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Jeanne Fortier est une jolie veuve qui élève seule son jeune enfant. Un tragique incendie cause la mort de son patron. Jeanne est accusée de ce crime par un ouvrier dont elle a repoussé les avances. En fuite, elle est rapidement retrouvée et emprisonnée. Vingt ans plus tard, elle s'évade et change d'identité. Jeanne veut retrouver le véritable criminel...

#vosouvenirstélé

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Transcription
00:30Il a fait si beau ce dimanche-là que Fortier et Garraud, camarades d'usine, ont décidé de pique-niquer à la campagne.
00:41C'est un bon prétexte pour Jeanne Fortier d'aller embrasser sa petite Lucie en nourrice à la Varenne.
00:46Jeanne est très jolie dans sa robe d'été et son mari le plus heureux des hommes.
00:50Il ne sait pas que Jacques Garraud aime Jeanne en secret.
00:53Le lendemain, à la verrerie, Fortier rêve encore de la journée ensoleillée.
00:56Sa distraction est cruellement punie. Son four, chauffé à blanc, explose. L'ouvrier est tué sur le coup.
01:02Au désespoir de Jeanne, s'ajoute la crainte de la misère.
01:07Merci pour elle, les gars. Je crois bien que je lui ai trouvé une place.
01:10Et ça, à l'usine ?
01:11Oui, comme gardienne à la place du père Lacombelec.
01:13Attention, chérie, à tes doigts, ça pique.
01:36Madame Fortier, vous n'êtes pas raisonnable.
01:42J'ai mon dada !
01:43Oui, mon petit. Il est mignon.
01:47Je passe mon temps à ramasser des jouets dans la cour.
01:49Monsieur Labrou n'aime pas le désordre.
01:51Vous devriez le savoir, depuis trois mois que vous êtes là.
01:53Excusez-moi, monsieur Ricouche, pas attention.
01:55Au moins, je suis prêt à tout vous pardonner.
01:59N'avez-vous pas lu dans mes yeux la sympathie que vous m'inspirez ?
02:02J'en suis touchée.
02:03Voyons un peu ce livre de présence.
02:07Y a-t-il eu des retardataires ?
02:10Toujours les mêmes tirs au flanc, je suppose.
02:13Il ne faut pas les rater, cher ami.
02:14Vous seriez responsable.
02:16Oui, je sais.
02:19Vous sentez bon ?
02:21C'est pour moi que vous vous êtes parfumée ?
02:24Oh, je mets jamais de parfum.
02:26Mélène menteuse.
02:28Je jouerai bien le contraire.
02:32Reste-toi là, baba.
02:33Sortez.
02:39Ceci, madame, je le porterai au débit de votre compte et je pèse mes mots.
02:42Sortez !
02:43Un jour, vous le paierez très cher.
02:45J'en ai pas les moyens.
02:46Détrompez-vous.
02:47On n'est jamais si pauvres qu'on ne puisse perdre encore quelque chose.
02:49Viens.
02:58Maman, maman, je te tuerai avec mon épée, le monsieur.
03:04Oui, il est méchant.
03:06Mais toi, t'es gentil.
03:08Et tu vas attendre maman sagement.
03:11Elle va aller faire les courses.
03:12Hein ?
03:13Fini ta pomme.
03:17Tu bougeras pas, hein ?
03:19Tu sors pas.
03:20À tout de suite.
03:32Hé !
03:33Une seconde, s'il te plaît.
03:36C'est pour me faire admirer ton travail que tu m'appelles ?
03:39Non, ma femme a eu un malaise.
03:40Je suis inquiet.
03:41Je vais faire un saut à la maison.
03:43Ah ben, ça dépend pas de moi, mon pauvre vieux.
03:44Tu sais bien que toute sortie doit être visée par la direction.
03:48Et pour aller à la direction, il faut que je sorte de l'atelier, non ?
03:49Ah ben, ça se tient d'accord.
03:51Bon, ben, j'en demandais pas plus.
03:52Ça veut pas dire qu'on traisse à sortir de l'usine.
03:55J'ai toujours tenté ma chance.
03:58Merci quand même.
04:03Cette fois-ci, rangez-le bien, votre pétrole, hein ?
