- il y a 2 semaines
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
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00:00BFM Business et La Tribune présente
00:02Le 18-19 d'Edwige Chevrillon
00:07Vous êtes bien dans le 18-19, mon premier invité c'est Thierry Hulot, il est le patron du LEME.
00:16Le LEME c'est les syndicats des entreprises de médicaments et aussi le président de Merck France.
00:20Bonsoir Thierry Hulot.
00:21Bonsoir Edwige Chevrillon.
00:22Merci d'être là, beaucoup de questions à vous poser parce qu'il y a une polémique qui a opposé,
00:28une de plus vous me direz entre Donald Trump dans sa diatribe anti-Europe et anti-France et anti-Macron surtout
00:36qu'il a lancé on a envie de dire à Davos et puis Emmanuel Macron via l'Elysée, le poste de l'Elysée
00:45qui lui a répondu c'était sur le prix des médicaments.
00:48Donald Trump a dit regardez Emmanuel Macron il a multiplié par 10 le prix des médicaments
00:53et du coup l'Elysée a répondu en disant c'est totalement faux.
00:57de toute manière les prix c'est pas Emmanuel Macron qui les fixe, ils sont fixés par la sécurité sociale.
01:04Au-delà de cette polémique qui est quand même assez révélatrice parce qu'en plus on voit bien
01:07qu'il y a une tentation américaine des laboratoires européens, vous allez nous expliquer quels sont les enjeux
01:15qui sont sur la table ?
01:17Il y a un enjeu et il est très simple, c'est comment demain nos concitoyens, les patients français continuent d'avoir accès au progrès thérapeutique.
01:27C'est le seul enjeu qui me mobilise.
01:28D'accord, ok, ok, mais moi je voudrais qu'on parle un peu business, vous voyez.
01:32Le problème quand on parle business, c'est que le médicament est devenu ces derniers mois non seulement un enjeu géopolitique
01:38mais presque une arme de négociation.
01:41Et l'incident auquel vous faites allusion, qui est quelque part basé sur une fake news,
01:46le président de la République ne fixe pas le prix des médicaments
01:49et d'ailleurs le prix des médicaments en France n'a pas augmenté,
01:53le journal officiel vient de publier un niveau record de baisse de prix pour l'année 2026.
01:591,4 milliard.
02:00Ce qui met à mal la soutenabilité économique des entreprises qui opèrent en France.
02:06Et tout l'enjeu, c'est comment on garantit l'accès au progrès thérapeutique
02:09en offrant en même temps un dynamisme économique aux entreprises qui leur permettent d'opérer en France.
02:15Ce que l'on voit aux Etats-Unis avec cette politique très agressive de renforcer leur souveraineté sanitaire
02:22qu'ils ont appelée la clause de la Most Favored Nation, MFN,
02:26c'est qu'ils en font une arme de pression économique.
02:29Alors ça consiste en quoi ?
02:30C'est de dire, comme ils l'ont fait pour l'armement il y a quelques mois,
02:35les Etats-Unis ne vont pas payer plus que les autres pour l'innovation.
02:41Il faut que l'Europe, qui paye moins que les Etats-Unis le prix des médicaments,
02:46réajuste sa politique, réajuste son budget, la part de sa richesse, de son PIB,
02:51qu'elle veut investir dans la santé, dans le médicament, qui est une solution thérapeutique.
02:57Et tout l'enjeu est là.
02:59Et cet enjeu s'est crispé ces derniers mois.
03:01On en avait parlé début septembre en disant,
03:03on voit une dynamique géopolitique du médicament se construire.
03:07Là, c'est devenu une arme de négociation.
03:11Et ce qui m'étonne, c'est que l'Europe n'a pas réagi.
03:16La France n'a pas réagi.
03:18On a vécu, une fois de plus, un PLFSS, Budget de la Sécurité Sociale,
03:22pour faire rentrer des chiffres dans des cases d'un budget annuel franco-français
03:26qui garde ses ornières et ne voit pas la géopolitique.
03:30Et ça donne l'attention qu'on a vue à Davos.
03:33J'en appelle à une réaction européenne forte,
03:35à une réaction française forte.
