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  • il y a 7 mois
Avec Alain Esquerre, porte-parole de l'association des victimes de l'école de Bétharram

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##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE-2026-01-23##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Maxime Liedot.
00:067h43 sur Sud Radio, on vous explique ce matin la fermeture, enfin éventuelle, de l'établissement de Bétaram.
00:13Bonjour Alain Esquer.
00:14Bonjour.
00:15Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:17Porte-parole des victimes et vous réagissez sur Sud Radio.
00:20Et je vous remercie de prendre quelques minutes.
00:22En effet, on a appris hier que l'établissement de Bétaram se dirigeait vers une fermeture
00:27avant qu'on entre dans les quelques complexités de ce dossier.
00:30Comment avez-vous réagi quand vous avez appris cela ?
00:33C'est une excellente nouvelle évidemment pour toutes les victimes.
00:37Ce qui est un peu dramatique, c'est que l'établissement va fermer tout simplement
00:42parce que c'est le radeau de la Méduse.
00:44Il y a de moins en moins d'élèves à Bétaram.
00:47Tenez, le chiffre c'est 10 internes.
00:51On est à 10 internes aujourd'hui.
00:52À la grande époque de Bétaram, nous étions 600 internes.
00:56Un professeur de mathématiques, pour 5 élèves, il faut arrêter la gabegie.
01:02Tout ça financé sur des fonds publics, puisque les enseignants sont payés par l'État
01:08et par les collectivités locales.
01:10Donc, à un moment, on stop.
01:11En réalité, ça ne ferme pas du tout parce que les polémiques suffisaient
01:16ou auraient suffi à le fermer.
01:17Et ça ferme parce que c'est un établissement qui traverse, on va dire,
01:21des péripéties financières qui n'arriveront pas à combler.
01:23C'est ça.
01:25Et donc, je trouve que pour le respect des victimes,
01:28c'eût été plus courageux que l'État prenne ses responsabilités
01:32et ferme cet établissement, comme d'autres d'ailleurs en France,
01:35pour asseoir sa légitimité.
01:39Là, on apprend qu'in fine, ça doit être Rome qui doit prendre cette responsabilité.
01:44Depuis quand c'est Rome qui commande dans ce pays sur des établissements
01:51qui sont en plus sous contrat avec l'État ?
01:54Je trouve que c'est particulièrement grave.
01:56Alors, d'un côté, évidemment, la satisfaction de voir cet établissement enfin fermé.
02:00Et puis, par contre, de l'autre, une certaine tristesse en se disant
02:04qu'on aurait pu faire les choses sacrément d'une façon différente.
02:08Et peut-être mettre en place un centre de formation,
02:11par exemple, pour la sensibilisation aux violences physiques et sexuelles.
02:15Il y a beaucoup de professionnels encore à former dans ce domaine-là.
02:19Sauf que, vous venez de le dire, en effet,
02:21il y a besoin du tampon du Vatican sur un document officiel
02:24pour acter, on va dire, la fermeture de cet établissement.
02:27Et quand cela a été annoncé, en effet, c'est Guillaume Prévost,
02:30qui est le secrétaire général de l'enseignement catholique,
02:31qui a dit qu'en réalité, cette fermeture n'est pas encore totalement actée.
02:36Est-ce que vous êtes confiant dans le fait qu'il n'existe réellement
02:39aucune entrave par la suite et que, oui,
02:42Betaram va bien fermer d'ici quelques semaines ?
02:44Je vous le confirme sur l'antenne ce matin.
02:47Betaram va fermer. Pourquoi ?
02:48Parce que, déjà, les enseignants sont au courant.
02:52Les familles, un petit peu.
02:54Les élèves avaient déjà été informés par les enseignants.
02:58Les syndicats, ils travaillent depuis un petit moment.
03:02Donc, Betaram va fermer.
03:03Et c'est uniquement une querelle de chefs entre institutions catholiques
03:10qui, le président n'aurait pas dû, des OGEC,
03:16n'aurait pas dû, aujourd'hui, annoncer cela.
03:20Il l'a fait, mais c'est un secret de Polychinelle localement,
03:24parce qu'on sait très bien que l'établissement, de toute façon,
03:26est un bateau ivre et qu'il va fermer.
03:30Il suffit de constater la décrépitude des locaux.
03:35Et puis, je vous dis, il n'y a plus d'élèves à Betaram,
03:37parce que plus de familles n'ont envie de prendre de risques
03:40avec cette structure qui, je le rappelle,
03:43on est à 250 plaintes, dont la moitié pour des violences sexuelles
03:48et des viols pendant des décennies.
03:50Et vous venez de le rappeler, en effet,
03:52vous avez été, Alain Esquer, l'un des visages de ce combat,
03:55justement, pour faire connaître la réalité de ce qui se passait
03:58dans les couloirs de Betaram, est-ce que cette décision
04:00de la fermeture de l'établissement, quand même,
04:02marque la fin de ce qu'on a appelé l'affaire Betaram ?
04:06Non, alors, je pense que ce n'est pas la fin de l'affaire Betaram,
04:10parce qu'il va y avoir déjà un documentaire particulièrement étayé
04:14qui va sortir en 2027.
04:16Il va y avoir un procès Betaram,
04:18puisqu'actuellement, nous avons un surveillant, Patrick Martin,
04:21qui est en détention et qui va être jugé pour ses crimes.
04:24Donc, l'affaire Betaram va continuer.
04:27Et puis, la congrégation, elle est présente dans 15 pays dans le monde.
04:32Et nous enquêtons actuellement à l'international,
04:34parce que, vous avez bien compris, que les prêtres, ils sont mobiles,
04:37et que les forfaitures qu'ils ont commises ici, en France, à Betaram,
04:42vous pensez bien qu'ils ne se sont pas gênés de le faire en Amérique latine
04:46ou en Thaïlande.
04:46Ça, c'est sûr.
04:47Une dernière question, Alain Esquer,
04:49est-ce que, suite à cette nouvelle,
04:51vous avez échangé avec François Bayrou ?
04:53Non, je n'ai pas de contact privilégié avec François Bayrou,
04:57vous l'imaginez bien.
04:59François Bayrou, il se retire un peu de cette affaire Betaram.
05:04Il en a fait beaucoup l'actualité.
05:07Et je pense que, dans le cadre des élections municipales,
05:10ça va revenir à la charge.
05:13C'est bien pour ça que je vous posais la question.
05:14Bien sûr, de toute façon, je pense qu'il apparaîtra aussi dans le cadre du documentaire.
05:22Il fait partie de cette histoire, comme le surveillant, d'ailleurs, qui est jugé aujourd'hui.
05:27Mais il ne faudrait pas qu'on résume l'affaire Betaram,
05:31ou à Bayrou, ou à Patrick Martin.
05:33C'est beaucoup plus compliqué.
05:34Il y a beaucoup plus d'acteurs,
05:36il y a beaucoup de politiques,
05:37et il y a beaucoup aussi d'agresseurs.
05:39Et surtout, beaucoup de victimes.
05:41Merci beaucoup, Alain Iscaire, d'avoir été avec nous en porte-parole
05:43de l'association des victimes de l'école de Betaram,
05:46qui nous confirmait ce matin sur Sud Radio,
05:48en effet, que l'établissement,
05:49contrairement à ce qu'on a pu entendre depuis quelques heures,
05:51fermera bien ses portes dans les prochaines semaines.
05:53Il est 7h49.
05:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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