- 3 months ago
Une plateforme qu’un Français sur deux utilise. Pourtant, ce qui se joue vraiment derrière l’écran reste largement méconnu. C'est le pari de la web-série du boncoin : lever le voile sur les coulisses d'une tech qui façonne le quotidien de millions de personnes, sans discours corporate ni langue de bois. D'abord, le hack — quand une cyberattaque frappe l'une des plateformes les plus fréquentées de France, comment réagit-on, et que garde-t-on de cette expérience périlleuse ? Ensuite, l'UX — tenir la main de la moitié d'un pays pendant vingt ans, sans jamais les perdre en route, c'est le défi silencieux que relève leboncoin à chaque refonte, chaque friction éliminée. La preuve que la meilleure façon de parler de tech, c'est encore de raconter ce qui a failli mal tourner.
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00:19Bonjour à tous, ravi d'être avec vous cet après-midi pour parler d'un site que vous connaissez sûrement
00:24très bien, Le Bon Coin.
00:25J'imagine que la plupart d'entre vous ont déjà vendu ou acheté pas mal de choses sur ce site,
00:30mais est-ce que vous le connaissez vraiment ? Est-ce que vous pouvez imaginer le quotidien des équipes ?
00:34Peut-être pas.
00:35Et c'est pour ça qu'aujourd'hui on va rentrer un petit peu dans les détails, dans les petits
00:38secrets du Bon Coin.
00:40Il y a une série qui a été faite il y a quelques temps pour plonger dans les coulisses et
00:44plutôt que de la regarder en entier aujourd'hui, on va vous donner envie de regarder avec un petit aperçu
00:49tout de suite.
00:49Sous-titrage Société Radio-Canada
01:19Ils vont parler librement.
01:20Ça se chiffre en millions d'euros.
01:23Sans aucun tabou.
01:24Est-ce qu'en général il y a des boîtes qui payent des renseignements ?
01:26Oui, il y en a.
01:27Comment on t'y le fait pour gérer cette situation sans que personne ne s'en rende compte ?
01:31Et vous avez payé ?
01:35Cette histoire inédite, il la raconte dans le premier épisode de la série Les petits secrets du Bon Coin.
01:39Parce que les secrets, ils en ont beaucoup.
01:41Il y a des incidents qui sont très sales.
01:44J'ai dit la carte de France, on va la tuer.
01:46Tout le monde n'est pas prêt à relever un challenge comme celui du Bon Coin.
01:54Et pour entrer dans ces petits secrets du Bon Coin, évidemment, je ne suis pas seul.
01:58On va rentrer dans le cœur du réacteur du Bon Coin.
02:00Et pour ça, je suis avec Romaïssa Charbal, qui est à la direction du Bon Coin.
02:04Bonjour, Romaïssa.
02:05Salut.
02:06Salut tout le monde.
02:07À ses côtés, nous avons Guillaume Gria, qui est responsable des partenaires techs chez Le Bon Coin.
02:11Bonjour, Guillaume.
02:11Bonjour, Axens.
02:12Et bonjour à tous.
02:13Et enfin, nous avons Stéphane Lebert, qui est CEO d'Exatrac.
02:16Bonjour, Stéphane.
02:18Bonjour, bonjour à tous.
02:19Alors là, on l'a vu dans le petit teasing.
02:21Mais en effet, il y a eu quand même une belle péripétie il y a quelques années pour Le Bon
02:24Coin avec ce hack.
02:26Mais que personne n'a vu sur le moment, parce que la machine a continué à tourner.
02:30Et je vais commencer avec toi, Guillaume.
02:32Pourquoi avoir voulu montrer ce moment où la société, c'est peut-être le plus grand moment de fibrillité de
02:37l'histoire de l'entreprise ?
02:39Alors, peut-être pour repasser dans le contexte.
02:41Moi, je rejoins Le Bon Coin en 2021.
02:44Et en fait, je réalise en arrivant que je découvre une entreprise très différente de ce que j'imaginais.
02:52Beaucoup plus complexe, en fait.
02:54Et je m'en rends particulièrement compte aussi lors de mes premières fêtes de fin d'année,
02:57où en discutant avec ma famille, en fait, quand on bosse chez Le Bon Coin, on est le service client
03:02de sa famille.
03:03Il faut le savoir.
03:04Et donc, je réalise que quand ils ont un problème sur la plateforme, ils me demandent, tu ne peux pas
03:08régler le truc ?
03:09Et en fait, je leur dis maintenant, derrière, il y a 600 techs, une centaine de products, et on est
03:13une boîte qui a fait 1500 personnes.
03:14Donc, on a une organisation pour répondre à ces problèmes.
03:18Donc, en fait, il y avait une double problématique.
03:20La première, c'était qu'il fallait rendre beaucoup plus concret ce qu'était l'expérience d'une personne qui
03:26bossait à la tech chez Le Bon Coin pour le grand public.
03:29Et du coup, effacer beaucoup de fantasmes que les gens peuvent nourrir sous cette plateforme, où ils pensent que c
03:35'est un blog développé par 5 personnes dans un garage.
03:38Et la deuxième chose, c'était que si on voulait parler d'une entreprise d'une manière un peu différente
03:45des autres,
03:45il ne fallait pas essayer de refaire ce que tout le monde fait en ce moment, dans la Startup Nation,
03:49avec des interviews un peu dynamiques avec un baby-foot, et des gens qui sont dans une cuisine à bière
03:54avec des véjas.
03:55Baby-foot, ping-pong, bière, c'est le petit gagnant.
03:57Et donc, le parti pris, ça a été de se dire, on va essayer de raconter nos difficultés et nos
04:02échecs,
04:04plutôt que de faire une liste de tout ce qu'on a réussi et de tout ce qui est sexy
04:07sur le papier, en fait.
04:09Et en fait, si on raconte bien les difficultés qu'on a vécues, on met en lumière la complexité technologique
04:15qu'il y a derrière cette plateforme.
04:17Voilà, c'était ça l'enjeu.
04:18Et donc, pour répondre à la question, le hack, je ne sais pas vous, moi, mais quand vous ouvrez la
04:22presse,
04:23et quand vous regardez les sites internet, vous n'avez que des communiqués de presse.
04:26Quand il se passe un hacking.
04:29Et je me dis, en fait, si nous, on essaye de jouer au maximum le jeu de la transparence et
04:33de raconter ce qu'on a vécu de l'intérieur,
04:36peut-être qu'on va aussi rendre les gens un peu plus sensibles à la difficulté que vivent ces entreprises
04:40-là.
04:41Parce qu'on a tendance un peu à toper sur la tête, en permanence, des entreprises,
04:44en oubliant qu'à 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, il y a des gens qui transpirent derrière
04:48cette plateforme pour la faire vivre.
04:50Et c'est peut-être plus simple aussi quand on a du recul.
04:51Parce que pendant que ça se passe, déjà, on a peur.
04:54On veut garder l'entreprise.
04:55Donc là, au moment, on peut en tirer des enseignements et peut-être donner des conseils aux entreprises.
05:00Justement, on va rentrer dans le cœur de cet incident.
05:02Et Romaïssa, tu l'as vécu de l'intérieur.
05:03Déjà, au moment où tu apprends qu'il y a le hack, c'est quoi ta première réaction ?
05:07Première réaction, c'est un peu sonné.
05:09Juste pour vous remettre dans le contexte, ça s'est passé le week-end du 15 août.
05:14Toute la France était en vacances.
05:15Moi, j'étais à Paris.
05:17Je reçois un coup de fil.
05:19C'était le lundi matin de mon boss qui me dit « tu ne touches plus à ton ordinateur ».
05:23Je pense qu'il ne m'a jamais dit ça en 13 ans de collaboration.
