00:00Des journalistes se sont adressés à un membre de ma famille qui était en grave difficulté.
00:04Et c'est une réalité puisqu'il y a eu des échanges.
00:08Ce membre de la famille a refusé évidemment de les produire, mais je le confirme.
00:13Et ça s'est reproduit encore récemment.
00:15Et ça se passe comment ? Je vais vous dire, M. Saint-Toul, comment ça se passe.
00:18C'est qu'il trouve des contacts, notamment, moi je vois d'un milieu, je ne m'expose pas là
00:23-dessus.
00:24Tout le monde connaît mon parcours, il le déforme, soit il l'embellisse, soit il le dénigre.
00:30C'est comme je disais tout à l'heure, c'est une liberté d'expression sur laquelle je ne suis
00:33jamais opposée.
00:35Parfois, la seule limite, c'est ce que je disais.
00:36Maintenant j'ai un enfant, c'est plus compliqué, je vous le dis.
00:39Je dis simplement la limite de cela, c'est quand on essaye à tout prix, sur des personnes vulnérables ou
00:45fragiles,
00:45et qu'on essaye d'obtenir des choses.
00:47Je trouve que ce n'est plus du journalisme.
00:49Permettez que je puisse évidemment pouvoir le dire.
00:59Je reviens vers vous sur ce qui s'est passé dans cette commission d'enquête il y a une semaine,
01:06le 5 février,
01:08et qu'il est important d'y revenir de manière très solennelle,
01:12car les accusations qui ont été portées contre vous sont loin d'être anodines,
01:18et que s'il y a dans le journalisme un principe important qui est celui du contradictoire,
01:26c'est également le principe de ces commissions d'enquête.
01:30Le 5 février dernier, dans cette commission d'enquête,
01:34Madame Rachida Dati, ministre de la Culture,
01:37vous a accusé sous serment d'avoir tenté de monnayer les services d'une tierce personne,
01:42dont elle n'a pas souhaité révéler l'identité,
01:46pour tirer des renseignements la concernant auprès d'un membre de sa famille,
01:51en vue de la réalisation du numéro de complément d'enquête qui lui était consacré.
01:58Je vous l'ai dit, nous travaillons, et je l'avais rappelé également à la ministre,
02:01dans un cadre extrêmement solennel et extrêmement formel,
02:05encadré par l'ordonnance du 17 novembre 1958.
02:09Madame la ministre a dit les choses suivantes.
02:11Des journalistes se sont adressés à un membre de ma famille,
02:15qui était en grave difficulté,
02:17et c'était une réalité parce qu'il y a eu des échanges.
02:20Ce membre de ma famille a refusé évidemment de les produire,
02:24mais je le confirme.
02:27Quelques minutes après,
02:29elle ajoutait qu'une des limites à la liberté d'expression,
02:31c'est quand on essaye à tout prix sur des personnes vulnérables, fragiles,
02:35qu'on essaye d'obtenir des choses.
02:37Je trouve que ce n'est plus du journalisme.
02:40Permettez que je puisse évidemment pouvoir le dire.
02:43Maintenant, je ne veux pas attraire d'autres personnes à cela.
02:46C'est un constat que j'ai fait,
02:48c'est une réalité que je réaffirme.
02:50Peu après, Madame la ministre a affirmé de nouveau,
02:53en parlant des journalistes de complément d'enquête,
02:55ils ont proposé, avec un tiers,
02:57un journaliste indépendant évidemment,
02:59ils ont proposé, en passant par un tiers,
03:01dont évidemment j'ai des coordonnées,
03:03mais je ne veux pas attraire,
03:04parce que je vais vous le dire,
03:05la personne de mon environnement m'a demandé de ne plus l'évoquer,
03:08parce qu'il veut être tranquille.
03:10Madame la ministre,
03:12à la suite d'une relance que j'ai faite sur ce sujet,
03:15a estimé que ce sujet n'avait rien à voir avec la commission d'enquête,
03:19et elle a précisé,
03:20il y a un journaliste qui est passé par un journaliste tiers,
03:23qui s'est présenté auprès d'un membre de ma famille,
03:25en se présentant comme un journaliste indépendant,
03:27et en disant,
03:28si vous avez évidemment des choses très à charge concernant madame Dati,
03:32on est prêts même à vous indemniser,
03:34s'il le faut,
03:36je le maintiens.
