00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:0313h20, vous écoutez Clélie Mathias sur Europe 1, l'heure d'accueillir vos chroniqueurs.
00:07Xenia Fedorova nous rejoint dans un instant, Clélie, mais d'abord vous accueillez le journaliste politique au journal du dimanche, Jules Thores.
00:14Bonjour Jules Thores, bienvenue.
00:15Bien le bonjour, merci beaucoup.
00:17On va commencer par les sénateurs qui se sont opposés hier à la création de toute forme d'aide à mourir lors des débats sur la fin de vie.
00:23L'hémicycle dominé par la droite, vidant donc en fait de sa substance cette réforme sociétale.
00:28Est-ce une victoire pour les opposants à ce texte qui instaure donc une aide à mourir ?
00:31Oui, on s'étonne depuis hier que des sénateurs qui se sont opposés à ce texte sur l'aide à mourir,
00:37qui est en réalité un texte sur l'euthanasie, pour légaliser l'euthanasie,
00:41votent contre ce texte et veulent le vider de sa substance.
00:44Donc c'est évidemment quelque chose de pas étonnant.
00:47On se félicite d'ailleurs que le Sénat qui, depuis des mois, dit qu'il faut réécrire ce texte
00:52parce que ce texte a supprimé en commission à l'Assemblée tous les garde-fous,
00:56que beaucoup qui ont lu ce texte, beaucoup de spécialistes qui ont lu ce texte craignent des dérives.
01:01Il ne faut pas s'étonner que les sénateurs, après il y a le problème de la navette parlementaire,
01:06ça va retourner à l'Assemblée.
01:07À partir du 16 février, on a la date, la vision est totalement opposée à l'Assemblée nationale.
01:11Pour vous, est-ce le signe que la société est profondément clivée sur ce sujet, sur ce texte ?
01:16Et donc signe que ce texte est peut-être trop radical ou pas bon ?
01:20Oui, peut-être trop radical, mais surtout, ça ne va pas dans le bon sens.
01:23Et je pense que c'est l'une des seules réussites du passage de François Bayrou à Matignon,
01:27c'est d'avoir scindé ce texte en deux.
01:29Et on a l'impression que l'urgence...
01:30Avec les soins palliatifs d'un côté et le droit à aller de mourir de l'autre.
01:32Et on a l'impression que justement l'urgence, ce n'est pas le texte sur les soins palliatifs,
01:36alors qu'on n'a que quelques départements.
01:39Il y a 20 départements où il faudrait des unités de soins palliatifs qui n'en ont pas.
01:43Il y a un patient sur deux qui aurait besoin de soins palliatifs qui n'y a pas accès.
01:47Et plutôt que ceux-là, qui m'apparaît comme un texte d'urgence,
01:50parce que c'est justement ce texte-là qui va permettre de sauver des vies,
01:53eh bien l'urgence chez certains, c'est d'accélérer la mort.
01:57Donc je pense que ce texte, il fallait le réécrire, il fallait le vider de sa substance.
02:02On verra si à l'Assemblée nationale, le débat sera plus intéressant.
02:06Ça m'étonnerait parce que l'Assemblée est composée de manière différente du Sénat.
02:09Parmi les défenseurs de ce texte, il y a le gouvernement et la porte-parole du gouvernement
02:13était l'invité de Sonia Mabrouk ce matin sur CNews européens, eux et européens, pardon.
02:18Et elle a affirmé qu'elle était pour l'instant contre cette loi.
02:20Écoutez-la.
02:21Pour ma part, je n'ai pas voté ce texte.
02:23En première lecture à l'Assemblée nationale, j'ai bien sûr voté celui sur les soins palliatifs
02:28parce que je pense que la priorité doit être donnée aux soins.
02:32J'ai de gros doutes quant à la question de ce qu'on appelle l'aide à mourir ou l'euthanasie,
02:37en fonction d'à qui vous posez la question.
02:39Je pense qu'on ouvre là, en tout cas qu'on prend le risque d'ouvrir une boîte de Pandore.
02:44Alors on verra comment le texte évolue.
02:47Il y a eu un texte présenté par le gouvernement.
02:50Le texte sorti de l'Assemblée nationale n'était pas le même.
02:52Le texte sorti de la Commission du Sénat était encore différent.
02:55Donc on verra où on en sera à la fin.
02:57Mais moi, je conserve de gros doutes en la matière.
02:59Alors on le sait, ce texte transcende les clivages politiques.
03:03Il y a une liberté personnelle pour les politiques à ce sujet.
03:07Mais c'est quand même courageux de la part de Maude Bréjean de s'opposer finalement à son gouvernement sur cette loi.
03:12Oui, c'était extrêmement courageux.
03:13C'était aussi courageux de la part de Bruno Rotaillot parce qu'on se souvient,
03:16quand il était au gouvernement, c'est le moment où bien ce texte était débattu.
03:21Et il avait dit que ce n'était pas un texte de fraternité, comme on essayait de nous le faire croire,
03:25mais un texte d'abandon.
03:26Parce qu'en réalité, ce texte, c'est une rupture anthropologique majeure.
03:30Qu'est-ce que disent les opposants ?
03:30Bien sûr, je peux le dire.
03:32Je fais partie plutôt des opposants à ce texte, vous l'aurez compris.
03:36Parce qu'on va créer quelque chose que moi, je n'ai absolument pas envie de voir dans notre société.
03:40C'est tout un tas de dérives.
03:41Quand vous regardez les pays comme le Canada, comme la Belgique, comme les Pays-Bas,
03:46la dérive, elle est exceptionnelle.
03:47Le texte tel qu'il était rédigé par la Commission de l'Assemblée nationale,
03:51ouvrait la voie à l'euthanasie pour plus d'un million de personnes.
03:54On ne parle pas là seulement, et encore une fois, je ne nie pas la douleur de certaines personnes
03:58qui souffrent et qui veulent en terminer.
04:01Ça, c'est vrai.
04:02Mais du reste, je pense que l'urgence, c'est les soins palliatifs.
04:05Aujourd'hui, il y a un manque cruel de moyens pour les soins palliatifs.
04:07En fait, la loi Cressi-Leonetti, telle qu'elle existait, vous convenez ?
04:10Oui, la loi Cressi-Leonetti était une sorte de bijou législatif
04:13qui permettait à la fois de permettre à ceux qui souffrent d'avancer
04:17et aussi de mettre toutes les barrières qu'il faut sur ce genre de choses.
04:21parce qu'encore une fois, c'est un texte qui va ouvrir la boîte de Pandore,
04:24comme le dit Maude Brejon.
04:25La loi Cressi-Leonetti est un texte qui va ouvrir la boîte de Pandore,
04:29c'est un texte qui va ouvrir la boîte de Pandore.
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