00:00Europe 1
00:0416h-18h, Pascal Praud et vous
00:06Caroline Iturbide, Richard Millet, Gilbert Collard, Gauthier Le Brette et Olivier Guénec sont avec nous également dans ce studio de
00:12Mithy.
00:13Bonjour de Mithy.
00:15Bonjour.
00:15Vous êtes une amie proche de Quentin, vous êtes aujourd'hui étudiante en géopolitique et vous avez connu Quentin lorsque
00:22vous étiez dans le département de la Vienne.
00:24À Vienne, dans la ville de Vienne, c'est dans l'Isère mais c'est assez peu connu.
00:28Oui, effectivement nous étions ensemble dans la même paroisse à Notre-Dame-de-Lille donc c'est comme ça que
00:32j'ai fait sa connaissance il y a peut-être 4-5 ans.
00:34Et vous pourrez nous parler et évoquer sa mémoire.
00:38Mais avant cela je vais vous faire écouter ce qui s'est dit à l'Assemblée Nationale.
00:41On a déjà écouté tout à l'heure Yael Broun-Pivet, Mathilde Panot, Sébastien Lecornu, on a écouté une première
00:46phrase Gérald Darmanin.
00:47Je vous propose de l'écouter à nouveau sur la brutalisation de la vie politique.
00:50Et je pense que vous l'avez dit également, la brutalisation de la vie politique doit arrêter.
00:55Vous l'avez dit, M. Glucksmann l'a dit aussi, je voudrais souligner l'unanimité politique, quasiment l'unanimité politique.
01:02Il y a de la brutalisation quand on dit que la police tue alors que 10 à 15 policiers et
01:05gendarmes meurent par an.
01:06Il y a de la brutalisation lorsqu'on met la tête d'un ministre, en l'occurrence Olivier Dussopt, sur
01:14un ballon de football et on se déchaîne sur lui.
01:16Il y a de la brutalisation lorsqu'on justifie l'action de la jeune garde et qu'on investit aux
01:20candidats aux élections législatives, son dirigeant, déjà pour condamner pour violence physique.
01:27Jean-Paul Sartre disait que les mots étaient des revolvers chargés, que ceux qui arment les revolvers des mots les
01:33déchargent pour que nous puissions avoir une démocratie vivante
01:35et qui ne se termine pas par la mort de jeunes hommes et de jeunes femmes dans la rue.
01:40Merci beaucoup, monsieur le garde des Sceaux.
01:44Gérald Darmanin, ministre de la Justice, qui a fait une autre intervention qu'on a entendue tout à l'heure,
01:49d'ailleurs, sur la France Insoumise et la jeune garde.
01:51Mais là, je voulais vous faire écouter ce qu'a dit Laurent Wauquiez, président du groupe Les Républicains.
01:55C'était encore cet après-midi à l'Assemblée nationale.
01:58Dans notre région, dans notre ville, un fils qui est mort parce qu'il défendait ses idées, victime de la
02:03haine et de la barbarie.
02:05Ce n'est pas un fait divers, c'est le résultat de la banalisation de la violence politique.
02:09Il appartiendra à la justice de condamner, mais il appartient à chacun d'entre nous ici de dénoncer les responsabilités
02:14politiques qui ont mené à cette violence.
02:17Et cette violence ne vient pas de nulle part.
02:19Aujourd'hui, l'extrême-gauche a du sang sur les mains.
02:22Elle a du sang sur les mains quand elle a cautionné Notre-Dame de l'Inde.
02:26Elle a du sang sur les mains quand elle qualifie le Hamas de mouvement de résistance.
02:31Elle a du sang sur les mains quand elle a osé, ici, dans cet hémicycle, avoir des députés d'extrême
02:36-gauche qui ont applaudi l'un des leurs, fichés S,
02:38qui a osé proclamer dans cet hémicycle « Vive la jeune garde ».
02:43Cette violence, c'est celle que subissent des étudiants dans nos universités au quotidien.
02:48Cette violence, c'est celle qu'a voulu Jean-Luc Mélenchon comme un outil politique,
02:52quand il a déclaré qu'il fallait tout conflictualiser.
02:55Non, ce n'est pas l'extrême-gauche qui est agressée, c'est l'extrême-gauche qui agresse.
02:58Non, ce n'est pas la police qui tue, c'est l'extrême-gauche qui tue.
03:02Et monsieur le Premier ministre, tout ceci doit cesser.
03:05Doit cesser.
03:06L'impunité dont bénéficie la France insoumise dans la République.
03:11Voici des propos là aussi assez clairs et je n'ai pas souvenir...
03:16Il était temps, j'ai envie de dire Richard Mille, je suis même...
03:19Vous voyez, j'en arrive à être surpris de la réaction même d'un Laurent Wauquiez
03:25et de certaines voix que je n'imaginais pas aussi claires.
03:29Moi je trouve qu'il y a une responsabilité politique, ça c'est évident.
