Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 mois

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Le carrefour de l'info sur Arabelle.
00:06Et on démarre comme tous les jours avec l'essentiel de l'actualité nationale avec bien sûr Adeline Fratteur, bonjour.
00:13Bonjour tout le monde.
00:14Alors première info, la cour constitutionnelle qui a donc rejeté la demande de suspension de la réforme du chômage qui reste donc en application.
00:21En effet les syndicats dénoncent une occasion manquée, craignant la perte d'allocations pour des dizaines de milliers de familles dès 2026.
00:28La CSC et la FGTB annoncent de nouveaux records en annulation visant notamment la limitation des allocations à deux ans pour les nouveaux inscrits.
00:37Un premier recours pourtant sur les exclusions par vagues et toujours en attendant d'un arrêt sur le fond.
00:42Le gouvernement se félicite de la décision tandis que l'opposition parle d'une réforme socialement injuste.
00:48Voilà une information sur laquelle on va revenir dans quelques instants avec Yves Martès du CSCE.
00:53On enchaîne avec les agriculteurs qui ont installé des barrages filtrants à Brucargot près de Bruxelles-Serre-Portes et comptent d'ailleurs rester jusqu'à demain matin.
01:01C'est ça, depuis jeudi soir l'accès au terminal de fret est ralenti par des tracteurs avec des passages autorisés par intermittence.
01:09Le trafic des marchandises est perturbé même si les véhicules médicaux restent prioritaires.
01:13Les agriculteurs protestent contre l'accord de libre-échange UE Mercosur mais dénoncent aussi des politiques qui menacent l'agriculture locale.
01:22Une nouvelle action après un premier blocage lundi sans impact cette fois sur les vols passagers.
01:27Du côté de l'immobilier en 2025, les prix du neuf ont encore augmenté chez nous.
01:32Et oui, sauf à Bruxelles où les appartements reculent légèrement.
01:35La hausse est marquée en Wallonie surtout pour les maisons plus modérées en Flandre.
01:40Mais l'accessibilité se dégrade fortement. En 4 ans, le nombre de ménages capables d'acheter du neuf a été divisé par deux.
01:47Fin 2025, moins de 3% des ménages pouvaient encore s'offrir à un appartement neuf avec la hausse des taux et des coûts.
01:53Le marché du neuf ne montre aucun signe de reprise.
01:56Enfin pour terminer, pour lutter contre l'absentéisme de longue durée, le gouvernement fédéral veut responsabilité davantage des entreprises.
02:03En effet, depuis le 1er janvier, les employeurs de plus de 50 travailleurs doivent contribuer aux indemnités de maladie dès le deuxième mois d'incapacité.
02:13Les experts soulignent que ces absences sont souvent liées aux conditions de travail, notamment le burn-out et les troubles muscosquelettiques.
02:20L'objectif est de maintenir le contact avec des travailleurs malades et favoriser un retour progressif à l'emploi.
02:27Les secteurs les plus touchés restent les soins de santé, l'horeca et les services administratifs.
02:32Merci Adeline pour toutes ces infos nationales. On marque une courte pause et on se retrouve juste après.
02:44Limiter le chômage dans le temps, exclure par dizaines de milliers renvoyés vers les CPS, la réforme du gouvernement Arizona passe entre guillemets dans sa phase la plus concrète.
02:53Hier, la Cour constitutionnelle a refusé de suspendre la mesure sans pour autant fermer la porte à une annulation.
02:58Alors pour comprendre tout ce qui se joue en ce moment, socialement, humainement notamment, nous recevons Yves Martens du CSE. Bonjour Yves.
03:06Bonjour.
03:06Alors peut-être avant de revenir sur l'actualité immédiate, on rappelle un petit peu les bases.
03:11Quand les syndicats et les associations introduisent un recours devant la Cour constitutionnelle, ça veut dire quoi et ça sert à quoi exactement ?
03:20Ça veut dire d'abord que malheureusement, les phases précédentes n'ont pas fonctionné.
03:26En Belgique, on est un pays qui est basé sur la concertation sociale.
03:29Et donc en général, on se concerte et on ne doit pas arriver jusqu'au recours juridique devant, a fortiori, la plus haute cour du pays.
03:38Il faut dire malheureusement qu'ici, la réforme du chômage, elle a été menée tambour battant par le gouvernement, sans concertation.
