Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 minutes
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00:01L'affaire Epstein et ses derniers rebondissements, d'abord en France avec ses perquisitions à l'Institut du Monde Arabe
00:00:07aujourd'hui,
00:00:08alors que Jack Lang était en train de dire au revoir à ses équipes.
00:00:11Le Parc national financier qui, on le rappelle, a ouvert une enquête le 6 février dernier pour soupçon de blanchiment
00:00:17de fraude fiscale aggravée le visant lui et sa fille Caroline.
00:00:20On va en parler avec nos invités ce soir. On est avec Bruno Jeudy. Rebonsoir Bruno.
00:00:24Laurent Valdiguié, bonsoir Laurent.
00:00:26Anne-Elisabeth Moutet qui fait son entrée. Bonsoir à vous, éditorialiste au Daily Telegraph.
00:00:32On a le plaisir d'accueillir Philippe Terl. Bonsoir à vous, journaliste britannique à France 24.
00:00:37Dylan Slama, bonsoir à vous, avocat pénaliste.
00:00:40Unis Gosset, comme à son habitude, est un petit peu dans le retard, mais il va nous rejoindre.
00:00:46C'est particulier ce qui s'est passé aujourd'hui, Bruno Jeudy quand même.
00:00:49Un pot de départ de Jack Lang sur fond de perquisition à l'Institut du Monde Arabe.
00:00:54Oui, jusqu'au bout, il se sera accroché à son poste, puisque c'est officiellement aujourd'hui qu'il n
00:01:03'est plus en fonction
00:01:05et que son successeur sera nommé dans les heures qui viennent.
00:01:09Et Jack Lang qui aura même donné une interview ce week-end à la tribune dimanche.
00:01:14On le sent imperturbable.
00:01:15Ah oui, il est plus qu'imperturbable. Il reste un peu dans le déni, il ne veut rien reconnaître.
00:01:24Et au fond, il persiste et signe sur le thème « Je suis blanc comme neige ». C'est la
00:01:28vérité.
00:01:29Non, mais il ne veut rien reconnaître. Il n'est pas forcé de reconnaître et il n'est pas sommé
00:01:32de répondre ni à personne.
00:01:35On n'est pas obligé de reconnaître des choses s'il n'a rien fait.
00:01:37Il pourrait reconnaître des maladresses dans son expression de la semaine dernière.
00:01:42Oui, mais le problème, c'est que depuis une semaine, dix jours, j'ai l'impression qu'il y a
00:01:44une espèce de procès public médiatique de Jack Lang
00:01:47qui me met un petit peu mal à l'aise.
00:01:49Ça veut dire que depuis dix jours, on va chercher dans son portefeuille sa manière de payer les taxis, les
00:01:53restaurants,
00:01:53sa manière de dire bonjour, comment il se mouche, est-ce qu'il trie ses poubelles.
00:01:56Enfin, vous voyez, j'exagère un petit peu.
00:01:57Mais j'ai l'impression que depuis dix jours, les langues se dévient et je trouve que ça on dit
00:02:02plus peut-être sur ceux qui parlent de lui que sur lui-même.
00:02:04Mais ce que dit Bruno Jeudy, c'est qu'il y a peut-être un peu un décalage.
00:02:07Et là, d'un coup, tout le monde dit pique-pente sur Jack Lang.
00:02:09Je suis d'accord avec vous que partant de l'affaire Epstein, on révise toute sa vie publique d'un
00:02:18homme politique
00:02:19qui, on va dire, a fonctionné à l'ancienne en vivant un peu sur la bête.
00:02:23Et lui dit au fond, j'ai rien fait, qu'il me vaille une mise en examen ou autre.
00:02:30Mais c'est des comportements qui, aujourd'hui, sans doute ne passent plus ou passent nettement moins bien.
00:02:35Vous vous en conviendrez.
00:02:36Il ne l'a pas dit pendant son discours, son pot de départ officiellement.
00:02:40Mais il affirme qu'il se réjouit que la justice financière se mette en branle.
00:02:44Il dit que c'est une bonne chose que la justice s'empare d'un dossier qui est vide, vide,
00:02:47vide.
00:02:48Il y a une campagne de calomnie et de lynchage.
00:02:50Et je le dis, je vous le dis, on verra ensuite qu'elle n'est fondée sur rien.
00:02:53Ce ne sont que des mensonges, des colportages, ragots et divagations.
00:02:56Il faut rappeler, Laurent Valdigué, que cette perquisition-là qui a eu lieu aujourd'hui à l'Institut du Monde
00:03:02Arabe et à son domicile,
00:03:04c'est en lien avec cette société offshore fondée par sa fille Caroline et par Jeffrey Epstein.
00:03:11C'est ça, c'est ça. En 2016.
00:03:13C'est vrai qu'aujourd'hui, il était en train de faire son discours d'adieu.
00:03:16Alors, les policiers sont venus, est-ce qu'ils savaient des fois, tout simplement, il y a une espèce de
00:03:20collusion,
00:03:21on attribue à la police des intentions qu'elle n'a pas.
00:03:24Est-ce qu'ils savaient que c'était aujourd'hui son discours d'adieu ? Je ne sais pas.
00:03:27Est-ce qu'il fallait perquisitionner à l'Institut du Monde Arabe, tant qu'il était là avec ses cartons,
00:03:32ses affaires et tout ça,
00:03:34c'est plus vraisemblable.
00:03:35Est-ce qu'il y avait d'autres raisons ?
00:03:37Oui, avant qu'il ne parte, vous voulez dire.
00:03:39Avant qu'il ne parte, parce que c'est vrai que les policiers, dans le communiqué du PNF,
00:03:43il y a l'annonce de cette perquisition et d'autres lieux, sans qu'on sache ce soir exactement lesquels.
00:03:50En général, les perquisitions, c'est toujours un peu coordonné.
00:03:53Il faut qu'il y ait un effectif policier, un effectif de magistrat qui les accompagne.
00:03:57Ça ne se fait pas non plus dans un claquement de doigts.
00:04:00Donc, il y a d'autres lieux, vraisemblablement chez lui, chez sa fille.
00:04:03Et puis, le troisième homme de tout ça, Julie, celui qui a créé l'offshore, qui en était même le
00:04:07manager,
00:04:08c'est un monsieur qui s'appelle Étienne Binan, qui était pendant longtemps...
00:04:12On sait que c'est un homme d'affaires qui vit entre la France et Londres.
00:04:15Alors lui, pour le coup, il est aux abonnés absents depuis 16 jours que cette affaire a commencé.
00:04:22Et c'est lui qui a reçu, qui a géré le million 4 de Jeffrey Epstein.
00:04:29Parce que vous savez, cet offshore, Epstein mettait son argent, un million 4.
00:04:33Et elle, Caroline Lang, elle a apporté son expertise.
00:04:36Pour acheter les œuvres de jeunes artistes.
00:04:38C'était l'idée de la société.
00:04:39Caroline Lang, elle a d'abord expliqué qu'ils aidaient des jeunes artistes.
00:04:42On a cru au début, dans leur première expression, qu'ils faisaient une sorte de mécénat.
00:04:48En fait, non.
00:04:50Ils achetaient des œuvres dans le but de les revendre.
00:04:55Donc, à quoi a servi ce million 4 qui, apparemment, quand on lit les mails, les files, a été consommé.
00:05:03Puisqu'à un moment donné, le fameux Étienne Binan redemande une rallonge de 200 000 euros.
00:05:07Donc, est-ce que ces œuvres ont été achetées ?
00:05:09Est-ce qu'elles ont été vendues ?
00:05:10Où est-ce qu'elles sont aujourd'hui ?
00:05:11Quelle est la comptabilité de cet offshore ?
00:05:13C'est tout ça qu'ils cherchent.
00:05:15Et on est d'accord par que le nom de Jack Lang apparaît dans les statuts de l'entreprise.
00:05:19Alors, le nom de Jack Lang apparaît dans les statuts, non seulement dans les statuts,
00:05:22mais dans tous les échanges de mails qu'il y a avec Jeffrey Epstein.
00:05:25Jack Lang apparaît comme celui qui est le super consultant en achat d'œuvres.
00:05:31Alors, c'est vrai que c'est un volet.
00:05:34Un peu fauné de cette boîte.
00:05:35Alors, c'est vrai que depuis la presse, mais c'est la fameuse phrase,
00:05:38vous savez, la presse, elle lèche, elle lâche et elle linge.
00:05:42Donc, c'est vrai que...
00:05:44Je ne sais pas qui a dit cette phrase.
00:05:46Je ne sais pas qu'il faut l'attribuer.
00:05:47Elle est très ancienne.
00:05:48Elle est très ancienne.
00:05:49Donc, c'est vrai que Jack Lang a été le grand ministre de Mitterrand.
00:05:54Là, il a été lâché en 15 jours.
00:05:55Et maintenant, c'est vrai que Dylan a raison.
00:05:58Elle est lynchée.
00:05:59Il est lynchée en ce sens qu'au-delà de ce qu'il lui reprochait de l'enquête du PNF,
00:06:04il est aujourd'hui laserisé.
00:06:08Épinglé pour son train de vie, etc.
00:06:10Ce qui n'a pas de lien avec l'affaire Epstein.
00:06:15Anne-Elisabeth Moutet, en tout cas sur ce dossier-là,
00:06:17Jack Lang l'assure, il n'a pas touché un seul centime.
00:06:20Et il est blanc comme neige, pour reprendre son expression.
00:06:22Écoutez, le PNF est dessus.
00:06:23Donc, soit il a des gens formidables pour cacher les choses,
00:06:27soit, effectivement, on ne va pas trouver cet argent-là,
00:06:30même si on trouve autre chose.
00:06:31Alors, je dirais, je suis très d'accord avec Dylan
00:06:34qu'on ne peut pas faire un procès aux gens uniquement
00:06:36parce qu'ils sont sortis dans l'actualité
00:06:39et on se précipite et on passe ses fantasmes dessus.
00:06:41Jack Lang, ce n'est pas fait que des amis
00:06:43dans sa longue carrière politique.
00:06:45Et ça n'aide pas non plus.
00:06:47Il a toujours eu un train de vie à la fois élégant et dispensieux.
00:06:51Et parfois, il n'a pas été élégant du tout.
00:06:52Comme par exemple, quand il n'a pas payé quelque chose
00:06:54comme plus de 45 000 euros de notes de restaurant
00:06:58au restaurant Noura, qui est un restaurant libanais à Paris
00:07:01et qui avait une succursale, c'est assez logique,
00:07:04dans l'institut du monde arabe.
00:07:05Tant qu'à faire, autant avoir de la bonne cuisine de l'endroit.
00:07:09Alors ça, là, on tombe sur quelque chose
00:07:13dont tout le monde se souvient,
00:07:14parce que c'est sorti dans le canard enchaîné.
00:07:16Ce n'est pas nouveau.
00:07:17Il y a eu d'autres exemples.
00:07:18Il y a eu des exemples de costumes donnés par Smalto,
00:07:21qui était autrefois le tailleur de François Mitterrand.
00:07:24Mais pour des sommes qui, franchement, font passer François Fillon...
00:07:28Sauf que l'enquête, là, elle ne porte pas là-dessus.
00:07:29Non, elle ne porte pas là-dessus, mais c'est comme ça
00:07:31qu'on ne se fait pas des amis.
00:07:32Et c'est aussi comme ça que, dans une affaire
00:07:34où on parle des élites et du peuple,
00:07:37et que c'est littéralement caractérisé avec ces filles
00:07:40qu'on va chercher dans des écoles du côté pauvre,
00:07:44à côté de Palm Beach, de West Palm Beach,
00:07:47pour les faire venir servir aux amusements des riches,
00:07:50tout ça, ça fait partie de la même chose.
00:07:52Il faut quand même dire que là, il n'y a aucun soupçon de pédophilie
00:07:55dans les Epstein Files.
00:07:57Non, mais on n'est pas...
00:07:58Absolument pas, là, on parle plutôt d'argent,
00:08:01mais c'est pas...
00:08:03En revanche, dans l'atmosphère délétère
00:08:05qui se crée autour de ça,
00:08:07on va revenir avec des accusations
00:08:09qui sont probablement de conduite...
00:08:12Enfin, il faut payer ses notes de restaurant,
00:08:14tout de même, au point de les pousser à la faillite.
00:08:16C'est tout de même un problème.
00:08:18Il y a des conduites qui ne sont pas...
00:08:20qui reviennent à la surface
00:08:21parce que personne ne dit
00:08:22« mais c'est un brave type, il est sympathique, etc. »
00:08:24parce qu'il n'a pas été tellement sympathique avec les gens.
00:08:27Dernière chose,
00:08:28sur un fonds d'investissement dans des œuvres d'art
00:08:30qui est créé,
00:08:33ça peut être du mécénat,
00:08:34dans la mesure où si un artiste n'a pas d'acheteur,
00:08:36ce qu'il faut, c'est lui créer une cote,
00:08:38il faut créer une célébrité
00:08:39et il faut ensuite le remettre sur le marché.
00:08:41Même la revente n'est pas qu'il s'agit de voir
00:08:42où va le produit de la revente.
00:08:44Si ça va réalimenter le fonds,
00:08:46ce n'est pas une mauvaise idée.
00:08:47Et si c'est pour créer, trouver des artistes
00:08:50et commencer à les faire acheter
00:08:51par des gens que ça intéresse
00:08:53et leur donner à la fois une notoriété et une cote,
00:08:57ce n'est pas nécessairement quelque chose d'infondé.
00:08:59On va voir si Jack Lang a touché de l'argent là-dessus ou pas.
00:09:02Et encore une fois,
00:09:03il lui dit qu'il n'a pas touché un centime.
00:09:04Le fait est que cette société-là,
00:09:07Caroline Lang ne l'avait pas déclarée au fisc.
00:09:09Ça, ça pose problème.
00:09:11Oui, alors si jamais il y a eu des malversations
00:09:12ou si jamais il y a eu des erreurs potentiellement administratives,
00:09:15bien sûr, le PNF fera la lumière dessus.
00:09:17Et éventuellement, un jour, il y aura un procès.
00:09:19Le PNF, le Parquet National Financiers.
00:09:21Pardon, excusez-moi, exactement.
00:09:22Mais si aujourd'hui, il y a eu des perquisitions,
00:09:24c'est justement parce qu'ils vont chercher des éléments.
00:09:26Maintenant, il faudra voir,
00:09:28c'est eux qui vont bien sûr,
00:09:29dans le secret de leur cabinet,
00:09:30les procureurs,
00:09:31voir ce qu'ils ont trouvé ou ce qu'ils n'ont pas trouvé.
00:09:33S'ils n'ont pas trouvé,
00:09:34il se peut aussi que l'issue de ces perquisitions
00:09:37soit une absence totale de charges retenues comme l'un et comme l'autre
00:09:40qui sont aujourd'hui présumés innocents
00:09:41et ils seront peut-être effectivement blanchis comme neige
00:09:45totalement par cette affaire.
00:09:46Donc, le sens de ces perquisitions,
00:09:48c'est que l'enquête démarre.
00:09:49Donc, attendons peut-être la fin de l'enquête
00:09:51pour savoir si vraiment il y a des choses.
00:09:52Mais effectivement, ça a été dit et je le rappelle,
00:09:54il ne faut pas mélanger trois choses différentes.
00:09:56Donc, un, de la pédophilie qui ne lui est pas du tout reprochée.
00:09:58Deux, potentiellement une affaire financière
00:10:00qui lui est reprochée
00:10:01mais sur laquelle il demeure présumé innocent.
00:10:02Et trois, des comportements,
00:10:04peut-être une forme de radinerie
00:10:05parce qu'il faut dire les choses,
00:10:07sur le train de vie, vous voulez dire,
00:10:08sur un train de vie, etc.
00:10:09qui ne relèvent ni du pénal,
00:10:12ni du fiscal, ni rien du tout.
00:10:14Donc, il y a trois choses différentes
00:10:15qui me semblent-ils sont un petit peu mélangées.
00:10:17Ou autre chose, ou ces costumes,
00:10:18là, il y a un vrai problème.