03:37Il y va de l'avenir, de l'accès aux innovations,
03:40au traitement et la survie de nos entreprises.
03:42Donc, quelque part, Thierry Hulot,
03:45même si c'était une fake news,
03:47mais quelque part, vous donnez raison à Donald Trump
03:51qui, un, en fait une arme géopolitique,
03:54et deux, surtout, qui dit,
03:56il faut qu'en Europe, vous augmentiez les prix des médicaments
04:00parce que sinon, nous, aux États-Unis,
04:03on va se retrouver sans produits innovants.
04:05– Alors, question de lui donner raison.
04:08Le sujet n'est pas là.
04:09Le sujet est, les États-Unis,
04:11c'est la moitié du marché pharmaceutique mondial,
04:14les prix aux États-Unis sont entre 3 et 4 fois plus élevés qu'en France
04:18et sont plus élevés qu'en Europe.
04:20Ça, c'est un constat qui avait été fait depuis longtemps.
04:23Le président Obama, avec la loi Obamacare,
04:26avait déjà ouvert un peu cette porte.
04:28Ça avait été repris par Joe Biden sous la présidence Trump,
04:32mais encore plus loin, les États-Unis disent
04:34on ne va pas être les seuls à payer l'innovation au prix où on la paye.
04:37Il faut que l'Europe se ressaisisse.
04:39Alors ensuite, ce n'est pas les États-Unis qui fixent la politique européenne,
04:43mais j'en appelle à une réaction européenne et française forte.
04:47Il y a urgence, sinon demain,
04:50les patients français n'auront plus accès au progrès thérapeutique
04:54comme ils ont eu l'habitude d'y avoir accès depuis la Seconde Guerre mondiale.
04:59Donc en fait, il y a quand même un vrai enjeu géopolitique.
05:04Tout à fait.
05:04C'est intéressant que vous disiez vous-même que c'est devenu une arme géopolitique,
05:08le prix du médicament.
05:11Est-ce que les laboratoires européens,
05:14vous, vous dirigez la filiale française de Merck,
05:16et puis en plus, vous êtes le patron du syndicat des labos.
05:21Est-ce qu'il y a une vraie tentation,
05:22on le voit quand même, d'aller aux États-Unis,
05:25une tentation américaine ?
05:26Ce n'est pas une question de tentation américaine.
05:29Ou de réalisme, parce que vous voulez quoi ?
05:31Il y a un réalisme économique.
05:33La moitié du marché est aux États-Unis.
05:35La France, c'est 3% du marché mondial.
05:37Moi, je représente le syndicat de l'industrie pharmaceutique en France.
05:41Je me bats pour les patients français.
05:43Qu'on représente 3% du marché mondial, très bien.
05:47Comment on fait pour que demain, la France...
05:50Oui, on va arriver sur la France,
05:51mais c'est intéressant d'avoir les grands équilibres.
05:54Comment on fait demain pour que la France offre des conditions attractives
05:57pour que les innovations arrivent ?
05:59Oui, mais en même temps, j'ai envie de dire,
06:00pardonnez-moi, si nous on est que 3%
06:02et que le marché américain, c'est la moitié,
06:05je veux dire, tout le monde est capable de faire un plan
06:08et de voir qu'a priori, c'est beaucoup plus intéressant
06:11d'être aux États-Unis que d'être en France.
06:13Alors, l'Europe, c'est un tiers.
06:14Et donc, c'est pour ça que la solution sera probablement européenne.
06:17Il faut se concerter, se coordonner en Europe,
06:20mais il faut agir.
06:21Depuis 6 mois, objectivement, il ne s'est rien passé.
06:25Laissez-moi prendre un exemple absolument stupéfiant.
06:27Vous vous souvenez du rapport Draghi, il y a 18 mois,
06:31pour la défense européenne, pas du médicament,
06:34la défense de l'économie européenne.
06:3618 mois après, il y a deux mesurettes sur 12
06:40qu'on est en train de mettre en place.
06:4118 mois après.
06:42Donc, pour le médicament, il faut qu'on se revoie dans 3 ans
06:44pour qu'il soit passé quelque chose ?
