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  • il y a 2 jours
Décryptage de l’activité des marchés, des conditions d’emprunt, conseils et perspectives avec Maître Bertrand Savouré, président du Conseil supérieur du Notariat, et Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer, dans l’émission Figaro Immo animée par Olivier Marin sur Figaro TV.
Emission enregistrée au Grand Palais à l’occasion des 200 ans du Figaro.

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Transcription
00:01L'immobilier, le bilan, les perspectives, on va prendre de la hauteur dans cette émission exceptionnelle depuis le Grand Palais.
00:10Figaro Imo, c'est parti !
00:18Bonjour à tous et à toutes, c'est un vrai plaisir de présenter cette émission depuis le Grand Palais
00:24à l'occasion des 200 ans du Figaro, émission délocalisée au cœur de l'événement.
00:30On va parler d'un sujet qui intéresse les amoureux, les fidèles du Figaro, c'est l'immobilier bien sûr.
00:36Et pour en parler, deux experts, deux invités sur le plateau qu'on est très heureux de recevoir.
00:42Julie Bachet, bonjour.
00:43Bonjour.
00:44Vous êtes directrice générale de Vous Financez, spécialiste des crédits immobiliers.
00:49Maître Bertrand Savouret, bonjour maître.
00:52Bonjour Olivier.
00:52Président du CSN, le Conseil supérieur du notariat, président des notaires de France.
01:00Alors, on vous réunit tous les deux pour évidemment parler du bilan de l'activité 2025,
01:05mais surtout se projeter sur 2026 pour tous ceux qui souhaitent acheter un logement, faire un investissement.
01:13On va essayer d'éclairer les téléspectateurs.
01:17Tout d'abord, peut-être en introduction à tous les deux, c'est un événement, 200 ans, le Figaro.
01:23Qu'est-ce que ça vous inspire ? Maître.
01:27Écoutez, 200 ans, c'est la longue durée.
01:29Et vous savez que l'immobilier est un placement de long terme, c'est un placement de confiance de long terme.
01:33Donc, parler de l'immobilier dans une émission au cœur des 200 ans, ça a du sens.
01:38Et puis, l'immobilier, c'est aussi un vecteur de transmission.
01:41200 ans, c'est quoi ? C'est 4, 5, 6 générations.
01:45Donc, l'immobilier concerne les générations les unes après les autres.
01:48Donc, c'est très approprié.
01:49Très bien. Julie ?
01:51La construction de Paris, dont le lieu dans lequel nous sommes, a été permis grâce notamment à différents établissements bancaires très anciens, eux aussi, qui ont accompagné ce développement depuis de nombreuses années.
02:03Et donc, le crédit comme l'immobilier sont de toute façon des vecteurs, effectivement, de durabilité.
02:08Et on voit bien que dans un lieu comme celui-là, c'est important de s'inscrire dans la durée.
02:11Très bien.
02:12Maître, on va démarrer par vous, les notaires, l'expertise.
02:17Tout d'abord, un bilan, une synthèse de l'année 2025.
02:22Écoutez, l'année 2025, c'est une année de sortie de crise.
02:25En tout cas, on espère qu'on pourra dire avec le recul que c'était bien une sortie de crise.
02:29Vous savez que quand on observe l'immobilier, mettons, ces dix dernières années, on a connu une espèce de flamboyance depuis une dizaine d'années avec un marché très porteur.
02:38On a observé un marché, après le confinement, après le Covid, qui a été une espèce de brasier incroyable, avec une augmentation considérable du nombre de transactions.
02:49Et puis, fin 2022, badaboum.
02:52Donc, un effet correcteur à minima, c'est-à-dire le marché s'écroule.
02:55Oui, c'est-à-dire qu'il y a eu un record 1 200 000 ventes, année 2021, post-Covid.
03:00Voilà, 1 250 000 ventes, ce qu'on n'avait jamais vu.
03:03Il faut bien avoir en tête que le marché, le nombre normal sur un marché immobilier, c'est entre 800 000 et 900 000 ventes.
03:09Donc, si vous voulez, on est passé à 1 250 000 ventes.
03:11Et je peux vous dire que les notaires avaient du mal à faire face à l'époque.
03:15Et c'était des, on le sait, c'était des habitudes qui avaient changé, une espèce de récupération d'un marché qui avait été immobilisé.
03:21Enfin, on en connaît les causes.
