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00:30J'aime Fortier, condamnée pour un crime qu'elle n'a pas commis, s'évade après 20 années d'asile et de prison.
00:43Elle retrouve son petit Georges, devenu le fils adoptif d'Étienne Castel.
00:47Elle demande au peintre de l'aider à retrouver Lucie.
00:50Je vous le promets, j'aurais dû le faire moi-même depuis longtemps.
00:55Je n'ai pas voulu y penser, c'est mon remords quand je vous revois.
00:58Mais vous ne pourriez pas vous charger de tout.
01:02Voilà, voilà !
01:05Madame, monsieur.
01:09Je vais voir si monsieur est là.
01:23Qu'est-ce que vous avez encore fait ?
01:39Regarde, Béotienne, tes pommes de chevrilles, plus vraies que nature.
01:42Non, je ne parle pas de votre peinture, la police, elle a...
01:44La police, déjà ?
01:45Vous entendez pas si vite.
01:46Oui, ça doit être un chef.
01:47Vous vous effilez par l'entrée de service.
01:48Oh, avec ma jambie, on rattrapons tout de suite.
01:50Non, non, tant pis, victoire.
01:52Ouvrez la porte.
01:52Oh, mon pauvre monsieur, qu'est-ce que vous ne m'auriez pas fait faire ?
01:57Entrez, monsieur.
01:59Ah, mon chéri Thierry, j'espère que je ne te dérange pas.
02:03Jamais, cher préfet de mon cœur.
02:06La croûte, tu venais m'arrêter.
02:09Je le devrais quand je vois une peinture aussi révolutionnaire.
02:12Tu n'y connais rien.
02:13Il y a la même chose dans Rembrandt.
02:15Il suffit de le regarder à la loupe.
02:17Un détail de Rembrandt ou de Bruegel, grossi dix fois, c'est déjà de l'impression.
02:21Tout est dans tout et réciprochement, comme dit ton ami Caput.
02:26Et toi, le préfet de police poète, crois-tu qu'on lise tes vers facilement ?
02:32Bah, l'armée est un modèle de clarté, on prête des sentimentales.
02:36Pour la clarté, j'ai mes rapports de police.
02:38Mais pour le reste, je suis un abscompte.
02:39Ah, ça, je ne te le fais pas dire.
02:43Où en es-tu de ton enquête ?
02:45Eh bien, j'ai tous les renseignements que tu m'as demandé.
02:48Eh ben, tu vas comme un lièvre.
02:49N'exagérons rien, moi, je n'ai pas quitté mon fauteuil.
02:52Mais j'ai mis mon meilleur inspecteur sur l'affaire.
02:55Je t'écoute.
02:56Lucie Fortier, fille de Jeanne Fortier, condamnée à la réclusion perpétuelle, a été remise à l'assistance publique par la veuve Frémy, demeurant à la Varenne, le 9 octobre 1892.
03:10L'assistance publique, tu le sais comme moi, c'est généralement le dépotoir.
03:15Les enfants abandonnés ont rarement une identité.
03:19Et puis, à leur majorité, ils vont se perdre dans la nature.
03:22Et on les retrouve que quand ils passent devant les tribunaux.
03:25C'est la seule chance.
03:26Enfin, si j'ose dire.
03:28Oui, la fillette a été déposée, oui, sous son propre patronyme.
03:37Elle vient d'avoir sa majorité.
03:39Et comme elle avait gardé des relations amicales avec la directrice de l'aspice,
03:44eh bien, ça nous permet de pouvoir te donner son adresse actuelle.
03:48Bravo.
03:49C'est un bon chien.
03:50Ben, en en donnant, hein.
03:52Tu vas me dire pourquoi tu t'intéresses à la fille de Jeanne Fortier.
03:55Je chassais le chien policier, il revient au galop.
03:58Tu veux savoir pourquoi ?
04:00Pour être des sentimentales.
04:03Tiens, regarde.
04:08J'ai rencontré cette femme le jour de son arrestation.
04:12Je vois qu'elle t'a fortement inspiré.
04:15On la questionnait pas là.
04:17J'ai adopté son fils il y a 20 ans.
04:20Épris d'un scrupule tardif, je veux maintenant m'occuper de sa fille.
04:23Et ce ne serait pas l'évasion de la mère qui t'aurait donné cette idée ?
04:27Peut-être.
04:28Tu ne saurais pas où elle se trouve, par hasard.
04:34Est-ce que j'ai une gueule d'indicateur ?
04:37La question ne sera pas posée.
04:40D'ailleurs, pourquoi ferais-je le travail de me subordonner ?