00:10:19Alors, les costumes,
00:10:20il s'est en expliqué dans la tribune dimanche,
00:10:21j'ai eu une interview où il explique
00:10:22que c'est un ami qui lui a donné,
00:10:23ça ne me paraît pas interdit.
00:10:24Et s'agissant des notes
00:10:26qui ne payent pas au restaurant,
00:10:27il faut voir comment ça se fait.
00:10:28Mais alors, est-ce qu'il va être poursuivi
00:10:2920 ans après pour un restaurant
00:10:30qu'il n'aurait pas payé en 2003 ?
00:10:32Ça me paraît un peu compliqué.
00:10:33Il y a peu de chance.
00:10:33Et sur les liens qu'il avait,
00:10:35les liens amicaux, il dit ce gosset.
00:10:37Il y a un mail qui est ressorti
00:10:38où il sollicite l'aide de Jeffrey Epstein.
00:10:41Et il lui dit,
00:10:41« Cher Jeffrey, un cinéaste français
00:10:44souhaite réaliser un film sur mon travail.
00:10:45Le budget s'élève à 150 000 euros.
00:10:47Votre contribution serait évidemment décisive.
00:10:50Amicalement, Jack ».
00:10:51Quel était l'intérêt pour Jeffrey Epstein
00:10:55de financer, en l'occurrence,
00:10:56un film sur Jack Lang ?
00:10:59Alors d'abord, la fameuse formule
00:11:01sur la presse qui est en sens
00:11:03et qui linge, c'est Jean Cocteau.
00:11:06Merci, Ulysse.
00:11:07Et deuxièmement, il faut rappeler effectivement,
00:11:10comme le fait l'avocat qui est là
00:11:11avec nous ce soir, c'est que pour l'instant,
00:11:13il est soupçonné de blanchiment
00:11:15de fraude fiscale, point.
00:11:17Et néanmoins, c'est vrai que
00:11:19ces liens avec Jeffrey Epstein
00:11:21nous permettent d'envisager
00:11:23qu'il y avait un intérêt pour Jack Lang
00:11:25à courtiser cet homme
00:11:27et l'avoir dans ses relations.
00:11:29Pourquoi ?
00:11:30Là, concrètement, pour avoir un mécène
00:11:32qui permettait de financer
00:11:34le film qui lui était consacré.
00:11:35Alors évidemment, il faut un certain culot,
00:11:38comme Jack Lang en avait certainement,
00:11:39pour aller voir un mécène
00:11:41pour financer un film à sa gloire.
00:11:42Mais néanmoins, c'est la réalité
00:11:44et c'est comme ça.
00:11:45Et c'est vrai que Jack Lang a été connu
00:11:48pendant des années pour le meilleur,
00:11:52pour avoir cherché des fonds pour des festivals,
00:11:54pour la nuit de la musique, etc.
00:11:56Et tout le monde en a conscience.
00:11:58Donc oui, ces liens avec Jeffrey Epstein
00:12:00étaient destinés à trouver de l'argent.
00:12:02Et en contrepartie, c'est ça surtout, en fait.
00:12:04Que s'est-il passé ?
00:12:05Et là, Jack Lang, très certainement,
00:12:08lui a permis de rencontrer pas mal de gens
00:12:09dans Paris, de lui faire visiter
00:12:11en exclusivité des monuments, des musées, etc.,
00:12:14de l'introduire dans les hautes sphères
00:12:16de la Mitterrandie et de la culture française.
00:12:19Et c'est ça que voulait Jeffrey Epstein.
00:12:21Puisque c'est ça, c'est l'essentiel,
00:12:23c'est la constitution d'un réseau mondial
00:12:25d'influence qui lui permettait, en échange,
00:12:28soit de rendre des services,
00:12:30soit de s'en rendre à lui-même
00:12:32avec des opérations financières
00:12:34qui lui étaient favorables.
00:12:35Et là, on voit bien que partout où il allait,
00:12:37il cherchait des relations pour être mis en relation
00:12:39avec des autorités de pays comme les Émirats arabes unis
00:12:43ou avec des financiers pour en tirer son propre profit
00:12:45ou, évidemment, pour, je dirais,
00:12:49satisfaire à ses besoins sexuels
00:12:51et entretenir ce réseau de crimes sexuels
00:12:54avec ce rabattage des jeunes femmes
00:12:56d'Europe de l'Est, de France et d'ailleurs.
00:13:00Donc, en fait, c'est cet amalgame
00:13:02que l'on fait aujourd'hui,
00:13:03mais qui est lié à la personnalité même
00:13:04de Jeffrey Epstein,
00:13:05qui entretenait ce réseau
00:13:07dans tous les sens du terme.
00:13:08L'amitié, le mécénat,
00:13:11la recherche de complicité
00:13:13dans des affaires éventuellement
00:13:14de délits d'initié pour obtenir des faveurs.
00:13:17C'est le cas en Grande-Bretagne
00:13:18avec un ancien proche de Tony Blair
00:13:20qui était ambassadeur aux États-Unis
00:13:22et qui a été relevé de ses fonctions.
00:13:24Bref, tout ce réseau servait à pas mal de gens.
00:13:26Alors maintenant, il faudra démontrer,
00:13:28ce qui n'est pas encore le cas,
00:13:29que les soupçons sont en fait
00:13:31la relation de fait
00:13:33et qu'il a bénéficié
00:13:34et surtout qu'il est coupable
00:13:35d'avoir pris un blanchiment de fonds fiscal.
00:13:38Il est présuvé innocent,
00:13:38il est important de le rappeler.
00:13:39Mais dans l'interview de la Trémune Dimanche,
00:13:42vraiment,
00:13:42toutes les questions lui sont posées.
00:13:45Notamment, il y a cette question,
00:13:46est-ce qu'il est allé
00:13:47dans cet appartement de l'avenue Foch ?
00:13:49Je rappelle, 800 mètres carrés,
00:13:51avec des photos partout.
00:13:53Donc lui, pour la première fois,
00:13:55il dit, il indique qu'il y est allé.
00:13:56Jusqu'à présent,
00:13:57il n'avait jamais dit pour déjeuner.
00:14:01Et que lui, il ne se souvient pas,
00:14:03il ne se souvient pas vraiment
00:14:04de l'appartement.
00:14:06Donc bon, il a le droit
00:14:07de ne pas se souvenir.
00:14:08Mais c'est vrai que ceux qui sont allés,
00:14:10et notamment les policiers,
00:14:12n'ont pas du tout la même vision
00:14:13de l'appartement que Jacques Lang rapporte.
00:14:15Alors ça ne fait pas de lui...
00:14:17Il y a des zones différentes
00:14:18dans l'appartement, Bruno.
00:14:19Moi qui ai bien vu les perquisitions,
00:14:20il y a des zones très différentes.
00:14:22Il y a la salon de massage,
00:14:23il y a un couloir
00:14:24où il y a des photos de nus.
00:14:25Et puis il y a la salle à manger,
00:14:27il n'y a pas de photos de nus.
00:14:28Il y a un éléphanteau empaillé.
00:14:30Et puis il y a un truc bizarre,
00:14:32il y a des coupes de cerveau.
00:14:35C'est une pièce assez sombre,
00:14:36là ça l'a mangé.
00:14:37C'est très bizarre.
00:14:38Il n'y a pas de photos de nus.
00:14:39Donc c'est vrai qu'il pouvait y avoir
00:14:40un aiguillage, je vais finir la parenthèse,
00:14:42il pouvait y avoir un aiguillage
00:14:43dans l'appartement sans qu'on tombe
00:14:45sur ces espèces de posters de femmes nues
00:14:47qu'il y a dans d'autres parties
00:14:48de l'appartement, bien sûr.
00:14:49Sans qu'on passe par ces pièces
00:14:50plus sombres, entre guillemets.
00:14:51Mais il y a les dates aussi,
00:14:52c'est-à-dire que bon, quand même,
00:14:53sa fille ici même a expliqué
00:14:55qu'elle avait su qu'il avait été condamné.
00:14:58Et donc, bon, en gros,
00:14:59au nom de la deuxième chance,
00:15:01elle avait continué à garder
00:15:04une relation avec Epstein
00:15:05et même à monter cette société.
00:15:09Jacques Lang lui dit
00:15:10qu'il n'était absolument pas au courant
00:15:12du passé pédocriminel
00:15:15et de la condamnation
00:15:17dont il avait fait l'objet.
00:15:19Ça interroge quand même.
00:15:21Parce que c'est vrai,
00:15:22de là à monter une société
00:15:23avec un profil pareil,
00:15:25ça interroge quand même.
00:15:25Un personnage public,
00:15:27un homme politique expérimenté
00:15:29comme Jacques Lang
00:15:29est un peu prudent quand même.
00:15:33En 2008, il avait déjà été,
00:15:35Jeffrey Epstein,
00:15:37condamné pour trafic sexuel.
00:15:39Justement, ça fait bouger les lignes
00:15:41de la justice française, cette affaire.
00:15:44Le parquet de Paris a annoncé ce week-end
00:15:45avoir désigné des magistrats référents
00:15:47pour examiner d'éventuelles infractions
00:15:49qui impliquent des Français.
00:15:51Et il y a ces trois nouvelles affaires
00:15:52qui ont été confiées au parquet
00:15:54qui visent le diplomate français
00:15:56dont on a parlé, Fabrice Edan,
00:15:58le recruteur de mannequins,
00:16:00Daniel Sillade,
00:16:01et le chef d'orchestre,
00:16:04Frédéric Chasselin.
00:16:05Laurent Saïm est avec nous.
00:16:07Vous êtes journaliste spécialiste
00:16:08des Etats-Unis.
00:16:09Vous suivez évidemment cette affaire
00:16:11de très près
00:16:12et ses répercussions en France.
00:16:13Vous souhaitiez intervenir
00:16:14sur ce volet-là,
00:16:15le volet français.
00:16:17Et ces Français qui sont accusés,
00:16:19soupçonnés d'avoir aidé Jeffrey Epstein ?
00:16:23– Oui, parce que j'ai l'impression,
00:16:26et encore une fois,
00:16:26ce n'est pas forcément un jugement
00:16:28de valeur de ma part,
00:16:30mais j'ai quand même l'impression
00:16:31qu'en France,
00:16:32on s'attache beaucoup
00:16:33à des gens très puissants,
00:16:35des Français,
00:16:36des politiques,
00:16:36des diplomates,
00:16:37et qu'on découvre,
00:16:39d'une certaine manière,
00:16:39ce qu'ils faisaient avec Epstein.
00:16:41Mais ce qui frappe
00:16:41dans les documents Epstein,
00:16:43dans les dossiers Epstein
00:16:44qu'on lit,
00:16:45c'est le nombre de Français
00:16:47qui étaient des gens pas connus
00:16:49qui travaillaient
00:16:50pour Jeffrey Epstein.
00:16:52Alors, il y a des architectes,
00:16:53il y a des décorateurs
00:16:54qui, jusqu'en 2018,
00:16:56vont sur la fameuse île privée
00:16:58pour la redécorer.
00:16:59Il y a bien sûr
00:17:00quelques chefs d'entreprise
00:17:01qui le reçoivent,
00:17:03qui disent maintenant
00:17:04qu'ils ne savaient absolument pas
00:17:05ou qui refusent,
00:17:07à un moment donné,
00:17:07un stage
00:17:08pour quelqu'un
00:17:09que Epstein
00:17:11veut acheter
00:17:12pour être sûr
00:17:13de mettre une jeune fille
00:17:14dans un magasin
00:17:15à New York.
00:17:16Il y a des pilotes,
00:17:17il y a des maîtres d'hôtel,
00:17:19il y a une femme de chambre,
00:17:20et il y a des photographes,
00:17:22il y a surtout des coiffeurs
00:17:23qui vont pratiquement
00:17:24deux à trois fois par semaine
00:17:26chez Epstein
00:17:27et qui sont des Français.
00:17:29Et ce qui est très intéressant
00:17:30lorsqu'on commence
00:17:31à les appeler,
00:17:31parce qu'évidemment
00:17:32dans les dossiers Epstein,
00:17:33on a ces noms,
00:17:34eh bien c'est toujours
00:17:35les mêmes phrases.
00:17:36Je le connaissais à peine,
00:17:37je ne savais pas,
00:17:38n'associez surtout
00:17:39jamais mon nom
00:17:40à quelque chose.
00:17:42Moi par exemple,
00:17:43sur BFM vendredi dernier,
00:17:44j'ai parlé de la décoratrice française
00:17:46Linda Pinto.
00:17:47Il y a 2748 emails
00:17:49entre Epstein
00:17:50et Linda Pinto
00:17:52qui est une décoratrice française
00:17:53très talentueuse.
00:17:55Je ne dis pas
00:17:56que Linda Pinto
00:17:57est mêlée
00:17:58au trafic sexuel,
00:18:00je dis simplement
00:18:01que Linda Pinto,
00:18:02selon les emails,
00:18:03était dans le monde
00:18:04d'Epstein,
00:18:05par exemple,
00:18:06en mars 2001,
00:18:08avec son frère,
00:18:09elle fait un voyage
00:18:10et c'est documenté
00:18:11par la liste des passagers,
00:18:13avec Jeffrey Epstein,
00:18:14avec Dylan Maxwell,
00:18:15avec une jeune femme
00:18:16non identifiée,
00:18:17avec un architecte mexicain,
00:18:19et également
00:18:19avec la principale accusatrice
00:18:21et victime,
00:18:22Virginia Giuffre.
00:18:24Et je dirais simplement
00:18:25aux Français
00:18:25qui ont peur
00:18:26d'être mêlées
00:18:26à cette histoire,
00:18:27que s'ils n'ont rien
00:18:28à se reprocher,
00:18:29comme sans doute
00:18:30Linda Pinto,
00:18:31eh bien qu'ils parlent,
00:18:32qu'ils viennent
00:18:32sur les plateaux de BFM,
00:18:34mais qu'ils nous expliquent
00:18:35à nous, journalistes,
00:18:36c'était quoi
00:18:37le monde d'Epstein,
00:18:38c'était comment
00:18:39voyager dans son avion privé
00:18:40avec une fille
00:18:41de 17 ans
00:18:42qui dit qu'elle a été violée
00:18:43par des hommes
00:18:44très importants.
00:18:45Moi, j'aimerais bien
00:18:46que les Français parlent.
00:18:48Alors,
00:18:50il y a
00:18:50toutes ces personnes
00:18:52qui sont
00:18:53impliquées
00:18:53de près ou de loin,
00:18:55qui l'ont côtoyée,
00:18:56sans être,
00:18:57sans avoir forcément fait,
00:18:58et c'est ce que
00:18:58précisait Laurence,
00:18:59forcément quelque chose
00:19:00de répréhensible,
00:19:01on parle de 3 millions
00:19:02de dossiers,
00:19:03et donc parfois
00:19:04des noms sont cités,
00:19:04on a pu en parler
00:19:05dans cette émission,
00:19:06alors qu'ils n'ont rien fait
00:19:07de mal.
00:19:09Toute cette affaire
00:19:10soulève aussi
00:19:11beaucoup de questions
00:19:11en ce moment
00:19:12sur la façon
00:19:13dont Jeffrey Epstein
00:19:13est mort
00:19:15dans sa cellule
00:19:16en 2019.
00:19:18Officiellement,
00:19:19il s'est suicidé,
00:19:21mais certains points
00:19:21interrogent
00:19:22et laissent penser
00:19:23qu'il a été peut-être
00:19:24assassiné dans sa cellule.
00:19:25C'est ce que pense
00:19:26le frère de Jeffrey Epstein
00:19:27que nos équipes
00:19:28à BFM TV
00:19:28ont pu contacter.
00:19:30Écoutez ce qu'il nous dit.
00:19:32« À ce stade,
00:19:34je sais
00:19:34qu'il a été assassiné.
00:19:37Ils sont sortis
00:19:38de l'autopsie
00:19:39et ils ont dit
00:19:39qu'ils ne pouvaient pas
00:19:40conclure à un suicide
00:19:41parce que ça ressemblait
00:19:42trop à un homicide.
00:19:43Sur le certificat
00:19:45de décès initial
00:19:45à la rubrique
00:19:46« Cause du décès »,
00:19:47il était indiqué
00:19:48en attente
00:19:49d'études complémentaires.