03:23Et puis, voilà, donc depuis fin 2002, chute vertigineuse, 40% de baisse de transactions, chute très brutale, qui s'inscrit sur la durée.
03:31Et ça a été en même temps un effet correcteur et en même temps une crise.
03:36Il y a eu les deux ensemble.
03:37Et là, 2025, on aperçoit depuis début 2025 une stabilisation, puis une hausse, parce qu'on termine l'année 2025 avec une hausse d'environ 12% du nombre de transactions en volume.
03:49Donc, ça prouve bien qu'il y a quand même quelque chose qui s'est passé de mieux.
03:52Alors, c'est lié aussi, on en reparlera peut-être, au taux du crédit stabilisé, à la confiance retrouvée.
03:56Donc, voilà, donc fin 2025, c'est l'année de sortie de crise.
04:00940 000 ventes, c'est ça ? Transactions 940 000 à peu près ?
04:02On va terminer, on termine 2025 à 945 000.
04:06945 000, d'accord.
04:07Ce qui est déjà pas si mal sur un marché immobilier tel qu'on l'a connu.
04:11Mais je crois qu'il faut aussi peut-être avoir en tête que les habitudes ont été prises dans un marché immobilier très porteur,
04:18de revendre et d'acheter assez facilement.
04:19Je ne sais pas si ces habitudes seront maintenues dans un marché plus difficile, avec des taux plus lourds.
04:26Donc, l'avenir nous dira si ce rythme de transaction se stabilise ou pas.
04:31L'évolution des prix, on sait qu'il n'y a pas un, mais des marchés à plusieurs vitesses.
04:36Quelles observations clés on peut faire de 2025 sur l'évolution des prix ?
04:412025, là aussi, ça a été...
04:43Mais vous savez que les prix suivent un peu les volumes, donc on va attendre un peu.
04:48Mais 2025, ça a été une légère hausse des prix, moyennement, pardon, sur la France entière.
04:53On est autour de 1,3% de hausse de prix, donc c'est pas très significatif.
04:58Après une période où on a connu de 5 à 10% de baisse de prix, selon qu'on est Métropole, Paris ou France entière.
05:05Donc, on a une petite reprise des prix qui s'est amorcée, faible, faible,
05:10mais qui veut quand même dire qu'on est justement sur ce cycle un peu de fin de crise, peut-être.
05:15Et notamment dans les grandes villes, Paris, Lyon, Bordeaux aussi, on a vu une légère progression des prix,
05:20alors que plutôt, dans les villes moyennes, une légère baisse.
05:24On va dire qu'en moyenne, ça se stabilise, mais bon...
05:28Ça se stabilise et évidemment, le marché des villes est un marché plus actif que le marché en dehors des villes.
05:33Donc, c'est normal que l'augmentation se porte essentiellement là.
05:36Un mot, maître, sur l'impact du DPE sur la valeur des biens.
05:40Je sais que les notaires, régulièrement, vous publiez des études dans le domaine et la dernière est très intéressante.
05:45Oui, on publie ce qu'on appelle la valeur verte, c'est-à-dire l'indice de la valeur du DPE sur le prix.
05:53Et on se rend compte que, bon en ballant, un mauvais DPE impacte un prix immobilier jusqu'à 15% de sa valeur de marché normale.
06:00Donc, c'est quand même assez significatif.
06:03Alors, vous savez que depuis le 1er janvier, on a un DPE qui est un peu corrigé,
06:07puisque l'électricité est mieux prise en compte dans la valeur de l'énergie.
06:13Donc, ça veut dire qu'il y a un certain nombre de logements qui étaient plus ou moins passoires thermiques
06:17et qui sortent des mauvaises catégories.
06:19Donc, ça va un peu redresser un peu tout ça.
06:22Mais incontestablement, la mesure du DPE est devenue un enjeu majeur sur un marché immobilier.
06:30Et il faut se mettre en configuration d'avoir une bonne isolation dans son logement si on veut avoir un bon produit.
06:36Très bien. On reviendra bien sûr avec vous sur les enjeux et les perspectives 2026.
06:40Julie Bachet, directrice générale de vous, financez.
06:43Et la production de crédit s'est repartie. Il y a eu une bonne dynamique, en tout cas en 2025.
06:48Oui, tout à fait. Et d'ailleurs, meilleure que l'augmentation du marché de l'immobilier,
06:53puisque vous le disiez, c'est plus 11% en termes de volume de transaction.
