00:00En réalité, ce qui se passe, c'est que votre changement climatique, vous n'avez aucun moyen fondamental de savoir
00:06que vous allez vous arrêter à 4 degrés en France.
00:08C'est pour ça que dimensionner ça autour du 4 degrés, c'est prendre un énorme risque,
00:12et c'est prendre un énorme risque qui est sous-entendu par une interprétation rapide des résultats du GIEC,
00:17c'est-à-dire que la vérité réelle du monde serait la médiane de tous les modèles.
00:20Ce qui n'est pas le cas, ce sera un seul modèle qui sera bon, ou même aucun de ces
00:23modèles-là.
00:30Il y a trois choses qu'on dit très rarement sur le changement climatique et qui me semblent pour moi
00:35fondamentales,
00:36et je vais essayer de les définir avec les figures du Haut conseil pour le climat qui ont été reprises
00:41dans le livre et magnifiquement réillustrées.
00:44Donc ici, vous avez le premier élément, c'est une figure qui reprend les trois scénarios que je vous ai
00:48introduits,
00:48le scénario bleu qui est le scénario du Qua-Cord de Paris, le scénario intermédiaire qui est le scénario France
00:544 degrés, ainsi que le scénario rouge.
00:56Et la première chose à comprendre, c'est que le changement climatique a un caractère irréversible.
01:00On arrête, pour aller très vite, on arrête les émissions de gaz à effet de serre demain,
01:04on reste à une élévation de la température de l'ordre de 1,3, 1,4 dans le monde et
01:08de l'ordre de 1,7 en France.
01:10C'est ce que vous voyez sur cette figure-là, où en fait, en 2022, on est jaune dans les
01:15climate stream
01:16et on reste jaune même dans le scénario de forte baisse des émissions.
01:19Et vous voyez du coup les ordres de grandeur que je vous ai introduits un peu en avant,
01:24la France 4 degrés dans le orange et la France 6, 6 degrés sur le scénario de forte émission.
01:31L'autre chose importante à comprendre, c'est que le changement climatique n'est pas,
01:35enfin le climat n'est pas un système linéaire.
01:38C'est-à-dire que plus vous mettez de CO2 dans l'atmosphère, plus la température va augmenter entre deux
01:42seuils.
01:43Mais le climat marche par dépassement de seuil.
01:46C'est-à-dire que vous avez des systèmes comme le permafrost, c'est-à-dire, bon, le permafrost, je
01:50pense que vous connaissez,
01:51c'est un sol gelé que vous avez au Canada et en Russie qui contient du méthane.
01:55Lorsqu'ils font, ils libèrent ce méthane.
01:56Ce méthane est un gaz à effet de serre qui provoque lui-même directement une élévation de la température
02:03qui va faire fondre encore plus rapidement ce permafrost-là.
02:06Et donc, c'est ce qu'on voit par exemple sur cette deuxième figure du Haut Conseil pour le climat
02:10qui a été remis dans le livre, c'est l'élévation du niveau de la mer que vous avez ici.
02:13On retrouve nos trois scénarios.
02:15Vous voyez que dans tous les scénarios, l'élévation du niveau de la mer continue à augmenter.
02:19Pourquoi ? Parce qu'en réalité, la principale dynamique qui va provoquer l'élévation du niveau de la mer aujourd
02:24'hui,
02:24c'est la dilatation thermique.
02:26La dilatation thermique, ça signifie qu'en réalité, votre eau, elle gonfle quand elle chauffe
02:30et les courants marins vont l'emporter irrémédiablement au fond.
02:33Et donc, en fait, vous avez en permanence une pellicule d'eau froide à la surface de l'océan
02:38et cette pellicule d'eau froide va gonfler elle aussi.
02:40Et donc, en fait, c'est l'intégralité du volume des océans qui va gonfler de façon assez significative
02:45et non pas simplement la pellicule superficielle en contact avec l'atmosphère directe.
02:50Et donc, en fait, en réalité, même si on arrête demain matin les émissions de gaz à effet de serre,
02:54les dynamiques d'élévation du niveau de la mer, elles sont parties pour plusieurs siècles.
02:57Et vous voyez aussi le scénario qui m'intéresse.
03:00Vous voyez que du coup, sur ces dynamiques d'élévation du niveau de la mer,
03:03on arrive dans un scénario de forte émission à 80 centimètres d'élévation du niveau de la mer.
03:0980 centimètres ou un mètre plutôt d'élévation du niveau de la mer,
03:12c'est 1,5 million de logements qui sont menacés en France,
03:15qui sont en zone inondable dans ces conditions,
03:17notamment des villes comme Bordeaux, des villes comme La Rochelle ou des villes comme Calais.
03:21Et ce qui est important, c'est le scénario que vous avez en orange.
03:24Le scénario que vous avez en orange, du coup, en haut,
03:28scénario à faible probabilité fort impact, c'est quelque chose d'assez fondamental à comprendre.
03:32C'est qu'en fait, dans les modèles du GIEC, il y a un biais.
03:35Et dans les modèles du GIEC, en fait, ce qu'on vous présente dans les résumés aux décideurs,
03:38c'est une médiane de plein d'autres modèles climatiques.
