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Dans cette vidéo Ilian Moundib ingénieur en stratégie de résilience climatique consultant et conférencier expert des risques du changement climatique analyse avec précision les dynamiques irréversibles du réchauffement planétaire et ce que cela implique pour nos sociétés.
Ilian Moundib, également auteur de l’essai graphique S’adapter Fake or Not et enseignant pour la plateforme Sator décortique pourquoi les scénarios à +4°C ne sont pas simplement des projections mais des réalités qui redessinent notre futur collectif. À partir des modèles du Haut Conseil pour le climat il met en lumière les mécanismes de points de bascule dilatation thermique montée des eaux et la nécessité de repenser l’adaptation des infrastructures et des politiques publiques.
Cette intervention s’adresse à tous ceux qui veulent comprendre les enjeux climatiques actuels et futurs.

#climat #mounlib #adaptation #résilience #écologie

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00En réalité, ce qui se passe, c'est que votre changement climatique, vous n'avez aucun moyen fondamental de savoir
00:06que vous allez vous arrêter à 4 degrés en France.
00:08C'est pour ça que dimensionner ça autour du 4 degrés, c'est prendre un énorme risque,
00:12et c'est prendre un énorme risque qui est sous-entendu par une interprétation rapide des résultats du GIEC,
00:17c'est-à-dire que la vérité réelle du monde serait la médiane de tous les modèles.
00:20Ce qui n'est pas le cas, ce sera un seul modèle qui sera bon, ou même aucun de ces
00:23modèles-là.
00:30Il y a trois choses qu'on dit très rarement sur le changement climatique et qui me semblent pour moi
00:35fondamentales,
00:36et je vais essayer de les définir avec les figures du Haut conseil pour le climat qui ont été reprises
00:41dans le livre et magnifiquement réillustrées.
00:44Donc ici, vous avez le premier élément, c'est une figure qui reprend les trois scénarios que je vous ai
00:48introduits,
00:48le scénario bleu qui est le scénario du Qua-Cord de Paris, le scénario intermédiaire qui est le scénario France
00:544 degrés, ainsi que le scénario rouge.
00:56Et la première chose à comprendre, c'est que le changement climatique a un caractère irréversible.
01:00On arrête, pour aller très vite, on arrête les émissions de gaz à effet de serre demain,
01:04on reste à une élévation de la température de l'ordre de 1,3, 1,4 dans le monde et
01:08de l'ordre de 1,7 en France.
01:10C'est ce que vous voyez sur cette figure-là, où en fait, en 2022, on est jaune dans les
01:15climate stream
01:16et on reste jaune même dans le scénario de forte baisse des émissions.
01:19Et vous voyez du coup les ordres de grandeur que je vous ai introduits un peu en avant,
01:24la France 4 degrés dans le orange et la France 6, 6 degrés sur le scénario de forte émission.
01:31L'autre chose importante à comprendre, c'est que le changement climatique n'est pas,
01:35enfin le climat n'est pas un système linéaire.
01:38C'est-à-dire que plus vous mettez de CO2 dans l'atmosphère, plus la température va augmenter entre deux
01:42seuils.
01:43Mais le climat marche par dépassement de seuil.
01:46C'est-à-dire que vous avez des systèmes comme le permafrost, c'est-à-dire, bon, le permafrost, je
01:50pense que vous connaissez,
01:51c'est un sol gelé que vous avez au Canada et en Russie qui contient du méthane.
01:55Lorsqu'ils font, ils libèrent ce méthane.
01:56Ce méthane est un gaz à effet de serre qui provoque lui-même directement une élévation de la température
02:03qui va faire fondre encore plus rapidement ce permafrost-là.
02:06Et donc, c'est ce qu'on voit par exemple sur cette deuxième figure du Haut Conseil pour le climat
02:10qui a été remis dans le livre, c'est l'élévation du niveau de la mer que vous avez ici.
02:13On retrouve nos trois scénarios.
02:15Vous voyez que dans tous les scénarios, l'élévation du niveau de la mer continue à augmenter.
02:19Pourquoi ? Parce qu'en réalité, la principale dynamique qui va provoquer l'élévation du niveau de la mer aujourd
02:24'hui,
02:24c'est la dilatation thermique.
02:26La dilatation thermique, ça signifie qu'en réalité, votre eau, elle gonfle quand elle chauffe
02:30et les courants marins vont l'emporter irrémédiablement au fond.
02:33Et donc, en fait, vous avez en permanence une pellicule d'eau froide à la surface de l'océan
02:38et cette pellicule d'eau froide va gonfler elle aussi.
02:40Et donc, en fait, c'est l'intégralité du volume des océans qui va gonfler de façon assez significative
02:45et non pas simplement la pellicule superficielle en contact avec l'atmosphère directe.
02:50Et donc, en fait, en réalité, même si on arrête demain matin les émissions de gaz à effet de serre,
02:54les dynamiques d'élévation du niveau de la mer, elles sont parties pour plusieurs siècles.
02:57Et vous voyez aussi le scénario qui m'intéresse.
03:00Vous voyez que du coup, sur ces dynamiques d'élévation du niveau de la mer,
03:03on arrive dans un scénario de forte émission à 80 centimètres d'élévation du niveau de la mer.
03:0980 centimètres ou un mètre plutôt d'élévation du niveau de la mer,
03:12c'est 1,5 million de logements qui sont menacés en France,
03:15qui sont en zone inondable dans ces conditions,
03:17notamment des villes comme Bordeaux, des villes comme La Rochelle ou des villes comme Calais.
03:21Et ce qui est important, c'est le scénario que vous avez en orange.
