00:01Europe 1, Christine Kelly.
00:02Merci de nous rejoindre à 12h17 sur Europe 1.
00:05Vous écoutez Christine Kelly, ses chroniqueurs aussi,
00:08Gabriel Cluzel et Eric Tegner.
00:10Et votre invité, chère Christine, avec vous aujourd'hui,
00:12Yvon Riouffol, auteur du livre La Révolution des Oubliés,
00:15paru aux éditions Fayard.
00:17Est-ce que vous vous sentez oublié ? Appelez-nous.
00:20Est-ce que vous vous sentez délaissé par cette démocratie ? Appelez-nous.
00:23Est-ce que vous sentez que vous avez besoin de faire partie de cette révolte des oubliés ?
00:28Appelez-nous et dites-nous pourquoi au 0180-3921.
00:31Dans La Révolution des Oubliés, Yvon Riouffol bouscule les élites et remet le pouvoir entre les mains de ceux qu'on n'écoute plus.
00:38Il décrit une France fracturée où le bon sens populaire gronde et pourrait bien faire vaciller le vieux monde politique face au silence des puissants.
00:47Êtes-vous prêts à rejoindre cette révolution des consciences ?
00:51Appelez-nous et dites-nous pourquoi vous vous sentez oublié, oublié de la République.
00:56Alors, Yvon Riouffol, dites-nous pourquoi vous avez voulu faire ce livre ?
01:01Question simple.
01:02Parce que je fais partie de ces oubliés, je fais partie, en tout cas je veux être le porte-parole, mais depuis longtemps, ce n'est pas d'aujourd'hui.
01:10Ça fait d'être 30 ans que je me suis assigné d'être le porte-parole de ceux qui n'ont pas la parole.
01:14Et singulièrement, de toute cette France ordinaire, de toute cette classe moyenne, mais pas seulement la classe moyenne,
01:21et de toute cette France qui, effectivement, est non seulement oubliée de la part du pouvoir, mais maltraitée et parfois violentée de la part du pouvoir.
01:28Il suffit de voir d'abord comment le président de la République s'adresse à cette France-là, en les traitant de populistes,
01:35et donc en les stigmatisant, presque en les désignant comme étant d'extrême droite et de fasciste.
01:40C'est tout à fait insupportable, parce que c'est une France qui est profondément démocratique.
01:44C'est une France qui a la caractéristique d'être enracinée, et qui s'oppose précisément à des élites qui sont, elles, déracinées.
01:50J'ai cette opposition entre les idéologies mondialistes et les idéologies souverainistes qui existent et aux Etats-Unis et en France,
02:00et je fais le constat que ce sont effectivement les enracinés, ce peuple oublié, ce peuple français, ce peuple des Français de souche,
02:08mais pas seulement, c'est également ce peuple de cœur de tous ces Français venus de l'extérieur qui ont accepté,
02:14effectivement, de s'assimiler à cette France millénaire, qui représente encore une majorité sociologique.
02:19Nous sommes à peu près 70% de la population.
02:21C'est intéressant, Yvan Youffol, majorité, alors Gabriel Kuzal-Erik-Tegner vous pose des questions aussi,
02:26c'est intéressant, majorité, mais majorité emprisonnée, majorité avec une camisole de force,
02:33majorité qui ne peut pas s'exprimer, vous dites que ça fait 30 ans que vous représentez effectivement le peuple,
02:37moi je ne comprends pas qu'on puisse être dans une démocratie, qu'on voit effectivement ce peuple qui a envie de s'exprimer,
02:44mais on le voit tous les jours dans Christine Kelly et vous, cette émission,
02:47où les gens appellent, les gens témoignent d'une certaine réalité qui n'a rien à voir avec la prise de conscience de nos élites.
02:5430 ans que ça dure, et après, qu'est-ce qui va se passer demain Yvan Youffol ?
02:58Il faut analyser, et il y a un paradoxe dans cette frustration que vous décrivez, que je décris,
03:02c'est qu'il y a effectivement cette envie de toute cette France silencieuse de prendre la parole,
03:08d'autant plus qu'aujourd'hui la révolution numérique lui permet d'amplifier encore bien davantage
03:13et de contourner le monopole des médias, mais en même temps il y a une sorte d'apathie, de découragement,
03:19je le vois comme ça, de renoncement, d'aquabonisme de la part de cette même opinion,
03:23qui depuis 30 ans a été habituée à recevoir des coups sur la tête, être insultée par le pouvoir en place
03:28et par ses médias, les médias qui la représentent, et en criminalisant ses expressions identitaires,
03:36en laissant penser que parce que ces Français se réclament d'abord d'être Français,
03:40il serait infréquentable au prétexte qu'il renverrait à des relents fascistes, encore une fois.
