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  • il y a 4 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0113h-14h, Europe 1 Info.
00:03La suite avec vous, Clélie Mathias, c'est vos deux chroniqueurs du jour,
00:06Georges Fenech et Jean-Claude Dessier.
00:08Comment répondre au président américain Donald Trump qui menace de surtaxe douanière ?
00:12Lui, pays européen s'opposant à son ambition de s'emparer du Groenland.
00:16Il y aura un sommet d'ailleurs sur cette question qui se tiendra d'ailleurs à Bruxelles demain soir,
00:20mais auparavant, Donald Trump est attendu à Davos dans quelques instants.
00:24Il est arrivé en Suisse déjà, il a pris un hélicoptère
00:27et son discours devrait avoir lieu à 14h30 à Davos.
00:31Auparavant, écoutez Scott Bessent, c'est le secrétaire au Trésor des Etats-Unis,
00:35qui a estimé que les Européens devaient éviter un réflexe de colère au sujet du Groenland
00:40et il a également taclé Emmanuel Macron. Écoutez.
00:43Je vais le dire à tout le monde, inspiré profondément,
00:47n'ayez pas ce réflexe de colère que nous avons observé, ni cette amertume.
00:51Pourquoi ne s'assoit-il pas et n'attendent-ils pas que le président Trump soit là pour écouter ses arguments ?
00:55Parce que je pense qu'ils vont être convaincus.
00:58Quant à la demande d'Emmanuel Macron d'organiser un exercice de l'OTAN au Groenland,
01:01si c'est tout ce qu'il a à faire, alors que le budget européen et le budget français sont dans un état lamentable,
01:07je lui suggérerais de se concentrer sur d'autres priorités pour le peuple français.
01:12Comment est-ce qu'on doit le prendre encore, cette nouvelle attaque ?
01:16Est-ce que les Américains ne s'attendaient pas à ce que l'Europe réagisse ainsi
01:19face aux ambitions de Donald Trump sur le Groenland ?
01:21On peut quand même supposer qu'il devait s'attendre à des réactions, c'est évident.
01:28Le réflexe de colère, inspiré profondément.
01:32Oui, mais il y a de quoi être en colère quand même, très franchement.
01:36Voilà une OPA, on peut dire une OPA, qui est faite par Donald Trump,
01:42qui n'a pas forcément le consentement de tous les Américains,
01:45y compris même dans sa propre famille politique.
01:48Il fait une OPA, comme ça, sur un territoire,
01:51qui n'est pas membre de l'Union Européenne, certes, vous le savez, le Groenland,
01:56mais qui est lié à l'Union Européenne,
01:58de fait qu'il a l'autonomie, un statut d'autonomie,
02:02avec le Danemark, qui a une souveraineté.
02:05Donc le Danemark fait partie de l'Union Européenne.
02:07On ne peut pas ne pas réagir quand il y a une agression,
02:12il faut dire ce qu'il en est,
02:14une tentative d'accaparement de ce territoire
02:17par un membre de l'OTAN et pas des moindres, les États-Unis.
02:21Peut-il y avoir un conflit au sein de l'OTAN ?
02:23Certainement pas.
02:24Alors là, on fait de la gesticulation,
02:29on envoie quelques chasseurs alpins,
02:31on envoie quelques soldats,
02:32mais il est évident qu'on ne peut pas imaginer...
02:35Les pays à l'île d'OTAN ont demandé un exercice sur place au Groenland,
02:38la France devra y participer.
02:39Ça fait partie des gesticulations.
02:40Mais enfin, qui peut imaginer une seule seconde
02:42qu'il puisse y avoir un conflit ouvert et armé
02:45au sein même de l'OTAN ?
02:46L'OTAN est fait pour protéger de l'extérieur à l'OTAN,
02:49pas au sein même de l'OTAN.
02:51Donc ça n'a aucun sens.
02:53Il ne peut y avoir qu'une issue, évidemment, diplomatique.
02:55Le secrétaire général de l'OTAN ce matin, Marc Reteux,
02:57a écarté les craintes selon laquelle cette crise,
02:59en fait, entraîne l'effondrement de l'Alliance.
03:02L'Alliance est morte.
03:04L'Alliance...
03:04Ah bah lui, Marc Reteux dit,
03:07il écarte l'effondrement de l'OTAN.
03:09Et même, rappelez-vous, il y a quelques années...
03:11Emmanuel Macron avait dit que l'OTAN était en mort cérébrale.
03:17Oui, c'est ça, le terme qu'il avait employé.
03:19Et voilà, et force est de constater...
03:21Donc pour vous, il n'y aura pas de conflit interne au sein de l'OTAN,
03:24mais l'OTAN n'existe pas, et l'OTAN est morte.
03:26C'est une redistribution totale des alliances.
03:28L'OTAN est très affaibli, dans la mesure où son leader,
03:32le pays qui donnait le...