04:43A quoi ça me servirait d'être l'heure supérieure, n'est-ce pas ?
04:45Ben, t'es subordonné.
04:57Ah !
04:58Eh bien, la jeune fille habite neuf rue des Flandres.
05:04Elle est couturière en chambre et rien à lui reprocher.
05:07Neuf rue des Flandres ?
05:09Tiens, il y a un os, ta récompense.
05:14L'original de Castel ?
05:16Mais c'est de la prévarication.
05:17Écoute, fais pas le délicat.
05:19Je vais te demander comment t'as eu tes deux, la main qui est pour Picasso.
05:22Ça, mon chéri.
05:24Et dis donc, tu l'as pas signé ?
05:26Ha, ha, ha, ha !
05:29Ha, ha, ha !
05:30Ha, ha, ha, ha !
05:55Madame, excusez-moi de vous déranger. J'ai vu que vous aviez des chambres à louer.
06:12Oui, et vous voulez visiter ?
06:14Si vous en aviez une au troisième étage.
06:17Ah, ben justement, j'en ai encore une de livre au troisième.
06:20Ah, merci, je veux bien voir.
06:21Oui, oui, tout de suite.
06:22C'est haut, hein ?
06:27Quoi, tu vas faire ça quand il fait un peu à rejouer ?
06:29Tu en es ça.
06:31C'est une maison.
06:34Voilà, celle-là n'est pas grande, mais vous y serez au canne.
06:37Ah oui, c'est une couturière qui habite là.
06:39Une jeunette.
06:41Évidemment, il y a le bruit de la machine à coudre.
06:43Oh, ça me dérange.
06:44Maintenant, si vous préférez le deuxième, c'est plus cher.
06:47Ah non, non, non, celle-ci me couviendra.
06:49C'est 15 francs par mois payable d'avance.
06:52Ah, mais vous voyez que j'ai dit 10 francs.
06:54Ah oui, oui, pardon, c'est 10 francs par mois payable d'avance.
07:00Je sais le reçu à quel nom ?
07:02Madame Perrin.
07:04Madame Lise Perrin.
07:05Lise Perrin.
07:07Eh bien, c'est un petit ami.
07:08Bonjour Rose, elles sont belles tes fleurs aujourd'hui.
07:37Merci.
07:43Pardon, madame.
07:44Je vous en prie, mademoiselle.
07:45Bonjour Rose.
07:46Bonjour Lucie.
07:47Bonjour.
07:47Merci.
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19:45Oui, j'ai envie de vivre.
19:47Au revoir, petite Lucie.
19:48Au revoir, mademoiselle Armand.
19:51Sur les bords de la rivière,
19:54Où murmure une brise embaumée,
19:57Chaque femme a rêvé là-bas
19:59D'être belle et toujours s'adorer.
20:15Je vous demande pardon, mademoiselle, mais je voulais vous revoir.
20:22Mais, monsieur, les convenances...
20:24Si j'attends de vous être représenté dans un salon,
20:26je n'ai aucune chance, je ne fréquente pas les salons.
20:28Tiens, moi non plus.
20:30Je vous en propose un cependant, un salon de thé.
20:34Je ne fréquente pas non plus les salons de thé.
20:36Je ne sais pas, nous aurions pu manger un gâteau ensemble
20:39et faire connaissance.
20:41On pourrait se connaître d'abord et ne manger un gâteau qu'après.
20:44Oui, très juste.
20:47Eh bien, alors, nous faisons connaissance.
20:50Ils ont de la chance, les gens qui habitent ici.
20:52Avec le parc.
20:53Vous connaissiez le parc Monceau ?
20:55Oui, je viens souvent ici.
20:56La fille de monsieur Armand est une cliente.
20:58C'est merveilleux.
20:59Vous allez pouvoir me guider.
21:00Oui.
21:01Moi, ce que j'aime surtout dans le jardin, c'est...
21:14Bonjour.
21:15Ne vous dérangez pas, je m'annoncerai moi-même.
21:29Monsieur.
21:30Bonjour.
21:31Ne vous dérangez pas, je m'annoncerai moi-même.
21:33Monsieur.
21:34Bonjour.
21:35Restez assis.
21:36Restez assis.
21:37Je connais le chemin.
21:38Hello.
21:39Monsieur le directeur peut-il recevoir une humble solliciteuse ?
21:44Mais certainement.
21:45Mais, certainement, mademoiselle.
21:46Que puis-je pour vous ?
21:47M'accorder quelques heures de votre précieux temps.
21:51C'est que je travaille.