06:57Le marché de la distribution du crédit immobilier, c'est plus 35% en 2025.
07:01Et ça, ça s'explique notamment par le fait qu'après plusieurs années
07:05où les acquéreurs ont dû mettre beaucoup d'apports dans leurs opérations,
07:08voire on a constaté une augmentation très importante du nombre de paiements comptants
07:13puisqu'effectivement, en 2023-2024...
07:16Ceux qui payaient cash.
07:17Exactement, les paiements cash, les paiements comptants.
07:19Et l'accès au crédit a été assez compliqué, pas en 2025, mais 2023-2024.
07:26Et donc, on avait eu plus d'acquisitions avec beaucoup d'apports ou sans crédit du tout.
07:31Et là, l'année dernière, les banques ont réouvert les vannes du crédit,
07:35se sont repositionnées sur le marché du prêt immobilier.
07:38Et donc, ça, ça conduit à avoir une augmentation de la distribution de prêts immobiliers
07:41de 35% en 2025.
07:44Les taux d'intérêt, on sait que c'est très important.
07:47Ils avaient progressé en l'espace de quasiment deux ans de 1 à 4%,
07:51ce qui avait littéralement bloqué le marché.
07:53Alors, question importante, où en sont les taux d'intérêt aujourd'hui ?
07:57Alors, très bonne question, Olivier.
07:59Donc, on va être sur des taux relativement stables, on va dire,
08:02depuis une bonne année aujourd'hui.
08:04Il y a des légères hausses, des légères baisses.
08:06Mais finalement, peu d'impact sur les taux de l'instabilité politique qu'on connaît.
08:13Alors, ça a un impact sur les taux directeurs de la Banque Centrale Européenne,
08:17puisqu'on voit que l'OAT a pu bouger aussi.
08:20Ce n'est pas les taux de la Banque Centrale Européenne,
08:22mais l'OAT a bougé pas mal à chaque fois qu'il y a eu soit un gouvernement qui est tombé,
08:26soit là, en décembre, au moment où la commission mixte paritaire
08:30ne s'est pas entendue sur le projet de loi de finances.
08:32Et sur l'OAT 10 ans, l'État emprunte plus cher que le particulier ?
08:35Oui, tout à fait.
08:36Et les taux de l'OAT 10 ans, donc, on était plutôt autour de 3,45 début décembre.
08:41Après l'échec de la commission mixte paritaire, on est monté à 3,62.
08:45On a rebaissé depuis, on est autour de 3,50, on va dire.
08:49Mais pas tant d'impact que ça sur les conditions proposées par les banques.
08:52Déjà parce qu'elles ne se refinancent pas toutes sur les marchés.
08:54Beaucoup prêtent sur la base de leurs liquidités disponibles.
08:58Et puis, on est en début d'année, donc elles ont des objectifs à réaliser
09:02puisque la bonne nouvelle, c'est qu'elles ont reconduit pour 2026 leurs objectifs 2025.
09:07On sait que c'est plutôt sur le début d'année qu'elles vont être le plus conquérantes
09:10et qu'on va pouvoir faire jouer la concurrence.
09:12Donc, des taux relativement stables et très nettement plus bas
09:15que ceux qu'on a pu connaître il y a deux ans,
09:17ce qui veut dire une capacité d'emprunt nettement supérieure
09:19pour les candidats à l'accession en janvier 2026
09:22que ce qu'on pouvait connaître en janvier 2024.
09:24Mais Julie, certaines banques, quand même, ont relevé leur barème
09:28légèrement depuis le début de l'année, depuis les premiers jours de janvier.
09:32Est-ce qu'on est ou optimiste ou pessimiste ?
09:35On peut s'inquiéter de se dire que quand les taux étaient passés de 1 à 4%,
09:39ça avait littéralement bloqué le marché.
09:41Là, il faut s'inquiéter ou pas ?
09:43Non, je ne pense pas qu'il faille s'inquiéter.
09:45Effectivement, quand les taux sont passés de 1 à 4%,
09:47le problème, c'est que cette hausse s'est faite de façon très violente.
09:51Et en plus, on a eu un problème par rapport aux taux d'usure
09:53puisque le calcul du taux d'usure se faisait en tous les trimestres.
09:56Les taux ont augmenté tellement rapidement.