04:06Pour qu'elle peut-il renverse plus ?
04:08Bon, soyez tranquilles, je vais le mettre à l'abri.
04:10Croyez-vous, ces gosses, hein ?
04:12Ils fourlornent partout.
04:13Hé, votre origine a pu mettre le feu à la maison.
04:15On peut parler pas de mon nom.
04:24Bonjour, bonhomme.
04:25Bonjour, Jacques.
04:28Ta maman est pas là ?
04:29Non, il est parti faire des commissions.
04:31Alors, tu es tout seul ?
04:32Ton dada à Bobo.
04:33Oh, qu'est-ce qu'il a, ton dada ?
04:36Ouh, gaïa.
04:37Bah, dis donc, c'est un gros trou, ça.
04:39Il doit avoir faim.
04:40Le ventre est vide.
04:41Attends, on va lui donner à manger.
04:46Tiens, regarde.
04:47Alors, on va lui donner des boulettes.
04:49Tiens, c'est pour toi.
04:50Ça, c'est pour moi.
04:53Des boulettes, comme ça.
04:56Tu as une boulette de viande.
04:57T'aimes ça, les boulettes de viande ?
04:58Je vais essayer, tu vois.
05:01Je vais essayer.
05:02Allez, on a aimé ça.
05:02Est-ce qu'il y a un peu beaucoup ?
05:04Un gros trou.
05:05Voilà.
05:05Allez.
05:06Allez.
05:08Regarde, regarde déjà.
05:10J'étais sortie pour faire mes courses.
05:12Mais juste cinq minutes.
05:13Ne vous excusez pas, je passais pour voir si tout allait bien.
05:16Les fournisseurs viennent rarement après dix heures.
05:18Je ne suis pas là pour vous surveiller.
05:22Je vous ai pris un autre livre à la bibliothèque.
05:25Ah.
05:25Merci, c'est gentil.
05:28Je n'ai même pas encore fini celui de la semaine dernière.
05:30Ah bon ?
05:31Il ne vous intéresse pas ?
05:33Si, un peu.
05:37Non, à vrai dire, pas du tout.
05:40Ce Vautrin, c'est le diable.
05:42C'est vrai, pourquoi il ne laisse pas les gens tranquilles ?
05:45Peut-être que sans lui, ce jeune homme, Rastignac,
05:48serait resté un honnête garçon.
05:52Rastignac ne voulait pas rester un honnête garçon.
05:54Pas plus que Rubinpré, d'ailleurs.
05:56Ce qu'ils veulent, c'est réussir.
05:58Devenir puissant, être des maîtres.
06:00Pour y arriver, il leur faut bien un peu l'aide du diable, non ?
06:03Puisqu'ils sont pauvres.
06:06Au moins, eux, ils ont eu la chance de rencontrer le diable.
06:09On dit que le diable, c'est l'évidence de Dieu.
06:11Comment peut-on pratiser avec lui, ça ?
06:14En tout cas, moi, qui n'ai vu ni l'un ni l'autre,
06:16je reste le maître de mon destin.
06:19Tout ça est trop fort pour moi.
06:22Vous finirez par comprendre, je vous expliquerai.
06:25Tenez, celui-ci, c'est « Crime et châtiment » de Dostoevsky.
06:29Ah, qu'est-ce qu'il raconte encore ?
06:31C'est l'histoire d'un étudiant pauvre
06:34qui sent en lui une puissance capable de rendre service à l'humanité.
06:39Il se perçoit qu'il peut commettre un crime
06:42si ce crime lui permet de remplir sa mission.
06:44Il tue quelqu'un ?
06:46Oui, une vieille usurière.
06:48Mais c'est horrible.
06:49Les victoires de Napoléon ont coûté des millions de vies humaines
06:52et il a son tombeau aux Avalides.
06:54Écoutez, reprenez ce livre.
06:57Je ne suis pas assez instruite pour comprendre tout ça, moi.
07:00Viens, chérie.
07:02Tu vas jouer la barre.
07:04Je vais te préparer ton lait.
07:06Tiens.
07:06Jeanne, je n'y tiens plus. Il faut que je vous parle.
07:15Oh non, Jacques.
07:17Mais vous ne savez même pas ce que j'ai à vous dire.
