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  • il y a 4 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h-14h, Europe Info.
00:03Avec vous Clélie Mathias, 13h21, l'heure de retrouver vos chroniqueurs du jour.
00:07Xenia Fedorov a nous rejoint dans un instant, mais d'abord nous accueillons Victor Hérault,
00:11journaliste politique à Valeurs Actuelles.
00:13Bonjour Victor Hérault.
00:14Bonjour Clélie.
00:15On va commencer par ces mots, ils sont forts.
00:17Le pire, nous y sommes à cette date et la situation s'aggrave de jour en jour.
00:20Ce sont 19 accusés criminels qui devront être remis en liberté en 2026,
00:26faute de pouvoir être jugés dans les délais légaux de détention.
00:28Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Franck Rastoul.
00:31Il est procureur général près la cour d'appel d'Aix-en-Provence.
00:34Nous coulons, ajoute-t-il.
00:36Il faut aussi tenir compte de l'extrême dangerosité d'un monde criminel qui n'a plus aucune limite.
00:43Voici ce qu'il dit.
00:44Alors, ma question est la suivante.
00:45Quand la justice d'un État ne peut plus s'exercer,
00:47parce qu'on parle d'une justice d'un État qui ne peut plus s'exercer,
00:50puisqu'on ne peut plus juger et on ne peut plus mettre en prison,
00:52qu'est-ce que cela dit Victor Hérault ?
00:54On a deux problèmes.
00:55Un, on a un problème de stock et de flux de délinquants et de criminels,
01:02qui est exponentiel.
01:03Et deux, on a un problème de moyens alloués à la justice.
01:05Le moyen alloué à la justice baisse,
01:07le nombre de criminels et de délinquants explose.
01:09Ce qui fait un engorgement de la justice d'une part,
01:12et une population carcérale d'autre part.
01:14Tout ça va craquer.
01:15Mais ça craque, ça ne va pas craquer.
01:18Ça craque, puisque même des magistrats alertent.
01:21Et l'on dit à Gérald Darmanin.
01:22Là, je vous ai cité Franck Rastoul,
01:24le procureur général pour la Cour d'appel d'Aix-en-Provence.
01:26Il n'est pas le seul.
01:28Non, il n'est pas le seul du tout.
01:29Et c'est un constat qui va être de pire en pire.
01:30Puisque si vous voulez, j'ai quelques chiffres avec moi.
01:33Lorsqu'on parle de la délinquance en France,
01:35ou de la criminalité en France,
01:37à mon sens, il faut séparer deux stocks.
01:39Il y a le stock étranger,
01:41et il y a le stock national.
01:42Quelle que soit l'origine de la personne,
01:44les citoyens français,
01:46et les étrangers d'autre part.
01:47Le nombre d'étrangers en prison
01:48a explosé bien plus vite que la population.
01:51La part d'étrangers, je veux dire, en prison,
01:52a explosé bien plus vite
01:53que le nombre total d'augmentation de prisonniers en France.
01:56Mais on ne peut pas faire la différence
01:57et distinguer les deux origines.
01:59Je pense que nous sommes obligés.
02:00Je pense que la situation carcérale et judiciaire en France
02:03va nous obliger à changer un certain nombre de règles,
02:06un certain nombre d'approches
02:06vis-à-vis de la justice
02:08et vis-à-vis des procédures carcérales.
02:10Ce qui est un vrai problème.
02:11On va être obligés de grignoter sur notre état de droit
02:14et sur notre perception de la justice
02:16parce qu'on se rend compte qu'ils sont inefficaces
02:18face à la réalité du terrain.
02:19Écoutez, Nicolas Dupont-Aignan, justement,
02:21il était l'invité de Sonia Mabrouk
02:23sur ces news et européens ce matin.
02:25Il est président de Debout la France
02:26et candidat à l'élection présidentielle 2027.
02:29Et il a critiqué ce que vous faites également,
02:31le manque de moyens pour la justice.
02:32Voilà le fameux état de droit
02:33dont on se gargarise dans notre pays.
02:36Les procédures sont tellement complexes.
02:37La France n'a pas investi dans sa justice
02:40comme je le réclame depuis des années.
02:42On a un budget par habitant
02:43qui est la moitié de l'Allemagne pour la justice.
02:46Eh bien, on va libérer des criminels.
02:48Et les procureurs le disent
02:49dans des cérémonies des voeux
02:50devant le garde des Sceaux.
02:51Ça fait des années que je réclame
02:53la construction de 40 000 places de prison,
02:56le doublement des moyens de la justice.
02:57Et ce ne sont pas des sommes énormes.
02:59C'est 10 milliards.
03:00Et quand on voit ce qu'on dépense
03:02dans des fausses cartes vitales,
03:04quand on voit les gaspillages surréalistes,
03:06quand on voit ce qu'on met pour subventionner
03:07des éoliennes qui ne servent à rien.