09:59À cette époque-là, on pouvait recevoir des barèmes de banques tous les 10 jours
10:01que même si les emprunteurs étaient prêts à emprunter à 4%,
10:05les banques ne pouvaient même pas prêter parce qu'elles étaient contraintes par le taux d'usure.
10:09Là, aujourd'hui, on va dire, le taux moyen en janvier 2025, c'était 3,20.
10:14Là, on va être sur un taux moyen à 3,40.
10:16Donc, on est sur des hausses qui sont vraiment très limitées.
10:21On ne peut pas forcément s'attendre à des baisses de taux conséquentes en 2026,
10:25mais nous, on pense qu'on va plutôt être sur des taux très nettement inférieurs à 4,
10:29autour de 3,5.
10:30Et là, je vous parle de près de durée de 20 ans ou plus.
10:33Donc, des taux, somme toute, très attractifs sur ces durées d'emprunt.
10:36Donc, ça, c'est votre pronostic des taux d'intérêt autour de 3,5 pour cette année,
10:42alors qu'il y a quand même des incertitudes politiques, économiques, voire géopolitiques.
10:46Bon, mais c'est bien, c'est bien de prendre ce pari des taux à 3,5.
10:51Je vais dire dans un contexte équivalent à celui qu'on connaît aujourd'hui.
10:54Évidemment qu'on ne peut pas maîtriser ce qui peut arriver dans l'année, malheureusement.
10:58Phénomène important, on a vu le retour sur le marché des primo-accédants.
11:02Retour en force.
11:03Exactement. On peut voir que dans la distribution de crédits qui a eu lieu en 2025,
11:08donc je le disais tout à l'heure, autour de 150 milliards d'euros,
11:1153% de ces crédits ont été distribués à des primo-accédants.
11:15C'est-à-dire que les primo-accédants ont augmenté beaucoup plus que le nombre de transactions
11:21et même que la distribution de crédits qui, elle, est de plus 35%.
11:25Et ça, ce sont vraiment des éléments qui sont importants et qui doivent nous rassurer pour la suite du marché
11:30puisque ça veut dire que les primo-accédants, ils achètent par besoin et ils sont beaucoup moins sensibles
11:37aux aléas politiques, internationaux, de politiques de crédit des banques, etc.
11:44Parce que s'ils achètent, c'est qu'ils ont besoin d'acheter, soit parce qu'ils veulent arrêter d'être locataires.
11:47Et c'est exactement la résidence principale.
11:51C'est 85% des crédits distribués concernent la résidence principale.
11:57Très bien. Alors on va se projeter sur 2026 tous les deux.
12:01Maître, quels sont pour vous les enjeux et les tendances cette année à suivre dans l'immobilier ?
12:07La première grande question, ça va être précisément de savoir si 2025 a été une sortie de crise,
12:13est une sortie de crise pérenne. Et notamment, et c'est lié, le contexte géopolitique très anxiogène qu'on connaît,
12:21le contexte politique de politique intérieure, le contexte fiscal et financier en France, la crise budgétaire.
12:27Enfin voilà, un ensemble de données qui vont faire ce que sera le marché immobilier de 2026.
12:32Il y a, je crois, beaucoup d'acquéreurs. Il y a une forte demande en immobilier.
12:37Les gens ont besoin de se loger. D'une part, ils sont acquéreurs de la résidence principale, d'autre part.
12:41Et donc, il faut travailler l'offre. Et pour travailler l'offre, il faut de la confiance.
12:45Et donc, le grand enjeu de l'année 2026, c'est est-ce qu'on va créer, dans le courant de cette année,
12:50un climat de confiance qui va permettre de se projeter un peu et de créer de l'offre ?
12:55Comment créer ce climat de confiance pour 2026, Julie ?
12:59Alors, moi, je dirais que j'espère vraiment que 2026 va être une année qui sera effectivement une année qui va confirmer la reprise
13:06puisqu'on sait qu'ensuite, on va arriver dans une année électorale.
13:09Et là, on sait d'avance que 2027, ce sera un peu plus compliqué.
13:12Les éléments qui peuvent permettre de créer la confiance, ça va surtout être au niveau des investisseurs
13:16puisqu'on voit qu'au niveau des primo-accédants, de toute façon, ils sont là, ils sont en demande.
13:21Aussi parce que ça devient très difficile d'être locataire et qu'il est quasiment plus facile aujourd'hui de devenir propriétaire
13:26que d'accéder à l'allocation. Le sujet, ce sont effectivement les investisseurs.