07:19Oh, je le devine. Mais il faut pas.
07:21Mais pourquoi ?
07:23Jean est mort depuis cinq mois déjà.
07:25Vous avez bien le droit de penser à l'avenir ?
07:27Non, jamais.
07:28Je vous aime. Vous le savez bien.
07:31Mais vous n'en avez pas le droit.
07:33Vous étiez l'ami de Jean.
07:34Raison de plus, au contraire.
07:37Georges et Lucien ont besoin d'un père. Je vous épouserai.
07:41Non.
07:42Non, j'ai trop aimé Jean pour pouvoir l'enterrer une seconde fois.
07:46Et pourquoi ? Je vous déplais tellement.
07:50Non.
07:52Ni vous, ni un autre.
07:55Mais maintenant, mes enfants sont toute ma vie.
07:59Mais quelle vie espérez-vous leur offrir avec votre misérable salaire ?
08:03Vous voulez que Georges entre à dix ans à l'usine ?
08:06Vous voulez laisser Lucie grandir dans le fumier.
08:09Je suis prêt à faire tout pour eux, je vous le répète.
08:12Je vous en remercie, Jacques.
08:15Mais soyez d'abord ma femme.
08:20Voyons, réfléchissez, Jeanne.
08:21Ce n'est peut-être pas le bonheur, bien sûr, mais c'est la sécurité que je vous apporte.
08:32Comme contre-maître, je gagne déjà quinze francs par jour.
08:35Mais j'ai beaucoup plus d'ambition, car j'ai des idées, des tas d'idées.
08:38Aujourd'hui, mon patron m'exploite, mais ça ne durera pas.
08:40Bientôt, je profiterai de mes inventions et je serai riche, moi aussi, riche.
08:46Je serai heureuse pour vous.
08:48Riche, vous entendez ? Je veux que nous le soyons ensemble.
08:50Non, taisez-vous, c'est impossible.
08:55Me taire.
08:56C'est tout ce que vous trouvez à me dire.
09:02Voilà cinq ans que je me tais.
09:06Depuis le premier jour où je vous ai vues, dès le premier regard, je n'ai pensé qu'à vous.
09:11Mais vous étiez la femme de mon amie, je me suis imposé le silence.
09:15Maintenant, vous êtes libre, qu'est-ce qui m'empêcherait de parler ?
09:26J'attendrai encore.
09:32Vous ne savez pas vous-même ce que vous penserez plus tard.
09:35Je penserai comme aujourd'hui.
09:38Jamais je n'oublierai mon mari.
09:41Mais vos enfants ne sauront même pas qu'il a existé.
09:43Ma parole, on dirait que vous voulez vous enterrer vivante.
09:45Jean est mort, moi je suis là.
09:46Non, je vous en prie.
09:49Pardonnez-moi.
09:52Je ne dis cela que dans votre intérêt.
09:56Ça me fait mal de vous entendre parler comme si vous étiez battu d'avance.
10:00On dirait que vous acceptez que l'on profite de vous et que l'on vous méprise.
10:04Car on vous méprise, Jeanne.
10:05Et on vous méprisera de n'être qu'une femme seule et pauvre.
10:08Mais je me mépriserai encore plus si j'acceptais de vous suivre simplement par peur de manquer.
10:12Jeanne, j'ai besoin de vous.
10:16Sans vous, je suis peut-être perdu.
10:19Si pas moi le plus fort, ne me laissez pas seul.
10:21Je ne sais pas ce que je deviendrai.
10:28Si vous voulez, on en reparlera plus tard.
10:32Enfin, une bonne parole.
10:34Elle me redonne du courage.
10:39Nous serons riches et vos enfants ne manqueront de rien.
10:43Maintenant, soyez gentils.
10:46Laissez-moi.
10:47Oui.
10:51Maman, t'es triste ?
11:01Non, mon jeu.
11:02M. Jacques ?
11:05Non.
11:05Non, Vincent, je promène.
11:16C'est le bagne ici.
11:17On n'arrive même pas à obtenir une autorisation de sortie quand on a sa femme malade.
11:19Ça, mon vieux, c'est le règlement.
11:20Si tu tiens à ta place, t'attendras jusqu'à ce soir.
11:22Non, j'y suis attaché à ma place.