03:09Et on n'est même pas capable
03:10de faire fonctionner notre justice.
03:13Alors, il devrait y avoir une future loi pénale
03:15de Gérald Darmanin,
03:16si elle voit le jour, évidemment.
03:17Qui traîne beaucoup.
03:18Oui, mais on se demande
03:19si elle est encore adaptée,
03:21si elle est encore suffisante,
03:22si la justice, finalement,
03:24est encore adaptée
03:26à ce que nous vivons,
03:27à notre situation actuelle.
03:29Vous avez raison, Clélie,
03:30ça s'accélère tellement
03:30qu'on va devoir mettre à jour
03:31une loi qui n'a même pas encore été publiquée.
03:33C'est ça le problème.
03:34Lorsque l'on parle des moyens
03:36alloués à la justice,
03:37il faut avoir une image très simple en tête
03:38sur 1 000 euros de dépenses publiques.
03:391 000 euros que nous dépensons publiquement.
03:41Vous prenez,
03:41je vais prendre le plus gros poste de dépense,
03:43vous prenez 300 euros sur ces 1 000 euros,
03:45c'est pour les retraites.
03:46Vous prenez 7 euros,
03:47c'est pour la justice.
03:48Moi, dans un monde idéal,
03:49ce serait l'inverse.
03:50Bon, vous avez des moyens pour la justice,
03:52encore une fois, je le répète,
03:53qui sont en chute,
03:55qui sont infinitésimaux
03:56par rapport à tout ce que nous dépensons en France,
03:58par rapport à tout ce que nous payons comme impôts,
03:59rappelons-le, c'est notre argent.
04:00Et paradoxalement,
04:02enfin, non, je veux dire,
04:03oui, paradoxalement,
04:04puisque la réaction est inverse à ce qui se passe,
04:06nous avons une explosion de la délinquance,
04:07une explosion de la violence.
04:09Le procureur général nous explique d'ailleurs
04:10que c'est, un,
04:11une explosion du nombre de délinquants et de criminels,
04:13deux, une explosion de la dangerosité de ces criminels.
04:15Les actes sont de plus en plus graves.
04:17Donc la réponse devrait être de plus en plus forte,
04:18sauf qu'on a de moins en moins de monde,
04:19de moins en moins bien payé,
04:20de moins en moins de place
04:21pour s'occuper de tous ces gens
04:22qui sont de plus en plus dangereux.
04:24Encore une fois,
04:25pourquoi est-ce que je fais la distinction
04:26entre étrangers et nationaux ?
04:27Parce que les nationaux,
04:28vous n'avez pas d'autre choix
04:29que les garder sur le territoire.
04:30Donc vous êtes obligés de composer avec ça.
04:32Les étrangers, en revanche,
04:33vous pouvez les renvoyer dans leur pays.
04:34C'est une solution annexe.
04:36Et là, vous n'êtes pas obligés
04:37de les garder en détention provisoire.
04:38Vous n'êtes pas obligés
04:39d'engorger la justice davantage.
04:40Vous n'êtes pas obligés
04:41d'allouer davantage de moyens
04:42à tous ces processus dont on a parlé.
04:44Vous pouvez décider
04:46d'envoyer un ressortissant étranger
04:48qui a commis un crime
04:49dans son pays
04:50et demander à la justice de ce pays
04:51de traiter le cas.
04:52Donc ils ne seraient pas jugés en France.
04:53Ils ne seraient pas jugés en France.
04:54C'est en tout cas.
04:55Et ce n'est peut-être pas
04:56la meilleure des solutions.
04:57C'est une solution.
04:57Je pense aux victimes.
04:58Je pense également aux victimes
04:59qui ont besoin des procès souvent.
05:01Les victimes,
05:03là où c'est dramatique pour elles,
05:05c'est que d'une part,
05:06soit effectivement l'étranger
05:07part dans son pays
05:08et est jugé là-bas.
05:09Ce n'est peut-être pas
05:09la meilleure des solutions
05:10pour les victimes.
05:10Mais deux, des procès
05:11qui durent 7 ans,
05:13des 8 ans, des 10 ans
05:14où la victime n'en voit jamais le bout,
05:15elle n'a jamais la reconnaissance
05:17de son statut de victime,
05:18où elle ne voit jamais
05:19la punition tomber sur le délinquant,
05:20où on est obligé en plus
05:21de lui dire qu'on est obligé
05:22de sortir le délinquant,
05:23le criminel de prison
05:24parce qu'on n'a plus de place
05:25et parce qu'il faut juger
05:26quelqu'un d'autre à la place.
05:28Ça aussi, c'est dramatique.
05:29Je pense qu'il n'y a pas
05:29de bonne solution.
05:30Il y en a des moins pires.
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