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  • il y a 4 heures
Christine Kelly revient, de 11h30 à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Pour terminer, nous allons et nous recevons Marie-Lise Pellissier,
00:04porte-parole de la marche pour la vie.
00:06Marie-Lise Pellissier, on ne peut pas ne pas terminer cette émission
00:09sans s'arrêter sur ce qui se passe sur ce texte sur l'euthanasie.
00:14Rappelons que le texte est passé au Sénat, qu'il a été adouci
00:18et qu'il se durcit maintenant à l'Assemblée nationale.
00:22Première question, où en sommes-nous ?
00:23Marie-Lise Pellissier, porte-parole de la marche pour la vie.
00:26Merci beaucoup déjà pour votre invitation où nous en sommes.
00:30La loi est réexaminée depuis hier soir à l'Assemblée nationale en deuxième lecture.
00:36C'est une loi qui a été durcie en commission par les députés.
00:40Je précise notamment l'ajout de la condition de souffrance psychologique
00:46alors que ça avait été supprimé en première lecture.
00:49C'est une loi extrêmement dure et nous, à la marche pour la vie,
00:52nous sommes particulièrement inquiets.
00:54On parlait juste à l'instant de violence.
00:55Pour nous, cette loi est une loi violente pour toute la société,
01:01en particulier pour les personnes vulnérables.
01:03Nous défendons la dignité de ces personnes-là.
01:06Pourquoi c'est une loi violente pour les personnes vulnérables ?
01:08Eh bien, eux-mêmes le disent.
01:09En fait, ça envoie un message sur la valeur de leur vie.
01:13Dire que leur proposer la porte de sortie,
01:16au lieu de tout faire pour les soulager,
01:18de tout faire pour leur montrer que leur vie est digne,
01:22malgré leur vulnérabilité,
01:24malgré cet état de dépendance,
01:26eh bien, c'est un message violent qu'on envoie.
01:28Et on dit que c'est la solution à la souffrance.
01:33C'est ce que se dit Olivier Falorni hier soir dans l'hémicycle.
01:37Olivier Falorni qui porte ce texte.
01:39Voilà, l'auteur de ce texte qui disait
01:41quand la vie est, je cite, une inexorable agonie
01:45ou quand il y a un océan de souffrance.
01:47Alors déjà, je précise que le texte, actuellement,
01:50ne s'adresse pas qu'aux personnes en fin de vie.
01:52Les critères sont quand même assez flous au niveau médical.
01:56Et donc, l'ADMD et les promoteurs de l'euthanasie
02:00présentent l'alternative comme s'il y avait le choix
02:03entre la souffrance ou la mort.
02:06Alors justement, qu'est-ce que vous répondez,
02:08Marie-Lys Pellissier, porte-parole de la marche pour la vie
02:10en direction européen, aux personnes qui vous disent
02:13« Moi, je ne veux pas souffrir ».
02:15Eh bien, je les comprends, je les écoute.
02:17Déjà, parce que personne ne veut la souffrance
02:19et être contre l'euthanasie ou le suicide assisté,
02:22ce n'est pas vouloir la souffrance.
02:23En revanche, justement, cette question nous pose
02:27la question collective de ce qu'on répond à la souffrance.
02:30Et ce qu'il faut répondre à la souffrance,
02:32c'est le soulagement, c'est le développement de la médecine,
02:34le développement des soins palliatifs, bien entendu.
02:37Aujourd'hui, on le sait, 50% des Français
02:40qui en ont besoin n'ont pas accès aux soins palliatifs.
02:43Et quand on voit ce chiffre, on comprend
02:44qu'il puisse y avoir cette demande de l'aide à mourir.
02:47Parce que quand les gens ne sont pas accompagnés,
02:49ne sont pas soulagés,
02:50on comprend bien sûr cette demande de mort.
02:52Mais quel est le rôle du gouvernement ?
02:54Quel est le rôle de notre société ?
02:57Qu'est-ce que nous prenons ?
02:58Et nous, à la marche pour la vie,
02:59on prône la solidarité.
03:00Marie-Lise Pellissier, porte-parole de la marche pour la vie sur Europe 1.
03:03Qu'est-ce qui a changé ?
03:05Qu'est-ce qui a été durci par ce texte à l'Assemblée nationale ?
03:09Notamment le délit d'entrave ?
03:10Oui, il y a...
03:11Qu'est-ce que c'est concrètement ?
03:12Effectivement, le délit d'entrave,
03:13c'est-à-dire que toute personne qui voudrait dissuader
03:18un patient de demander l'aide à mourir
03:20serait coupable et serait passible d'une amende considérable
03:26et même de prison.
03:27Ça peut être un patient, mais ça peut être un frère, une sœur.
03:30Une mère qui peut dire à son fils,
03:32écoute, réfléchit peut-être avant.
03:34C'est un proche, c'est un psychiatre,
03:37c'est même un représentant religieux.
03:39Aujourd'hui, si cette loi passe,
03:42vous n'aurez pas le droit d'essayer de dissuader quelqu'un,
03:45de demander la mort.
03:46Moi, ça me choque profondément,
03:47parce qu'aujourd'hui, on voit la santé mentale en France
03:49qui est assez catastrophique,
03:51on voit les tentatives de suicide qui augmentent chez les jeunes,
03:54particulièrement chez les jeunes filles.