13:31Et là, on va vraiment avoir besoin de visibilité à la fois dans le projet de loi de finances
13:35mais aussi dans les décrets que l'on attend puisque le statut du bailleur privé a été quand même sérieusement écorné
13:41dans le projet de loi de finances. Ça devrait être potentiellement amélioré avec des décrets.
13:44Mais à ce stade, on n'a aucune certitude. Et autant on peut être assez serein sur le marché des primo-accédants,
13:51autant les investisseurs, eux, sont très attentifs à l'ensemble du package fiscal, immobilier.
13:58Et si eux n'investissent pas, de toute façon, ça finit par gripper aussi ce marché de l'allocation
14:02et la rotation du marché.
14:04Donc un frein pour l'allocation, pour l'investissement locatif, donc ce statut du bailleur privé.
14:09Mais déjà, qu'en pensez-vous, maître ? Il faut inciter à investir, inciter les particuliers à investir dans l'immobilier ?
14:16Oui, oui. Nous, c'est ce qu'on dit. Les notaires de France disent depuis longtemps qu'il faut créer un vrai statut du bailleur privé.
14:22Il y a aujourd'hui un certain nombre d'avantages fiscaux qui sont octroyés, qui ont été octroyés,
14:27qu'on ouvre, qu'on ferme, qu'on réouvre. Il faut créer un vrai statut du bailleur privé.
14:32Le bailleur privé, c'est celui qui investit, qui met à disposition des locataires,
14:36qui est en charge d'entretenir le bien.
14:38Et donc c'est quelqu'un qui est important dans la chaîne économique de l'immobilier.
14:42C'est l'investisseur dont on parlait à l'instant.
14:44Mais pour que l'investisseur aille sur le marché immobilier, il faut l'aider.
14:48Et donc il faut qu'il y ait un statut et qu'il ne soit pas soumis à des règles fiscales aléatoires
14:52au gré des changements de politique fiscale.
14:55Donc ce statut du bailleur privé, il y a plusieurs façons de le concevoir.
14:59Nous, on est très promoteurs d'une règle très générale
15:02dans laquelle le bailleur s'inscrit avec une dynamique entrepreneuriale.
15:05C'est-à-dire que sous condition de démarche entrepreneuriale, de sécuriser le bien,
15:10de garder le bien sur la durée, etc., d'offrir des avantages, parce que tout le monde y a intérêt.
15:15Le problème, c'est qu'on l'a vu dans les dernières discussions sur la loi de finances,
15:19il y a quelques petites mesures, quelques petites mesures fiscales un peu éparses
15:24qui sont généralement proposées pour inciter, mais elles sont très insuffisantes.
15:27Il faudrait vraiment un peu faire table rase de l'existant et se mettre autour d'une table
15:33pour définir ce que serait un vrai statut de bailleur privé qui mettrait les gens en confiance.
15:38La réponse ne sera pas que fiscale, elle doit être aussi sociale ?
15:42Alors je vais vous dire, elle est fiscale, elle est sociale,
15:45mais le point de départ, c'est est-ce qu'on estime, est-ce qu'on considère en France
15:49que l'investisseur immobilier est un acteur de l'économie ?
15:52Un producteur de logements aussi, qui permet en investissant et en plaçant son argent dans l'immobilier
15:57de loger des familles, de loger des étudiants, c'est important de le reconnaître.
16:01Exactement. Si on répond positivement à cette question, tout le reste suivra.
16:06Et en fait, c'est notre conviction. Mais vous avez raison, il faut qu'il y ait des règles fiscales
16:10qui soient appropriées, des règles sociales, vous l'avez dit, des obligations à la charge de ceux qui investissent.
16:16Donc c'est tout un marché sur lequel il faut créer de l'attractivité.
16:21Julie.
16:21Oui, alors je suis complètement d'accord, d'autant plus qu'aujourd'hui, on voit que les banques sont revenues
16:26favorablement sur le marché des investisseurs. C'est un marché dont elles avaient pu un peu se désengager
16:31puisque quand elles ne pouvaient pas accompagner l'ensemble des demandes qui leur étaient proposées,
16:34elles ont privilégié plutôt les accédants à la propriété qui achetait leur résidence principale.
16:40Aujourd'hui, elles sont disposées à accompagner des investisseurs.
16:43Donc il n'y a pas de frein, en tout cas, pour le financement de ces derniers.