11:24Et mieux qu'avec des chaînes.
11:25D'accord, ça va aller au boulot, mon vieux.
11:26On ne t'aille pas pour faire les discos.
11:27On ne t'aille pas pour faire les discos.
11:56Ta maman est là, fille.
12:10Elle est là.
12:12Madame Fortier.
12:13Cordon, s'il vous plaît.
12:15Vous avez la permission, M. Vincent ?
12:17Écoutez, je n'ai pas eu le temps de la demander.
12:19Ma femme est souffrante.
12:20Il faut que je sois auprès d'elle.
12:22Je vous comprends, mais vous connaissez les ordres.
12:24Je ne peux pas ouvrir sans un billet de sortie.
12:26Ils ne me l'ont pas donné, le billet de sortie.
12:29Mais ce n'est pas ça qui m'empêchera d'aller chez moi.
12:31C'est va de bien les prisons.
12:32Pourquoi pas des usines ?
12:33Oui, mais si je vous laisse faire, j'aurais des ennuis.
12:36Mais non, Madame Fortier.
12:38J'habite à 500 mètres.
12:40Si ma femme n'a pas besoin de moi, je fais juste aller et retour.
12:42Personne ne s'apercevra de mon absence.
12:45Je risque ma place, moi.
12:47Écoutez, je dirais que vous n'étiez pas dans la loge,
12:49que je suis rentré et que j'ai tiré le cordon moi-même.
12:52Qu'est-ce qu'il aurait fait, votre mari, si vous aviez été malade ?
12:56Je ne devrais pas, mais je n'ai pas le courage de vous refuser.
12:59Vous ne m'en faites pas, juste cinq minutes.
13:02Je ne pourrais pas vous poser du temps.
13:04Merci.
13:05Il a demandé la permission de sortir.
13:21Mais il ne l'a pas eu.
13:22Ça, vous me la prenez, alors.
13:23Vous n'avez pas laissé sortir Vincent ?
13:47Vous lui avez demandé son bulletin ?
13:53Il n'en avait pas.
13:54Et vous lui avez ouvert la porte.
13:56Pourtant, la consigne est formelle.
13:57Oui, mais il m'a fait pitié.
14:00Jeanne.
14:00C'est très imprudent ce que vous avez fait.
14:08Si M. Labrou l'apprend, il sera intraitable.
14:10Vous allez lui dire ?
14:11Je devrais.
14:13Mais pour vous, je suis prêt à fermer les yeux.
14:16Quand Vincent reviendra, dites-lui de passer me voir.
14:19J'inventerai un prétexte, je dirais qu'il est allé chercher un outil chez le quincaillé.
14:22Merci pour lui.
14:24C'est uniquement pour vous que je le fais.
14:27Merci, Jacques.
14:28Est-ce que cela me donne droit à un sourire ?
14:29Non, Jacques, c'est...
14:29Madame Fortier, mon classier vient de m'avertir qu'il a vu de sa fenêtre sortir un ouvrier.
14:34J'espère pas vous qu'il s'est trompé.
14:36Oui, c'est M. Garot qui l'a envoyé...
14:37Non, Mme Fortier, il vaut mieux dire la vérité.
14:40M. Labrou est indulgent, mais il ne pourrait pas supporter un mensonge.
14:43Alors ?
14:45Ben oui, monsieur, j'ai eu la faiblesse de laisser passer Vincent.
14:47C'est moi qui ai eu la faiblesse de faire confiance à une femme pour un poste qui réclame une autorité sans défaillance.
14:52Garot, je ne vous félicite pas de m'avoir influencé.
14:57C'est cette grosse limace de ricou qui m'a dénoncée.
15:00Et maintenant, je vais être à la rue.
15:02Mais non, c'est Vincent qui perdra.
15:04Le malheureux, il a déjà assez de misère comme ça.
15:06Qu'est-ce que vous voulez qu'il ait d'autre avec un salaire de misère ?
15:09Quand il reviendra, ne lui ouvrez pas.
15:10Il est à la porte et bien qu'il y reste.
15:13Mais je suis aussi coupable que lui.
15:15Ne vous en vantez pas.
15:17J'espère qu'une victime suffira.
15:22Non.