00:19:53J'accuse
00:19:54le ministère
00:19:54de la Justice
00:19:55d'avoir dissimulé
00:19:56le meurtre
00:19:56de Jeffrey.
00:20:00Alors ça,
00:20:01c'est quand même
00:20:01incroyable.
00:20:02Ce que nous dit
00:20:02son frère,
00:20:05c'est que sur
00:20:06le certificat
00:20:07de décès initial,
00:20:07Laurent Valligué,
00:20:08il était donc inscrit
00:20:09cause du décès
00:20:10en attente
00:20:11d'études complémentaires
00:20:13et qu'on ne pouvait
00:20:14pas conclure
00:20:15à un suicide.
00:20:15Oui,
00:20:16ça fait longtemps
00:20:16qu'il le dit,
00:20:17le frère.
00:20:17C'est vrai que depuis
00:20:18le début,
00:20:18il y a le doute
00:20:19sur cette pendaison.
00:20:22Alors,
00:20:22on sait
00:20:23qu'on peut se pendre
00:20:24à un radiateur.
00:20:25c'est vrai que tout peut arriver.
00:20:28Il y a eu une enquête
00:20:29aux Etats-Unis,
00:20:30longue,
00:20:31je ne sais pas
00:20:31sous le contrôle d'Ulysse,
00:20:32qui avait conclu
00:20:34à un suicide
00:20:35mais à une série
00:20:36de négligences.
00:20:37Et c'est vrai
00:20:37qu'il y a une incroyable
00:20:38série de négligences.
00:20:40Le directeur de la prison
00:20:41avait dit
00:20:41qu'il ne fallait jamais
00:20:42le laisser seul.
00:20:43Il avait jusqu'à la veille
00:20:44ou le jour suivant
00:20:45précédent,
00:20:46il avait un autre
00:20:48co-détenu en cellule.
00:20:49Là,
00:20:49il était tout seul.
00:20:51Le directeur avait dit
00:20:52qu'il fallait des ronds
00:20:52de toutes les 30 minutes.
00:20:54Ce soir-là,
00:20:55il n'y en a pas eu,
00:20:55cette nuit-là,
00:20:55il n'y en a pas eu.
00:20:56Et puis surtout,
00:20:57les caméras de vidéosurveillance
00:20:58étaient en panne.
00:20:59C'est quand même assez troublant.
00:21:01Dans les files,
00:21:01dans les milliers de photos
00:21:03qui ont été publiées,
00:21:05en cherchant bien,
00:21:05on peut trouver
00:21:07les photos de la cellule.
00:21:08Elles sont assez sordides,
00:21:10ces photos de la cellule,
00:21:11puisqu'on voit très précisément
00:21:13comment il a découpé,
00:21:14enfin comment,
00:21:15en tout cas,
00:21:15il y a une lanière
00:21:17orange de détenus
00:21:18et qui pendouillait.
00:21:19On l'a,
00:21:20cette photo,
00:21:20et peut-être qu'on va pouvoir
00:21:22la montrer.
00:21:22Et qui pendouillait
00:21:23qu'il aurait été accroché
00:21:24à un barreau du lit à l'étage.
00:21:26J'ai une petite cellule.
00:21:28Un barreau de lit à l'étage,
00:21:29il y a un trou au milieu du barreau,
00:21:30il se serait accroché là.
00:21:32C'est cette lanière-là
00:21:33dont vous parlez,
00:21:34Laurence.
00:21:35C'est vrai qu'il y a aussi
00:21:35le mystère du rapport
00:21:37d'une psychologue
00:21:38qu'il avait vue peu de temps avant,
00:21:39qu'il aurait dit
00:21:41qu'il n'avait aucune intention
00:21:42suicidaire.
00:21:43Tout ça est troublant,
00:21:45même si un rapport
00:21:46conclut à un suicide.
00:21:48Et cette image-là,
00:21:49c'est Jeffrey Epstein
00:21:50en train d'être réanimé.
00:21:53Il est en train d'avoir
00:21:54un massage cardiaque.
00:21:55Laurence Saïm,
00:21:55vous avez bossé pendant des mois
00:21:56sur les causes du décès
00:21:58de Jeffrey Epstein.
00:22:00La conclusion officielle,
00:22:01c'est ça,
00:22:01c'est un suicide,
00:22:03mais quelques négligences,
00:22:05quelques dysfonctionnements.
00:22:08Oui, absolument.
00:22:09Et ce qui a été dit
00:22:09sur le plateau
00:22:10est tout à fait exact.
00:22:11Ce qui nous surprend
00:22:12quand on a travaillé
00:22:13très longtemps sur
00:22:13est-ce qu'il s'est suicidé ou pas,
00:22:15c'est qu'on vient d'apprendre
00:22:16dans les dossiers Epstein
00:22:17plusieurs choses.
00:22:18D'abord, on a appris
00:22:19qu'après son arrestation
00:22:21en juillet 2019,
00:22:22il a fait une première tentative
00:22:24de suicide
00:22:25qui n'a pas marché.
00:22:26Et c'est à la suite de ça
00:22:28qu'il voit le psychiatre
00:22:29en prison qui dit
00:22:30non, non, il va très bien,
00:22:32ça se passe très bien.
00:22:32Ensuite, ses avocats le voient,
00:22:34ses avocats n'ont jamais
00:22:35soupçonné le suicide.
00:22:36Ensuite, la veille de son suicide,
00:22:39il parle à sa petite amie de l'époque,
00:22:41elle n'a jamais parlé
00:22:42sur le contenu
00:22:43de ce qu'il disait.
00:22:45Mais évidemment,
00:22:45il y a eu des défaillances
00:22:46et on en a très largement parlé,
00:22:48ces caméras qui ne marchent pas,
00:22:51les gardes qui étaient mal payées
00:22:53qui n'ont pas fait les rondes.
00:22:54Mais il y a un document
00:22:55qui a été trouvé
00:22:56il y a 48 heures
00:22:57par nos confrères de CBS News
00:22:59et qui relance
00:23:00est-ce qu'il s'est suicidé ou pas,
00:23:01à 22h30,
00:23:03dans les couloirs de la prison,
00:23:05on voit sur une caméra de surveillance
00:23:07un homme habillé en orange
00:23:09qui est à côté
00:23:10de la cellule d'Epstein.
00:23:12Or, à 22h30,
00:23:13dans une prison de New York,
00:23:14il n'y a pas un détenu
00:23:16habillé en orange,
00:23:17il porte vraiment
00:23:18un survêtement orange
00:23:20comme les détenus portent.
00:23:22C'est quand même très compliqué
00:23:24de se dire
00:23:24« Tiens, il y a un détenu
00:23:25qui se balade sans gardien
00:23:26dans le couloir d'une prison ».
00:23:28Et donc, cette image
00:23:29qui a été identifiée
00:23:30par nos confrères de CBS News
00:23:32relance toute la polémique
00:23:33sur le suicide.
00:23:34Il y avait eu aussi à l'époque,
00:23:35je vais très vite là-dessus,
00:23:36une bataille de médecins légistes.
00:23:38À la demande du frère
00:23:39de Epstein,
00:23:41un médecin avait dit
00:23:42« Ce n'est pas possible
00:23:43qu'il soit suicidé ».
00:23:45Normalement, on dit
00:23:46qu'il s'est pendu,
00:23:47mais d'après le rapport
00:23:49d'autopsie que j'ai lu,
00:23:50il y a trois os du cou
00:23:51qui ont été fracturés
00:23:53et je n'ai jamais vu ça
00:23:55après avoir passé des années
00:23:56à étudier les suicides
00:23:57par pendaison.
00:23:58Et puis, il y a un autre médecin légiste
00:24:00qui, lui, avait conclu
00:24:01à la thèse du suicide.
00:24:03Et donc, pour le moment,
00:24:04on ne sait pas,
00:24:05mais il y a quand même
00:24:05des faits troublants
00:24:06sur cette histoire de suicide.
00:24:07Et effectivement,
00:24:08ce médecin légiste
00:24:09que le frère de Jeffrey Epstein
00:24:11avait engagé
00:24:11dit précisément
00:24:12la chose suivante.
00:24:13Il présentait de nombreuses fractures
00:24:16extrêmement inhabituelles
00:24:17dans les cas
00:24:18de pendaison suicidaire
00:24:19et beaucoup plus fréquentes
00:24:20dans les cas d'étranglement.
00:24:22C'est ce que dit
00:24:22le médecin légiste.
00:24:23Donc, dans les éléments,
00:24:25dans les points
00:24:26qui interrogent Ulysse,
00:24:27il y a donc
00:24:29ce pseudo-détenu
00:24:30qui se baladait tout seul
00:24:31visiblement
00:24:32dans les couloirs
00:24:32à 22h30.
00:24:34Qu'est-ce qui s'est passé
00:24:35avec les caméras
00:24:35de vidéosurveillance ?
00:24:37Elles sont tombées en panne.
00:24:38Mais je reviens quand même
00:24:39sur l'aspect
00:24:41qui a été donc vu
00:24:42par les médecins légistes.
00:24:43C'est des fractures
00:24:44de l'os
00:24:46hyoïde.
00:24:46C'est des cartilages
00:24:48thyroïdiens
00:24:49effectivement
00:24:49qui, en cas de pendaison,
00:24:51ne sont jamais
00:24:52comme ça fracturés.
00:24:53Donc, ça a intrigué.
00:24:54Sauf que,
00:24:55comme il avait 60 ans,
00:24:56d'autres médecins légistes
00:24:57affirment qu'effectivement
00:24:58on peut avoir
00:24:59des cartilages fracturés
00:25:02en cas de suicide
00:25:03par pendaison.
00:25:03Donc là, il y a une contestation,
00:25:05il y a une bataille
00:25:05scientifique
00:25:06autour de ça.
00:25:08Non, ce qui est très troublant
00:25:09effectivement,
00:25:09c'est la succession
00:25:11d'anomalies.
00:25:12Le fait que, par exemple,
00:25:13les gardiens
00:25:15avaient falsifié
00:25:18les documents
00:25:19de présence
00:25:20parce qu'ils s'étaient
00:25:20endormis.
00:25:21Donc, c'est la présence
00:25:22de cet homme
00:25:24dans les couloirs.
00:25:24Qui était-il ?
00:25:25Alors, attendez,
00:25:25déjà sur les gardiens,
00:25:26si on est précis.
00:25:27Les gardiens
00:25:27qui ont falsifié.
00:25:28Visiblement,
00:25:29il y a des passages
00:25:29réglementaires
00:25:30toutes les demi-heures.
00:25:31Là, ils ont bien dit
00:25:32qu'ils avaient bien rempli
00:25:34le carnet de visite
00:25:34en disant
00:25:35on est passé
00:25:35toutes les demi-heures.
00:25:36Ils ont reconnu ensuite
00:25:38avoir menti
00:25:39et ils ont effectivement
00:25:40avoué qu'ils n'avaient
00:25:41effectué aucune ronde
00:25:42dans cette nuit-là
00:25:43du 9 au 10 août.
00:25:44Oui, donc ça fait
00:25:45beaucoup d'éléments
00:25:45troublants.
00:25:47Et effectivement,
00:25:48d'ailleurs,
00:25:48vous vous souvenez,
00:25:49on avait interviewé
00:25:50ici même avec vous
00:25:52l'un des avocats
00:25:54de Jeffrey Epstein
00:25:55qui lui-même
00:25:55nous avait dit
00:25:56je n'ai aucune preuve
00:25:57et je ne peux pas
00:25:58affirmer...
00:25:59Vous savez quoi ?
00:25:59On va l'écouter peut-être.
00:26:00Mais il disait
00:26:01de mon point de vue
00:26:02il est tout à fait possible
00:26:03qu'il se soit suicidé.
00:26:05Alors,
00:26:06vous le comprenez comme ça ?
00:26:07Moi, oui.
00:26:07Moi, je le comprends
00:26:08plutôt dans son sens inverse.
00:26:09Il laisse complètement
00:26:09la porte ouverte
00:26:10à un assassinat.
00:26:11Alors, écoutons-le
00:26:11et on en débat derrière.
00:26:15Je pense qu'on ne le saura jamais.
00:26:18Ses avocats lui disaient
00:26:20il est mort un week-end.
00:26:22Ses avocats lui disaient
00:26:24qu'il pourrait être libéré.
00:26:27Il avait de bonnes chances
00:26:28d'être libéré
00:26:30et donc je ne pense
00:26:31qu'il n'avait aucune
00:26:31bonne raison
00:26:32de se tuer.
00:26:34Et pour moi,
00:26:34ce n'est pas quelqu'un
00:26:35qui était suicidaire.
00:26:36D'un autre côté,
00:26:39je ne sais pas...
00:26:40Je ne vois pas
00:26:41comment quelqu'un
00:26:41aurait pu le tuer
00:26:43dans sa prison.
00:26:46Moi, je ne sais pas.
00:26:47Il dit
00:26:48qu'il avait de bonnes chances
00:26:49d'être libéré
00:26:49donc aucune raison
00:26:50de se tuer a priori
00:26:51et puis ce n'était pas
00:26:51quelqu'un de suicidaire.
00:26:53Oui.
00:26:54Et néanmoins,
00:26:54il est mort dans sa cellule.
00:26:55Donc c'est un mystère
00:26:57dont on ne saura,
00:26:57comme le dit l'avocat,
00:26:58jamais sans doute la vérité.
00:27:00Mais ça interroge beaucoup
00:27:01et ça alimente
00:27:02toutes les hypothèses complotistes.
00:27:04Il y a certainement
00:27:05beaucoup de gens...
00:27:06Plus on voit cette toile
00:27:08s'étendre
00:27:09à travers la planète,
00:27:10plus on imagine
00:27:11qu'il y avait des gens
00:27:11qui étaient intéressés
00:27:12à sa disparition rapide
00:27:14et qu'ils ne soient pas
00:27:15amenés à témoigner
00:27:16publiquement.
00:27:17On se pose
00:27:17la même question
00:27:18sur Guylaine Maxwell
00:27:19qui est actuellement
00:27:20en prison
00:27:20et qui dit
00:27:22qu'elle parlera
00:27:22si on lui accorde
00:27:23une remise de peine.
00:27:25Donc oui,
00:27:25ça va être un des grands mystères.
00:27:26C'est comme l'affaire
00:27:27de l'assassinat à Kennedy.
00:27:28On ne saura jamais
00:27:29vraiment qui a commandité.
00:27:31Est-ce qu'on ne saura
00:27:32d'ailleurs vraiment
00:27:33jamais vraiment ?
00:27:34C'est trop tard
00:27:35pour aller plus loin
00:27:38dans les causes
00:27:40d'un décès
00:27:42six ans plus tard,
00:27:42sept ans plus tard ?
00:27:43C'est peut-être compliqué.
00:27:44Bon,
00:27:44on n'a pas de scientifiques
00:27:45là-dessus sur le plateau.
00:27:47Laurent Valdigué peut-être ?
00:27:48C'est vrai que l'os yoïde,
00:27:50c'est ce que les légistes
00:27:52recherchent toujours
00:27:53même quand il ne reste
00:27:54qu'un squelette.
00:27:55Ils savent
00:27:56si l'os yoïde
00:27:57est fracturé,
00:27:58si c'est un étranglement
00:27:59ou pas.
00:28:02Laurent Saïm,
00:28:02vous êtes toujours avec nous,
00:28:03vous avez des informations
00:28:04vous là-dessus ?
00:28:06Oui,
00:28:07très rapidement,
00:28:08il y a deux choses
00:28:08quand même.
00:28:09C'est que visiblement
00:28:11dans les dossiers
00:28:13Epstein,
00:28:13il y a un témoignage
00:28:15du gardien de prison
00:28:16qui a trouvé à 6h30 du matin
00:28:18le corps d'Epstein
00:28:19et qui affirme
00:28:20dans les rapports
00:28:21qu'on a pu voir
00:28:22qu'il n'y avait pas
00:28:23de corde autour
00:28:25du corps d'Epstein,
00:28:26de la tête d'Epstein.
00:28:27Il n'y a jamais
00:28:28le mot « corde »
00:28:29qui a été noté
00:28:30sur le rapport.