16:46Et c'est vrai que le statut du bailleur privé serait beaucoup plus facile à appréhender pour elles
16:50que les dispositifs incitatifs fiscaux aujourd'hui qui sont parfois assez compliqués,
16:55qui ont pour effet d'augmenter artificiellement finalement la valeur des biens,
16:59notamment des biens neufs ou même de l'ancien.
17:01– Vous faites allusion au Pinel, c'est ça, oui.
17:04– Du Pinel ou du Denormandie, des dispositifs même, des monuments historiques,
17:10enfin tout ce qui peut aujourd'hui rester comme dispositifs qui sont intéressants
17:12– Qu'on ait un statut péril une fois pour toutes, en tout cas, pour le neuf, pour l'ancien, c'est ça.
17:17– Et je dirais que c'est vrai aussi pour les accédants puisque finalement,
17:20ces politiques de stop and go, qu'on soit sur les investisseurs, sur la rénovation,
17:24avec ma prime rénov' qui est là, qui est suspendue, qui est remise, qui est resuspendue,
17:27c'est extrêmement compliqué finalement pour ceux qui ont des projets immobiliers
17:31de se projeter parce qu'un projet immobilier, ça ne se réalise pas en 48 heures,
17:35ça se prépare, ça se réfléchit, ça se construit par rapport aux dispositifs qui sont en place,
17:40je pense aussi au PréatoZéro, il est pour la construction de la maison individuelle,
17:43puis il n'y est plus, puis il revient, le zonage change
17:46et c'est vrai qu'on est dans des situations qui sont assez complexes
17:49et où vraiment on voit que la construction de ce projet, elle doit être réfléchie
17:54mais en même temps, si on passe trop longtemps à réfléchir,
17:56mais entre temps, les dispositifs peuvent avoir changé
17:58et ce qu'on avait imaginé n'est plus faisable.
18:00Les propositions des notaires, justement, dans le domaine de l'immobilier,
18:03il y en a-t-il des particuliers pour fluidifier l'activité,
18:07encourager le parcours résidentiel, encourager l'investissement ?
18:11Vous savez qu'on fait régulièrement des propositions dans différents cadres,
18:15d'abord dans les échanges qu'on a avec le gouvernement,
18:17dans le cadre des auditions qui sont faites par le parlementaire
18:20et également dans le cadre des congrès annuels que nous faisons
18:23où des équipes réfléchissent à des propositions.
18:25Et donc, on a des propositions, il y en a dans plusieurs domaines,
18:28on a des propositions en matière de statut de bailleur privé,
18:30on l'évoquait à l'instant, nous avons fait des propositions
18:32en matière de logement neuf, d'urbanisme et notamment pour fluidifier
18:38notamment la délivrance des autorisations d'urbanisme.
18:41Je pense qu'aujourd'hui, tout le marché s'accorde sur l'idée
18:44qu'il y a de la simplicité à mettre, de la coordination
18:48entre les différentes autorisations.
18:49Donc, il faut travailler et on a fait des propositions
18:51qui sont très techniques. Nous avons fait des propositions fiscales,
18:55par exemple, offrir des avantages fiscaux à certains investisseurs
18:58en contrepartie, par exemple, de rénovation énergétique.
19:02Vous voyez, comme mesure d'incitation qui permettrait de résoudre
19:05ce très grave problème de passeur thermique que nous avons en France.
19:09Donc, également, nous avons fait des propositions en matière de droits
19:12d'enregistrement et notamment, il faudrait trouver un moyen
19:14de favoriser le primo-accédant sous certaines conditions
19:17pour lui permettre de rentrer sur le marché immobilier
19:20dans des conditions plus attractives.
19:22Voilà, des mesures fiscales, des mesures strictement juridiques
19:24et des mesures réglementaires.
19:25Et puis, des banques proposent de plus en plus des prêts bonifiés.
19:29Oui, tout à fait, Olivier. Elles vont proposer des prêts à taux bonifiés
19:32en fonction soit de la typologie de l'emprunteur,
19:34donc souvent des primo-accédants,
19:36soit en fonction de la performance énergétique du logement.
19:39Donc, quand le logement est plus performant énergétiquement,
19:42elles vont bonifier le taux d'intérêt du prêt.
19:44Donc, elles vont baisser de quelques centimes le taux d'intérêt
19:48ou elles vont proposer un prêt bonifié.