21:52Un bon chef a toujours de bons subalternes pour le remplacer.
21:57D'ailleurs, je ne viens que pour vous, je ne viens que pour vous.
22:00Oui, mon père m'a conseillé de me promener au bois avec le cavalier de mon choix.
22:05Ce paraît-il indispensable à ma santé.
22:07Vous venez encore me débaucher ?
22:10Et bien soit, je suis votre serviteur.
22:13Irons-nous, je suis votre serviteur.
22:16Irons-nous, vous pouvez vous faire une abonneure ?
22:22Ce paraît-il indispensable à ma santé.
22:24Vous venez encore me débaucher.
22:27Eh bien, soit, je suis votre serviteur.
22:29Irons-nous prendre le tea à la cascade?
22:32Non, nous n'aurons pas le temps.
22:34J'ai un dispoir auquel vous êtes conviés.
22:38Si le cœur vous en dit, naturellement.
22:40Ça aurait été avec le plus grand plaisir.
22:42Malheureusement, ma soirée est déjà prise.
22:44Et il est bien tard pour me décommander.
22:46Il y a le téléphone.
22:47La personne que je dois rencontrer ne possède pas encore cet ustensile.
22:51Ah oui, vous me préférez du petit monde.
22:53Je dois dire que le grand m'impressionne.
22:55Vous m'exaspérez avec vos dérobates.
22:59Je crois que je n'ai plus envie de me promener.
23:01Ni avec vous, ni avec personne.
23:03Je vais être de mauvaise humeur toute la soirée.
23:05Et ce sera votre faute.
23:06Que puis-je faire pour éviter cela?
23:08Remets-tu votre rendez-vous?
23:10Comment le pourrais-je?
23:13Par télépathie?
23:14Alors, les amoureux, encore un peu de clavoutis, s'il vous plaît?
23:22Oui, oui, un peu.
23:23D'accord.
23:24Ça, c'est ma spécialité.
23:27Me plaît, pas de famille, mais c'est merveilleux.
23:29Comme ça, personne ne vous reprochera de m'avoir rencontrée dans la rue.
23:32Je suis une fille pauvre.
23:33Vous avez un grand avenir devant vous.
23:35Bon, passez-vous bien le vôtre,
23:37orphelin à 7 ans, élevé et instruit par une bonne tante,
23:41qui trouva le moyen de mourir heureuse
23:42parce que j'avais décroché un diplôme d'ingénieur.
23:44Et voilà, ne vous gênez pas, il y en a encore.
23:50Enfin, t'étais plus difficile.
23:52Jusqu'à ce double coup de chance que j'ai eu
23:54de rencontrer le même jour mon protecteur
23:56et la jeune fille de mes rêves.
24:01Mademoiselle Armand est bien jolie, n'est-ce pas?
24:04Eh oui.
24:05Vous ne faites pas un peu la cour à elle aussi?
24:08C'est-à-dire qu'elle le souhaite,
24:10mais je ne l'ai aucunement l'attention.
24:12Elle a pourtant de très beaux yeux.
24:15Les vôtres sont comme des myosotises.
24:19Et j'en aimerai jamais d'autres.
24:21Je ne vous crois pas.
24:26Oh, Maman Lison, venez ici.
24:28C'est Madame Perrin, la voisine dont je vous ai tant parlé.
24:32Ou plutôt, Maman Lison,
24:33la plus célèbre des porteuses de pain.
24:36Tout le monde l'aime.
24:37N'est-ce pas, Tourangeau?
24:38Maman Lison, c'est une régrime pâtissière.
24:43Bien, vous serez Maman Lison pour moi aussi.
24:46Lui, c'est le jeune homme
24:47que j'espérais vous présenter un jour.
24:49Mais vous ne m'avez pas dit tout.
24:50Clément Labroux.
24:51Clément Labroux.
24:56Mais assiez-vous.
24:58Merci.
24:59Je n'ai pas faim.
25:01Je crois que je vais à ventre et me coucher.
25:03Excusez-moi, je ne me sens pas très bien.
25:09Il dirait que ma présence est près de vous la contrarie.
25:11Non, elle est seulement fatiguée.
25:13C'est un dur métier qu'elle fait à son âge.
25:15Le soir, elle n'en peut plus.
25:16Je vous aime, Lucie.
25:25Pardon.
25:26Oui.
25:31Bonsoir, Monsieur Louis.
25:34Bonsoir, les îles.
25:35Merci.
25:38J'ai tellement envie de vous embrasser.
25:40Moi aussi.
25:41Venez.
25:46Sous-titrage Société Radio-Canada
26:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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