03:24Le scénario que vous avez en orange, du coup, en haut,
03:28scénario à faible probabilité fort impact, c'est quelque chose d'assez fondamental à comprendre.
03:32C'est qu'en fait, dans les modèles du GIEC, il y a un biais.
03:35Et dans les modèles du GIEC, en fait, ce qu'on vous présente dans les résumés aux décideurs,
03:38c'est une médiane de plein d'autres modèles climatiques.
03:41Et donc, cette construction par médiane va de fait simplifier,
03:45enlever les valeurs extrêmes et notamment les valeurs de point de bascule.
03:49Ici, ce scénario-là, c'est une désintégration d'une partie de l'Antarctique de l'Ouest
03:52qui ferait doubler l'élévation du niveau de la mer.
03:55Et donc, en réalité, se dimensionner pour le risque sur les valeurs du scénario de gaz à effet de serre
04:03le plus important,
04:03ce n'est pas forcément la meilleure idée.
04:05Il faut voir aussi les modèles qui sont les plus pessimistes, en tout cas pour dimensionner autour du risque.
04:15Si je vous donne un petit élément, ça, c'était un papier qui était sorti dans Nature il y a
04:19un petit moment.
04:20Et vous avez, en fait, sur le cartouche de droite, de gauche, pardon, le Mean Peak Temperature in the Window.
04:26Donc, en gros, c'est l'élévation du niveau de la température.
04:29Vous avez ça entre 1,6 et 3 degrés.
04:32Et vous avez 3, 4 systèmes de point de bascule.
04:37Le Amazon Rainforest, c'est-à-dire la savanisation d'une partie de l'Amazonie,
04:41c'est-à-dire qu'en fait, le changement climatique détruit les fruits de carbone en tant que tels.
04:44Le retournement de la MOC, West Antarctic Ice Sheet, donc la désintégration de l'Antarctique de l'Ouest,
04:52et une partie du Groenland.
04:54Et vous voyez, en fait, la probabilité de déclenchement de ces points de bascule selon les modèles.
04:58Et vous voyez qu'au-dessus de 2 degrés, d'après cette étude-là, il y a des fortes probabilités.
05:05Donc, c'est la dérivée de la probabilité.
05:06C'est Increase of Typing Risk.
05:08Donc, c'est le pourcentage de déclenchement de la probabilité par un crément de réchauffement de 0 à 1 degré.
05:15Et donc, vous voyez qu'au-dessus de 2 degrés, en fait, il y a des fortes possibilités pour déclencher
05:20une partie de la savanisation de l'Amazonie.
05:26Et donc, en réalité, ce qui se passe, c'est que votre changement climatique,
05:29vous n'avez aucun moyen fondamental de savoir que vous allez vous arrêter à 4 degrés en France.
05:34C'est pour ça que dimensionner ça autour du 4 degrés, c'est prendre un énorme risque.
05:39Et c'est prendre un énorme risque qui est sous-entendu par une interprétation rapide des résultats du GIEC.
05:43C'est-à-dire que la vérité réelle du monde serait la médiane de tous les modèles.
05:47Ce qui n'est pas le cas.
05:47Ce sera un seul modèle qui sera bon ou même aucun de ces modèles-là.
05:51Et donc, c'est pour ça que cette question du dépassement de l'essai sous le 2 degré est si
05:55importante.
05:55Vous voyez que si on reste sous le 2 degré, on a quand même des probabilités de déclenchement des points
05:59de bascule qui restent assez faibles.
06:01Et ça, c'est écrit dans les rapports du GIEC.
06:02Et c'est pour ça que l'objectif 2 degrés a été voté, défini lors de l'accord de Paris
06:07et lors de la COP de Copenhague avant.
06:10Et autre chose fondamentale, c'est qu'en fait, toutes nos infrastructures, absolument toutes,
06:16elles sont dimensionnées sur des conditions climatiques passées.
06:19C'est-à-dire que si je prends une usine, elle a une durée de vie, on va dire, elle
06:23a amorti sur 20 à 50 ans.
06:24Sauf qu'elle a été dimensionnée sur des conditions climatiques passées.
06:27Même chose pour les habitations.
06:28Or, vu que le changement climatique est irréversible, à aucun moment ces infrastructures ne sont dimensionnées correctement.
06:35Il faut que toutes les nouvelles infrastructures soient dimensionnées sur des conditions climatiques futures
06:40et des conditions climatiques futures sur lesquelles il y a de l'incertitude.
06:43Donc ça, c'est un défi absolument immense.
06:45Et donc face à ça, on se retrouve avec un plan national d'adaptation dont vous pouvez apprécier le sous
06:51-titre.
06:51Vivre à 4 degrés sans point d'interrogation et également comprendre que ce plan-là était un plan sans boussole
06:59et sans moyens.
06:59C'est-à-dire qu'il prend naissance dans un contexte d'austérité budgétaire et donc de dette financière qui
07:05prend le pas sur la dette écologique.
07:07Sachant qu'il n'y a pas de dette écologique comme vous pouvez, je l'ai pu vous montrer juste
07:11avant.
07:11Il a une destruction irréversible d'une partie des conditions d'habitabilité de notre pays.
07:15Et donc en réalité, également prendre cette hypothèse de 4 degrés, c'est en fait tolérer, implicitement prendre comme hypothèse
07:25un réchauffement planétaire à 3.
07:27Et donc ça revient à assumer qu'on va laisser une partie en dehors de la France complètement invivable
07:31et provoquer des millions et voire des milliards de personnes déplacées sous les effets du réchauffement climatique.
07:37Donc ça, ça va aussi dans un contexte de fort égoïsme occidental.
07:41Donc on va faire ça dans notre coin et on va voir pour les autres, ils se débrouilleront.
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