00:28:31La deuxième chose,
00:28:32et ça va dans la thèse,
00:28:33il ne s'est pas suicidé,
00:28:37c'est que Epstein
00:28:38était quand même
00:28:38un homme assez corpulent,
00:28:40il n'y avait pas de corde
00:28:41dans sa prison,
00:28:42il aurait pris
00:28:43les draps de sa cellule
00:28:45et il était seul,
00:28:46il y a un détenu
00:28:47qui avait été sorti
00:28:48de sa cellule
00:28:4848 heures avant,
00:28:50il aurait pris
00:28:50les draps de sa prison
00:28:51et des vêtements
00:28:52pour accrocher son corps
00:28:54et se pendre
00:28:56et il y a de nombreux experts
00:28:57qui considèrent
00:28:58que ça aurait dû craquer
00:28:59qu'il était
00:29:01trop corpulent
00:29:02pour pouvoir réussir
00:29:04à se pendre.
00:29:04Encore une fois,
00:29:05ce sont des hypothèses
00:29:06mais ce sont quand même
00:29:07des faits
00:29:07qu'on a trouvés
00:29:08en lisant attentivement
00:29:10tous les rapports
00:29:10qui sont en train
00:29:11de sortir
00:29:11dans les 3 millions
00:29:12de documents liés
00:29:13à l'affaire Epstein.
00:29:14Écoutez ce que dit
00:29:15à nouveau le frère
00:29:16de Jeffrey Epstein
00:29:17sur BFM TV.
00:29:20Il y a effectivement
00:29:22et ça rejoint
00:29:22ce que vous disiez,
00:29:23Ulysse,
00:29:24beaucoup de personnes
00:29:25qui souhaitaient sûrement
00:29:25qu'il se taisent.
00:29:27Ils détenaient d'informations
00:29:27sur beaucoup de monde.
00:29:29On écoute à nouveau
00:29:30le frère de Jeffrey Epstein.
00:29:33Lors de l'élection de 2016
00:29:35entre Hillary et Trump,
00:29:37Jeffrey a dit
00:29:37et je le cite
00:29:38« Si je disais
00:29:39ce que je sais
00:29:39sur les deux candidats,
00:29:40il faudrait annuler
00:29:42l'élection.
00:29:42J'accuse le ministère
00:29:44de la Justice
00:29:44d'avoir dissimulé
00:29:45le meurtre de Jeffrey. »
00:29:49Voilà, Ulysse,
00:29:51là-dessus,
00:29:52en gros,
00:29:53il savait trop de choses
00:29:54au point où
00:29:56ça aurait fait annuler
00:29:57cette élection de 2016.
00:29:58Oui, absolument.
00:29:59C'est une phrase,
00:30:00évidemment, terrible
00:30:01parce qu'il y a toujours
00:30:02ces soupçons
00:30:03sur Donald Trump
00:30:04et Jeffrey Epstein.
00:30:06Était-il ami ?
00:30:07Oui.
00:30:07Combien de temps ?
00:30:08C'est la question.
00:30:09À quel moment
00:30:10Donald Trump a rompu
00:30:11avec lui ?
00:30:12Et est-ce qu'il a participé
00:30:13à des soirées
00:30:15avec des jeunes femmes
00:30:16ou pas ?
00:30:17Trump affirme
00:30:18et pour l'instant,
00:30:19tout indique
00:30:20que ce n'est pas le cas,
00:30:21il n'est pas allé
00:30:22sur la fameuse île
00:30:24où étaient organisées
00:30:25des soirées,
00:30:26des orgies,
00:30:27etc.
00:30:28Mais il y a toujours
00:30:29un mystère qui plane
00:30:30autour de ce que Trump
00:30:31a fait avec Jeffrey Epstein
00:30:33du temps où ils étaient
00:30:34amis et démocrates
00:30:35et où Jeffrey Epstein
00:30:37finançait évidemment
00:30:38les campagnes des démocrates.
00:30:39Donc, il y a une sorte
00:30:41de voile de suspicion
00:30:43qui pèse sur Trump
00:30:44comme sur Bill Clinton.
00:30:45Alors, Clinton,
00:30:45on va attendre
00:30:47les auditions au Congrès.
00:30:48Qui seront donc publiques ?
00:30:49Qui seront publiques.
00:30:50C'est donc une victoire
00:30:51de Bill Clinton.
00:30:52On voit mal comment
00:30:53on aurait pu empêcher ça.
00:30:54C'est dans la grande tradition
00:30:55des auditions au Sénat
00:30:56ou à la Chambre des représentants.
00:30:57Elles sont télévisées,
00:30:59publiques
00:30:59et elles permettent
00:31:00le grand déballage.
00:31:02Il y a une chose
00:31:03que les gens
00:31:04qui ont peut-être assassinés
00:31:05ou voulu assassiner,
00:31:06on verra,
00:31:07l'histoire le dira peut-être,
00:31:08Epstein,
00:31:09c'est qu'ils ne savaient pas
00:31:10que l'on pourrait retrouver
00:31:12ces millions de mails.
00:31:13Et ça, c'est pour moi
00:31:15la grande différence
00:31:15avec les crimes passés
00:31:17qui n'ont jamais été résolus
00:31:18ou les complots
00:31:19ou les assassinats
00:31:20de leaders politiques
00:31:22comme JFK.
00:31:23Avec la transparence
00:31:24d'Internet
00:31:25et la conservation
00:31:26des datas,
00:31:27on a maintenant
00:31:28une perception
00:31:29absolument unique
00:31:30de ce qui s'est passé,
00:31:31de qui était vraiment
00:31:32Jeffrey Epstein
00:31:33au travers des mails
00:31:34qu'il a envoyés
00:31:34ou qu'il a reçus.
00:31:36Et donc,
00:31:36même si quelqu'un
00:31:37a voulu l'assassiner,
00:31:38en fait,
00:31:39peut-être un jour,
00:31:39la vérité finira par éclater
00:31:41si tous les mails,
00:31:43et notamment ceux
00:31:44qui sont caviardés,
00:31:45sont rendus publics.
00:31:47effectivement,
00:31:48vous nous parliez
00:31:49de cette île
00:31:50qui est au cœur
00:31:51de ce réseau
00:31:52pédocriminel
00:31:53mis en place
00:31:53par Jeffrey Epstein,
00:31:54Little St. James.
00:31:55Alors,
00:31:56il y a Little St. James
00:31:56et il y a à côté
00:31:57Great St. James.
00:31:58Ce sont les deux petites îles
00:32:01des Caraïbes
00:32:02qu'il détenait.
00:32:04Donc,
00:32:04c'était ces îles,
00:32:05des îles privées.
00:32:06On va y retrouver
00:32:07Antoine Nelard.
00:32:08Vous êtes notre correspondant
00:32:10sur place
00:32:11et vous avez pu,
00:32:12Antoine Nelard,
00:32:13vous rendre donc
00:32:14sur ces îles.
00:32:16Vous avez même rencontré
00:32:17un ex-pilote
00:32:18d'hélicoptère
00:32:20de Jeffrey Epstein.
00:32:22Il l'a conduit
00:32:23à plusieurs reprises
00:32:24sur son île privée,
00:32:26sur ces îles privées.
00:32:27Que vous a-t-il dit
00:32:27ce pilote d'hélicoptère ?
00:32:31Eh bien, écoutez,
00:32:32ce pilote d'hélicoptère
00:32:33a travaillé pour Jeffrey Epstein
00:32:34pendant 10 ans,
00:32:35de 1998 à 2008.
00:32:38Il l'a conduit
00:32:39de multiples fois
00:32:39sur son île privée.
00:32:41C'était quasiment
00:32:41toujours le même trajet.
00:32:42Jeffrey Epstein,
00:32:43en fait,
00:32:43posait son avion privé,
00:32:45son jet,
00:32:45ici même,
00:32:46derrière moi,
00:32:47sur l'aéroport de Saint-Thomas,
00:32:48dans cet espace VIP
00:32:49réservé aux avions privés.
00:32:51Là, l'hélicoptère
00:32:51l'attendait au pied de l'avion.
00:32:53Ça ne traînait pas.
00:32:54Jeffrey Epstein embarquait
00:32:55directement dans l'hélicoptère
00:32:56et 7 minutes plus tard,
00:32:57il arrivait sur son île privée.
00:32:59Il venait ici
00:33:01très régulièrement,
00:33:02au moins une fois par semaine.
00:33:03C'est ce que m'a été déclaré
00:33:04ce pilote.
00:33:08Et Ghislaine Maxwell,
00:33:09il m'assure qu'il n'a jamais
00:33:10conduit Bill Clinton
00:33:11sur cette île privée,
00:33:12qu'il n'a jamais conduit
00:33:13non plus Sergei Bride,
00:33:14le cofondateur de Google,
00:33:16sur cette île privée.
00:33:17Il m'indique que parfois,
00:33:19il a transporté Jeffrey Epstein
00:33:21accompagné de jeunes femmes,
00:33:22mais il m'assure
00:33:23que ces jeunes femmes
00:33:24étaient majeures.
00:33:25Il explique qu'il les avait conduits
00:33:27pour une virée shopping
00:33:29sur l'île de Saint-Barthes,
00:33:30l'île française,
00:33:30qui n'est pas très loin d'ici.
00:33:31Il a donc fallu passer la frontière,
00:33:33montrer les passeports.
00:33:34Il me dit qu'il aurait été impossible
00:33:35dans ces conditions
00:33:36de faire voyager
00:33:37des filles mineures.
00:33:38Ce qu'il me raconte aussi,
00:33:39c'est qu'il a transporté Epstein
00:33:41un jour de juin 2008.
00:33:43Et ce jour-là,
00:33:43Epstein lui a dit
00:33:44écoute, on ne va plus se voir
00:33:46pendant un moment.
00:33:47Et de fait, le lendemain,
00:33:48Epstein était incarcéré.
00:33:50Il commençait à purger
00:33:50cette peine de prison.
00:33:51Vous savez qu'en 2008,
00:33:52il a été condamné
00:33:53pour des faits de pédophilie.
00:33:55Ensuite, ce pilote
00:33:55n'a plus travaillé
00:33:56avec Jeffrey Epstein
00:33:57parce qu'en fait,
00:33:58il y a un avant
00:33:58et un après 2008.
00:33:59Après 2008,
00:34:00Epstein, lorsqu'il se rend
00:34:01dans ses îles Vierges,
00:34:03était beaucoup plus discret
00:34:04qu'avant.
00:34:04Et il a décidé à ce moment-là
00:34:06de confier le rôle
00:34:08de pilote d'hélicoptère
00:34:09au pilote de son jet privé,
00:34:11au pilote du fameux
00:34:11Lolita Express
00:34:12qui a assumé
00:34:13donc les deux casquettes.
00:34:14Il pilotait à la fois
00:34:15l'avion et l'hélicoptère,
00:34:17probablement dans un souci
00:34:17de grande discrétion.
00:34:19Et ce pilote-là,
00:34:19pour le coup,
00:34:20connaît beaucoup de succès,
00:34:21de secret, pardon.
00:34:22Ça a été l'un des témoins
00:34:24à charge
00:34:24dans le procès
00:34:25de Guylaine Maxwell.
00:34:26Et on va s'intéresser
00:34:27dans un instant
00:34:28à ce jet privé,
00:34:30le Lolita Express.
00:34:31En tout cas,
00:34:32lui, ce qu'il vous a dit,
00:34:33c'est qu'il n'avait absolument
00:34:34pas conscience
00:34:36de ce que faisait
00:34:37Jeffrey Epstein
00:34:37sur cette île.
00:34:42Absolument.
00:34:42Alors d'abord,
00:34:43il m'indique
00:34:43qu'il n'avait que des rapports
00:34:44très limités
00:34:45avec Jeffrey Epstein.
00:34:46Il me dit que Jeffrey Epstein
00:34:47était quelqu'un
00:34:48qui ne parlait pas beaucoup,
00:34:49à l'inverse de Guylaine Maxwell
00:34:50qui était plus sociable.
00:34:51Ensuite,
00:34:52il explique qu'il avait
00:34:53des relations purement
00:34:54professionnelles avec lui.
00:34:55Il me dit qu'il est un peu
00:34:56comme un chauffeur de taxi
00:34:57qui conduit une personne
00:34:57d'un point A
00:34:58à un point B
00:34:59et que ce qui se passe
00:35:00avant et après,
00:35:01il n'a absolument
00:35:02aucune idée
00:35:03de ce qui peut se dérouler
00:35:05dans le huis clos de l'île.
00:35:07Il assure aussi
00:35:09qu'il n'a jamais rien repéré
00:35:11d'étrange
00:35:13ou rien qui pouvait laisser
00:35:15soupçonner
00:35:15les activités criminelles
00:35:17de Jeffrey Epstein.
00:35:18Et ça,
00:35:19c'est quelque chose
00:35:19qu'on entend beaucoup
00:35:20ici sur l'île.
00:35:20Il faut savoir
00:35:21qu'il y a énormément de gens
00:35:21qui ont travaillé
00:35:22pour Jeffrey Epstein.
00:35:24Sur son île,
00:35:24il y avait des jardiniers,
00:35:25des cuisiniers,
00:35:26des agents de sécurité.
00:35:28J'en ai pas rencontré beaucoup
00:35:30mais j'ai rencontré
00:35:30des gens qui les connaissaient
00:35:31par exemple
00:35:31et qui m'ont dit
00:35:32qu'ils n'avaient jamais
00:35:33rien remarqué de bizarre.
00:35:35On sent quand même
00:35:35que cette affaire
00:35:37dérange énormément
00:35:37les habitants ici.
00:35:38C'est quelque chose
00:35:39qu'ils préfèreraient oublier.
00:35:40Ce pilote d'hélicoptère
00:35:41a refusé de témoigner
00:35:42face caméra.
00:35:43Il ne veut pas être associé
00:35:44à ce scandale.
00:35:46Les habitants de l'île
00:35:47ici voudraient au plus vite
00:35:48tourner la page
00:35:49de cette affaire
00:35:50qui entache la réputation
00:35:52et l'image de carte postale
00:35:53de l'archipel.
00:35:55Merci Antoine.
00:35:55Vous restez avec nous
00:35:56parce qu'on a envie
00:35:57d'en savoir plus
00:35:57sur cette île privée
00:35:59de Jeffrey Epstein
00:36:00mais juste avant
00:36:01Florian Porras
00:36:01puisqu'il évoquait
00:36:02Antoine Lard
00:36:03nous a rejoints.
00:36:05Sur ce jet privé
00:36:07le Lolita Express
00:36:08ce qu'il faut dire
00:36:09que malgré l'Omerta
00:36:11il y a quand même
00:36:11des locaux
00:36:13qui ont commencé
00:36:13à parler.
00:36:15Il y avait quand même
00:36:15des soupçons
00:36:16chez certains d'entre eux
00:36:17au point où ils ont baptisé
00:36:18ce jet privé
00:36:19le Lolita Express.
00:36:21C'est ce jet privé
00:36:22qui faisait beaucoup
00:36:22d'aller-retour
00:36:23qui ramenait les femmes
00:36:24sur cette île
00:36:25pour Jeffrey Epstein.
00:36:27Et on ne parle pas
00:36:28d'un petit avion
00:36:28on parle d'un Boeing 727
00:36:30on va le voir
00:36:31à l'image
00:36:32ce Boeing
00:36:32qui a donc appartenu
00:36:33à Jeffrey Epstein.
00:36:34Pourquoi Lolita Express ?
00:36:35Ça fait référence
00:36:36en fait à un livre
00:36:37de Vladimir Nabokov
00:36:38qui raconte l'histoire
00:36:39entre un homme
00:36:40et une jeune fille
00:36:41de 12 ans
00:36:41ce qui explique
00:36:42un petit peu
00:36:42ce qui montre
00:36:43un petit peu
00:36:44cette obsession
00:36:45de Jeffrey Epstein
00:36:46pour les très jeunes filles.
00:36:48Il utilisait donc
00:36:49ce jet
00:36:49pour transporter
00:36:50des jeunes femmes
00:36:51parfois mineures
00:36:52entre ses différentes
00:36:53propriétés
00:36:53New York
00:36:54Palm Beach
00:36:55ou encore
00:36:55Little St. James
00:36:56comme on a vu
00:36:57juste avant
00:36:57avec Antoine Nellard.
