en cinq minutes, on dit, voilà, Molière, Sorbonne Université, Obius,
01:27:57on est en train de créer une pièce sur l'astrologie, etc.
01:28:00Et là, il y a eu quelques personnes qui ont cru au projet, qui nous ont soutenus.
01:28:04Et si, en fait, on a fait ce geste de venir à VivaTech aujourd'hui, c'est pour boucler la
01:28:08boucle et pour aussi remercier Maurice Lévy.
01:28:12On a eu un partenariat avec Publicis Consultant qui nous a permis d'accompagner notre stratégie de relations publiques.
01:28:17Et maintenant, on a tout un ensemble de partenaires, je ne l'ai pas souligné, de partenaires financiers, de mécènes,
01:28:23qui ont permis à ce projet d'exister parce que l'université n'a pas les moyens de produire un
01:28:28tel spectacle.
01:28:29Le spectacle qui a eu lieu à l'Opéra Royal de Versailles, l'université n'a pas les fonds pour
01:28:34le faire.
01:28:34Mais on a pu, grâce à la Fondation Sorbonne Université, grâce aussi à la notoriété et au talent d'Obius,
01:28:41à s'entourer et à trouver des mécènes français et américains qui ont pu soutenir ce projet et le faire
01:28:47exister.
01:28:49Donc, merci à eux. Et merci à vous de nous avoir écoutés.
01:28:53Et profitez bien de VivaTech.
01:28:55Merci.
01:28:56Merci.
01:28:57Merci.
01:28:57Merci.
01:28:57Merci.
01:28:57Merci.
01:28:57Merci.
01:28:57Merci.
01:28:58Merci.
01:28:58Merci.
01:28:58Merci.
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