06:46Ce sera trop tard.
06:47Oui, mais alors, justement, c'est ce qu'on vous reproche à vous,
06:51Thierry Hulot, enfin vous, en tant que président du LEM
06:53et à votre syndicat, c'est ce que vous rapproche
06:56une quinzaine de laboratoires, et pas des moindres,
06:58puisqu'il s'agit de sa deux filles, Ypsen, Pierre Fabre
07:02ou encore Ypsa, qui ont quitté votre organisation
07:04parce qu'ils ne vous trouvent justement pas assez offensif
07:08et notamment au niveau européen.
07:10Je leur laisse leurs commentaires.
07:13C'est important, c'est-à-dire que ce n'est pas des petits labos.
07:17Il y a une chose qui unit tout le monde,
07:19il y a urgence à agir.
07:20Alors, on peut discuter de la manière dont on agit,
07:22mais il y a urgence à agir dans l'intérêt des patients français,
07:26dans l'intérêt de nos entreprises.
07:28Les 260 entreprises que je représente,
07:31les 88 000 collaborateurs de l'industrie pharmaceutique
07:35que je représente sont tous mobilisés
07:37pour, comme en demain, on garantit l'accès aux progrès thérapeutiques.
07:39Oui, ok, mais pardon, c'est un peu des mots, c'est un peu des phrases.
07:42Qu'est-ce que vous...
07:43Alors, concrètement, de quels moyens disposez-vous
07:47pour essayer d'infléchir la politique du médicament,
07:51alors au niveau européen ?
07:52Il y a plusieurs moyens d'aller discuter, bien entendu,
07:55avec la Commission de Bruxelles, avec les autorités européennes,
07:59avec le gouvernement français, avec nos parlementaires,
08:02et de sensibiliser l'opinion au risque que l'on court à ne pas agir.
08:07Voilà ma mission.
08:08Ensuite, la politique...
08:09Est-ce qu'ils sont vraiment partis ?
08:10Tous ceux que je viens de citer, les labos, là, ils sont vraiment partis ?
08:13Ils disent qu'ils vont créer un autre syndicat.
08:15Peut-être, on verra, mais...
08:17Non, mais oui ou non, ils sont partis ?
08:18Oui, ils sont partis.
08:20Donc, ils ont claqué la porte, quoi.
08:22Ils ont décidé d'agir autrement.
08:24Mais ça n'empêche que le cœur du problème,
08:27c'est comment, demain, on soigne mieux en France,
08:30on continue de protéger et de guérir.
08:33Oui, quand même, quand même.
08:35On va arriver forcément sur la France,
08:36parce que la France est un peu à l'origine de tous ces mots,
08:39quand même, il faut le dire comme ça.
08:41Vous avez publié un baromètre où vous dites
08:439 dirigeants sur 10 estiment que la France
08:47n'est plus attractive pour le secteur.
08:499 sur 10.
08:51Deux tiers envisagent de ne pas y investir dans les prochaines années.
08:56Le constat est terrible.
08:57Le constat est terrible.
08:59Il y a une régulation financière du médicament
09:01qui vient d'être votée avec le PLFSS,
09:04qui est inégalée.
09:051,4 milliard de baisse de prix, ça n'a jamais été vu.
09:09Et maintenant, on a pérennisé, grâce à une nouvelle taxe,
09:12sur le chiffre d'affaires de l'industrie pharmaceutique,
09:14l'ancienne clause de sauvegarde.
09:15On doit être à 3,2 milliards, 3,4 milliards de régulation.
09:19Ça représente à peu près 10% du chiffre d'affaires.
09:22Donc, quand on dit que le prix du médicament est cher en France,
09:25c'est un des plus bas d'Europe.
09:26C'est trois à quatre fois plus bas qu'aux États-Unis.
09:29Et donc, quelque part, il n'y a plus des conditions
09:31pour accueillir le progrès thérapeutique,
09:34les innovations en France.
09:35Il y a urgence à agir.
09:36Il faudra porter ce débat auprès du Parlement,
09:39auprès du gouvernement dans les mois qui viennent.