03:37Enfin,
03:38à la demande de madame Adizadeh,
03:40reprise par madame Sophie Taillé-Pollian,
03:42qui souhaitait que les documents de madame Dati
03:44puissent être transmis à la commission.
03:47Je vais devoir vous poser une question importante,
03:51parce qu'elle peut m'engager,
03:53le moment venu,
03:54comme président de cette commission d'enquête,
03:56à saisir l'autorité judiciaire.
03:59Pouvez-vous nous dire,
04:00à votre tour,
04:01et toujours sur servement,
04:03si ce que madame la ministre de la Culture a dit
04:06est vrai ou faux,
04:09avez-vous par ailleurs des éléments en votre possession
04:12sur ce point ?
04:14Je prends la parole en premier,
04:15puis je passerai à mes collègues,
04:17mais je rappelle que je suis sous serment
04:19et que nous n'avons évidemment pas donné d'argent
04:24ou proposé d'argent à quiconque dans l'entourage de madame Dati
04:28fût par un tiers.
04:30Je dément cela catégoriquement et sous serment.
04:34Je vous remercie de me donner l'occasion de m'exprimer sur ces propos,
04:39et je vais être très clair,
04:41j'ai bien conscience de vous répondre sous serment aujourd'hui.
04:46Jamais je n'ai monnayé un témoignage,
04:48ni même tenté de monnayer un témoignage.
04:52C'est contraire aux règles déontologiques les plus élémentaires,
04:55et cela ne fait évidemment pas partie de nos pratiques.
04:59Jamais je n'ai fait appel à un tiers pour monnayer un témoignage,
05:02et je n'ai même jamais fait appel à un tiers
05:05dans le cadre de cette enquête sur Achida Dati.
05:08Je dois vous reposer la question.
05:12Vous contestez les propos très précis que je cite,
05:15parce que je ne veux pas déformer les propos ni de la ministre ni des vôtres.
05:20Quand madame la ministre dit
05:22« on est prêt à vous indemniser s'il le faut »,
05:25vous nous dites sous serment que c'est faux.
05:29Oui, je maintiens évidemment que c'est totalement faux.
05:34Vous m'avez demandé si j'ai des éléments en ma possession.
05:40Pour être totalement transparent et parce que je suis sous serment,
05:45j'ai reçu un mail il y a quelques jours d'un proche,
05:49de madame Dati,
05:50qui a vu l'audition de la ministre de la Culture
05:53et qui s'est reconnu dans les propos qui ont été tenus ici.
05:58Et il affirme clairement que complément d'enquête
06:01ne lui a jamais proposé d'argent.
06:04Et il m'a autorisé à en faire état ici devant la commission aujourd'hui.
06:09Je vais donc vous demander dans le cadre de cette commission d'enquête
06:12si le rapporteur l'accepte,
06:14puisque on est deux et que c'est lui qui aura la décision visuelle
06:17de nous communiquer ces documents.
06:21Et par ailleurs,
06:22puisque madame la ministre a indiqué ici même
06:25qu'elle avait des documents
06:26qui pouvaient prouver ses dires,
06:30je demande à monsieur le rapporteur
06:32s'il souhaite que nous demandions
06:33à madame la ministre de la Culture ces documents.
06:35Merci monsieur le Président.
06:37Oui, je vous le confirme.
06:38Je pense qu'il est bon de les demander.
06:39Très bien.
06:40Donc au nom de cette commission d'enquête,
06:42je vais donc demander à monsieur Milano Dupont
06:44de me transmettre l'email qu'il a reçu.
06:47Et je demanderai donc à madame la ministre de la Culture
06:49de bien vouloir nous transmettre
06:51les documents dont elle a connaissance
06:54et qu'elle a en sa possession.
06:56Premièrement, le Président Gérard Larcher
06:57a mis la pression sur l'ARCOM
06:59suite à une émission que vous avez faite sur le Sénat.
07:02D'ailleurs, je regrette que nous n'ayons pas encore eu l'occasion
07:05d'auditionner monsieur Larcher à ce sujet.