03:46Je vais prendre un seul exemple.
03:48Beaucoup d'associations et les syndicats avaient demandé des auditions au Parlement en commission des affaires sociales.
03:54Ça a été purement et simplement refusé.
03:57Donc on n'a pas pu se faire entendre.
03:59Il y a eu la deuxième arme, c'est évidemment l'émobilisation.
04:03Il y a eu beaucoup de manifestations, mais il faut constater qu'il y avait tellement de mesures dans le gouvernement Arizona
04:10contre les travailleurs avec et sans emploi que la question du chômage n'est pas vraiment venue en tête des manifestations.
04:19On a surtout parlé des pensions, des salaires, ce qui est évidemment normal également.
04:24Et donc finalement, la dernière possibilité, ce sont les recours juridiques.
04:29Et comme ici, le gouvernement a choisi de passer par une loi, une loi programme, pour contester une loi,
04:35on est obligé de passer devant la Cour constitutionnelle, puisqu'une loi, ça a été voté démocratiquement.
04:41La seule manière de contester une loi, à part par le Parlement plus tard, un nouveau Parlement bien sûr,
04:47mais au niveau juridique, c'est de le contester devant la Cour constitutionnelle
04:51pour montrer que cette loi serait contraire à la Constitution.
04:55Alors dans ce dossier précis, on a déposé à la fois un recours en annulation et une demande de suspension.
05:02Quelle est la différence un petit peu entre les deux ?
05:03Alors on sait que la justice, malheureusement, n'est pas très rapide et la Cour constitutionnelle n'est pas très rapide.
05:09Et il faut dire aussi qu'elle a pas mal de recours à examiner et qu'elle doit le faire de manière approfondie.
05:17Donc en fait, quand on fait un recours en annulation, ça prend régulièrement entre un an minimum et généralement pas plus de deux ans.
05:26Mais c'est quand même énorme comme situation.
05:28Or, comme vous l'avez dit en introduction, ici maintenant, en janvier, la mesure est entrée en application.
05:35Et donc les premiers exclus sont là.
05:37Donc on s'est dit, du côté des syndicats et des associations qui ont porté ce recours,
05:41qu'au-delà de notre recours en annulation, il fallait faire une demande de suspension
05:46pour qu'en attendant que la Cour puisse se pencher sur le fond de l'affaire,
05:52on suspende les effets de la mesure pour éviter que ça fasse des dégâts avant ça.
05:57Alors je lis, la Cour explique qu'elle n'a pas reconnu un préjudice grave, difficilement réparable.
06:03Comment on peut comprendre cet argument alors que des milliers de personnes vont perdre le revenu finalement ?
06:07Alors il y a deux choses qu'il faut comprendre.
06:09C'est d'abord que le recours en annulation peut être porté par des personnes morales.
06:14J'ai parlé des syndicats, j'ai parlé des associations, ça c'est ce qu'on appelle les personnes morales.
06:18En revanche, le recours en suspension, il faut qu'il y ait des personnes physiques,
06:23des vrais gens quoi, si vous voulez,
06:25qui vont avoir pour elles un préjudice direct, immédiat, grave et difficilement réparable.
06:34Et donc on a présenté avec notre recours en annulation pour la demande de suspension
06:39neuf personnes qui sont donc des requérants personnes physiques
06:43et donc des situations différentes pour lesquelles pour nous il y avait effectivement
06:48un préjudice grave et difficilement réparable.
06:51Nous savions que ce serait le point le plus compliqué.
06:55parce que la Cour constitutionnelle ne va pas facilement reconnaître
06:59que le préjudice est à la fois grave et difficilement réparable.
07:03Il faut les deux.
07:05Grosso modo, je pense que tout le monde se rend bien compte que le préjudice est assez grave,
07:08même si parfois ils avaient l'air de dire que pour les personnes qui passaient au CPS,
07:13il n'y avait pas tellement de différences, donc ce n'était pas grave.
07:15Mais c'est surtout le difficilement réparable qui pose problème puisqu'on doit axer nos preuves
07:24de difficilement réparable sur autre chose qu'uniquement un aspect financier.
07:29parce que si vous avez perdu, mettons que vous perdez dans n'importe quel épisode de votre vie 10 000 euros et que un an plus tard,
07:37la Cour vous donne raison et que vous récupérez vos 10 000 euros avec les dommages et intérêts qui vont avec,
07:45on dira que le dommage a été réparé.
