00:00Pour terminer, nous allons et nous recevons Marie-Lise Pellissier,
00:04porte-parole de la marche pour la vie.
00:06Marie-Lise Pellissier, on ne peut pas ne pas terminer cette émission
00:09sans s'arrêter sur ce qui se passe sur ce texte sur l'euthanasie.
00:14Rappelons que le texte est passé au Sénat, qu'il a été adouci
00:18et qu'il se durcit maintenant à l'Assemblée nationale.
00:22Première question, où en sommes-nous ?
00:23Marie-Lise Pellissier, porte-parole de la marche pour la vie.
00:26Merci beaucoup déjà pour votre invitation où nous en sommes.
00:30La loi est réexaminée depuis hier soir à l'Assemblée nationale en deuxième lecture.
00:36C'est une loi qui a été durcie en commission par les députés.
00:40Je précise notamment l'ajout de la condition de souffrance psychologique
00:46alors que ça avait été supprimé en première lecture.
00:49C'est une loi extrêmement dure et nous, à la marche pour la vie,
00:52nous sommes particulièrement inquiets.
00:54On parlait juste à l'instant de violence.
00:55Pour nous, cette loi est une loi violente pour toute la société,
01:01en particulier pour les personnes vulnérables.
01:03Nous défendons la dignité de ces personnes-là.
01:06Pourquoi c'est une loi violente pour les personnes vulnérables ?
01:08Eh bien, eux-mêmes le disent.
01:09En fait, ça envoie un message sur la valeur de leur vie.
01:13Dire que leur proposer la porte de sortie,
01:16au lieu de tout faire pour les soulager,
01:18de tout faire pour leur montrer que leur vie est digne,
01:22malgré leur vulnérabilité,
01:24malgré cet état de dépendance,
01:26eh bien, c'est un message violent qu'on envoie.
01:28Et on dit que c'est la solution à la souffrance.
01:33C'est ce que se dit Olivier Falorni hier soir dans l'hémicycle.
01:37Olivier Falorni qui porte ce texte.
01:39Voilà, l'auteur de ce texte qui disait
01:41quand la vie est, je cite, une inexorable agonie
01:45ou quand il y a un océan de souffrance.
01:47Alors déjà, je précise que le texte, actuellement,
01:50ne s'adresse pas qu'aux personnes en fin de vie.
01:52Les critères sont quand même assez flous au niveau médical.
01:56Et donc, l'ADMD et les promoteurs de l'euthanasie
02:00présentent l'alternative comme s'il y avait le choix
02:03entre la souffrance ou la mort.
02:06Alors justement, qu'est-ce que vous répondez,
02:08Marie-Lys Pellissier, porte-parole de la marche pour la vie
02:10en direction européen, aux personnes qui vous disent
02:13« Moi, je ne veux pas souffrir ».
02:15Eh bien, je les comprends, je les écoute.
02:17Déjà, parce que personne ne veut la souffrance
02:19et être contre l'euthanasie ou le suicide assisté,
02:22ce n'est pas vouloir la souffrance.
02:23En revanche, justement, cette question nous pose
02:27la question collective de ce qu'on répond à la souffrance.
02:30Et ce qu'il faut répondre à la souffrance,
02:32c'est le soulagement, c'est le développement de la médecine,
02:34le développement des soins palliatifs, bien entendu.
02:37Aujourd'hui, on le sait, 50% des Français
02:40qui en ont besoin n'ont pas accès aux soins palliatifs.
02:43Et quand on voit ce chiffre, on comprend
02:44qu'il puisse y avoir cette demande de l'aide à mourir.
02:47Parce que quand les gens ne sont pas accompagnés,
02:49ne sont pas soulagés,
02:50on comprend bien sûr cette demande de mort.
02:52Mais quel est le rôle du gouvernement ?
02:54Quel est le rôle de notre société ?
02:57Qu'est-ce que nous prenons ?
02:58Et nous, à la marche pour la vie,
02:59on prône la solidarité.
03:00Marie-Lise Pellissier, porte-parole de la marche pour la vie sur Europe 1.
03:03Qu'est-ce qui a changé ?
03:05Qu'est-ce qui a été durci par ce texte à l'Assemblée nationale ?
03:09Notamment le délit d'entrave ?
03:10Oui, il y a...
03:11Qu'est-ce que c'est concrètement ?
03:12Effectivement, le délit d'entrave,
03:13c'est-à-dire que toute personne qui voudrait dissuader
03:18un patient de demander l'aide à mourir
03:20serait coupable et serait passible d'une amende considérable
03:26et même de prison.
03:27Ça peut être un patient, mais ça peut être un frère, une sœur.
03:30Une mère qui peut dire à son fils,
03:32écoute, réfléchit peut-être avant.
03:34C'est un proche, c'est un psychiatre,
03:37c'est même un représentant religieux.
03:39Aujourd'hui, si cette loi passe,
03:42vous n'aurez pas le droit d'essayer de dissuader quelqu'un,
03:45de demander la mort.
03:46Moi, ça me choque profondément,
03:47parce qu'aujourd'hui, on voit la santé mentale en France
03:49qui est assez catastrophique,
03:51on voit les tentatives de suicide qui augmentent chez les jeunes,
03:54particulièrement chez les jeunes filles.