09:41Et bien entendu, que ce soit un sujet clé
09:43de la prochaine présidentielle.
09:44Vous venez régulièrement sur ce plateau, Thierry Hulot,
09:48vos prédécesseurs aussi.
09:50Ça fait longtemps que vous tirez cette sonette d'alarme.
09:54En plus, vous, ce que vous mettez en cause,
09:56c'est des procédures allongées,
09:58une fiscalité lourde et instable,
10:00et les prix les plus bas d'Europe.
10:02OK, on regarde ce qui s'est passé
10:05dans le cadre de l'adoption du PLFSS,
10:07du plan de financement de la Sécurité sociale.
10:09C'est encore plus impressionnant.
10:11C'est-à-dire que le budget d'assurance maladie,
10:14c'est 256 milliards,
10:16dont 9% la part du médicament.
10:19Il y a 6 milliards, pardonnez-moi tous ces chiffres,
10:216 milliards d'économies qui sont prévues d'économie.
10:25La moitié sont assurées sur le prix du médicament.
10:28Donc, vous faites 3 milliards sur 6, quoi.
10:30Le drame, et je pèse mes mots,
10:31c'est qu'on voit le médicament comme un coût
10:34et pas comme un investissement.
10:35Quand vous êtes malade
10:36et que dans votre parcours de soins,
10:39le médicament contribue à vous guérir,
10:41vous avez une meilleure qualité de vie,
10:42vous pouvez profiter de vos proches,
10:44vous pouvez retourner au travail,
10:45vous re-rentrez comme agent économique,
10:48créateur de richesses.
10:49Le médicament est un investissement,
10:50il fait partie de la solution
10:51et pas du problème.
10:53C'est ce que l'on a complètement oublié
10:56dans un PLFSS qui regarde une fenêtre.
10:59La maladie apparaît le 1er janvier,
11:01disparaît le 31 décembre.
11:02Non.
11:03Qui ne regarde pas dans la durée,
11:04qui n'investit pas assez
11:05dans les systèmes de prévention.
11:08Quand on s'était rencontrés au mois de septembre,
11:09j'en avais appelé à des états généraux
11:11du médicament.
11:12Sans réponse des pouvoirs publics,
11:15nous allons les lancer, nous,
11:16de manière à avoir des propositions
11:18extrêmement concrètes
11:19à amener auprès du Parlement
11:21et du gouvernement.
11:22Est-ce que c'est vrai que vous,
11:24les labos privés,
11:26vous n'avez pas tellement accès
11:27au ministère de la Santé ?
11:30Si, on a accès,
11:31on est au dialogue avec le gouvernement,
11:35avec le ministre, son cabinet
11:36et l'administration.
11:38Je souhaiterais que ce dialogue,
11:40notamment en vue du prochain PLFSS,
11:45ait lieu plus tôt,
11:46qu'il y ait plus de concertation,
11:48plutôt que d'avoir tous les ans
11:49cette crise sur septembre-octobre
11:51qui n'amène à rien.
11:53Il y a beaucoup de choses
11:54qu'on pourrait construire ensemble
11:55et, dans le parcours de soins,
11:58aller chercher,
11:58aussi via le médicament,
11:59des efficaces.
12:00J'ai envie de dire que,
12:01de ce point de vue-là,
12:02le président américain
12:02vous facilite la tâche
12:04parce qu'il a mis sur la table
12:06le fait que le médicament
12:07était devenu une arme
12:08de dissuasion massive,
12:09entre guillemets,
12:10dans le sens où,
12:11c'est vrai que,
12:12c'est d'autant plus vrai
12:13que là,
12:14il y a des progrès,
12:15il y a des innovations
12:16qui sont très importantes,
12:18très significatives
12:19dans le cancer,
12:20mais aussi dans d'autres maladies.
12:22Et, or,
12:23il y a 40%
12:24des médicaments innovants
12:25qui sont approuvés en Europe
12:27et qui ne sont pas en France.
12:29Comment vous expliquez
12:30cette bizarreté ?
12:34Plusieurs raisons.