07:48Et donc pour que ça soit difficilement réparable, il faut des éléments plus précis.
07:53Et donc on a dit notamment, il y a des personnes qui risquent de perdre leur logement,
07:57il y a des personnes qui risquent d'être endettées,
07:59il y a des personnes qui risquent de devoir se séparer, enfin plein de choses comme ça.
08:03Et la Cour nous a reproché de ne pas avoir suffisamment été précis,
08:08de ne pas avoir démontré suffisamment ces préjudices.
08:14Et ça, ça nous semble un petit peu hors sol quand même.
08:18Puisqu'on peut dire que les personnes risquent de perdre un logement,
08:22on ne va pas pouvoir assurer que la personne va perdre son logement,
08:25ni à quelle date elle va perdre son logement, ni…
08:28– Il y a un risque en fait…
08:29– Pour nous, le risque est réel, mais la Cour nous reproche de ne pas avoir pu le déterminer de manière plus précise.
08:36Dans un autre cas récent, donc pour la lèse, donc…
08:42– Les zones basses émissions.
08:44– Merci, voilà.
08:45Là, la Cour constitutionnelle avait suspendu parce qu'il y avait une personne qui s'était présentée devant la Cour
08:53qui avait des problèmes respiratoires et qui disait « Si on ne diminue pas la pollution,
08:57mes problèmes respiratoires qui sont déjà graves vont s'aggraver encore plus »
09:02et là, c'était plus facilement mesurable.
09:04Le fait de perdre son logement ou d'avoir d'autres problèmes liés à la perte du chômage,
09:11c'était beaucoup plus difficile à démontrer.
09:13On en était conscients, mais on espérait quand même que la Cour aille au-delà de cette exigence
09:18qui nous semble quand même démesurée.
09:20– Alors, je rappelle que la Cour a donc décidé de ne pas suspendre cette réforme du chômage.
09:25Alors concrètement, Yves Martens, qu'est-ce que ça signifie pour les personnes concernées dès maintenant ?
09:30– Là, malheureusement, la conséquence, elle est toute simple.
09:33C'est que la mesure s'applique et que comme elle n'est pas suspendue,
09:37on va devoir attendre qu'elle soit annulée si elle est annulée.
09:42Et là, ce serait vers l'automne, puisque c'est, comme je le disais,
09:45souvent un an après le dépôt et qu'on avait déposé cette requête en octobre.
09:51Et donc, dans ce cas-là, jusqu'à l'automne, les personnes vont subir cette réforme
09:58comme si de rien n'était, sans savoir si après elle sera annulée ou pas.
10:02Donc, ça veut dire qu'il y a des tas de gens qui vont subir ces préjudices
10:05qu'on considérait comme graves et difficilement réparables,
10:09ce que la Cour n'a malheureusement pas estimé.
10:11– Alors, ce refus de suspension, d'après vous, ce n'est pas un désaveu du recours
10:15ou c'est une étape dans une procédure, vous l'avez dit, encore plus longue et des mois d'attente ?
10:20– Bien sûr. Alors, ce n'est jamais bon, évidemment, de perdre une première bataille.
10:26Mais effectivement, ça ne veut pas dire que la guerre contre cette mesure injuste est perdue.
10:31Pour une raison simple, c'est que la Cour s'est contentée de dire
10:36« Il n'y a pas de préjudice grave et difficilement réparable. »
10:40elle ne s'est pas du tout penchée sur le fond.
10:44Et le fond, c'est quoi ? C'est que nous disons que pour plusieurs raisons,
10:48cette loi programme, cette réforme du chômage est contraire à la Constitution.
10:53La Cour n'a pas examiné nos arguments sur cet aspect-là.
10:58Et c'est ce qu'elle va faire maintenant sur le fond,
11:01avec un arrêt qui sera prononcé à l'automne.
11:04Donc, bien sûr, ce n'est pas bon signe.
11:07C'est dommage d'avoir raté cette première étape.
11:10Mais ça n'augure pas de ce que la Cour dira sur le fond.
11:14– Alors, on va marquer une courte pause, Yves,
11:16pour parler vraiment le détail du détail,
11:18avec qui sont vraiment les exclus de ce mois de janvier.