19:50J'ai en tête, notamment, une banque qui propose un prêt de 10%
19:53du montant emprunté dans la limite de 20 000 euros
19:57à 1,90 sur 25 ans.
20:00Et ça, ça a quand même pour bénéfice de faire baisser
20:02le coût total du crédit de 3 000 euros pour un prêt de 200 000 euros.
20:05Donc, l'accumulation, oui, on peut le dire,
20:09de ces prêts aidés dispensés par les banques
20:11plus le prêt à taux zéro, plus l'éco-PTZ,
20:14ça, ça nous permet d'aller vraiment optimiser
20:16le financement du client, augmenter sa capacité d'emprunt
20:19et le tout avec un taux moyen autour de 2%.
20:21Très bien.
20:23On va passer au conseil pratique.
20:26Maître, quels sont vos bons conseils
20:28quand on souhaite vendre ou acheter un bien immobilier ?
20:32Pourquoi faut-il être particulièrement attentif aujourd'hui ?
20:35Alors, s'agissant de la vente, ce que nous, nous disons toujours,
20:40il y a un peu de deux choses.
20:41Il y a une première chose qui est assez technique.
20:44Il faut anticiper et préparer le dossier.
20:46On sait maintenant que, et ce n'était pas le cas il y a 10-15 ans,
20:49c'est de plus en plus le cas, il y a un dossier à préparer.
20:52Il y a des titres de propriété, des règlements de copropriété,
20:55des renseignements à prendre auprès de la copropriété,
20:58il y a des diagnostics techniques.
20:59Donc, il y a un dossier à préparer.
21:01Rien n'est pire qu'un dossier qui se fait dans l'urgence.
21:03Donc, il faut le préparer pour être en capacité de présenter à la vente
21:06un bien avec toute sa configuration technique prête.
21:10Donc, il faut l'anticiper.
21:11Et même si on le fait pour un peu plus tard, ce n'est pas grave.
21:13Il faut le préparer.
21:14Et puis, je crois que, de plus en plus, ce qui est vrai
21:17dans un marché immobilier un peu plus tendu
21:18qu'il n'était ces 10 dernières années,
21:20il faut entretenir son bien.
21:22Et on l'a vu quand on parlait de la valeur verte.
21:25Aujourd'hui, les acquéreurs sont plus sensibles
21:27sur un marché difficile, sont plus sensibles
21:29à l'entretien du bien,
21:31à la notion de rénovation énergétique
21:34qu'il faudra faire ou ne pas faire.
21:36Donc, entretenir son bien
21:38et préparer son dossier longtemps à l'avance
21:40pour vendre, ça, c'est la règle absolue.
21:42Quant à l'acquisition,
21:44l'acquisition, vous savez,
21:45il faut passer par une phase de maturation.
21:48C'est-à-dire qu'il faut observer le marché
21:49et se tenir prêt à intervenir
21:50parce que quand un bien est disponible à la vente
21:53dans un marché tendu,
21:54il faut aussi peut-être réagir un peu vite.
21:57Donc, il faut se mettre en situation
21:59de pouvoir accepter rapidement
22:01et là aussi d'avoir son dossier prêt
22:03et notamment son financement
22:05le plus prêt possible.
22:07Même si, au niveau de la recherche du bien,
22:09le financement n'est pas obtenu,
22:10au moins, il faut qu'on ait un certain nombre de garanties.
22:12Oui, tout cela se prépare.
22:14Alors, justement, Julie,
22:15vos bons conseils pour ceux qui souhaitent emprunter
22:18pour acheter une maison ou un appartement ?
22:21Alors, je vais répéter.
22:23Donc, effectivement,
22:23il faut préparer son dossier.
22:25On ne se réveille pas du jour au lendemain
22:26en se disant, tiens,
22:27je vais acheter un appartement.
22:28Donc, ça veut dire qu'il est souhaitable
22:30d'avoir au moins l'apport des frais de notaire,
22:32à minima.
22:33Il faut être vigilant à la gestion.
22:35Attention, droit de mutation à titre honnête.
22:37On ne dit pas frais de notaire, maître.
22:40Ah, mais oui, tout à fait.
22:41Ce sont les frais payés chez le notaire,
22:43mais qui sont pour la 80% au moins
22:45des droits de mutation.
22:46Mais on s'entend bien comme ça.
22:49Pour que ce soit plus intelligible
22:51pour les gens qui nous regardent.