15:23Je suis prêt à excuser l'attitude d'un homme anxieux de la sortie de sa femme.
15:27Mais je n'admets pas une faute de service au pavillon d'André.
15:29Il est certain que Mme Fortier n'est pas à la hauteur de ses responsabilités.
15:33Et je pèse même au...
15:34À la deuxième faute, je serai inflexible.
15:36Hélas, elle n'en est pas à la première.
15:38Il va être quelque chose d'autre à se reprocher.
15:40Mais par l'air, écoute, je n'aime pas les points de suspension.
15:42Puisque vous m'y forcez, il faut bien dire que la loge est souvent déserte
15:47quand des fournisseurs se présentent.
15:50Bon, ça ne fait rien.
15:51J'entends la cloche et je cours à la grille.
15:52Oh, t'insensis.
15:54Cette pauvre femme a besoin de se distraire.
15:57Ce qui prend du temps quand on fait ses commissions,
15:59ce sont les commères qui vous retardent.
16:00Mais quoi d'autre ?
16:02Rien.
16:03Presque rien.
16:04Il me semblait pourtant que, pour des raisons de sécurité,
16:08vous aviez interdit l'usage du pétron dans l'intérieur de l'usine.
16:10C'est un fait.
16:12Cette personne s'éclaire au pétrole.
16:15C'est une vieille habitude, sans doute.
16:17Mesure d'économie.
16:18Économie de bout de chandelle.
16:20Mais le règlement est formel.
16:23Et de plus, il est affiché dans la loge.
16:26Elle ne sait peut-être pas très bien lire.
16:29En fait, c'est possible.
16:31Comment fait-elle alors ?
16:32Pour faire signer les feuilles d'entrée ?
16:34À vue de nez.
16:35Bon, c'est trop fort.
16:37Je suis bonhomme.
16:38Mais il y a des limites que la décence m'empêche de dépasser.
16:41Ah, Darro, venez, mon ami.
16:43Vous allez me chercher, Mme Fortier.
16:46Vous êtes trop bon, Darro.
16:48Votre générosité me met aujourd'hui dans une situation délicate.
16:52J'en suis nerveux, M. le direct.
16:53Votre protégé ne méritait pas votre confiance.
16:58Rappelez-vous, d'ailleurs, mes réticences, que vous m'avez proposé une femme pour ce gardiennage.
17:03Je n'ai rien contre nos compagnes.
17:06Elles ont leur qualité, mais elles apportent dans le travail des sentiments qui n'ont rien à y faire.
17:10Il me faudra prendre une décision désagréable.
17:14Puis-je encore intercéder ?
17:16Non.
17:17Ça suffit.
17:18Asseyez-vous, Garot, et parlons d'autre chose.
17:21Vous savez que j'apprécie votre collaboration à son juste prix.
17:25Merci.
17:26Il est dommage pour vous que vous n'ayez pu se livrer jusqu'au bout vos études d'ingénieur.
17:30Mais vous pouvez m'aider.
17:32Lisez ceci.
17:34J'ai pris quelques notes qui pourraient nous mettre sur la voie d'une grande découverte.
17:38Une très grande découverte.
17:42Le verre incassable ?
17:43Oui.
17:44Avec les moyens dont je dispose, je pourrais révolutionner notre industrie.
17:48Si nous y arrivons, Garot, vous y trouverez votre compte.
17:53Combien, monsieur le directeur ?
17:56Je vous vois très intéressé.
18:00L'appétit vient en mangeant, paraît-il.
18:03Eh bien, je suis prêt à ajouter la même somme aux 5000 francs que je vous ai promis
18:07pour la soufflerie mécanique, si vous m'aidez à trouver la solution.
18:12Nous brûlons, mon cher Garot.
18:14Nous brûlons.
18:19Le verre incassable.
18:21Ça serait fantastique.
18:24Il est là, mon cher Jacques.
18:26Ou presque.
18:28Qu'est-ce que c'est ?
18:29Madame Fortier, monsieur le directeur.
18:30Rentrez.
18:35Madame Fortier.
18:35Vous reconnaissez avoir commis de graves manquements à la discipline intérieure de cet établissement.
18:41Oui, monsieur le directeur.
18:43Le chagrin de ce pauvre Vincent m'a fait oublier mon devoir.