11:22On se retrouve dans quelques instants.
11:23– Et on retrouve notre invité aujourd'hui, Yves Martens, du CSE.
11:32Qui sont vraiment les exclus de ce mois de janvier ?
11:35Le gouvernement parle beaucoup de carrière au chômage.
11:38Alors, quand on regarde un petit peu en détail les chiffres des exclus de janvier,
11:41est-ce que tout cela, Yves, tient la route finalement ?
11:44– Eh bien, pas du tout.
11:46Effectivement, le narratif qui a été utilisé par le gouvernement
11:49pour faire passer cette réforme,
11:50et on voit bien que sur les réseaux, même dans la presse,
11:55ce sont des arguments qui portent,
11:58c'est de faire croire qu'il y a des gens qui font carrière au chômage.
12:02Il fallait arrêter le soi-disant chômage à vie.
12:05Le Premier ministre a dit au Parlement,
12:08le chômage doit être un tremplin, ça ne peut pas être un hamac.
12:11Alors, autre que toutes ces expressions sont extrêmement méprisantes
12:15pour les gens qui sont dans la situation de ne pas avoir d'emploi,
12:18c'est en réalité largement faux.
12:22Et un des éléments qui a été utilisé pour faire croire
12:25qu'on faisait carrière au chômage,
12:28c'est de prétendre que les exclus du mois de janvier,
12:31c'était des gens qui sont au chômage depuis plus de 20 ans.
12:34On a entendu ça tout le temps.
12:36Or, c'est faux.
12:36Alors, on montre aussi dans les chiffres que près de 60% des personnes exclues
12:41en janvier ont moins de 35 ans.
12:43Qui sont ces jeunes et comment ils se retrouvent déjà hors du chômage ?
12:47C'est la preuve que c'est faux.
12:48Puisque s'ils ont moins de 35 ans, on ne voit pas comment ils seraient depuis 20 ans au chômage.
12:52La plus grande partie a moins de 25 ans.
12:55Donc 30% ont moins de 25 ans.
12:57Ça veut dire qu'ils seraient arrivés au chômage à l'école maternelle.
13:00Puis, on en a 20% qui ont entre 25 et 29 ans.
13:03Ceux-là, ils ont attendu l'école primaire pour arriver au chômage.
13:07Et puis alors, les plus tardifs, il y en a 7% qui ont entre 30 et 34 ans.
13:12Et ceux-là, ils seraient arrivés à leur adolescence au chômage.
13:15C'est évidemment pas possible.
13:17Donc, 57%, donc vous l'avez dit près de 60%,
13:20des exclus du mois de janvier,
13:23ne sont pas des gens qui sont au chômage depuis plus de 20 ans.
13:27Ce sont des jeunes de moins de 35 ans.
13:30Il s'agit bien de le préciser.
13:32On découvre aussi que beaucoup sont des allocataires sociaux.
13:35Est-ce qu'on peut rappeler qu'est-ce que c'est
13:37et pourquoi ils sont particulièrement ciblés par cette réforme ?
13:40En fait, pourquoi est-ce qu'il y a autant de jeunes
13:42qui sont dans les exclus du mois de janvier ?
13:45Parce que c'est ce qu'on appelle précisément les allocataires d'insertion.
13:49C'est-à-dire le chômage qui est octroyé sur la base des études.
13:52Et c'est pour ça que ce sont des jeunes, en fait.
13:54Donc, c'est des jeunes qui ont obtenu le chômage à la fin de leurs études,
13:59après un stage d'insertion et en attendant de trouver du boulot.
14:04Et ce chômage sur la base des études,
14:06il avait été limité à 3 ans en 2012 par le gouvernement d'Irupo.
14:10Et maintenant, il est limité à seulement un an.
14:14Et c'est pour ça, comme c'est eux qui ont la durée de chômage la plus courte,
14:18c'est pour ça qu'en fait, il y a autant de jeunes
14:20qui se retrouvent dans les exclus du mois de janvier.
14:23Puisque tous ceux qui étaient en janvier 2025 en allocation d'insertion,
14:29perdent leurs droits.
14:30Donc, c'est un peu plus de 15 000 personnes, 13 000 personnes, pardon,
14:34qui perdent leurs droits en janvier,
14:36qui sont donc des jeunes allocataires d'insertion chômage sur la base des études.