12:36Parce que,
12:37le fait d'avoir accès
12:38au marché européen
12:39ne garantit pas
12:40la prise en charge
12:41par la solidarité nationale
12:42en France.
12:43Cela est réévalué
12:44par la Haute Autorité de Santé.
12:46Ensuite,
12:47a lieu toute la négociation
12:48de prix
12:48qui,
12:50je le répète encore une fois,
12:51parmi les prix
12:52les plus bas d'Europe
12:53et qui donc freinent à l'accès.
12:55Il y a une définition
12:56de l'innovation
12:56par la Haute Autorité de Santé
12:58qui a un certain prisme.
12:59Et là,
13:00ce que l'on dit,
13:02il faut remettre à plat
13:03totalement en France
13:04le financement
13:05et la régulation
13:06du médicament,
13:07d'autant plus
13:08que c'est devenu
13:08une arme géopolitique.
13:09Il y a des grandes innovations
13:10dans les médicaments
13:12en ce moment.
13:12Mais,
13:13il y a des innovations
13:14qui arrivent tous les ans
13:15dans des maladies rares.
13:16Là,
13:16on a le sentiment
13:18qu'il y a,
13:18notamment sur le cancer,
13:19on est en train
13:20de franchir des étapes
13:21dans la lutte
13:22contre cette maladie.
13:24Tout à fait.
13:25La recherche
13:26ne s'arrête pas.
13:27Il y a encore,
13:28malheureusement,
13:28énormément de maladies
13:30où il n'y a pas
13:30de solution thérapeutique
13:31appropriée.
13:32Et donc,
13:32il faut s'assurer
13:33que quand ces solutions
13:34vont arriver,
13:35elles seront disponibles
13:36pour les patients français.
13:37Le combat,
13:38il est là.
13:39Le combat,
13:39il ne sera pas dans 15 ans
13:40de se dire
13:41« Ah ben tiens,
13:42telle pathologie,
13:43on peut aller soigner
13:43aux Etats-Unis,
13:45en Suisse
13:45ou je ne sais pas où,
13:46mais pas chez nous.
13:47Dans le pays
13:47de la sécurité sociale,
13:49ce serait dramatique. »
13:52Les grandes recherches
13:53actuellement,
13:53je fais un petit détour,
13:55Thierry Hulot,
13:56les grandes recherches
13:56actuellement,
13:57je parlais du cancer,
13:58c'est quoi ?
13:58C'est sur la maladie
13:59d'Alzheimer,
14:00c'est sur l'anti-obésité,
14:01on voit le succès
14:02notamment aux Etats-Unis
14:04de tous ces médicaments
14:05type Wegovy
14:07et d'autres
14:08ou le Zampik.
14:09C'est là-dessus
14:10que se fixe la recherche ?
14:13Il y a toujours
14:14énormément de recherches
14:15sur le cancer
14:17parce que malheureusement
14:18tous les types de cancers
14:19ne sont pas encore
14:20traités et guéris.
14:21Il se multiplie en plus.
14:22Il y a ensuite
14:22beaucoup de recherches
14:23sur des maladies
14:25qu'on peut appeler
14:25silencieuses,
14:27le diabète,
14:28l'hypertension,
14:29des maladies
14:30neurodégénératives
14:31et puis
14:32toute une série
14:33de maladies orphelines.
14:34Il y a aussi
14:35beaucoup de recherches
14:36maintenant
14:36pour lutter
14:37contre l'antibioresistance
14:39et n'oublions pas...
14:40C'est quoi l'antibioresistance ?
14:41C'est la résistance
14:41aux antibiotiques.
14:42Ah d'accord, ok.
14:44Et n'oublions pas
14:45toute la recherche
14:46sur mieux qu'être malade
14:48c'est prévenir la maladie,
14:50toute la vaccination
14:51et tout le potentiel
14:53qu'offrent les vaccins
14:54pour justement
14:55échapper à la maladie.
14:57Qu'est-ce qu'il...
14:58Là, est-ce que vous avez
14:59le senti ?
14:59Je ne sais pas,
15:00notamment depuis
15:00cette polémique
15:01entre Donald Trump
15:03et...