03:33Et c'est vrai que si on est curieux et qu'on regarde ce qui est en train de se
03:36passer
03:37au moment où on se parle à l'Assemblée nationale,
03:39on va comprendre un certain nombre de choses.
03:41Mais il y a aussi une responsabilité médiatique.
03:43Moi j'ai beaucoup suivi cette horrible histoire et cet horrible crime
03:47via plutôt les réseaux sociaux, tout ce qui se passe sur X, sur Instagram,
03:53tout ce qui est repris, etc.
03:54Et je m'étonne quand même et je me dis que la responsabilité médiatique
03:57est en train parfois de transformer ce pauvre Quentin en victime,
04:02enfin en coupable, alors que c'est la victime à la base.
04:05Donc c'est vrai qu'il y a toujours un traitement qui est un petit peu étrange.
04:09Je trouve, si on prend par exemple l'interview de Apolline de Malherbe,
04:12pour ne pas la citer, et ça m'embête vraiment de le faire,
04:15parce que ce matin elle était face à Marion Maréchal,
04:16et on a senti qu'elle n'avait pas envie de faire cette interview,
04:19elle n'était pas à l'aise, peut-être que ce n'est pas du tout
04:24une personne qu'elle avait envie d'interviewer,
04:26mais en fait c'était tellement gênant la prise d'opposition qu'elle a prise,
04:30que...
04:30Vous parlez d'Apolline de Malherbe ?
04:31Oui, d'Apolline de Malherbe, et vraiment, et ce n'est pas la seule,
04:34il y a plein de chaînes aujourd'hui...
04:36Elle n'est pas là pour vous répondre,
04:37je suis désolée de le faire,
04:41elle a quasiment transformé ce pauvre Quentin en coupable,
04:44alors que, bah si, je suis désolée, et ce n'est pas la seule.
04:47Aujourd'hui, il y a très peu, dans le champ médiatique,
04:49de personnes qui sont capables aussi de dire les choses telles qu'elles sont.
04:52Voilà.
04:53Bon, ce qui est certain, c'est qu'il y a ce qu'on appelle la réécriture
04:57qui a été mise en place, comme il y avait une réécriture après Crépaule
05:00qui avait tenté d'être faite.
05:02La thèse de la réécriture, c'est de dire deux bandes rivales se sont affrontées,
05:07c'est une rixe qui a mal tourné.
05:10Ça, c'est la réécriture.
05:11Alors, il faut attendre, effectivement, l'enquête,
05:14c'est pas ce qu'a dit le procureur hier,
05:15qui a parlé de guet-tapant,
05:17et qui a très clairement pris à partie,
05:19et qui n'est pas sur cette ligne-là.
05:21Et moi, j'ai quand même dû renseigner qu'eux.
05:23Et j'entends, effectivement, le procureur.
05:25Parce que la réécriture, c'est quelques secondes d'images,
05:29parce qu'on peut le dire, c'est Mediapart, il commence,
05:31c'est le canard enchaîné.
05:32Voilà, il se base sur quelques secondes d'images,
05:34et effectivement, ce qui fait foi,
05:36c'est ce que dit le procureur de la République.
05:38Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
05:39C'est pour ses responsabilités, le procureur.
05:40Mais la réécriture, elle a joué pour Crépaule,
05:44et elle, en fait, c'est insupportable.
05:46Il faut bien comprendre que la caste médiatique,
05:49elle est, aujourd'hui,
05:51les méchants ne sont pas les bons méchants.
05:53Moi, j'ai une lecture,
05:55j'ai une lecture psychanalytique de la situation.
05:59C'est que tous ces journalistes,
06:02qui essayent maintenant
06:04d'incriminer indirectement,
06:08indirectement, je dis bien,
06:09Quentin, commencent à se sentir coupables.
06:12Et ils ont besoin de se déculpabiliser.
06:17Richard Millet, il me semble qu'on ne dit pas encore les choses.
06:20On ne dit pas, quand on parle de banalisation de la violence,
06:23de la vie politique, tout ce que vous voulez,
06:25on ne va pas jusqu'au bout.
06:26On ne fait pas l'analyse de ce que c'est que l'extrême gauche.
06:29Par exemple, jeune garde.
06:31Garde, ça fait penser pour moi,
06:33suite à cette dénarration, garde rouge.
06:34Garde rouge, c'était pas la rigolade.
06:36Ou ça peut faire penser aussi à la garde de fer,
06:38C'est-à-dire les nazis roumains pendant la guerre.
06:42Ça peut aussi faire passer à la vieille garde et à Napoléon.
06:45Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non.
06:46Je vous assure, là, j'entrerai pas là-dedans.
06:49Je lis le mot « je n'irai pas là-dedans ».
06:52Alors, restons sur les gardes rouges,
06:53parce que ça doit leur plaire.
06:55Il me semble qu'on ne fait pas cette analyse-là.