05:26« Tu ne touches plus à ton ordinateur, tu fermes tout ».
05:28On a été hackés.
05:30Tu demandes à tes équipes de faire de même.
05:32Donc, je fais ma partie du boulot.
05:34J'explique à tout le monde ce qui se passe.
05:37J'avais un brief de trois lignes.
05:40J'appelle mon boss, je lui dis « moi, je suis à Paris, tu as besoin de moi ».
05:43Il me dit « non, non, pas tout de suite ».
05:44Dix minutes après, mon téléphone sonne, il me dit « on t'attend dans les locaux dans une demi-heure
05:48».
05:49C'est comme ça que ça s'est passé.
05:50Ce n'était pas un mois d'août aussi beau que notre mois de juin actuel.
05:54C'était un mois d'août plus vieux.
05:56Je pense que c'est pour ça qu'on a fait cette série.
05:58Elle est quand même digne d'une série Netflix avec plein de rebondissements.
06:02Mais je vous en dirai plus tout à l'heure.
06:05Toi Stéphane, tu es un expert en cybersécurité.
06:07Est-ce que tu peux dire au juste quelle était la faille ?
06:09Parce qu'on pense souvent que l'attaque est immédiate.
06:12Sauf que là, le poison était là depuis un petit moment.
06:16Tout à fait.
06:17Pour le coup, j'avais commencé le samedi.
06:19Parce que c'est au moment où on voit qu'il y a un problème.
06:21On nous appelle pour de la réponse à incident.
06:24Ce qui fait qu'au final, qu'est-ce qui s'est passé ?
06:27Quand on arrive sur la compromission, sur une réponse à incident,
06:31on ne sait pas trop d'où ça vient.
06:33On voit l'état final, c'est chiffré, ça c'est plutôt explicite.
06:37Par contre, réussir à déterminer d'où est-ce que ça vient,
06:39c'est vraiment tout un processus qui fait qu'on n'a souvent la réponse qu'assez tard.
06:44Alors là, c'est arrivé d'une filiale par leur box qui leur permettait d'accéder à Internet
06:51et de se connecter vers l'entreprise, le VPN, pour ceux qui sont un peu plus techniques.
06:56Et c'est ça qu'il s'est fait compromettre.
06:58Et la blague, c'est qu'il s'est fait compromettre deux ans avant.
07:01Là, il n'était plus vulnérable.
07:03C'est quelqu'un qui a volé des mots de passe deux ans avant et qui les a exploités après.
07:08Donc, ce n'est pas parce que vous avez quelque chose où vous vous dites
07:11« j'ai corrigé, c'est bon », qu'en réalité, c'est vraiment bon.
07:14Il faut bien identifier s'il n'y a pas quelque chose qui a pu fuiter à ce moment-là.
07:18Mais en fait, ce qui s'est passé, c'est que les attaquants,
07:20ils n'ont pas tout de suite compris sur quoi ils avaient mis la main.
07:23Ils ont fait beaucoup plus de dégâts.
07:24Non, tout à fait.
07:25Ils sont arrivés sur l'Argus, qui était racheté par le Boncoin.
07:30Et en arrivant dessus, on les a vus, d'ailleurs, quand on a fait les analyses,
07:34à la fin, identifier qu'il y a une autre société à côté de l'Argus, le Boncoin.
07:39Bon, c'est l'heure de chiffrer, on va tout chiffrer.
07:41Et heureusement, ils n'ont pas compris ce qu'il y avait avec le Boncoin derrière.
07:46Mais d'ailleurs, c'est quelque chose qui nous a mis beaucoup de pression
07:48parce que l'attaquant, lui, sait ce qu'il a vu.
07:51Mais on ne sait pas ce qu'il a vu, l'attaquant.
07:52Et donc, on se demandait, est-ce que la prod est touchée ?
07:55Est-ce que c'est plus large que ça ?
07:57Et c'est vraiment la peur qu'il y avait au redémarrage.
08:00Et d'ailleurs, qui a été assez retranscrite dans la série.
08:02Oui, d'ailleurs, dans la série, il y a plusieurs options qui sont usagées,
08:04y compris payer la rançon, même si Antoine Joutot, le patron de l'époque,
08:08disait que ce n'était même pas envisageable.
08:09Je crois que le CTO, qui avait une punchline assez sympa aussi, c'est vrai.
08:13Vous voulez que je vous redonne la punchline ?
08:15Ça peut être pas mal.
08:16On ne négocie pas avec les terroristes, donc ça vous donne la conclusion de l'histoire.
08:20C'est qu'on n'a pas payé la rançon et on a tout reconstruit de zéro quasiment.
08:24Ce que vous devez avoir en tête, c'est qu'à ce moment-là,
08:27le Boncoin était coté en bourse sous Adévinta, puisque nous appartenons à ce groupe-là.
08:32Et on devait publier les résultats fin septembre.
08:35On n'avait plus de finances, on n'avait plus de chiffres, on n'avait plus rien au 15 août.
08:40Entre le 15 août et le 15 septembre, on a reconstruit de zéro l'intégralité de tous ces éléments-là.
08:46Et moi, j'ai eu la chance d'être dans cette cellule de crise.
08:48Moi, j'appelle ça une chance parce que je pense qu'aujourd'hui,
08:51c'est une des plus belles expériences de ma vie.
08:53On s'est retrouvés au début à une dizaine de personnes dans une petite salle toute sombre sur une live
08:58box.
08:58Puis après, on a été à la lumière parce qu'on a des locaux incroyables que vous pourrez voir dans
09:02notre documentaire.
09:05On s'est retrouvés tous ensemble et en fait, ça a créé un esprit d'équipe assez incroyable.
09:08Et c'est vrai que chaque matin, on se réveillait en se disant, est-ce que la plateforme est debout
09:11?
09:11Est-ce que le Boncoin est debout ?
09:13Où en sont les assaillants ?
09:14Parce que c'était vraiment un espèce d'escape game, de suspense.
09:18Et à posteriori, je le raconte vraiment comme ça parce que c'était la réalité.
09:22On était une quinzaine de collaborateurs et de collaboratrices dans les locaux du Boncoin, sept jours sur sept.
09:27Il y a des personnes, pour la petite anecdote, puisqu'on était le 15 août,
09:30qui sont remontés du Portugal en conduisant toute la nuit pour venir en renfort.
09:35Donc, ça vous donne un peu l'état d'esprit des gens qui constituaient ce groupe-là.
09:39Et pendant plus d'un mois, on a reconstruit de zéro l'intégralité des éléments.
09:44On a géré avec nos clients aussi parce que nos gros clients étaient au courant, bien entendu,
09:48parce que cette filiale-là est utilisée par énormément de clients B2B, dont des banques,
09:54des gros concessionnaires automobiles, et en fait, ça risque aussi de toucher à leur business à eux.
09:58Donc, moi, mon rôle au quotidien, c'était aussi de faire des arbitrages et de savoir
10:02quels produits on allait arrêter et quelles solutions on devait apporter,
10:07et quel produit, enfin, et quel était l'impact pour notre business.
10:11Mais c'est vraiment une aventure assez incroyable, mais on n'a pas négocié, on a juste reconstruit.
10:16Et d'ailleurs, je peux me permettre de rebondir là-dessus, puisque quelque chose qui était assez particulier,
10:21et ça, lors de la réponse à incidence, c'est quelque chose qu'on est obligé de faire avec,
10:25c'est qu'on reconstruit quelque chose, mais un petit peu sur des sables mouvants.
10:28On ne sait pas, le lendemain, qu'est-ce qu'on va découvrir comme plombé.
10:31Et donc, on est en train de reconstruire quelque chose en se disant,
10:35on va reprendre les chiffres ici, ici, ici, mais est-ce que demain, tout va retomber ?