14:41Alors, on a évoqué il y a quelques instants les fameux chômeurs
14:44depuis plus de 20 ans, entre guillemets.
14:47Yves, de combien de personnes on parle ici réellement ?
14:49Et quel est finalement leur profil ?
14:51Alors, ce n'est pas tout à fait facile à voir,
14:55mais donc, on a 9 000 personnes exclues au mois de janvier,
14:59dont on dit, non pas qu'elles sont au chômage depuis 20 ans,
15:03mais qu'elles ont au moins 20 ans d'allocation de chômage
15:06dans toute leur vie, dans toute leur carrière.
15:09Et donc, ça veut dire que des gens qui ont un chômage,
15:11puis qui travaillent, puis qui sont au chômage,
15:13enfin, qui font des allers-retours entre chômage et travail,
15:15se retrouvent dans cette situation-là.
15:17L'année passée, on avait fait une demande à l'ONEM
15:21pour avoir un peu une idée de la situation de ces personnes-là.
15:27Et donc, on avait 6 000 personnes qui étaient enregistrées
15:30comme chômeurs depuis au moins 20 ans.
15:33Ça fait 2% des chômeurs.
15:35Donc, on a bâti une histoire sur 2% des chômeurs.
15:40Et quand on voyait les autres chômeurs de longue durée,
15:42eh bien, trois quarts des chômeurs de longue durée
15:45étaient au chômage depuis moins de 5 ans.
15:47Donc, c'est vraiment complètement mensonger de dire ça.
15:51Alors, on peut...
15:52Bien sûr qu'il y a certains cas de personnes
15:54qui ont travaillé un tout petit peu
15:56et puis qui ont ouvert un droit au chômage
15:58et qui sont au chômage depuis.
16:00Mais un indice simple, c'est que, par exemple,
16:03si on prend les moins de 45 ans,
16:05il y en a 99.
16:07Donc, ces 99-là, probablement, effectivement,
16:10qu'ils ont ouvert un droit au chômage
16:11après avoir travaillé un an ou deux
16:13et puis ils sont depuis 20 ans au chômage.
16:15Mais c'est une toute petite minorité.
16:18Et dans la plus grande partie des personnes
16:21qui vont être exclues avec 20 ans d'allocation de chômage
16:24en janvier,
16:26ce sont à plus de 68%
16:28des personnes de plus de 55 ans.
16:30Et parmi celles-là,
16:31il y a des gens qui ont travaillé 20 ans
16:33et qui ont été au chômage 20 ans.
16:35Alors, justement, pourquoi cette réalité
16:37est-elle absente du discours politique ?
16:40Pourquoi on ne va pas dans le détail,
16:41du détail technique,
16:42pour expliquer aux gens, justement, la situation ?
16:44D'abord, parce que le détail technique,
16:45ce n'est pas facile.
16:47Ça demande du temps.
16:48Ici, vous me donnez heureusement un peu de temps
16:51pour pouvoir essayer d'expliquer ça.
16:53C'est notamment pour ça qu'on voulait avoir
16:55des auditions au Parlement.
16:58Vous avez constaté que tous ces derniers jours,
17:01on n'arrête pas de mettre sur le tapis
17:03toute une série de catégories.
17:04On avait parlé des A&L,
17:06on avait parlé des temps partiels.
17:07Maintenant, on parle des audits en proche.
17:09Tous ces éléments, ils étaient connus, en fait.
17:12Moi, je lis dans la presse qu'on dit
17:13on découvre que...
17:14Mais non, on ne découvre pas.
17:16On le savait, on l'avait dit,
17:17mais on n'a pas voulu nous entendre,
17:19notamment en refusant de nous auditionner.
17:21Et donc, en fait, qu'est-ce qui se passe ?
17:23Pourquoi est-ce qu'on est dans ces situations-là ?
17:25Parce que, comme je l'ai dit tout à l'heure,
17:27il y a beaucoup d'allers-retours
17:28entre chômage et travail.
17:30Et que le marché de l'emploi,
17:32il est de plus en plus déstructuré.
17:34Il y a de plus en plus de temps partiel,
17:36de petits contrats,
17:38de contrats à durée déterminée, d'intérim.
17:42Et toutes ces personnes-là
17:43se retrouvent dans une situation
17:45qui fait qu'en fait,
17:47on a réduit le temps de travail
17:49de manière individuelle.