15:03Même si c'était
15:04la semaine dernière
15:04entre Donald Trump
15:05et le président Macron.
15:08Est-ce que je ne sais pas,
15:08est-ce qu'on vous a consulté ?
15:10Est-ce que vous avez été appelé ?
15:12Est-ce que vous avez été sollicité ?
15:14Ben...
15:16Je pense que ça a mis le débat
15:18sur la place publique.
15:19Oui, la preuve,
15:20vous êtes là.
15:20Voilà.
15:21On ne peut plus l'ignorer.
15:22Et donc, profitons-en
15:24pour discuter,
15:25pour dialoguer,
15:25pour construire
15:26et pour se dire
15:27qu'il est urgent
15:28de mettre en place
15:29une solution européenne
15:31et une solution française.
15:32Ça fait des mois
15:33qu'on attend.
15:33Eh bien, allons-y.
15:34Est-ce qu'il n'y a pas
15:35un moyen quand même
15:35de vous réconcilier
15:36avec tous ceux
15:37qui ont claqué la porte
15:38parce qu'on est toujours plus fort
15:40quand on est nombreux ?
15:41Notamment quand vous représentez
15:43les grands labos français.
15:45Oui, bien sûr.
15:46Je regrette ces quelques départs.
15:48Mais à la fin,
15:48ce qui nous unira,
15:49c'est de servir
15:49les patients français.
15:51Oui, ok, ok.
15:52Mais enfin bon,
15:52ça c'est un peu...
15:53Pardonnez-moi,
15:54c'est un peu des éléments
15:55de langage.
15:56Vous voyez ce que je veux dire ?
15:57C'est qu'il faut en même temps...
15:58Il y a un moment...
16:00Non, c'est pas un élément de langage.
16:02De vocation,
16:03je suis pharmacien.
16:04Un pharmacien,
16:05le matin,
16:05il se lève
16:05pour aider ses concitoyens
16:07à aller mieux.
16:08Rien ne me fera dévier de ça.
16:10Oui, mais là,
16:10il y a un enjeu,
16:11encore une fois,
16:12il y a un enjeu quand même
16:13sur l'industrie du médicament.
16:15Vous voyez,
16:15on perd ma voix.
16:17L'enjeu,
16:17chacun le dit avec ses mots,
16:19agit avec sa façon.
16:20C'est quoi ?
16:21C'est de garantir
16:22que les innovations
16:23arrivent dans ce pays,
16:24que l'on favorise
16:25une production européenne
16:27et française,
16:28que l'on s'assure
16:29que les patients
16:30accèlent leur traitement.
16:31Pardonnez-moi,
16:31je recommence.
16:33Thierry Lowe,
16:33il faudrait quoi ?
16:34Il faudrait une augmentation.
16:35Ce que vous demandez,
16:36c'est quoi ?
16:36C'est une augmentation
16:37des prix du médicament
16:39parce que vous disiez
16:39on est déjà en train
16:41de préparer le PLFSS
16:42de l'année prochaine.
16:44Je pense que ça va être sportif
16:45parce que ça sera
16:45un PLFSS
16:47à la veille
16:48d'élections présidentielles
16:49donc ça va être compliqué.
16:50Mais est-ce que
16:51c'est ça que vous demandez ?
16:53C'est une hausse
16:53des prix du médicament ?
16:54Qu'est-ce que vous demandez ?
16:56Vous demandez
16:56un raccourcissement
16:57des procédures ?
16:58Déjà,
16:58que l'on arrête
16:59de baisser les prix
17:01encore plus
17:02tous les ans.
17:031,4 milliard de baisse de prix.
17:04On n'est pas discuté
17:05de hausse de prix là.
17:06Déjà,
17:07d'arrêter les baisses.
17:08Ce serait déjà énorme.
17:09Ensuite,
17:10qu'on arrête
17:10la surtaxation
17:11de cette industrie.
17:12On paye des impôts
17:14comme n'importe quelle entreprise
17:15et en plus,
17:16on a six taxes sectoriels
17:18dont une nouvelle
17:19qui vient de tomber
17:20a un taux record.