10:40Est-ce qu'on peut se baser là-dessus en se disant que c'est juste ?
10:43C'est des vraies questions, et c'est vrai que tout le processus, là,
10:47une fois que le film est passé, on va dire, c'est facile de se dire,
10:52ah bah oui, c'était comme ça, mais chaque jour, on découvrait des choses,
10:55et parfois, des choses qui remettent en question une partie de ce qu'on a fait.
10:58Je te demande, Guillaume...
11:00En fait, ce qu'il faut aussi comprendre, parce que là, du coup,
11:02on vous raconte une histoire de War Room, où il y a une quinzaine de personnes.
11:05Moi, je n'étais pas dans la War Room.
11:07Par contre, ce qui est assez fascinant, et ce que j'espère,
11:09on a réussi à montrer à travers cette série,
11:11c'est qu'il y avait vraiment 1500 personnes qui étaient aux petits soins et attentives
11:15aux personnes qui étaient justement en train de débanker la situation.
11:20Et je crois que c'est...
11:21Moi, je n'ai pas vécu ça dans une autre boîte,
11:22ce sentiment d'être partie intégrante d'une situation extrêmement périlleuse
11:27pour l'entreprise, et avec une immense solidarité.
11:31Et je me rappelle qu'il y avait une communication qui était appuyée
11:33tous les jours par le dirigeant.
11:35Tous les jours, il y avait des slacks où on lui donnait les infos,
11:38où on en est, les galères qu'on a,
11:39un discours de coup de transparence ultime pour l'ensemble des collaborateurs.
11:44Et du coup, ça nous donnait une responsabilité aussi
11:46de ne pas faire n'importe quoi à l'extérieur et de raconter n'importe quoi à l'extérieur.
11:50Et au final, c'est la raison pour laquelle, en fait,
11:52probablement une grande partie d'entre vous n'a jamais eu conscience
11:54de ce qui s'est passé, parce qu'on se sentait tous responsables
11:57de cette situation pour essayer de faire en sorte
11:59que les gens qui étaient aux manettes prennent les meilleures décisions
12:02en chambre, je dirais en chambre, vraiment dans l'intimité.
12:07Et tu te souviens, Guillaume, en parlant justement de ce soutien,
12:10on avait à l'époque, on a un bar juste en face de nos anciens locaux
12:13qui s'appelle le PSM, et on avait une partie des équipes
12:16qui venaient le soir, avec qui on prenait un verre
12:19et on repartait, juste pour un peu nous soutenir moralement.
12:22C'était les seules personnes extérieures que vous voyiez dans cette période-là ?
12:24Exactement, et on ne devait pas en parler.
12:26En fait, ce qu'on n'a pas raconté, c'est qu'on n'en parlait pas à l'extérieur,
12:30on devait faire comme si d'un et un été.
12:33Donc, août, c'est les barbecues, c'est les rendez-vous avec les potes,
12:36et tout le monde était là, alors ça se passe bien chez le Boncoin ?
12:38Oui, parfaitement, oui, oui.
12:40Mais pourquoi tu es sur ton téléphone toute la journée ?
12:42Ah, j'ai deux, trois trucs à gérer.
12:44Et c'était assez bizarre, en fait, mais ça a créé une espèce d'esprit de clan
12:50qui était encore plus marquée.
12:50En fait, c'était un team building avec la survie d'entreprise en jeu.
12:52C'était un escape game, mais réel.
12:56Et dans cet escape game, toi, quel a été ton rôle, justement ?
12:59Qu'est-ce que tu as fait ?
13:00Alors, moi, à l'époque, j'étais justement directrice produit des activités mobility,
13:06et j'étais en charge de l'intégration product et tech,
13:09enfin, pas seule, avec mes équipes et mes binômes,
13:12de l'Argus sur notre plateforme.
13:14Donc, globalement, mon quotidien était un peu aléatoire,
13:18puisque là, on n'a plus du tout d'étiquette à ce moment-là.
13:21Il n'y a plus de directeur produit, il n'y a plus de directrice produit.
13:23On prend des missions qui sont assignées et on fait avancer la machine.
13:26Et ça, c'était incroyable.
13:27Le seul qui avait un rôle absolu, c'était Zach.
13:31Donc, il en a profité pour faire passer la roadmap sécu des trois années en un mois.
13:36Mais en tout cas, il y avait vraiment ce point de se dire,
13:38on prend les tâches, on fait en sorte que ça fonctionne.
13:40À un moment, on a dû, et on le raconte très bien dans le documentaire,
13:44racheter plein de PC.
13:46Pour rappel, on sortait du Covid.
13:48Il n'y avait plus énormément de stock en France.
13:51Et on a été à la FNAC Gare du Nord et on a raflé l'intégralité des PC.
13:55Ils nous ont pris pour des dingues.
13:57Mais c'était ce genre d'élément.
13:57On fait leur meilleure chiffre d'affaires de l'histoire.
13:58Exactement.
13:59Mais c'était ce type d'élément.
14:01Si on nous disait, il faut aller acheter des PC, on allait acheter des PC.
14:03Il faut configurer des PC, on allait configurer des PC.
14:06L'idée était de savoir là où on était le plus utile.
14:08C'est vraiment comme son nom l'indique, une cellule de crise.
14:11Et ce qui a fait la force de cette cellule de crise,
14:13c'est que tout le monde était là pour un intérêt ultime
14:17qui était remonter la plateforme et faire en sorte que le bon coin ne tombe pas.
14:21Je ne sais pas si on vous l'a dit,
14:22mais c'était complètement invisible pour vous.
14:24Mais nous, derrière, tous les matins,
14:26on se demandait si le bon coin était toujours visible par les utilisateurs.
14:30Chaque journée était une nouvelle bataille à mener.
14:33Et justement, quand il y a quelque chose d'aussi sensible,
14:36là, c'est plus sur le plan technique pour toi, Stéphane,
14:38c'est justement quand il y a eu la compromission que tu nous as expliquée.
14:40Comment on fait justement derrière pour orchestrer la sortie de crise
14:43et s'assurer que ça ne se reproduise plus, en tout cas dans le moins possible ?
14:47Alors, il y a deux choses là-dedans.
14:49Il y a d'une part, réussir à être sûr qu'on a bien vu l'intégralité de la compromission.
14:55Parce que l'attaquant, lui, il sait ce qu'il a fait.
14:58Nous, on reprend les traces, un petit peu comme lors d'une enquête criminelle.
15:03On essaie de déterminer, grâce à ce qui a été laissé, ce qui s'est passé.
15:07Sauf que la seule personne qui sait vraiment, c'est l'attaquant.
15:10Et c'est vrai que la peur, c'est de se dire,
15:11est-ce qu'il ne serait pas caché quelque part ?
15:13Et il n'attendrait pas le bon moment pour sortir ?
15:15Donc, d'où tous les matins, d'être pas forcément toujours très bien.
15:19Et la sortie de crise, ça va être deux choses.
15:21Ça va être de se dire, là, on a terminé, on a regardé toutes les machines.
15:26Donc là, on en a regardé 1300 machines pour pouvoir forensiquer.
15:32Donc, pour ceux qui connaissent le terme, regarder en profondeur.
15:36Et donc, après ça, on s'est dit, bon, là-dessus, la prod, tout ça, ça a l'air bien.
15:40Et après, il y a la partie remédiation, donc reconstruction du système d'information.
15:44Et ça, c'est encore une autre étape.
15:46Parce qu'une fois qu'on sait que tout est bon, maintenant, il faut réussir à tout reconstruire d'une
15:50façon plus correcte.
15:51Avant, on était un petit peu entre deux, surtout qu'il y a des obligations qui devaient tomber.
15:57Et donc, l'objectif, c'est déjà de réussir à répondre à l'urgence pour après pouvoir reconstruire quelque chose
16:03de façon plus solide et durable dans le temps.