17:50Les gens se retrouvent à vouloir travailler,
17:53mais à ne pouvoir travailler
17:54qu'une partie du temps
17:55et avoir besoin d'un complément chômage
17:57pour le reste.
17:59Alors que ce qu'il aurait fallu faire,
18:01c'est une réduction collective
18:02du temps de travail
18:03pour partager l'emploi
18:05parmi toutes les personnes disponibles.
18:08Alors, on va réchaîner
18:08avec la troisième et dernière partie
18:10de notre entretien.
18:11On va parler des CPS
18:13et beaucoup disent
18:14de missions impossibles.
18:15Alors, on assiste déjà
18:16à un transfert massif du chômage
18:19vers les CPS.
18:20Est-ce qu'on a déjà quelques chiffres
18:22pour illustrer un petit peu la situation ?
18:23Oui. Alors, il faut être nuancé,
18:26évidemment,
18:26puisqu'il y a quelques jours,
18:28le président de la fédération
18:31des CPS bruxellois disait
18:33qu'il n'y a pas encore énormément
18:34d'éléments,
18:35mais c'est normal.
18:36Il n'y a, depuis début janvier,
18:39pas eu encore beaucoup de jours.
18:40En plus, il y a eu la neige.
18:41Il n'y a pas...
18:42Enfin, voilà.
18:43Ce n'est pas si évident que ça.
18:45Il y a plein de gens
18:46qui ne comprennent pas
18:47ce qui leur arrive,
18:48qui ne sont pas informés.
18:49Donc, il faut un peu de temps
18:50pour que tout ça se fasse.
18:52A contrario,
18:53j'ai entendu qu'au CPS de Charleroi,
18:55par exemple,
18:56ils avaient déjà reçu
18:57plus de personnes
18:58que ce qu'ils attendaient
19:00pour tout le mois de janvier.
19:01Donc, la situation dépend fort
19:03aussi d'une commune à l'autre.
19:06Ce qui est clair,
19:07c'est que
19:07les chiffres qu'on a donnés jusqu'ici,
19:11je l'avais déjà expliqué
19:11dans une émission précédente,
19:13c'est une estimation.
19:15On considère que
19:16avant d'avoir leur fin de droit,
19:19entre le moment
19:20où les personnes
19:20reçoivent la lettre d'avertissement
19:22et le moment
19:23où leur droit se termine,
19:24il y a environ un tiers
19:26des personnes
19:26qui sortiraient du chômage
19:28avant ça.
19:29Les premières indications,
19:31malheureusement,
19:31montrent que nous avions raison
19:33quand nous disions
19:34qu'il était très probable
19:36qu'il n'y ait pas
19:36un tiers des gens
19:37qui sortent du chômage
19:38avant la fin de droit.
19:39Donc, il faut s'attendre
19:41sur près de 200 000 personnes
19:43qui sont prévues
19:45dans l'exclusion
19:46et donc potentiellement
19:47un tiers en plus,
19:49qu'il y ait plus,
19:50nettement plus
19:51que la moitié,
19:52au moins 60%
19:53de ces personnes-là
19:54qui se retrouveraient
19:56au chômage,
19:57passer du chômage
19:58au CPS
19:59à n'avoir que le CPS
20:00comme issu.
20:01Alors, vous dites
20:02que l'on pourrait bientôt
20:03aussi compter
20:03presque deux fois plus
20:05de personnes au CPS
20:06qu'au chômage.
20:07Est-ce qu'on peut parler
20:07disons d'un basculement
20:10historique finalement ?
20:10Absolument,
20:11c'est exactement ça.
20:12Donc, c'est un renversement
20:13complet de la logique
20:14de la sécurité sociale
20:15puisque le principe
20:17c'est que normalement
20:18tout le monde
20:19doit être couvert
20:19par la sécurité sociale
20:21et l'aide sociale,
20:22le CPS,
20:23ça doit être
20:23le dernier filet
20:24pour les gens
20:25qui pour une raison
20:26ou une autre
20:26soit n'accèdent pas
20:28au système
20:29de sécurité sociale
20:30soit en sont exclus.
20:31C'est le dernier filet.