18:46Il aurait fallu avoir un cœur de pierre pour l'empêcher d'aller voir sa femme.
18:49Je n'ai pas un cœur de pierre, quoi que vous en pensiez.
18:52L'ouvrier Vincent, qui a des circonstances atténuantes, ne paiera sa faute que du mis à pied de huit jours.
18:58Mais vous, vous qui vous absentez de votre loge bien plus longtemps qu'il n'est permis.
19:02C'est inexact, monsieur. Je prends tout juste le temps de faire mes courses.
19:05Ne m'interrompez pas.
19:07Mais quand une accusation est fausse...
19:09Vous raisonnez trop, madame. C'est moi qui commande ici.
19:13Et le pétrole ?
19:15Ne savez-vous pas qu'il est interdit d'introduire du pétrole dans l'usine ?
19:19Votre silence est un aveu.
19:23J'aurais pu vous pardonner une entorse au règlement.
19:26Vous les avez, hélas, accumulés.
19:27Monsieur le directeur, si vous voulez me permettre...
19:29Non, s'il vous plaît, Garot. Je suis acculé à la fermeté. Ne vous en mêlez pas.
19:34Ce n'est pas de gaieté de cœur, croyez-le bien.
19:36Mais je pense qu'un chef d'entreprise est aussi un directeur de conscience.
19:40Et quand un rouage fonctionne mal, il doit être remplacé aussitôt dans l'intérêt de tous les autres rouages.
19:44Je regrette, madame, d'avoir à vous le signifier.
19:48Mais avant la fin du mois, vous quitterez l'usine.
19:51Quoi ? Vous me chassez ?
19:54C'est mon pénible devoir.
19:56Mon mari est mort en travaillant pour vous et vous me chassez ?
19:59Ce que nous deviendrons, mes deux enfants et moi, c'est le dernier de vos soucis.
20:04Oh, monsieur, prenez garde.
20:06Ça ne vous portera pas bonheur.
20:07C'est une menace ?
20:08Faites attention, madame, il y a des témoins.
20:10Une menace ?
20:12Oh non, monsieur.
20:13Elle vous ferait rire et vous auriez raison.
20:17Vous êtes le maître.
20:20C'est à vous de décider qui gagnera son pain.
20:22Mais vous n'êtes pas la seule en faute.
20:24J'ai eu tort, moi-même, de vous mettre à une place.
20:28De toute évidence, il faut la poigne d'un homme.
20:30C'est sûrement vrai, mais vous le dites un peu tard.
20:32Je me suis laissé attendre vers par votre situation.
20:36C'est un mauvais service que je vous ai rendu là.
20:39Je vous prie de m'en excuser.
20:41Je partirai demain.
20:42Vous pouvez rester jusqu'à la fin du mois.
20:45D'ici là, je vous aurai trouvé une place mieux en rapport avec vos aptitudes.
20:49Non.
20:50Je vais m'en aller.
20:52D'ailleurs, je déteste cette maison où mon mari est mort.
20:56C'est une maison maudite.
20:57Pauvre femme.
21:03Je vais m'occuper d'elle.
21:06Ma soeur cherche une gouvernante pour Clément.
21:10Mais c'est à Chartres.
21:11Mais qu'une importance.
21:12La maison est grande.
21:13Elle pourrait vivre avec ses enfants, n'est-ce pas tout ce qu'elle souhaite ?
21:15Vous êtes trop bon, monsieur.
21:17Vous oubliez déjà que tout à l'heure, elle vous a menacé.
21:20N'exagérez pas, Récou.
21:21Elle a séduit un mouvement d'humeur.
21:23Qui sème le vent récolte la tempête.
21:25Et je pèse mes mots.
21:26Un trêve de bel hiver.
21:27Et de vous passer à la banque.
21:28Oui, monsieur, l'argent est dans le coffre.
21:30Parfait.
21:31Vous disposez.
21:32Voici les clés, monsieur le directeur.
21:33Bonne nuit, monsieur le directeur.
21:38Mon cher, puisque les bons comptes font les bons avis,
21:43je vais d'ores et déjà m'acquitter en vélo.
21:49Voici les 5 000 francs que méritent votre trouvaille de soufflerie mécanique.