16:05Et pour mettre en lumière, justement, cet événement qui était quand même assez exceptionnel, hors du temps, Guillaume,
16:10quel était un petit peu le narratif que vous vouliez employer ?
16:13Est-ce que c'était enquête criminelle ? La cohésion, justement ?
16:16Comment tu l'as construit, entre guillemets ?
16:18Alors, il faut savoir que la genèse de cette série-là, c'est avant tout une série que j'avais
16:23beaucoup aimée,
16:24qui s'appelle Silicon Fucking Valley, qui est sur Arte.
16:27Je vous invite à la regarder si vous la voyez.
16:28On voit Luc Julia en train de critiquer un petit peu la vallée et la tech de son oncle de
16:33bois.
16:33Oui, voilà. En fait, ce qui est très bien, c'est que cette série, elle est passionnante parce qu'elle
16:39ne parle pas de la tech comme on la voit.
16:42Si on parle du CES ou même de Vila Tech, on a tendance un peu à fantasmer la tech.
16:47Là, ça montre vraiment aussi les petits secrets de la Silicon Valley.
16:50J'avais beaucoup aimé le travail des deux réalisateurs.
16:53Du coup, je les avais contactés sur LinkedIn en leur disant « J'aime beaucoup votre série.
16:59Moi, je travaille dans une boîte où j'ai l'impression que je vois des choses assez étonnantes.
17:04Est-ce que vous pensez que ça pourrait intéresser le grand public ? »
17:07Qu'on raconte le quotidien d'une entreprise tech comme le Boncoin.
17:11Au début, honnêtement, ils se posaient la question de savoir si c'était vraiment utile.
17:14Et on fait un call.
17:15Ils m'en ont dit après.
17:17Le premier coup de fil, je leur dis « Moi, j'aimerais bien parler de ça, ça, ça et ça.
17:23»
17:23Et les mecs, leur première réaction, c'est qu'ils me disent « Les trois choses sur quatre que tu
17:26as 10, on n'en a rien à faire.
17:28Par contre, la quatrième, elle est super intéressante.
17:30Ça, ça m'intéresserait de savoir moi en tant qu'utilisateur du Boncoin. »
17:34Et donc là, on commence à comprendre qu'il y a peut-être un truc qui peut être intéressant.
17:37Pour répondre à ta question, la ligne éditoriale,
17:40je regarde, il y a peut-être ma collègue qui trie avec qui je travaille,
17:44en fait, nous, on s'était noté des trucs qu'on pensait intéressants,
17:46mais les deux réalisateurs sont arrivés et nous ont dit
17:48« Nous, on va essayer de questionner un maximum de gens qui travaillent dans cette boîte
17:52pour trouver les anecdotes ou les histoires qui pourraient être intéressantes pour le grand public. »
17:59En fait, la ligne éditoriale, ce n'est pas nous qui l'avons fait.
18:02C'est vraiment les journalistes en passant trois mois chez nous
18:04et en ayant accès à tout le monde, du stagiaire au PDG.
18:07Il n'y avait pas de filtre.
18:08Ils avaient accès à tout ce qu'ils nous demandaient.
18:10On leur ouvrait.
18:12Et c'est eux, finalement, qui ont fait la ligne éditoriale
18:14avec les quatre épisodes qu'on a pu créer.
18:17C'est ça aussi la particularité, je dirais, de ce format-là.
18:19Ce n'est pas un exercice de brand content traditionnel
18:23où vous payez une boîte de prod en lui disant
18:25« Il faut que tu racontes ça, ça, ça et ça. »
18:27C'est un peu plus complexe.
18:29Et autant, Romais, c'est un très bon souvenir,
18:31donc j'imagine que ça a fait plaisir d'en parler.
18:33Autant le patron, est-ce qu'il était content de se replonger dans ce souvenir
18:36que lui, il y avait quelques cheveux blancs peut-être ?
18:38Le patron, je n'en ai pas parlé avec lui directement au final.
18:41J'en ai parlé avec le CTO assez directement
18:44en lui expliquant que j'imaginais qu'il y avait quand même une opportunité
18:48pour faire un contenu de qualité avec des gens brillants
18:51parce que, pour le coup, on avait vu différentes boîtes de prod.
18:56Mais celle qui travaillait avec les deux réalisateurs
18:58nous a tout de suite mis une évidence
19:01qui était qu'ils comprenaient la culture de l'entreprise,
19:04ils posaient les bonnes questions aux gens.
19:06Ils étaient aussi sur un format de production qui était un peu atypique,
19:10c'est que tout le tournage s'est fait de nuit.
19:13C'est-à-dire qu'eux, ils réservaient les bureaux à partir de 20 heures
19:17et puis ils restaient jusqu'à 3-4 heures du matin.
19:20Et je dis ça pour de vrai.
19:22Vraiment, ça se termiait parfois au PSM, le bar en face
19:25pour terminer les dernières discussions.
19:26Mais parfois, le PSM était déjà fermé.
19:29Et en fait, ils prenaient différents collaborateurs
19:33et ils passaient 2-3 heures avec eux
19:35pour vraiment creuser les discussions
19:38et leur expérience personnelle.
19:40Ce qui donne, je pense, une authenticité
19:42et une spontanéité, en tout cas, dans l'image.
19:46Donc voilà, c'était un format très déroutant.
19:49Moi, mon métier, ce n'est pas de faire des documentaires.
19:50Mon métier, c'est de travailler avec des partenaires technologiques.
19:54Mais on s'est laissé embarquer dans cette aventure
19:56parce qu'on avait des gens passionnés
19:58et passionnants autour de nous
20:00et qu'on avait très envie de rendre ça explicite pour tout le monde.
20:03Peut-être que ça va inspirer nos entreprises.
20:04On a montré d'autres événements critiques.
20:09Remaïssa, après cette période-là qui était assez folle,
20:11est-ce que ce n'est pas trop dur de reprendre sa petite routine ?
20:14Tout me paraissait vraiment trop calme, peut-être ?
20:15Tout me paraissait vraiment trop calme.
20:18C'est ce que je vous disais.
20:19Pour moi, ça fait partie des projets les plus marquants de ma carrière
20:22parce qu'on voit l'impact du collectif.
20:26On a tendance à en parler.
20:28Là, nous, on l'a vécu.
20:29C'est plusieurs personnes qui rentrent dans ce projet-là
20:33et qui ont juste un seul et même objectif.
20:35En fait, on était tous portés.
20:36On avait des personnes qui bossaient 7 jours sur 7.
20:38Je vais vous teaser un petit peu,
20:40mais il y a une personne qui a failli dormir dans son camion,
20:42dans le parking tellement elle voulait rester là.
20:44Je vous laisserai découvrir ça dans la série.
20:46Mais cet esprit collectif, collaboratif, en fait,
20:50est très propre au bon coin.
20:51En tout cas, moi, c'est une des seules fois où je l'ai vue dans ma carrière.
20:55Remonter une boîte quasiment de zéro avec une quinzaine de personnes,
20:59avoir des personnes qui veulent dormir dans un parking pour aller plus vite.
21:03Quand on revient à la réalité, c'est un peu difficile.
21:07Mais ce qu'on retient, c'est ces gens-là avec qui j'ai fait ce projet,
21:11j'étais capable de leur demander n'importe quoi.
21:13Après, en fait, on avait fait un truc assez dingue ensemble.
21:16Ça a créé des liens hyper forts.
21:18Ça nous a soudés autour de projets.
21:19C'est des personnes que je croisais au quotidien après dans mon job.
21:23Après, on a eu d'autres projets.
21:24Le bon coin ne s'arrête jamais.
