00:01Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoz.
00:05Soyez les bienvenus dans Le Grand Matin de Sud Radio, vous avez la parole 0826 300 300.
00:10On va reparler de l'affaire Gervaise.
00:13La veuve du médecin militaire assassiné à Marseille, Christelle Gervaise, alerte les autorités.
00:18Ce n'est pas normal, nous dit-elle, que le meurtrier de son mari soit dehors.
00:22Il avait été déclaré irresponsable.
00:24Elle craint la récidive, réclame une réforme et son avocat sera dans ce studio.
00:29Ce sera tout à l'heure à 7h40.
00:32Allez, un brin de légèreté tout de suite.
00:34C'est le moment de jouer avec Sud Radio cette semaine et toute la semaine.
00:37La Grange Vacances vous emmène en vacances à la mer, à la montagne.
00:41Des résidences de standing partout en France.
00:44Ce matin, on vous offre un séjour en famille avec La Grange Vacances.
00:48Vous n'avez qu'à choisir.
00:49Provence, Montagne, Bretagne.
00:51Pour vous inscrire, c'est simple.
00:53Tirage au sort et vous gagnez votre séjour avec La Grange d'une valeur allant jusqu'à 1000 euros.
00:57Alors, envoyez dès maintenant et tout au long de la matinée jusqu'à 9h.
01:01On annoncera le gagnant tout à l'heure à 9h.
01:03Vous envoyez 7-20-18.
01:05Vous envoyez Sud, pardon, au 7-20-18 par SMS.
01:09Sud au 7-20-18.
01:11Bonne chance à tous.
01:12On connaîtra, je vous le disais, le nom du gagnant aux alentours de 9h.
01:16Allez, tout de suite, c'est C'est à la Une.
01:18C'est à la Une.
01:21C'est à la Une.
01:22Est-ce une coquille vide, cette loi post-Betarame ?
01:26Les députés ont adopté à l'unanimité cette proposition de loi visant à mieux protéger les enfants contre les violences
01:32à l'école et dans le périscolaire.
01:34Et ce, quelques mois après le scandale de Betarame, le député LFI Pierre Vannier s'est dit touché par l
01:40'émotion au moment du vote.
01:42Mais les victimes, elles, calment cet emballement.
01:44Alors justement, on est avec Pascal Géli.
01:47Vous êtes membre du collectif des victimes de Betarame.
01:50Bonjour M. Géli, soyez le bienvenu sur l'antenne de Sud Radio.
01:54Bonjour et merci pour votre invitation.
01:56Je vous en prie.
01:57Alors, tout d'abord, première disposition de ce que l'on comprend de cette loi.
02:02Et c'est l'une de vos déceptions.
02:04Il n'y aura pas de création de fonds national d'indemnisation, ce qui est quand même assez contradictoire.
02:10Oui, c'est vrai.
02:12Juste avant de vous répondre, je voudrais juste rendre hommage à toutes les victimes du collectif de Betarame
02:19et puis à son lanceur d'alerte et porte-parole aussi Alain Esquer et à toutes les victimes de tous
02:25les autres collectifs
02:26parce qu'il faut beaucoup de courage et d'énergie pour pouvoir prendre la parole et témoigner.
02:32Et justement, les victimes sont les absentes de ce texte et notamment, effectivement, par rapport à la création de ce
02:39fonds d'indemnisation.
02:40La difficulté, si vous voulez, des victimes et des enfants, et quand je dis les enfants, c'est tous les
02:46enfants,
02:46partout où ils sont, dès qu'il y a une connexion avec un adulte, c'est qu'effectivement, ça ne
02:50rapporte pas d'argent
02:51et ça ne permet pas de faire de l'économie.
02:52L'argent aussi, c'est aussi le nerf de la guerre.
02:56Oui, la loi renforce le contrôle des intervenants susceptibles d'être au contact des enfants dans les écoles
03:03et le milieu périscolaire. Est-ce que vous êtes convaincu par cet aspect des choses ?
03:09C'est déjà une bonne chose. Après, il faut que chacune et chacun qui nous écoute
03:13s'empare du sujet à titre personnel et accorde le temps qu'il peut y accorder
03:18en soutenant toutes les personnes qui luttent pour protéger les enfants.
03:22Et il faut effectivement que les prédateurs comprennent aujourd'hui qu'ils ne sont plus aussi tranquilles qu'avant.
03:30D'accord ? Parce que la société s'empare de ça.
03:33Et derrière ce sujet-là, c'est aussi le sujet de la prescription
03:36et de faire en sorte que tous les prédateurs pédocriminels puissent passer devant un juge.
03:42Oui. Alors, dans cette loi et dans les dispositions qui sont prises, j'ai retenu deux choses.
03:49Cette liste noire où seront inscrits les intervenants jugés potentiellement dangereux,
03:55qui pourraient donc les empêcher d'être réemployés.
03:58On l'a vu à travers le scandale, notamment à Paris, que ça a été le cas.
04:03Et l'obligation également de présenter un certificat d'honorabilité.
04:06Est-ce que ces deux dispositions, à minima, font que vous vous rassurez un petit peu
04:11et vous vous dites, au moins on lutte et on tente de trouver quelque chose quand même ?
04:17Alors, effectivement, on lutte.
04:20Et puis, tout ça, c'est un premier pas et d'autres seront faits.