00:36:59Jeffrey Epstein
00:36:59il utilisait très souvent
00:37:00cet avion
00:37:01600 heures de vol
00:37:02chaque année
00:37:03il totalisait
00:37:04600 heures de vol
00:37:05par an
00:37:05selon les registres
00:37:06on le voit ici à bord
00:37:07avec sa complice
00:37:08Ghislaine Maxwell
00:37:09qui est aujourd'hui en prison.
00:37:10Est-ce qu'on sait
00:37:11alors là on voit des images
00:37:11justement un peu de l'intérieur
00:37:12on a un aperçu
00:37:13mais est-ce qu'on sait
00:37:14à quoi il ressemblait
00:37:14vraiment à l'intérieur
00:37:15cet avion ?
00:37:16Oui on va voir
00:37:16quelques photos
00:37:18d'abord le plan
00:37:19le plan de cet avion
00:37:20il avait été aménagé
00:37:23par Jeffrey Epstein
00:37:24avec énormément
00:37:24de pièces
00:37:26des salons
00:37:27une chambre
00:37:27une cuisine
00:37:29une salle de bain aussi
00:37:30on va voir
00:37:31quelques photos
00:37:32si vous voulez bien
00:37:33on voit d'abord
00:37:34ce salon
00:37:35avec ses fauteuils
00:37:36rouges
00:37:37à l'intérieur
00:37:38ce jet
00:37:38pour se rendre compte
00:37:39il comptait
00:37:39une trentaine
00:37:40de places assises
00:37:41il pouvait donc
00:37:42transporter
00:37:42une trentaine
00:37:43de personnes
00:37:44on voit ici
00:37:45l'un des salons
00:37:45et puis on va voir
00:37:46cette fois
00:37:47l'une des chambres
00:37:48du Lolita Express
00:37:50selon plusieurs témoignages
00:37:51qui ont été révélés
00:37:52par les médias américains
00:37:54la chambre privée
00:37:55que vous voyez là
00:37:56a été le lieu
00:37:56où se déroulaient
00:37:57les viols
00:37:57agressions sexuelles
00:37:58contre les jeunes filles
00:37:59parfois mineures
00:38:01et parmi celles
00:38:02qui accusent
00:38:02ou qui accusaient
00:38:04du moins
00:38:04Jeffrey Epstein
00:38:05puisque cette femme
00:38:05est décédée
00:38:06c'est Virginia Giuffre
00:38:07que vous voyez là
00:38:07c'est une des voix
00:38:08les plus connues
00:38:08contre Jeffrey Epstein
00:38:09aussi contre le prince Andrew
00:38:11elle a accusé Jeffrey Epstein
00:38:13de l'avoir recrutée
00:38:14comme esclave sexuelle
00:38:15alors qu'elle avait 15 ans
00:38:16elle qui s'est suicidée
00:38:17en 2025
00:38:18et quelles sont
00:38:18les autres personnalités
00:38:20mis à part le prince Andrew
00:38:21qui ont voyagé
00:38:22à bord du Lolita Express
00:38:23énormément de personnalités
00:38:24du monde
00:38:25du showbiz américain
00:38:26il y avait Bill Clinton
00:38:27qu'on va voir apparaître
00:38:28sur cette photo
00:38:30on le voit ici
00:38:31avec une jeune fille
00:38:31anonyme
00:38:32sur ses genoux
00:38:33il aurait voyagé
00:38:33au moins 26 fois
00:38:34à bord de cet avion
00:38:36entre 2001
00:38:36et 2003
00:38:38ce sont des documents
00:38:39obtenus par Fox News
00:38:40qui révèlent
00:38:42ceux-là
00:38:42des vols
00:38:43à destination du Japon
00:38:44de la Chine
00:38:45du Royaume-Uni
00:38:45de la Russie
00:38:46ou encore de l'Afrique
00:38:48ça c'est pour Bill Clinton
00:38:49mais pas pour l'île
00:38:50voilà c'est ça
00:38:51des vols vers d'autres destinations
00:38:54oui parce que l'avion volait
00:38:55au Nouveau-Brunswick
00:38:56ah oui parce que j'allais dire
00:38:57ça va être l'audition
00:38:58la semaine prochaine
00:38:58ça va se compliquer
00:38:59Bill Clinton a toujours démenti
00:39:00avoir été sur l'île
00:39:01comme Donald Trump
00:39:02d'ailleurs
00:39:02il n'y a aucune preuve
00:39:04qui aujourd'hui
00:39:05permet d'affirmer
00:39:06qu'il était dans l'avion
00:39:07pour aller aux îles
00:39:08mais le jet privé
00:39:09c'est plus agréable
00:39:10qu'un vol commercial
00:39:12il y a quand même
00:39:13des éléments juridiques
00:39:14qui ont été saisis
00:39:15puisque l'avion a été saisi
00:39:16c'est les fameux
00:39:17flight logs
00:39:18c'est-à-dire
00:39:19la liste des passagers
00:39:20et c'est une liste obligatoire
00:39:22même si c'est un avion privé
00:39:23donc est-ce qu'un jour
00:39:24on aura des révélations
00:39:25mais pour l'instant
00:39:26en tout cas
00:39:27il n'y a eu aucune photo
00:39:28d'ailleurs
00:39:28ni de Clinton
00:39:29ni de Trump
00:39:30dans la presse locale
00:39:31disant
00:39:31le président est là
00:39:32ou Donald Trump est là
00:39:34précision importante
00:39:35juste pour la petite histoire
00:39:36il y a Hillary Clinton
00:39:38qui a été interviewée
00:39:39par la BBC
00:39:39qui a été diffusée ce soir
00:39:41où elle est catégorique
00:39:42que son mari Bill
00:39:44n'est jamais allée
00:39:44sur l'île
00:39:45de Jeffrey Epstein
00:39:47et elle a dit
00:39:47on révélera tout
00:39:48lors de notre déposition
00:39:50dans le témoignage
00:39:50à la fin du mois de février
00:39:51et c'est quelque chose
00:39:52qu'on suivra
00:39:53puisque c'est donc
00:39:54la semaine prochaine
00:39:55Anne-Elisabeth Moutet
00:39:57intéressant de se repencher
00:39:59sur cette île
00:40:00cette île privée
00:40:01ces deux îles privées
00:40:02qu'il avait donc achetées
00:40:04et il avait réussi
00:40:05à mettre en place
00:40:06une sorte de huis clos
00:40:08sordide
00:40:10voilà
00:40:11les employés
00:40:12qui étaient des dizaines
00:40:14plus de 70
00:40:14à y travailler
00:40:15ils signaient un contrat
00:40:17en jurant
00:40:18qu'ils ne diraient rien
00:40:21ce sont des contrats
00:40:22ce sont des contrats
00:40:23qui sont très courants
00:40:25chez les frères riches
00:40:26et chez les familles royales
00:40:27aussi
00:40:28ça s'appelle
00:40:28un NDA
00:40:29NDA
00:40:30Non Disclosure Agreement
00:40:31et vous signez quelque chose
00:40:32qui vous êtes embauché
00:40:34mais vous ne dévoilerez rien
00:40:35sinon vous êtes passible
00:40:36de poursuite
00:40:36accord de confidentialité
00:40:38en bon français
00:40:39voilà
00:40:39merci
00:40:40et heureusement que j'ai eu lice
00:40:41et
00:40:43c'est que c'était sordide
00:40:44sur place
00:40:44certainement
00:40:45que
00:40:47ça n'est pas nécessairement
00:40:48surpris les gens
00:40:49en revanche
00:40:50dès que vous avez
00:40:51ce genre de fortune
00:40:53vous avez immédiatement
00:40:54d'une part un secret
00:40:55et d'autre part
00:40:56quelque chose
00:40:56qui est entièrement organisé
00:40:57pour marcher
00:40:58alors on ne va pas citer
00:40:59l'île de
00:40:59Onassis
00:41:00il y a des années
00:41:01à Scorpios en Grèce
00:41:02mais
00:41:02c'est pas rare
00:41:04de trouver des milliardaires
00:41:05avec des îles privées
00:41:06ça n'est pas rare
00:41:07à ce moment-là
00:41:08qu'ils aient tout un personnel
00:41:09pour s'en occuper
00:41:11et
00:41:11c'est ce qui s'est passé
00:41:12dedans
00:41:13qui est sordide
00:41:13les arrangements
00:41:14sont des arrangements
00:41:15où on réembauche
00:41:16d'ailleurs des gens
00:41:17qui ont travaillé
00:41:17dans la même classe
00:41:19de riches
00:41:20et qui ont les mêmes habitudes
00:41:22alors il y avait une chose
00:41:23qui a été publiée
00:41:24il y a plusieurs années
00:41:25c'est pas dans les derniers
00:41:26les derniers Epstein Files
00:41:27c'était le manuel complet
00:41:30dont on pense
00:41:31que c'est Guylaine Maxwell
00:41:32qui l'a rédigé
00:41:32sur comment est-ce qu'on tient
00:41:33la maison
00:41:34et essentiellement
00:41:35c'est quelque chose
00:41:36qu'on pourrait enseigner
00:41:37à l'école hôtelière de Lausanne
00:41:40remplacer les Kleenex
00:41:41dès qu'il y en a
00:41:41les boîtes de Kleenex
00:41:42dès qu'il y a moins
00:41:42d'un tiers des Kleenex
00:41:43dans la boîte
00:41:44comme ça personne
00:41:44ne tombe sur le dernier Kleenex
00:41:46telle serviette
00:41:47dans tel placard
00:41:48telle chose
00:41:49sont à quel moment
00:41:49voilà
00:41:50toutes les habitudes des gens
00:41:51comment vous devez arranger
00:41:52la chance à leur goût
00:41:53comment vous devez déplier
00:41:54leurs vêtements
00:41:54comment vous devez
00:41:56quand on est suffisamment riche
00:41:57on ne défait plus jamais
00:41:58sa valise soi-même
00:41:59il y a quelqu'un
00:41:59qui s'en occupe
00:42:00qui repasse vos vêtements
00:42:00qui les met entre des feuilles
00:42:02de papier de soie
00:42:02dans une commode
00:42:03alors c'est extraordinairement
00:42:04détaillé
00:42:05et on se rend bien compte
00:42:06que tout ça
00:42:07c'est une compétence
00:42:08importante
00:42:09mais c'est une compétence
00:42:10qui appartient
00:42:10à je ne sais pas moi
00:42:12qui est là
00:42:13pour servir
00:42:14quelques milliers de personnes
00:42:15dans le monde
00:42:16Antoine Delard
00:42:17est toujours avec nous
00:42:18vous êtes juste à côté
00:42:19de cette île
00:42:22que vous avez pu visiter
00:42:23hier
00:42:24c'est ça
00:42:24racontez-nous un petit peu
00:42:25ce que vous avez vu
00:42:27sur cette île
00:42:28comment les choses
00:42:28étaient agencées
00:42:29ce que vous avez ressenti
00:42:34alors je vous précisez
00:42:36je n'ai pas pu poser
00:42:36le pied sur cette île
00:42:37qui est une île privée
00:42:38une propriété privée
00:42:39qui a été rachetée
00:42:40par un milliardaire
00:42:40de Wall Street
00:42:41donc il est interdit
00:42:42d'y débarquer
00:42:42en revanche
00:42:43j'ai pu en faire
00:42:44plusieurs fois le tour
00:42:45ce qui frappe d'abord
00:42:46quand on arrive sur place
00:42:47c'est qu'on se rend compte
00:42:48que tout avait été aménagé
00:42:50pour en quelque sorte
00:42:51barricader l'accès
00:42:53en fait
00:42:53Jeffrey Epstein
00:42:54quand il a acheté cette île
00:42:55c'était un caillou
00:42:56il n'y avait rien dessus
00:42:57et il a dépensé
00:42:58des millions de dollars
00:42:58pour l'aménager
00:42:59avec une priorité en tête
00:43:00faire que les curieux
00:43:02soient tenus à l'écart
00:43:03et pour cela
00:43:04il a notamment
00:43:05fait installer
00:43:06de gros rochers
00:43:07au bord de l'eau
00:43:08au niveau de la plage
00:43:09ce qui fait que
00:43:10les bateaux ne peuvent pas
00:43:12accoster sur cette plage
00:43:13ce qui est d'ailleurs
00:43:14une violation
00:43:14de la loi des îles vierges
00:43:16parce que dans les îles vierges
00:43:17normalement
00:43:17toutes les plages
00:43:18doivent être accessibles
00:43:19à tout le monde
00:43:20y compris les plages
00:43:21des îles privées
00:43:21à condition qu'on reste
00:43:22sur le sable
00:43:23là avec ces rochers
00:43:24on ne peut pas accéder
00:43:24à ces plages
00:43:25et pourtant
00:43:26Epstein a le droit
00:43:27d'installer ces gros rochers
00:43:29manifestement
00:43:30un passe droit
00:43:30que les autorités
00:43:31lui ont accordé
00:43:32le capitaine
00:43:33qui m'accompagnait
00:43:34m'a aussi raconté
00:43:35qu'à l'époque
00:43:35où Epstein était
00:43:36le propriétaire de cette île
00:43:37il y avait des gardiens
00:43:39armés
00:43:40qui patrouillaient
00:43:41et qui repoussaient
00:43:43les curieux
00:43:43ce qu'on constate aussi
00:43:45en faisant le tour de l'île
00:43:45c'est quelques traits
00:43:47un peu de mégalomanie
00:43:48peut-être
00:43:48de Gébécois
00:43:49qui avait fait
00:43:49notamment
00:43:50une sorte de temple
00:43:51en haut d'une falaise
00:43:53une construction
00:43:53un peu cubique
00:43:54il avait aussi installé
00:43:55des grands mâts
00:43:56sur lesquels
00:43:56il hissait des drapeaux
00:43:57pour signifier
00:43:58qu'il était présent
00:43:59sur l'île
00:43:59enfin ça c'est ce qu'il faisait
00:44:00en tout cas
00:44:01avant 2008
00:44:02parce qu'après 2008
00:44:02comme je vous l'expliquais
00:44:03il était bien plus discret
00:44:04et il avait arrêté
00:44:05de hisser
00:44:05ces fameux drapeaux
00:44:08merci Antoine
00:44:09vous avez ressenti
00:44:11un malaise
00:44:12en discutant
00:44:14avec ces personnes
00:44:15qui ont côtoyé
00:44:16Jeffrey Epstein
00:44:17il y a une sorte de tabou
00:44:18de
00:44:19on veut se distancier
00:44:20le plus possible
00:44:23de cet homme
00:44:28oui complètement
00:44:29ça c'est vraiment
00:44:29généralisé ici
00:44:30dans les îles vierges
00:44:31il y a une sorte
00:44:33d'omerta
00:44:34ou en tout cas
00:44:34effectivement
00:44:35on sent que le sujet
00:44:35est un peu tabou
00:44:36il y a une forme
00:44:36de lassitude aussi
00:44:37des gens
00:44:38lorsqu'on ramène
00:44:39le sujet
00:44:40de Jeffrey Epstein
00:44:40sur la table
00:44:43globalement
00:44:43effectivement
00:44:44les personnes
00:44:44voudraient tourner la page
00:44:45pour faire en sorte
00:44:47que leur île
00:44:47ne soit plus
00:44:47ou leur archipel
00:44:48ne soit plus associée
00:44:49à Epstein
00:44:51et à cette
00:44:52sordide affaire
00:44:54sauf que
00:44:55l'affaire continue
00:44:56de leur coller
00:44:56à la peau
00:44:57et d'ailleurs
00:44:57les touristes ici
00:44:58qui viennent en vacances
00:44:59sont souvent assez désireux
00:45:01d'aller voir l'île
00:45:02au plus près
00:45:03hier quand je tournais autour
00:45:04avec ce capitaine
00:45:05j'ai croisé au moins
00:45:063 ou 4 bateaux de touristes
00:45:07qui s'approchent de l'île
00:45:09qui veulent faire une photo
00:45:09qui repartent
00:45:10donc on sent qu'il y a toujours
00:45:11une espèce de fascination
00:45:13pour cette île
00:45:14aux grands dames
00:45:15des locaux ici
00:45:16qui aimeraient bien
00:45:17que leur île
00:45:18ne soit plus associée
00:45:19aux pédocriminels
00:45:20et qui a donc été rachetée
00:45:22il y a 3 ans
00:45:242023
00:45:26par un investisseur
00:45:2860 millions de dollars
00:45:29pour les deux îles
00:45:30pour la petite
00:45:32et la plus grande
00:45:33et il veut y faire
00:45:35un complexe hôtelier
00:45:37de luxe
00:45:38c'est ça ?