21:25Celui-ci était une parenthèse un peu atypique,
21:28mais j'ai eu plein d'autres projets merveilleux.
21:30Mais celui-ci, il a une petite saveur.
21:32Moi, j'ai toujours rêvé de sauver le monde.
21:35Celui-ci a une petite saveur où j'ai pu mettre ma cape de sauveuse.
21:40Et ça, c'était génial.
21:41Et fait, ton 15 août, la tranquillité du 15 août,
21:43tu l'as eue après, finalement, le 15 août.
21:45Exactement.
21:46Je l'ai eue vraiment un mois après où j'étais au milieu de nulle part
21:50en train de faire du camping et où j'ai réalisé tout ça
21:53en me disant, je viens de vivre un truc de dingue.
21:56Mais parce que quand on est dedans, on se fait juste.
21:59On avance et puis après, il y a des tempéraments.
22:01Et moi, j'ai un tempérament d'action.
22:03Mais j'étais énergisée par ça comme une dingue.
22:06Et au retour, effectivement, c'est retrouver d'autres éléments.
22:09Mais cette boîte ne s'arrête jamais.
22:10Donc, il y a toujours des projets de dingue.
22:12C'est une belle conclusion de cette partie.
22:14Restez là, parce qu'on va basculer après sur l'expérience utilisateur
22:16et sur le design un peu particulier du site.
22:19On peut applaudir les trois speakers qui nous ont emmenés dans ce hack.
22:23Qui était assez fascinant.
22:24Et on bascule tout de suite avec deux intervenants.
22:27Merci beaucoup à vous trois.
22:27Juste un dernier mot.
22:29Je disclaimers.
22:30La série, parce que Brut nous a approché il y a quelques semaines,
22:34vous allez la retrouver sur YouTube à partir de la semaine prochaine.
22:38Donc, si vous suivez l'actualité du Boncoin sur LinkedIn,
22:40Le Boncoin ou Le Boncoin Tech,
22:41qui représente les équipes tech du Boncoin,
22:43on repartagera le lien YouTube de la chaîne Brut.
22:48Et voilà, on espère que ça vous plaira.
22:50Eh bien, c'est la perfaite conclusion.
22:52Merci à vous trois.
23:04Et du coup, je vais m'appeler Mélanie et Axel
23:08qui vont me rejoindre sur scène.
23:10Et on va basculer sur l'expérience utilisateur,
23:14l'UX, comme on dit dans le jargon geek.
23:16Bienvenue à vous deux.
23:18Alors, Mélanie, toi, tu es plus sur la partie UX,
23:21expérience utilisateur, en bon français.
23:23Et puis toi, Axel, tu es responsable chez Atlassian,
23:26qui édite des solutions collaboratives.
23:28Donc ça, pour le coup, tu pourras nous éclairer un petit peu
23:30avec ton regard aussi sur l'avenir un peu du commerce en ligne
23:33et aussi de la personnalisation,
23:34puisque c'est un petit peu l'enjeu de cette discussion.
23:37Mais sans plus attendre, Mélanie,
23:38tu as quand même une longue responsabilité,
23:40puisque Le Boncoin,
23:41peut-être que vous êtes tous des utilisateurs du Boncoin,
23:43je ne sais pas.
23:44Mais il y a un Français sur deux qui est sur Le Boncoin,
23:45donc c'est quand même une petite responsabilité.
23:48Justement, comment on fait pour créer une expérience ?
23:51Quand je dis UX, en fait,
23:52c'est tout ce qui permet de rendre les choses intuitives,
23:53simple utilisation.
23:54Comment on fait pour construire un lien de confiance avec les Français ?
23:57C'est quand même une grosse responsabilité.
23:59C'est clair.
24:00Moi, quand je suis arrivée déjà au Boncoin,
24:02alors moi, je pensais la même chose.
24:04Quand je suis arrivée au Boncoin,
24:04je me suis dit, c'est bon, c'est une petite boîte.
24:06Il n'y a pas non plus énormément de monde
24:07et il n'y a pas tant de monde qui l'utilise,
24:10même si j'en entendais parler, etc.
24:11Et quand on me dit, en fait,
24:13il y a des millions de personnes qui l'utilisent,
24:14ça fout un peu la pression.
24:16À chaque fois qu'on sort quelque chose
24:17ou qu'on fait quelque chose,
24:18on peut avoir quand même l'impact sur pas mal de monde.
24:22Et donc, comment est-ce qu'on fait ?
24:24Déjà, on rencontre régulièrement quand même des utilisateurs.
24:27Je pense que c'est un peu le cœur de la chose.
24:30C'est vraiment d'aller rencontrer des utilisateurs,
24:32savoir quels sont leurs besoins,
24:35mais aussi souvent, en fait, de leur faire tester
24:38ce qu'on va mettre sur le site et l'application.
24:41Donc, on teste avec eux, on voit leur opinion.
24:43Et ensuite, le dernier, un peu l'épreuve du feu,
24:46c'est quand on le met sur le site et l'application
24:48et on voit comment est-ce que ça se comporte.
24:50Donc, en fait, on fait plein de petits tests
24:51sur le site et les applications.
24:53On voit comment est-ce que ça se passe.
24:54On voit comment est-ce que c'est pris par la majorité.
24:57On voit s'ils se comportent d'une manière ou d'une autre.
25:00Et là, on voit si ça marche ou si, dans la plupart du temps, ça ne marche pas.
25:05Par exemple, dans la série, justement, il y a un des exemples dont on parle
25:09qui est un gros, comment on dit, un fail,
25:12mais en tout cas, quelque chose qu'on a mis sur le site
25:14et qui n'a pas du tout marché.
25:17Je ne vais pas trop en parler.
25:19Je vous laisse voir, en tout cas.
25:20Mais par exemple, il y a plein d'autres exemples
25:21qui sont quand même très spécifiques au Bon Coin.
25:25Mais en gros, en fait, par exemple,
25:28on a voulu agrandir la taille de la photo sur la page d'annonce.
25:32Et en fait, on s'est dit, normalement, la photo, c'est hyper important
25:36pour les gens pour acheter, etc.
25:37Et en fait, on l'a mis et il y a eu moins d'achats derrière.
25:41Et là, on se pose la question.
25:42On ne comprend pas forcément pourquoi.
25:44Et en fait, c'est juste qu'à chaque fois, on teste énormément.
25:47Et là, on a compris qu'il faut de la confiance pour acheter.
25:52Et la photo, ça ne suffit pas forcément.
25:54On a besoin de s'y savoir.
25:55Qui vend ? Pourquoi ? Et dans quel état ?
25:57Et donc, c'est toutes ces petites choses.
25:59Donc, à chaque fois, on teste.
26:00On teste et on teste.
26:01Et on voit comment est-ce que ça se passe.
26:03Et c'est un peu comme ça qu'on s'assure, en tout cas,
26:06que ça marche pour la plupart des gens.
26:08Et ça marche.
26:09Alors pourtant, le design, quand on préparait cette table ronde,
26:13Axel, tu le décrivais d'une manière assez poétique.
26:17Est-ce que tu peux nous dire justement ce terme
26:19et ce qu'il en découle derrière ?
26:21Alors, bonjour à tous.
26:23Il y a un moment dans le documentaire, dans la web-série,
26:26où on décrit la couleur du bon coin en parlant d'un jaune pisseux.
26:32Et effectivement, on voit tous de quoi on parle.
26:37Parce qu'il y a un Français sur deux qui utilise cette plateforme.
26:40Ce que je trouve intéressant, finalement,
26:42dans le fait de ne pas avoir développé une esthétique trop importante,
26:47c'est qu'en fait, pour l'utilisateur,
26:49quand il ou elle arrive sur le site Internet,
26:53cette personne, elle a une tâche en tête.