04:23Mais les acteurs sur le terrain, déjà, en fait, ceux qui sont de bonne volonté,
04:27et il y en a beaucoup, se parlent entre eux aussi
04:29quand ils font des contrôles de référence au moment d'embaucher quelqu'un.
04:33Vous voulez dire qu'il y aura toujours des moyens d'esquiver, c'est ça ?
04:36Ou de contourner les règles ?
04:38Alors, en fait, il faut faire très attention.
04:41Moi, ce qui me laisse un peu aussi sans voix, vous voyez, c'est le scandale du périscolaire à Paris.
04:45Bien sûr.
04:45Nous, pendant toutes les municipales, on n'en entend pas parler.
04:47Donc, il y a encore...
04:49Enfin, l'omerta est toujours là, donc il faut faire attention.
04:53Et encore une fois, si vraiment chacun prend de la hauteur dans ce sujet-là
04:58et ne rentre pas dans...
05:00Vous voyez, par exemple, ces hommes et ces victimes-là, pourquoi elles parlent maintenant ?
05:02Elles attaquent la religion catholique.
05:04Non.
05:05Un prêtre qui viole un enfant, c'est un prêtre qui attaque le Christ et la parole de l'Évangile.
05:09Ce ne sont pas les victimes, en fait.
05:10Bon.
05:10Il faut prendre de la hauteur et s'emparer du sujet.
05:13Et puis, vous le disiez tout à l'heure, c'est extrêmement difficile de parler.
05:16Parfois, même si c'est incompris, on ne peut que parler au bout de 10, 20, 30, 50 ans
05:22parce qu'on a senti que ce n'était pas le moment
05:24et puis qu'il n'y a pas toujours cette protection autour des lanceurs d'alerte.
05:28Est-ce que, de ce point de vue-là, vous avez commencé cet entretien à propos des lanceurs d'alerte
05:31?
05:32Vous avez le sentiment qu'ils vont être mieux protégés à travers cette loi ou pas ?
05:35Parce que j'ai le sentiment que vous vous dites que c'est une coquille vide, en fait, cette loi.
05:40Alors, elle n'est pas complètement vide, mais sur les lanceurs d'alerte, il n'y a absolument rien.
05:45Et quand on met, en fait, le focus sur les lanceurs d'alerte dans l'histoire,
05:51et notamment sur celui du collectif de Béteram, on voit qu'il n'y a aucune protection.
05:56Vous savez, Alain Esquer, c'est un citoyen comme vous, comme moi, etc., qui a assumé ses responsabilités.
06:02Au départ, on était un petit noyau dur.
06:04Et puis, on parlait des violences physiques, morales.
06:07Et puis, c'est le sexuel qu'on connaissait un peu.
06:09Et d'un seul coup, on a eu un tsunami d'enfants violés.
06:12Il a assumé ses responsabilités.
06:14Mais aujourd'hui, c'est un homme qui est seul et qui n'est pas protégé.
06:18Je regardais sa réaction hier, Alain Esquer, qui disait, par exemple,
06:23« Cette journée d'hommage, je la vis très mal. »
06:25Alors, je précise pour tous les gens qui nous écoutent
06:28qu'une journée d'hommage a été décidée pour les victimes.
06:32Elle est prévue le 19 novembre.
06:35Pourquoi vous la vivez très mal au sein de ce collectif, cette journée d'hommage ?
06:38Parce que vous avez le sentiment qu'on vous range dans une catégorie,
06:43la catégorie des pleurs et de l'affliction.
06:45Et ça n'est pas ce que vous demandez ?
06:47Alors, en fait, si vous voulez, j'ai une amie qui lutte depuis très longtemps, en fait,
06:50pour les victimes d'abus sexuels dans l'Église,
06:53qui dit, vous savez, quand on veut intervenir au sujet,
06:55soit on fait une commission, soit on fait une loi.
06:57La journée de commémoration, en fait, si vous voulez, nous, avec Alain Esquer,
07:00ça nous fait penser au père Bachot de la congrégation de Bétharame,
07:03qui nous a demandé droit dans les yeux si une messe pouvait suffire
07:06pour régler la question.
07:08La journée de commémoration, c'est bien qu'elle ait lieu,
07:10mais c'est bien qu'elle ait lieu à la fin, d'accord ?
07:13Une fois qu'on a écrit tout le livre nécessaire,
07:17tout le process nécessaire pour protéger tous les enfants,
07:20partout, il y a une connexion adulte.
07:21La mettre maintenant, alors qu'il y a encore beaucoup de choses à faire,
07:26ce n'est pas forcément le bon timing.
07:28C'est un début et il y a encore beaucoup de choses à faire.
07:31On a bien compris le positionnement du collectif des victimes de Bétharame
07:35qui attend beaucoup plus de cette loi
07:37et il n'y a pas de quoi crier victoire
07:40lorsque l'on voit les dispositions qui ont été prises.
07:42Merci infiniment, Pascal Géli, d'avoir été sur l'antenne de Sud Radio.
07:45Et puis au cours de ces débats, je l'ajoute,
07:47on a appris notamment que 255 signalements
07:51avaient été enregistrés dans les établissements scolaires
07:53depuis le début de l'année.
07:55C'est dire si le phénomène est plus que jamais
07:56au cœur des préoccupations des parents et on les comprend.
08:00Il est 7h20, c'est l'heure du rappel des titres.
08:03Tout de suite.
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