17:22Donc,
17:23c'est complètement incohérent
17:24face à ce qui se passe
17:25dans le monde.
17:26Donc,
17:26il faut se mettre
17:27autour de la table
17:28et se dire
17:28il faut revoir
17:29le financement
17:30et la régulation
17:30du médicament.
17:31La part
17:32de la richesse nationale
17:34qu'on veut investir
17:35pour se protéger,
17:37pour éviter la maladie,
17:38pour guérir.
17:39Vous êtes
17:40président du LEM,
17:41Thierry Hulot,
17:42ok,
17:42mais vous êtes aussi
17:43président de Merck France.
17:44Est-ce que votre maison mère
17:45vous dit
17:45attendez là,
17:46ça commence à suffire,
17:48est-ce que vous faites partie
17:49des neuf dirigeants
17:50sur dix
17:50qui disent
17:51que la France
17:51n'est plus
17:52suffisamment compétitive
17:54et qu'on ne va plus
17:54investir en France ?
17:56Alors,
17:56ce que je dis
17:57et vous citiez le baromètre...
17:58C'est votre maison mère,
17:59comme ça,
17:59ça vous décharge.
18:01Ma maison mère
18:02observe le baromètre
18:03de l'attractivité
18:04de la France
18:05que publie le LEM
18:06et dit
18:07ça ne va pas
18:08et ce n'est pas soutenable.
18:10Oui,
18:11bah oui.
18:13Il est difficile
18:13pour vous de répondre.
18:15Battons-nous,
18:16engageons-nous,
18:17on peut faire bouger
18:18les lignes.
18:19Regardez,
18:19il y a encore
18:20quelques mois en arrière,
18:21le mauvais élève
18:22que l'on citait
18:23était le Royaume-Uni
18:26où certaines grandes entreprises
18:28pharmaceutiques anglaises
18:29disaient
18:29on va peut-être délocaliser
18:30notre siège social.
18:31Ils avaient annulé
18:32des investissements,
18:33ils avaient arrêté
18:34de lancer des essais cliniques
18:35au Royaume-Uni
18:36et les innovations
18:37y arrivaient
18:38quasiment aussi mal
18:39qu'en France.
18:41Le gouvernement
18:42du Royaume-Uni
18:43a réagi,
18:44a développé
18:45un budget spécial
18:46pour que les nouvelles innovations
18:48soient mieux valorisées
18:49en réfléchissant
18:51à comment faire cela
18:52sans déséquilibrer
18:53leurs comptes.
18:54Donc,
18:54il y a des solutions,
18:55elles sont possibles.
18:56Ça, ça pourrait marcher
18:57en France ?
18:57Si on se met autour
18:59de la table
18:59et qu'on commence
19:00à y travailler,
19:01oui, ça marchera
19:02et allons chercher
19:03des efficiencies
19:04dans les parcours
19:05de soins.
19:07Nous avons proposé
19:08il y a déjà 18 mois
19:09tout un parcours
19:10d'efficience
19:11dans l'économie
19:12du médicament
19:12qui avait été à l'époque
19:13pieusement ignoré.
19:15Donc,
19:16mettons-nous autour
19:17de la table
19:17et réfléchissons
19:18à dire
19:19demain,
19:20comment on garantit
19:21que nos concitoyens
19:22auront accès
19:22au progrès thérapeutique,
19:24que nos entreprises
19:25auront un dynamisme économique
19:27qui leur permettra
19:27d'avancer
19:28sans mettre à mal
19:29les comptes de la nation ?
19:30Oui,
19:30alors,
19:31il y a quand même,
19:31en fait,
19:32il y a deux problèmes
19:33parce que,
19:34un,
19:34c'est vrai qu'il y a
19:35des médicaments
19:35qu'on ne trouve pas,
19:37des médicaments
19:37qui sont très innovants
19:38qu'on ne trouve pas
19:39en France,
19:40mais il y a aussi,
19:40du coup,
19:41on voit bien,
19:42je l'ai encore testé
19:44tout à l'heure
19:45pour moi-même,
19:46il y a des médicaments
19:47qu'on ne trouve plus
19:48qui sont en rupture
19:49de stock.