00:45:41Oui alors déjà
00:45:4260 millions de dollars
00:45:43c'est la moitié du prix
00:45:44qui était réclamé
00:45:45par le frère d'Epstein
00:45:46qui a hérité
00:45:47de l'empire
00:45:48du pédocriminel
00:45:50et effectivement
00:45:51le projet en tout cas
00:45:52au départ
00:45:52c'était de transformer
00:45:54cette île
00:45:54en complexe hôtelier
00:45:55de luxe
00:45:56pour le moment
00:45:57les travaux
00:45:57n'ont toujours pas commencé
00:45:58ça je peux vous le confirmer
00:45:59sur place
00:45:59rien n'a vraiment changé
00:46:01tous les bâtiments
00:46:01sont restés
00:46:02comme à l'époque
00:46:03et ce que disent
00:46:04les habitants ici
00:46:05c'est qu'ils ne croient pas
00:46:06vraiment que ce projet
00:46:07pourra voir le jour
00:46:08tout simplement parce que
00:46:09cette île
00:46:09elle reste encore
00:46:10trop associée
00:46:11à Jeffrey Epstein
00:46:12et on voit mal
00:46:13comment des gens
00:46:14très fortunés
00:46:15d'ailleurs
00:46:15pourraient avoir envie
00:46:16de passer leurs vacances
00:46:18sur ce lieu
00:46:18qui a été un lieu
00:46:19où des crimes
00:46:20ont eu lieu
00:46:22Ulysse c'est quand même
00:46:23incroyable
00:46:23ce qu'il a mis en place
00:46:24c'est à dire
00:46:26des contrats de confidentialité
00:46:28qui faisaient que
00:46:28personne ne disait rien
00:46:29pas de contrôle de police
00:46:31des politiques corrompues
00:46:33qui l'ont aidé
00:46:35à mettre en place
00:46:37ces crimes
00:46:38ce réseau
00:46:38sur cette île privée
00:46:39c'est ça qu'on découvre
00:46:41quand même
00:46:41aujourd'hui
00:46:42oui absolument
00:46:43et d'ailleurs
00:46:44le gouvernement
00:46:45des îles vierges
00:46:46c'est un territoire américain
00:46:47il faut le rappeler
00:46:48mais c'est un gouvernement
00:46:49indépendant
00:46:50entre guillemets
00:46:50a demandé des réparations
00:46:52lorsque
00:46:52Jeffrey Epstein est décédé
00:46:54et lorsque les îles
00:46:55ont été vendues
00:46:56elles valaient
00:46:57125 millions de dollars
00:46:58elles ont été vendues
00:46:59pour la moitié
00:47:00à 60 millions de dollars
00:47:01à un riche financier
00:47:03de Wall Street
00:47:04et il a dû verser
00:47:05les avocats chargés
00:47:07de l'héritage
00:47:08ont été obligés
00:47:09de verser des compensations
00:47:10au gouvernement local
00:47:11parce qu'il a détruit
00:47:12l'image des îles vierges
00:47:14si j'ose dire
00:47:14mais effectivement
00:47:15c'est impressionnant
00:47:16mais en même temps
00:47:17dans une île privée
00:47:18entre guillemets
00:47:19c'est une propriété privée
00:47:20et vous pouvez faire
00:47:21entre guillemets
00:47:22ce que vous voulez
00:47:24personne n'en dira rien
00:47:25c'est le secret
00:47:26le plus absolu
00:47:26jusqu'au moment
00:47:27où certains témoigneront
00:47:29rompant
00:47:29rompant
00:47:30l'accord de confidentialité
00:47:32le fameux NDA
00:47:33qui est signé
00:47:35mais comme le disait
00:47:36Anne-Elisabeth
00:47:36pas simplement
00:47:37sur l'île d'Epstein
00:47:38mais dans toutes
00:47:39les grandes institutions privées
00:47:42où on fait signer
00:47:43des accords
00:47:43de confidentialité
00:47:44pour éviter des fuites
00:47:45bon
00:47:46c'est clair
00:47:47Jeffrey Epstein
00:47:48savait
00:47:49ce qu'il faisait
00:47:50il savait comment
00:47:51protéger au maximum
00:47:53le secret
00:47:53et il savait surtout
00:47:55comment empêcher
00:47:56toutes ces jeunes femmes
00:47:58de parler
00:47:59et en les forçant
00:48:00je dirais
00:48:01au silence
00:48:02soit en les droguant
00:48:03soit en les torturant
00:48:05puisque
00:48:06d'ailleurs
00:48:06si je peux me permettre
00:48:07aujourd'hui
00:48:08il y a eu un communiqué
00:48:09qui a été publié
00:48:10à New York
00:48:11aux Nations Unies
00:48:12par le commissariat
00:48:13aux droits de l'homme
00:48:14qui détaille
00:48:16tous les chefs
00:48:17d'accusation
00:48:18qui pèsent
00:48:18contre
00:48:19Jeffrey Epstein
00:48:20et là où ça devient intéressant
00:48:21c'est que
00:48:22l'ONU
00:48:24considère que
00:48:24le caractère
00:48:25systématique
00:48:26international
00:48:27de ce qui a été
00:48:28fait par Jeffrey Epstein
00:48:30et ses complices
00:48:30pourrait relever
00:48:32de crimes
00:48:33contre l'humanité
00:48:34et c'est écrit
00:48:35en toutes lettres
00:48:35et là quand je lis
00:48:36si vous voulez
00:48:37les faits qui lui sont reprochés
00:48:38on parle
00:48:41d'esclavage
00:48:42de portée
00:48:43transnationale
00:48:44d'atrocité
00:48:45commise
00:48:45contre des femmes
00:48:46et des jeunes filles
00:48:48à tel point
00:48:49que certaines d'entre elles
00:48:50pourraient raisonnablement
00:48:51atteindre le seuil juridique
00:48:52de crimes contre l'humanité
00:48:53esclavage sexuel
00:48:55viol
00:48:56prostitution forcée
00:48:57traite
00:48:57persécution
00:48:58torture
00:48:59ou même disparition
00:49:00donc vraiment
00:49:01le tableau
00:49:02qui est décrit
00:49:03par les Nations Unies
00:49:04est effrayant
00:49:05alors il y a des répercussions
00:49:06un petit peu partout
00:49:07notamment en Angleterre
00:49:08on en a parlé
00:49:09mais ça continue à faire
00:49:09beaucoup parler
00:49:10et Philippe Thurl
00:49:11on va en parler avec vous
00:49:12je voulais vous montrer
00:49:12quand même la une
00:49:13de The Sun
00:49:15qui dit
00:49:16qui pose la question
00:49:17d'où viennent
00:49:18en gros
00:49:19ces 12 millions
00:49:20de livres
00:49:23versés
00:49:23pour éviter
00:49:25un procès
00:49:26au prince Androu
00:49:27on va tout de suite
00:49:28aller retrouver
00:49:29Laura Calmus
00:49:30vous êtes à Londres
00:49:31pour BFM TV
00:49:32comment réagit-on
00:49:34sur cette nouvelle
00:49:3512 millions de livres
00:49:36donc pour
00:49:37étouffer un petit peu
00:49:38l'affaire
00:49:38faire en sorte
00:49:39qu'il n'y ait pas de procès
00:49:40ces 12 millions de livres
00:49:41livrés à Virginia Jouffray
00:49:42qui était donc
00:49:44la victime du prince Androu
00:49:49et bien en fait
00:49:50ces informations
00:49:51continuent
00:49:52ravivent
00:49:52cette colère
00:49:53qui ne disparaît pas
00:49:55depuis des années
00:49:56avec cette image
00:49:57d'un prince
00:49:58qui est protégé
00:49:59mais aussi
00:50:00cette question morale
00:50:01de fond
00:50:01versé
00:50:02pour justement
00:50:03acheter
00:50:04le silence
00:50:05ou encore
00:50:05ce procès
00:50:06qui n'a jamais eu lieu
00:50:08alors on était
00:50:09déjà choqué
00:50:10que le prince Androu
00:50:13ait dû
00:50:13verser
00:50:1412 millions de livres
00:50:15soit plus de
00:50:1613 millions d'euros
00:50:18à Virginia Jouffray
00:50:20mais on sait aussi
00:50:22que en fait
00:50:22le prince Androu
00:50:24qui n'est plus prince
00:50:25qui s'appelle maintenant
00:50:26Androu
00:50:26main de vingtaine
00:50:27Windsor
00:50:28n'a jamais remboursé
00:50:30un centime
00:50:31de cet argent
00:50:32alors c'est d'autant
00:50:33plus choquant
00:50:33Androu
00:50:34qui aujourd'hui
00:50:36n'a que
00:50:363% d'opinion
00:50:38favorable
00:50:38dans les sondages
00:50:39alors ce n'est pas
00:50:40si choquant que ça
00:50:41mais au-delà
00:50:42de la personne
00:50:43et bien
00:50:43on se rend bien compte
00:50:44que c'est toute
00:50:45la famille royale
00:50:46qui en pâtit
00:50:47l'affaire Epstein
00:50:49qui continue
00:50:50tous les jours
00:50:51d'empoisonner
00:50:51la monarchie
00:50:53avec
00:50:53rappelez-vous
00:50:54la semaine dernière
00:50:55le roi Charles
00:50:56qui a dû
00:50:56se justifier
00:50:58en expliquant
00:50:58qu'il était prêt
00:50:59à témoigner
00:51:00si la police
00:51:01lui demandait
00:51:02de parler
00:51:03car il y a aujourd'hui
00:51:04une grosse question
00:51:05on se demande
00:51:06qui savait
00:51:07quoi
00:51:08est-ce que
00:51:09le prince
00:51:10Androu
00:51:10qui n'est plus prince
00:51:11le roi
00:51:12lui a retiré
00:51:12tous ses titres
00:51:14est-ce que
00:51:14et bien
00:51:15il savait
00:51:16ce qu'il se passait
00:51:17et donc
00:51:17c'est toute
00:51:18la gestion
00:51:19de Buckingham Palace
00:51:20qui est aujourd'hui
00:51:21questionnée
00:51:21merci Laura
00:51:23Philippe Thurl
00:51:24le journal Le Sun
00:51:27décortique
00:51:27ces 12 millions
00:51:28versés
00:51:29donc à la victime
00:51:30ils disent
00:51:317 millions
00:51:32viendraient directement
00:51:33d'Elisabeth II
00:51:34de sa mère
00:51:35la reine Elisabeth II
00:51:36à l'époque
00:51:363 millions
00:51:37de l'héritage
00:51:38du prince Philippe
00:51:39il était décédé
00:51:40il n'y a pas si longtemps
00:51:411,5 million
00:51:44du
00:51:45celui qui était
00:51:45prince de Galles
00:51:46donc
00:51:46du roi actuel
00:51:48Charles
00:51:51ça met
00:51:52le reste
00:51:52des autres membres
00:51:53de la famille royale
00:51:54qui ont mis la main
00:51:55à la poche
00:51:56pour aller jusqu'au bout
00:51:57de la somme
00:51:58des 12 millions
00:51:59donc ça met
00:52:00l'ensemble
00:52:01de la famille royale
00:52:03dans l'embarras
00:52:03c'est le moins
00:52:04qu'on puisse dire
00:52:05il y a une nuance
00:52:06dans la réponse
00:52:07de la famille royale
00:52:08qui disait
00:52:09que le roi Charles
00:52:10n'avait pas
00:52:12contribué
00:52:12d'argent
00:52:14à son frère
00:52:15mais en fait
00:52:15il n'était pas le roi
00:52:16à l'époque
00:52:16c'était le prince de Galles
00:52:18comme vous avez bien
00:52:18souligné
00:52:19donc
00:52:20il paraît que
00:52:21ces révélations
00:52:24mettent
00:52:24tout le monde
00:52:25devant le fait accompli
00:52:26à savoir
00:52:27que les différents membres
00:52:28de la famille royale
00:52:29étaient au courant
00:52:30de cette histoire
00:52:30avec Virginie et Juffray
00:52:32rappelez-vous
00:52:33de cet entretien
00:52:34qu'Ando a fait
00:52:35en 2019
00:52:36à la BBC
00:52:37qui était une catastrophe
00:52:38où à la suite
00:52:40de cet entretien
00:52:41il a perdu déjà
00:52:42le droit d'utiliser
00:52:44le terme
00:52:44son Altesse royale
00:52:45rappelez-nous
00:52:46rappelez-nous d'ailleurs
00:52:46pourquoi c'était aussi
00:52:47catastrophique
00:52:48parce qu'il a refusé
00:52:51de suivre des cours
00:52:54avant
00:52:56pour être bien préparé
00:52:58pour cet entretien
00:52:59qui était mené
00:53:00par une journaliste
00:53:01très expérimentaire
00:53:01de la BBC
00:53:02qui s'appelle
00:53:02Emily Batless
00:53:03et il a montré
00:53:06presque aucune empathie
00:53:08vis-à-vis des victimes
00:53:10et il a été confus
00:53:11dans ses réponses
00:53:12j'étais pas avec elle
00:53:14j'étais dans un pizza hut
00:53:15en train de donner
00:53:16à manger
00:53:16à mes filles
00:53:17à Woking
00:53:19donc personne n'y croyait
00:53:21et puis
00:53:23il a dit
00:53:24dans la fameuse photo
00:53:25où on le voit
00:53:26avec sa main
00:53:27autour de la taille
00:53:28de Virginie Juffray
00:53:29je ne me souviens
00:53:31d'avoir rencontré
00:53:31cette femme
00:53:32cette photo
00:53:33doit être
00:53:33une fausse photo
00:53:35alors que
00:53:36la famille royale
00:53:37selon
00:53:37Emily Batless
00:53:38depuis
00:53:39avait insisté
00:53:40à la BBC
00:53:40qu'il apporte
00:53:41la preuve
00:53:41que cette photo
00:53:42n'était pas
00:53:42une photo
00:53:43une vraie photo
00:53:44depuis
00:53:45c'est
00:53:45Ghislaine Maxwell
00:53:46qui a
00:53:47dit que
00:53:48cette photo
00:53:48est une vraie photo
00:53:49qui était prise
00:53:49chez moi
00:53:50et Andrew était bien là
00:53:51et c'est bien
00:53:51Virginie Juffray
00:53:52qui était dans cette photo
00:53:53alors donc
00:53:54pour couper plus court
00:53:55à cette histoire
00:53:56Andrew a toujours
00:53:57nié
00:53:58d'avoir fait
00:53:58quoi que ce soit
00:53:59de mal
00:54:00avec Virginie Juffray
00:54:02à tel point
00:54:03où il disait
00:54:03je ne la connaissais pas
00:54:04j'ai aucun souvenir
00:54:05de l'avoir rencontré
00:54:06mais il a quand même
00:54:09donné
00:54:1012 millions
00:54:11de livres
00:54:13pour
00:54:14racheter
00:54:14sa silence
00:54:16avant
00:54:16le jubilé
00:54:17de la reine
00:54:17et donc
00:54:18c'est la reine
00:54:19elle-même
00:54:19qui a mis la main
00:54:20à la poche
00:54:20pour payer
00:54:22cet argent
00:54:24mais est-ce que vous pensez
00:54:25est-ce que vous pensez
00:54:26qu'il se peut
00:54:27est-ce que je veux dire
00:54:28est-ce que la reine
00:54:28a délibérément
00:54:29étouffé cette affaire
00:54:30ou est-ce que
00:54:32elle a pu croire
00:54:33à des mensonges
00:54:34de la part du prince Andrew
00:54:35je pense que c'est les deux
00:54:35je pense qu'elle a
00:54:36cru à des mensonges
00:54:38de son fils
00:54:38parce que c'était
00:54:39son fils préféré
00:54:40mais elle a voulu
00:54:41étouffer l'affaire
00:54:42avant que ça s'éclate
00:54:43et ça endommage
00:54:45l'image de la femme
00:54:46royale
00:54:46surtout avant le jubilé
00:54:48et le compte du saut
00:54:49c'est qu'Handoui
00:54:50voulait rembourser
00:54:51cette somme
00:54:52avec la vente
00:54:52d'un chalet
00:54:53en Suisse
00:54:54dont il est propriétaire
00:54:55mais qu'il avait déjà
00:54:56un nom prince
00:54:57sur ce chalet
00:54:57et donc quand il est vendu
00:54:59il avait passé
00:55:00l'argent avec la vente
00:55:01pour rembourser
00:55:02et la reine
00:55:03et l'héritage
00:55:04de son père
00:55:05et les autres membres
00:55:05de la femme royale
00:55:06donc visiblement
00:55:06il n'a pas remboursé
00:55:07un sou sur ces 12 millions
00:55:09juste vous vouliez
00:55:09vous arrêter
00:55:10sur cette photo là
00:55:11qui est franchement dérangeante
00:55:12le prince Andrew
00:55:13qui est donc à quatre pattes
00:55:14au dessus d'une femme
00:55:16qui a l'air
00:55:18on ne sait pas
00:55:19qui c'est
00:55:19voilà on ne sait pas
00:55:20mais en tout cas
00:55:21comme ça on dirait
00:55:22qu'elle est inerte
00:55:22mais on ne sait pas
00:55:23ce qui se passe précisément
00:55:23sur cette photo
00:55:24mais lui il regarde la caméra
00:55:25alors il y a deux photos
00:55:26je ne sais pas si on a
00:55:27l'autre photo