20:33Le problème,
20:33c'est qu'ici
20:33comme on a déchiré
20:34le filet du chômage
20:36à la tronçonneuse,
20:38eh bien,
20:38il y a beaucoup de gens
20:39qui vont tomber dedans
20:40dans le dernier filet
20:42et c'est historique,
20:44ça n'a jamais été
20:44comme ça,
20:45même si depuis 20 ans
20:46il y avait une augmentation
20:47de personnes
20:48au CPS
20:49et une diminution
20:50au chômage,
20:51ici c'est un renversement,
20:53un basculement historique
20:54comme vous l'avez dit,
20:55avec quasiment
20:57deux fois plus
20:57de personnes
20:58qui risquent
20:59d'être au CPS
20:59plutôt qu'au chômage,
21:01c'est absolument
21:02hallucinant.
21:03Et le gouvernement lui
21:04affirme avoir renforcé
21:05les CPS
21:05sur le plan financier
21:07alors lorsqu'on regarde
21:08un petit peu
21:08les mécanismes prévus,
21:10est-ce que c'est vraiment
21:10le cas ?
21:11Est-ce qu'il y a des sous
21:11qui sont transférés
21:12vers les CPS ?
21:13Alors, réponse de Normand,
21:14oui et non.
21:16Donc, pourquoi ?
21:17Parce que dans les premières
21:18versions de l'accord
21:20de...
21:21avant même,
21:22donc dans les supernotes
21:23du Premier ministre
21:24qui n'était pas encore
21:25Premier ministre,
21:26donc du formateur
21:26Bardewaver,
21:28il y avait des compensations
21:29qui étaient prévues,
21:30donc on savait déjà
21:31à ce moment-là,
21:32qu'il y aurait des gens
21:33qui se retrouveraient
21:33au CPS.
21:35Mais elles étaient
21:35vraiment minuscules.
21:37Ensuite, il y a eu
21:38les CPS qui ont respecté
21:40et qui ont dit
21:41si cette mesure se fait,
21:42il nous faut des moyens
21:43plus importants que ça.
21:45Certains partis,
21:46notamment les engagés,
21:47ont été dans ce sens-là
21:48également.
21:50Et donc, finalement,
21:52les compensations
21:53qui ont été prévues
21:54sont plus importantes
21:55que celles qui étaient
21:56évoquées au départ.
21:58Néanmoins,
21:59tous les observateurs
22:00s'accordent
22:01pour dire que ces moyens
22:03vont malgré tout
22:04être insuffisants.
22:06On parle de moyens
22:06temporaires et conditionnés.
22:09Est-ce que ça a aussi
22:09des implications
22:10pour les travailleurs
22:11des CPS,
22:12les bénéficiaires,
22:12tout le fonctionnement finalement ?
22:13C'est ça.
22:14Donc, le fait
22:15que ça soit temporaire,
22:17effectivement,
22:18c'est bien
22:19pour amortir le choc,
22:20mais ça va poser
22:21des problèmes à terme
22:22puisqu'il ne faut pas
22:23rêver et penser
22:25que si des personnes
22:25ont été un long temps
22:26au chômage,
22:27magiquement,
22:28passant par la case CPS,
22:29leurs problèmes
22:30vont se résoudre.
22:31Ça, c'est tout à fait
22:32rêvé en technicolore.
22:34Et alors,
22:35d'autre part,
22:36effectivement,
22:38c'est conditionné
22:39et c'était une des craintes
22:41des CPS
22:42et une de leurs demandes,
22:44c'était qu'on ne rajoute pas
22:45une charge administrative
22:46supplémentaire.
22:47Or, ici,
22:47c'est bien le cas.
22:48Il y a toute une partie
22:50des conditions
22:52pour le financement
22:53complémentaire
22:54qui vont amener
22:55du travail administratif
22:56supplémentaire
22:57et donc,
22:58ça va avoir des conséquences
22:59bien sûr pour les bénéficiaires
23:01mais aussi pour les travailleurs
23:02des CPS
23:02qui risquent,
23:04d'une part,
23:04de ne pas avoir
23:04des moyens insuffisants
23:05et d'autre part,
23:07d'avoir un travail
23:08administratif supplémentaire
23:09à faire
23:10pour justifier
23:11les compléments
23:13de moyens
23:13qui sont donnés
23:14par le fédéral.
