00:00Annalisa Capellini, Marco Rubio, le secrétaire d'État américain, était à Boudapest hier pour apporter le soutien de Washington au
00:06Premier ministre Victor Orban.
00:07On est deux mois avant les élections, mais même avec la pluie de la Maison Blanche, ça risque d'être
00:11insuffisant pour Orban.
00:12Oui, en effet, Donald Trump essaye d'appliquer à la Hongrie la formule qu'il a testée en Argentine il
00:17y a quelques mois.
00:17Vous vous rappelez, il avait promis à Buenos Aires le soutien américain si et seulement si son allié Xavier Milley
00:23remportait les élections.
00:25Là, en effet, c'est Marco Rubio qui se charge d'apporter la voix de Donald Trump et son soutien
00:30à celui qui est peut-être son plus fidèle allié européen.
00:32Écoutez ce qu'il disait hier.
00:35Le président Trump est profondément attaché à votre réussite, car votre réussite est notre réussite.
00:40La relation que nous avons ici en Europe centrale, grâce à vous, est essentielle, vitale pour nos intérêts nationaux.
00:47Alors, juste après, Marco Rubio a même rajouté que c'est dans l'intérêt national des États-Unis que la
00:52Hongrie soit prospère tant que Orban est à la tête du pays.
00:56Sauf que ce n'est pas sûr que cette fois-ci, le soutien de Donald Trump ait un poids à
01:00quelconque sur l'élection, puisqu'il y a des raisons économiques très profondes.
01:04Les Hongrois ont vu leur pays se dégrader ces dernières années.
01:06La croissance n'est pas à la hauteur.
01:08On parle d'une croissance de 0,4% en 2025.
01:12La demande intérieure, elle aussi, est en berne.
01:13L'inflation est encore plutôt forte et l'agriculture et l'industrie, en particulier l'industrie auto, souffrent beaucoup.
01:20Donc, les Hongrois voient bien que les promesses ne sont pas tenues.
01:23Et donc, ils pourraient se dire qu'après ces ans, il est le temps de changer du règne d'Orban.
01:29D'ailleurs, Orban, qui est aujourd'hui le chef de gouvernement, qui est en poste depuis le plus longtemps en
01:33Europe.
01:34Ça fait depuis 2001.
01:35Situation économique compliquée pour Orban.
01:37Les sondages sont mauvais.
01:38Oui, effectivement.
01:39C'est la première fois qu'il commence à s'inquiéter depuis son arrivée au pouvoir.
01:44Il y a un opposant, Peter Maguiar, qui est de droite modérée, qui en avance pour l'instant.
01:47Dans tous les sondages, il est crédité de 47% des intentions de vote contre un peu plus de 40
01:52% pour Orban.
01:53Et là, en fait, vous avez deux visions opposées du pays.
01:57Celle de Peter Maguiar, qui fait campagne sur le coût de la vie, sur la situation économique,
02:01sur les services publics qui se dégradent.
02:02Bref, sur des sujets internes, des sujets du quotidien.
02:05Et Orban, lui, qui se concentre sur la situation dans le monde.
02:09Il dit que, dans un contexte compliqué au niveau mondial, avec la guerre au port de l'Europe,
02:13avec des prédateurs, des empires qui s'affrontent,
02:16eh bien, lui est le seul choix sûr.
02:18D'ailleurs, le choix sûr, c'est le slogan de Fides, le parti de Viktor Orban.
02:22Il faut dire que Viktor Orban, il se présente comme le médiateur du monde entre Poutine et Donald Trump.
02:26Oui, c'est un peu le seul qui puisse parler en même temps à Poutine et à Trump.
02:30Il le sait, il s'appuie là-dessus.
02:32D'ailleurs, il dit que cette position-là, c'est celle qui lui permet d'avoir plus de liberté dans
02:37la politique énergétique de la Hongrie.
02:40Le pays, tout comme la Slovaquie, bénéficie d'une dérogation de la part de Donald Trump.
02:43Ils ont encore le droit d'acheter du pétrole russe à bas coût,
02:47alors que pour Donald Trump, c'était quand même une ligne rouge.
02:49Sauf que tout ça, vous voyez bien, ce sont des promesses politiques.
02:52On ne sait pas jusque quand Donald Trump va tolérer que son allié achète encore du pétrole russe.
02:57Tout ça reste assez fumeux, alors que les Hongrois, eux, ils ont besoin de voir des résultats concrets sur l
03:02'économie.
03:03Le Monde qui bouge, t'as retrouvé en replay et en podcast sur l'application BFM Business.
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