26:55Elle se dit, je suis là pour acheter une table basse pour mon salon
27:00parce que quand je m'installe devant ma télé,
27:02je n'ai rien pour poser mon verre d'eau.
27:06Et en fait, cet utilisateur, quand il ou elle a une tâche en tête,
27:11elle est là pour finalement aller jusqu'au bout de cette tâche.
27:15Idéalement, j'imagine rapidement.
27:17Qui veut passer des heures et des heures ?
27:19Donc, il y a vraiment une notion d'efficacité.
27:22Et je trouve que c'est intéressant sur le bon coin
27:25parce que c'est une expérience qui, entre guillemets, est simple.
27:30On va droit au but.
27:32Donc, pas besoin d'artifice,
27:34pas besoin de pixels décoratifs, entre guillemets.
27:38On arrive, on est là, on cherche quelque chose.
27:41Et les équipes tech du bon coin,
27:43elles sont là pour aider cet utilisateur
27:45à arriver très rapidement aux résultats
27:49qu'il ou elle cherche sur la plateforme.
27:50Donc, je pense qu'il y a quelque chose d'intéressant
27:54dans le fait de ne pas surhabiller une expérience utilisateur.
27:58Justement, toi, Mélanie, quand tu vois certains sites
28:00où aujourd'hui, on en parlera d'après,
28:02mais avec l'addition artificielle,
28:03on a envie toujours d'en faire plus.
28:04Est-ce que parfois, il n'y a pas la tentation quand même
28:05de tout raser, d'en ressortir une feuille blanche ?
28:07Quel est un petit peu le process, parfois,
28:09pour faire des changements,
28:09mais sans casser les habitudes des consommateurs ?
28:11Parce qu'on le sait, surtout les Français,
28:12on aime bien le changement, mais sans trop de changements.
28:16Surtout que nos utilisateurs, ils nous le disent souvent.
28:18C'est la première chose qui arrive quand on change quelque chose,
28:20c'est toujours, mais pourquoi vous avez fait ça ?
28:22C'était très bien avant.
28:23Et ça, c'est le premier réflexe, souvent.
28:25Et en fait, on voit souvent ce retour.
28:29Mais, pardon, je crois que j'ai oublié la question.
28:31Il me restait la question.
28:32Non, mais c'est un petit peu l'approche, justement,
28:34que vous avez envie de lancer des nouvelles fonctionnalités.
28:36Est-ce qu'il n'y a pas la tentation,
28:37surtout quand on voit tout le superflu, parfois,
28:40qu'il peut y avoir, notamment avec l'enjeu artificiel,
28:41parce qu'on peut tellement faire de possibilités
28:43qu'on peut s'y perdre ?
28:44Est-ce que ce n'est pas dur, parfois,
28:45de résister aux sirènes qu'on peut entendre sur le marché ?
28:47Oui.
28:48Et carrément, pour un peu rebondir aussi
28:50sur ce que Axel disait,
28:51nous, notre but, c'est clairement d'aider les utilisateurs
28:54à atteindre leur objectif.
28:56Ils veulent vendre, ils veulent acheter.
28:58Ils ne sont pas là pour passer non plus énormément de temps.
29:01Et clairement, nous, l'objectif, même avec l'IA,
29:03c'est toujours de comment est-ce que ça peut servir l'utilisateur ?
29:07Comment est-ce qu'on peut l'aider ?
29:08Et du coup, on teste beaucoup pour voir, justement,
29:12à quel point est-ce que ça répond à leurs besoins.
29:15Et il y a plein de moments où, clairement, on rate.
29:18Mais dans, justement, les dernières choses qu'on a pu faire,
29:20par exemple, on a sorti le dépôt en un clic.
29:23Donc, c'est-à-dire, en fait, on peut déposer en mettant une photo.
29:26Et derrière, ça va compléter la plupart des champs.
29:29Mais derrière, l'utilisateur, et bien sûr,
29:32enfin, le vendeur, en tout cas,
29:32il peut toujours regarder tout ce qui a été complété.
29:35Il a toujours le droit de regard et de contrôle.
29:37C'est hyper important.
29:38Et ensuite, il peut valider.
29:40Donc, pourquoi est-ce qu'on a fait ça ?
29:42C'est pour éviter que la personne perde trop de temps à remplir tous les champs,
29:46à comprendre exactement tout ce qu'il faut remplir.
29:48Donc, nous, notre but, c'est toujours d'aider l'utilisateur,
29:51mais de lui laisser le contrôle derrière.
29:55Surtout qu'en fait, sur le bon coin, la confiance est quand même clé.
29:59Est-ce qu'on veut vraiment le laisser à un robot ?
30:01Je ne suis pas sûre.
30:02Donc, on essaie de leur donner les moyens, en tout cas,
30:05d'atteindre leurs objectifs et derrière, de vraiment les aider.
30:09Je me permets de rebondir.
30:11Je pense qu'il y a aussi un sujet de familiarité.
30:14C'est-à-dire, quand tu as une plateforme qui est utilisée par Français sur deux,
30:19c'est aussi compliqué de refondre l'expérience du jour au lendemain,
30:23étant donné le trafic que tu reçois.
30:25Tu risques de, finalement, disrupter l'expérience.
30:28Je pense que beaucoup de personnes ici se souviennent de la refonte du site
30:32de l'application SNCF, qui a causé…
30:36C'était un grand succès populaire.
30:37Qui a causé quand même pas mal de soucis.
30:40Et je pense qu'il y a aussi cette recherche de…
30:43Donc, vous avez la confiance de cette population qui vient sur votre plateforme tous les jours.
30:48Et dans cette recherche de ne pas casser ou fragiliser cette confiance,
30:53l'idée de quand même maintenir une expérience simple, fluide et efficace
30:57est familière, en tout cas, et assez importante.
31:00Mais est-ce qu'on a un terme où parfois, vous n'avez pas des petites blagues entre vous
31:02sur le design, ou même parce que parfois, il n'y a pas des Français,
31:05qui vous arrêtent en disant « Bon, c'est sympa, mais ce n'est pas très beau. »
31:10Ça, ça arrive tout le temps.
31:12Et c'est vrai que ça fait un petit pincement au cœur, quand même.
31:15Surtout quand on travaille sur vraiment l'aspect,
31:19bien sûr, sur l'expérience et sur le visuel.
31:21Surtout qu'on y est tous, au bon coin, il y a quand même beaucoup de gens passionnés.
31:25Je pense qu'avec Roma et ça, on l'a bien vu aussi.
31:28Il y a beaucoup de gens passionnés, quand même,
31:29qui ont vraiment envie d'amener les choses loin.
31:33Et ça fait un petit pincement au cœur.
31:35Après, c'est normal, je pense, parce que c'est un peu un choix qu'on a fait.
31:40Clairement, on ne veut pas laisser les gens sur le côté.
31:42Donc, on fait des choses très progressivement.
31:44Ce n'est pas très visible, forcément, la manière dont ça évolue.
31:47Si on regardait entre 2015 et maintenant,
31:50on verrait que c'est totalement différent.
31:53Mais ce n'est pas si évident quand on arrive dessus.
31:55Et il faut savoir aussi que le site n'a pas bougé en 10 ans entre 2006 et 2015.
32:01Donc, forcément, on garde beaucoup cette image en tête.
32:06On va dire que la légende du bon coin s'est un peu construite dessus.
32:10À l'origine, c'est sûr que c'était très simple.
32:12Il n'y avait pas de designers du tout qui ont pensé à la chose.
32:15Et je pense que c'est aussi beaucoup resté dans l'esprit des gens.
32:18Et puis, en fait, on fait avec.
32:20Et puis, de toute façon, le but, ça reste toujours de servir les utilisateurs au-delà de ça.
32:25Ce qui était symbolique, c'est que pendant le temps, c'était la carte qui était sur le site.