19:49ça devient un phénomène
19:51quand même très inquiétant,
19:52à mon avis,
19:53il y a une centaine
19:55de témoignages
19:55dans l'heure.
19:57Alors,
19:57sur ce qu'on appelle
19:58les pénuries
19:58de médicaments,
20:01le paroxysme
20:02a été,
20:02il y a 18 mois
20:02en arrière,
20:04où ça avait été
20:04largement rapporté,
20:05on s'était d'ailleurs
20:06rencontrés à ce moment-là,
20:08et où le ministre
20:09de la Santé de l'époque
20:10avait mis toutes les parties
20:11prenantes autour de la table
20:12en disant,
20:13mettons en place
20:14un plan d'action commun.
20:15C'est ce qu'on a fait,
20:16et même si le ministre
20:17a changé,
20:18on a gardé ce plan d'action.
20:20Et petit à petit,
20:21la situation s'améliore.
20:23Je ne dis pas
20:23que le problème est réglé
20:24et que c'est pleinement
20:25satisfaisant.
20:26L'agence,
20:27l'ANSM,
20:28a publié en décembre
20:29que notamment
20:30sur les psychotropes,
20:31la situation
20:31était tendue
20:33mais moins critique.
20:34Donc,
20:35on l'avait dit dès le début,
20:36ce sera une politique
20:37des petits pas,
20:38il ne faut rien lâcher
20:39et on peut y arriver.
20:40Mais c'est un très bon exemple.
20:42En mettant tout le monde
20:43autour de la table,
20:44en se disant,
20:44voilà le problème,
20:45travaillons ensemble
20:46pour le résoudre,
20:47petit à petit,
20:48on y arrive.
20:49Il ne faut rien lâcher.
20:51Alors,
20:51on voit qu'il y a
20:51la tentation américaine,
20:52on en a parlé largement,
20:53mais il y a aussi
20:54ce qui se passe
20:55autour d'Abivac,
20:56je ne sais pas
20:56si vous connaissez,
20:57c'est une pépite française
20:59qui est dirigée
20:59par Marc de Garidel,
21:00qui était avant
21:01l'ancien patron d'Ibsen,
21:02du reste,
21:02qui est spécialisé
21:03dans les maladies
21:04chroniques inflammatoires
21:05et notamment
21:06contre l'inflammation
21:07de l'intestin,
21:08c'est une véritable révolution
21:09qu'ils sont en train
21:10de nous trouver
21:10et c'est de pépite française,
21:13il y a un laboratoire américain
21:15qui est en train,
21:17qui a mis 15 milliards
21:18sur la table.
21:20Ça vous inspire quoi ?
21:21Ça veut dire que,
21:23décidément,
21:23les Américains
21:24sont vraiment à l'offensive
21:25et que nous,
21:26on ne fait que d'observer ?
21:28Déjà deux choses,
21:30il faut se réjouir
21:30qu'en recherche,
21:32en innovation,
21:32il y ait toujours
21:33ce génie français
21:34et que des pépites français
21:35soient attractives
21:36et soient repérées
21:38à l'échelle internationale.
21:39Ensuite,
21:40c'est la loi des marchés
21:41et c'est la loi des marchés.
21:44Donc, pour vous,
21:47même si ça passe sous contrôle américain,
21:49c'est la loi des marchés ?
21:51Je ne commente pas
21:52sur des stratégies d'entreprise
21:53dans mon rôle.
21:55Merci beaucoup.
21:56Merci Thierry Loh
21:57d'avoir été avec nous.
21:58On a bien compris
21:58qu'il y a beaucoup de choses
22:00à négocier,
22:00mais à condition que,
22:01vous disiez,
22:02vous avez repris cette expression
22:03« il faut qu'on se mette
22:04autour de la table »,
22:05à condition que,
22:05de l'autre côté de la table,
22:06il y a des gens,
22:07il y a quand même des personnalités
22:08à qui vous pourrez vous adresser.
22:09C'est un peu toute la difficulté,
22:11on l'a compris.
22:12Merci beaucoup.
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