07:07Dans votre émission,
07:08vous avez parlé d'une omerta
07:12qui en fait vise à couvrir les sénateurs,
07:14notamment ceux qui pourtant s'illustent dans des affaires
07:17extrêmement graves, notamment d'agressions sexuelles.
07:19Nous avons eu l'occasion d'auditionner
07:22madame Sylvie Robert, qui est vice-présidente du Sénat,
07:25qui a complètement refusé de répondre sur ce sujet,
07:28ce qui va plutôt dans votre sens.
07:30J'aurais aimé savoir si vous avez subi depuis
07:33d'autres pressions à l'encontre du programme
07:35complément d'enquête.
07:36Et j'aurais aimé également savoir,
07:39dans un contexte où les puissances sont de plus en plus agressives
07:42vis-à-vis du journalisme d'investigation,
07:44donc je pense effectivement aux pressions de Gérard Larcher,
07:46mais également du coup avec tout ce qui se passe
07:48avec madame Dati,
07:49et au vu des menaces qui pèsent sur le journalisme
07:52d'investigation de façon générale,
07:54comment vous arrivez encore finalement
07:56à accomplir votre travail,
07:58sachant que, à mon sens,
08:01le journalisme d'investigation,
08:02c'est vraiment un type de programme
08:03qui est particulièrement crucial dans une démocratie.
08:05J'ai reçu une demande de la part du groupe
08:09La France Insoumise
08:10d'auditionner le président du Sénat,
08:13et que j'ai indiqué en réunion de bureau,
08:14et je le dis ici par souci de transparence,
08:16que le président du Sénat,
08:18comme n'importe quel parlementaire,
08:19a une immunité parlementaire,
08:21et que les services de l'Assemblée
08:22sont en train de regarder dans quel cadre
08:23un président de commission d'enquête
08:25peut convoquer le président du Sénat,
08:27qui est le deuxième personnage
08:29le plus important de l'État.
08:31Et donc voilà, on respecte les règles,
08:33on respecte l'ordonnance,
08:34la loi rien que la loi,
08:35et donc j'ai pris en compte votre demande,
08:37et on est en train de l'instruire
08:38avec les services de l'Assemblée,
08:39je devais être transparent.
08:41Mme Soudet a employé des mots forts,
08:42quand même, de pression,
08:43je crois, je vous cite,
08:44Mme Soudet,
08:44de pression du président du Sénat,
08:46ce n'est pas des mises en cause anodines,
08:49est-ce que, peut-être préciser,
08:51parce que...
08:52Alors moi, j'étais effectivement sur la question de l'ARCOM,
08:58nous ne savons pas si M. Larcher,
09:01le président du Sénat,
09:02a pu appeler en haut lieu
09:06Mme la Présidente,
09:07où on n'a pas d'informations en ce sens,
09:11nous travaillons en toute liberté,
09:14et nos interlocuteurs au quotidien,
09:17c'est la directrice des magazines,
09:20Elsa Margoux,
09:21et le directeur de l'information,
09:23c'était Alexandre Carat,
09:25aujourd'hui, c'est M. Corbet.
09:39Ce sont des questions, effectivement,
09:42qui nous préoccupent beaucoup,
09:44et les pressions,
09:45elles peuvent être multiples,
09:48Tristan ou Alex vous en parlaient,
09:50on peut avoir des procédures Bayon,
09:52à savoir plusieurs procédures judiciaires
09:57sur un sujet,
10:00ça a été le cas sur le sujet
10:03concernant Vincent Bolloré,
10:05fait par Tristan,
10:07cinq procédures judiciaires,
10:10donc c'est vrai que c'est des choses
10:12qui peuvent fatiguer,
10:14on a la chance, nous,
10:16d'être dans un groupe qui nous soutient,
10:18on a un service juridique,
10:20pour de petites rédactions
10:21qui ont peu de moyens,
10:22c'est beaucoup plus difficile,
10:24parce qu'effectivement,
10:25quand on se retrouve
10:26à la 17ème chambre,
10:28donc qui traite des délits de presse,
10:31il faut un avocat,
10:32et ça a un coût,
10:34donc effectivement,
10:35c'est complexe.
11:04et c'est...
11:08Sous-titrage Société Radio-Canada
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