21:54Oui, après réflexion.
21:56Je vais mettre cette invention en chantier.
21:59Les ouvriers y trouveront aussi leur avantage.
22:02Moins de peine pour une production accrue.
22:06Évidemment, il faudra agrandir l'usine.
22:08La propriété voisine est susceptible d'être vendue d'un jour à l'autre.
22:12Il y a là 120 000 francs qui me permettront de traiter pour l'instant même.
22:19120 000 francs, c'est une somme ?
22:22Vous ne craignez pas les cambrioleurs tout seuls ici la nuit ?
22:25Ne vous inquiétez pas, je suis taille à me défendre.
22:29Irez-vous au restaurant du coin ce soir ?
22:31Peut-être.
22:33Bien, venez, nous dîrons ensemble.
22:35À 8 heures, d'accord ?
22:37Très bien, comme ça je pourrais me changer.
22:38Très bien, à toute à l'heure.
22:39Garo, je suis content de vous avoir rencontré.
22:47Moi aussi.
22:48Vous ne pouvez pas savoir à quel point.
22:50À tout à l'heure.
22:50Un télégramme pour M. Labrou.
23:06M. Labrou, c'est la villa là-bas.
23:08Merci.
23:09Je vous ai apporté...
23:17Vous faites déjà vos valises ?
23:20Plus vite je partirai, mieux ça vaudra.
23:22Mais le patron vous a laissé jusqu'à la fin du mois.
23:25Ce sera un calvaire de rester.
23:26Tout le monde saurait que je suis renvoyée, j'aurais trop honte.
23:30Mais où irez-vous ?
23:32J'en sais rien.
23:35Vous avez tort.
23:36M. Labrou peut revenir sur sa décision.
23:38Sûrement pas.
23:39Il est trop sûr de son bon droit.
23:42Et moi ?
23:44Je ne vous verrai plus.
23:46Vous m'oublierez.
23:47Ça aussi, ça vaut mieux.
23:49Non.
23:51Jamais.
23:53Il y a tant d'autres femmes.
23:54Jeanne.
23:54Mais vous voulez me rendre fou.
23:57Mon pauvre ami.
23:59C'est toutes vos lectures qui vous tournent la tête.
24:01Jeanne, je vous en prie, ne me poussez pas à bout.
24:03S'il vous arriveait un autre malheur, ce serait de votre faute.
24:05Rappelez-vous, de votre faute.
24:07Taisez-vous, on vient.
24:14Ah, mon cher, je suis content de vous trouver ici.
24:16J'allais passer par le restaurant pour vous laisser mes clés.
24:19Tenez, voici les deux du coffre.
24:20Vous portez ?
24:21Oui, j'ai un télégramme de Chartres.
24:23Le climat est souffrant.
24:24Sa tante m'appelle.
24:25Au fait, Mme Fortier, je parlerai de vous à ma soeur.
24:27Elle cherche une gouvernante pour mon fils.
24:29Vous direz à un coup que j'ai pris 5000 francs dans le coffre
24:31et que je lui ai laissé un pouvoir pour le cas où les terrains d'à côté
24:34seraient mis en vente pendant mon absence.
24:36Vous pensez qu'elle sera loin ?
24:37Je n'en sais rien, ça dépendra de la santé du petit.
24:39Mme Fortier, je vous profite la maison.
24:41Vous ne soyez pas tristes, voyons, je m'occupe de vous.
24:43Venez donc.
24:44Je voulais vous dire que ma soeur a besoin d'une gouvernante.
24:46La maison est grande, il y a un immense jardin
24:48et puis vous pourriez avoir vos enfants près de vous
24:50mais vous seriez bien mieux qu'ici.
24:53Au revoir, Mme Fortier.
24:55Au revoir, monsieur.
24:55Merci.
25:00Si ça pouvait être vrai.
25:05Puisque M. Labrou m'a fait cette promesse,
25:07je crois que je vais y rester.
25:12Et bien à demain alors.
25:14Oui, à demain, Jacques.
25:17Vous verrez.
25:20Par amour, un homme peut aller jusqu'à rencontrer le diable.
25:33Maman, on ne part plus.
25:34Oui, je vais manger.
25:36Je suis content.
26:06...
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