23:15Alors,
23:15rapidement encore,
23:16deux petites questions
23:16et je vous libère
23:17ces premiers,
23:18Yves Martens,
23:18on sait que ce sont
23:19surtout les communes
23:20les plus pauvres
23:21à Bruxelles
23:21et en Wallonie
23:22qui vont être
23:23en première ligne,
23:25qu'est-ce que ça risque
23:26en tout cas
23:27en matière
23:27de ce qu'on appelle
23:29les inégalités territoriales
23:30finalement ?
23:31Ça va être massif
23:32effectivement
23:32et la NVA
23:34et le Premier ministre
23:35Bardet Weaver
23:36ne se sont pas cachés
23:37de dire que c'était
23:38effectivement
23:39une réforme communautaire.
23:41On n'a pas
23:42régionalisé
23:43l'assurance chômage
23:44mais en la vidant
23:46de la plupart
23:48de ses bénéficiaires
23:49et en les transférant
23:50vers les CPS
23:51c'est une forme
23:53de régionalisation
23:54via les communes
23:55donc de municipalisation
23:57si on veut
23:57de la sécurité sociale
23:59qui s'est faite
23:59et donc ça
24:00c'est totalement injuste
24:01puisque le poids
24:03va se porter
24:03sur les communes
24:04les plus pauvres
24:05qui vont devoir
24:06assumer le plus
24:07de charges financières
24:08et il y est à craindre
24:10effectivement
24:11que pour les communes
24:12populaires
24:13les communes
24:13où il y a
24:14dans les grandes villes
24:15les communes
24:16avec le plus gros
24:17taux de pauvreté
24:18ça soit
24:19tout à fait ingérable
24:20les moyens
24:22annoncés
24:22et même
24:23les moyens
24:23accordés
24:24ne vont certainement
24:25pas suffire
24:26pour affronter
24:27un tsunami
24:28de cet ordre
24:28alors au final
24:29avant de nous quitter
24:30est-ce que cette réforme
24:31ne fragilise
24:32pas tout l'édifice
24:33finalement
24:33de la sécurité sociale
24:34en transformant
24:36un droit national
24:37fondamental
24:37en une aide sociale
24:38et résiduaire
24:39exactement
24:40en passant
24:41de la sécurité sociale
24:42qui est un droit
24:43acquis par les travailleurs
24:45sur la base
24:45de leur cotisation
24:46à une aide
24:47qu'on peut obtenir
24:49en cas d'état
24:49de besoin
24:50mais qui vient
24:51après aussi
24:52par exemple
24:53la solidarité familiale
24:54c'est effectivement
24:55pousser vers
24:57détricoter
24:58la sécurité sociale
24:59et
25:00par là même
25:02s'attaquer
25:03pas seulement
25:03aux travailleurs
25:04sans emploi
25:04mais aussi aux travailleurs
25:06avec emploi
25:07c'est d'ailleurs
25:07pas un hasard
25:08si après avoir
25:09mis sur pied
25:10la réforme chômage
25:11le ministre
25:13Clarinval
25:13qui est le ministre
25:14de l'emploi
25:15et donc qui a aussi
25:16le chômage
25:16dans ses attributions
25:17a annoncé
25:18toute une série
25:19de mesures
25:19pour détricoter
25:21flexibiliser
25:22précariser
25:23encore plus
25:24le marché du travail
25:25on l'avait dit
25:26dès le départ
25:27on voit que ça
25:28se confirme
25:29la réforme du chômage
25:30ce n'est pas seulement
25:32s'en prendre
25:33aux travailleurs
25:33qui ont perdu
25:34leur emploi
25:34c'est aussi
25:35s'attaquer
25:36aux travailleurs
25:37qui ont encore
25:37leur emploi
25:38et c'est pour ça
25:39qu'il faut continuer
25:40à se battre
25:40contre ces mesures
25:41voilà c'est la conclusion
25:42d'Yves Martens
25:43du CSE
25:44merci pour toutes
25:46ces explications
25:47détails techniques
25:47et derrière ces chiffres
25:48et ces slogans
25:49une réforme finalement
25:50qui dessine
25:51on l'a vu
25:51on l'a compris
25:52un basculement
25:53très important
25:54de notre modèle
25:54de solidarité
25:55merci Yves
25:56merci pour l'invitation
25:57avec plaisir
25:57on se retrouve
25:58dans quelques instants
25:58pour la deuxième partie
25:59de votre Café de l'Info

Recommandations