06:57On ne va pas jusqu'au bout.
06:58On s'arrête, peut-être, qu'une espèce de barrage
07:00d'unanimité qui condamne.
07:03Je suis d'accord avec vous,
07:04et je trouve que ce qu'a dit M. Lecornu
07:06est très juste et très pesé.
07:07mais on ne va pas jusqu'au bout.
07:09Là où vous avez raison d'aller jusqu'au bout,
07:11c'est de dire que ce ne sont pas des mouvements
07:14fascistes, mais ce sont des mouvements
07:16communistes, parce que le communisme existait
07:18avant le fascisme,
07:19et que le communisme
07:21a théorisé la prise de pouvoir
07:24par l'action violente.
07:26Et lorsqu'on parle d'antifa
07:28ou de fascisme, déjà c'est
07:29post-communiste.
07:31Les bolcheviques avaient théorisé ça,
07:34c'est peut-être cela que vous entendez ?
07:35Lénine disait le gauchisme, la maladie infantile
07:38du communisme.
07:39Robespierre l'avait théorisé avant.
07:41Bien sûr, donc c'est le communisme, c'est...
07:43Il faut examiner ça de beaucoup plus près.
07:45J'ai l'impression quand même que
07:47cet exercice-là est fait, Richard Lillier.
07:50Pas les hommes politiques.
07:51En tout cas, dans le débat, et on voit bien que
07:54chacun pointe
07:55du doigt la responsabilité
07:57de Mélenchon, et
07:59depuis, par exemple,
08:0150 ans que je m'intéresse à la vie politique
08:03française, aucun homme politique
08:05n'a été aussi violent,
08:07en ce sens qu'aucun
08:08ne s'est appuyé
08:11sur une formation aussi puissante.
08:13Peut-être qu'il y avait-il
08:14dans la vie politique
08:16française
08:17les uns et les autres
08:19qui pouvaient être aussi violents,
08:20mais ils ne faisaient pas
08:2118% à la présidentielle.
08:23Pascal, vous avez raison,
08:24vous avez raison,
08:24mais on pourrait aussi creuser
08:26du côté du trotskisme.
08:28Il y a la mamelle d'origine,
08:30si je peux dire, de Mélenchon,
08:32de Jospin et de quelques autres.
08:33C'est-à-dire, ça nous entraînerait trop loin.
08:35– Ça nous entraînerait trop loin.
08:36– Voilà, mais le trotskisme,
08:37mais non, ça nous entraînerait trop loin.
08:38– Le Lambertisme,
08:39– Mais les Lambertistes,
08:40c'est ce que je voulais parler,
08:42ils ont été tous formés à ça.
08:44C'est une technique
08:45d'occupation du pouvoir.
08:47– De violence.
08:47– De violence,
08:48et de l'administration, notamment.
08:50– La théorie du chaos.
08:51– Exact.
08:52– Oui, mais ça,
08:53elle est assez...
08:54– Mais l'enchant,
08:54elle est lisible.
08:55– Elle est lisible.
08:59– Je te rejoins complètement.
09:02On oublie trop que Lénine,
09:05c'est d'abord et avant tout
09:06inspiré de Robespierre.
09:08Elle est père fondateur,
09:09ce sont quand même chez nous,
09:11c'est Robespierre, Marat et compagnie.
09:13Bon, et quand on lit,
09:14quand on lit les textes fondateurs
09:16de la révolution bolchevique,
09:18on trouve le mode d'emploi.
09:20Il faut suivre les gens,
09:22il faut occuper
09:24les lieux institutionnels,
09:26les postes,
09:29les centres où il y a les impôts,
09:31il ne faut pas hésiter
09:32à frapper les banques.
09:33À l'époque,
09:34c'était attaquer les banques
09:35et il faut semer
09:37chez l'autre la terreur.
09:40Voilà.
09:40– Exactement.
09:41Ce qui fait que des étudiants,
09:42par exemple,
09:43n'iront plus dans ces universités
09:45parce qu'ils auront peur,
09:46ce qui fait peut-être
09:46que lorsque le collectif Némésis,
09:49si vous êtes un parent
09:51d'une jeune femme,
09:52vous lui dites que tu es gentil,
09:53voilà, il n'y va pas.
09:54Allez, on marque une pause.
09:55Il est 16h42
09:56et on va s'intéresser à l'enquête.
09:58Je ne sais pas si Jean-Baptiste
09:59martissera dans notre studio
10:01ces prochaines minutes,
10:02mais en tout cas,
10:02Demi-Tille est là.
10:04C'est une amie proche de Quentin
10:05et elle va pouvoir nous parler
10:07précisément de Quentin.
10:08À tout de suite.
10:08– Vous écoutez Pascal Proué-Vous
10:10sur Europe 1.
10:11Dans un instant,
10:12nous revenons.
10:13– Sous-titrage Société Radio-Canada
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