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  • il y a 5 heures
Christine Kelly revient, de 11h30 à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1, Europe 1, 11h30, 13h, Christine Kelly et vous.
00:06Une dernière ligne droite de Christine Kelly et vous, avant d'accueillir Clélie Mathias vers 13h.
00:12Nous sommes en train de parler de cette loi qui arrive au Sénat demain, cette loi sur la fin de vie,
00:18cette loi sur l'euthanasie, cette loi sur l'aide à mourir, disons les mots,
00:22cette loi qui veut la mort de certains qui pourraient vivre, comme le crient les éligibles
00:28et qui disent qu'ils ne veulent pas être, on va dire, victimes de ce texte.
00:33Nous sommes en ligne avec Pierre Jouva et nous sommes en studio aussi avec Ségolène Perrucchio
00:39qui est médecin et présidente de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs.
00:45Pierre Jouva, vous êtes en ligne avec nous, vous êtes journaliste, la vie, vous êtes auteur du livre
00:50« Peut-on programmer sa mort ? », vous avez étudié, analysé la Belgique,
00:54deuxième pays au monde à avoir autorisé l'aide à mourir en 2002.
00:59Que dit concrètement, justement, les conséquences de cette loi ?
01:03Quelles conséquences pour cette loi que vous avez analysée en Belgique ?
01:07Très concrètement, chère Christine, l'euthanasie s'est banalisée en Belgique,
01:12à tel point qu'elle ne fait guère plus débat aujourd'hui.
01:16L'euthanasie n'est plus du tout réservée à des situations exceptionnelles,
01:19puisque, en 2024, elle représente 3,6% des décès.
01:25Et je précise que c'est un chiffre qui est déclaré à la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation
01:30et qui ne prend pas en compte les euthanasies clandestines qui ont pu avoir lieu.
01:36Ce qu'on constate en Belgique aussi, c'est que les gardes-fous ont sauté les uns après les autres.
01:40En 2014, l'euthanasie a été tendue aux mineurs, sans limite d'âge.
01:48Et aujourd'hui, on discute en Belgique d'étendre l'euthanasie aux personnes atteintes de démence,
01:55comme les malades d'Alzheimer.
01:56C'est-à-dire que, quand vous êtes conscient, vous rédigez une directive anticipée en disant
02:01« Lorsque je serai dément, j'autorise les médecins à meuthanasier ».
02:06Alors, je précise que ce n'est pas encore passé dans la loi, mais que c'est discuté actuellement en Belgique
02:12et que c'est une revendication, une vieille revendication des partisans de l'euthanasie.
02:18Incroyable.
02:20Ce qu'on constate aussi en Belgique, c'est qu'il y a des euthanasies pour souffrance psychique.
02:26Et il n'est pas rare, ce n'est pas la majorité, mais il n'est pas rare de voir des euthanasies
02:31pour cause de dépression lourde, pour cause de stress post-traumatique,
02:36ou même pour des personnes qui ont été diagnostiquées autistes.
02:40Et surtout, Christine, ce qui me semble important à souligner,
02:44c'est que dans les euthanasies qui sont déclarées en Belgique,
02:48la moitié des cas concerne le cancer, un peu plus de 50%.
02:52Mais la deuxième cause des euthanasies relève de ce qu'on appelle les polypathologies, à plus de 21%.
03:00Qu'est-ce qu'on entend par polypathologie ?
03:02En fait, c'est une somme d'affections chroniques liées à la vieillesse, liées à l'âge.
03:08La vie qui baisse, le cœur qui faiblit, l'incontinence urinaire, les membres qui craquent.
03:17Donc, potentiellement, une grande partie des personnes âgées sont concernées par ces polypathologies.
03:25Et donc là, vous comprenez, Christine, que nous ne sommes plus dans la fin de vie.
03:28C'est ça.
03:29Nous ne sommes plus dans une maladie mortelle, avec des personnes à l'agonie.
03:34Nous sommes dans la gestion de la vieillesse.
03:37Et comme l'a dit le professeur Hirsch tout à l'heure,
03:40il y a d'innombrables personnes âgées dans notre société qui souffrent de solitude,
03:45qui souffrent de maltraitance et qui pourraient donc être tentées de demander l'euthanasie
03:51pour ne plus être un poids pour leurs proches et pour la société.
03:55C'est exactement l'objet de ma chronique dans le journal du dimanche.
03:59J'invite tous les auditeurs d'Europe 1 à lire.
04:01On pourrait se projeter.
04:03C'est un mercredi 3 janvier 2034.
04:06Lisez la chronique, vous verrez.
04:07Pierre Jova, merci infiniment pour votre témoignage précis.
04:11En tant que journaliste, vous qui avez étudié effectivement les conséquences
04:16de ce qui se passe en Belgique, deuxième pays au monde à avoir légalisé l'euthanasie
04:23avec 3,6% des décès qui sont concernés effectivement aujourd'hui
04:26avec ces jeunes maintenant qui sont euthanasiés.
04:30Et ce texte aujourd'hui qui est en discussion en Belgique pour la démence
04:35et puis les autistes qui sont concernés, ceux qui sont atteints de dépression.
04:39Merci infiniment.
04:40Ségolène Perrucchio, je vous donne le mot de la fin sur ce sujet
04:42avant d'aborder un autre sujet avec notre invité qui est entré en studio.
04:46Ségolène Perrucchio, vous êtes médecin, infirmière en soins palliatifs.
04:50Vous êtes présidente de la société, la SFAP, Société française d'accompagnement
04:54et de soins palliatifs.
04:55Et je le disais en début d'émission, vous avez vu et vous voyez
04:59de nombreuses personnes mourir entre vos mains.
05:03Qui d'autre que vous peut vraiment donner le mot de la fin sur ce sujet ?
05:09Je remercie Pierre Jova pour son témoignage et ce qu'il nous rapporte de la Belgique.
05:17Et pour conclure, j'ai envie de dire, parce que c'est pareil au Canada,
05:20on a les mêmes, enfin c'est même bien plus ça au Canada.
05:22A Québec, c'est 7,9% des décès maintenant qui sont des décès par euthanasie.
05:27Attention à ce qu'on fait en France, attention à ce qu'on fait.
05:31On n'est pas meilleurs que les Belges, on n'est pas meilleurs que les Canadiens.
05:34On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas.
05:36On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas.
05:38Merci infiniment Ségolène Perrucchio.
05:40Merci à Emmanuel Hirsch d'avoir été en direct sur Europe 1
05:44pour un débat que vous n'aurez nulle part ailleurs.
05:47Merci à Emmanuel Hirsch d'avoir regardé cette vidéo.
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