03:46Il y a une grande imbécilité dans les argumentations de ceux qui interdisent la parole à ceux qui veulent prendre la parole,
03:53d'autant que maintenant le fascisme il se retrouve à gauche, il n'a jamais été à droite,
03:56en tout cas pas dans cette droite que je défends, moi je suis un libéral,
03:59je déteste tous les totalitarismes, toutes les obligations de pensée,
04:03et jamais de la vie il ne me viendrait à l'idée d'avoir à avaliser ce qui pourrait être effectivement une régression totalitaire.
04:09Je vois la régression totalitaire effectivement dans ce qui se passe actuellement,
04:14mais elle est portée par le régime actuel qui effectivement tracte la parole libre sur l'internet,
04:19on va même jusqu'à maintenant perquisitionner l'ex-Twitter en France, c'est tout à fait ahurissant.
04:24Donc la révolution numérique elle a ses limites, vous voyez ?
04:27La révolution numérique inquiète le pouvoir.
04:28Elle aide, mais oui, elle inquiète le pouvoir.
04:30Oui, enfin elle inquiète le pouvoir à dessein, parce que c'est vrai que le pouvoir aujourd'hui
04:33va être contredit dans ses vérités officielles qui sont colportées par cette presse maintenant labellisée,
04:40et on voit bien que d'ailleurs le quatrième pouvoir échappe maintenant au pouvoir médiatique.
04:43Yvan Rufol est devenu le quatrième pouvoir numérique, celui de l'internet,
04:51et il appartient maintenant à tous les Français.
04:53Ce sont maintenant tous les Français qui sont amenés à prendre la parole
04:56et à bousculer ce système, ce système qui a maintenant 50 ans d'âge si je puis dire,
05:03et qui de mon point de vue ne tient plus qu'à un fil,
05:05et qui tient en tout cas par maintenant l'intimidation et l'insulte.
05:08Page 9 du livre d'Yvan Rufol qui sort aujourd'hui « La révolution des oubliés ».
05:12Page 9, la révolution qui déboule et celle des parias, des dupés, des humiliés, des fachos,
05:19dirait d'une voix aiguë la bourgeoisie macroniste et la gauche prolophobe.
05:25Il revient à ses infréquentables de promouvoir les indispensables nouvelles élites.
05:29Page 15, l'incompétence, la légèreté, la paresse,
05:32sont souvent à l'origine d'analyses erronées et de décisions graves.
05:36Je reviens vers vous, Yvan Rufol, dans un instant, sur cette révolution que vous appelez,
05:40parce que vous dites qu'il y a beaucoup d'aquabonisme, mais vous appelez à une révolution.
05:43On en vient dans un instant, d'abord Éric Tegner, ensuite Gabriel Cluzet.
05:46Oui, Yvan Rufol, c'est absolument passionnant votre regard,
05:49et c'est pour ça que j'avais une question.
05:50Qu'est-ce que vous pensez aujourd'hui de ces nouvelles élites,
05:53en tout cas de ces patrons qui ont l'air d'écouter ces oubliés,
05:56qui sont prêts par exemple à aller rencontrer Jordan Bardella, etc.,
05:59et qui se font du coup, dans le même temps, accusés par l'extrême-gauche
06:03d'être finalement dans une logique de fasciste.
06:05On se souvient comment, même sur France 5,
06:08certains expliquaient que c'était les patrons qui avaient fait accéder Adolf Hitler au pouvoir en Allemagne.
06:13Comment vous regardez un petit peu à la fois ces patrons qui évoluent,
06:16et cette diabolisation par la gauche ?
06:17Je les observe avec beaucoup d'admiration,
06:21parce qu'effectivement, ce sont ces petits signaux faibles.
06:24Il y en a beaucoup de signaux faibles d'une France qui se révolte.
06:27Il y a d'abord, il y a eu les gilets jaunes, il y a avant,
06:29il y avait eu la manif pour tous, les gilets jaunes, les paysans,
06:31les policiers dans la rue, qui réclament maintenant la protection des citoyens.
06:35Rapprochez-vous du micro, mon cher Yvan.
06:36On est dans une inversion aujourd'hui des valeurs.
06:39Et effectivement, vous avez aujourd'hui beaucoup d'esprits honnêtes,
06:42d'esprits lucides, d'honnêtes hommes.