03:55Il y a un rapport qui a été présenté en décembre 2025,
03:58et je ne comprends pas que face à la demande de mort,
04:01qui est un cri de détresse,
04:03qui est un cri non pas de demande de liberté,
04:06mais bien de souffrance,
04:07on réponde par « d'accord, on va t'aider à en finir ».
04:11Mais non, moi, face à quelqu'un qui dit « je souffre,
04:14je vais en finir », je dis « qu'est-ce que je peux faire pour toi ? »
04:17et « je vais t'aider à retrouver un sens à ta vie ».
04:19Je fais une petite parenthèse sur le cri de la santé mentale des jeunes filles
04:25dont vous faites allusion.
04:26J'ai fait un article dans le GDD sur la scarification,
04:28parce que personne n'en parle,
04:30et j'aurais bien aimé avoir tellement de temps pour parler de tout ça en silence,
04:33ces jeunes filles qui ont entre 11 et 14 ans,
04:36qui crèvent sous nos yeux.
04:38Je ferme la parenthèse.
04:39Gabrielle Cluzel sur la fin de vie,
04:41et ce délit d'entrave,
04:42c'est assez choquant de voir qu'on ne pourra pas conseiller,
04:46peut-être, à son fils, à sa mère, à son père,
04:49réfléchir un peu avant de demander la fin de vie.
04:51Non, mais moi, ce délit d'entrave me paraît déjà presque totalitaire,
04:54disons-le, parce que franchement,
04:56il faudrait y avoir une liberté d'échange
04:58pour que le patient, jusqu'au bout,
05:01puisse juger avec les arguments des uns et des autres.
05:03Ça me paraît délirant.
05:05Et puis, en totale contradiction avec ce qui se passe actuellement.
05:07Aujourd'hui, quand vous avez quelqu'un qui se jette au-dessus d'un pont,
05:10le pompier saute pour le sauver,
05:13il ne lui demande pas son avis,
05:15il le tire de l'eau,
05:15et tout le monde lui donne une médaille.
05:17Pourquoi, dans ce cadre-là,
05:20ce n'est pas reconnu de la même façon ?
05:22On a l'impression qu'il y a une inversion totale
05:23de notre système de valeurs.
05:25C'est comme si le pompier, au contraire,
05:26lui mettait la tête sous l'eau.
05:27Ah bah, puisque c'est ta décision,
05:29tu n'as qu'à te noyer.
05:30Je trouve ça, mais, terrifiant pour notre société.
05:32Puis, ce qui me fait peur, c'est que je vois bien
05:33que ces débats paraissent tellement loin pour les gens
05:36qu'ils ne se rendent pas compte
05:37que nous sommes dans une bascule extrêmement grave.
05:39Bascule extrêmement grave, justement,
05:41je voulais vous demander,
05:42Marilise Pellissier,
05:43porte-parole de la marche pour la vie,
05:44en quoi le vote de cette loi
05:46serait une bascule pour la société ?
05:50Il serait une bascule parce que,
05:52tout d'abord, on crée un droit et un soin.
05:54Il ne s'agit pas de répondre à certaines exceptions.
05:57Déjà, la loi n'est pas faite pour les exceptions en soi,
05:59mais vraiment, dans cette loi,
06:02il y a la modification du code de la santé.
06:03Donc, c'est-à-dire que, dans tous les établissements de santé,
06:06il faudra qu'on propose cette aide à mourir.
06:09Et vous avez sûrement entendu parler
06:11des établissements catholiques
06:12qui demandent à avoir une objection de conscience
06:14pour leur établissement, d'être épargnés.
06:17Quelle violence pour les soignants, eux !
06:19On oublie, on ne les écoute pas assez,
06:21ils se sentent bafoués dans le débat,
06:23alors que c'est eux qui devront donner ce prétendu soin.
06:26Donc, il y a un vrai basculement.
06:28Et puis, j'aime citer un philosophe, Jacques Rico,
06:32qui disait, une loi n'est pas que répressive,
06:34elle est aussi expressive,
06:35et elle indique les valeurs d'une société.
06:38Et créer cette loi,
06:40c'est abolir toute la valeur de la solidarité.
06:46Et d'ailleurs, je tiens à préciser
06:47qu'il y a eu un sondage tout récent,
06:49le sondage de la Fondapol,
06:51qui montre que les jeunes,
06:52les moins de 35 ans,
06:53et en particulier la tranche d'âge 18-24 ans,
06:57dont je fais partie,
06:58sont particulièrement inquiets
07:00du sort des plus vulnérables,
07:02des personnes fragiles psychologiquement,
07:04face à cette légalisation possible.
07:06Merci beaucoup, Marie-Lise Pellissier,
07:08porte-parole de La Marche pour la vie.
07:10Prochaines étapes, le vote,
07:11le 24 février, mardi prochain,
07:13à l'Assemblée nationale.
07:15Rappelons que les soignants sont contre.
07:17Rappelons que toutes les religions sont contre.
07:20Pour une fois, toutes les religions sont complètement unies,
07:22et sont contre ce texte.
07:23Merci d'avoir été en direct avec nous sur Europe 1.
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