00:55:27il y a une photo
00:55:28de Peter Maloson
00:55:29qui est l'ancien
00:55:31ambassadeur américain
00:55:32enfin britannique
00:55:32aux Etats-Unis
00:55:33on va l'avoir
00:55:33qui était
00:55:36démis de ses fonctions
00:55:37par
00:55:37qui est le premier ministre
00:55:40voilà
00:55:40et on le voit dans une chambre
00:55:41d'hôtel
00:55:41dans un slip
00:55:43alors la différence
00:55:44entre ces deux photos
00:55:45mais là pardon
00:55:45qu'est-ce qui se passe
00:55:46avec Peter Maloson
00:55:47on ne sait pas exactement
00:55:48ce qui se passe
00:55:48il est au téléphone
00:55:49il porte juste un slip
00:55:50et on se dit
00:55:52qu'il était connu
00:55:54que Jeffrey Epstein
00:55:54avait posé
00:55:55des appareils photos
00:55:56partout
00:55:57en cachette
00:55:57dans les chambres
00:55:58dans les salles de bain
00:55:59dans les toilettes
00:56:00pour photografer les gens
00:56:01ça ça fait partie
00:56:01des photos
00:56:02qui étaient dans le dossier Epstein
00:56:03ça ça fait partie
00:56:04des photos
00:56:04qui ont été révélées
00:56:05dans les documents
00:56:05je pense que cette photo
00:56:07a été prise à l'insu
00:56:08de Peter Maloson
00:56:09qui n'aurait jamais accepté
00:56:10qu'il soit pris en photo
00:56:11en slip
00:56:12mais quand vous regardez
00:56:13la photo
00:56:13de l'ex-prince Andrew
00:56:15qui est à quatre pattes
00:56:16sur cette fille
00:56:17il regarde bien
00:56:19la personne
00:56:20qui prend la photo
00:56:20on le voit dans ses yeux
00:56:22donc ça veut dire
00:56:23qu'à un moment
00:56:24où cette photo
00:56:25était prise
00:56:25lui pensait
00:56:26être dans une telle
00:56:28situation de sécurité
00:56:29où ça craignait pas
00:56:31qu'il pouvait
00:56:32être dans n'importe quelle position
00:56:33en train de faire
00:56:34n'importe quoi
00:56:34et photographier
00:56:35que ça n'allait jamais
00:56:36sortir de ses murs
00:56:37donc ça on dit long
00:56:39sur le fait
00:56:39que c'est cette prise
00:56:40de confiance
00:56:41que Jeffrey Epstein
00:56:42avait sur les personnes
00:56:44comme le prince Andrew
00:56:45et d'autres
00:56:45qui se laissaient faire
00:56:47dans ces situations
00:56:48et se laissaient photographier
00:56:49et aujourd'hui
00:56:50évidemment
00:56:51une telle photo
00:56:53c'est inacceptable
00:56:55et pour la famille royale
00:56:56et pour l'opinion publique britannique
00:56:58et pour le reste du monde
00:56:59quand on voit quelqu'un
00:57:00aussi privilégié
00:57:01que le prince Andrew
00:57:02l'ex-prince Andrew
00:57:04Andrew Manbatt & Winsor
00:57:05au-dessus d'une fois
00:57:06c'est pas la seule photo
00:57:07il y en a d'autres
00:57:08prises d'autres cadres
00:57:10dans le même endroit
00:57:13mais ça a porté
00:57:14beaucoup de préjudice
00:57:15vous avez
00:57:15de l'image de la famille royale
00:57:16l'image de la famille royale
00:57:17ce qui d'ailleurs explique
00:57:18la raison pour laquelle
00:57:20ils sont montés au créneau
00:57:21et ils ont changé de ton au départ
00:57:23il y a une volonté
00:57:24de mettre les choses
00:57:24sous le tapis
00:57:25maintenant c'est de dire
00:57:26on va coopérer avec la police
00:57:27contre notre oncle
00:57:29contre notre frère
00:57:29il y a plusieurs choses
00:57:30d'abord parce que
00:57:31cette affaire a en fait
00:57:32changé la situation
00:57:35traditionnelle de la famille royale
00:57:36dans la mesure où jusque là
00:57:38la famille royale
00:57:38ne parlait pas
00:57:39ne s'expliquait pas
00:57:40don't complain
00:57:40don't explain
00:57:41on n'explique rien
00:57:42et on essaye de réparer
00:57:43ce qu'on peut discrètement
00:57:44il y a plusieurs choses à dire
00:57:46l'arrangement avec
00:57:47Virginia Jouffre
00:57:48c'était que c'était
00:57:50une transaction
00:57:51comme on en fait
00:57:52dans beaucoup
00:57:52de cas d'affaires juridiques
00:57:56où Andrew n'acceptait
00:57:57aucune culpabilité
00:57:58et elle touchait
00:57:59pas mal d'argent
00:58:01c'était
00:58:03le but principal
00:58:04c'était qu'il ne soit pas
00:58:06appelé à un procès quelconque
00:58:09mais dans la famille royale
00:58:12depuis longtemps
00:58:12il y avait
00:58:13d'abord
00:58:14Andrew n'était pas populaire
00:58:15auprès de son frère
00:58:17auprès
00:58:19auprès d'autres membres
00:58:20de la famille royale
00:58:20auprès de son neveu
00:58:22le prince de Galles
00:58:23actuel
00:58:23le prince William
00:58:25et essentiellement
00:58:26c'était pour le faire disparaître
00:58:28mais
00:58:29les
00:58:30alors
00:58:31quand on parle des photos
00:58:32on voit bien
00:58:33je crois que la seule chose
00:58:34qu'on peut dire sur Andrew
00:58:35c'est qu'il n'est pas malin
00:58:36et que par conséquent
00:58:37il a
00:58:39un QI à deux chiffres
00:58:40et vraiment
00:58:41c'est ça le vrai problème
00:58:43c'est qu'il ne s'est pas rendu compte
00:58:44à quel point
00:58:44c'était dangereux pour lui
00:58:46tout comme il ne s'est pas rendu compte
00:58:47à quel point
00:58:48il s'est incriminé
00:58:48dans cette interview
00:58:49il est arrivé
00:58:50je suis un prince
00:58:51sa mère lui a prêté
00:58:52un des grands salons de Buckingham
00:58:54pour installer les caméras
00:58:55de la BBC
00:58:56et
00:58:57mon sens de l'honneur
00:58:58m'a obligé
00:58:58à tout vous dire
00:59:00et ensuite
00:59:00il a menti
00:59:01comme c'est
00:59:01de manière incroyable
00:59:02sur les photos
00:59:04prises de Mandelson
00:59:05dans
00:59:06Peter Mandelson
00:59:08qui on le rappelle
00:59:08est un proche d'Epstein
00:59:11qui a été nommé
00:59:12par Kirstarmer
00:59:13premier ministre
00:59:13donc
00:59:14qui se trouve fragilisé
00:59:15comme ambassadeur
00:59:16à Washington
00:59:17et avant
00:59:17ancien ministre du commerce
00:59:19ancien premier personnage
00:59:20du cabinet
00:59:22de Tony Blair
00:59:24grande figure
00:59:24du parti socialiste
00:59:25du travailiste
00:59:26en Grande-Bretagne
00:59:27commissaire européen
00:59:29j'oubliais le commissaire européen
00:59:30mais bon
00:59:30c'est vraiment
00:59:31qui avait été surnommé
00:59:33à cause de sa capacité
00:59:34à terroriser les gens
00:59:36dont il ne voulait pas
00:59:36qu'il l'embête
00:59:37le prince de l'ombre
00:59:39le prince des ténèbres
00:59:41le prince des ténèbres
00:59:54c'est beaucoup
01:00:00on découvre dans ses documents
01:00:01a longtemps échangé
01:00:02avec Epstein
01:00:04des mails très affectueux
01:00:06alors elle lui demande
01:00:07elle
01:00:07s'il n'a pas 20 000 livres
01:00:09elle dit qu'elle en a
01:00:09urgentement besoin
01:00:10pour payer son loyer
01:00:11voilà ce qu'elle lui dit
01:00:13par exemple
01:00:13dans un mail
01:00:13qu'elle écrit en 2010
01:00:15donc là encore
01:00:15après la condamnation
01:00:16de Jeffrey Epstein
01:00:17je n'ai vraiment pas les mots
01:00:18pour décrire mon amour
01:00:19et ma gratitude
01:00:20pour ta générosité
01:00:21et ta gentillesse
01:00:22je suis à ton service
01:00:23épouse-moi
01:00:24et puis elle tient des propos aussi
01:00:26elle inclut directement
01:00:27ses filles
01:00:27ses deux filles qui à l'époque
01:00:28sont des adolescentes
01:00:30dans les échanges
01:00:32elle parle
01:00:33et je cite
01:00:33de week-end de baise
01:00:35de sa fille Eugénie
01:00:37elle l'écrit directement
01:00:38à Jeffrey Epstein
01:00:39et c'est en ça
01:00:42que toute cette affaire
01:00:43est particulièrement dérangeante
01:00:44aussi pour la couronne britannique
01:00:46pour elle il n'y a aucun
01:00:51retour possible
01:00:52là avec les dernières révélations
01:00:54c'est complètement terminé
01:00:55pour Sarah
01:00:57à un tel point
01:00:58qu'on l'a laissé
01:01:00s'installer dans la maison
01:01:02d'Andrew Royal Lodge
01:01:04qui avait une trentaine de pièces
01:01:05dans le parc
01:01:07du château de Windsor
01:01:09là Andrew est sommé
01:01:11depuis une dizaine de jours
01:01:12de déménager
01:01:13il est parti
01:01:14s'installer dans une autre maison
01:01:16qui appartenait à son père
01:01:18dans le parc de Saint-Dingham
01:01:20mais Sarah Ferguson
01:01:21est priée
01:01:22d'aller voir ailleurs
01:01:23et de ne pas venir s'installer
01:01:24avec son ex-mari
01:01:25donc pour elle
01:01:26il y a vraiment
01:01:28une situation
01:01:30assez incertaine
01:01:31et elle n'a vraiment
01:01:35que ses yeux pour plan
01:01:36et quand on regarde
01:01:37ce qui était écrit
01:01:37dans les mails
01:01:38il semble qu'à un moment
01:01:40elle a eu peur
01:01:41elle voulait couper les points
01:01:42avec Epstein
01:01:43et donc elle avait envoyé
01:01:45un mot pour dire
01:01:45à cette amie entre nous
01:01:46je ne peux plus rester
01:01:47votre amie
01:01:49Epstein l'a appelé
01:01:50par téléphone
01:01:50et selon les sources
01:01:53en Grande-Bretagne
01:01:53lui a parlé
01:01:54dans une voix
01:01:55qui est digne
01:01:56de celui
01:01:56de l'hector Hannibal
01:01:58de Sinon-Ciladio
01:02:00en disant
01:02:01si jamais
01:02:01vous ne faites pas
01:02:02demi-tour
01:02:03vous ne revenez pas
01:02:04comme avant
01:02:05et vous gardez le contact
01:02:06avec moi
01:02:06et vous allez voir
01:02:07je vais vous
01:02:08pourrir votre vie
01:02:09et ça va être terminé
01:02:10et pour vous
01:02:11et pour votre famille
01:02:12et donc c'est pour ça
01:02:12elle a envoyé cette mère
01:02:13après
01:02:13en disant
01:02:14vous êtes mon frère
01:02:16épousez-moi
01:02:18donc elle a été prise
01:02:20dans un piège
01:02:20où elle avait besoin
01:02:21d'argent
01:02:22c'est Jeffrey Epstein
01:02:22qui lui donnait
01:02:23et c'est une somptue dérisoire
01:02:25pour payer son loyer
01:02:26à un tel point
01:02:27qu'elle était obligée
01:02:27de lui demander
01:02:28de donner de l'enjon
01:02:29parce qu'elle n'avait pas
01:02:29elle dépensait de l'enjon
01:02:31à peu près partout
01:02:31mais elle arrivait
01:02:32à économiser rien
01:02:34donc la seule chose
01:02:35qu'on peut dire aujourd'hui
01:02:35par rapport à Sarah Ferguson
01:02:37c'est qu'elle a tout perdu
01:02:39mais il y a des rumeurs
01:02:41qu'elle est en train
01:02:41de chercher un éditeur
01:02:42pour écrire un livre
01:02:43et pour tout révéler
01:02:44et sur l'affaire Epstein
01:02:46embrasser et raconter tout
01:02:47qui peut porter
01:02:48des préjudices
01:02:50et sur la famille royale
01:02:51s'il raconte
01:02:52tout ce qu'elle sait
01:02:53sur l'affaire Epstein
01:02:54mais il faut qu'elle fasse
01:02:55attention aussi
01:02:56parce qu'elle est impliquée
01:02:57dans cette affaire
01:02:58avec lui
01:02:58et donc il y a d'autres personnes
01:03:00qui sont capables
01:03:01de dénoncer ce qu'elle dit
01:03:02en disant
01:03:02elle aussi
01:03:03elle était partie prise
01:03:05avec Jeffrey Epstein
01:03:05comme son ex-mari
01:03:07donc encore un livre
01:03:09révélation
01:03:10contre la famille royale
01:03:12je parle
01:03:12du précédent livre
01:03:14qui avait fait très mal
01:03:15à la famille royale
01:03:16du prince Harry
01:03:17il y a Hollywood aussi
01:03:18qui est concerné
01:03:20dans cette affaire
01:03:20et on va aller retrouver
01:03:22Henri Arnaud
01:03:23notre journaliste
01:03:24à Los Angeles
01:03:25puisqu'une française
01:03:27affirme avoir été victime
01:03:29d'agressions sexuelles
01:03:30Henri
01:03:30de la part du producteur américain
01:03:32Steve Teich
01:03:33qui est un producteur
01:03:35extrêmement connu
01:03:37et elle explique
01:03:39que c'est
01:03:40Jeffrey Epstein
01:03:42qui la mettait
01:03:43en relation
01:03:44notamment avec
01:03:45ce producteur
01:03:47Oui Julie
01:03:48c'est ce qui est impressionnant
01:03:49ici aussi
01:03:50à Los Angeles
01:03:51dans l'industrie
01:03:52d'Hollywood
01:03:53on a l'impression
01:03:53que chaque jour
01:03:55arrive avec son lot
01:03:56de révélations
01:03:57sur l'affaire Epstein
01:03:59aujourd'hui ce producteur
01:04:00pour vous donner du contexte
01:04:01en 1976
01:04:03Steve Teich
01:04:04qui est un multimilliardaire
01:04:05il vaut 21 milliards de dollars
01:04:08il a produit en 1976
01:04:10un film qui s'appelait
01:04:11Risky Business
01:04:12et c'est tout simplement
01:04:13le film qui avait lancé
01:04:15la carrière de Tom Cruise
01:04:17il a eu un Oscar
01:04:18quelques temps plus tard
01:04:19pour le film
01:04:20Forrest Gump
01:04:21avec Tom Hanks
01:04:22donc ça vous explique
01:04:23un petit peu
01:04:23l'importance
01:04:24de Steve Teich
01:04:25qu'on voit à l'écran
01:04:26et qui littéralement
01:04:27était un proche
01:04:28de Jeffrey Epstein
01:04:29puisque son nom
01:04:30apparaît à plus de 400 reprises
01:04:32dans les documents
01:04:33qui sont sortis récemment
01:04:35dans un de ces documents
01:04:37il demande même
01:04:38à Jeffrey Epstein
01:04:39de lui trouver
01:04:40je le dis en français
01:04:41des travailleuses du sexe
01:04:43alors après
01:04:44il s'est excusé
01:04:45il a dit qu'il n'avait pas
01:04:47ce genre de relation
01:04:48qu'il n'était pas
01:04:49très très proche
01:04:50de Jeffrey Epstein
01:04:51qu'il plaisantait
01:04:52avec lui dans ses échanges
01:04:54de email
01:04:54bref
01:04:55le mal était fait
01:04:56aujourd'hui
01:04:56on se demande également
01:04:57comment Steve Teich
01:04:58peut s'en sortir
01:04:59à Hollywood
01:05:00mais encore une fois
01:05:01pour ce multimilliardaire
01:05:03il est aussi le patron
01:05:04de l'équipe de foot américain
01:05:06de New York
01:05:06les Giants
01:05:07c'est une toute autre histoire
01:05:09qui va certainement
01:05:10se dérouler
01:05:11dans les prochains jours
01:05:12je suis persuadé
01:05:13qu'on est loin
01:05:14d'avoir toutes les ramifications
01:05:15de ses affaires
01:05:16autour de grands producteurs
01:05:18comme lui
01:05:18un grand producteur
01:05:19qui a donc révélé
01:05:20ce que vous disiez
01:05:21Tom Cruise
01:05:22producteur également
01:05:23de Forrest Gump
01:05:26d'American History X
01:05:27de grands films
01:05:28comme ça
01:05:29c'est une figure d'Hollywood
01:05:31vous souhaitez intervenir
01:05:32Anna-Elisabeth Moutet ?