06:44Il y en a d'autres, il y a des patrons,
06:46mais il y a aussi des animateurs de télévision,
06:49des animateurs de radio,
06:49qui se rendent compte qu'ils ont comme devoir aujourd'hui
06:53que d'amplifier ces crises étouffées de cette France silencieuse.
06:59Et donc, c'est pour ça que je suis...
07:00C'est un livre optimiste.
07:01Je vois bien, effectivement, les désastres qui ont été commis depuis 50 ans.
07:05Et je vois bien ce qui a déjà été abandonné de la France
07:08et sur lequel il sera difficile de revenir.
07:10Bien entendu, je ne suis pas naïf,
07:12mais je vois qu'il y a quand même une somme de bonne volonté,
07:16de personnalités ou d'anonymes
07:17qui sont prêts aujourd'hui à aider, effectivement,
07:20cette France, d'abord, à ce qu'elle prenne la parole...
07:22Yvan Youffold, je vais vous dire le fond de ma pensée.
07:24Oui.
07:25J'ai l'impression que vous faites partie de tout ce qui,
07:28peut-être moi aussi,
07:28on se dit qu'on est optimiste, on est optimiste,
07:30mais en réalité.
07:31On est optimiste, on se dit qu'on est optimiste,
07:34parce qu'il faut laisser un petit message d'espoir,
07:36mais en réalité.
07:37Quelle est la marge de manœuvre, Yvan Youffold ?
07:39Elle est très faible.
07:40Quelle est la marge de manœuvre ?
07:41Moi, je vois les auditeurs qui nous appellent tous les jours.
07:43Quelle est la marge de manœuvre ?
07:45Je suis optimiste parce que sinon, je ne ferai plus rien.
07:47Oui, je comprends. Vous voyez ce que je veux dire ?
07:49Moi aussi, je suis optimiste,
07:51mais néanmoins,
07:53c'est vrai que je vois deux obstacles.
07:56D'ailleurs, la révolution des oubliés
07:58ou révolution de la droite, entre guillemets,
08:01si on peut, pour faire vite.
08:02C'est vrai qu'en général, la droite,
08:03elle est plutôt dans les contre-révolutions
08:05et elle n'a pas de gain de cause.
08:07À l'aune de l'histoire, c'est ainsi que ça s'est terminé.
08:10Je vois deux obstacles.
08:12Le premier, vous avez parlé de l'aquabonnisme,
08:13mais il y a aussi le tout-est-foutuisme,
08:14c'est-à-dire qu'il y a une sorte de résistance
08:17indignation. Je vois beaucoup de gens me dire
08:18de toute façon, la France est foutue.
08:20Et ça, c'est terrible.
08:22Et puis, la bonne éducation.
08:24Vous parliez de toutes ces manifs diverses et variées
08:25de gens qui s'étaient élevés.
08:27C'est la France bien élevée.
08:28Vous savez, la France du petit matin qui travaille,
08:30la France du grand soir qui ne fout rien,
08:31qui va mettre le bazar dans les rues,
08:33elle est jusqu'au boutiste.
08:35Mais la France du petit matin,
08:37il y a un moment, les agriculteurs rentrent dans leur ferme
08:39parce qu'ils ont besoin de s'occuper de leur vache
08:40et puis en plus, ils ne détruisent pas tout.
08:42Donc, est-ce que finalement,
08:43il n'y a pas un obstacle à cette révolution des oubliés
08:46qui est inhérente aux oubliés eux-mêmes ?
08:48Je ne crois pas.
08:4930 secondes avant la pause.
08:50J'analyse effectivement cet obstacle-là
08:53et j'analyse le fait qu'il y a une réticence
08:54de la part de beaucoup de Français
08:55d'avoir à descendre dans la rue,
08:57contrairement aux Britanniques
08:58qui massivement sont descendus dans la rue à Londres
09:01très récemment.
09:01Mais oui, mais ils ne sont pas si différents.
09:03Ils descendaient pour protester
09:04contre cette immigration démente
09:06qui est en train de faire de Londres.
09:07Ils n'ont pas eu de gain de cause.
09:08Ils n'ont pas eu de gain de cause.
09:08Ils descendent dans la rue malgré tout.
09:10Ils étaient des milliers et des milliers.
09:13Ils sont dans une partie de cette France oubliée
09:16à prendre la parole pour les raisons
09:18que vous avez dites en effet.
09:19Mais moi, je pense que le temps est venu
09:21de ne plus être poli.
09:22Je crois que c'est Camus qui disait cela.