03:55Il y a un rapport qui a été présenté en décembre 2025,
03:58et je ne comprends pas que face à la demande de mort,
04:01qui est un cri de détresse,
04:03qui est un cri non pas de demande de liberté,
04:06mais bien de souffrance,
04:07on réponde par « d'accord, on va t'aider à en finir ».
04:11Mais non, moi, face à quelqu'un qui dit « je souffre,
04:14je vais en finir », je dis « qu'est-ce que je peux faire pour toi ? »
04:17et « je vais t'aider à retrouver un sens à ta vie ».
04:19Je fais une petite parenthèse sur le cri de la santé mentale des jeunes filles
04:25dont vous faites allusion.
04:26J'ai fait un article dans le GDD sur la scarification,
04:28parce que personne n'en parle,
04:30et j'aurais bien aimé avoir tellement de temps pour parler de tout ça en silence,
04:33ces jeunes filles qui ont entre 11 et 14 ans,
04:36qui crèvent sous nos yeux.
04:38Je ferme la parenthèse.
04:39Gabrielle Cluzel sur la fin de vie,
04:41et ce délit d'entrave,
04:42c'est assez choquant de voir qu'on ne pourra pas conseiller,
04:46peut-être, à son fils, à sa mère, à son père,
04:49réfléchir un peu avant de demander la fin de vie.
04:51Non, mais moi, ce délit d'entrave me paraît déjà presque totalitaire,
04:54disons-le, parce que franchement,
04:56il faudrait y avoir une liberté d'échange
04:58pour que le patient, jusqu'au bout,
05:01puisse juger avec les arguments des uns et des autres.
05:03Ça me paraît délirant.
05:05Et puis, en totale contradiction avec ce qui se passe actuellement.
05:07Aujourd'hui, quand vous avez quelqu'un qui se jette au-dessus d'un pont,
05:10le pompier saute pour le sauver,
05:13il ne lui demande pas son avis,
05:15il le tire de l'eau,
05:15et tout le monde lui donne une médaille.
05:17Pourquoi, dans ce cadre-là,
05:20ce n'est pas reconnu de la même façon ?
05:22On a l'impression qu'il y a une inversion totale
05:23de notre système de valeurs.
05:25C'est comme si le pompier, au contraire,
05:26lui mettait la tête sous l'eau.
05:27Ah bah, puisque c'est ta décision,
05:29tu n'as qu'à te noyer.
05:30Je trouve ça, mais, terrifiant pour notre société.
05:32Puis, ce qui me fait peur, c'est que je vois bien
05:33que ces débats paraissent tellement loin pour les gens
05:36qu'ils ne se rendent pas compte
05:37que nous sommes dans une bascule extrêmement grave.
05:39Bascule extrêmement grave, justement,
05:41je voulais vous demander,
05:42Marilise Pellissier,
05:43porte-parole de la marche pour la vie,
05:44en quoi le vote de cette loi
05:46serait une bascule pour la société ?
05:50Il serait une bascule parce que,
05:52tout d'abord, on crée un droit et un soin.
05:54Il ne s'agit pas de répondre à certaines exceptions.
05:57Déjà, la loi n'est pas faite pour les exceptions en soi,
05:59mais vraiment, dans cette loi,
06:02il y a la modification du code de la santé.
06:03Donc, c'est-à-dire que, dans tous les établissements de santé,
06:06il faudra qu'on propose cette aide à mourir.
06:09Et vous avez sûrement entendu parler
06:11des établissements catholiques
06:12qui demandent à avoir une objection de conscience
06:14pour leur établissement, d'être épargnés.
06:17Quelle violence pour les soignants, eux !
06:19On oublie, on ne les écoute pas assez,
06:21ils se sentent bafoués dans le débat,
06:23alors que c'est eux qui devront donner ce prétendu soin.
06:26Donc, il y a un vrai basculement.
06:28Et puis, j'aime citer un philosophe, Jacques Rico,
06:32qui disait, une loi n'est pas que répressive,
06:34elle est aussi expressive,
06:35et elle indique les valeurs d'une société.
06:38Et créer cette loi,
06:40c'est abolir toute la valeur de la solidarité.
06:46Et d'ailleurs, je tiens à préciser
06:47qu'il y a eu un sondage tout récent,
06:49le sondage de la Fondapol,
06:51qui montre que les jeunes,
06:52les moins de 35 ans,
06:53et en particulier la tranche d'âge 18-24 ans,
06:57dont je fais partie,
06:58sont particulièrement inquiets
07:00du sort des plus vulnérables,
07:02des personnes fragiles psychologiquement,
07:04face à cette légalisation possible.
07:06Merci beaucoup, Marie-Lise Pellissier,
07:08porte-parole de La Marche pour la vie.
07:10Prochaines étapes, le vote,
07:11le 24 février, mardi prochain,
07:13à l'Assemblée nationale.
07:15Rappelons que les soignants sont contre.
07:17Rappelons que toutes les religions sont contre.
07:20Pour une fois, toutes les religions sont complètement unies,
07:22et sont contre ce texte.
07:23Merci d'avoir été en direct avec nous sur Europe 1.
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