01:05:33écoutez oui
01:05:33parce qu'il y a eu
01:05:35tout un scandale
01:05:36à Hollywood
01:05:36au sujet de ce qu'on appelle
01:05:38une madame
01:05:38ce qui veut dire
01:05:39une proxénète
01:05:40qui s'appelait Heidi Fleiss
01:05:42et qui fournissait
01:05:43des prostituées
01:05:44à la moitié
01:05:44de Hollywood
01:05:46donc c'est pas comme si
01:05:47c'était quelque chose
01:05:48de complètement inconnu
01:05:49dans le milieu de Hollywood
01:05:50je peux nommer
01:05:51deux vedettes américaines
01:05:52parce que
01:05:53de grandes stars américaines
01:05:54qui disaient
01:05:55je voudrais voir des filles
01:05:56quand elles venaient
01:05:57à Paris
01:05:58parce que j'ai rencontré
01:05:59des gens
01:06:01des équipes
01:06:01des compagnies de cinéma
01:06:03c'était des studios
01:06:04à l'époque
01:06:05français
01:06:05qui vont en général
01:06:06dire
01:06:06écoutez non ça
01:06:07on sait pas ce qu'on fait
01:06:08mais c'était
01:06:09Eddie Murphy
01:06:10et Robert De Nureau
01:06:10c'est assez connu
01:06:11c'est je voudrais voir des filles
01:06:12dans ma chambre au crayon
01:06:13ou dans ma suite au crayon
01:06:14c'est malgré tout
01:06:15dans la mesure
01:06:16où un film
01:06:17peut réussir
01:06:18ou rater
01:06:18suivant ce qu'on appelle
01:06:20de talent
01:06:20et qui est la star
01:06:22qui fait venir les gens
01:06:23donc qui fait réussir le film
01:06:24et que
01:06:26ces gens sont
01:06:27enfin un film
01:06:28ça coûte entre 500 millions
01:06:29et un milliard de dollars
01:06:30avec ce genre d'acteurs
01:06:32et bien
01:06:33on leur passe tout
01:06:34le talent a toujours raison
01:06:35the talent
01:06:35les stars ont toujours raison
01:06:37et on se débrouillait
01:06:38alors à partir du moment
01:06:39où les stars demandaient
01:06:40que les producteurs
01:06:41de temps en temps
01:06:41se soient dit que ça arrive
01:06:42ça ne me surprend pas
01:06:43c'est affligeant
01:06:44mais ça n'est pas surprenant
01:06:45donc en l'occurrence
01:06:47c'est Jeffrey Epstein
01:06:48qui lui fournissait des filles
01:06:49je pense qu'il n'y avait pas
01:06:50que Jeffrey Epstein
01:06:51et je pense aussi
01:06:52que ce n'était pas nécessairement
01:06:53des filles mineures
01:06:54ni des filles
01:06:55qui ne savaient pas
01:06:55ce qui les attendait
01:06:57Heidi Fleiss
01:06:58elle a écrit ses mémoires
01:07:00c'est une fille intelligente
01:07:02elle continue à parler
01:07:03parfois en l'interview
01:07:04elle n'a pas disparu
01:07:06et si vous voulez savoir
01:07:07comment se passe
01:07:09ce genre de choses
01:07:10à Hollywood
01:07:10vous verrez que ce n'est pas
01:07:11une surprise
01:07:11et j'ajoute que ce n'est pas
01:07:12une surprise
01:07:13depuis le début du cinéma
01:07:14il y a eu des scandales
01:07:15dès les années 20
01:07:15dans ce genre
01:07:16mais dans ce cas précis
01:07:17de Steve T
01:07:18chez Epstein
01:07:18là encore
01:07:19quel était l'intérêt
01:07:21pour Jeffrey Epstein
01:07:22c'était toujours
01:07:24sa volonté de se faire
01:07:25le réseau
01:07:26le plus prestigieux
01:07:27le plus people possible
01:07:30Ulysse
01:07:31oui bien sûr
01:07:32avec les puissants
01:07:33et les célébrités
01:07:36et ça lui permettait
01:07:38de faire valoir
01:07:38ce réseau
01:07:39auprès de personnalités
01:07:40du monde entier
01:07:41il y a
01:07:42Hollywood
01:07:43on en parle
01:07:43avec des acteurs
01:07:45et des producteurs célèbres
01:07:46mais il y a aussi
01:07:46le cas de Steve Bannon
01:07:47qui est
01:07:48vous savez
01:07:49l'ange noir
01:07:50ou l'âme damnée
01:07:51de Donald Trump
01:07:53qui a fait de la prison
01:07:55d'ailleurs
01:07:55qui a été
01:07:56quasiment gracié
01:07:57par Donald Trump
01:07:59et qui avait eu
01:08:00comme Jacques Lang
01:08:01l'idée de faire
01:08:02un documentaire
01:08:03non pas sur Jacques Lang
01:08:04mais sur
01:08:05Jeffrey Epstein
01:08:06pour le réhabiliter
01:08:07d'une certaine manière
01:08:08après sa condamnation
01:08:09de 2008
01:08:09oui
01:08:09et ils ont entretenu
01:08:12quasiment jusqu'à sa mort
01:08:13des relations
01:08:14qui sont aujourd'hui
01:08:15révélées dans les mails
01:08:16et Steve Bannon
01:08:17c'est pas n'importe qui
01:08:18c'est une des figures
01:08:19conservatrices
01:08:19du mouvement MAGA
01:08:20il a un des podcasts
01:08:22les plus populaires
01:08:22des Etats-Unis
01:08:23chez les conservateurs
01:08:24il est toujours
01:08:25de temps en temps
01:08:26en ligne
01:08:26avec Donald Trump
01:08:27et il intervient
01:08:29dans les grands
01:08:30meetings républicains
01:08:31et donc
01:08:31on se rend compte
01:08:32que Jeffrey Epstein
01:08:34pour ce documentaire
01:08:36qu'il est en train d'analyser
01:08:36avait passé
01:08:37plus de 50 heures
01:08:38avec lui
01:08:39où il a quasiment
01:08:39tout raconté
01:08:40et lui a offré
01:08:41des cadeaux
01:08:42des montres
01:08:43pour lui
01:08:43et pour son fils
01:08:44l'emmener dans son jet
01:08:45pour voyager
01:08:45et Steve Bannon
01:08:47était un politicien
01:08:50extrêmement habile
01:08:51qui avait comme idée
01:08:53de convaincre
01:08:54les dirigeants
01:08:55européens
01:08:56extrêmes
01:08:57conservateurs
01:08:58notamment en France
01:08:59le Front National
01:09:00ou en Grande-Bretagne
01:09:01ou en Allemagne
01:09:02de gagner les élections
01:09:04en Europe
01:09:04pour renverser
01:09:05la tendance
01:09:06et qui payait
01:09:07l'avion
01:09:08de Steve Bannon
01:09:09pour aller en Europe
01:09:10accomplir ses missions
01:09:11de propagande
01:09:13ou d'évangélisation
01:09:15et c'était
01:09:16Jeffrey Epstein
01:09:17donc si vous voulez
01:09:18on voit qu'il était capable
01:09:20de tout
01:09:20Jeffrey Epstein
01:09:21du pire
01:09:23donc on l'a vu
01:09:23avec les affaires sexuelles
01:09:25mais aussi
01:09:25des manœuvres
01:09:26de communication
01:09:28extrêmement poussées
01:09:29au point
01:09:30donc
01:09:31de financer
01:09:32des hommes
01:09:33qui avaient
01:09:33des visions politiques
01:09:34et qui lui permettaient
01:09:35encore une fois
01:09:36d'étendre son réseau
01:09:37donc vous me demandez
01:09:38pourquoi
01:09:38tout simplement
01:09:39parce que c'est grâce
01:09:40à ces relations-là
01:09:41qu'il était un homme puissant
01:09:42et peut-être
01:09:43respecté par certains
01:09:45et craint par beaucoup d'autres
01:09:46et avec
01:09:47les appareils photos
01:09:48ou les caméras vidéo
01:09:49qui étaient disposés
01:09:51dans ses appartements
01:09:52et ses résidences privées
01:09:53et bien il y avait certainement
01:09:54des moyens de convaincre
01:09:55ceux qui voulaient éventuellement parler
01:09:56et j'ajusterai juste une chose
01:09:58à ce que Ulis dit
01:10:00c'est que quand vous rentrez
01:10:01dans l'appartement
01:10:02de Jeffrey Epstein à Paris
01:10:03par exemple
01:10:04vous voyez
01:10:04sous le mur
01:10:05des photos de lui
01:10:05à côté
01:10:06des chefs d'État
01:10:07des vedettes d'Hollywood
01:10:08il y a même le pape
01:10:10je crois en photo
01:10:10dans son appartement
01:10:13deux raisons
01:10:13la première raison
01:10:14c'est pour impressionner
01:10:16les gens qui viennent là-dedans
01:10:17regardez moi
01:10:18je connais le gota du monde
01:10:19je connais tout le monde
01:10:20donc vous aussi
01:10:21vous soyez mon ami
01:10:22vous soyez avec moi
01:10:23vous pouvez rentrer dans ce monde
01:10:25aussi
01:10:25mais pour une deuxième raison
01:10:27c'est que je connais
01:10:27tous ces mondes
01:10:28donc méfiez-vous
01:10:29parce que ça peut
01:10:30se retourner contre vous
01:10:31donc vous avez besoin de faire
01:10:33vous avez hâte à faire
01:10:34ce que je veux
01:10:35parce que moi
01:10:35je connais beaucoup de monde
01:10:36que vous ne connaissez pas
01:10:37et si vous ne faites pas
01:10:38ce que je veux
01:10:39ça peut se retourner contre vous
01:10:40On n'en est qu'au début
01:10:43Laurent Valdiguier
01:10:44on a l'impression
01:10:44d'une déflagration
01:10:46chaque jour
01:10:47de nouveaux visages
01:10:48qui sortent
01:10:49ça va continuer encore
01:10:51des jours et des jours
01:10:52La jeune française
01:10:53qu'on appelle Maldica
01:10:55qui a été entendue
01:10:55par les policiers
01:10:56dans le cadre
01:10:56de l'affaire Brunel
01:10:57les policiers
01:10:58c'est un procès verbal
01:11:00qui fait 32 pages
01:11:01Brunel l'agent de mannequin
01:11:03on sent que les policiers français
01:11:04ici en 2022
01:11:07Epstein il est mort
01:11:08depuis 2019
01:11:09donc c'est plus vraiment
01:11:10un enjeu
01:11:10puis les policiers
01:11:11ils enquêtent pas vraiment
01:11:12sur Epstein
01:11:12il est mort
01:11:13mais on les sent
01:11:14à la lecture
01:11:15de ce procès verbal
01:11:16un peu dépassés
01:11:17par tout ce qu'elle leur raconte
01:11:19d'ailleurs elle est allée
01:11:20sur l'île
01:11:20elle est allée 5 fois
01:11:22sur l'île
01:11:23elle raconte un peu l'île
01:11:25on sent des fois
01:11:26que les policiers
01:11:26oublient de lui poser
01:11:27des questions du genre
01:11:29mais il y avait qui d'autre
01:11:29sur l'île
01:11:31elle raconte des viols
01:11:32dans l'avion
01:11:32c'est un peu
01:11:33un concentré
01:11:35de tout ce qu'on vient
01:11:36de dire là
01:11:37et ce que dit
01:11:38raconté Ulysse
01:11:39tout à l'heure
01:11:39est totalement juste
01:11:41on sent bien
01:11:42dans l'autopsie
01:11:43de ce réseau
01:11:44parce que c'est l'autopsie
01:11:45d'un réseau
01:11:45puisqu'on a toute
01:11:46la boîte noire du réseau
01:11:47avec tous ces mails
01:11:49on sent bien
01:11:50que tout est lié
01:11:51il n'y a pas d'un côté
01:11:53vous savez Epstein
01:11:53des fois on en parle
01:11:55comme dans le volet sexuel
01:11:56c'est pas un prédacteur
01:11:57on a connu
01:11:58le score neck
01:11:58vous savez
01:11:59il y a quelque temps
01:11:59je lui ai dit
01:12:00un médecin
01:12:01qui avait violé
01:12:02800 personnes
01:12:02c'est pas seulement ça
01:12:05c'est pas seulement
01:12:06un pédophile
01:12:06ou quelqu'un
01:12:07qui manipulait les femmes
01:12:08ou qui avait
01:12:09à domicile à Paris
01:12:10pendant au moins 3 ans
01:12:11une esclave sexuelle
01:12:12violée à 2 ou 3 reprises
01:12:14elle dit par jour
01:12:15quand il était là
01:12:162 ou 3 par jour
01:12:17c'est pas seulement ça
01:12:18tout ça est imbriqué
01:12:20c'est ça qu'on découvre
01:12:23que en réalité
01:12:24tout est lié
01:12:25l'argent
01:12:26le pouvoir
01:12:26les femmes
01:12:27le sexe
01:12:28le monde entier
01:12:28qui découvre donc
01:12:29l'ampleur du réseau
01:12:30développé par ce multimillionnaire
01:12:32et criminel sexuel
01:12:35des politiques
01:12:36des diplomates
01:12:37des hommes d'affaires
01:12:39et si beaucoup
01:12:40n'étaient que de vagues connaissances
01:12:41on en a parlé
01:12:42d'autres auraient donc
01:12:43entretenu des relations
01:12:44beaucoup plus suivies
01:12:46d'autres
Commentaires

Recommandations