09:23Et il faut aujourd'hui accepter effectivement
09:25d'abord de désigner qui sont les maltraitants de la France
09:29et accepter de se révolter.
09:31Moi, c'est un appel à la révolte non violente.
09:35On marque une pause pour le JT
09:37et vous aurez le mot de la fin
09:38pour nous dire
09:40quelle forme peut prendre cette révolte ?
09:43On marque une pause.
09:43On revient sur Europe 1.
09:45Avec Christine Kelly au 01-80-20-39-21.
09:47Vous réagissez sur l'antenne d'Europe 1.
09:49Il est 12h27.
09:50A tout de suite.
09:50Dans un instant sur Europe 1,
09:59nous accueillons Marie-Estelle Dupont.
10:01On discutera avec elle
10:02des suètes professeurs poignardés
10:05à Saint-Narré-sur-Mer,
10:06les professeurs victimes de la santé mentale
10:08des ados.
10:09Marie-Estelle Dupont, psychologue,
10:11clinicienne, présentatrice de l'émission
10:12« Ici en parler ».
10:13Chaque jour de 15h à 16h sur Europe 1,
10:15on lui posera toutes les questions.
10:16Est-ce que nos ados ont une santé mentale
10:18tellement dégradée qu'il faut s'en méfier ?
10:21On lui posera toutes les questions
10:22dont en plus que ce jeune garçon de 14 ans
10:24était suivi par un juge pour enfants.
10:27D'abord, nous terminons avec
10:28notre ami Yvan Rufol
10:31qui sort son livre aujourd'hui
10:32« La révolution des oubliés »
10:34à chez Fayard.
10:35Page 50.
10:37« Entrée par curiosité dans la presse écrite en 76,
10:40j'avais pris initialement cette profession
10:42comme un passionnant jeu de pistes,
10:44c'est devenu un combat. »
10:45Je suis d'accord avec vous.
10:46Page 48.
10:47« Le déclin de la France a été obscurci
10:49par les bonimenteurs à cartes de presse
10:52et leur manichéisme. »
10:53Je suis d'accord avec vous.
10:54Page 45.
10:55« Les médias traditionnels,
10:57pas plus que les politiques
10:58ou les intellectuels ayant fait allégeance
11:00au système oligarchique,
11:02ne peuvent être d'une quelconque utilité
11:04pour délivrer les Français
11:05des chemins fléchés
11:07et des pensées obligées. »
11:08Je suis d'accord avec vous.
11:09Dernière question, Yvan Rufol.
11:11Oui, il y a des oubliés.
11:13Oui, les Français se sentent délaissés.
11:15Vous aimez le oui.
11:16Oui, les Français sont en souffrance.
11:18Oui, les Français ont envie de parler.
11:19Oui, les Français ont envie de voter.
11:21Quelle révolution non-violente
11:23proposez-vous concrètement ?
11:24Une révolution conservatrice ?
11:26La révolution du bon sens.
11:27J'avais appelé cette révolution
11:28il y a 13 ans
11:29la révolution des œillères
11:30car j'observais, je pressentais
11:31que les œillères idéologiques
11:33allaient tomber sous le poids
11:34du coût permanent des réalités.
11:36Et aujourd'hui,
11:36cette révolution du bon sens
11:38a été théorisée
11:38par l'administration Trump.
11:40Justement, ça a été
11:40le socle de sa réélection.
11:42Et cette révolution du bon sens,
11:44elle invite,
11:45elle oblige
11:46à voir les choses
11:47telles qu'elles sont.
11:47Elle oblige
11:48à s'intéresser à la vie des gens.
11:49Elle oblige
11:50à prendre en considération
11:51non pas le consommateur,
11:52ce qui est devenu maintenant
11:53la valeur absolue
11:55de cette société matérialiste,
11:56mais l'homme inquiet,
11:57l'homme fragile.
11:58Je ne sais pas si je citais
12:02cette phrase de Benoît XVI,
12:05chaque homme est nécessaire.
12:06Et je pense qu'aujourd'hui,
12:06il faut revenir
12:07à cette humanité,
12:08à cet humanisme
12:09oublié,
12:10dans le fond,
12:10qui est de dire
12:11qu'il faut préserver
12:12la fragilité
12:13de l'âme française.
12:15Préserver la fragilité
12:16de l'âme française,
12:18c'était Yvan Riaufol
12:19en direct sur Europe 1
12:20pour son livre
12:21qui sort aujourd'hui
12:22à Cheffaïa,
12:23La révolution des oubliés.
12:24Merci infiniment,
12:26Yvan Riaufol.
12:27Merci beaucoup.
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