22:53Mais, effectivement,
22:53avoir un peu d'apport,
22:54en tout cas devant soi,
22:56qu'il soit mobilisé ou pas, d'ailleurs.
22:57Parce que, potentiellement,
22:58vous pouvez avoir...
22:59Si vous pouvez justifier
23:00de votre capacité d'épargne,
23:01la banque ne peut pas exiger
23:03que vous investissiez cette épargne.
23:04Donc, une banque peut prêter
23:05sans apport personnel.
23:06Oui, ça peut arriver.
23:08Il est souhaitable d'être vigilant
23:09à la tenue de ses comptes bancaires
23:10à minima sur les trois derniers mois.
23:13Confirmer à la banque.
23:13Finalement, ce que va regarder la banque,
23:15c'est votre stabilité professionnelle, bien sûr.
23:17Mais c'est surtout votre capacité
23:18à rembourser demain le crédit.
23:20Donc, si vos comptes justifient
23:22ou témoignent de votre capacité
23:23à rembourser un crédit
23:24peut-être supérieur à votre loyer,
23:26mais que vous épargnez, etc.
23:28Ça, c'est essentiel.
23:29Être vigilant à la performance énergétique
23:31du logement, on l'a dit.
23:32C'est important.
23:33Si demain, on se dit, finalement,
23:34je vais louer ce logement,
23:35c'est important de savoir
23:36quelle est sa note.
23:38Et puis, faire appel à un expert
23:39pour préparer, justement,
23:40son plan de financement.
23:41Puisque nous, on va être en capacité
23:43à mettre en concurrence
23:44les différents établissements bancaires.
23:45Et surtout, nous, on a connaissance
23:47de l'ensemble de ces prêts aidés
23:48ou bonifiés qui sont proposés
23:50soit par l'État, soit par les banques.
23:52Et donc, en fonction du profil du client
23:53et du projet qu'il a,
23:55on va pouvoir l'amener
23:56vers l'établissement bancaire
23:57qui va vraiment nous permettre
23:58d'optimiser au maximum
24:00son plan de financement.
24:01Très bien.
24:02En conclusion, tous les deux optimistes
24:04pour cette année 2026.
24:06Maître ?
24:06Mais résolument optimistes
24:08parce que vous savez que l'optimisme
24:09est une question de volonté
24:11et que le pessimisme
24:13est une question d'humeur.
24:14Donc, moi, j'ai une volonté
24:15d'optimisme, absolument.
24:16Non, mais plus sérieusement,
24:17plus sérieusement,
24:19les signaux dont on vient
24:20de parler ensemble
24:21pendant une demi-heure
24:22montrent qu'il y a des raisons
24:24d'être raisonnablement optimistes,
24:26je dirais, sur l'année 2026.
24:27Julie ?
24:28Oui, je partage complètement.
24:29Donc, j'allais dire aussi résolument optimistes,
24:32aussi par nature,
24:33mais également puisque l'ensemble
24:35des échanges que l'on a pu avoir
24:36à la fois avec les professionnels
24:38de l'immobilier dans les réseaux
24:39de transaction,
24:40à la fois avec les partenaires bancaires
24:41avec qui l'on échange
24:42très régulièrement,
24:44hormis, effectivement,
24:45grandes catastrophes politiques
24:47ou géopolitiques internationales,
24:49Il n'y a pas d'indicateur
24:51qui nous amène à être aujourd'hui
24:52en inquiétude pour l'année 2026
24:54et nous, on projette vraiment
24:55une année qui va être assez proche
24:57de l'année 2025,
24:58voire même légèrement meilleure
24:59et nous, on trouve que l'année 2025,
25:01elle a déjà été très bonne.
25:02Eh bien, on l'est optimiste
25:04et on vous remercie infiniment.
25:06Merci pour vos éclairages.
25:08Julie Bachet de vous financer.
25:09Merci Olivier.
25:10Maître Bertrand Savouré,
25:11président du CSL,
25:12le Conseil supérieur du notariat.
25:15Merci à tous
25:16et à très bientôt
25:17depuis le Grand Palais-Lieu,
25:19un jeu magique
25:20pour les 200 ans du Figaro.
25:22À très bientôt
25:23pour une prochaine émission
25:24de Figaro, IMO.
25:26Sous-titrage Société Radio-Canada
25:31et à très bientôt.
25:31Sous-titrage Société Radio-Canada

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