03:41Et donc, cette construction par médiane va de fait simplifier,
03:45enlever les valeurs extrêmes et notamment les valeurs de point de bascule.
03:49Ici, ce scénario-là, c'est une désintégration d'une partie de l'Antarctique de l'Ouest
03:52qui ferait doubler l'élévation du niveau de la mer.
03:55Et donc, en réalité, se dimensionner pour le risque sur les valeurs du scénario de gaz à effet de serre
04:03le plus important,
04:03ce n'est pas forcément la meilleure idée.
04:05Il faut voir aussi les modèles qui sont les plus pessimistes, en tout cas pour dimensionner autour du risque.
04:15Si je vous donne un petit élément, ça, c'était un papier qui était sorti dans Nature il y a
04:19un petit moment.
04:20Et vous avez, en fait, sur le cartouche de droite, de gauche, pardon, le Mean Peak Temperature in the Window.
04:26Donc, en gros, c'est l'élévation du niveau de la température.
04:29Vous avez ça entre 1,6 et 3 degrés.
04:32Et vous avez 3, 4 systèmes de point de bascule.
04:37Le Amazon Rainforest, c'est-à-dire la savanisation d'une partie de l'Amazonie,
04:41c'est-à-dire qu'en fait, le changement climatique détruit les fruits de carbone en tant que tels.
04:44Le retournement de la MOC, West Antarctic Ice Sheet, donc la désintégration de l'Antarctique de l'Ouest,
04:52et une partie du Groenland.
04:54Et vous voyez, en fait, la probabilité de déclenchement de ces points de bascule selon les modèles.
04:58Et vous voyez qu'au-dessus de 2 degrés, d'après cette étude-là, il y a des fortes probabilités.
05:05Donc, c'est la dérivée de la probabilité.
05:06C'est Increase of Typing Risk.
05:08Donc, c'est le pourcentage de déclenchement de la probabilité par un crément de réchauffement de 0 à 1 degré.
05:15Et donc, vous voyez qu'au-dessus de 2 degrés, en fait, il y a des fortes possibilités pour déclencher
05:20une partie de la savanisation de l'Amazonie.
05:26Et donc, en réalité, ce qui se passe, c'est que votre changement climatique,
05:29vous n'avez aucun moyen fondamental de savoir que vous allez vous arrêter à 4 degrés en France.
05:34C'est pour ça que dimensionner ça autour du 4 degrés, c'est prendre un énorme risque.
05:39Et c'est prendre un énorme risque qui est sous-entendu par une interprétation rapide des résultats du GIEC.
05:43C'est-à-dire que la vérité réelle du monde serait la médiane de tous les modèles.
05:47Ce qui n'est pas le cas.
05:47Ce sera un seul modèle qui sera bon ou même aucun de ces modèles-là.
05:51Et donc, c'est pour ça que cette question du dépassement de l'essai sous le 2 degré est si
05:55importante.
05:55Vous voyez que si on reste sous le 2 degré, on a quand même des probabilités de déclenchement des points
05:59de bascule qui restent assez faibles.
06:01Et ça, c'est écrit dans les rapports du GIEC.
06:02Et c'est pour ça que l'objectif 2 degrés a été voté, défini lors de l'accord de Paris
06:07et lors de la COP de Copenhague avant.
06:10Et autre chose fondamentale, c'est qu'en fait, toutes nos infrastructures, absolument toutes,
06:16elles sont dimensionnées sur des conditions climatiques passées.
06:19C'est-à-dire que si je prends une usine, elle a une durée de vie, on va dire, elle
06:23a amorti sur 20 à 50 ans.
06:24Sauf qu'elle a été dimensionnée sur des conditions climatiques passées.
06:27Même chose pour les habitations.
06:28Or, vu que le changement climatique est irréversible, à aucun moment ces infrastructures ne sont dimensionnées correctement.
06:35Il faut que toutes les nouvelles infrastructures soient dimensionnées sur des conditions climatiques futures
06:40et des conditions climatiques futures sur lesquelles il y a de l'incertitude.
06:43Donc ça, c'est un défi absolument immense.
06:45Et donc face à ça, on se retrouve avec un plan national d'adaptation dont vous pouvez apprécier le sous
06:51-titre.
06:51Vivre à 4 degrés sans point d'interrogation et également comprendre que ce plan-là était un plan sans boussole
06:59et sans moyens.
06:59C'est-à-dire qu'il prend naissance dans un contexte d'austérité budgétaire et donc de dette financière qui
07:05prend le pas sur la dette écologique.
07:07Sachant qu'il n'y a pas de dette écologique comme vous pouvez, je l'ai pu vous montrer juste
07:11avant.
07:11Il a une destruction irréversible d'une partie des conditions d'habitabilité de notre pays.
07:15Et donc en réalité, également prendre cette hypothèse de 4 degrés, c'est en fait tolérer, implicitement prendre comme hypothèse
07:25un réchauffement planétaire à 3.
07:27Et donc ça revient à assumer qu'on va laisser une partie en dehors de la France complètement invivable
07:31et provoquer des millions et voire des milliards de personnes déplacées sous les effets du réchauffement climatique.
07:37Donc ça, ça va aussi dans un contexte de fort égoïsme occidental.
07:41Donc on va faire ça dans notre coin et on va voir pour les autres, ils se débrouilleront.
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