32:28Et dès que vous essayez de l'enlever, les gens disent « Non, c'est très bien la carte. »
32:31Et du coup, il a fallu y aller par une petite dose un petit peu pour l'effacer.
32:34Par contre, il y a des choses qu'on voit arriver et pas une petite dose,
32:36c'est l'intelligence artificielle.
32:38Justement, toi, Axel, comment tu perçois un petit peu cette arrivée de l'IA
32:42sur le monde de l'e-commerce, des marketplaces, où tout le monde est en hystérie,
32:46même j'allais dire euphorie, mais en fait, c'est en hystérie carrément.
32:48Depuis trois ans et demi, l'arrivée de tchats de GPT.
32:51Je pense que c'est une très bonne question parce que l'IA, finalement, va venir changer les mœurs.
32:56Je pense qu'on le voit déjà.
32:59Moi, personnellement, dans mon utilisation, il y a en quelque sorte ce changement
33:05ou cette transition de la recherche vers l'intention.
33:08Donc avant, je vais sur Leboncoin, je rentre dans la barre de recherche et je tape ce que je veux.
33:13Donc je dis table basse, chaîne, 150 cm.
33:18Et aujourd'hui, je ne fais peut-être plus ça.
33:21Donc je vais dans un moteur de conversation IA, que ce soit HLGPT, Claude, Mistral
33:30ou quel que soit le fournisseur, et je vais décrire mon contexte et qu'est-ce que je recherche.
33:37Donc le premier challenge, il est là, c'est-à-dire qu'on ne construit plus pour la recherche,
33:42on construit pour l'intention.
33:43Donc je vais décrire, je vais dire, souvent, je trouve que je suis dans cette situation
33:50et du coup, j'aimerais pouvoir, objectif, et IA part et va me trouver des choses.
33:56Et cette première transition, elle apporte un deuxième challenge,
34:00qui est le fait qu'il va probablement avoir une désintermédiation de l'attention.
34:05C'est-à-dire, aujourd'hui, quand je vais sur Leboncoin, je suis sur la plateforme
34:10et du coup, je vois tout ce que Leboncoin a à me proposer.
34:13Quand je suis dans Claude ou dans ChatGPT ou dans le chat de Mistral,
34:19j'envoie un agent faire une recherche et l'agent revient avec des propositions.
34:24Donc je ne suis plus exposé à potentiellement toute cette panoplie de produits
34:29auxquels j'aurais pu être avant.
34:31Ça me fait penser un peu à l'analogie de quand tu vas chez Ikea,
34:35le circuit est construit pour que tu passes devant tout.
34:38C'est un escape game.
34:39Voilà, exactement.
34:41Et là, en fait, l'IA vient rebattre les cartes du commerce.
34:45Et le commerce agentique, il pose ses deux premiers challenges.
34:48Il pose aussi un troisième challenge, qui est le challenge de la confiance.
34:52Parce que je délègue ma tâche à l'IA, à l'agent.
34:56Et cet agent va aller sur Internet et me trouver quelque chose.
35:00On a énormément parlé de confiance et dans la première partie et avec Mélanie ici.
35:07Et en fait, je pense qu'il y a vraiment ce sujet de comment, à travers l'IA et l
35:14'expérience agentique,
35:15je fais aussi attention à des sujets de fraude.
35:20Combien de fois, moi, j'ai déjà eu une expérience, une mauvaise expérience sur une marketplace
35:28où je me suis rendu compte que, juste au moment où il fallait envoyer de l'argent,
35:34on a essayé de m'avoir, en fait.
35:37Et est-ce que l'agent Ikea aura les mêmes capacités ?
35:41Donc, en fait, finalement, on va venir aussi déléguer la confiance
35:45ou, en tout cas, le fait de reconnaître une bonne opportunité
35:49ou quelque chose de non frauduleux à un agent Ikea.
35:52Et très sincèrement, on ne sait pas faire tout ça aujourd'hui.
35:55On n'a pas les réponses.
35:56Tout ça, c'est très nouveau.
35:59Et du coup, j'aimerais bien aussi l'avis de Mélanie sur le sujet
36:02puisque tout ça, c'est très naissant.
36:04Donc, ça m'intéresserait de comprendre comment le Boncoin approche un peu
36:07ces sujets de commerce agentique.
36:12Comme pour le reste.
36:14Pour le coup, on teste pas mal.
36:16Et là, on a testé justement de sortir un agent sur ChatGPT
36:19pour voir est-ce que les gens l'utilisent ou pas.
36:23Comme tous les autres, ça a raté.
36:25Pour l'instant, on n'a pas beaucoup d'audience qui viennent de là.
36:27Et ça reste quand même quelque chose qu'on a en tête.
36:30On sait très bien que ça va être un tournant qu'on doit prendre.
36:33Mais pour l'instant, c'est pas encore vraiment aussi mature comme usage.
36:38En tout cas, parmi nos utilisateurs.
36:39Mais surtout qu'en plus, chez le Boncoin, c'est quand même assez spécifique la manière de rechercher.
36:44C'est pas vraiment comme aller chercher sur n'importe quel site d'e-commerce.
36:48Souvent, ce qu'on s'est aperçu, en fait, quand on a interrogé des gens,
36:52on leur demandait de chercher quelque chose sur n'importe quel site d'e-commerce.
36:55Par exemple, cette table-là, c'est une table noire avec des pieds noirs en métal.
36:59Donc, ils vont décrire l'entièreté de ce qu'ils cherchent sur les sites d'e-commerce.
37:03Et en fait, on leur demandait de faire la même recherche sur le Boncoin.
37:06Et là, c'était drôle parce qu'ils disaient table avec quatre pieds.
37:10Et on le regarde et on se dit, mais pourquoi est-ce que vous n'avez pas la même chose
37:13?
37:14Et là, on s'aperçoit qu'en effet, la confiance, elle ne se construit pas de la même manière sur
37:18le Boncoin.
37:19En fait, les gens, ils n'ont pas autant confiance déjà.
37:21Ils savent que c'est des particuliers souvent en face.
37:23Et donc, ils vont adapter leur comportement en se disant,
37:27en fait, les gens, ils ne vont pas mettre autant de mots-clés.
37:29Ils ne vont pas savoir ce qu'ils vendent.
37:30Et donc, ils vont vendre ça vite fait.
37:33Même si nous, on essaie de pousser l'expérience pour que les gens décrivent un maximum.
37:38Mais en fait, ils arrivent déjà sur le Boncoin en ayant ce biais-là.
37:42Et donc, forcément, en sachant ces comportements-là,
37:45on ne peut pas avoir les mêmes réflexes pour tout.
37:49En se disant, OK, tous les autres sites, ils vont passer par l'agent tique, etc.
37:52Alors que nous, potentiellement, pas forcément.
37:54Ils n'arrivent même pas déjà à formuler chez nous.
37:56Alors, avec l'agent, pas sûr.
37:58En fait, le plus grand défi, c'est qu'on rentre dans une art de hyper-pensibilisation.
38:01En fait, peut-être qu'un jour, il faudra...
38:02Ça sera un site différent, comme tu l'as dit, pour chaque Français.
38:05Parce que tel Français, il veut ça, un autre, il ne veut pas ça.
38:07Et ça, c'est quand même un gros défi, un peu comme les réseaux sociaux.
38:09Finalement, vous allez sur Instagram, sur les réseaux.
38:11En fait, l'algorithme, il remarque ce qui déclenche la dopamine dans votre cerveau.
38:15Et si vous aimez les vidéos de chats qui sautent partout, vous n'allez voir que ça.
38:18Ce qui, après, pose des questions sur les sujets un peu de pluralité, des opinions et tout ça.
38:22Mais c'est encore un autre sujet.