03:34C'est ce qui nous est reproché d'ailleurs,
03:36qui donnait le plus d'argent à son fonctionnement,
03:38l'Amérique, le président américain,
03:41a décidé qu'au fond,
03:42c'était peut-être pas aussi intéressant que ça en avait l'air,
03:45qu'il est très copain avec, semble-t-il, notre camarade Poutine,
03:49et que donc, il fallait revoir la manière dont tout ça fonctionnait.
03:52Et le temps sort de cette crise, très affaiblie.
03:56De la même façon, l'Europe.
03:58Alors, l'Europe, il faut attendre encore un peu.
04:02Je ne veux pas faire de pronostic sur la tonalité du discours
04:04et la manière dont il sera reçu dans l'après-midi,
04:06parce qu'avec Trump, on est toujours...
04:09Souvent surpris.
04:10Souvent surpris et à contre-courant.
04:12Donc on va laisser les choses, il va parler dans une heure,
04:14on va l'écouter avec attention,
04:15et on va voir surtout comment les Européens réagissent.
04:18Il me semble, enfin, que l'Europe a réagi.
04:22C'est déjà pas mal.
04:23Oui, mais justement, je vais vous laisser.
04:24Vous avez vu que Keir Starmer, le Premier ministre britannique,
04:27a dit, justement, qu'il ne céderait pas face aux pressions de Donald Trump
04:30sur le gouvernement, non ?
04:31Oui, oui, oui.
04:32Les réponses sont assez faibles.
04:33On a une relation spéciale entre la Grande-Bretagne,
04:37et l'Angleterre, en tout cas,
04:39et l'Amérique, depuis des centaines d'années.
04:44Donc, voilà, on va voir ce qui va se passer.
04:46Et la posture de Trump me paraît extravagante
04:51en ce qui concerne le Groenland.
04:54Bon, maintenant que l'Europe se saisisse de cette occasion,
05:00enfin, pour décider qu'il y a peut-être des choses à faire
05:03vraiment ensemble,
05:05c'est pas facile, hein, c'est pas gagné.
05:07Parce que vous avez des pays, notamment les pays baltes,
05:10mais pas seulement, la Hongrie, la Pologne,
05:12qui sont très proches des États-Unis,
05:14et qui vont s'opposer à ce qu'on prenne trop de distance
05:18vis-à-vis des États-Unis.
05:19Il va falloir essayer de trouver, néanmoins, un point commun.
05:24Je pense quand même que l'Europe est bien partie
05:26pour se réorganiser, remettre un certain nombre de choses à plat.
05:30C'est peut-être le service, sans qu'il l'ait vraiment voulu,
05:32c'est peut-être le service que va nous rendre Donald Trump.
05:34Je vous soumets juste une déclaration, justement,
05:37vous parliez des pays baltes, écoutez,
05:38le président finlandais cette fois, Alexander Stobb,
05:40il dit qu'il y a deux écoles de pensée, ici, au sujet du Groenland.
05:43L'une consiste à désamorcer,
05:46et l'autre à intensifier pour désamorcer.
05:49Et je pense qu'au bout du compte,
05:50nous trouvons une porte de sortie.
05:52Georges Fenech.
05:55C'est un langage très diplomatique, hein.
05:57Intensifions, porte de sortie.
06:01La porte de sortie, malheureusement,
06:03je crois qu'elle sera en faveur de celui qui a la puissance,
06:07l'état puissance, aujourd'hui, c'est une constatation.
06:11Ce sont les Etats-Unis.
06:13Les Etats-Unis, à partir du moment où ils ont décidé
06:15d'annexer le Groenland,
06:18je crains fort que nous n'ayons pas vraiment les moyens de nous opposer.
06:21Il va y avoir des tentatives au niveau des relations commerciales,
06:24j'imagine, avec des taxations qui vont arriver.
06:27Parce que l'Europe a quand même les moyens de se défendre
06:29de ce point de vue-là aussi, hein.
06:30Il n'y a pas que les Etats-Unis.
06:32Mais, à un moment ou à un autre,
06:34on va se retrouver devant le fait accompli.
06:36Le Groenland est un pays géré par le Danemark, en réalité,
06:39mais totalement social-démocrate.
06:41Rien n'est payant au Groenland.
06:43Déjà que les Américains,
06:44s'ils d'aventure souhaitaient se rendre propriétaires
06:48de ce territoire.
06:50Oui, mais entre ce qu'il annonce,
06:52il a déjà annoncé des choses sur l'Iran,
06:54qu'il n'a pas tenu du tout.
06:55Et ça a coûté des centaines et des centaines de morts là-bas.
06:58Donc, je me méfie un peu de ce que dit Trump.
07:00Je dis simplement que ça peut aussi se terminer
07:02par un accord ou un contrat.
07:05On verra bien.
07:06Moi, je reprendrai la formule du général Pierre de Villiers.
07:09Tant qu'à faire entre les Russes, les Chinois et les Américains,
07:12je préfère que ce soit les Américains
07:14qui aient la main mise sur le Groenland.
07:15Moi aussi, mais enfin, la main mise n'est pas indispensable pour autant.
07:18Ce sera à 14h30.
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