38:23Et ça, justement, comment vous l'appréhendez ?
38:25Peut-être Axel ou Mélanie, pour commencer,
38:28de se dire, peut-être qu'en fait, bientôt, il faut aller sur un site ultra-personnalisé
38:32pour chaque Français avec autant d'agents, justement, pour aller dans leur sens.
38:36Et ça, parfois, ça donne un peu le vertige.
38:39Axel, pour commencer ?
38:41Je pense qu'il y a vraiment une question de comprendre pour qui on construit,
38:46qui est le cœur du métier de Mélanie.
38:48Et je pense que les équipes tech, elles ont vraiment besoin d'avoir une compréhension ultra-granulaire
38:56de pour qui on construit.
38:57Quand c'est des êtres humains, c'est relativement simple
39:00parce qu'en fait, on va aller chercher un panel d'utilisateurs,
39:03on va faire des tests d'utilisateurs,
39:05on va avoir des êtres humains et puis on va pouvoir observer leur comportement.
39:09On parle d'IA et d'Agenti, beaucoup plus compliqué.
39:12Il n'y a pas de standard aujourd'hui.
39:14On ne sait pas comment ça va se passer tout à fait.
39:17J'aimerais bien prendre l'exemple de...
39:20Récemment, il y a une étude qui a été faite sur le cas d'usage Booking.com avec ChatGPT
39:26qui, je trouve, est un cas d'usage extrêmement intéressant
39:29parce que OpenAI a annoncé plein d'agents pour faire du commerce agentique.
39:36Donc, tout le monde s'est dit tout de suite,
39:38ah super, on va pouvoir trouver nos vacances maintenant en 5 minutes avec Booking.com.
39:43Et bien, effectivement, les gens vont dans ChatGPT, décrivent les vacances qu'ils voudraient avoir
39:49et suite à l'étude, ce dont ils ont observé, c'est que les personnes allées sur ChatGPT,
39:54trouvaient leurs vacances en disant j'aimerais passer deux semaines au soleil de telle date à telle date.
39:59ChatGPT revenait avec des recommandations, mais au moment où il fallait payer,
40:03les personnes ne faisaient pas la transaction dans ChatGPT alors que la transaction était possible.
40:08Donc, on revient à ce sujet de confiance qui, je pense, est vraiment central,
40:12notamment à l'ère de l'IA, puisqu'on voit bien que dans les usages aujourd'hui,
40:16les gens ne sont pas prêts à faire confiance à l'IA agentique
40:20au moment où il faut sortir les sous de sa poche.
40:23C'est un peu le moment critique, le moment de la conversion.
40:25Et je pense que le Boncoin a fait un super job, notamment en termes du X,
40:29pour vraiment fluidifier tout ce parcours,
40:33pour qu'à la fin, la personne puisse transacter,
40:36notamment avec l'introduction du paiement,
40:38et finalement atteindre son objectif.
40:40Le sujet sur lequel je reste assez curieux,
40:42c'est comment on va gérer cette notion de confiance
40:46et de contrat de confiance, entre guillemets,
40:50avec l'IA argentique,
40:51qui est une réponse qu'on n'a pas encore tout à fait aujourd'hui.
40:54Du coup, je vais prolonger la question à Axel.
40:56C'est quand regarder cette confiance à l'ère de l'IA,
40:59et par exemple, je ne sais pas comment tu imagines le Boncoin d'ici 5 ans, 6 ans,
41:03avec cette phase où, en plus, ça va de plus en plus vite,
41:05ce qui est parfois compliqué à suivre.
41:08Ce n'est pas facile, en effet, de se projeter,
41:10vu que tout va quand même très, très vite.
41:13Je voulais juste un peu revenir sur ce que tu disais,
41:16parce qu'il y a eu aussi des expérimentations,
41:20où ils avaient créé des agents,
41:22en fait plusieurs agents, des agents d'acheteurs, de vendeurs.
41:25C'était un petit groupe de personnes qui disaient,
41:27OK, moi, j'ai tous ces objets-là à vendre.
41:30Il y avait des acheteurs qui disaient,
41:31moi, j'ai envie d'acheter ça, etc.
41:34Voici mon budget.
41:36OK, comment est-ce que ça va se passer ?
41:38Enfin, va me chercher, en gros, ce que je veux.
41:40Et côté vendeur, c'était, OK,
41:42vends-moi ce que j'ai envie de vendre.
41:44Et par contre, je suis sensible quand même à la négociation,
41:46je suis OK pour ça.
41:48Et ce qui s'est passé derrière,
41:49c'est qu'en fait, il n'y a eu qu'une seule transaction de faite,
41:52malgré tout, alors qu'en fait,
41:54on leur donne le droit, en fait, de le faire pour le coup.
41:57Et en plus, même, c'était même pas une super offre.
42:00Apparemment, ça a été quand même acheté assez haut.
42:03Et donc, en fait, ce qu'on voit pour l'instant,
42:05c'est que toutes ces tâches-là,
42:07on n'y est pas encore.
42:08Et puis même, je ne suis même pas sûre que
42:11ce soit vraiment ça qu'on a envie de déléguer,
42:14en fait, à la machine.
42:16C'est marrant parce que quand on parle justement
42:18beaucoup aux utilisateurs,
42:19ils nous disent, en fait, moi, mon plaisir,
42:22mon vrai plaisir, c'est quand j'ai réussi à faire une offre.
42:24Enfin, c'est quand j'ai réussi à avoir une super affaire,
42:27j'ai réussi à la négocier,
42:28j'ai eu exactement ce que je voulais pour un super prix.
42:30Donc, si on enlève en plus ce plaisir-là,
42:33en fait, ça serait purement mercantile,
42:36derrière et commercial.
42:37Alors que vraiment, l'expérience du Boncoin,
42:39c'est réussir à faire une offre,
42:41réussir à gagner de l'argent.
42:42Après, je ne dis pas, peut-être dans 5, 10 ans,
42:44est-ce qu'on arriverait ?
42:45Je pense que ça sera peut-être sur d'autres choses.
42:48Mais bien sûr, c'est toujours au service de l'usateur.
42:50Comment est-ce qu'on fait pour l'aider sur des tâches
42:52qui sont vraiment les plus problématiques,
42:55ceux qui prennent du temps ?
42:57Comment est-ce qu'on accélère ?
42:58Et aussi, comme tu l'as dit,
42:59sur la personnalisation, clairement,
43:01de mieux comprendre les utilisateurs,
43:03mieux comprendre ce qu'ils veulent
43:04et qu'ils n'aient même plus besoin,
43:06peut-être, de redire à chaque fois
43:09qu'ils sont une famille, etc.
43:11Oui, finalement, ce qu'on dit,
43:13c'est qu'il faut garder une part d'humanité
43:14puisque finalement, on aime bien parfois
43:15de perdre du temps en train de scroller,
43:17de chercher un peu en mode brocante,
43:18de prendre son temps.
43:19C'est vrai qu'il y a peut-être
43:20l'aissement de temps au temps, entre guillemets.
43:22C'est sur cette touche de philosophie
43:24qu'on va conclure cette séquence.
43:25Merci beaucoup Vélanie, merci beaucoup Axel.
43:27Vous pouvez les applaudir.
43:29Et c'est ainsi que Massage fait
43:32cette séquence Le Bon Coin.
43:34Et pour conclure, je vais appeler
43:35les trois premiers speakers
43:36pour faire une petite photo avec le public.
43:39Et puis, voilà, ce sera l'occasion
43:40de clôturer quasiment ce ViaTech 2026.
43:43Merci à tous.
43:44Merci.
43:44Merci.
43:44Merci.
43:44Merci.
43:44Merci.
43:44Merci.
43:44Merci.
43:44Merci.
43:44Merci.
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